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DÉFENSE DES RETRANCHEMENTS

disposition et bmploi dbs troupbs d'infanterie.

Nous exposerons les principes de la défense des retranchements en prenant pour exemple la redoute (ôg. 19), qui nous a servi à établir les principes de l'attaque.

Cette redoute, ayant un développement de ligne de feu de 300 mètres, exigera pour sa défense 600 hommes, y compris la réserve intérieure, égale au 1/6 de cet effectif (1). Le réduit recevra, à raison de 2 hommes par mètre courant de ligne de feu, une garnison de 200 hommes, commandée par un officier qui sera rendu personnellement responsable de sa défense. La force totale de la garnison s*élèvera donc à 800 hommes (1 bataillon) ; 800 hommes (1 1/2 compagnie) se tiendront assis sur les gradins de la tranchée intérieure du front de tète, jusqu'au moment où les feux d*enôlade ou de revers des tireurs de position les obligeront à se retirer dans les crochets-abris.

(i) GëDéralement, la force de la garnison pour une défense énerg;iqae est calculée à raison de deux hommes par mèlre courant de front de tête et de front latéral et de un homme par mètre courant de front de gorge. On ajoute à cet effectif i/6 pour la réserve intérieure.

100 hommes (1/2 compagnie) s*établiront, de la môme manière, derrière chaqae front latéral.

La réserve intérieure, forte également de 100 hommes, se postera derrière le parades du front de gorge.

Les défenseurs du réduit occuperont les gradins des tranchées intérieures les moins exposées (celles de la tète du réduit) et les coupures pratiquées dans le terre-plein intérieur.

Le tir d'enûlade étant très redoutable lorsque les distances sont exactement déterminées, il convient d'en préserver les défenseurs autant que possible. C'est dans ce but que nous avons proposé (voir notre Fortification du champ de bataille) de creuser, perpendiculairement aux tranchées intérieures des fronts exposés, des crochets-abris où se retireront les défenseurs de ces fronts jusqu'à ce que les progrès de l'attaque les obligent à monter tous ou en partie sur la banquette. C'est seulement alors que le tir éloigné d'enfilade pourra produire quelque effet.

S'il n'y avait dans la redoute ni crochets-abris, ni parades, ni masques couvrants pour la réserve intérieure, le tir plongeant mettrait un grand nombre d'hommes hors de combat et affaiblirait notablement le moral de la garnison.

On ne saurait donc trop insister sur l'utilité de ces dispositions complémentaires, qui augmentent les garanties de la défense sans accroître outre mesure le nombre des travailleurs et le temps nécessaire à l'exécution des terrassements.

Le commandant de la redoute aura soin de faire mesurer les distances de l'ouvrage aux points les plus importants du terrain extérieur, et de repérer d'autres distances au moyen de coches faites sur des troncs d'arbres, de per-

ches plantées en terre, de jalons, etc. Par ce moyen, il assurera à la mousqaeterie de la défense une grande supériorité sur celle de lattaque, qui n*a généralement pas le temps ni les instruments nécessaires pour mesurer les distances avec une exactitude suffisante.

Avant que les tirailleurs de Tennemi aient ouvert leur feu, la garnison de la redoute ne placera sur la banquette que 2 ou 3 hommes par front. Ces hommes devront observer ce qui se passe au dehors et en instruire le commandant. Lorsque les faces seront enfilées, ils occuperont des niches creusées dans l'épaisseur du parapet. ( Voir fig. 210 de notre Manuel de fortification de campagne,)

Dès que le feu de l'ennemi commence à produire de Teffet et qu'il devient nécessaire de riposter pour ralentir la marche de Tattaque ou pour soutenir le moral de la garnison, on fait monter sur la banquette la moitié des défenseurs (environ 1 homme par mètre courant).

La seconde moitié ne prend part à l'action qu'au moment où les tirailleurs ennemis s'arrêtent et s'embusquent, pour soutenir par un feu nourri les travailleurs chargés d'aplanir les obstacles et d'ouvrir des passages dans les défenses accessoires.

La réserve intérieure a pour mission de réparer les pertes qu'éprouveront les défenseurs de la banquette et de renforcer, au moment critique, les points contre lesquels l'assaillant fera le plus grand eôbrt.

Si la redoute est trop éloignée de la ligne de bataille pour en recevoir un appui efficace, elle devra avoir une réserve extérieure^ qui s'établira en arrière ou sur les côtés, dans des tranchées-abris, à moins qu'il n'y ait à proximité un couvert naturel (1). ^

{i) Si la réserve extérieure comprend de la cavalerie et de Tartit-

Cette réserve exécutera un tir aux grandes distances contre la ligne de combat et particulièrement contre les échelons qui avancent en ordre serré. Elle devra, en outre, fournir des renforts à la garnison quand le besoin s'en fera sentir, empocher que l'assaillant n'attaque le front de gorge en môme temps que les autres fronts, et faire, au moment opportun, une contre-attaque sur l'un des flancs de l'ennemi. Un instant favorable pour cette contreattaque est celui où les défenseurs du parapet dirigent des feux concentrés sur les détachements de travailleurs chargés de faire des trouées dans les défenses accessoires et d'aplanir la route aux troupes assaillantes. Bans ce moment, en eifet, l'assaillant a le plus grand intérêt à contrebattre les feux du parapet, pour rendre possible l'opération des travailleurs, d'où dépend le succès de l'entreprise. Il se trouve alors dans de mauvaises conditions pour repousser une contre-attaque, ne pouvant y employer qu'une partie de ses forces.

Un instant plus favorable encore est celui où l'assaillant, prêt à franchir les obstacles qui couvrent la redoute, a le moral plus ou moins ébranlé par les difficultés à vaincre et les dangers auxquels il est exposé.

Mais de tous les instants le plus favorable est, sans nul doute, celui où l'ennemi commence à descendre dans le fossé, parce qu'alors les défenseurs montent sur la plongée et s'avancent vers la crête extérieure pour faire une décharge sur les assaillants (1) et les repousser

Icrie de campagne, les dëtachements de ces deux armes se tiendront en arrière de Tinfanterie, dans des plis de terrain ou cachés par des couverts naturels, jusqu^au moment où ils devront intervenir dans la lutte.

{\) Si les défenseurs ont conservé en ce moment assez de sang-froid pour obéir à la voix de leurs officiers, un feu k commandement produira

ensuite à Tarme blanche. Cette dernière opération offre les plus grandes chances de succès, si la garnison a de la vigueur et du sang-froid. Elle est dirigée, en effet, contre des hommes arrivant essoufflés et plus ou moins en désordre sur le haut du parapet, où ils se trouvent tout à coup en présence de deux rangs de soldats croisant la baïonnette.

Pour diminuer l'effet de cette contre-attaque, l'assaillant prescrira à ses tirailleurs de diriger un feu d enfer contre les défenseurs, dès que ceux-ci se présenteront à découvert sur la plongée. Or ce feu sera forcément détourné de son but ou affaibli si, au moment où il commence, la réserve extérieure fait une brusque apparition sur le flanc de la ligne de combat. C'est donc l'instant précis où elle doit tenter un suprême effort, qui fera vraisemblablement échouer l'attaque.

Si néanmoins l'assaillant réussit à pénétrer dans la redoute, les défenseurs du front de tète et du front latéral se retirent derrière le parades du front de gorge et ouvrent incontinent un feu rapide sur l'ennemi, de concert avec les défenseurs du réduit. Lorsque ce feu aura produit de l'effet, les tirailleurs, renforcés au besoin par une partie de la réserve extérieure, franchiront le parades et tâcheront, par un vigoureux retour offensif, de rejeter les assaillants au delà du fossé, où ils se trouveront en présence du restant de la réserve extérieure, posté de manière à menacer leur flanc ou à couper leur retraite.

les plus grands effets ; mais cette circonstance favorable se présentera rarement.

Les instructions russes, de même que le règlement belge, prescrivent aux défenseurs des retranchements « d'accueillir Tennemî à coups de baïonnette en montant sur la plongée. > Ce moyen de défense a été souvent employé par les Turcs.

Si la redoute n'est pas appuyée par une réserve extérieure, le commandant devra prendre toutes les mesures nécessaires pour que l'assaillant, pendant qu'il attaquera les fronts principaux, ne s'empare pas du front de gorge, ni surtout du réduit. Il renforcera, en conséquence, les défenseurs de la banquette en puisant dans la réserve intérieure, condamnera en temps opportun l'entrée de la redoute et fera établir, s'il en a le temps et les moyens, des défenses accessoires devant les faces extérieures du réduit.

Lfi^ prise de ce dernier ouvrage pouvant entraîner l'abandon de la redoute et ayant, dans tous les cas, pour résultat d'en abréger la défense, il importe qu'il résiste le plus longtemps possible, et que son commandant rejette toute proposition de capitulation. Tant que le réduit sera au pouvoir de la garnison, un retour offensif, tenté par la réserve extérieure ou par toute autre troupe envoyée au secours de la redoute, pourra réussir. Cette opération présenterait, au contraire, les plus grandes difficultés s'il n'y avait pas de réduit, parce qu'alors l'assaillant garnirait de tirailleurs le front de gorge et aurait des chances de repousser les troupes, chargées de faire le retour offensif.

C'est une des principales raisons qui nous ont porté à donner des réduits aux grandes redoutes du champ de bataille et à les disposer de façon à ce qu'ils puissent battre d'enfilade et à revers la banquette du front de gorge.

Aussitôt que l'assaillant est repoussé au delà du fossés la banquette des fronts par lesquels il se retire est garnie de deux rangs de fusiliers qui ouvrent sur lui le feu le plus vif possible. On charge en même temps la réserve de compléter la victoire par une vigoureuse poursuite, laquelle, toutefois, ne produira un grand effet que si l'on peut disposer, en ce moment, d'un détachement

de cavalerie (1). On réparera ensaite les défenses et Ton prendra toutes les dispositions nécessaires pour résister éventuellement à une nouvelle attaque.

ROLE DE l'artillerie DANS LA DÉFENSE

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