DIVERS TYPES DE REDOUTES
Pour montrer comment doivent être appliqués les principes qui ont été exposés plus haut, nous avons composé trois redoutes-types, la première destinée à être occupée par une compagnie d'infanterie, la deuxième, par deux compagnies d'infanterie et une batterie de campagne, et la troisième, par un bataillon dlnfanterie de 900 hommes, sous-officiers compris.
premier type. — redoute pour une compagnie
d'infanterie.
Cette redoute (fig. 197) se compose d'un front de tête rectiligne ou brisé en dehors, selon que le terrain exige Tun ou l'autre tracé, de deux fronts latéraux formant un angle de 45** avec la capitale de la redoute, et d'un front de gorge perpendiculaire à cette ligne.
Il va sans dire que, dans la pratique, ces fronts seront tracés de manière que leurs feux produisent le maximum d'effet.
On peut presque toujours donner au front de tête une direction qui le préserve de Tenfilade, tout en permettant à ses défenseurs de bien battre le terrain. II en est de même du front de gorge, qui sera généralement parallèle au premier. Quant aux fronts latéraux, pour que les défenseurs puissent s'y tenir assis sur les banquettes ou sur les gradins sans trop s^exposer au feu de Fennemi, il faut ou bien les traverser ou bien les tracer en crémaillère. C'est ce dernier moyen que nous avons préféré, comme étant le plus simple et celui qui procure à la garnison le plus grand espace abrité. Son seul inconvénient est d'ériger un surcroît de remblai qui nécessite l'élargissement du fossé.
Afin d'éviter cet inconvénient, nous avons, dans un autre type de redoute (ôg. 206 et 209), substitué aux crémaillères un parapet en ligne droite et créé, pour abriter les défenseurs des fronts latéraux, des crochetsahriSt c'est-à-dire des tranchées perpendiculaires à la ligne de feu, dans lesquelles les hommes se tiendront jusqu'au moment où leur service les appellera sur la banquette.
La fig. 198 fait connaître le tracé des crémaillères et les dimensions de leurs branches.
Le commandement de la redoute est de 1™70 (voir le profil n* 2) ; le fossé a 2 mètres de profondeur et 3™20 de largeur au front de tête ; sur les fronts latéraux, qui exigent plus de remblai, sa largeur est de 3™80. L'excavation intérieure a une profondeur telle qu'un projectile tiré normalement à la ligne de feu et rasant celle-ci sous une inclinaison de 14°, n'atteint pas les hommes qui se tiennent debout dans la tranchée, près du talus intérieur.
Ce profil permet aux défenseurs de s'asseoir sur trois
rangs dans la tranchée intérieure du front de tète, à savoir : deux rangs sur les gradins r et s et un rang sur le gradin t du talus intérieur (1).
Le fond de la tranchée est en pente, pour que les eaux pluviales puissent être recueillies dans une rigole à ciel ouvert creusée au pied du talus intérieur, et rejetées ensuite dans le fossé par des conduites en planches x y.
Fig. 499.
OU par des rigoles couvertes de branches et de gazons, occupant la place de ces conduites.
La réserve intérieure et les défenseurs du front de gorge se tiennent derrière un parades qui longe la tranchée intérieure de ce front (voir le profil n<* 3). Les hommes sont en partie assis sur la banquette u et en partie couchés au fond de la tranchée.
(i) Le gradiD f devrait avoir OnSO de largeur ai, snr le gradin r, on voulait placer les hommes côte à côte.
Pour que la réserve intérieure puisse se porter rapidement sur les fronts attaqués, on pratique dans le parades deux rampes R, correspondant aux rampes s y taillées dans le talus de revers de la tranchée du front de tête (voir la partie droite de la ôg. 197).
L'entrée se trouve en capitale de la redoute ; elle est fermée au moyen d'une porte de grange appuyée à des arcs-boutants, ou d'une barrière, ou d'une barricade en corps d'arbres (ôg. 199), ou d'une porte tombante en demi-rondins (fig. 201).
La barricade se compose de corps d'arbres a superposés et maintenus À leurs extrémités par des palissades b b. Pour ouvrir le passage, on enlève les corps d'arbres successivement en tirant sur la boucle c (fig. 200) fixée à l'entaille d du bois.
Fig. 200.
La porte tombante tourne autour d'un axe a (ûg. 201) dont les extrémités sont arrondies. Ces extrémités reposent sur des entailles faites dans les palissades b b. Les demi-rondins qui composent la porte sont fixés par leur extrémité inférieure à la pièce d. En travers de la porte se trouve un fiéau c, tournant par son milieu autour d'une cheville ou d'un grand clou. Les extrémités de ce fiéau s'engagent dans des entailles obliques faites aux palissades b b. Pour ouvrir le passage, on exerce au moyen d'une corde une traction sur la traverse d, après avoir dégagé le fiéau c, puis, à bras d'hommes, on soulève la porte, jusqu'à ce qu'elle se trouve au-dessus des poteaux
ff, daoa l'échaQcrure desquels on glisse alors le rondin e destiné à soutenir la porte.
Pour fermer le passage, on retire ce rondin et l'on abaisse la porte jusqu'à ce qu'elle vienne buter contre tes poteaux hh, qui dépassent faiblement le niveau dn passage, pois on engage les extrémités du fléau c dans les entailles obliques des palissades 6.
Pig. 301.
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Les portes tombantes seraient trop lourdes si elles avaient plus de 0"80 de laideur. On ne les emploiera donc que pour les passages qui doivent servir exclusivement à l'infanterie. Si l'on n'a pas le temps de créer ces moyens de fermeture ou si les bois nécessaires ne se trouvent pas sur les lieus, l'entrée pourra être
défendae par un réseau de âls de fer ou par un abatis. LWyeriure^qu*on y ménagera (voir la partie gauche de la fig. 197) sera fermée, au moment opportun, par des arbres /^taillés en sifflet, comme ceux des abatis. On les mettra en place en tirant sur des cordes attachées àleurs troncs et pourvues de boucles. Ces boucles seront fixées ensuite au sol par des piquets à mentonnet.
Pour battre rentrée de la redoute, on a exhaussé le parades vis-à-vis de cette entrée, de manière à former un parapet derrière lequel pourront se placer (au pied du talus pq) une dizaine de fusiliers. Ce parapet permettra également, si Ton établit les hommes du côté opposé, 4e tirer contre Tagresseur, au moment où il pénétrera dans la redoute par le front de tête (voir le profil n® 4).
Si Ton a des corps d'arbres ou des bois équarris en quantité suffisante, on créera, sur le front de tête, des abris abcd, pour soustraire les défenseurs aux balles des shrapnels lorsqu'ils ne seront pas en action sur la banquette. La fig. 134 donne le profil de ces abris, sous lesquels peuvent s'asseoir deux rangs de soldats, en a et en b.
Lorsqu'on aura plus de temps encore et plus de matériaux, on créera au milieu du front de gorge (voir la partie gauche de la fig. 197) un abri qui protégera la réserve non seulement contre les balles des shrapnels, mais encore contre les obus. Le profil n^ 1 et la fig. 135 font connaître les détails de cet abri, d'où l'on peut diriger des feux rasants de mousqueterie sur le terrain en avant de la partie de la gorge qui n'a pas de parapet (1) et sur
(i) Pour cet objet Tabri peat être remplacé par une palanque.
On estime qu'un abri en corps d'arbres et en madriers, si les matériaux sont à pied d'œuvre, exige ii heures de travail et 3 à4 hommes par mètre conranl. Ces hommes doivent 6tre relevés de 6 en 6 heures.
les rampes ih, qui conduisent aux entrées tu de la redoute. L'accès de ces rampes est, en outre, défendu par une ligne d'abatis Im.
Enûn, le parades no est organisé de telle sorte que des tireurs arrivant par la rampe z du front de tôte et se plaçant en pQt puissent battre le débouché de la rampe ik et la barrière tu,
La redoute que nous venons de décrire exige, pour .être exécutée en six heures, 520 travailleurs (soit 3 1/2 hommes par mètre courant de ligne de feu). Dans ce nombre ne sont pas compris les travailleurs nécessaires pour construire les abris, organiser rentrée et établir les défenses accessoires de la gorge.
Les hommes devant être relevés après 3 heures de travail, il faudra que Ton ait un effectif double, soit 1 bataillon d'infanterie et 1 compagnie du génie. Cette dernière peut, à la rigueur, être remplacée par une compagnie d'infanterie, mais l'ouvrage sera alors moins bien exécuté et exigera plus de temps.
On renforcera au besoin la redoute en y appliquant en totalité ou en partie les prescriptions suivantes :
lo Etablir devant les fronts les plus importants un réseau de âls de fer;
2^ Planter de petits piquets au fond des fossés les plus étroits (ceux des fronts de tête et de gorge) et creuser une cunette dans les fossés les plus larges (ceux des fronts latéraux). Ficher dans cette cunette à» grands piquets appointés et sur la partie non approfondie du fond, de petits piquets (voir le profil n® 3, fig. 197). On peut aussi creuser dans les fossés des fronts latéraux des trous de loup ou obstruer ces fossés au moyen d'abatis placés dans le sens de la longueur ;
3® Approfondir tous les fossés et jeter les terres au delà
de la contrescarpe, en évitant de former des levées assez hautes pour que Tassaillant puisse de là plonger dans rintérieurde l'ouvrage .
BBUXIÈME TYPE. — REDOUTE POUR DEUX COMPAGNIES^ d'infanterie et une batterie de CAMPAGNE.
La forme générale de ce type (âg. 202) est la mém& que celle du type précédent ; elle dépend, du reste, de la configuration du terrain et de la situation des points à battre.
Le relief a été porté à 2'"10 et la profondeur du foss^ à2"80.
Tous les saillants sont organisés pour recevoir 3 ou 4 canons tirant à barbette^ c'est-à-dire au-dessus de la plongée (1).
Le tracé et les dimensions de ces barbettes sont donnés par la âgure 204.
A côté de chaque barbette se trouvent deux paliers, U et T (2), sur lesquels se tiennent les servants lorsqu'il» ne sont pas de service aux pièces ; on j place également les bouches à feu quand elles ne doivent pas tirer ou être prêtes à tirer. Enfin, c'est par là qu'on arrive aux niches f, f (ôg. 204), dans lesquelles sont abritées les munitions et dont la figure 203 fait connaître les détails.
Afin de couvrir plus complètement les servants, on éta* blit, sur le parapet, des bonnettes de 0*040 d'épaisseur en
(i) On désigne 80qs le nom de barbette la plate-forme sur laquelle sont établies les pièces qui ne tirent pas par embrasures. La hauteur de la ligne de feu au-dessus du niveau de cette plate-forme s^appelie hauteur de genouillère. Pour les pièces de campagne belges, elle est de 0i"90.
(S) S'il y a «ne traverse contre la barbette, l'un des paliers se trouve de Tautre côté de la traverse (voir flg. 204).
Lt
crête et de 0™35 de hauteur. A l'endroit des barbettes, il sera utile de donner à ces bonnettes la forme et les dimensions indiquées par la ôg. 204.
Les parties de parapet comprises entre les barbettes
Fig. 204
(iO-CO)
il ; 1 r- ^ ' > ' ' 1 , >
sont profilées pour la mousqueterie, conformément aux indications du profil n^ 3.
Si elles sont enfilées par Tartillerie ennemie, on creusera, perpendiculairement à leur direction, de petits crochets p, p (fig. 202), où les défenseurs pourront se
mettre à Tabri des éclats et des balles, en s^asseyant sur le gradin i (voir le profil n" 1).
Les fronts latéraux seront en partie préservés de Fenfilade par deux traverses s'élevant Tune à 0"*46, l'autre à 0"^60 au-dessus de la plongée (1). La seconde traverse sert principalement à couvrir la barbette située & Textrémité du front de gorge. Elle est, & cause de cela, un peu plus haute que la première.
Pour abriter la réserve, il y a, de chaque côté de rentrée, des abris en charpente, appuyés au parades. Le profil n^ 4 en fait connaître les détails.
L^entrée est organisée comme celle de la redoute fig. 197 (partie droite), avec cette différence, toutefois, que le passage a doit être assez large pour que les bouches & feu et les voitures puissent entrer facilement dans la redoute (voir fig. 205).
Le passage est battu par le parapet mn, qui permet également de tirer du côté opposé contre Fassaillant pénétrant dans la redoute par le front de tête ; il est protégé en outre par un abatis ou par un réseau de fils de fer.
Bien qu'il y ait sur les barbettes des emplacements pour 17 bouches À feu, l'armement de la redoute n'en comporte que 6, lesquelles seront établies, suivant les besoins de la défense, tantôt sur un front, tantôt sur un autre.
Pour rendre possibles ces déplacements, on raccorde les barbettes avec le terre-plein intérieur, au moyen de rampes inclinées au quart.
(4) Les traverses ont 3 mètres d'épaisseur en crôte, un talus k terre coulante du côté de Tennemi et un talus à 9/1 du côté opposé.
On ne traverse le front de tète que s'il est exposé à des feux d*écbarpe très obliques.
Les traverses dans ce cas se placent sur les côtés des barbettes pour protéger les boucbes à feu lorsqu'elles sont en batterie.
Ftg. SOB.
Coupe AB.
Sri, «, <^ n -
On facilitera les communications entre les abris du Iront de gorge et le front de tête de la redoute, en construisant, dans le terre-plein intérieur, une communication en zig-zag, indiquée par des traits pointillés.
Pendant que Ton travaillera aux terrassements une forte brigade préparera les défenses accessoires : abatis, réseaux en fils de fer et petits piquets.
Le profil n** 3 (fig. 202) fait connaître diverses applications des abatis, et le profil n^' 4 fournit un exemple de remploi des fils de fer et des palissades.
La redoute que nous venons de décrire peut être exécutée en 9 heures par 1,060 travailleurs, non compris ceux nécessaires pour les travaux accessoires, soit quatre compagnies dlnfanterie et une compagnie du génie. Cet effectif est calculé & raison de 4 1/2 travailleurs par môtre courant de ligne de feu. Les hommes devant être relevés toutes les 3 heures, il faut pouvoir disposer de 2 bataillons d*infanterie et de deux compagnies du génie.
Troisième type. — redoute pour un bataillon d'infanterie DE 900 HOMMES (SOUS-OFFICIERS COMPRIS).
Nous avons exposé plus haut les raisons qui font désirer que, dans les grandes redoutes, il y ait des emplacements pour 6 pièces de campagne au moins.
Selon nous, on ne doit renoncer au concours de l'artillerie que lorsque la redoute ne se trouve pas dans Tun des cas indiqués page 225.
Il sera donc quelquefois nécessaire de construire de grandes redoutes pour Tinfanterie seule.
Lorsque ces redoutes auront des dimensions telles que
leur défense exigera un bataillon, on les construira d'après un type différent de celui que représente la âg. 197.
Pour ce cas spécial, nous ayons composé le type fig. 206.
Il diffère du précédent et du type pour infanterie et artillerie en ce qu'il n'a pas de traverses et en ce que le front de goi^e est renforcé par un réduit.
Ce réduit, qui se construit en même temps que la redoute, jouit de la propriété de flanquer le front de gorge, de battre le terre-plein intérieur de concert avec le parados de ce front, de surveiller et de défendre l'entrée de la redoute et de favoriser les retours offensifs qui doivent se faire aussitôt que l'ennemi a pris pied dans l'ouvrage.
Si le bataillon a un effectif de 800 soldats, on donnera au réduit un développement de ligne de feu de 100 mètres environ, pour qu'on puisse y placer une compagnie de 200 hommes.
Le développement de la ligne de feu du fort sera de 300 mètres, ce qui suppose une garnison forte de trois compagnies ou de 600 hommes.
Le sixième de cet effectif, ou une demi-compagnie, formera la réserve intérieure, qui se tiendra derrière le parades du front de gorge ou sous des abris adossés* à ce parades (voir fig. 206, profil n° 6.)
Lorsque les défenseurs du front de tête et des fronts latéraux ne devront pas occuper la banquette, ils s'asseyeront sur les gradins, à moins qu'ils n'y soient exposés à des feux d'enfilade. Pour ce cas, nous proposons de creuser, perpendiculairement aux tranchées intérieures, des crochets-^bris^ dans lesquels les soldats seront en sécurité sans être trop éloignés de leurs postes de combat.
On rendra moins dangereuses les communications entre le front de gorge et le front de tète en construisant de chaque côté du réduit, dans le terre-plein intérieur, une tranchée en zig-zag indiquée sur le plan par des traits pointillés.
Lorsque Tennemi aura pénétré dans la redoute malgré Teffort de la réserve intérieure, qui se sera portée aux points les plus menacés, les défenseurs du front de gorge monteront sur la banquette du parades et ouvriront le feu contre lui, de concert avec la garnison du réduit.
Quant aux défenseurs des fronts attaqués, ils se retireront par les tranchées intérieures de ces fronts et par les communications en zig-zag dans la tranchée du front de gorge, en arrière du parades.
Pour faciliter les retours offensifs, on construira des gradins de franchissement à Textrémité du parades, visà-vis de l'entrée de la redoute (voir le profil n® 5).
Le talus extérieur de cette extrémité est pourvu d*une banquette, sur laquelle deux rangs de tireurs monteront pour battre le passage lorsque l'ennemi essayera de pénétrer par là dans là redoute. Ce passage est en outre défendu par le réduit et fermé par une barrière ou par une porte basculante (fig. 201).
L'entrée du réduit se trouve du même côté que celle du fort. L'une et l'autre sont défendues extérieurement par un redan en abatis ou par un réseau en fils de fer;
Comme il importe que le réduit ne tombe pas au pouvoir de l'assaillant en même temps que l'enveloppe, on le renforcera au moyen de défenses accessoires.
Pour mettre sa garnison à l'abri des coups directs, on reliera les longs côtés du réduit par une ou deux tranchées. Lorsqu'on aura le temps et les matériaux nécessaires, on
blindera en outre les parties de ces tranchées qui sont le plus exposées aux balles des shrapnels.
La redoute dont il s'agit peut être exécutée en neuf heures par 1,126 trayailleors, et en six heures par 1,650 (non compris les hommes nécessaires pour les travaux accessoires); elle exigera donc 7 compagnies d'infanterie et 1 du génie. Cet effectif correspond à prôs à 4 1/2 hommes par môtre courant de ligne de feu. Les travailleurs seront relevés toutes les trois heures.
Ces évaluations prouvent qu'on n'est pas fondé à soutenir, comme l'ont fait un grand nombre de tacticiens et d'ingénieurs, que les redoutes, et surtout les redoutes à canons, doivent être proscrites, parce qu'elles exigent trop de temps. 11 est bien rare, en effet, qu'une armée, décidée & attendre l'ennemi dans une position, ne puisse pas disposer de 6 à 9 heures pour se retrancher.
Conmie détails utiles & toutes les redoutes et nécessaires à quelques-unes, nous signalerons :
1® Les magasins & munitions d'artillerie construits sous les parapets et auxquels on arrive en descendant des barbettes dans les excavations pour servants et pour pièces (fig. 203) ;
29 Les trous creusés de distance en distance dans le talus intérieur du parapet, pour abriter les caisses à munitions de l'infanterie ;
3<^ L'établissement, dans les parties les mieux abritées, de tonneaux renfermant de l'eau potable ;
4^ La construction de rigoles avec faux puits ou de petits canaux œy (fig. 197) traversant la masse couvrante et déversant les eaux pluviales dans le fossé;
5® La construction d'abris derrière le front de tête ou derrière le parades du front de gorge, pour mettre une partie de la garnison & l'abri des obus ou, tout au moins,
des éclats d*obas et des balles de shrapnels (ôg. 206, profil no 6).
Quelques-unes de ces prescriptions ne sont applicables qu'aux redoutes qui font partie des lignes dlnvestissement ou des positions fortifiées pour Torganisation desquelles on peut disposer de plusieurs jours.