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Pour le tir sur deux rangs, la banquette doit avoir 0"*80 do largeur, et pour le tir sur un rang 0'"60. Quand la terre est très légère, il convient d'augmenter ces largeurs, ou de consolider les talus avec des branches, de la paille ou des planches, retenues par des piquets (fig. 67).
Le profil fig. 68 a Tavantage de mieux couvrir le rang des serre-files , d avoir des banquettes sur lesquelles les
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hommes peuvent s'asseoir, lorsqu'ils ne sont pas en action, et de n'exiger que peu de travail en plus.
Fig. 6S.
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Lorsqu'une troupe doit rester longtemps exposée à des feux violents d'artillerie, il est nécessaire d'élargir et d'approfondir la tranchée, pour porter l'épaisseur du parapet à 2°»50 ou 3"00 (fig. 69).
Si la nature du terrain ne permet pas de descendre à la cote — 1"20, et si le travail ne doit pas se faire sous le feu de Tennemi, on peut conserver à la tranchée le
proâl de la fig. 68, et prendre le supplément de terre
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dans une excavation creusée en avant de la masse couvrante (voir fig. 70).
Fig. 70.
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En terrain rocailleux ou trop dur pour être entamé à la pelle, ou traversé par de grosses racines, on devra nécessairement modifier le profil des tranchées, en élevant davantage le parapet, en élargissant la tranchée et en prenant au besoin de la terre en avant du parapet, (voir fig. 56).
Les fig. 71 et 72 représentent, Tune le profil d'une tranchée-abri en terrain descendant vers l'ennemi, l'autre celui d'une tranchée-abri en terrain montant vers l'ennemi. Tous deux sont tracés conformément au principe énoncé page 59, en vertu duquel la hauteur de la masse couvrante est réglée de façon que les défenseurs
de la tranchée puissent tirer avec la même facilité, et receyoir la même protection, qu'en terrain horizontal.
L'élément variable de ces profils est la profondeur de la tranchée au pied du talus de la berme. Elle dépend de
Fig. 74.
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la nature du terrain qui, sur les versants des hauteurs, est souvent difficile à entamer.
Les tranchées de première ligne doivent quelquefois contourner un mamelon, un renflement de crête ou une saillie de bord de plateau.
Fig. 72.
ortzorn
On est alors conduit à établir un bataillon ou une fraction de bataillon, dans une lunette de forme aplatie, que certains auteurs désignent, à tort, sous le nom de redoute ouverte à la gorge.
On dispose cette lunetta comme l'indique la flgnre 73.
Les faces 6c et cd n'étant pas enfilées, leurs défenseurs se tiendront dans les tranchées intérieures; les fïtces ab étant au contraire exposées k l'enfilade, leurs défen-
Fif. 78.
seurs occuperont, jusqu'au moment où ils devront monter sur la banquette, les crochets pq qui communiquent avec les tranchées de ces faces.
On emploie les tranchées-abri a non-seulement pour couvrir les troupes de la première ligne de bataille, mais encore celles de la seconde ligne, lorsqu'elles se trouvent sur des emplacements découverts, exposés aux feux de l'artillerie ennemie.
Les tranchées de la seconde ligne (1) sont utiles
(1) Oq t tODJonrs Is temps d'eiëcnler cas trtnctiées, parce qae les troupes de la seconde ligne ne sont engagées qu'après celles de la première ligne.
surtout en cas de revers. Elles marquent alors la limite du mouvement rétrograde; les troupes s'j arrêtent et s*j rallient naturellement» parce que Thonneur leur fait un devoir de les défendre ; Tordre se rétablit, la confiance renaît, la liaison tactique entre les colonnes est reconstituée, le feu s*ouvre , la poursuite cesse et, si tout va bien, on pourra même reprendre TofTensive.
Fig. 78***.
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Profil No i.
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Si Ton craint de trop encombrer le champ de bataille par ces longues lignes de tranchées, ou si le terrain ne se prête pas a leur construction, on abritera chaque bataillon comme les Russes abritèrent, à Plevna, les bataillons de soutien placés derrière le cordon d'investissement. Ces bataillons étaient établis dans quatre tranchées (une par compagnie), construites les unes
derrière les autres, et ayant des rampes à chaque extrémité (voir la fig. 72***', qui diffère du dispositif russe en ce qu'il y a des gradins sur lesquels les hommes peuvent s'asseoir).
La tranchée gh, qui longe la gorge de la lunette, recevra la réserve intérieure. La tranchée Imn sera occupée par un bataillon voisin. La partie Im est légèrement repliée en arrière, afin de mieux flanquer la lunette et de laisser libre un passage 0, nécessaire pour les retours offensifs. Ce passage et la gorge de la lunette sont surveillés et protégés par les crochets ik, qui servent en outre à flanquer la branche Im
Aux faces bc et cd on donne deux hommes pour 0°*75 de ligne de feu, aux faces ab et ef, un homme seulement. La réserve intérieure est égale au tiers de Teffectif assigné à ces diverses faces. Elle a pour mission de renforcer les points menacés et de fournir éventuellement des défenseurs aux crochets t'A.
N. B. — Les raisons que nous avons données plus haut pour réduire à l™20 la hauteur de la masse couvrante des tranchées-abris, s'opposent à ce que Ton établisse des bQnnettes sur les parapets de ces tranchées.
En Autriche, où les bonnettes sont employées dans ce cas, les hommes les plus grands se placent au second rang et font feu, appuyés contre le parapet, comme l'indique la fig. 74, ce qui oblige à entailler le talus intérieur pour permettre aux hommes du premier rang de tirer convenablement.
A cet inconvénient des bonnettes viennent s'ajouter le supplément de travail qu*elles exigent, et le défaut qu'elles présentent d'être vues de loin et de faciliter le tir de l'ennemi par les découpures que forment leurs créneaux.
Emploi de la pelle à manche oonrt de Unnemann.
Pour aBsnrer la prompte exécution des retranchemeDts, obtenir une répartition de traTail pins égale, rendre le relôvemeut successif des travailleurB plus facile et charger plus uniformément le fantassin, il convient : 1° de donner une pelle à. tous les soldats du second rang, comme cela s'est fait dans plusieurs pays ;
Fig. 7*.
2^ De faire porter les pioches, les scies, les haches, les serpes et les marmites par les hommes du premier
rang.
De cette façon, que la troupe soit divisée par files, groupes, sections, pelotons, compagnies ou bataillons, les hommes d'un rang pourront protéger ceux de l'autre rang, pendant le travail, et les relever ensuite promptement sang la moindre difficulté.
La pelle Linnemann pèse 700 à 770 grammes, et sa longueur totale est d'environ 50 centimètres. L'un des côtés est tranchant, l'autre est taillé en scie. (1)
(1) Ka Autrii^he, en Hollande, en Ronmaaie, en Serbie et en Grèce on a jugé celle acie tor\ utils ; ea Allemagne, ea France el en Russie on l'a, an coatraire, sapprimëe, parce que ses dents sont promplement âmanstitt, snrioat quand la touille se fïiil en mauvais terrain.
Cette pelle doit être employée de la manière suivante :
Le soldat présentant le côté gauche à Tennemi, plie le genou droit, prend de la main droite le bouton du manche et de la main gauche le col de la pelle. Le peu de longueur du manche force le soldat à s'agenouiller ou à se courber fortement. Dans le premier cas, Thomme est moins exposé et plus tôt couvert par le remblai ; dans le second, il travaille avec plus de rapidité et peut lancer les terres plug loin. Ce dernier mode est généralement préféré par les hommes, quand le retranchement ne s*exécute pas sous le feu de Tennemi et quand on relève les travailleurs de 20 en 20 minutes. Il convient mieux aussi lorsque Tinfanterie doit entamer des redoutes, des batteries et des retranchements d'un fort profil, que les troupes spéciales (génie ou artillerie), munies de pelles à long manche, sont chargées d'achever.
L'expérience ayant prouvé que les hommes se fatiguent moins lorsqu'ils travaillent alternativement à genoux et debout, on leur permettra de le faire quand il n'y aura pas de raison déterminante pour l'empêcher.
La fouille ne doit être entamée que par un des angles du tranchant de la pelle, surtout quand la terre est dure et compacte.
Dans ce cas on peut aussi enfoncer la pelle avec le pied, en appuyant sur le rebord.
Les pierres de grandes dimensions que l'on trouve dans le déblai, doivent être enlevées à la main et jetées à l'intérieur du remblai. Placées sur la masse couvrante elles produiraient, sous le choc des projectiles, une gerbe d'éclats dangereux.
Pour employer la pelle comme hache, le soldat prend le manche dans la main droite, tantôt près du bouton,
tanUt près du fer de la pelle, selon le caa, et porte le coup en biais, en frappant le plus près possible du rebord.
On peut avec cette pelle abattre des arbres ayant jusqu'à 15 centimàtres de diamètre.
Un arbre en bois dur de O^OS de diamètre, est abattu en 1 1/2 minute, un arbre de 0™10 de diamètre, en 3 minutes, et un arbre de 0°'15, en & minutes.
L'abattage des arbres en bois tendre n'exige que la moitié de ce temps (1).
Ces résultats ont été obtenus en Autriche, où l'infanterie est pourvue d'une pelle Linnemann, dont l'un des tranchants est taillé en scie. Pour abattre, avec cette pelle, un arbre de 0"10 à 0"^ (voir fig. 75), on feit le
trait de scie i-3, puis avec le tranchant on abat le segment 1-2-2; on fait ensuite le trait de scie 3-3, et on abat le segment 2-3-3-3. On continue ainsi jusqu'à ce que
l'on ait entaillé l'arbre aux deux tiers, en attaquant toujours à la scie les angles, comme l'indique la section transversale (fig. 76). On pratique alors une entaille b.
(&g. 7&), du côt^ oppoBé et k un nireau plus bas, aprôs quoi on renverse l'arbre, en exerçant an moyen de cordes une traction dans le sens de la âôcbe (1).
Généralement, quand on se sert de la bâche ou de la pelle sans scie, on fait les entailles comme l'indique la fig. 77, et on renverse l'arbre en exerçant une traction du
Fig. 77.
odté de l'entaille inférieure, la corde étant Usée a de la hauteur.
9 ce cas, l'arbre reite génëralemeDi iltaché k ta sonche iprès « qui »a «vaaUgeax pour Tormer des abalis sur place.
Des expériences faites en France, de 1876 à 1878, ont prouvé qu'avec la scie articulée on abat des arbres de 0'"25 à O'^SO de diamètre, en 5 ou 10 minutes, deux hommes agissant, à chaque extrémité de la scie, sur des commandes (bouts de corde). On serre alors un coin dans Tentaille, pour faciliter le mouvement alternatif de la scie.
Ces expériences ont prouvé en outre qu'un homme peut raser environ 50 mètres carrés de taillis par heure, àTaide de la serpe et de la hache à manche court.
Traoô de la tranohée-abri.
Le tracé se fera par des officiers, assistés d'un certain nombre de sous-offîciers.
En site plat et découvert, il sera généralement rectiligne. Dans tous les autres cas, on aura égard à la nécessité de bien découvrir et de battre efficacement le terrain, «n avant de la tranchée, jusqu'à bonne portée de fusil (600 mètres).
La longeur d'une tranchée-abri doit être égale au front de la troupe, calculé à raison de 0"*60 par file.
Les extrémités de chaque tranchée-abri sont légèrement infléchies en dedans, pour donner des feux croisés •en avant des intervalles.
Toutes les fois qu'on pourra le faire, on appuiera les tranchées à des maisons, des haies, des touffes d'arbres et d'autres couverts, de nature à les préserver du tir d'enfilade ou à diminuer les effets de ce tir.
Pour tracer une tranchée, on emploiera tantôt des pierres^ des branches, des piquets, et tantôt des jalonneurs placés à 30 ou 40 pas l'un de l'autre. Ce dernier moyen est le seul qui donne de bons résultats, lorsque l'opéra-
lion doit se faire dans robscurité ou sur un sol couvert de hautes herbes, de broussailles ou de céréales.
Ezéoution de la tranohée-abri.
On conduit les travailleurs, par pelotons, près de Fendroit où ils doivent être employés ; on porte ensuite les hommes du second rang, tous munis de la pelle, à quatre ou cinq pas en arrière du tracé, et on les desserre de manière qu'ils occupent dans le rang un pas (0"^75), au lieu de 0"60 (espace réglementaire). Les hommes en trop serviront à tracer le bord intérieur de la tranchée, à venir en aide aux travailleurs qui rencontreront de& difficultés exceptionnelles ou à remplacer ceux qui seront mis hors de combat.
Les travailleurs étant ainsi placés, font demi-tour et déposent à terre le sac (1) et le fusil (ce dernier avec la platine au-dessus et la crosse vers la tranchée). On les remet ensuite face en tête, et on les fait avancer contre le tracé, où chacun d*eux marque avec la pelle le bord extérieur de la tranchée. Les hommes se mettent à Touvrage au commandement de haut les brcis, en se conformant aux indications précédentes. On leur recommande de s'enfoncer verticalement, à 0°"40 du bord de la tranchée, et de jeter les terres au delà, à 0°^30 de ce bord, en ayant soin de les masser près de la tranchée, pour avoir le plus tôt possible un couvert pouvant être utilisé en cas d'attaque prématurée.
(i) Si le travail ne 8*exécate pas dans le voisinage immédiat de l'ennemi, les hommes peuvent déposer sur le revers de la tranchée tout ce qui les gène.
Us élai^issent successivement la fouille, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à 0°'40 du bord intérieur, indiqué également par des coups de pelle.
Quand la tranchée est à profondeur sur toute sa largeur, on en dresse les talus, on nettoie la benne et on égalise le parapet.
Les officiers et les sous-officiers surveillent le placement des hommes, font tracer le bord intérieur de la tranchée et dirigent le travail de manière & le faire avancer rapidement et régulièrement.
Quand il s*agit d'exécuter, en présence de l'ennemi, des tranchées qui n'exigent que 20 ou 30 minutes de travail, les hommes du premier rang protègent les travailleurs, en formant un rideau de tirailleurs devant l'emplacement de la tranchée.
Si l'opération n'est pas contrariée, et si, à cause de cela, on peut donner aux tranchées un profil plus respectable, les hommes du premier rang relèveront ceux du second rang, après 20 minutes de travail. A cet effet ils se déploieront à 4 pas de la ligne des armes du 2^ rang, feront demi-tour, déposeront les fusils, les sacs, les outils et les marmites, se remettront face en tête et reprendront la tâche des hommes relevés. Ceux-ci laisseront leurs pelles en place et, avant d'aller se reposer derrière leurs armes, piétineront le remblai, pour donner plus de consistance aux terres.
Lorsqu'on est très pressé, on peut entamer le travail sans ouvrir les aies, en plaçant les hommes coude à coude, comme dans l'ordre de bataille, mais à condition de faire reculer d'un pas les files paires, pour que les travailleurs ne se gênent pas l'un l'autre.
C'est ainsi que les Russes ont construit leurs tranchées, en présence de l'ennemi, pendant la dernière guerre.
Le lieutenant-colonel Kouropatkine décrit, dans le» termes suivants, le naode d'exécution employé pour ce» tranchées.
«< Tout d'abord chaque compagnie, en arrÎTant À son n emplacement, détachait en avant deux embuscades, » variant en raison de la proximité de Tennemi.
» A 100 ou 200 pas des compagnies, les embuscade» n formaient une chaîne servant à protéger les travail- » leurs. Dans chaque compagnie désignée pour creuser » des tranchées-abris, les hommes armés de pelles se n plaçaient sur un rang, en arrière de remplacement de la n tranchée , s'alignaient , faisaient demi-tour et posaient » leurs fusils devant eux, la crosse du côté de l'ennemi ; » ensuite, à un commandement, prononcé à voix basse, n ils faisaient de nouveau face à l'ennemi, et chacun^ » creusait sur l'alignement des pieds, un petit sillon qui » se réunissait aux sillons voisins. Ce premier sillon » marquait la crête du talus de revers. Les homme» n alors s'alignaient, se portaient à 6 pas en avant (si la n tranchée devait avoir cette largeur), et creusaient de la » mémo manière un nouveau sillon, parallèle au premier, n et qui marquait la limite de la berme. Puis les travailn leurs se portant au milieu de leur chantier, se plaçaient n un peu en échiquier et se mettaient vigoureusement à » creuser la terre.
» Les travaux étaient commencés habituellement à la » nuit tombante, et dans un silence si complet, qu*& » 300 pas des ateliers, on ne pouvait deviner leur prén sence. »
Quand il n'est pas nécessaire de creuser rapidement une tranchée-abri, on espace les travailleurs de 1"^50 (2 pas), et on leur prescrit, avant de commencer la fouille, de tracer, sur leur gauche, avec le tranchant de la pelle.
— saune ligne qui marque la limite de leur atelier. Étant moins gênés alors, ils peuvent travailler sans trop de fatigue, pendant une demi-heure.
Presoriptions diverses.
Les hommes disponibles du second rang (après qu*on a ouvert les aies jusqu'à ce que chacune occupe dans le rang 0™75), forment le quart de Teffectif de ce rang.
Une partie de ces hommes reçoit la destination qui leur a été assignée plus haut (page 80) ; l'autre partie est employée à couper, dans le voisinage de la tranchée, des gazons, des branches d*arbres, de hautes herbes ou des broussailles , pour masquer les tranchées après leur achèvement et les soustraire ainsi le plus longtemps possible aux vues de Tennemi.
En temps de neige, c'est avec de la neige qu'on recouvrira les talus extérieurs.
Si la tranchée est construite dans un labour sans verdure, on revêtira le talus extérieur d'une légère couche de terre, ayant la même teinte que la surface du sol.
Les abris et les tranchées pour tirailleurs comportant l'emploi de bonnettes, on aura soin, lorsqu'on en créera, de dissimuler avec des herbes ou des branches les échancrures qu'elles forment. Cette règle est générale et s'applique, en fortification improvisée, À toutes leséchanchures et à toutes les saillies du parapet que l'ennemi peut voir de loin.
Lorsqu'on devra épaissir le parapet d'une partie de tranchée , pour protéger par exemple , un abri ou une pièce d'artillerie, il sera prudent d'ajouter de la terre à l'intérieur, afin de pouvoir travailler à couvert et de ne
pas former une saillie extérieure qu^on Terrait de loin par les ombres qu'elle porterait sur les parties non épaissies.
Pour que les tranchées ne soient pas rendues impraticables par les pluies, on conduira les eaux, par une légôre pente, dans de petites rigoles aboutissant à des puits perdus, établis contre les revers de la tranchée (voir fîg. 71 et 72).
Si le terrain est glissant et en pente, on couvrira le fond de la tranchée de branches, d*herbes sèches ou de paille.
Ces prescriptions toutefois ne sont applicables qu*aux tranchées que Ton construit plusieurs jours d'avance et à celles qui font partie d'une ligne d'investissement ou des contre-approches d'une place assiégée. Elles seraient sans objet pour des tranchées exécutées en présence de l'ennemi, dans lesquelles les troupes ne séjourneraient que peu de temps .
Les tranchées dont les extrémités peuvent être débordées par des groupes de tirailleurs (celles, par exemple, qui protègent les réserves d'un poste avancé de la ligne de bataille), doivent être terminées par des crochets, pour atténuer l'effet des coups d'enfilade et d'écharpe.
Fig. 78.
On trouve fréquemment dans le voisinage des lieux habités, des tonneaux, des fagots, des bûches, des pavés et d'autres objets, dont l'emploi accélérera la construc-
tion des couverts. On les placera ou on les empilera le long du tracé de la ligue à construire, et Ton jettera en avant la terre provenant de la fouille (voir fig. 78 et 79).
Ces sortes de couverts sont surtout employés pour la mise en état de défense des villages, des fermes et des châteaux.
Lorsque dlmportantes tranchées-abris doivent occuper
Fig. Te"-.
— Sodés emplacements où elles sont exposées à des feax d'enâlade, on évite de les tracer en ligne droite, pour que Tennemi ne puisse pas, d*un seul point, battre une grande longueur de retranchement. Ainsi, par exemple, à la tranchée droite ab (âg. 79 bis), qui serait enûlée du point c, on substituera la tranchée, légèrement brisée, a-i-B-S^-S-b^ qui offrirait beaucoup plus de sécurité à ses défenseurs.
Les parties enfilées d'un retranchement sont protégées
Fig. 80.
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Coupe CD
par des traverses, à moins qae Tennemi ne soit obligé de cesser le tir d'enfilade, an moment où Tattaque commence.
Ponr former ces traverses, on laisse subsister pendant Texécution de la tranchée, des dames de terre de 3 à 4 mètres de largeur que la tranchée contourne et qui sont espacées de 12 à 15 pas.
La fig. 80 représente une traverse pour tranchée de 0™70 de profondeur, et la ûg. 81 fait connaître la dispo-
Fig. Si.
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sîtion des travailleurs pour Texécution de cette traverse. Le complément de terre qu'elle exige est pris dans la fouille A, fig. 80, par les travailleurs n«» 1 , 2 et3, fig. 81 . La fig. 82 représente une traverse plus épaisse, construite dans une tranchée-abri renforcée ou sur les fronts enfilés d'une redoute. L'extrémité en est arrondie pour faciliter la circulation, et la tranchée qui l'enveloppe est rectangulaire pour faciliter le tracé.
C'est particalièremeDt dsDS les lignes d'inTestisBemeDt qne l'on emploie les traDchées-abris traversées.
Lorsqu'elles occapent des emplacements en avant de ces lignes ou en avant des redoutes qui en font partie, on les relie aux tranchées en arriére par des commimica-
Fig. 81.
lions en zig-zag, de l'<'80 de profondenr. Ces communications étant gonstraitea, autant que possible, aux feux d'enâlade, permettent de relever les défenseurs des tranchées, à rinsu de l'ennemi et, par conséquent, sans trop exiioser les hommes qui doivent y circuler. La Ûg. 83 fournit un exemple de communication de ce genre, construite par les Russes dans la partie des lignes d'investissement de Plevna, qui ae trouvait en avant de Radiechow.
Gard« des tranohées-abris
Lea trancti6es-abrU que l'on construit dans les lignes d'inTeetissement et en avant des ouvrages détachés d'une place, doivent être surveillées avec soin la nuit, pour éviter les attaques imprévues.
On peut recommander les dispositions suivantes, qui ont été prises par les Rnases, devant Plevna.
Fig. 83.
a EmbnMwles poar tinillenrs.
b Unit pour les réMrrea.
Les troupes qni défendaient les tranchées avancées, étaient tonjoars équipées. Une sentinelle par peloton occupait la banquette le jour, et deux sentinelles l'occupaient la nuit. En temps de brouillard, ou quand on s'attendait A une attaque, le nombre des sentinelles était doublé.
On relevait les sentinelles tontes les heures.
En entre, chaque compagnie plaçait, la nuit, deux embuscades de 3 à 4 hommes, à 100 ou 150 pas en avant
des tranchées (c^est-à-dire à 350 ou 400 pas des lignes turques). Ces hommes s'installaient dans des abris creusés rapidement. Il ne leur était permis de tirer que s'ils n'avaient pas d'autre moyen d'avertir de l'approche de l'ennemi.
Les embuscades détachaient, de temps en temps, un ou deux hommes, pour faire connaître au commandant de la premiôre ligne de tranchées les mouvements qu'elles avaient remarqués du côté de l'ennemi.
En cas d'attaque elles se retiraient le plus vite possible, pour ne pas entraver ou retarder le feu des tranchées. Au besoin ces honmies se couchaient pour laisser tirer au-dessus d'eux.
Au commandement de lAïuo armes , tous les défenseurs montaient sur la banquette et exécutaient des feux de rang. Les officiers devaient se donner beaucoup de peine pour empêcher les soldats de tirer isolément et de viser trop haut. Dans de pareils moments il est difficile d'obtenir du calme et une entière soumission aux ordres donnés. Il faut pour cela des chefs énergiques et des soldats parfaitement disciplinés.