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CHAPITRE III

ATTAQUE DES EETRANGHEMENTS,

PRÉLIMINAIRES DE l' ATTAQUE.

Les développements que nous avons donnés aux chapitres traitant de Tattaque et de la défense des positions nous permettront d'exposer en peu de mots les principes et les règles à observer dans l'attaque et la défense des retranchements.

Pour embrasser dans un seul exemple tous les cas qui peuvent se présenter, nous supposerons qu'il s'agisse d'attaquer une redoute importante servant de poste avancé à une ligne de bataille.

Nous supposerons, en outre :

1^ Que cette redoute soit conforme au type décrit dans noire Manuel de fortification de campagne (p.278,fig. 206) et dont la âgure 19, planche III, fait connmtre les principales dispositions;

2^ Une le front de tête et les fronts latéraux de la redoute sont protégés par des défenses accessoires, et que les entrées du front de gorge sont pourvues de palissades avec portes basculantes ;

3^ Que la redoute est occupée par un bataillon de

800 hommes, dans Tan des cas, par un bataillon de môme force et une batterie de campagne, dans Fautre;

4^ Que Tattaqne à» la moitié droite de la redoute sera faite dans Thypothôse que TouTrage n'est appuyé par aucune force extérieure et qu'au moment de Tassaat, la garnison pourra tout au plus lancer contre les flancs de l'assaillant une partie de la réserve intérieure;

5^ Que l'attaque de la moitié gauche sera faite dans l'hjpothôse que l'ouvrage a de l'artillerie, qu'il est appuyé de chaque côté par une batterie et par des tranchées servant d'abris à deux compagnies dlnfanterie et que, pendant l'assaut, deux bataillons viendront au secours de la garnison .

Nous aurons donc à considérer deux cas : celui d'une redoute sans artillerie, abandonnée à elle-même, et celui d'une redoute avec artillerie, appuyée par une réserve extérieure.

La plus importante des prescriptions concernant l'attaque des retranchements est la suivante : avoir des forces et des moyens d^ exécution suffisants pour être à peu prés certain du succès.

Les conséquences d'un échec, surtout si l'ouvrage attaqué occupe un point décisif de la position ennemie, sont en effet tellement graves qu'elles peuvent entnâner la perte de la bataille.

D'un autre côté, en opérant avec trop peu de monde, on s'expose à devoir reconmiencer Tattaque et à faire ainsi des pertes qui dépassent de beaucoup celles résultant d'une seule attaque, exécutée dans de bonnes conditions. C'est ce qui fait dire à un tacticien allemand : « On n'est jamais trop fort pour attaquer, n

L'effectif nécessaire à l'attaque dépend évidemment de la valeur relative des troupes en présence, de la nature de

roavrage et de rimportance des obstacles à vaincre. Comme évaluation moyenne, on admet généralement que la force des assaillants doit être au moins égale au triple de Teffectif de la garnison.

Conformément à ce principe, nous supposerons que pour le cas de la redoute isolée, l'assaillant ait réuni 3 bataillons d'infanterie et 1 compagnie du génie (1), et que celle-ci soit pourvue de tous les outils nécessaires pour détruire les défenses accessoires et fEiciliter l'assaut.

Reconnaissance.

Il va sans dire que, pour être âxé sur la nature et le nombre de ces outils, comme pour prendre les dispositions d'attaque les plus avantageuses, on fera d'abord une reconnaissance détaillée de l'ouvrage et du terrain environnant; on s'assurera notamment si, en arrière ou sur les côtés, il n'y a pas quelque batterie ou retranchement pouvant agir sur le terrain des attaques ou prendre à revers les troupes qui seront dirigées contre le front de gorge.

Pendant que se fera cette reconnaissance, on mesurera exactement la distance du saillant de la redoute à un point du terrain situé dans la zone des attaques.

Ce point servira à déterminer les distances au même saillant, des plis de terrain et des couverts où devront s'arrêter les tirailleurs dans leur marche oifensive, pour reprendre haleine et tirer contre les défenseurs du parapet.

(1) Cette évaluation, parfoitement justifiée, prouve que Teffectif des troupes du génie est trop faible dans toutes les armées. Il faudrait, pour satisfaire aux nécessités actuelles de la guerre, que chaque régiment eût une compagnie de ces troupes, ou, en d*autres termes, qu^on remplaçât, dans chaque division, le bataillon de chasseurs non embrigadé par un bataillon de pionniers.

Parmi les divers moyens employés pour évaluer la distance d'un point à un saillant d'ouvrage, sans le secours de télémètres ou d'instruments propres à mesurer les angles, nous citerons le suivant, qui est fondé sur la méthode des recoupements. Il n*exige que Temploi d'une chidne d'arpenteur, de quelques jalons et d'un cordeau de 24 mètres de longueur, divisé en trois parties séparées par des anneaux en cuivre ou en fer.

La partie AB (%. 15^^, pi. III) a 6 mètres de longueur, la partie BC, 8 mètres et la partie CD, 10 mètres. Pour mesurer la distance BP, on ûxe les anneaux B et C au sol, dans la direction du point P, au moyen de piquets ou de jalons. On superpose ensuite les anneaux A et D en E et on les fixe également au moyen d'un jalon. On obtient ainsi l'angle droit EBC. Sur EB prolongé on porte une longueur BF, égale à 110 mètres. Au point F on refait, en visant sur B, l'opération qui a été faite au point B, en visant sur P, et Ion obtient ainsi l'angle droit HFG. On fait FK = 10 mètres et l'on se promène ensuite sur le prolongement de FG avec un jalon, jusqu'à ce qu'on voie au point L le jalon K couvrant le point P. On mesure alors FL, qui est égal au 10® de la distance cherchée.

Un moyen tout aussi pratique et non moins exact est le suivant, fondé sur les propriétés des transversales :

Soit A (fig. 16, pi. III) le point dont on veut connaître la distance au saillant S. On y plante un jalon ou un piquet. Deux observateurs se placent en B et C, points quelconques situés en arrière de A. Ils font planter les jalons D et E aux recoupements des alignements BS — CA et CS — BA. L'observateur C s'avance sur CB jusqu'à Talignement AS et y plante le piquet F; il fait ensuite établir le piquet H sur l'alignement AS par l'honmie qui a planté le jalon D et s'est avancé vers E. Il suffit alors de

mesurer AF = a et AH = b pour avoir la distance cherchée AS par la formule

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