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ËPAULEMENTS & ABRIS POUR BOUCHES A FEU DE CAMPAGNE

Les principes qui règlent remploi de Tartillerie sur le champ de bataille, déterminent le choix des emplacements des batteries.

Tout en cherchant à utiliser les remblais, les enclos et les haies, qui peuvent rendre le travail plus facile et moins dangereux, on évitera de construire les épaulements dans le voisinage de bois, de maisons, de clôtures ou d'autres objets sur le fond desquels ils se détacheraient facilement. On doit également éviter d'établir les pièces sur un terrain pierreux et à proximité de constructions qui, frappées par les projectiles ennemis, produiraient des éclats pouvant blesser ou incommoder les servants.

Il est avantageux de construire les batteries derrière des broussailles, des bouquets de verdure ou des champs de blé, qui masquent les travailleurs et empêchent Tartillerie ennemie de constater les effets de son feu.

On évitera, toutefois, les rideaux qui gênent le pointage ou restreignent le champ de tir des batteries, et

ceux qui peuvent donner lieu à des éclatements prématurés. Pour ce dernier motif, on s'abstiendra de placer des batteries dans les bois, à une certaine distance de la lisière; et, en effet, les arbres qui se trouveraient en avant des pièces produiraient non-seulement Téclatement des projectiles de ces pièces, mais encore celui des projectiles de Tennemi, lesquels, si ces arbres n'existaient pas, passeraient au-dessus de la batterie, sans atteindre ni les pièces ni les servants.

Dans les lignes d'investissement, lorsqu'il n^existe pas de masques naturels, on en crée d'artificiels au moyen de branches que Ion plante irrégulièrement en avant des batteries, à 50 mètres au moins et à 300 mètres au plus.

Indépendamment des épaulements pour les pièces, on construit en avant des batteries, sur les côtés, des tranchées-abris pour les soutiens, si ceux-ci sont fournis par l'infanterie.

Les soutiens de cavalerie se tiennent en arrière, sur le côté le plus exposé des batteries, dans des plis de terrain, ou abrités par des masques naturels.

Le général Schnegans a indiqué un moyen de protéger les batteries, sans avoir recours à des masques naturels ou artificiels. Il consiste à porter les batteries un peu en arrière de la crête occupée par la première ligne de bataille, pour que le rayon visuel de l'ennemi ne rencontre pas le parapet, et à creuser en même temps, à 15 ou 20 mètres en avant, une tranchée avec masque en terre apparent. Cette tranchée ne sera pas occupée. L'ennemi croira que c'est de là que partent les coups dirigés contre lui, et il réglera en conséquence son tir, qui sera trop court.

Lorsque, en avant et en arrière de l'emplacement d'une

batterie il j aura de légères ondulations de terrain, qui empêcheront Tennemi de voir les points de chute de ses projectiles, ce sera une circonstance très favorable pour la défense, parce qu'elle rendra difficile Topération du réglage du tir.

Au point de vue de Teffet du tir, il est avantageux que le terrain en avant de la batterie soit marécageux pour que les obus n'éclatent pas, ou fort incliné pour qu'ils ne produisent pas une gerbe d'éclats dangereux.

On protège Tartillerie de csgœipagne au moyen d'épaulements, lorsqu'on prévoit qu'elle devra soutenir un combat de longue durée, ou lorsqu'il est nécessaire de l'établir sur des emplacements fort exposés aux feux de l'ennemi.

Ces épaulements sont construits d'ordinaire avant que la batterie ne vienne occuper l'emplacement choisi. On peut aussi les élever pendant les interruptions du combat.

Les intervalles d'axe en axe des pièces seront rarement inférieurs à 16«°00 (20 pas).

Les emplacements des pièces devant être déterminés d'après la nature du terrain, les batteries ne formeront qu'exceptionnellement une ligne droite.

Pour construire l'abri d'une pièce, on tracera d'abord, en avant et sur le côté de l'emplacement choisi, trois lignes à angle droit, de 3 mètres de longueur : a&, hc et ad (voir ^^, 84). Sur ces lignes on marquera, au moyen de piquets, les points e^fei e\f, les deux premiers à 0"8Q de a, les deux autres à (M"80 de &. On tracera ensuite les lignes fg^ f'g\ perpendiculairement à aô, et ôc, et on leur donnera 1°*00 de longueur. Enfin on abaissera, des points g et g y les perpendiculaires ghi et gh'i\ sur les lignes fg et f^.

Les m'^ei8h,g,f,e,é,f,g\ h\i,i' forment le tracé de Tabri. Le long de ce tracé on place six travailleurs, aux endroits indiqués par le signe i . Les n«* 2 et 4 creusent

Fig. 84.

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ro/ll no 1.

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chacun une excavation mmnn, de 0^10 de profondeur, dans laquelle on place les planches ou les rondins qui doivent soutenir le ciel des petits magasins à munitions dont il sera question plus loin. Quand remplacement de

la pièce est déblayé, et qae Ton peut à la rigueur ouvrir le feu, on établit les travailleurs aux endroits indiqués par le signe #. Les n^ 2 et 3 régalent Tépaulement, les n^ 1 et 4 terminent les masses couvrantes latérales, et les n**' 5 et 6 achèvent la rampe (1).

On doit avoir soin de piétiner les terres par couches successives, pour donner plus de consistance à la masse couvrante.

Les talus intérieurs sont tenus aussi roides que possible, et les parties en remblai de ces talus sont revêtues en gazons, lorsqu^on peut en trouver à proximité.

On creuse dans le talus intérieur, sur les côtés de la pièce et à 0™10 au-dessous du sol, les cavités mmnn destinées à recevoir les munitions. Ces cavités, dont le ciel est soutenu par des planches ou des rondins, ont 0"^30 de hauteur, 0°»50 de profondeur et 0°*80 à l'^OO de largeur. Quelquefois on y insère des boîtes en charpente, préparées sur place (voir les profils n^ 1, fig. 84 et 85).

Lorsqu'on aura le temps, on complétera Tabri décrit cinlessus, en creusant de chaque côté de petites rigoles (voir fig. 85) pour mieux couvrir les servants. Le fond de ces rigoles est à 0"*50 au moins sous le niveau de la plate-forme, ou à 1"40 au moins sous le niveau do la masse couvrante.

Dans les figures qui précèdent, comme dans celles qui suivent, on a donné à tous les talus intérieurs une inclinaison de 2 sur 1 : et, pour faciliter le tracé, on a supposé

(i) Ces divers travaux ont été exécutés par des soldats du génie, sur la plaine du Kmishof, à Anvers, en 50 minutes , avec la pelle à long manche.

Ils ont été exécutés dans le même temps, avec la petite pelle danoise, mais alors on relevait les hommes après 25 minutes de travail.

qne tous les remblais seraient talntés et terminés p&r des ardtes vives, bien que dans la pratique, rinclinaison maximum des talus intérieurs varie avec la nature des terres.

que les angles dee remblais soient arrondis et que les talus extérieurs aient l'inclinaison des torrea roulantes.

Lorsque la couleur de l'épaulement tranche assez sur celle du terrain environnant, pour que la batterie puisse âtre vue de loin, il sera utile de la masquer au moyen

de gazons, de branches ou de broussailles, ou, mieux encore, en appliquant, sur les parties les plus visibles, une couche de terre ayant la même teinte que celle de la surface.

On peut préserver les servants d'une grande partie des coups dangereux (balles ou éclats de projectiles), en établissant sur le parapet une bonnette de 0"30 de hauteur et 0"40 d'épaisseur en crête (voir la partie pointillée delaâg. 85).

On s'écarte des dispositions précédentes :

A. — Lorsque Vépatdement doit être établi sur une élévation de terrain.

Dans ce cas, pour que Tennemi ne puisse pas découvrir facilement l'emplacement de la pièce, on creuse le sol à 1"00 de profondeur, et on éparpille les terres en arrière, de façon à ne pas former de masse couvrante visible de loin. Cette disposition a, toutefois, l'inconvénient d'exiger beaucoup plus de travail que celles des.tjpes ûg. 84 et 85.

B. — Lorsque Vépaulement doit être construit sur un terrain où Von ne peut s'enfoncer sans rencontrer de Veau, de la tourbe ou delà vase.

On établit dans ce cas la pièce sur le sol naturel, et on forme le parapet avec la terre provenant d'une excavation extérieure (voir fig. 86).

La construction de ce type exige également plus de temps que celui des ôg. 84 et 85.

On en fait le tracé de la manière suivante : sur ab = 3"00, on abaisse les perpendiculaires af et bf, ayant l'une et l'autre 0»**25 de longueur, et on marque les points e et e\ à 0™80 de a et de b. Sur ef et e'f prolongées, on marque les points g et g\ à 3°»50 de e et de e'; puis en g, en h et en g' on élève des perpendiculaires de 4™50 de longueur. On obtient ainsi trois points h, i

et h\ qui permettent de tracer le bord intérieur de la fouille, lequel est à 3>"60 du bord extérieur.

Fig. 86.

Profil no 1.

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