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TRAVAUX DE CAMPEMENT

Abris improvisés. — Les abris improvisés servent à protéger légèrement les troupes au bivouac contre les intempéries de Tair.

Leur construction n*exige pas de matériaux spéciaux ; il suffit d'avoir quelques pieux, de la paille, des roseaux ou des branchages.

La âg. 250 représente un abri pour 25 à 80 hommes. Il se compose de pieux d'environ 1™50 de longueur, plantés à un mètre d'intervalle sur une circonférence de 6"50 de diamètre. Ces pieux, dont les pieds sont maintenus par un petit remblai, sont reliés entre eux par deux cours de torons de paille ou de clayons. On applique à rintërieur un revêtement en paille, en roseaux ou en branchages, que Ton fixe contre les pieux au moyen de deux cours de torons semblables reliés aui précédents par des harts. De petites levées de terre protègent le pied du revêtement.

Fig. S60.

Coupe ab.

On creuse le terrain en pente vers le centre, où doit être établi le fea du bivouac, et Ton ménage dans Tabri une ouverture du côté opposé au vent. Les hommes se couchent autour du feu, en appuyant la tête sur leur sac ou sur une banquette en terre.

La ûg. 251 représente un abri pour 30 à 40 hommes,

Fig. 25i.

Coupe ah.

du même genre que le précédent. Les pieux sont inclinés légèrement vers Tintérieur, pour que les hommes couchés sous Tabri soient mieux couverts, et l'ouverture est orientée de façon qu'ils n'aient pas à souffrir du vent.

En pays boisé, od forme de bons abris au moyen de simples auveats en branchages de 3 mètres de longueur environ, reposant sur deux appuis par l'intermédiaire d'une traverse (flg. 252).

Pour en augmenter la stabilité, on fera bien d'incliner les appuis en arriére, à peu près perpendiculairement au plan de l'auvent (flg. 253).

iWyJi^liiltliBliiU^Piitip^

On peut disposer ces abris autour du feu d'un bivouac.

La flg. 254 représente une disposition de ce genre pour 50 à 60 hommes (1).

Fig. 3H.

Coupe wiiuinl U diamHrt.

Les pieux, terminés par une fourche, sont plantés i. 1 mètre de distance, sur une circonférence de 8 môtres de diamètre.

(1) Le desïiii de C«t abri esl emprnnU ï f École dt /oriifieaii'rn de eampjgne.

Des rondins formant traverses, et servant d*appui aax branchages, reposent par leurs extrémités dans les fourches de ces pieux. Les branchages sont disposés autant que possible de manière que les feuilles soient au-dessus. On les maintient à la partie supérieure au moyen de rondins ou de gaules fixées aux traverses par des harts. La partie inférieure des auvents peut être recouverte de paille ou de genêts. Les hommes reposent la tête soit sur le sac, soit sur une banquette en gazon établie à 2 mètres de la ligne des pieux. Une ouverture est ménagée du côté opposé au vent.

Les abris-vent en paille ou en branchages ont Tinconvénient d'exiger un travail assez long, qui fatigue le soldat au moment où il a le plus grand besoin de repos (après une longue marche). C'est pourquoi Ton doit autant que possible utiliser pour le logement de la troupe en campagne, les villages, les groupes de maisons et les grandes fermes. On y peut, en effet, mettre un grand nombre d'hommes à l'abri des intempéries de l'air, quand on prend la précaution d'ouvrir les fenêtres, ou, ce qui vaut mieux encore, de briser quelques carreaux pour renouveler l'air pendant la nuit.

Un village ordinaire que les habitants ont évacué ou dans lequel on leur a assigné le minimum d'espace nécessaire pour leur logement, peut, dans ces conditions, abriter momentanément une division d'infanterie.

Les Allemands employent dans les grandes manœuvres d'automne un abri-vent qui se construit très rapidement, et dont on pourrait aussi, dans certains cas, faire usage en campagne. Il consiste en une bande de toile de 1 mètre de hauteur et d'une longueur suffisante poiir former l'abri circulaire ou polygonal d'une compagnie d'infan-

terie (1) ; on serre cette bande contre de légers pienz inclinés vers l'intérieur de l'enclos et on alluma ensuite un grand feu au centre.

Un système de boutonniôres permet de réunir plusieurs rouleaux de toile lorsqu'on veut abriter dans un même enclos une compagnie sur le pied de guerre ou deux compagnies sur le pied de prix.

La toile nécessaire pour ces abris est transportée sur les Toitures des bataillons.

Cuisines. — Les cuisines sont faites en remblai ou en

Plan. Fig. 3GS. Coupe AB.

déblai, suivant la nature du sol, et placées dans la direction du vent. Ou suspend les marmites au milieu du foyer en laissant entre elles des intervalles de cinq à six centimètres, de manière que les flammes puissent en lécher le fond et les parois latérales. On doit éviter de mettre les

mamites eo contact avec les terrée. Le type de cuisine râpréseDlÀ ûg. 255 convient à tous les terrains Les talus sont tenus le plus raide possible ; la grille se fait en bois vert.

U faut environ une heure pour oonetruire cette cuisine et obtenir de l'eau bouillante.

En terrain humide, on fait les cuisines avec des gazons, comme l'indique la flg. 256. Elles exigent alors 30 à

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40 minutes de travail et l'ébuUttion s'obtient en 20 mi-

La flg. 257 est un type de cuisine en déblai, d'un bon usage en terrain sec et compact. Il donne les mâmes résultats que le type précédent.

Tous ces types ont été exécutés à Anvers et au camp de Beverloo par le régiment du génie qui les a reconnus propres à leur destination. Nous croyons néanmoins qu'on peut les simplifier encore et faire usage, dans bien des cas, des types suivants qui se rapprochent de ceux employés en Allemagne.

Le premier se compose d'une rigole de 0™30 de profon-

deur et de 0^40 de largeur au-dessus de laquelle on suspend les marmites comme l'indique la coupe CD de la fig. 258 (dont les dimensions sont réglées sur les marmites allemandes, beaucoup plus petites que celles de notre infanterie et que Ton accole deux par deux).

Coupe AB.

Pour faciliter le tirage, les extrémités de la rigole sont terminées en talus (voir coupe AB fig. 258).

On obtient un tirage encore plus énergique en faisant déboucher plusieurs rigoles dans une tranchée transversale de 0'°50 de profondeur sur le revers de laquelle les hommes peuvent s'asseoir pour surveiller Topération de la cuisson (fig. 258).

Lorsqu'il n'y a pas de vent on donnera la préférence au type ûg, 259 qui se compose de deux tranchées espacées de l'^SO. Les terres provenant de la fouille sont déposées

au milieu, et disposées de façon à former une rigole en remblai sur les bords de laquelle on place des pierres

Fig. 358.

■Vi^H

('-.'.fcV'

Coupe AB.

Coupe CD.

ou des bouts de rondins pour servir de supports aux marmites. Au lieu de pierres ou de morceaux de bois on

peut aussi employer comme supports de fortes branches appuyées par leurs extrémités sur de petits chevalets (voir coupe CD fig. 258) ou sur des fourches en bois.

En Allemagne, où chaque soldat a un bidon, la préparation des aliments se fait de la manière suivante :

Les hommes d'une même section se réunissent par grou-

Fig. 259.

pes de trois. Ils creusent avec la petite pelle Linnemann une rigole sur laquelle ils placent les bidons, deux par deux; Tun sert à la préparation de la viande ou de la soupe, Tautre à la cuisson des pommes de terre et des légumes. Le troisième bidon contient une réserve d'eau potable ; au bout d'une demi-heure, le repas est préparé.

Appareils oulinaires et ouisiiies de campagne de

rartillerie belge.

L'appareil culinaire adopté pour les batteries de campagne, les colonnes de munitions et les pontonniers, est le «* Kameradschaftskessel t* en usage dans l'armée aile-

mande, sauf toutefois qu'au lieu d*étre comme ce dernier, placé dans un seau en bois, il est placé dans un seau en fer étamé. Ce seau est transporté par les voitures de deuxiôme ligne des batteries. Chaque appareil sert à apprêter la soupe, la viande, les pommes de terre, la sauce et le café pour 10 hommes. Il comprend 3 marmites tronconiques s'emboîtant les unes dans les autres, 1 louche, 1 écumoire et 10 écuelles (voir fig. 260). La marmite

Fig. S60.

Couvercle.

Poignée mobile.

extérieure a deux œillets dans lesquels se fixent les crochets d'une poignée mobile, lorsqu'on doit s'en servir pour transporter de l'eau.

A la suite de radoption définitive de cet appareil, on

Fig. !26i.

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a fait au polygone de Brasschaet des essais pour déter-

Fig. S62.

Coupe AB.

miner la forme et les dimensions des cuisines qui con viennent le mieux pour son emploi.

Ils. ont conduit à un système de cuisines pour 1 à9 marmites, placées sur des tringles en fer (3 au maximum pour 9 marmites). Ces tringles (fig. 261) sont transportées par les voitures qui portent les appareils culinaires (les caissons dans les colonnes de munitions et les baquets dans les divisions de pontonniers).

La âg. 262 représente une cuisine pour 10 hommes (le personnel d'une pièce) devant préparer soit la soupe, soit les pommes de terre.

Fig. S63.

ris.

Coupe CD

La fig. 263 représente une cuisine pour 10 hommes devant préparer la soupe et les pommes de terre.

La fig. 264, une caisine pour 20 hommes. Fig. S64.

La fig. 2Ô5, une caisine pour 45 hommes. Fig. ses.

Latrines. — Lorsque les troupes bivouaquent plusieurs jours au même endroit , elles doivent construire des latrines.

Ces latrines, établies à une centaine de mètres en arrière du bivouac, consistent en une tranchée d*un mètre de profondeur, dont les talus sont tenus le plus raide possible (voir fig. 266).

On forme le siège et le dossier au moyen de perches

Fig. ^ee.

de 0°*10 de diamètre au moins, placées respectivement à 0**^45 et à 0*^90 au-dessus du sol. Ces perches sont maintenues, de 2 en 2 mètres, par de petites fermes composées de deux rondins de 2 mètres et de 2"50 de longueur, plantés en terre et se recroisant à hauteur convenable pour recevoir le siège.

Le bord antérieur de la fosse est protégé par une perche ou un madrier servant de marche-pied.

Tous les points de croisement des fermes du siège, du

dossier et da marche-pied sont fortement serrés au moyen de cordes, de fils de fer ou de harts.

Les terres provenant de la tranchée sont déposées en arrière des latrines. Sur ce remblai et en avant de la fosse on forme un masque de branches ou de broussailles.

Il faut environ 25 mètres de siège par bataillon d'infanterie ou par régiment de cavalerie.

On construit des latrines spéciales pour les officiei's.

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