DÉFINITIONS
A» — Tranchée intérieure, B, — Fossé, abcd. — Parapet, ab, — Talus intérieur du parapet, cd. — Talus extérieur id.
de. — Plongée.
h. — Crète intérieure ou ligne de feu
c, — Crète extérieure,
ef. — Épaisseur du parapet,
hi. — Bertne.
ik. — Talus d'escarpe ou escarpe,
kl, — Plafond ou fond du fossé (1).
Im. — Talus de contrescarpe ou contrescarpe.
(i) Qaand le plafond esl supprimé, on dit qae le fossé est à fond de cunelle.
mno. — Olads de contreicarpe.
no, — Plan du glacis, n. — Crête du glacis, ag. — Banquette, pp. — Chradins de banquette, rr. — Chradins de revers.
Le talus ut^ qui remplace souvent ces derniers gradins, s'appelle talus de revers»
La hauteur jde la ligne de feu au-dessus du plafond du fossé, ou *«?, s'appelle relief,
La hauteur de la ligne de feu au-dessus du terrain, ou yz^ s'appelle commandement.
Quand le terrain n'est pas de niveau, le commandement sur un point en avant de X ouvrage est la différence de niveau entre ce point et la ligne de feu.
Profil de iortificatlon passagère (Rg. 7).
Mêmes définitions que pour le profil de fortification improvisée.
Les différences entre les deux profils ne portent que
Fig. 7.
sur les dimensions de la masse couvrante et du fossé, qui sont plus fortes dans ce cas-ci. Souvent les gradins de
banquette sont remplacés, dans le profil de la fortification passagère, par le talas doax gs qui s^appelle talus de banquette. Souvent aussi le glacis de contrescarpe est remplacé par un glacis ordinaire 1-2-3^ avec banquette 3-4, talus de banquette 4-5 et chemin 5-6 longeant le talus de contrescarpe. Ce chemin s'appelle chemin couvert, s'il a plus de 1">80 de largeur, et s'il est à plus de 1"*80 sous la crête du glacis ; il s'appelle couloir y s'il a moins de largeur et s'il n'est qu'à 1™30 ou 1™80 sous la crête.
Quelquefois on prolonge le glacis sous le terrain naturel, et on forme alors avec les terres qui en proviennent un avant-glacis qrs (fig. 8).
Fig. 8.
Cet avant-glacis protège les défenses accessoires, que l'on établit, dans l'excavation triangulaire opq, qui s'appelle avant-fossé.
Profil de lortiflcation permanente (fig. 9).
Le parapet est la partie abcd de la masse couvrante qui se trouve au-dessus de la plate-forme où sont les bouches à feu. Cette plate-forme, située à 2"20ou 2™50sous la crête, s'appelle terre-plein de combat. En arrière de ce terre-
plein, et à un niveau plus bas, s*en trouve un autre, st, sur lequel les défenseurs peuvent circuler, sans être atteints par les projectiles qui rasent la ligne de feu; il s*appelle terre-plein de circrdation.
Fig. 9.
La masse couvrante totale utsgàbcdh constitue le rempart,
hd est le tahM extérieur du rempart^ et tu^ le talus intérieur.
Le mur t'A, qui remplace le talus d'escarpe, s'appelle revêtement d'escarpe^ et le mur Im, qui remplace le talus de contrescarpe, s'appelle revêtement de contrescarpe.
Souvent le revêtement d'escarpe est remplacé par un mur détaché (fig. 10), qui se trouve tantôt au pied du talus d'escarpe, tantôt à une certaine distance de ce talus.
Le chemin en arrière du mur détaché s'appelle chemin de ronde.
Profil de la fortification mixte.
Le profil de la fortification mixte ne diffère de celui de la fortification permanente, qu'en ce que la masse couvrante a généralement moins de hauteur, et en ce que les
reyôtements d'escarpe et de contrescarpe sont supprimés ou remplacés par des revêtements en bois ou en pierres sèches.
Fig. iO.
Traoé de la fortifloation.
La fortification est caractérisée non- seulement par le profil, mais encore par le tracé.
On distingue le tracé rectiîigne, le tracé curviligne et le tracé brisé.
Pour apprécier les propriétés de ces divers tracés, on suppose que le fusilier tire droit devant lui, c'est-à-dire perpendiculairement au parapet contre lequel il s'appuie. On suppose en outre que les coups les plus bas sont diri-
Fig. ii.
'"JT/ofrf
— logés suivant la plongée, dont Tinclinaison est au plas de 1/4 (1) , aûn qae le parapet conserve une épaisseur suffisante près de la ligne de feu, et que le fusilier ne doive pas trop se découvrir pour tirer (voir fig. 11).
Le tracé rectiîigne bat complètement le terrain en avant (fig. 12) ; le tracé curmltffne, donne des feux diver-
Fig. 48. Fig. 43. Fig. 44.
itewtùuw^^arc
Fig. 44k«.
Fig. <3bi.. ^ C
gents, s'il est convexe \fig, 13), et convergents, s'il est concave (fig. 13^"), et le tracé brisé en dehors ou en dedans (fig. 14 et 14^'*), laisse sans feux un secteur &ac, en avant du saillant ou du rentrant, secteur qui, à cause de cela, s'appelle sectetir privé de feuœ.
Les caractères distinctife de ces tracés ne sont pas modifiés, lorsqu'on suppose que le fusilier, au lieu de tirer perpendiculairement à la ligne de feu, tire obliquement,
(4) Quand le retranchement est dëfenda par IMnfanterie. Elle est au maximum de 4/6, pour les ëpaulements et les parties de retranchement défendues par l'artillerie.
de mEtniàre & battre nne zone de Ô0° d'amplitude, ce qu'il fait réellement daus la pratique. Toutefois, l'on constate alors que le secteur priTé de feux disparait, quand le saillant ou te rentrant a une amplitude d'au moins 120 degrés.
La limite inférieure de l'angle rentrant est de 90*, parce que, s'il était aigu, les défenseurs d'une f^e, dans la cbalour de l'action ou pendant un combat de nuit, seraient exposés à tirer les uns sur les autres. Pour éviter tout danger de ce genre, ou est mâme convenu de donner aux angles rentrants 100 A 120 degrés. L'on peut aller au delà, mais alors le flanquement devient incomplet et le tir moins efficace (1).
Les trois tracés ont un défaut commun, qui est de soustraire à l'action des défenseurs, le fossé et en général tout le terrain situé en dessous du prolongement de la plongée
Fig, 15.
(voirflg. 15). Cet espace, indiqué par des hachures, s'appelle Of^le mort.
(l)LorsqiiB 1i direciion du Tugil fonneunaDgleda plus de 30o avec li pcrp'>)<'îciil''ii*o "> parapet, l'hamaia lire moïDS bien, et sod coup esl ■muns ptoDgsint (parce qn'il reoeontre la crile eilérieura da parapet uua une iaclinaison moins forte].
On peut en atténuer les effets de plusieurs manières :
1° En construisant, au delà de la contrescarpe, un glacis mno (1);
2^ En établissant, à la même place, au lieu de ce glacis, des obstacles à la marche de Tennemi, obstacles que nous décrirons plus loin (chap. XIV) et qui s'appellent défenses accessoires ;
3^ En garnissant de ces défenses les talus d*escarpe et de contrescarpe et le fond du fossé, pour augmenter les difficultés de la descente dans le fossé et de Tassaut.
Mais le moyen le plus efficace et le plus générafement employé pour faire disparaître les inconvénients de Tangle mort, est de battre le fossé, dans le sens de sa longueur, par un parapet faisant avec le premier un angle de 90° à 120**. Ce parapet, en saillie sur Fautre, s'appelle flanc, et Faction de battre le fossé dans le sens de sa longueur s'appelle flanquer.
Le tracé curviligne ne permet pas l'emploi de ce moyen, et c'est pourquoi on ne l'applique que dans des cas exceptionnels, par exemple, lorsque le terrain présente des crêtes arrondies ou des contre-forts que les retranchements doivent longer, pour bien battre les abords de la position.
Les figures 16, 17, 18 et 19 montrent :
P Que les flanquements à angle droit, ou flanquements directs y sont ceux qui donnent le plus de feux dans le
(i) Il D*est pas nécessaire que le plan du glacis soit dans le prolongemeot de ceioi de la plongée.
Les conditions sont encore bonnes, lorsque le plan déterminé par la crête da parapet et la crête du glacis, passe à Oi^SO au-dessus du pied du glacis.
fosBé et Bar le bord de la contrescarpe, et ont par conséquent le pins d'efficacité ;
2° Que les angles saillants droite ou obtus sont mieux
protégés que les angles saillants aigus, devant lesquels il y a des espaces privés de feux, on battus dans une direction seulement.
l'on considère que le fusilier peut tirer obliquement
jusqu'à 30° de la perpendiculaire à la ligne de feu, on arrive aux concIusioDs pratiques suivantes :
1° Le secteur privé de feu disparaît dès que le saillant atteint 120° (%. 80) ;
Fig. 3t.
2* Le fianqnement est complet lorsque le rentrant à de 90" à 120" [Ûg. 21), mais il cesse de l'être quand ce dernier angle est dépassé {ûg. 22) ;
3^ L'on peut avoir des feux croisés devant un retran-
chement en ligne droite, vers le milieu, qui est par
conséquent la partie forte du retranchement (Rg. 23).
Dans la pratique on ne donne jamais aux saillants moins de 00°, parce que les saillants plus aigus opposent peu de résistance aux projectiles de l'artillerie, et que leur secteur privé de feux est trop grand.
Pour diminuer les inconvénients que présente ce secteur, on forme quelquefois, au saillant, un pan coupé ab (flg. 34). Si le saillant a an fossé fianqué, on retire simplement le parapet en arrière de ce fossé, pour n'avoir pas, devant le pan coupé, un fossé privé de flanquement.
En général, un retranchement se composera de parties droites, flanquées par des parties sa illan tes, appelées r«iîans (flg. 25). Ces parties saillantes ont, en outre, la propriété de battre obliquement le terrain que les parties droites battent directement, de sorte que l'ennemi, pour aborder ces dernières, doit braver des feux venant de diverses directions, ou en d'autres termes, des feux nroisés. Les parties droites sont par conséquent les plus fortes, et les parties saillantes, les plus faible» du retranchement. Ces dernières
sont faibles encore parce que leurs défenseurs peuvent
Fi«. S4.
être atteints non-seulement par des coups directs, mais aassi par des coups d'eaâlado et de revers, et parce que.
au moment de Tassaut, ils sont enveloppés par les agresseurs, qui 8*ëtendent dans le fossé, à droite et À gauche du saillant, avant de gravir le talus d'escarpe.
Il est à remarquer que, par le Manquement, Tangle mort ne disparaît pas entièrement.
En effet, le proâl ûg. 26, tracé suivant Taxe du fossé
Fig. S6.
flanqué, prouve que toute la partie rst, marquée par des hachures, échappe à Taction des feux flanquants (1). Il j a donc dans tout rentrant des parties qui ne sont battues ni par le flanc ni par la face. L*étendue de cet espace mort augmente avec le relief du retranchement. On en atténue rinconvénient par Temploi de défenses accessoires.
On se trouve souvent dans la nécessité de construire des retranchements curvilignes, de forme convexe ou concave. Bien que ces retranchements ne soient pas susceptibles d'être complètement flanqués, on y applique cependant des redans, pour les flanquer partiellement, et pour obtenir des feux croisés sur les parties comprises entre les redans. L'effet sera alors d'autant meilleur que les redans seront plus rapprochés.
(1) L*aDgle mort ne présente des inconvénients sérieux que dans la fortification mixte et dans la fortification permanente, qui exigent de grands reliefs.
Indépendamment des lignes continues de retranchements, formées de parties droites ou courbes, flanquées par des redans, on emploie dans la fortification de campagne des ouvrages isolés, les uns ouverts en arrière, les autres complètement fermés.
Les premiers portent le nom de flèches (fig. 27) et de lunettes (fig. 28).
Fig. 27.
Fig. 28.
La fiôche est un redan isolé, et la lunette une flèche
qui a des /"oce^ dont les extrémités sont repliées en arrière.
Ces extrémités s'appellent flancs, parce qu'elles battent
on flanquent le terrain latéral.
Les ouvrages entièrement fermés s'appellent redoutes. Ils ont des formes très variées, qui dépendent des
circonstances locales et des conditions à remplir (voir
Fig. 29.
Si Ton brise les côtés pour obtenir des feux flanquants, la redoute, suivant ses dimensions, prend le nom de fortin <fig. 30) ou de fort (fig. 31, 32, 34»''« et 35).
Un fort dont les côtés sont brisés et repliés vers Tin-
tôrieur, s'appelle fort tenaillé (1), que les branches se flanquent mutuellement (ôg 30) ou qu'elles soient flanquées par un redan A (flg. 31).
Fig. 30,
Si les côtés ne sont pas brisés, et qu'on les flanque par un redan B, le fort est dit polygonal (ûg. 32).
Fig. 31.
Fig. 3S.
Et si les côtés ont plusieurs brisures, formées comme rindique la ôg. 33, le fort est dit bastionné (fig. 34).
Fig. 33.
(1) Od rappelle aussi fort é/ot/é, quand les rentraaU sont très prononces (fig. 30).
On trace ce dernier comme suit : Sur ab, fig. 33, appelé côté extérieur, on abaisse du milieu h la perpendicu* îaire hg= Ijô db. Sur bg et ag, on porte les longueurs bf et a6=l/3 ab; des points/* et e, on abaisse les perpendiculaires fc et ed, respectivement sur ac et bd ; on joint
Fig. 34.
Fig. 34W.
ensuite les points c et d. La même opération se répète pour tous les côtés du polygone.
qpqrs (ûg. 34) est un bastion, et qt la capitale du bastion.
aed (ûg.33) » demi-bastion,
ae et bf sont les faces des bastions,
fc et ed n flancs. n
cd est la courtine,
ac et &d sont les lignes de défense.
e eif n épaules ou angles d'épaule,
edc et fcd » angles de courtine,
hoCy hbf n angles diminués,
agb est Vangle de défense,
os (fig. 34) est la gorge du bastion.
Dans la fortification mixte et dans la fortification permanente, on remplace les redans des forts polygonaux, par des dispositifs flanquants en charpente ou en maçonnerie, qui s'appellent caponniéres (fig. 34 bis
et 35). . Le sol des caponniôres se trouvant au niveau du fossé, on obtient ce qui s^appelle un flanquement bas,
Fig. 35.
par opposition au flanquement hatU, que produisent les redans B du fort polygonal fig. 32.
L'espace intérieur d'une redoute, d*un fortin ou d*un fort constitue le terre plein intérieur ou la cour intérieure.
Les côtés d'une redoute s'appellent faces ; ceux d'un fortin ou d'un fort s'appellent fronts.
On donne aussi cette dernière qualification aux côtés d'une redoute, lorsqu'elle fait partie d'une ligne de défense ou d'une position retranchée. On appelle dans ce cas, front de tête, la face ab (voir fig. 29), ou les faces aa' et a'&, qui battent directement le terrain en avant; fronts latéraux, les faces ac et bd ou ad et bc ou af et fe, bc et cd, qui le battent latéralement ; et front de gorge, la face cd ou les faces ed et de, qui le battent en arrière.
Quand le front de gorge d'une redoute n'est pas terrassé, c'est-à-dire, pourvu d'un parapet, cette redoute ne constitue plus qu'une lunette, alors môme que la gorge serait mise à l'abri d'une attaque de vive force par des défenses accessoires.
On distingue deux espèces de feux, à savoir : les feux directs, dirigés contre un objet vu, et les feuœ indirects, dirigés contre un objet qui n'est pas vu.
Ainsi nne batterie établie en B (fig. 36) bat directement le mar A, tandis qu*une batterie établie en C, le bat
indirectement. Le premier tir est plus efficace que le second, parce qu'on peut, de la batterie même, constater les effets produits — ce qui permet de rectifier sûrement et promptement le tir, — et aussi parce que le pointage direct est plus facile que le pointage indirect.
Quand un projectile atteint un objet avant de toucher le sol, le tir est dit de plein fouet, et quand il l'atteint après avoir rebondi sur le sol, le tir est dit à ricochet (1).-
Quand la trajectoire rase le sol ou forme avec lui un très petit angle, le tir est dit rasant ; dans le cas contraire il
^fichant
est dit fichant. Ainsi, le tir est rasant sur la partie db du terrain, {^^, 37), et fichant sur la partie bc. On appelle aussi tir rasant celui dont la trajectoire est très tendue.
(i) Ce tir, aatrefois très important, n'est plus employé par rarlillerie depuis qa*elle fait asage, exclusivement, d'obus et de shrapnels.
Ce tir est le plus efficace, parce que retendue de la zone dangereuse (voir annexe III) augmente avec la tension de la trajectoire ; mais on ne peut pas remployer contre un objet couvert par un retranchement ou un pli de terrain. Il faut dans ce cas recourir au tir plongeant^ soit en plaçant les bouches à feu plus loin du but, soit en réduisant les charges, ce qui diminue le» chances d'atteindre (I) et leifet des projectiles.
On appelle ligne de tir (fig. 38), le prolongement de Taxe du canon, quand la pièce est pointée. Le plan vertical passant par cette ligne est le plan de tir.
Fig. 38.
'^^mci..
fi\
\ P(an horixoniaf
j3 - AttyU de tïr
La ligne qui passe par le cran de mire, le sommet du guidon et le but (ou Tobjet à battre) s*appelle ligne de mire. Le point où la trajectoire coupe cette ligne
(i) Lorsqu^oo ne peut pas viser sur Tobjet à baUre, on doit se servir de points de visée auxiliaires, naturels ou artificiels. Les premiers soûl des arbres, des arêtes de maisons, etc., les seconds, des piquets avec lattes transversales, plantés à 100 mètres environ de la batterie, et dont la hauteur est déterminée expérimentalement, par des coups d'essai.
est le but, appelé aussi biU en blanc. Si le but est un point du sol ou un objet horizontal, le point touché s'appelle point de chute, et si le but est une cible ou un objet vertical, le point touché s'appelle point d'impact. La ligne qui joint le centre de la bouche du canon au but, est la ligne de site. L'angle qu'elle forme avec l'horizon est Yangle de site, et celui qu'elle forme avec la ligne de tir, Yangle â^ élévation. Le plan passant par la ligne de site et une horizontale, perpendiculaire à cette ligne, est le plan de site.
L'angle que forme avec la ligne de site, la tangente AB au dernier élément de la trajectoire, est Vangle de chute. Cet angle, augmenté de l'angle de site, constitue l'an^Z^ de chute sur le plan horizontal, c'est-à-dire l'angle que forme avec l'horizon, la tangente au dernier élément de la trajectoire.
L'angle de chute s'accroit quand la distance au but augmente et, pour une même distance, quand la charge diminue.
L'angle que forme la tangente AB avec le ten*ain au point de chute A, est Vangle dHncidençe. Si le projectile se relève après avoir touché le sol, sa nouvelle direction forme avec celui-ci Vangle de réflexion.
Le tir sous de grands angles d'élévation ou de chute, s'appelle tir plongeant. Celui des mortiers, qui est le plus plongeant de tous, s'appelle tir vertical.
Par rapport à la direction des feux il y a lieu de distinguer plusieurs espèces de tir.
Un retranchement ab (fig. 38^") peut être attaqué par :
1** Des feux de front cc\ tirés à peu près normalement à la direction ab ;
29 Des feux d enfilade ddC^ tirés dans le prolongement de àb ;
3** Des feux d'écharpe €e\ tirés obliquement devant le retranchement ;
4® Des feux éCécharpe de revers ff\ tirés obliquement derrière le retranchement ;
Fig. 38"-.
5o Des feux directs de revers hh\ tirés normalement derrière le retranchement.
Les défenseurs d*un retranchement ou d*une face d'ouyrage isolé, doivent être à Tabri de ces diverses espèces de feux.
Ils seront à Tabri des feux de front et d^écharpe (on dit aussi : défilés de ces fettx)^ lorsque, dans le tir d*écharpe, les projectiles rasant la crête de la masse couvrante sous une inclinaison de 1/6, correspondant à un angle de chute de 9 degrés (voir annexe 1), passeront au-dessus des défenseurs, établis dans la tranchée intérieure du retranchement. Cet angle est celui sous lequel tombe, sur
— Sole plan de site, un projectile de 8,7 ( 1) centimètres, lancé À la distance d^environ 3,000 mètres, distance que Ton ne dépasse que très rarement dans le tir de campagne.
On estime que le résultat est satisfaisant, lorsqu'un coup arrivant normalement à la face et rasant sa ligne de feu sous Tinclinaison de 1/4, qui correspond à un angle de chute de 14^ (2), passe au-dessus d'un homme se tenant dehout dans la tranchée intérieure, près du talus de revers.
Quand un retranchement est ainsi défilé des feux ou des coups ^ il est également défilé des vues, c'est-à-dire établi dans des conditions telles que d'aucun point du terrain en avant du retranchement, on ne puisse voir les défenseurs circulant dans la tranchée intérieure. Ainsi le défenseur aX> , placé debout dans cette tranchée (fig. 39), est déâlé des vues, si le plan 5c, rasant la crête
Fig. 39.
du retranchement, passe à 1"^50 au dessus du point dangereux A. Pour qu'il fut défilé des feux, il faudrait que la
(i) Noos appellerons désormais le canon de 8, 7, canon de 9, elle eanoo de 7, 5, canon de 8*
(S) C'est Tangle de chute d'un projectile de 8,7 centimètres lanod à la distance d'environ 4,000 mètres (voir annexe I).
trajectoire du canon placé en A, et rasant la crête du retranchement, passât au-dessus de &, ce qui n*e^ pas le cas ici. Lorsqu*il est impossible de se défiler des coups, on doit au moins tâcher de se défiler des vues, parce que le tir direct, contre un but visible, est bien plus efficace que le tir indirect contre un but caché.
Pour défiler une face des feux d'enfilade, on a recours à des massifs de terre, perpendiculaires à la ligne de feu, et s*élevant à 1"^00 au plus au-dessus de cette ligne. Ces massifs s'appellent traverses. On les espace de manière que les coups qui rasent la crête d'une traverse sous un angle de 9 degrés, passent au-dessus des défenseurs établis dans la tranchée intérieure, au pied de la traverse suivante.
Contre les feux d^écharpe à revers, on emploie également des traverses, dont la longueur dépend de l'obliquité du tir (voir fig. 40). Au lieu do faire varier la longueur, on peut aussi faire varier les intervalles des traverses (fig. 41).
Fig. 40. Fig. 41.
'•' • L-ord -otl A'i" "J^a
Pour mettre les tranchées qui contournent les traverses, à l'abri des coups d'écharpe de revers, il faut élever, le long de ces tranchées, des masses couvrantes op^ op (fig. 40).
Contre les feux directs de revers, on emploie des levées de terre longeant le bord intérieur de la tranchée et portant le nom de parados (ôg. 42).
Fig. 42.
Lorsqu'il a une hauteur convenable, le parades garantit également des coups d'écharpe de revers.
Les règles que nous venons d'exposer ne conduisent plus à de bons résultats pratiques, lorsque les lignes à défiler ^oni plongées à bonne portée de canon ou de fusil, c'est-à-dire lorsque leur ligne de feu prolongée vient conper le terrain dans la zone des feux d'artillerie ou de mousqueterie.
Supposons, en eifet, que àb (fig. 43) soit le fond, et cd
Fig. 43.
la crôte d'une tranchée pouvant être enfilée du point A,
situé au-dessous du prolongement de la crête. Le coup de feu qui rasera la traverse n® 2 touchera la traverse n9 l en h ; si ce point se trouve à 1"80 au-dessus du fond de la tranchée, le défilement sera complet. Il cesserait de l'être si Tennemi pouvait ' occuper le point /*, situé au-dessus du prolongement de la crête ; et, en effet, il suffit de tracer, par rapport à ce point, la ligne de site et la trajectoire (l), pour constater que celle-ci touche le fond de la tranchée en a?, tandis que Tautre la touche en y. 11 faudrait donc rapprocher la traverse n9 1 de la traverse n^ 2, jusqu'à ce que son talus de droite rencontrât le point o de la trsgectoire, situé k 1"80 audessus du fond de la tranchée.
Cette démonstration graphique fournit les indications nécessaires pour défiler pratiquement les retranchements; elle nous dispense donc d'exposer la théorie, fort compliquée, du défilement, qui a pour ohjet de mettre les défenseurs à Tabri des vues et non des coups de l'ennemi.
Formes du terrain, définitions.
La précision du langage, si nécessaire dans l'enseignement, exige que nous donnions une définition exacte de certains termes, fréquemment employés, et auxquels on prête diverses significations. Ces termes se rapportent surtout à la description du terrain.
(i) Les relations entre la ligne de mire, la ligne de silc cl la trajectoire sont constantes pour une même portée, quelle que soit la différence de niveau entre la bouche k feu et le but, au moins nussi longtemps que l'angle d'élévation ne dépasse pas Tamplitudede iS», qui correspond à une portée de plus de 3,000 mètres (voir annexe 1).
Au point de vue militaire, les terrains se divisent :
1® En terrains montagneux , présentant des hauteurs dont Valtitiuie (ou le niveau au-dessus de la mer) est supérieure à mille mètres;
2® En terrains montueuœ^ dont l'altitude est comprise entre 200 et 1000 mètres ;
3o En terrains de coUines ou ondulés, dont Taltitude est inférieure à 200™ ;
Et 4* en plaines unies.
Les fleuves et les rivières coulent dans des vallées, et les ruisseaux dans des vallons.
Entre deux cours d'eau le terrain se relève. La ligne dominante de ce terrain s'appelle ligne de partage des eaux, ou ligne de faite, ou simplement crête.
Les parties inclinées qui descendent, de chaque côté, vers les cours d'eau, s'appellent versants.
Lorsque, entre les deux versants adossés, le terrain forme une plaine en dos d'âne ou presque horizontale,, cette plaine prend le nom de plateau.
On donne, par extension, le nom de crête à l'intersection du plateau avec un versant mais il est préférable de désigner cette ligne par la qualiûcation de bord du plateau.
Le fond de la vallée ou du vallon, dans lequel se trouve le lit du cours d*eau, est souvent raccordé avec les versants par des talus plus ou moins roides qui s'appellent berges. Généralement on donne ce nom au bord relevé ou escarpé d'un cours d'eau , d'un chemin ou d'un fossé.
Les limites d'un fleuve s'appellent rives, et celles d'une rivière ou d'un ruisseau, bords.
Lorsque les versants présentent de petits valions formés par des proéminences qui se détachent de la crête»
ces proéminenceB constitnent des contre-forit, aniqaels OD doane anssi, abnBÎvement, le nom à'éperona.
Le profil d'un terrain accidenté se compose généralement d'une courbe, convese à la partie snpérieare et concave & la partie inférieure (voirfig. 43biB). Sur aucun
point de la première partie on no pourrait construire un retranchement permettant de battre le terrain en avant. Pour donner cette propriété au retranchement, il faudrait
descendre jusqn^au point B-, où commence la courbe concave. Ce point appartient à la crête militaire. On le trouve facilement, en cheminant sur une pente et en s*arrêtant à l'endroit où Ton commence à voir le pied du versant. Sur un plan avec courbes de niveau, la crête militaire est marquée par la courbe la plus élevée du groupe où les courbes se resserrent.
Un contre-fort très court forme un renflement de crête.
Les contre-forts attachés à une chaîne de montagne sont ordinairement séparés par des rivières. Si ces contre-forts sont très longs et ont une direction oblique par rapport à la chaîne, on les appelle chaînons.
Les proéminences qui se détachent des contre-forts, et qui forment dos vallons latéraux, s'appellent rameaux.
Les rameaux se subdivisent en collines.
Les collines sont, par conséquent, des ramifications qui s^abaissent en hauteurs inférieures. Le point de la crête où elles se subdivisent, s'appelle paW« ou croupe du rameau.
D'ordinaire le berceau d'un ruisseau se trouve entre deux collines.
Au point de jonction des contre-forts avec la chaîne, celle-ci se relève. Il y a donc un abaissement relatif dans la partie de la chaîne comprise entre deux contre-forts. Cet abaissement, qui se trouve dans le prolongement de la vallée ou du vallon, s'appelle col.
Il 7 a aussi un col entre les points de rencontre de deux rameaux avec un chaînon.
Le ravin est une déchirure, sur le versant d'une montagne, par laquelle s'écoulent les eaux. C'est un lit graveleux, habituellement sec. Si le ravin est habituellement inondé, on l'appelle ravine.
On donne aussi quelquefois le nom de ravin à un che-
min creux ou à une dépression du sol que n*ont point creusé les eaux, pourvu que cette dépression n'ait pas, en haut, une largeur qui dépasse la portée efficace de la mousqueterie.
Les excayations d'une profondeur inférieure à 2"*00, qui ne constituent ni un bon couvert ni un obstacle sérieux à la marche des troupes, sont rangées dans la catégorie des accidents de terrain.
Faute de termes plus précis, consacrés par Tusage, nous appellerons contre^forts les proéminences qui se détachent d'une crête de partage, quand même cette crête séparerait deux ruisseaux. Nous appellerons collines^ les hauteurs moindres qui se détachent latéralement des ces contre-forts, et mamelons^ les renflements arrondis et isolés qui se trouvent sur les plateaux.
Quand la pente du terrain atteint l'angle de 1/11, les charges fournies en descendant, suivant la ligne de plus grande pente, deviennent difficiles à exécuter au galop (1). La cavalerie peut encore charger au grand trot sur des pentes de 1/8. En montant, les charges au galop sont possibles jusqu^à des inclinaisons de 1/8 Â 1/6, selon le terrain.
L'artillerie commence à enrayer, en descendant des glacis prolongés, variant de 1/7 à 1/6, suivant la nature du sol.
Sur les pentes de 1/6 à 4/11, l'infanterie ne saurait parcourir, sans se désunir, que de faibles espaces, en bataille ou en colonne, mais elle opôre encore en tirailleurs, avec
(i) Ces données sur les propriétés des pentes sont extraites da CoHrs (Tari militaire, par le colonel du génie Guichard.
quelque difficulté toutefois, quand le terrain dépasse la pente de 1/4.
La cavalerie peut encore agir, en fourrageurs, sur des pentes de 2/7.
L^artillerie se meut péniblement sur des pentes de 1/5 à 1/4, et il lui faut des chevaux de renfort, pour peu que la rampe se prolonge et que le terrain soit difficile.
Sur des versants de 1/2 à 4/7 il n*y a plus que des tirailleurs d'infanterie qui puissent se mouvoir, et encore faut-il qu'ils s*aident des mains pour gravir ces pentes.
L'artillerie de montagne, chargée à dos de mulet, parvient à franchir des pentes de 1/2.
Enân, sur dés pentes de 4/5 ; l'homme ne peut monter qu'en entaillant des gradins.