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DISPOSITION DES ATELIERS ET CONDUITE DU TRAVAIL

Application à un cas déterminé.

Supposons qu'il s'agisse d'exécuter le type de redoute pour une compagnie d'infanterie préconisé par le Manuel du pionnier allemand (voir fig. 207).

Voici d'abord les réflexions que nous suggère ce type et les modifications que nous proposons d'y apporter pour le mettre à l'abri de toute critique.

Les fronts latéraux sont pourvus chacun de deux traverses, une grande et une petite.

Nous ne sonmies point partisan de ces traverses, parce qu'elles diminuent de beaucoup la longueur de la ligne de feu, et qu'elles ne peuvent abriter qu'un petit nombre d'hommes. On ferait disparaître le premier inconvénient en adoptant les traverses proposées par le capitaine du génie Girard (1) (fig. 208). Ces traverses ne se prolongent

(i) Traité des applications tactiques de la fortification, — BruleUes, i875.

• pas sur la banquette, qui reste entièrement disponible,

et les défenseurs n'y montent qu'au moment de Tattaque, c'est-à-dire quand Tennemi doit interrompre son tir d'enfilade pour ne pas atteindre ses propres troupes.

On ferait disparaître l'un et l'antre inconvénient en construisant des crochets -abris perpendiculaires aux fronts latéraux (fig. 205). Ces crochets, toutefois, de môme que les traverses interrompues» ont le défaut de ne fournir aucun abri aux sentinelles qui doivent occuper la banquette des fronts latéraux ; mais il sera facile de

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creuser, pour ces sentinelles ^une ou deux par iront), des niches dans l'épaisseur du parapet (voir fig. 210). Au surplus, quand l'enneoii saura qu'il n'y a sur les banquettefi que des sentinelles, il n'aura plus d'intérêt à enfiler l^s fronts latéraux de U ^'Oi^ute, ce tir ne pouvant produire qu'un résultat iA9igiiifiant.

On rendra plus£EiciIes et moins dangereuses les communications entre le front de gorge et le front de tête en creusant dans le terre-plein intérieur les tranchées en zig-zag que nous avons indiquées par un pointillé.

Enfin, on augmentera la sécurité des défsaseurs e FFg. iH.

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substituant au passage droit du fh>at de gorg« le en forme de crochet que représente la âg. 21 1 .

Ce passage est, en effet, très efficacement défendu par les feux rasants de la palanque àb et par les feux plongeants du crochet cd, qui fait face à rentrée.

On devrait toutefois modiâer ce dispositif, de maniôre à rendre la circulation plus facile, s*il s*agissait de rappliquera une redoute armée de canons.

Pour accélérer la construction de la redoute, on serrera les travailleurs autant qu'il est possible de le faire sans les gêner, et on les relôvera aussitôt qu*ils ne fourniront plus un travail soutenu, c'est-à-dire après 3 ou 4 heures.

Cette période s'appelle une reprise.

Une redoute est généralement construite en deux ou trois reprises.

Avant d'entamer la fouille, on doit tracer et profiler l'ouvrage. A cet effet, un officier, accompagné de quatre fois autant d'hommes que la redoute compte de faces, plante une perche à chaque saillant et à chaque rentrant, dans le plan vertical passant par la ligne de feu. Il établit ensuite deux profils aux extrémités de chaque face, et marque par des perches les arêtes supérieures des traverses.

Les profils sont généralement indiqués par des perches et des piquets plantés sur la projection de chaque ligne de la redoute (voir fig. 207, profil n® 1). On marque sur ces piquets, au moyen d'une entaille, la hauteur du remblai, et l'on trace ensuite à la pelle deux petites rigoles, pour indiquer les limites du déblai.

La longueur du relais, c est-à-dire la distance à laquelle le pelleteur doit jeter les terres, est de 4 mètres horizontalement et de 2 mètres verticalement.

Après avoir tracé et profilé l'ouvrage, on divise le dé-

blai et le remblai en ateliers ; la largeur de ceux-ci est calculée de façon que les hommes ne se gênent pas dans la fouille ; elle est moyennement de deux pas. Si le déblai présente suffisamment de largeur (2°^50 au moins), on peut disposer les pelleteurs sur deux rangs, dans chaque atelier, en les plaçant en quinconce. La largeur moyenne des ateliers est mesurée sur une ligne passant par leur milieu. Pour les tracer, on- divise les limites antérieures et postérieures du déblai en autant de parties égales qu'il y a d'ateliers, et Ton marque, par quelques légers coups de pelle, les lignes qui joignent ces divisions.

On indique aux pelleteurs la largeur des bandes longitudinales qu'ils doivent laisser du côté de l'escarpe et de la contrescarpe.

Pendant la première reprise, ils s'enfoncent verticalement, sans avoir égard aux talus, et jettent les terres aussi loin que possible sur le remblai.

On indique également la largeur des bandes à ménager pendant la deuxième reprise en avant et en arrière des ateliers. Les pelleteurs s'enfoncent de nouveau verticalement à la profondeur voulue, laquelle est réglée de manière que les pelleteurs puissent achever leur tâche en une reprise.

La tâche de la deuxième reprise doit être un peu moins forte que celle de la première, et celle de la troisième un peu moins forte que celle de la deuxième, parce qu'au fur et à mesure que l'excavation s'approfondit le travail devient plus difficile et plus incommode.

A la fin de chaque reprise, les travailleurs piétinent le remblai pour lui donner plus de consistance. Ils laissent leurs outils en place aân d'accélérer la mise en train de la brigade suivante.

Pendant la dernière reprise» on achève le déblai et Ton dresse les talus.

Chaque atelier cooaprend le nombre de remanieurs et de régaleurs nécessaire pour former le remblai.

Lorsque les terres exigent l'emploi de la pioche, on doit munir de cet outil chaque pelleteur ou un pelleteur sur deux, suivant le cas.

Une brigade spéciale composée d*hommes exercés (1 pour 6 à 10"^ courants de ligne de feu) dresse les talus du remblai de la deuxième reprise et forme, de distance en distance, de petits proûls en terre pour guider les régaleurs.

Aussitôt que la brigade de traceurs a terminé le tracé et le profilement de Touvrage, on remploie à dégager les saillants, où il y a toigours accumulation de terre par suite de la forme enveloppante du déblai.

Si la redoute doit ôtre pourvue d*abris, on formera une brigade spéciale composée d'autant de fois 4 hommes qu'il j aura de mètres courants d'abris à construire. La première moitié travaillera pendant 4 heures et sera ensuite relevée par la seconde moitié. Si les abris ne pouvaient ôtre terminés qu'en cinq ou six reprises, on augmenterait de moitié la force de la brigade spéciale pour ne pas imposer aux hommes 12 heures de travail sur 20, ce qui serait excessif.

Une dernière brigade spéciale sera nécessaire pour construire la barrière et placer les palissades à l'entrée de la redoute.

On compte généralement, pour une redoute de l'espèce, 5 hommes par mètre courant de ligne de feu; dans cette évaluation sont comprises les brigades spéciales dont il vient d'être question, à l'exception de celle néces-

saire pour construire les abris en charpente. Ces brigades sont tirées des troupes du génie, et à défaut de celles-ci, composées d'hommes de métier, fournis par les bataillons d'infanterie employés au trayail.

La redoute fig. 207 a 176 mètres de développement de ligne de feu; elle peut être construite en deux reprises de 4 heures par 1 bataillon d'infanterie.

Le tableau suivant indique la division et la composition des ateliers, ainsi que la répartition des travailleurs pour chaque reprise :

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