‹ Manuel de fortification de campagneChapitre 21 sur 69 · TT · texte numérisé non relu

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Dans toutes les portes on entaille des créneaux pour en défendre raccôs.

Afin que la garnison puisse se retirer au dernier moment, on combine les moyens de fermeture d*une des portes de manière à pouvoir les dégager facilement.

Les ouvertures des caves sont fermées par des planches ou masquées par des objets difficiles à déplacer.

Les feoétres do rez-de-chaassée peuvent dire toutes utilisées pour la défense. Lorsqu'elles ont des volets, on y entaille des créneaux, on les renforce au moyen de planches clouées et on; applique.jusqu'ft hauteur d'appui du fusil, des gazons, des matelas, des couvertures ou du fumier.

Pig, 1S5.

Lorsqu'il n'y a pas de volets, on obstrue le b«8 des baies de fenêtres aa mojen de meubles, par dessus lesquels les tireurs font feu, ou mieux encore, on ferme entièrement l'ouverture au moyen do planches ou ' de madriers, de pièces de bois, de matelas, etc., en ayant soin d'y ménager des créneaux. La ûg. 154 représente une fenêtre barricadée avec des rondins appuyés k deux

montants a, soutenus chacun par deux arcs-boutants6 et c. Ces arc-boutants sont serrés en haut contre les bouts de madriers e et d et en bas contre les bouts de madriers ff cloués aor le plancher, ou contre les bouta de madriers i et A (âg. 155) engagés dans le sol, s'il a'y a pas An plancher au rezHie-chanssée.

La flg. 166 représente udo autre fermeture composée de

Fi(. 4S6.

madriers verticaux retenus par les traverses a a , engagées par leurs extrémités dans la maçonnerie ; mais cette disposition sera moins souvent employée, parce qu'elle exige que l'on pratique dans les baies de fenêtres les cavités c c, nécessaires pour introduire et axer les traverses.

Il importe que les fenêtres et les portes du rez-dechaussée soient entièrement fermées pour que l'assaillant

ne puisse pas jeter dans les locaux des grenades ou des matières enflammées. Il importe aussi que les créneaux se trouvent à plus de 2 mètres au-dessus du niveau de la rue, pour qu'on ne puisse pas les emboucher. Lorsqu'il est impossible ou trop difficile de remplir cette condition, on creuse un petit fossé en avant des fenêtres (voir le trait pointillé de la fig. 156.)

Pour former une banquette, à l'^dO sous la plongée des créneaux, on se sert de tables, de chaises, de bancs et, au besoin, de planches appuyées sur des tonneaux, des bûches, des pavés, de la terre, etc.

Si le nombre des fenêtres est insuffisant pour obtenir une bonne défense, on perce des créneaux dans les trumeaux ; mais ce travail exige le concours des soldats du génie.

Aux étages du bâtiment, il suffit de barricader les fenêtres jusqu'à hauteur d'appui du fusil. S'il y a des volets et que l'on veuille y pratiquer des créneaux, on donnera à ces créneaux une très forte plongée, pour battre le terrain le plus près possible de la maison.

S'il y a un balcon au-dessus de la porte, on le garnira d'une paroi en rondins, en madriers ou en sacs de terre, et on ouvrira dans le sol (à moins qu'il ne soit en pierre) des créneaux en macliicoulis, pour battre le pied du mur et l'entrée de la maison.

On pratiquera également des créneaux de l'espèce dans les planchers du premier étage, au-dessus du corridor et des chambres du rez-de-chaussée, pour tirer sur les assaillants lorsqu'ils pénétreront dans ces locaux.

Enfin, on placera des tireurs derrière les fenêtres blindées des lucarnes du toit et, au besoin, derrière les cré-

neaux qae Ton formera en enlevant des toiles aux endroits les plus favorables.

Si Tescalier se trouve prôs de rentrée principale ou du local par lequel l'assaillant pénétrera vraisemblablement dans le bâtiment, on le détruira et Ton établira en arrière, prôs de la porte de sortie, une échelle qui aboutira à un trou pratiqué dans le plafond. Au moyen de cette échelle, les défenseurs des étages se rendront à leur poste ou se retireront quand le moment sera venu.

Gomme dernière précaution, on placera d'avance, & chaque étage, des baquets remplis d'eau pour éteindre les incendies naissants.

Pendant que ces travaux s*exécuteront àllntérieurdu bâtiment, on enverra quelques hommes à Textérieur pour enlever ou détruire tous les obstacles qui pourraient gôner les feux de la défense ou procurer un couvert à l'ennemi. S'il y a des arbres à proximité, on créera des abatis devant leé angles du bâtiment et, en général, devant toutes les parties qui ne seront pas bien battues par les défenseurs du poste.

Pour mieux fixer ces prescriptions dans l'esprit du lecteur, nous en ferons l'af^catian à une maison avec jardin enmoraillé (voir fig. 157), devant servir de point d'appui à une barricade élevée à l'entrée d'une rue de village (1).

Afin d'avoir les matériaux nécessaires pour barricader les fenêtres du rez-de-chaussée et la porte d'entrée a de la maison on démolit le plancher du grenier, on enlève

(i) On soppose que cette entrée ne peil pas être battue par rartiltarie ennemie.

les portes intérieures qu'il est inutile de conserver, et Ton fait descendre tous les meubles, bancs, coffres, etc, qui peuvent être employés.

La porte b donnant sur la cour, est fermée et barricadée de manière à ce qu'on puisse Touvrir de Tintérieur au moment de la retraite. Si on a le temps, on protégera cette porte extérieurement par un tambour en troncs d'arbres (âg. 158), pour assurer les communications entre les défenseurs de la maison et ceux de la cour. (1).

Fig. 488.

La porte de sortie d de la cour est simplement fermée à clef, pour que Ton puisse communiquer avec un tambour destiné à flanquer le pignon antérieur de la maison.

(4) On pourra donner à ce tambour, sur la partie {abcd flg. 458), le profil des palanques avec fosse k fond de cunette.

Au moment où ce tambour devra être abandonné, on roulera contre la porte un chariot c rempli de terre ou de pierres, et Ton glissera entre ses roues des pièces de bois, des corps d*arbres ou d*autres objets propres à compléter le barrage.

Cette entrée sera en outre battue par des tirailleurs qui occuperont une tranchée R, creusée dans la cour. La tranchée S servira d'abri aux défenseurs du mur, lorsqu*ils ne devront pas se trouver derrière les créneaux.

Si le temps ou les matériaux nécessaires pour construire ce tambour disaient défaut, la porte d serait barricadée comme Test la porte d'entrée delà maison.

Pour faciliter la retraite des défenseurs on percera une porte f dans le mur postérieur de la cour, et Ton fermera cette porte au moyen d*arcs-boutants pouvant être enlevés promptement au moment de la retraite.

Pour disputer la maison pied à pied, on formera dans le corridor une barricade c composée de meubles, de planches, de tonneaux, etc. Cette barricade divisera la maison en deux et permettra de gagner en sûreté la porte de retraite b, La porte g sera condamnée, et les défenseurs des locaux 1, 2, 3 se retireront par h.

On pourrait aussi adopter pour la défense du rez-dechaussée les dispositions suivantes :

Barricader fortement les portes i et h; créneler ces portes ainsi que les murs du vestibule et la barricade c, de manière à battre tout le vestibule, comme Tindiquent les flèches en traits interrompus ; laisser la porte g ouverte, pour faciliter la retraite des défenseurs du local 3, et réunir à proximité les éléments nécessaires pour la barricader rapidement.

Si Tescalier était dans la partie antérieure du corridor, entre la porte d'entrée et la barricade c, on Tenlèverait ou

on le détruirait pour la sûreté des défenseurs de l*étage, et on communiquerait avec ceux-d an moyen d'une échelle aboutissant à un trou pratiqué dans le plancher, prôs de la porte b.

Les portes et les fenêtres barricadées auront des créneaux. On en percera également dans les trumeaux, si Ton a des soldats du génie ou des ouvriers spéciaux pour les faire.

On placera près de la porte h des meubles au moyen desquels on la condamnera dôs que iee défenseurs auront abandonné les locaux l, 2et3.

On enlôYcra à Fétage quelques planches auniessus du corridor et au-dessus des pièces 1, 2 et 8, afin de pouvoir Uret sur les assaillants.

On prendra enfin toutes les précautions nécessaires pour prévenir un incendie.

Les murs de la cour seront renforcés par les moyens indiqués au chapitre lY, et Ton creusera pour leurs défenseurs des bouts de tranchées qui les abriteront lorsqu'ils ne devront pas se trouver à leur poste de combat.

Si Ton a plusieurs maisons joignantes ft retrancher, on les fera communiquer entre elles, à chaque étage, en pratiquant des trouées dans les murs mitoyens. Ces trouées n'auront que O'^BO à O'^ôO de largeor, et près de chacune d'elles on placera un lourd meuble, pour barrer, au besoin, le chemin à l'ennemi.

Les agglomérations de maisons et de bâtiments (églises, fabriques ou châteaux) qui doivent servir de réduits aux villages retranchés, seront organisés pour la défense d'après les mêmes principes que l'habitation dont il vient d'être question.

Si le b&timeDt choisi est une église, on barricadera la porte et l'on appliquera contre les fenêtres, ^néralement très élevées, des écba&udages auxquels on montera par dee échelles. La haatenr de ces échafaudages sera r^lée de telle sorte que l'on paisse tirer suivant l'inclinaison du talus qui précède d*ordiaaire le seuil des fenêtres (voir fig. 159}.

Fig. 1G9.

III. — Mise en état de défense ^utte grande ferme titttée sur le front d'une ligne de batailie.

Nous prendrons pour exemple la ferme ûg. 160 (1),

(i) Cfl type de ferme el lea cïIciiIb qoi soiveot sont extrtiia du Manuel

composée de 4 bâtiments, d'nne cour et d'un jardia clôturé en partie par une paroi en planches et en partie par une haie.

Les bâtiments a, b, étant situés du côté opposé à l'attaque et construits très solidement, formeront le réduit de

Fig. 160.

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Jardxn .

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I ,tn , On vcrhnvs praU^mcs dans encUs pour flivortscr les rctoai^s offensifs

la défense. Pour qae de ce réduit on puisse battre tous les points de Tenceinte, on coupera les arbres du jardin. A Textérieur, on n'abattra que ceux qui gênent les défenseurs de Tenclos ou qui restreignent leur champ de tir.

La garnison du réduit doit être indépendante de celle de Tenceinte, et son commandant doit être rendu personnellement responsable de la défense du poste qui lui est confié.

Les bâtiments et les clôtures seront retranchés d'après les principes exposés plus haut.

Quant au nombre d*hommes qu'exigera Tensemble du travail, on le déterminera comme suit, en supposant qu'on ne puisse disposer que de 3 ou 4 heures pour l'exécuter.

A. — Enceinte extérieure :

1^ Enlever la paille de la grange et des écuries 15 hommes.

2** Construire une banquette en terre contre les murs e f et d c, qui ont 1°*80 de hauteur et 60 mètres de longueur. On compte, pour ce travail et pour le barrage de la porte g au moyen de tonneaux, 1 homme par 3 mètres courants, soit 20 "

3o Percer 42 créneaux dans les murs extérieurs de la grange et de Técurie (à raison de 1 heure par créheau) .... 14 «

4^ Déblayer un fossé à fond de cunette devant les créneaux, sur 65 mètres de longueur, à raison de 1 homme par 3 mètres . 22 »»

5^ Consolider la clôture en planches depuis l'écurie jusqu*au point h, et creuser en avant un fossé à fond de cunette, dont les terres sont rejetées contre la clôture. Etançonner celle-ci à l'intérieur (à raison de 1 homme par 2 mètres) 30 »» '

6® Creuser une tran«hée-abri entre h et î (& raison de 1 homme par 3 mètres) . . . 15 »»

7** Nettoyer le terrain extérieur, abattre les arbres du jardin, en former un abatis

A reporter. . 116 hommes.

Report . . 116 hommes.

devant le front de la ferme, pratiquer des ouvertures dans les clôtures en arrière, le long du chemin, pour favoriser les retours offensifs 26 »

Total : 142 hommes.

B. — Réduït (voir flg. 161) :

' l^ Barricader 18 portes et fenêtres des bâtiments a et &, au moyen de meubles et de bois équarris, et préparer ce qui est nécessaire pour barricader les deux fenêtres des locaux î^ et ^ qui doivent être utilisées comme entrées. En tout 20 ouvertures . . 20 hommes.

2^ Percer 23 créneaux dans les b&timents a et & 8 n

3^ Elever une barricade entre les bâtiments a et &, au moyen de bois trouvés sur place, maintenus par des montants. Préparer une barricade mobile composée de tonneaux c, c, pour interrompre au besoin le passage 12 »

4^ Assurer la fermeture de la porte d*entrée de la ferme au moyen d*un chariot, placer des baquets pleins d*eau dans les deux maisons, abattre des arbres dans le jardin et former desabatis devantles angles du réduit 20

Total : 60 hommes <

En résumé, il faudra 142 -\- 60 ou 202 hommes pour

mettre la ferme en état de défense dans l'espace de 3 à 4 heures, soit 2 hommes pour 3 mètres courants de périmètre À fortifier.

Fig. 464.

iBs^

Troupes nécessaires pour défendre un bâtiment retranché

(maison ou ferme) .

L*effectif de la garnison d*un bâtiment retranché dépend du nombre d*étages qu'on occupe et du nombre de portes, de fenêtres et de créneaux qu'on utilise pour la défense.

D'après le Maniai du pionnier allemand, il faut, pour une résistance énergique, 1 homme par mètre courant de périmètre extérieur.

Ainsi, la maison retranchée (ûg. 157) ayant 13 mètres de façade et 9 mètres de pignon, ou 44 mètres de pourtour — non compris le mur de clôture de la cour, qui a 20 mètres environ de développement — il faudrait, pour la défendre vigoureusement, 64 hommes, ou le tiers d'une compagnie.

La garnison nécessaire à la ferme (ûg. 160) devrait, d'après le mêmes bases, s'élever â 338 hommes, à savoir: Pour l'enceinte extérieure . . 230 hommes. Pour le réduit 108

Ce détachement pourrait, après qu'on en aurait distrait les hommes nécessaires & la surveillance extérieure favant-postes) et à la préparation du man^^r, mettre dans l'espace de 3 & 4 heures la ferme en état de soutenir une défense des plus énergiques. La moitié du temps suffirait pour organiser une défense ordinaire.

On aura soin de forcer on de diminuer un peu les eâec- Vifs ainsi calculés, pour que la garnison de chaque bâtiment retranché se compose d'une unité tactique : compagnie, peloton ou section.

Mise en état de défense de» gares de chemin de fer.

On applique à la mise en état de défense des gares les principes exposés ci-dessus.

Lorsque les gares ne sont pas cléturées par des murs ou

par des palissades, on crée une enceinte fortifiée au moyen de billes et de rails (voir fig. 162).

Ces œatâriaux sont empilés et maintônus, & chaque extrémité, par deux montants enfoncés dans le sol et reliés, à lenr partie supérieure, par des fils de fer.

En avant de l'enceinte on creuse, au besoin, un fossé dont les terres sont relevées contre l'obstacle (voir le tracé pointillé).

On peut également, au mo^en de r&ils et de failles, condamner les portes de la gare et de son enclos, en les disposant comme l'indique la âg. 163.

Fig. 163.

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