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FORMATION DE COMBAT

Il résulte de ce qui précède que la bonne formation de combat exige que les compagnies en tirailleurs soient accolées et non placées les unes derrière les antres. Dans

ce dernier cas, en effet, le commandant de la compagnie dispersée sur la ligne de combat aurait un front de 330 mètres à surveiller et à diriger, ce qui serait au-dessus de ses forces (1). Une ligne de cette étendue, conduite par un seul chef, ne tarderait pas d'ailleurs à se désunir par suite de la configuration du terrain et des mouvements que nécessite le combat. Enfin, les compagnies seraient mélangées dès l'instant où l'on ferait entrer en ligne les soutiens, ce qui n'a lieu que plus tard lorsque les compagnies de tirailleurs sont accolées. 11 faut donc diviser le front de combat en deux et donner à chaque capitaine le commandement d'une moitié. Les devoirs de ces officiers sont tracés par le règlement qui, toutefois, ne fait pas de distinction entre le cas où un bataillon est intercalé dans une ligne de bataille et celui où il opère isolément. Dans ce dernier cas, si le bataillon prend l'offensive, la ligne des tirailleurs, au moment de l'action décisive, porte ses extrémités en avant, conmie l'indique la figure 4, pour obtenir la forme enveloppante et la convergence des feux. Si, au contraire, le bataillon est sur la défensive, il retire, au moment décisif, ses ailes en arrière pour éviter qu'on l'enveloppe et le déborde. (Voir fig. 5.)

Pendant la marche, les réserves se tiennent derrière l'aile menacée de la compagnie, prêtes à se jeter sur les troupes qui essayeraient de prendre cette aile en flanc ou à revers.

(i) Le règlement autrichien, qui prescrit l*accoleinent des compagnies, dit cependant que dans un combat on ne peut pas to&û^^urs dviter qu'une compagnie soit tout entière en ligne et qu'une autre lui serve de soutien. Voii ScHEBFF va plus loiu; il propose d'adopter l'unité du commandement de la chaîne du bataillon comme règle et non comme exception ; mais cette proposition n*a pas éXé admise par les tacticiens qui ont fait le nouveau règlement de manoeuvres de l'armée prussienne.

marche de l attaque,. distance a laquelle l'infanterie doit ouvrir le feu.

Une question importante et encore très controversée est celle de savoir comment Tinfanterie doit marcher à Tattaque et à quelle distance elle doit ouvrir le feu.

Les Turcs ayant, dans la guerre de 1877, fait éprouver de grandes pertes à Tinfanterie russe par des tirs exécutés jusqu'à 2,000 mètres de distance, un certain nombre de tacticiens ont préconisé l'emploi général de ce tir, appelé tir en plates-bandes ou tir de position.

Déjà en 1870, les Français, bien que le fusil chassepot ait moins de justesse et de portée que le fusil des Turcs, avaient tiré avec avantage, à plus de 1800 pas,sur des emplacements où les colonnes ennemies se tenaient massées et cachées.

Le fait le plus remarquable sous ce rapport est Tinsuccès de Fatiaque dirigée dans la journée de Gravelotte, par trois brigades de la garde prussienne, contre le village de Saint-Privat. Les Français ouvrirent le feu à 2,000 pas et le continuèrent jusqu'à 800 pas. A cette distance, la garde dut s'arrêter pour attendre du renfort, laissant le tiers de son effectif (0,000 morts et blessés) sur le terrain (1).

Moins d'une demi-heure avait suffi pour lui infliger cette énorme perte, qui s'explique par la grande infériorité du fusil prussien, lequel ne tirait avec précision que jusqu'à 500 pas.

En 1876, le général de Todleben publia une notice dans laquelle il disait : « Aujourd'hui il convient d'exercer les

(1) Tactique de l'infanterie prussienne^ par le prince Guillaume tle Wurlemberg.

n troupes au tir aux grandes distances, et si Ton juge » nécessaire de faire tirer avec la baïonnette, que ce soit n au moins aux courtes distances et seulement à partir de » 200 pas. n

Le célèbre général russe put constater Tannée d'après, devant Plevna, l'exactitude de ses prévisions : « Le feu de f* l'infanterie turque, nous écrivit-il de Brestova, le n 30 janvier 1878, projetait une grêle de balles à une » distance de plus de 2 kilomètres. Les efforts les plus f* héroïques de nos troupes restaient sans résultat et des » divisions de 10,000 hommes se trouvaient réduites à un n effectif de 4,000 à 5,000. «

Ces énormes pertes, toutefois, ne provenaient pas uniquement des feux éloignés, car aux petites distances le tir des Turcs était d'une remarquable efficacité. Le général Zeddeler, qui prit part à Tattaque de Gorny-Dubnik, confirme ce fait dans les termes suivants : « Nous n commencions à perdre du monde à 3,000 pas déjà; » à 2,000 les pertes étaient sensibles, et aux courtes dis- *> tances la masse de plomb qui tombait en certains n endroits était telle, qu'un témoin oculaire seul peut se n faire une idée d'un pareil feu ; on ne savait où poser le » pied tant il y avait de cadavres. «

Depuis la guerre d'Orient, des expériences ont été faites, dans plusieurs polygones et champs de tir, pour constater le degré d'efficacité du feu aux grandes distances et déterminer la meilleure manière de l'employer. Nous avons cité plus haut les principaux résultats obtenus par ces expériences. Ils ne laissent pas de doutes sur l'utilité des feux éloignés dans certains cas et dans certaines conditions qu'il est nécessaire de connaître pour éviter toute déception. Voyons d'abord comment le tir aux grandes distances doit être pratiqué.

Le Règlement de tir de rarmée belge prescrit de l'exécuter par groupes, espacés de 5 à 10 pas, les hommes étant formés sur un rang, coude à coude. Si la distance à laquelle se trouve Tennemi est estimée 800 mètres, un tiers des groupes pointera à 700 mètres , un tiers à 800 et un tiers à 900 mètres.

Le Règlement sur le tir de l'infanterie prussienne recommande l'emploi de deux hausses, lorsque le but se trouve entre 400 et 700 mètres, et l'emploi de trois hausses, lorsqu'il se trouve au delà.

D'après les dernières instructions russes (données en 1879j,le tir individuel ne produisant plus d'effet au delà de 600 pas contre des buts mobiles, et au delà de 800 à 900 pas contre des buts immobiles, on doit employer, quand ces distances sont dépassées, deux ou quatre hausses différant entre elles de 100 pas. Dans le tir avec deux hausses (entre 600 et 1,000 pas) les hommes du second rang placent le curseur à 50 pas au delà de la distance supposée, et ceux du premier rang, à 50 pas en deçà.

Lorsque le but est à plus de 1,000 pas, et que les fractions sont d'une demi-compagnie au moins, on emploie quatre hausses. Par exemple, si l'objet à battre se trouve entre 1 ,000 et 1 ,200 pas, une moitié de la troupe tire avec les hausses de 950 et 1,050 pas, et une moitié avec les hausses de 1,150 et 1,250 pas. Ces prescriptions nous semblent préférables à celles qui fixent à trois le nombre de lignes de mire, quelle que soit la distance. Plus, en effet, l'ennemi est loin, plus on a de chances de se tromper sur l'évaluation de la distance, et plus, par con^quent, doit être largo la zone que l'on veut couvrir de balles.

Lorsque le tir aux grandes distances exige l'emploi de fortes unités tactiques, il se fait par pelotons à rangs serrés, lançant des salves. Entre les 3 pelotons de chaque

compagnie, on laisse des intervalles de 20 à 30 pas, pour que Tattention des soldats d*un peloton ne soit pas distraite par les commandements qui se font dans les pelotons voisins. On donne à chaque peloton une ligne de mire différente, et l'on obtient ainsi trois zones couvertes qui, chevauchant les unes sur les autres, forment une zone efficace de 300 mètres environ de profondeur.

Il résulte de là que plus les échelons de Tordre de combat sont rapprochés, plus ils ont à redouter l'ejOTet du tir éloigné. Bien que ce cas se présente particulièrement dans la défense, il ne s'ensuit pas cependant que le tir aux grandes portées soit plus avantageux pour Tattaque. Celle-ci, en effet, a contre elle la difficulté d'apprécier exactement les distances et de remplacer pendant le combat les munitions consommées (1). La môme difficulté n'existe pas pour la défense, qui a génè-

(1) Voici les disposilions arrêtées en Belgique pour approvisionner un bataillon marchant à Tallaque :

Un caisson de munitions chargé de S0,000 carlouches suit les troupes assaillantes, et chaque compagnie détache 3 hommes (1 par peloton) pour accompagner ce caisson et transporter les cartouches de ravitaillement dans des sacs à distribuer , en toile, pouvant contenir chacun 36 paquets de 40 cartouches.

En Russie, les porteurs de sacs sont remplacés par des chevaux de b&t (3 par compagnie) portant chacun â,000 cartouches. Ces chevaux suivent les combattants de plus près que ne peut le faire un caisson, qui doit être abrité dans des plis du terrain. Leur emploi permet de distraire moins d'hommes du service, mais ils sont, par contre, plus exposés aux coups de rennemi que les porteurs de sacs.

Les Turcs, dans roffensive (à Lovtcha et à SeWi), étaient suivis d'une bande de chevaux, de mulets et d'ànes portant chacun S, 000 à 3,600 cartouches. (Le feu rapide de Vinfanterie^ par B. J. L de P., témoin oculaire.)

On sait par une dépèche de Saïd- Pacha que chaque tabor de 700 hommes environ, était pourvu de 400 caisses de i,000 cartouches.

Des généraux qui ont pris part à la campagne de 4870 et à celle

ralemcnt le temps de mesurer les distances de ses divers échelons aux principaux objets du terrain, et qui, d'un autre côté, ne doit pas craindre, en tirant au loin, de manquer de munitions au moment décisif, puis qu'elle peut sans peine établir des approvisionnements de cartouches à proximité de ses lignes.

Cependant, même dans la défensive, on doit éviter Tabus des feux à longue portée, par la raison que des troupes qui voient, malgré ces feux, Tennemi avancer, perdent confiance dans leur arme, s'agitent de plus en plus, et finissent par faiblir au moment où la plus grande énergie est nécessaire. C'est ainsi que les Turcs, dans plusieurs circonstances de la guerre de 1877, décampèrent dès que les Russes furent arrivés à 200 ou 300 mètres de leurs tranchées.

Dans quelles limites de distance le tir en plates-bandes doit-il être exécuté ?

Ces limites dépendent' évidemment de la nature des armes.

de 1877 prétendent que le soldat doit porter sur lui plus de 60 cartouches, lorsqu'il est chargé de Tattaque d'un retranchement ou d'une position. Le général Zeddeler voudrait que ce nombre fût élevé à 90. Les caissons régimentaires en transporteraient autant, et il y aurait en outre 90 cartouches par homme dans les caissons de parc.

En Allemagne le soldat porte actuellement 80 cartouches sur lui, en France 78, en Russie et en Belgique 60. Avec un bon système de réapprovisionnement de la ligne de combat, il serait inutile et même nuisible d'augmenter ces nombres dans une forte proportion. La différence de iO cartouches entre Tapprovisionnement du soldat belge et celui du soldat allemand représente, en effet, le poids de la pello Linnemann. Si, comme nous le croyons, il est indispensable de donner à chaque fantassin une pelle de ce genre, une pioche, une scie, une hache on une serpe, on no pourra pas, sans inconvénient, obliger les hommes à porter sur eux plus de 60 à 70 cartouches.

Pour tous les fusils avec canon à nojau cylindrique (tels que TAlbini, le Mauser, le Gras, le Berdan, le Werndl, etc.), la limite du tir est de 1,500 mètres. Les résultats obtenus entre cette distance et celle de 1,200 mètres sont môme peu importants. Il résulte, en effet, d'expériences faites en Autriche, avec divers fusils à noyau cylindrique, qu'à la distance de 1,200 mètres un panneau représentant une colonne de compagnie (1) n*est atteint que par 9 à 15 balles sur 100.

Avec les fusils à âme hélicoïdale des systèmes Witworth et Martini-Henry (2), on pourrait obtenir à 1,800 mètres le môme résultat qu'avec les autres fusils à 1,500 mètres (3). Or comme les Anglais et les Turcs sont jusqu'ici les seuls qui aient des armes de cette espèce, on fera bien de fixer la limite du tir aux grandes distances, pour les fusils belges, allemands, français, autrichiens, russes, etc., à 1,500 mètres.

Nous ne croyons * pas qu'il soit utile d'aller beaucoup au delà, parce que l'infanterie lorsqu'elle exécute des feux à longue portée, ne peut pas, comme l'artillerie, corriger son tir. Elle doit apprécier les résultats de

(i) Pour représenter une colonne de compagnie, on emploie dans les polygones trois cibles del^^TO ou 1">80 de hauteur placées à distance de peloton l'une de l'autre

(â) L'&me du Martini est engendrée par le mouvement hélicoïdal d'un heptagone régulier dont le centre se meut sur l'axe. A chaque angle il y à un mince cordon.

'" (3) La hausse du fusil allemand (Mauser) est graduée jusqu'à 4,600 mètres; celle du fusil français (Gras) l'est jusqu'à i,800 mètres, et celle du fusil Werndl, modifié, jusqu'à 1,575 mètres (2,100 pas).

Les autres fusils ont des rayures hélicoïdales creusées dans un noyau cylindrique. La balle de ces fusils pèse S5 grammes et la poudre 5 grammes, tandis que la cartouche du Martini a une balle de 31 grammes et une charge de poudre Gurlis de 5 grammes.

ces feux d'après le flottement qui se produit dans les lignes ennemies, flottement qu*il est impossible à une v«e moyenne armée de jumelles de distinguer à plus de 1,800 mètres.

La limite de 1,500 mètres adoptée dans la plupart des ()a7S semble donc parfaitement justifiée.

Il sera même sage de rester au-dessous de cette limite et de ne tirer que jusqu'à 1,300 mètres, comme le prescrit le règlement de tir de l'armée belge, par la raison que les résultats obtenus dans les polygones, avec des cibles à couleurs et à contours tranchés, ne sont jamais atteints à la guerre, lorsqu'on tire sur des objets à contours vagues (hommes, chevaux et pièces) dont les couleurs se confondent souvent avec celles des objets sur lesquels ils se projettent (bois, haies, clôtures, etc.)

Dans l'attaque, le feu aux grandes distances a quelquefois pour but d'attirer les forces de l'ennemi sur un point éloigné de celui qu'on a l'intention d'aborder ; plus souvent on l'emploie pour battre le terrain sur lequel se meuvent les réserves de la défense, ou celui qui se trouve dans l'angle mort des feux de la chaîne lorsque celle-ci tire de bas en haut (voir chapitre V).

Dans la défense, le feu aux grandes distances a pour effet de hâter le déploiement des colonnes de l'ennemi d'obliger les réserves de sa chaine à se tenir à 1,500 mètres environ de la chaîne opposée, ce qui retardant leur entrée en ligne au moment décisif, peut causer à l'attaque un préjudice notable.

Il oblige également l'artillerie de Tassaillant à porter ses batteries à une plus grande distance en arrière, ce qui diminue l'efficacité de leurs feux.

Enfin, le défenseur peut employer avec succès le tir de position pour prendre en flanc ou d'écharpe les troupes

qui Tattaquent de front, et les poursuivre de ses feux, jusqu'à la limite de la portée de Tarme, lorsqu'elles sont repoussées.

Le seul avantage qu'ait l'attaque, dans l'exécution des feux éloignés, est de tirer contre un but âxe; mais cet avantage est fort amoindri par la difficulté qu'éprouvent les troupes en marche d'apprécier les distances (1), et par la protection qu'assurent à la défense les retranchements, qui couvrent ses lignes.

La plupart des règlements de manœuvres prescrivent l'emploi des feux de salve, aux grandes et aux petites distances, dans l'attaque comme dans la défense

Bien exécutés, ces feux ont de très importantes propriétés. Ils permettent de mieux apprécier les effets produits que dans le tir individuel et, par conséquent, de rectifier plus facilement les erreurs commises dans l'appréciation des distances. Ils permettent aussi d'éviter le gaspillage des munitions et de régler à volonté l'intensité du feu. Enfin, ils obligent les hommes à faire attention au commandement , ce qui les maintient plus longtemps sous l'action de leurs chefs.

Mais à cause même du sang-froid qu'il exige, ce tir ne peut guère s'exéouter qu'aux grandes distances, lorsque le soldat n'est pas encore troublé ou surexcité par la lutte. Aux petites distances il a presque toujours échoué, parce que le calme et l'assurance décroissent à mesure que le danger augmente. Les feux à commandement ont du reste, le défaut de lancer moins de balles contre l'en-

(I] H y a lieu de remarquer toutefois que le tir en plates-bandes a été inaginé en grande partie pour corriger, par la dispersion des balles, le défaut d*eff!cacité résultant de la difRculté d'apprécier exactement les distances au delà d'un certain rayon.

nemi, dans le môme temps, que les feux individuels précipités (1).

Bans son appréciation des résultats de la guerre francoallemande, le major Von Boguslawski fait la remarque suivante :

« La défensive a toiyours eu l'intention de faire des n feux d'ensemble, mais elle n'a jamais réussi qu'à faire » des essais défectueux et surtout infructueux. » ~

Il en eut été autrement si les combattants avaient fait un usage plus général des tranchées-abris. La guerre d'Orient prouve, en effet, que les hommes couverts par des obstacles conservent assez de sang-froid pour exécuter des feux de salves aux courtes distances (2).

Le lieutenant-colonel Kouropatkine, chef d'état-major de Skobelew, affirme que dans tous les combats défensifs sous Plevna, les Russes ont toujours repoussé leurs adversaires par des salves exécutées à de très petites distances (100 à 150 pas) : les Turcs , après s'être couchés, leur envoyaient une grêle de balles assez inoffensives, puis décampaient au pas gymnastique.

« Il faut, dit-il , exiger (pour ce tir) que les hommes •» visent bas et montent sur la berme. La première salve r> ne réussit guère; on déchire la toile et, après le comman- ** dément de feu! on entend des coups isolés et sans fin.

(1) Aus8i les Pnissiens appellent-ils le feu à volonté, le feu rapide. Les feux d'ensemble, exëculës par pelotons, compagnies ou bataillons, portent dans leur règlement de manœuvre le nom de sahe»,

{%) Dans la campagne de 1866, où les Prussiens curent affaire aux Autrichiens, armés d'un fusil bien inférieur au fusil Dreyse à chargement rapide, ils purent exécuter des salves à des distances môme rapprochées. On ne cite pas une seule circonstance où les Autrichiens les aient abordés à la baïonnette, bien que ce mode d'attaque leur eût été recommandé |iar Benedeck, dans une de ses proc'amalions.

n Mais avec un chef énergique, la troupe est bientôt •» remise en main, et Ton obtient alors des salves correctes, n même idéales, quelle que soit la proximité de l'ennemi, y

u Ces salves ont toujours arrêté les attaques des Turcs y* à 100 ou 150 pas de nos tranchées. »

Osman-Pacha avait à Plevna quelques régiments d*élite composés de soldats aguerris. Ils montrèrent dans la défense des tranchées autant de sang-froid que les Russes, et c'est à eux que faisaient allusion les correspondants du Pester-Lloyd et de la Militair-Zeitung lorsqu'ils disaient : » Les bataillons turcs laissèrent approcher les colonnes d'attaque russes jusqu'à 300 pas, puis firent des salves si nourries, si précises, si meurtrières que les assaillants ne purent les supporter. f>

Ceci prouve que, pour exécuter des feux de salves, môme dans les conditions les plus favorables à la défensive, il faut des soldats possédant à un haut degré la dUciplme du feu.

Avec de jeunes troupes ou de vieux soldats surexcités par la fatigue et les émotions du combat offensif, ce tir ne réussira pour ainsi dire jamais.

La môme remarque s'applique au tir individuel avec désignation du nombre de cartouches à employer. Ce tir, très recommandable pour les groupes de tirailleurs, ne peut également s'exécuter qu'aux grandes distances (entre 1,000 et 600 mètres).

Aux petites distances, le feu rapide individuel est seul pratique.

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