‹ Manuel de fortification de campagneChapitre 28 sur 69 · s./>fi · texte numérisé non relu

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période, on construit une tranchée-abri, dont on augmente le profil dans la 2™® période. Pendant les 3«, 4® et 5® périodes, on complète la masse couvrante et l'on

achôve le fossé. Par cette méthode» qui 8*appelle le renforcement progressif des retranchements, on arrive an profil définitif plus lentement que par la méthode ordinaire, mais on a Tayantage d*être toujours prêt à rece- Yoir Tennemi.

On peat encore entamer le travail d'une autre manière, en commençant par creuser une tranchée-abri (1) le long de la contrescarpe du front de tête et des fronts latéraux (fig. 191).

Fig. 491.

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Cette tranchée, qu'on reliera aux retranchements voisins, rendra éventuellement plus de services que la masse informe d'une redoute inachevée. Mais aprôs une demiheure de travail, la situation sera modifiée par Tapprofondissement de la fouille, et dès lors la tranchéeabri ne pourra plus être occupée. Mieux vaudrait donc, pour protéger le travail et suppléer la redoute en cas d'attaque précipitée, construire une tranchée-abri en avant du fossé, tranchée qui serait conservée aprôs Tachôvement de l'ouvrage et occupée par des tirailleurs (voir les profils fig. 184, 185, 186 et 187).

(I) Ce moyen a été proposé par le Lt-colonel da génie Wàdweriiaiis (voir la Kevue belge fTari, de icience et de technologie^ t. IH, i878).

Garnisons des redoutes.

Les dimeneionis d'une redoute sont calculées d'après J[*effectif des troupes qui doivent la défendre.

Cet effectif ne sera jamais inférieur à une compagnie, parce que c'est la plus petite unité tactique qui, dans un combat, puisse être chargée d une mission spéciale.

Des ouvrages faiblement occupés n'ont, du reste, aucune valeur comme points d'appui d'une position.

On admet généralement qu'il faut, au minimum, 1 homme par mètre courant de ligne de feu, et une réserve intérieure égale à la moitié de l'effectif qui garnit le parapet a).

Ainsi, une redoute pour une compagnie de 240 hommes aura au plus 160 mètres de développement; son parapet sera occupé par 2 pelotons de 80 hommes, et le 3* peloton formera la réserve intérieure. Cette réserve se tiendra sur des gradins en arrière du front de gorge. Elle renforcera, au moment décisif, les défenseurs de la partie attaquée de la redoute, afin que ceux-ci puissent opposer à l'assaillant deux rangs serrés, croisant la baïonnette sur la plongée.

Une défense énergique exige 2 hommes par mètre courant de front de tête et de front latéral, 1 homme par mètre courant de front de gorge et une réserve intérieure de 1/6, pour combler les vides et renforcer les points contre lesquels Tattaque fera le plus grand effort.

Une réserve extérieure n'est nécessaire que lorsque la redoute est trop éloignée de la ligne de bataille pour en recevoir un appui efllcace.

(1) Le Manuel du pionnier allemand calcule la garnison à raison de i homme par 0°>60 courant de ligne de feu, mais il ne compte rien pour la réserve.

Cette réserve s'établira dans des tranchées-abris, à moins qu'il ne se trouve à proximité un couvert naturel.

Pendant le combat éloigné, on ne placera sur le front de tête et les fronts latéraux que 1 homme par mètre courant de ligne de feu. Le reste se tiendra par fractions tactiques dans les tranchées intérieures pour renforcer, au moment opportun, les parties les plus menacées et pour remplacer sur la banquette les hommes tués ou blessés par le feu de Tennemi.

La gorge sera plus faiblement garnie. Ses défenseurs se tiendront, avec la réserve intérieure, derrière le parades.

Lorsque les fronts latéraux des redoutes seront exposés à Tenfilade, leurs défenseurs s'abriteront jusqu'au moment où ils devront ouvrir le feu, en partie derrière les traverses et en partie derrière les extrémités du parades de la gorge ou dans des crochets communiquant avec les tranchées intérieures des fronts latéraux (voir fig. 206 et 209).

Lunettes.

Les lunettes n'étant que des redoutes dont la gorge est ouverte ou défendue seulement par des défenses accessoires, il n'y a pas lieu de nous étendre ni sur leur tracé, ni sur leur profil, ni sur leur mode de construction.

La ûg. 192 représente, avec de légères modifications de profil, une lunette qui a été exécutée par les Russes dans les lignes d'investissement de Plevna. Nous avons donné à ses faces et à ses flancs le profil normal de nos redoutes, et au retranchement qu'elle flanque, le profil des tranchées renforcées pour tirailleurs (fig. 49).

La traverse de la gorge sert & abriter la réserve contre les feux de front, et la traverse en capitale, à couvrir

uoe partie dee défenBenrs de la lunette contre les feux d'écharpe.

Fig. IM.

^' Profit y- i.

l PrefilNoi.

La âg. 103 représente la gorge non teirasBée d'une Fij. 193.

redoute décrite dans le Manuel du pionnier aUemanà

et que nous rangeons également dans la catégorie des lunettes.

La fig. 194 fait connaître Torganisation du saillant de

Fig. 194.

Profil no 1.

Profil no t.

la lunette russe de Penza, qui faisait partie de la ligne d^lBYestissement de Plevna.

Cette lunette avait six faces terrassées et deux saillants poorrus de barbettes avec traverses. La septième fiice, on la gorge, était protégée par une tranchée-abri aux deux exh^émités de laquelle se trouvaient les entrées de la lunette (voir fig. 195).

Fig. 495.

Il peut y avoir des cas où, pour défendre un versant t)u un contrefort, on doive établir deux ou trois ouvrages Tun derriôre Tautre. Alors il est nécessaire que le plus élevé puisse battre le terre-plein de Touvrage intermédiaire, et celui-ci le terre-plein de Touvrage le plus bas, ce qui exige que la gorge de ces deux derniers soit ouverte et que les traverses intérieures soient disposées de façon à ne pas fournir de couvert contre les feux de l'ouvrage en arrière.

La défense de Plevna offre un exemple de cette dispo-

Fig. 496.

sition de lunettes et de redoutes étagées (voir fig. 196).

Nous ne sommes pas d^avis que les ouvrages intercalés d'une position ou d*une ligne d'investissement doivent être ouverts à la gorge, sous prétexte qu'ils sont assez bien défendus latéralement pour n'avoir pas à craindre une attaque enveloppante.

Ces ouvrages ne sont vraiment utiles que lorsque leur attaque présente de grandes difficultés et que l'assaillant ne peut les déborder sans s'exposer à des feux redoutables d'écharpe et de revers.

C'est seulement alors, en effet, que l'ennemi sera obligé de s'en emparer avant de passer outre, ce qui lui fera perdre du temps et des hommes s'il réussit, et dérangera ses combinaisons ou les fera échouer s'il ne réussit pas.

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