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PONTS IMPROVISÉS OU DE CIRCONSTANCE

Il se présente à la guerre bien des cas où an détachement d'infanterie ou de cavalerie est obligé de passer rapidement un petit cours d'eau ou un ravin à bords escarpés, sans avoir à sa disposition des troupes techniques pour construire une passerelle ou un pont de circonstance. On doit donc enseigner à tout officier de troupes le moyen de se tirer d'affaire, dans ces cas spéciaux, avec les outils que portent les hommes et les matériaux qui se trouvent sur les lieux. Généralement, on ne pourra disposer que des arbres croissant sur les bords ou à proximité du cours d'eau ou du ravin qu'il s'agit de franchir.

Passerelles flottantes

Premier moyen. — Abattre un arbre d'une longueur un peu plus grande que la largeur du cours d'eau, raccourcir les branches, le pousser la tête au large vers

ramont, en maintenant le pied à la rive. Le courant fera converser Farbre et l'arrêtera contre l'autre rive. On le maintiendra à ses deux extrémités par des amarres, après quoi rinfanterie pourra passer homme par homme. Au besoin, on tendra une corde d'une rive à T autre pour augmenter la confiance des soldats ou leur fournir un appui. Si on a le temps, on fera converser de la sorte deux arbres jointifs sur lesquels on clouera ensuite des planches transversales ou des rondins. On obtiendra ainsi une passerelle plus large et plus commode que la précédente.

Deuxième moyen. — Abattre un arbre sur chaque rive, mettre ces deux arbres à l'eau et les pousser simultanément au large en les dirigeant avec des amarres de manière qu'ils se rencontrent au milieu du cours d'eau et que leurs branches s'enchevrêtent (voir fig. 236). On

Fig. 236.

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rend la communication praticable en élaguant les branehes qui s'élèvent au-dessus de l'eau, et en soutenant au

besoin la tête des arbres par dea branches fourohaes appuyées sur le fond de la rivière.

Troisième uoten. — Si l'on ne peut pas envoyer des hommes avec leurs outils sur l'autre rive, on abat trois arbres, dont deux très gros. On dispose l'un de ceux-ci (l'arbre A) comme l'indique la %. 337 et on le

Fig. 831.

maintient au moyen d'une amarre et d'un piquet. On fixe obliquement à cet arbre un petit arbre B, sur lequel on fait glisser le gros arbre 0, de manière à soulever la tête. Cette tète, abandonnée ensuite au courant, s'arrête contre l'autre rive.

Ces diverses passereUes seront d'autant pins solides que le courant aura plus de rapidité.

PaBBerellfiB appnyéss sur les rives.

Premier hoten. — Lorsque la vitesse du courant est faible et que l'on peut se procurer quelques corps d'arbres

en bois léger, on en forme le long de la rive une ou plusieurs aies, que Ion relie en dessous par des traverses brellées. On fait converser ensuite cette espèce de radeau en retenant l'extrémité d'aval contre la rive, et on l'arrête quand l'autre extrémité a atteint le bord opposé.

Pig. S38.

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Si les arbres ont de 0^30 à 0°>40 de diamètre on compose le radeau de deux files éloignées l'une de l'autre de 1 mètre à l'^ôO et l'on cloue en travers de ces files des planches on des rondins. Les arbres dans chaque

ûle se recroisent de 0^50 à 0°^Ô0 et sont reliés par des cordages on des harts (voir fig. 238).

Après la conversion, on fixe la passerelle aux rives au moyen d'amarres et de piquets.

Cette passerelle offre assez de résistance pour soutenir des chevaux isolés conduits à la main.

Deuxième moyen. — Lorsqu'il s'agit de passer un torrent, un ravin profond ou un cours d'eau dans les bords escarpés duquel on ne peut pas entailler des rampes, on doit nécessairement élever la passerelle au-dessus du niveau de l'eau.

Supposons que l'on veuille donner à cette passerelle 1 mètre de largeur et la composer de deux corps d'arbres ; dans ce cas il faudra, pour qu'elle résiste au passage des piétons isolés, que les corps d'arbres aient les dimensions suivantes :

0"17 de diamètre pour 6 mètres de portée. 0«20 — 8 —

Si le bois employé est tendre, ces dimensions doivent être augmentées d'environ 1/3.

Troisième moyen. — Lorsque le fossé ou le cours d'eau n'a qu'une largeur de 5 à 6 mètres^ on appuyé sur les deux rives des corps d'arbres que l'on couvre d'un tablier en planches, en rondins jointifs ou en branches (fig. 239).

An besoin, on se passera de tablier en plaçant les troncs jointivement, en les reliant par quelques traverses et en les couvrant de gazon ou de fumier.

On met les corps d'arbres en place par Tun des procédés suivants :

1^ Lorsqu'il est possible d'opérer dans le fond du fossé ou du cours d'eau, on peut faire porteries corps d'arbres à bras d'hommes d'un bord à l'autre ^ On peut aussi les tirer sur la rive d'arrivée au moyen de cordes en plaçant dessous, sur la rive de départ, des rouleaux pour faciliter l'opération.

Fig. 939.

2^ Lorsque ces procédés ne sont pas applicables, on fixe à l'aide de cordes, sur la partie postérieure du corps d'arbre, un deuxième corps d'arbre dans le prolongement du premier, et l'on fait avancer le système sur un gros rouleau (1) en exerçant une forte pesée en a pour soulever l'extrémité antérieure (fig. 240) (2).

3^ On atteint le même but en disposant les deux corps d'arbres, réunis par des cordes, le long de la rive et en leur faisant faire un quart de conversion sur une grosse

(I) Les Allemands employoDi en pareil cas deux rouleaux et fixent le deuxième corps d^arbre sous le premier.

(â) Travaux de campagne, p. 946.

pierre oa sur un rouleau de bois placé sous Textrémité de Tarbre principal.

Fig. i40.

Dans certaines circonstances, on peut employer le procédé indiqué par la ûg. 241 .

Fig. Ui.

On peut paiement faire passer de la sorte rapidement quelques hommes d*une rive à Tautre. Le chevalet doit être alors un peu plus élevé. On le place au milieu du fossé à traverser et on le munit à sa partie supérieure de deux amarres de retenue permettant de lui donner un mouvement de va-et-vient.

Le premier corps d'arbre étant en place, on fait glisser le deuxième obliquement sur le premier jusqu'à ce que son extrémité antérieure atteigne la rive opposée, et Ton procède de même pour les autres (fig. 242).

Fig. S43.

Quatrième moyen. — Si le cours d^eau ou le fossé a plus de 6 mètres de largeur, on fait porter le milieu des corps d'arbres sur une pile composée de tonneaux ou de gabions remplis de terre, placés debout dans la direction du courant (fig. 243). Ces tonneaux ou gabions supportent un fort chapeau, sur lequel viennent s'appuyer les corps d'arbres servant de poutrelles.

On peut encore employer comme supports intermédiaires des voitures placées dans la direction du courant si elles sont à 4 roues (fig. 244), ou en travers du courant si elles sont à 2 roues. On fixe sur ces voitures, aa moyen de cordes, un fort chapeau, en ayant soin que le poids porte autant que possible sur les corps d'essieu.

Dans ce cas, comme pour l'emploi des tonneaux, le cours d'eau ne doit pas avoir plus de l^BO de profondeur.

CiMQuiËHB MOTBN. — Quand la riviôre ou le fossé Fig. 344.

est trop large pour que les corps d'arbres qui doivent

servir d*appui au tablier paissent résister, ou quand ces corps d'arbres sont de dimensions trop faibles, on les étaje au mojen de pieux enfoncés dans le fond du cours d*eau. Les corps d'arbres reposent directement sur ces pieux ou j sont attachés au moyen de solides ligatures en cordes (âg. 245).

Fig. 946.

Sixième moyen. — Les supports se composent d'un chapeau de 3 mètres de long sur 0"^15 à 0°*20 de diamètre (fig. 246), de deux pieds de G^IO à QFlb de diamètre,

Fig. 246.

appointés par le bas et inclinés de 1/6 sur la verticale, et

de deiis écharpes de O^OS à Oi^lO de diamôtre, destinées A asaarer l'inTariabilité du eystâme. Toutes ces pièces sont réuDiee an moyen de ligatures ea cordes ou de ganses en gros SI de fer portant des traverses en bois a (%. 247) que l'on serre contre les corps d'arbres avec des coins en bois c.

^rf

Lorsque le chevalet est dressé, on le maintient dans la position verticale & l'aide de gaffes ou de perches clouées snr le chapeau; on pose les poutrelles, puis on enfonce les pieds dans le fond au moyen d'un mouton à bras ou d'un tronçon de corps d'arbre.

S'il &ut plusieurs chevalets, on les place à 3 mètres l'an de l'autre.

Septièmb moyen. — Au lieu du cTievalet-pàlée décrit ci-dessus, on peut employer le chevalet français (fig. ^8) qui exige quatre écharpes et deux traverses de 0^08 à O'^IO, destinées à assurer rinvariabilité du système. Le chapeau, qui repose sur les fourches, n'est brellé qu'après la mise en place du chevalet, pour qu'on puisse le suré-

lever, s'il y a lieu, au moyen de cales. Les autres pièces sont reliées entre elles par des ligatures en corde.

On donne habituellement aux travées 3 mètres de longueur.

HuiTiÈMB MOYEN. — Le ckevaUt français peut être remplacé par le chevalet d'urgence belge qui se fait avec des rondins, des perches et même de grosses branches (fig. 249).

Quand le fond est vaseux, on fixe les traverses abc à la partie inférieure des montants; elles servent alors en même temps de liens et de semelles.

S'il &ut opposer plus de résistance encore k renfoncement des chevalets, on brelle ou l'on cloue sur les semelles des rondins ou des planches, de manière à' former une espèce de plate-forme triangulaire.

Fif. Uft.

N. B. — Â défaut de cordes ou de âls de fer, on assemble les corps d'arbres et les rondins dont se composent les chevalets par les procédés que nous avons indiqués pins haut (voir ûg. 120 à 127} et l'on consolide les assemblages, s'il j a lieu, au mojen de gros clous ou de chevilles en bois.

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