LUNETTES
Les deux conditions principales auxquelles doivent satisfaire les redoutes sont les suivantes :
1° Occuper des emplacements favorables ;
2o Opposer une grande résistance à Tattaque de vive force.
On ne remplit pas cette dernière condition lorsqu'on donne au parapet des redoutes un commandement de 1"^30 sur la campagne, et aux fossés une profondeur de 1™00, comme le font quelques ingénieurs.
Quand le parapet n*a que 1"^30 de commandement, Tennemi peut tirer des coups plongeants dans Tintérieur de Touvrage, et quand le fossé n'a que 1"*00 de profondeur, il ne constitue pas à proprement parler un obstacle. Ce n'est plus alors qu'une excavation où Ton prend la terre nécessaire pour compléter le parapet.
En revanche, lorsque le parapet est très élevé, les
redoutes exigent trop de temps et de main d*œuvre, et offrent trop de prise au feu de Tennemi.
Pour que les défenseurs ne soient pas fortement plongés, et que Tobstacle du fossé et de la masse couvrante ne soit pas facile à franchir, nous donnerons aux redoutes un conmiandement minimum de 1^70, et au fossé une profondeur minimum de 2 Aôtres.
Si Ton n*a pas assez de temps pour arriver à ce résultat, on doit renoncer à construire des redoutes, parce que Tabandon précipité d*un ouvrage fermé produit toujours un eifet moral des plus fâcheux.
La nécessité de donner aux redoutes un fossé profond et escarpé a été contestée par quelques ingénieurs. Nous pensons que c*est à tort.
Il faut, en effet, que le profil d*une redoute oppose plus de résistance à Tassant que celui d'une tranchéeabri, dont le but principal, unique même, est de préserver Tinfanterie déployée d*une partie des balles et des éclats d*obus qui Fatteindraient si elle était à découvert. En conséquence la masse couvrante sera précédée d'un fossé qui, pour former un obstacle sérieux, devra avoir au moins 2 mètres de profondeur. Ce fossé non seulement augmentera la hauteur du talus à franchir, il empochera encore les assaillants de se retirer lorsque l'attaque aura échoué. Ce dernier point est très important ; on l'a vu à Belfort dans l'assaut des Basses- Perches, ouvrage avancé ayant un profil de fortification passagère, avec escarpe et contrescarpe taillées à pic. Les assaillants se jetèrent facilement dans le fossé, mais ils essayèrent en vain de franchir l'escarpe. Ils ne réussirent pas davantage à remonter la contreescarpe. « Les défenseurs voyant cela, se rangèrent en ligne sur la plongée, et leur chef somma les Allemands
de se reDdre sons la menace de feux de pelotons » (1). Deux cent vingt-cinq hommes déposèrent les armes. Si le fossé an lien d'avoir 3 mètres de profondeur n'en avait eu qu'un, les assaillants seraient parvenus à se retirer sains et saufis.
Les partisans des fossés peu profonds soutiennent qu'au moyen de défenses accessoires on peut les rendre aussi difficilement franchissables que les fossés profonds à talus escarpés. Nous le reconnaissons, mais généralement l'établissement de défenses accessoires exige plus de temps et de bras qu'un approfondissement du fossé ; et puis l'on n'a pas toigours sous la main les éléments et les matériaux nécessaires pour créer ces sortes de défenses.
On devra donc renoncer à construire des redoutes à faible relief, à moins que le terrain ne présente de grandes ressources pour la création d'abatis, de réseaux de ôls de fer, de vignes, etc.
Fig. 172.
Dans ces conditions, on pourra même supprimer complètement le fossé et le remplacer par une ou deux tran* chées à section triangulaire entièrement battues par la mousqueterie du parapet. (Voir âg. 172].
(i) La déjenu de Belfort, par les capitaîDes Thiers et De la Laurencib.
Pour empêcher que rennemi ne reforme ses rangs et ne s'étende latéralement dans le fossé, avant de gravir Tescarpe, il suffit de supprimer le fond du fossé comme le faisaient les Romains (flg. 173), d*y creuser des trous
Fig. 473.
(côCi
de loup, ou d*j planter soit des piquets, soit de grosses branches, soit des têtes d*arbres taillées en sifflet (ûg. 184).
Il ne faut pas non plus attacher une grande importance au défaut qu'ont les fossés des redoutes « d'offrir aux f» colonnes d'assaut un couvert où elles peuvent se refor- ** mer, *» car si au moment de l'attaque les défenseurs montent sur la plongée, comme le firent les Turcs à Silistrie, en 1854, et les Russes à Sébastopol, lors du premier assaut, les assaillants massés dans le fossé seront exposés aux feux de front et À bou4 portant des tireurs déployés le long de la crête extérieure.
On évitera de donner au fossé plus de 2"'80 de profondeur, parce que si l'on descendait au-dessous de ce niveau les hommes ne pourraient plus jeter les terres à la pelle sur le bord du fossé (1). Ils devraient alors les déposer à
(4) Pour jeter les terres à cette hauteur il faut des terrassiers exercés, travaillant avec la pelle à long manche. Lorsqu'on emploie la pelle Linné mann il est nécessaire d'établir un relais intermédiaire.
mi-hauteur et les reprendre ensuite, ce qui, en termes d'art, s'appelle remanier les terres, opération qui fait pei'dre du temps et exige un renfort de terrassiers.
Après rachôvement du parapet, on recoupera le haut du talus d'escarpe de façon à faire disparaître la berme, et Ton jettera les terres qui en proviendront au delà de la contrescarpe. Ces terres seront disposées en glacis, afin qu'elles ne fournissent pas un abri aux tirailleurs qui ont pour mission de préparer l'attaque en tirant sur les défenseurs du parapet.
Lorsqu'un ouvrage a un faible commandement, le glacis de contrescarpe est nuisible, parce que les tirailleurs qui" s'arrêtent momentanément sur sa crête (pendant que le gros descend dans le fossé) peuvent de 1& diriger des coups plongeants sur le terre-plein intérieur.
Pour diminuer le temps nécessaire à la construction des redoutes on fera usage d'un profil qui permet l'emploi d'un nombre double de travailleurs, creusant les uns le fossé, les autres la tranchée intérieure.
Les parapets des fronts exposés à l'artillerie auront 3 mètres d'épaisseur s'ils sont en terre légère, 4 mètres s'ils sont en terre moyenne, et 6 mètres s'ils sont en terre forte.
Quant aux parapets du front de gorge leur épaisseur pourra être réduite à 0"*40, d'après les instructions données aux troupes du génie en Autriche, et à l'^BO, d'après le Manuel du Pionnier allemand,
La prendère épaisseur est suffisante pour protéger les défenseurs contre les balles et les éclats d'obus, la seconde, pour les mettre à l'abri des projectiles de Tartillerie, aussi longtemps que deux obus n'atteindront pas le même point.
Ceux qui adoptent l'épaisseur minimum soutiennent
qu'elle ûicilite la reprise des redoutes, en permettant à Tartillerie chargée de préparer le retour offensif, de détruire le front de gorge ou d'en chasser les défenseurs. Mais nous ferons observer que si ce front n'ayait qu'un parapet de 0°^40 d'épaisseur, l'ennemi pourrait, en le débordant et en le canonnant, rendre la redoute inhabitable. En conséquence nous donnerons au parapet du front de gorge de nos tjpes de redoutes une épaisseur minimum de l^^SO (1).
La condition principale à laquelle les redoutes doivent satisfaire est de bien battre le terrain en avant d'elles sur toute la portée des armes qu'on se propose d'employer à leur défense.
Le défilement horizontal^ contre le feu d'enfilade, a peu d'importance, parce que la garnison ne monte sur la banquette que lorsque les troupes assaillantes sont assez rapprochées pour que l'artillerie ennemie doive interrompre son action. Quant au défilement vertical, le tir plongeant des obus et des shrapnels lui ôte toute valeur. Désormais, dérober le terre-plein intérieur des redoutes aux vues de l'ennemi est insuffisant, et le dérober aux coups est impossible.
Le tir le plus dangereux pour les ouvrages de campagne est le tir à shrapnels. Il atteint môme les honmies assis sur les gradins par lesquels on monte & la banquette; témoin l'expérience suivante, faite à Tegel, en 1876.
A 1500 môtres de distance, avec la piôce lourde de campagne (modèle de 1873), on tira 16 obus et 33 shrap-
(i) Noos sommes par contéqaent opposes à l'emploi des ouvrages que certains ingénieurs appellent mi-fermét, c*est-à-dire des redoutes dont la gorge est défendue par un parapet simplement à Tépreuve de la balle, ou par une tranchée-abri, un abatis, un réseau de fils de fer ou des trous de loup.
nels contre une tranchée dans laquelle 60 hommes occupaient la hanquette et 42 étaient assis sur un gradin , à 0^50 plus has. Trente-neuf hommes debout et 6 hommes assis furent atteints.
On évitera donc de construire des ouvrages fermés sur des points où ils seraient exposés à des feux plongeants ou h des feux enveloppants, et quant cela ne se pourra pas, on atténuera le mal au moyen de parades, de traverses et d abris en corps d'arbres.
Les redoutes doivent être profilées de manière que les défenseurs assis sur les gradins de la tranchée intérieure n'aient pas à craindre les obus qui, rasant la crête perpendiculairement à sa direction, atteignent le sol supposé horizontal, sous Tangle de 14^, correspondant à rinclinaison de 1/4.
Dans ce cas cependant les hommes peuvent encore être frappés par des balles de shrapnels. En effet, on lit dans V Artillerie Lehre, de Wille (p. 245) :
« L'angle mort en arrière delà masse couvrante est plus n petit pour le shrapnel que pour l'obus. Certains éclats <• ou balles de shrapnels ont un angle de chute maximum f» de 12 1/2^ à environ 750 mètres, de 15** à environ n 1100 mètres, et de 16<* à environ 1500 mètres. »
Si l'on construit d'après ces données une épure, on voit que la tangente à l'angle de chute est comprise entre le 1/3 et le 1/4 pour les tirs à 1100 et à 1500 mètres. Le défilement au 1/3 (voir fig. 174) ofiHrait donc toutes les garanties désirables. On pourra toutefois se contenter, dans la pratique, du défilement au 1/4, puisque tout shrapnel qui éclatera en deçà ou au delà de la ligne ivy donnera des éclats et des balles à angle de chute maximum, dont la trigectoire atteindra le parapet ou passera au-dessus de sa crête. Seuls les projectiles qui
feront explosion sur cette ligne produiront des éclats dont la trigectoire rasera la crôte sous une inclinaison de 1/4 à 1/3.
Fig. 474.
trajectoire
tt.jof X
CSonditions partioolièreB.
Le commandement minimum nécessaire pour que Tennepii ne plonge pas dans un ouvrage fermé est de 1™70. On Tadoptera pour les redoutes d'infanterie. Aux redoutes mixtes pour artillerie et infanterie on donnera un conmiandement de 2'"10 ou de 2™20 (1).
Le parapet doit avoir Tépaisseur nécessaire pour résister au tir de rartillerie.
On évalue généralement cette épaisseur à 1 1/2 fois la pénétration des projectiles.
Avec les canons prussiens, modèle 1873, on a obtenu, en 1876, au polygone de Tegel, les résultats suivants :
(i) S^SU si la hautear de genouillère des pièces de compagnie est de i»00, SinlO si elle est de 0»90.
A 400 mètres la pièce légère de campagne, tirant des obus remplis de pois, dans un épaulement en sable, a donné une pénétration de 1 mètre. La vitesse d*arrivée des projectiles était de 392 mètres.
Le même obus, chargé, a produit un entonnoir de O^'SO de profondeur et de 1°>50 diamètre (à la surface).
A '400 mètres la pièce lourde de campagne, tirant des obus remplis de pois avec une vitesse d*arrivée de 376 mètres, a donné une pénétration de 1 mètre. L'obus chargé a produit un entonnoir de 0^50 de profondeur et de 1™50 de diamètre.
D'après ces résultats, un parapet en terre légère de l'^SO d'épaisseur suffirait pour mettre les défenseurs d'un retranchement à l'abri des coups de plein fouet de l'artillerie rayée. Pour une terre moyenne cette épaisseur devrait être portée à 2 mètres, et pour une terre forte, à 3 mètres.
On lit dans le cours de fortification donné à l'académie militaire de Berlin par le Major du génie Wagner :
« Un parapet pour résister à l'artillerie de campagne n doit avoir 2°^75 d'épaisseur en crête s'il est en terre » sablonneuse, 4 mètres s'il est en terre végétale, et 5™60 n s'il est en terre argileuse. »
Pour percer des parapets de cette épaisseur, il faut que deux projectiles atteignent le môme point.
D'après le Manuel du pionnier allemand une épaisseur de 3 mètres et un talus extérieur à faible pente mettent un parapet en terre ordinaire entièrement à l'épreuve du tir, môme longtemps soutenu, de l'artillerie de campagne.
En conséquence, nous donnerons aux retranchements et aux épaulements qui doivent résister à l'artillerie
3 môtres d'épaisseur si la terre est légère, 4 métrés si elle est moyenne, et 6 môtres si elle est forte (1).
Les épaisseurs indiquées ci-dessus doivent Ôtre à peu près doublées lorsque les redoutes font partie de lignes d'investissement exposées aux feux de la grosse artillerie de Tassiégé.
La tranchée intérieure d'une redoute doit Ôtre moins profonde que le fossé, pour faciliter l'évacuation des eaux pluviales. Il faut cependant que l'on y soit déûlé sur 1^80 de hauteur, contre les projectiles qui rasent normalement la ligne de feu sous un angle de lA"*: Quant à la largeur de la tranchée, elle doit ôtre au minimum de 1°*20, pour que deux hommes puissent s y croiser et deux rangs s'y tenir debout, à 0"*40 l'un de l'autre
Lorsque deux gradins consécutifs devront ôtre occupés par des honmies assis côte à côte, on donnera au gradin inférieur au moins O'^ôO de largeur pour que les hommes qui s'y placeront ne soient pas gônés par les pieds des hommes du rang supérieur.
Le fond de la tranchée sera incliné vers l'intérieur, ce qui permettra de recueillir les eaux pluviales dans une rigole, qui les conduira dans le fossé au moyen de petits canaux ou de drains en fascines, traversant au besoin le parapet de la gorge.
It^ plongée est généralement inclinée au sixième; dans les terrains montueux on est quelquefois obligé de l'incliner au quart.
Le talus intérieur doit former avec la banquette un
(1) Un parapet en neige piétinée et arrosée avec de Teau est à Tabri de la balle s'il a 1™80 d'épaisseur, et à Tabri du canon s*il a de 7 à 8 mètres d'épaisseur.
angle de 45^, pour qae les défenseurs puissent, aa moment de Tassant, monter rapidement sur la plongée. C'est le plus sûr moyen de repousser Tattaque. Non seulement Tapparition subite des défenseurs sur le parapet impressionnera vivement les assaillants, mais elle exposera encore ceux*ci à être fUsillés pendant qu'ils seront dans le fossé, et lorsqu'ils franchiront Tescarpe et le talus extérieur. Ils se trouveront ensuite, au moment le plus critique (quand ils arriveront essoufflés sur la crête extérieure du parapet), en présence de deux rangs de soldats qui, à coups de baïonnette, essayeront de les culbuter dans le fossé.
Ce mode de défense, prescrit par le règlement sur les manœuvres de l'infanterie belge, est incontestablement le meilleur. Il s'en faut cependant qu'il soit généralement admis.
Les ingénieurs et les tacticiens qui recommandent de laisser les tireurs jusqu'au dernier moment sur la banquette donnent au talus intérieur une inclinaison de 2/1 (2 de hauteur pour 1 de base). Nous n'avons adopté cette inclinaison que pour les talus intérieurs des logements de tirailleurs, des retranchements qu'on défend avec un seul rang de fusiliers, et des parapets qu'on élève derrière des clôtures ou des abatis.
Dans les ouvrages passagers dont la construction exige plusieurs jours, on peut donner au talus intérieur une inclinaison de 3/1, plus favorable pour le tir.
Les talus intérieurs de 2/1 ou de 3/1 n'empêcheront pas de faire monter les défenseurs sur la plongée pour repousser l'assaut, si l'on a soin d'y entailler des gradins ou d'enfoncer dans la banquette, à 0"60 l'un de l'autre, de gros piquets de 0"^50 de hauteur (âg. 175), sur lesquels les hommes poseront le pied en franchissant le talus.
Mais, comme l'emploi de ces moyens ne peut pas être prescrit dans la fortification improvisée, nous avons donné à nos profils de redoutes et de tranchées-abris un talus intérieur de 1/1.
La banquette. — Le mode de chargement de Tancien
Fig. 175.
fusil exigeait une plus grande largeur de banquette — surtout quand il fallait exécuter le feu de deux rangs — que le mode de chargement du fusil actuel.
En Autriche on a fixé la largeur de la banquette à 0"*50 pour un rang, et à 0®70 pour deux rangs.
Cette dernière dimension n'est admissible que si le 1®' rang tire en s'appujant contre le talus intérieur, ce qui nécessite la construction, à 0^30 sous la ligne de feu, d'une petite banquette sur laquelle les hommes placent le coude gauche pour viser (voir fig. 74).
L'exécution des feux de deux rangs, dans les conditions ordinaires, exige que la banquette ait au moins 0^80 de largeur si l'on j monte par un talus de banquette, O^'OO, si elle forme un gradin revêtu, et 1 mètre si elle forme un gradin non revêtu, s'éboulant en partie lorsqu'on le franchit en posant le pied prôs du bord.
La banqaette pour un rang à& tireurs aura, dans les mêmes conditions, 0""50, 0"60 ou 0™70 de largeur.
Lorsque la banquette est en remblai elle doit toi\jours être revêtue ou appuyée à un talus de 1/1 ou de 2/3 (voir fig. 176).
Fig. 176.
Le tcUttë de banquette^ dans la fortification improvisée, doit avoir une inclinaison de 2/3 ou de 1/2 lorsqu'il a plus de 0^50 de hauteur. Dans ce cas il est avantageux de le remplacer par des gradins, pour qu'il y ait derrière le parapet un espace où les hommes puissent s'asseoir et se mettre à l'abri des éclats d'obus et des balles de shrapnels.
Les gradins ont au moins 0°*35 et au plus 0™50 de hauteur. Leur largeur est généralement fixée à 0"^30; elle suffit, si les gradins sont revêtus ; s'ils ne le sont pas, il convient de la porter à 0™40 ou à 0™50, pour que les gradins puissent encore servir lorsque, sous la pression des pieds, une partie de leurs talus s'est éboulée.
Les gradins en remblai et ceux en déblai (quand la terre est légère) sur lesquels les hommes doivent s'asseoir sont
consolidés au moyen de piquets de 1 môtre environ de longueur, soutenant des planches, des branches d'arbres, des clayons, de la paille ou du blé coupé (voir âg. 67).
Les piquets sont inclinés vers le parapet, de manière que le talus du gradin ait 1 de base pour 5 de hauteur.
Dans quelques terrains on pourra tailler à pic les gradins non revêtus. Généralement leur talus aura une inclinaison de 2/1.
Le fossé doit avoir 4 mètres de largeur minimum « pour n qu'on ne puisse pas le franchir sur des madriers que les n assaillants apporteraient, n Cette prescription, donnée par quelques ingénieurs, est excellente pour la fortification passagère, mais trop rigoureuse pour la fortification improvisée. Celle-ci peut admettre en effet des fossés moins larges, parce que ce n'est pas avec des hommes chargés de madriers que Ton attaque les retranchements du champ de bataille, et qu'il sufSt, pour empêcher qu'on ne saute un fossé, de lui donner 2"'75 de largeur.
Les fossés étroits ont ce grand avantage qu'au moment de l'assaut un petit nombre seulement d'assaillants peuvent s'y tenir, et que les autres sont obligés de rester, sur le bord de la contrescarpe, exposés aux feux du retranchement.
Le talus extérieur a l'inclinaison du talus naturel des terres, qui est en général de 45^.
Le manuel du pionnier allemand donne à ce talus 2"^50 de base pour l°*dO de hauteur, ce qui augmente là résistance du parapet, mais facilite l'assaut.
Le talus éC escarpe et le talu^ de contrescarpe doivent être aussi raides que la nature du terrain le permet. Toutefois,
on donnera moins de raideur au premier, parce qu*il doit porter la sarcharge du parapet, qui tend à le faire ébouler. Dans les terrains de consistance moyenne il aura généralement Tinclinaison de 3/2 à la partie inférieure et de 1/1 à la partie supérieure, que peuvent atteindre les projectiles ennemis. Le front de gorge n*ëtant pas exposé à des feux directs, on raidit davantage son escarpe.
L'inclinaison du talus de contrescarpe varie entre 2/1 et 3/1 . Les fossés à plafond étroit ou à fond de cunette étant les meilleurs, quand on ne peut pas faire usage de défenses accessoires, il n*est pas toigours avantageux de raidir le talus de contrescarpe. On ne le fera donc que si le fossé est assez profond pour qu'on puisse, par ce mojen, empêcher Tassaillant de sortir du fossé après une tentative infructueuse (exemple : les Basses- Perches à Belfort). Il convient que la crête du glacis de contrescarpe reste au moins à 1"^50 sous la ligne de feu, pour que Tennemi ne plonge pas dans le retranchement.
La berme doit avoir de 0"*30 à 0"50 de largeur, pour faciliter la construction des redoutes. Aussitôt que le remblai est formé, on la supprime parce qu'elle office à Tennemi un lieu de ralliement ou un palier qui favorise Tassant. Les terres que Ton obtient en recoupant le haut du talus d'escarpe sont jetées sur le bord du fossé (voir fig. 188 et 189).
Si Ton ne peut pas, sans s'exposer à un éboulement, supprimer la berme ou la réduire à une largeur insuffisante pour faciliter l'assaut (1), on doit la garnir de petits
(i) Ce cas se présente lorsque la terre a peu de cervelle, c'est-àdire peo de cohésion et d*homogénéité.
piquets ou de branches taillées en sifflet (voir ûg, 227 et 228).
La benne est surtout nuisible quand elle se trouve à une distance telle, sous la crête extérieure, que les assaillants peuvent, en s'y arrêtant, tirer à couvert contre les défenseurs de la banquette. Pour rendre ce tir impossible, il faut que la berme soit établie à 1^70 au moins sous la crête extérieure du parapet.
La profondeur du fossé des redoutes sera au minimum de 2 mètres, et au maximum de 2"^80. Moins profond, le fossé n*oppose pas assez de difficultés à Tassant et permet à Tennemi de se retirer trop facilement en cas d*échec ; plus profond, la construction du parapet exige des remaniements de terre qui augmentent de beaucoup la durée du travail.
Quand on est obligé de réduire sa profondeur à 1°^50, il convient d'établir dans le fossé quelques défenses accessoires.
Le profil de redoute que nous venons de discuter et dont une partie est représentée par la figure 177 offre aux défenseurs toutes les garanties nécessaires au point de vue de la sécurité. On voit, en effet, que les coups tirés normalement à la crête, sous Tinclinaison de 1/4 (correspondant à un angle de chute de 14^) passent à plus de 1""80 au-dessus du fond de la tranchée, contre le talus du 1®^ gradin de banquette. Ce même profil montre que les coups d*écharpe faisant avec la crête un angle de 45® et rasant cette crête- sous Tinclinaison de 1/6 (correspondant à un angle de chute de 9®) passent également à plus de 1"^80 au-dessus du fond de la tranchée, près du 1®*" gradin de banquette.
Bien que ces mêmes coups passent seulemeht à 1™Ô3
Fig. 177.
au dessus du fond de la tranchée, prôs du talus de revers,
on peut considérer la, sécurité des défenseurs comme sufSsante, si i*on tient compte de la grande distance à laquelle doivent se placer les batteries ennemies pour obtenir avec une charge pleine des angles de chute de 14^ (1) et de 9* (voir Yanneœe /).
On n'aurait, du reste, qu*à augmenter de 0^15 le «commandement de la redoute ou la profondeur de la tranchée pour qu'un homme de forte taille, placé debout contre le talus de revers, fût à l'abri des feux de front et des feux d'écharpe tirés sous des angles de 45 à 90^. C*est ce que l'on fera généralement lorsqu'on aura le temps. Quant aux redoutes destinées à recevoir de l'artillerie, on leur donne toujours, comme nous l'avons dit page 236, un conmiandement minimum de 2™10 ou de 2»20.
La figure 178 montre que les coups d'écharpe G A', rasant la crête sous un angle inférieur & 45^, atteindraient les défenseurs placés en A', si l'angle de chute était de 9<*, puisque CA' est plus grand que BA'. Il s'ensuit que pour mettre le front de tête d'une redoute à l'abri des feux d'écharpe tirés sous un angle inférieur à 45®, il faudrait employer des traverses et les prolonger au-dessus de la plongée. Reste à voir si la construction de ces masses couvrantes, qui compliqueraient et ralentiraient le travail, améliorerait notablement la situation des défenseurs.
Remarquons d'abord que l'écartement des traverses serait réglé par la ligne BA' qui marque la limite des coups d'écharpe contre lesquels la tranchée est défilée.
(1) Celte distance serait de S,700 mètres pour le canon de 8^»; or au delà de 9,S00 mètres on ne tire pins avec succès contre des retranchements improvisés. On pourrait à ia vérité rapprocher davantage les batteries et employer des charges réduites, mais alors Teffet et ia précision du tir diminueraient sensiblement.
Cette ligne détermine l'arête B' de la l'* traverse et le pied A' du talus de 2^.
Remarquons ensuite que ces traverses diminueraient la longueur de la ligne de feu, ce qui serait un mal, et qu'elles remplaceraient les parties de tranchées abcd^
Fig. 478.
entièrement soumises aux feux d'ëcharpe, par les parties ebfg encore partiellement soumises à ces feux, comme le prouve le coupDD' qui atteindrait un défenseur placé debout en D' (DD' étant plus grand que ÂA' et que BA'). Nous en concluons qu'il n'y a pas lieu de construire des traverses contre les coups d'enfilade très obliques,
lorsque la tranchée extérieure, comme c*e8t le cas dans nos projets, est défilée des coups d^écharpe tirés sous 45^. On a Yu qu*il est pratiquement impossible de défiler des vues et surtout des coups de Tennemi les cours ou terre-pleins intérieurs des redoutes. Or il est quelquefois nécessaire de circuler sur ces terre-pleins et ày réunir des troupes qui seraient mal à Taise ou trop encombrantes dans les tranchées longeant les faces de la redoute. Pour atteindre ce but les Turcs avaient construit dans les ouvrages de Plevna un grand nombre de traverses disposées de manière à protéger les défenseurs de quelque côté que ^nt Fattaque (voir la figure 196 qui représente les redoutes des Montagnes vertesj attaquées par le général Skobelew en septembre 1877).
Ces traverses, lorsqu*on les établit dans des ouvrages ouverts à la gorge, fournissent des abris à Tassaillant et rendent ainsi les retours offensifs presque impossibles. Dans les redoutes des Montagnes vertes on avait atténué cet inconvénient en donnant aux traverses une direction qui permettait à Tartillerie de Fouvrage en arriére d*en battre les deux côtés.
Nous préférons substituer aux traverses du terre-plein intérieur des tranchées-abris, dont on régie Timportance et le tracé de façon à protéger contre les feux de Tattaque les troupes qu'il est nécessaire de réunir sur ce terreplein. Nos types de redoutes ofiï^nt plusieurs exemples de remploi de ces excavations, que nous faisons communiquer avec les tranchées intérieures des faces.
Lorsqu'on aura le temps, on les mettra partiellement à Tabri des balles des schrapnels, en j construisant des blindages analogues & ceux que nous avons décrits page 133 et suivantes.
Par la construction de tranchées ou de traverses sur le terre-plein intérieur des redoutes, on sera dispensé de suivre le précepte qui a été formulé comme suit dans la plupart des traités de fortification récemment publiés :
« Raccourcir autant que possible les fronts latéraux pour ^ diminuer la profondeur des cours, car moins un ouvrage n est profond, moins il offire de prise aux coups de Tartil- » lerie, dont les écarts en portée sont très supérieurs aux n écarts latéraux. »
L'application de ce précepte ne permet pas de donner aux fronts latéraux une longueur suffisante pour battre efficacement les intervalles des redoutes. C'est ce qui nous porte à le rejeter pour la fortification passagère aussi bien que pour la fortification permanente.
Afin d'augmenter la puissance du feu, les ingénieurs des princes de Nassau avaient adopté pour les redoutes de leurs lignes de contre vallatîon un profil tel (fig. 179)
Fig. 179.
t iS'CfiJ
que les troupes réunies dans le fossé pouvaient ou bien en déboucher facilement pour prendre l'offensive, ou bien s'y déployer pour tirer à couvert au-dessus d*un petit glacis bordant la contrescarpe. Ils avaient, en unmot^ transformé le fossé en chemin couvert, ce qui leur per-
mettait d^opposer deux étages de feax à Tassaillant. Cette idée fat reprise en 1817 par le général Rogniat, qui proposa de pratiquer dans la contrescarpe des redoutes du champ de bataille une banquette destinée à être occupée par les tirailleurs quand ceux-ci sont obligés de céder le terrain aux colonnes ennemies. Le général de Todleben appliqua la même idée à la défense de Sébastopol, pour obtenir une ligne de feux rasants de mousqueterie en avant des bastions et des redans qui étaient exclusivement défendus par Tartillerie. Les Turcs en ont fait également une application, dans la dernière guerre, aux ouvrages avancés d*Andrinople (1), qui sont des batteries, pour la plupart circulaires, entourées d*un fossé de forme polygonale, dont la contrescarpe est bordée d'un chemin' couvert avec glacis.
Dans la construction des redoutes de Plevna, il a été employé deux moyens pour obtenir un double étage de feux.
Le premier consiste À tailler dans la contrescarpe une
Fig. 180.
(Z.ICJ
banquette analogue & celle proposée par le général Rogniat (voir flg. 180); la deuxième, à creuser en avant
(1) Les plans de ces ouvrages se trouvent dans une très intéressante notict sur la guerre d*Orient, publiée récemment par le colonel du génie russe Gésab Coi.
du fossé, à 2 môtres environ de la contrescarpe, une tranchée de 1 mètre de profondeur, dans laquelle on établit une ligne de tirailleurs (voir le proûl ûg. 181 de la redoute Ibrahim-Bej) .
Fig. 484
(f opj
Le premier moyen a, selon nous, Tinconvénient de faciliter la descente dans le fossé et, par conséquent, la prise des redoutes.
Pour remployer rationnellement, il faudrait que le fossé eût au moins 2"^80 de profondeur, qu'il fût creusé à fond de cunette et qu'il y eût sur le bord de la contrescarpe un abatis ou d'autres défenses accessoires, protégées par un avant-glacis (voir fig. 182) .
Fig . ISS.
(tjo)
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Le second moyen a Tinconvénient non moins grand d'offrir à Tassaillant une tranchée parallèle au fossé, dans
laquelle il peut installer des tirailleurs pour fusiller
presque à bout portant les défenseurs de la banquette.
Sous ce rapport, nous préférons le profil fig. 183
Fig. 183.
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qui est celui d'une redoute pour infanterie et artillerie, projetée par le général de Todleben, et exécutée, croyonsnous, devant Pievna. Dans ce profil, la tranchée qui précède le fossé (transformé en chemin couvert) est assez profonde pour que Tassaillant ne puisse pas, après qu'il j est descendu, fusiller les défenseurs de la redoute. Mais elle est trop peu large (2"^10) pour constituer un obstacle infranchissable, et elle présente, en outre, Tinconvénient d'exiger plusieurs remaniements de terre, ce qui augmente de beaucoup la durée du travail.
Fig. 184.
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Il y a, selon nous, un meilleur moyen d'obtenir deux
étages de feax, c'est de creuser, en ayant de la contrescarpe, une tranchée de l°^dO de profondeur qui soit vue de la redoute. Le proâl fig. 184 satisfait à cette condition.
On pourrait même adopter le profil ûg, 185, qui donne
Fig. 185.
à la tranchée de contrescarpe assez de profondeur (1™80) pour couvrir entièrement les tireurs placés debout au pied du talus de banquette ; mais dans ce cas il faudrait, pour atteindre les tirailleurs ennemis qui se blottiraient au fond de la tranchée, ou bien faire monter les défenseurs sur la plongée ou bien tailler dans la plongée de petites embrasures permettant de tirer sous Finclinaison de 1/4. Ces embrasures se trouveraient à l'°50 Tune de Tautre pour que, entre deux tireurs battant la tranchée, on pût placer un tireur battant le talus extérieur du parapet de cette tranchée.
U serait plus simple encore d'avancer un peu la tranchée, ce qui permettrait d'en battre le fond sans augmenter l'inclinaison de la plongée (voir fig. 186).
Si le terrain est en pente, on pourra se dispenser de construire un glacis devant la tranchée (voir fig. 187) ; mais alors les tireurs seront moins bien couverts, et il y aura plus de terre à remanier.
On ne doit pas perdre de Yue que les feax étages de l^espôce ne sont yraiment utiles qu*aux grandes distances. La ûdble différence de niveau qui existe entre la crête du
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parapet et celle du glacis rend, en effet, ces feux impossibles ou trop dangereux lorsque Tennemi est arrivé prôs de Touvrage.
Si Ton veut que les défenseurs de la tranchée ne quittent pas trop tôt leur poste, on doit faciliter et assurer
Fig. 187.
leur retraite, en faisant communiquer la tranchée avec le fossé du front de gorge de la redoute, comme Tout fait les Turcs dans plusieurs ouvrages de Pievna.
Tracé des redoutes.
Dans le tracé des redoates il faat tenir compte des données suivantes.
Lorsque deux rangs de fusiliers défendent un parapet, le champ de tir est de 30^ (15^ à droite et 15^ à gauche de la perpendiculaire à la ligne de feu). Il est de 60^ lorsque le retranchement est défendu par un seul rang, et de 90o lorsqu'il est défendu par des tireurs placés à 0°^80 Tun de Tautre.
D'après cela, pour qu'il n*j ait pas de secteurs privés de feu dans une redoute défendue par un rang de tireurs, il faut que les saillants aient, au minimum, 120^.
Cet angle peut être réduit à 90^ quand le retranchement est défendu par des tireurs espacés de 0"^80.
Bien qu'il n'y ait rien de trôs absolu dans cette délimitation des champs de tir, nous admettrons cependant que les saillants d'où l'on bat le front de la position doivent avoir au moins 120^, et les autres au moins 90^. Ces derniers sont les saillants du front de gorge. Quand on est obligé de leur donner moins d'amplitude, on atténue l'inconvénient des secteurs privés de feux par des pans coupés ou par une disposition flanquante (voir flg. 196 et 205).
En terrain accidenté il n'est pas toujours possible de tracer en ligne droite tous les fronts d'une redoute. Il importe peu, du reste, que cela soit. Tout tracé est bon, si l'ouvrage a une puissante défense de front, s'il flanque bien la position et si ses faces principales sont soustraites k l'enfilade.
Mode d'exécution des terrassements.
Lorsque la fouille a moins de 2™50 de largeur, il ne faut qu*une rangée de travailleurs; lorsqu'elle a de 2"^50 à 4 moires de largeur, il faut deux rangées de travailleurs, et lorsqu*elle a de 4 mètres à 6 mètres, il en faut trois.
Pour obtenir une exécution rapide on ne donnera aux ateliers qu'une largeur moyenne de 1"»50 (2 pas).
On aura soin, toutefois, de régler cette dimension de manière que la fouille du fossé soit terminée en même temps que celle de la tranchée intérieure. A cet effet on assignera une tâche plus forte aux hommes employés à la première fouille qu'aux hommes employés à la seconde» ceux-ci devant tailler les talus en gradins et prendre des précautions pour ne pas les entamer à la pelle, ce qui ralentit le travail.
Il est admis, dans la pratique, qu'un homme exerce peut, avec la pelle à long manche, jeter la terre à 4 mètres horizontalement et ft 2 mètres verticalement. Chacune de ces distances constitue un relais.
Un bon terrassier, travaillant pendant peu de temps, peut jeter la terre à 2^80 de hauteur et à 5 ou 6 mètres de distance.
En terre légère, un ouvrier très exercé déblaye, par heure^ 0™'80, un ouvrier moyennement exercé, 0°*'Ô0, et un ouvrier non exercé, 0"*'40;
En terre moyenne, les mêmes ouvriers déblayent respectivement 0™»50, 0"»30 et 0™*20.
En terre forte, ils ne fournissent plus par heure que 0"»30, 0™*20 et 0""15.
Lorsque la durée du travail est inférieure à 10 heures, la moyenne par heure augmente. Elle diminue, au con-
traire, de 1/3 environ, lorsque les hommes travaillent, pendant 10 heures, À des redoutes d'un fort commandement.
En Allemagne, on place les travailleurs en quinconce, à 1™25 Tun de Tautre s'ils sont exercés, et à l'^SO s'ils ne le sont pas.
On peut admettre qu'un fantassin travaillant sans interruption pendant 4 heures exécute par heure :
0"'70 de déhlai en terre légère, 0"*'45 » » moyenne,
0«*20 n n forte (1).
D'aprôs V École de fortification de campa^n^ de l'armée û*ançaise, des soldats d'infanterie ou des paysans réquisitionnés, travaillant à la journée, jettent, par heure, 0"^400 de terre à la distance d'un relais ; mis à la tâche, ils jettent 0*"'800 de terre dans le même laps de temps et à la même distance ; si, en outre, on les fait travailler par courtes pauses, on peut ohtenir jusqu'à 1 môtre cube. Des travailleurs exercés déblayent, dans ce dernier cas, 1"»200 et môme 1"'500 par heure.
Le foisonnement des terres est 1/6 pour les terres fortes, 1/10 pour les terres moyennes, et 1/15 pour les terres légères.
On relève d'ordinaire les travailleurs par brigades. Chaque brigade travaille 4 heures : cette durée s'appelle une reprise.
Pour l'exécution rapide d'une redoute d'infanterie, on compte 3 1/2 hommes par mètre courant de ligne de feu, non compris les hommes nécessaires pour la construction des abris et des défenses accessoires.
(i) Manael du pioanier.
Les redoutes armées de canons exigent, dans les mêmes conditions, 4 1/2 hommes par mètre courant de ligne de feu.
Les travailleurs étant relevés de 3 en 3 heures, il suffît de 6 heures pour construire une redoute d'infanterie, et de 9 heures pour construire une redoute d*infanterie et d'artillerie.
Les déblais s'exécutent par tranches horizontales, ap-
Fig. 488.
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pelées formes (voir fig. 188 et 189). L'épaisseur en est
Fig. 189.
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calculée de manière que chaque forme puisse être déblayée pendant la durée d'une reprise. On doit éviter d'entamer les talus.
Les remblais peuvent se faire par couches horizontales
comme dans la première figure, ou par couches inclinées comme dans la seconde. La demiôre méthode est préférable parce qu'elle est plus facile et qu'elle produit plus rapidement un couvert.
, Avant de quitter le chantier, les travailleurs piétinent les terres qu'ils ont amoncelées à l'endroit du parapet. Ils laissent leurs outils en place, pour que les hommes de la brigade qui doit les relever entrent en action le plus vite possible.
Il est utile de planter des branches d'arbres en avant de l'emplacement de la redoute pour cacher les travailleurs.
Il est également utile de garnir d'herbes ou de broussailles les talus extérieurs et d'arrondir les arêtes du remblai, pour que l'ennemi ait plus de peine à distinguer l'ouvrage et à régler son tir.
Lorsque l'on craint d'être attaqué pendant l'exécution du travail, on dirige celui-ci de façon à pouvoir, à un instant quelconque, opposer un retranchement à l'ennemi. Dans ce but, on divise la fouille en 4 ou 5 périodes^ comme l'indique la figure 190. Pendant la première
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