‹ Manuel de génie sanitaire. II, La Maison salubreChapitre 16 sur 96 · MAISONS NEUVES · texte numérisé non relu

MAISONS NEUVES

préoccupée des intérêts économiques et craignant d'augmenter dans une trop forte proportion le prix de revient des constructions et par suite le taux des loyers, prit ce moyen terme de six mètres que nous considérons comme insuffisant, mais qui n'en réalisera pas moins une amélioration sensible, en attendant que la sauvegarde de la santé publique ne soit plus, comme elle l'est aujourd'hui, subordonnée à l'intérêt privé et aux exigences de la spéculation.

Les combles vitrés dans les cours et courettes ne seront permis que dans certaines conditions.

Toute courette, dont la partie inférieure ne sera pas en communication directe avec l'air extérieur, sera ventilée à sa partie basse.

Enfin le projet porte sur les fosses et cabinets d'aisances, 1rs canalisations d'eaux ménagères, cages d'escaliers, etc.

La Commission a eu surtout en vue les maisons destinées aux ouvriers et aux locataires de la classe moyenne. Cependant ces prescriptions seront aussi utilement appliquées aux maisons de rapport de 20 et même de i»'e classe, luxueusement construites, mais dont la salubrité est souvent plus apparente que réelle, comme le fait remarquer M. le D r Napias, dans les lignes suivantes (1) : a D'étroites courettes obscures, infectées par les odeurs des cuisines et les émanations des cabinets d'aisances, des latrines à usage commun pour les domestiques, au rez-dechaussée et au dernier étage ; des chambres de domestiques trop étroites formant de véritables niches sous le zinc de la toiture, telles sont les coulisses des grandes maisons bourgeoises. »

La sévérité de la répression s'impose, si l'on veut arrêter dans les quartiers neufs;le développement et pour ainsi dire la création de toutes pièces des causes d'insalubrité, que la Commission s'efforce de faire disparaître dans les anciens quartiers.

Souvent, après l'approbation des plans par l'Administration, les constructeurs modifient les distributions, élèvent des cloisons, bouchent des ouvertures, établissent des soupentes, enfin, défigurent complètement les projets sans se soucier de l'éclairage et de la ventilation, sans se préoccuper des cubes exigés par les règlements ; quelquefois, et cela s'est vu dans un groupe très important de maisons neuves, on indique comme devant

(1) H. Napias et A. J. Martin, les Progrès de l'hygiène en France de iSyS à 1S82.

SALUBRITE DES HABITATIONS

servir de débarras ou de salle de bains, des pièces situées sur les courettes ou même privées de jour et d'air directs, qu'on transforme, après l'autorisation, en chambres à coucher.

Quand il s'agit de constructions élevées en arrière des voies publiques, dans les cours ou dans les terrains de fond, ces infractions aux règlements sont encore plus fréquentes en même temps que plus dangereuses. Les constructeurs alors, espérant échapper à la surveillance de l'Administration, ne se gênent pas pour construire sans autorisation ou, quand ils l'ont demandée et obtenue, à ne tenir aucun compte des plans approuvés et des conditions qui leur ont été prescrites. Il en est de même pour beaucoup de constructions légères, cabanes, bicoques, baraquements, buttes informes qu'on rencontre dans les terrains vagues de la périphérie et qui ressemblent à des campements de nomades. Quant aux groupes désignés sous le nom de cités, construites sur des terrains exigus, mal nivelés, avec des matériaux de démolition ou de mauvaise qualité, nous verrons par la description de quelques types, où les causes d'insalubrité se trouvent accumulées comme à plaisir, combien il est nécessaire de rendre la surveillance administrative plus vigilante, la réglementation plus sévère et la répression plus efficace.

Nous citerons seulement pour mémoire, parmi les délibérations prises à ce sujet, celles des :

3 mars 1884, sur les constructions non conformes aux plans, à propos d'un rapport de M. Du Mesnil, et le vœu adopté le 10 mars suivant, après les renseignements fournis par l'administration préfectorale sur le service des commissaires-voyers. G juillet i885, sur des cabanes non signalées par MM. les commissaires voyers.

20 juillet i885, proposition de M. Allard, au sujet des constructions élevées sans autorisation préalable, à l'intérieur des propriétés .

21 décembre i885, constructions sur des terrains vagues et sur des terrains de l'Assistance publique.

3o novembre i885, portant sur les courettes qui n'ont pas les surfaces réglementaires et un rapport de M. Allard constatant le fait indiqué ci-dessus, de la transformation abusive, sur des courettes, des salles de bains indiquées sur les plans, en chambres à coucher.

19 juillet 188G, vœu adopté.

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