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INTERCALÉE

Le mode d'attaque que nous venons d'exposer exige une formation de combat spéciale. Celle qui nous semble convenir le mieux pour une division faisant partie d'une armée qui. prend TofTensive, est représentée par la figure 12.

Les bataillons qui forment le soutien de la 1*^ ligne de bataille marchent en colonnes de compagnie par pelotons, et les bataillons de la 2® ligne en colonnes doubles.

La distance entre les deux lignes dépend de la nature da terrain. Elle sera d'environ 700 mètres en terrain uni et découvert. (Voir notre Manuel de fortification de campagne, page 145.)

Plusieurs tacticiens, entre autres le général Berthaut, sont d avis que la 2® ligne doit se tenir habituellement à 300 mètres du gros des bataillons de la 1^ ligne, en collonnes de compagnie, avec ou sans intervalles, selon la disposition des abris que présentera le terrain ; mais une distance aussi faible ne pourrait se justifier qu*en terrain accidenté ou couvert (ofirant des abris rapprochés) ou vers la Un du combat, lorsque la 2® ligne doit être à portée de soutenir rapidement la 1^ ligne, engagée avec Tennemi.

Les bataillons de la 2® ligne seront donc placés selon le terrain et de manière à constituer une ligne de défense aussi forte que possible, en prévision d'un nouvel effort à soutenir après la retraite de la 1*^ ligne. On déploiera leurs compagnies, lorsqu'elles occuperont des emplacements soumis aux gerbes de la mousqueterie ennemie.

La 2® ligne sert à soutenir la 1", à la renforcer, à Tentrainer à l'assaut, à remplir les vides qui peuvent s'y produire, â opposer à l'ennemi, s'il la perce, une résistance passive (par le feu) jusqu'à ce que les secours arrivent des flancs ou des derrières, à parer aux contre-attaques de flanc et à chasser de la position conquise les débris de la défense.

Le colonel von Scherff la considère comme un détachement avancé de la 3® ligne. « Ses bataillons, dit- il, doivent n être prêts à se porter au pas de course sur tous les n points où l'action fléchit, où se produit un vide, une rup- » ture, et il n'y a qu'une dislocation en petites colonnes » qui lui permette de remplir ce rôle utilement, n

La formation sur deux lignes, par brigades accolées, que représente la figure 12, offre Tavantage d'un déploiement plus rapide lorsque la division se trouve en marche sur deux colonnes ; elle permet de réduire le front de chaque brigade et d'exercer la direction en profondeur ; mais, par contre, la 2® ligne, composée de régiments formant brigade avec ceux de la 1^ ligne, aura plus de peine à résister à la tentation de s'engager prématurément.

Pour ce motif quelques tacticiens préfèrent la formation sur deux lignes, chaque brigade occupant une ligne et les régiments étant accolés dans chaque brigade (ûg. 13).

Cette formation, dans laquelle la 2® ligne est composée d'une brigade entière placée sous le commandement de son chef, garantit plus sûrement au conmaandant de la division la libre disposition de ses forces. Néanmoins, comme elle produit le mélange des brigades aussitôt ,que la 2® ligne vient au secours de la 1", nous sommes d'avis qu'elle ne doit être adoptée que lorsque la division prend son ordre de combat, marchant sur une seule colonne.

La division étant tenue de modifier ses formations suivant le terrain et le but que le chef veut atteindre, il peut arriver des cas où pour obtenir, sur certains pointa, une succession d'efibrts &cile à produire, on forme une brigade par régiments accolés, ceux-ci ayant leurs bataillons l'un derrière l'autre (fig. 14).

XIU

FORMATION DE COMBAT d'uNB DIVISION ISOLÉE.

La formation qui dans ce cas office le plus d'avantages est celle que représente la figure 15. Trois régiments accolés constituent la 1" et la 2® ligne, et le 4® régiment forme la réserve. Ce 3® échelon est toigours nécessaire quand la

division opère seule. Dans un ordre de bataille formé de divisions ou de corps d'armée accolés, il j a, en 3® ligne, une réserve générale ou des réserves d'ailes composées d'une ou de plusieurs divisions.

La 8® ligne est spécialement destinée à faire face aux mouvements tournants de Tennemi ; mais si elle voit un mouvement de retraite qui menace de compromettre le succès des échelons antérieurs, elle se jette résolument et sans hésiter dans le combat (1). Les régiments des ailes ont leurs 3 bataillons l'un derrière l'autre, ce qui permet de prendre un ordre échelonné très favorable pour repousser les attaques de flanc et pour étendre au besoin le front de combat de la division. Cette disposition présente en outre l'avantage d'éviter le mélange des régiments, lorsque la 2^ ligne doit se fondre partiellement dans la l^.

* Le front de combat des bataillons de 1^ ligne est plus étendu sur les points moins exposés aux attaques directes; il est plus resserré sur les points faibles et d'un accès facile. Les régiments placés sur les points d'attaque probable ont 1 ou 2 bataillons en 2^ ligne ; le régiment placé sur le flanc le plus menacé peut avoir ses 3 bataillons l'un derrière l'autre (2). »»

La 2® ligne, dont la distance à la 1"* varie, selon le terrain, entre 700 et 300 mètres, doit, lorsque la division est arrivée à petite distance de l'ennemi, se rapprocher et avancer même dans la zone dangereuse des feux dirigés contre la \^ ligne, afin de pouvoir se porter à temps au secours de celle-ci.

La réserve, en terrain uni et découvert, se tient à 600 mètres environ de la 2* ligne.

(1) Général Bertbftut.

(i) Général Berthaut.

Elle doit être assez forte (1/3 ou 1/4 de Tefiectif total) pour repousser une attaque dirigée contre le flanc de la in ligne pendant la dernière phase de la lutte.

Elle est habituellement plus rapprochée du flanc menacé et en arrière de la partie de la position sur laquelle on veut faire une défense active (1). Cela est d*antant plus important que le danger de voir rompre le centre d'une ligne de bataille a beaucoup diminué depuis que le feu de front a considérablement gagné en puissance.

En cas d'échec, elle recueille la 1" ligne renforcée par la 2^ et, en cas de succès, elle entame la poursuite.

L'artillerie divisionnaire se place soit aux ailes de l'ordre de bataille, où elle peut tirer pendant que l'infanterie se porte en avant, sans que celle-ci ait à souflrir de son feu ou du feu de Tennemi, soit au centre de la ligne, entre les deux brigades, soit sur tout autre point favorable pour préparer et soutenir une attaque. Sa position est essentiellement subordonnée à la nature du terrain. Au commencement de l'action, elle peut se porter à la hauteur et môme en avant de la ligne des tirailleurs; mais dans ce dernier cas, elle doit être soutenue par un détachement d'infanterie ou de cavalerie.

Quand la chaîne ennemie se rapproche, l'artillerie doit reculer ; elle s'établit alors sur la ligne du gros des bataillons, où elle est à l'abri du feu des tirailleurs, supposés arrêtés à 500 mètres de la chaîne opposée.

L'artillerie, dit le général Berthaut, a d'ordinaire 3 batteries sur le front de la position ; la 4® est tenue en réserve près du flanc le plus faible. Celle-ci marchera à la hauteur de la 2® ligne.

La cavalerie divisionnaire se tiendra à la hauteur de la

(1) Général Berthaal.

réserve, soit au centre de la ligae, soit du côté où sa présence sera le plus utile.

Quand la division est placée à Textrémité d'une ligne de bataille, Fartillerie s'établit, dans l'offensive, de préférence à l'aile intérieure, qui se déplace le moins et où elle est le mieux protégée, et, dans la défensive, à l'aile extérieure, qui est la plus menacée.

Dans un corps d'armée qui se porte à l'attaque, la place la plus avantageuse pour l'artillerie se trouve à l'aile intérieure de la troupe qui doit exécuter le mouvement enveloppant; là elle ne risquera pas d'être masquée et elle pourra battre en flanc le crochet que formera l'adversaire pour parer à cette attaque enveloppante (1).

Lorsqu'une division ou un corps d'armée attaque, toutes les batteries sont ordinairement engagées. Il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'une action défensive. Alors une partie des pièces doit toujours être tenue en réserve — à moins que l'ennemi n'ait une grande supériorité numérique — pour repousser l'assaut de l'infanterie après un combat d'artillerie malheureux.

[i] Études sur la tactique de VartiUerie de campagne, par le mig'or von Schell.

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