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ABRIS POUR LES HOMMES

Aux retranchements improvisés, qui doivent être construits en quelques heures, il est impossible de donner des abris en charpente pour préserver les hommes des obus ou seulement de leurs éclats On ne crée ces abris que dans les tranchées ou dans les ouvrages fermés à la construction desquels on peut consacrer le temps nécessaire. Dans cette catégorie rentrent les travaux que comporte une ligne d'investissement, une tête de pont ou un camp retranché provisoire. Sur le champ de bataille les abris en charpente ne sont applicables que s'il y a beaucoup d'arbres à proximité des tranchées ou des redoutes, et si Ton dispose d'au moins 12 heures pour les établir.

Nous ne ferons connaître ici que les abris pouvant être construits par l'infanterie, sans l'aide de troupes techniques et sans l'emploi d'outils spéciaux, avec des bois non équarris ou en grume. Si l'on a des poutres, des planches et des madriers (ce qui est généralement le cas lorsque les abris se font à proximité des villages) , les types que nous indiquerons plus loin n'en seront que plus faciles à exécuter et plus solides.

Pour que l'on puisse trouver dans toutes les compagnies d'infanterie des hommes on état de les constraire, nous avons proscrit tous les assemblages par tenons et mortaises, et employé uniquement les assemblages par embràvemeuts dont les âg. 120 Â 127 font connaître les détails. La fig. 120 représente un mode d'assemblage de la

Fig. lio.

semelle avec le montant, qui empêche celui-ci d'avan-

«er, de reculer, ou de se déplacer latéralement par le fait d'une pression exercée contre sou pied. Cette même %ure

indique une manière d'entailler le montant (à sa partie Fig. 4W,

supérieure) et les pièces de recouvrement A (à leur partie

inférieure), qui rend impossible tout déplacement du chapeau.

Les 6g. 121 et 123 indiquent une autre manière d'en-

tailler le recouvrement et de soutenir le chapeau. Dans l'une des âgures le chapeau est porté par deux montants accouplés, dans l'autre, il est porté par deux montants à pieds écartés, formant chevalet.

Pour mieux consolider les montants, on peut les relier par des piëces de bois ou par des latte» transversales a, fixées au moyen de clous ou de chevilles en bois.

Les Bg. 122, 124 et 125 font connaître divers modes d'assemblage d'un montant avec un arc-boutant. Le premier est le plus facile & exécuter, mais il n'offi^ a

résistance contre un choc latéral, t moins qn'on ne Ûxe Fig. IM.

les denx pièces assemblées au moyen d'une cheville e Fig. 1Î8.

bois on d'un gros clou. Les deux autres sont combinés de

maniôre qu'un choc latéral ne puisse pas dégager l'arcboutant de l'embrôvement du montant.

Les arcB-boutants sont serrés contre des semetlea longitudinales que l'on maintient on place au moyen de

tig. lie.

forts piquets (voir fig. 126), ou contre des semelles transversales b, appuyées sur la terre vierge (voir fig. 127).

Pour former le ciel des abris, on se servira de corps d*arbre8, dans les intervalles desquels on serrera de plus petits corps d*arbres, des perches ou de grosses branches; on recouvrira ensuite le tout de paille, de foin, de gazons ou de blés coupés, pour empocher le tamisage des terres.

Si Ton a des madriers ou des planches, on les axera directement sur les pièces de recouvrement.

La fig. 128 représente un abri de tranchée fort simple.

FJg. ils.

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mais qui suffit pour mettre les défenseurs à labri des éclats d'obus et des balles de shrapnels. Le blindage îl%, 129, composé de plus gros corps d'ar-

Fig. 429.

bres et recouvert de terre, peut résister même au choc des obus.

Quand le terrain ne permet paa de donner k la tranchée 1™20 de profôndeor à Tendroit où doit être construit le ' blindage, on emploie les profils fig. 130 et 131.

Fig. 480.

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Ce dernier se compose de corps d*arbres jointifs, reposant sur un chapeau a, que soutiennent des mon-

Fig. 18i.

tants b, appuyés à des arcs-boutants c. Les interralles des montants seront d*autant plus grands que le chapeau

et les fflontanta auront un éqaarrisaage plus fort. Ils yarie root entre 2 «t 3 môtres.

Lorsqu'il faudra construire un abri danB le terre-plein intârienr d'une redoute on d'une lunette, ou couvrir une partie de communication, on appliquera le profil ûg. L32,

Fig. 133.

en ayant soin de renforcer la couche de terre du câté d'où viennent lea coups.

Ces abrU sont pins commodes et plus faciles à construire que l'abri en rondins &g. 133, décrit comme suit.

Fig. 133,

dans l'Ecole de fortification de campagne de l'armée française :

« Cet abri est construit avec des bois en grume de 0*^20 àO^^SO d^équarrissage, reposant par leurs extrémités supérieures sur un fort rondin horizontal, noyé dans le remblai et auquel on peut les relier au moyen de harts. Ces bois sont alternativement disposés de façon à laisser sur chacune des parois autant de vide que de plein ; quant aux parois mêmes, elles sont formées suivant les ressources dont on dispose, de madriers , de traverses de chemin de fer, ou même de branchages assez serrés pour que les terres ne tamisent pas. On pénètre dans cet abri par une ouverture ménagée sur le côté le moins exposé. »

La fig. 134 représente un abri qu*on peut élever

Fig. 134.

(o^ooj

rapidement sur uie face de redoute ou dans une tranchée renforcée, et qui suffit pour soustraire aux balles des schrapnels deux rangs de tireurs assis sur les banquettes a et & (1), ainsi que les hommes qui se tiennent en

(d) Pour qae ces banquettes paissent être occopées à la fois par deux rangs de soldats, assis côte à côte, il faut que la banquette h ait «a moins 0»60 de largeur.

arriéra de l'abri, debout ou assis au foDd de la tran-

La flg. 135 est un profil d'abri élevé à la gorge d'une redoute oa d'une lunette. Cet abri, de même que les pr^

î (.fM.

cédents, peut être construit avec des corps d'arbres et par des hommes peu exercés aux travaux de charpenterie. Il est fermé, du côté de lagorge, au mojend'ane palissade de 1"30 de hauteur, par dessus laquelle les occupants de l'abri feront fen snr les assaillants, en cas d'attaque enveloppante. Si l'on a des planches on des madriers,

on les clouera contre les montants, sur l^dO de hauteur, ce qui permettra de supprimer la palissade et d*abréger ainsi la durée du travail.

Dans les lignes d^inyestissement — qui doivent être rapidement exécutées, mais que Ton renforce ensuite successivement — on construit des abris en charpente pour les défenseurs des retranchements, pour les réserves établies sur des points exposés aux feux de la place, pour les servants, pour les canons et pour les munitions de toute espèce. Ces abris sont exécutés, les uns par les troupes de Tartillerie, les autres par les troupes du génie. Pour ce motif nous ne les décrirons pas dans le présent Manuel, qui doit comprendre seulement les travaux que peut être appelée à exécuter, en campagne, une troupe d'infanterie, opérant seule ou avec Tappui de la cavalerie et de rartillerie.

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