‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 10 sur 62 · VI · texte numérisé non relu

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grandes, affectent une forme triangulaire ou ovale, et quelquefois elles se découpent en lobes plus ou moins prononcés. L'inflorescence surtout est caractéristique : c’est un spadice très simple, plus ou moins cylindrique, sur lequel les fleurs, mâles ou femelles, sont sessiles et disposées de diverses manières. Ce spadice est toujours accompagné d’une spathe, assez souvent en forme de cornet et habituellement d’une autre couleur que les feuilles. Les fleurs elle-mêmes sont petites, peu apparentes, réduites aux organes sexuels ou entourées d’écailles, qui y tiennent lieu de périgone. Le fruit est toujours une sorte de baie, uniloculaire ou pluriloculaire, contenant des graines pourvues d’un périsperme farineux.

La famille des Aroïdées fournit quelques espèces aux climats tempérés, mais elles abondent surtout entre les tropiques, et y sont d'autant plus nombreuses et plus développées que le climat y est plus chaud et plus humide. Plusieurs espèces sont des plantes agricoles de grande valeur, beaucoup d’autres sont devenues des plantes d'ornement dans nos jardins.

Les principaux genres sont les suivants : Arum, Dracunculus, Calla, Amorphophallus, Caladium, C'olocasia, Xanthosoma, Anthurium.

Artocarpées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux entièrement tropicale, très voisine, par son organisation, de la petite famille des Morées, à laquelle d’ailleurs plusieurs botanistes l’ont réunie, et dont elle ne diffère pour ainsi dire que par l'absence de périsperme dans les graines. Les fleurs y sont monoïques ou dioïques, très petites, sans corolle et peu apparentes, mais réunies en très grand nombre sur des inflorescences de diverses formes. Les feuilles y sont alternes, simples, quelquefois lobées et munies de grandes slipules caduques, qui rappellent celles des figuiers. Leur sève est très abondante et laiteuse, et, suivant les espèces, elle jouit de propriétés particulières, qui font qu'on l'utilise à des usages très divers.

Plusieurs espèces d’Artocarpées sont célèbres; elles appartiennent principalement aux genres Brosimum, Antiaris, Cecropia et Arlocarpus.

Aurantiacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux presque toute confinée éntre les tropiques ou au voisinage des tropiques, mais qui compte aussi quelques espèces indigènes de pays tempérés. Aucune d’elles n’est propre à l'Amérique, quoiqu'on y trouve aujourd’hui l’oranger à l’état sauvage, principalement dans la Floride.

Les Aurantiacées, qui portent aussi le nom d’Æespéridées, sont caractérisées par des feuilles tantôt simples, tantôt composées, presque toujours farcies de glandes qui contiennent des huiles essentelles aromatiques. Les fleurs y sont toujours régulières, communément à » pétales, blancs ou violacés, très odorantes; les étamines sont en même nombre que les pétales, quelquefois en nombre double ou triple ou même plus; l'ovaire, toujours libre, contient de 5 à 10 loges, ou davantage dans les espèces cultivées, et chaque loge renlerme uu nombre indéterminé d’ovules. Le fruit

est une sorte de baie succulente, parfumée et comestible dans plusieurs espèces, qui sont devenues, par la culture, des arbres fruiiers de premier ordre, comme les orangers, les limoniers, les cédratiers et quelques autres. La famille entière est composée d'une vingtaine de genres, dont les plus intéressants sont les Citrus, Atalantia, Triphasia, Limonia, Glycosmis, Murraya, Cookia, Ægle et Ferona.

Balsamifluées. — Fanulle d'arbres lous réunis en un seul genre (Liquidambar), et qui à des analogies avec celles des platanes et des saules. Les fleurs y sont en chatons mâles ou femelles, par conséquent peu apparentes individuellement. Les mâles se composent simplement détamines en nombre variable, situées à Vaisselle de petites bractées ou écailles ; les femelles, rapprochées en chatons globuleux, comme ceux des platanes, se réduisent à un ovaire surmonté de deux styles, biloculaire ‘et pluriovulé, auquel succède une sorte de capsule, qui s'ouvre à la maturité en deux valves divergentes, pour laisser sortir les graines. Les Liquidambars, ou Copalmes, ont une certaine ressemblance avec les platanes, par leur feuillage large et lobé et aussi par leur port. Tous laissent suinter de leur tronc une sorte de résine balsamique, solide ou liquide suivant la température, et qui est connue sous le nom de storaæ. Elle est utilisée en médecine et dans la parfumerie.

Berbéridées. — Pelile lanmille de plantes dicotylédones polypétales, composée en majeure parie larbustes et de sous-arbustes, à feuilles caduques ou persistantes, appartenant principalement aux climats tempérés de l’ancien et du nouveau monde. Dans la structure des fleurs on voit dominer le nombre trois où ses muluüples; c’est ainsi que le calyce y est formé de 3, 6 ou 9 pièces, la corolle de 6 à 12 pétales, auxquels sont opposées un pareil nombre d’étamines. Les anthères de celles-ci s'ouvrent tantôt par des fentes longitudinales, tantôt par le soulèvement d’une valvule, qui s’enroule sur elle-même en s’élevant vers le sommet de l organe. [/0-

vaire, libre au centre de la fleur, est toujours uniloculaire, souvent oblique ou plus développé d’un côté que de l’autre; il se change ordinairement en un fruit bacciforme, contenant une ou plusieurs graines albuminées; rarement il est capsulaire. Les principaux genres de la famille sont les Berberis, Nandina, Epimedium, Podophytlum et Leontice. Les espèces du genre Mahonia ont été réunies aux Zerberis par la plupart des botanistes.

Bétulacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux à feuilles simples etallernes, munies de stipulescaduques, à fleurs unisexuées, le plus souvent monoïques, sans apparence, c’est-à-dire composées, dans les mâles, de 3 à 4 étamines situées à l’aisselle de petites écailles, dont l’ensemble forme ce qu'on appelle un chaton, et, dans les femelles, d’une ovaire sessile, à deux styles, situé entre les écailles où bractéoles d’un chaton, plus court el plus gros que les chatons males, et qui prend ici le nom de cône, à cause de sa res-

semblance avec les cônes des pins et des sapins. Le fruit est une

capsule indéhiscente et le plus souvent monosperme. Cette petite famille ne renferme que les deux genres A{nus et Belula, qui se distinguent l’un de l’autre en ce que les écailles du chaton femelle sont persistantes dans le permier, tandis qu’elles sont caduques à la maturité dans le second.

Bignoniacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés monopétales, à feuilles opposées, simples ou composées, sans stipules. Les fleurs, presque toujours réunies en panicules, ont une corolle irrégulière, tubuleuse, dont le limbe est quelquefois bilabié. Les étamines, au nombre de 5, mais souvent réduites à 4 par l'avortement plus où moins complet de l’une d’elles, sont insérées à la base de la corolle. L’ovaire est libre au fond de la fleur, biloculaire et multiovulé, surmonté d’un style dont le stigmate est ordinairement bilobé. Le fruit est une capsule bivalve, souvent allongée en forme de silique, contenant un grand nombre de graines aplaties, et ordinairement entourées d’une ; aile membraneuse. Cette famille a une certaine analogie avec celles des Acanthacées et des Scrophularinées; elle est en majeure partie intratropicale, et nos jardins d'agrément lui doivent beaucoup de belles plantes, appartenant principalement aux genres Æccremocarpus, Bignonia, Tecoma, Jacaranda et Catalpa.

Bixacées ou Flacourtiacées. — Famille sep la plupart intratropicales, à fleurs souvent unisexuées et dioïques. Corolle quelquelois nulle, plus souvent composée de # à 6 pétales. Etamines en nombre tantôt défini, tantôt mdéfini, hypogynes ou périgynes, à anthères introrses et biloculaires. Ovaire sessile où adhérent par

sa base au tube calyeinal, uniloculaire, mais souvent divisé en loges incomplètes par la saillie de ? à 6 placentas pariélaux chargés dovules. Le fruit est tantôt une capsule, tantôt une baie charnue, quelquelois comestible. Les Bixacées sont des arbres de moyenne taille ou des arbrisseaux à feuilles alternes, simples, dentées ou entières. Leurs fleurs sont généralement petites, insignifiantes, souvent de couleur verdâtre ou herbacée. Les genres principaux sont : Oncoba, Dovyalis, Aberia, Kiggellaria, “Bi æa, Flacourtia. Gette famille a des analogies avec les Violariées, les Résédacées et surtout les Passiflorées, qui ont aussi leur ovaire uniloculaire et à placentas pariétaux.

Boraginées ou Asperifoliées. — Famille de plantes dicotylédones monopétales, à feuilles alternes, plus où moins velues et rudes au toucher, toujours simples et sans stipules, et dont les inflorescences sont généralement des grappes scorpioïdes, c’est-àdire plus ou moins roulées en crosse, les fleurs se trouvant aux aisselles de bractées, qui peuvent être réduites au point de manquer totalement. La corolle est tantôt régulière et tantôt irrégulière et plus où moins HDUIEUÉE portant 5 élamines insérées au- -dessus de sa base. L’ovaire est à ? 2 loges contenant chacune ? ovules, qui se

soudent de bonne heure à la paroi de l'ovaire et la poussent devant eux en s’accroissant; ilen résulle un fruit gynobasique, semblable à celui des Labiées, et qui, au moment de la maturité, ressemble à quatre graines nues, indépendantes l’une de l’autre.

Les Boraginées, plus fréquentes dans les pays tempérés et tempérés-chauds que dans la zone intratropicale, sont généralement des herbes, plus rarement des arbrisseaux. Plusieurs de leurs espèces sont utilisées dans l’industrie et la médecine; quelques-unes contiennent une forte proportion de salpètre ou nitrate de potasse. Les principaux genres sont les Æeliotropium, Onosma, Echium, Lithospermum, Anchusa, Myosotis, Cynoglossum, Symphytum et Borago.

Broméliacées. — I'amille de plantes monocotylédones, quelquefois arborescentes, plus souvent herbacées et acaules, à racines fibreuses, croissant souvent en épiphytes, c’est-à-dire en faussesparasites, sur le tronc des vieux arbres, à la manière des Orchidées. Leurs feuilles, ordinairement épineuses sur leurs bords, sont disposées en larges rosettes ou en touffes, du milieu desquelles sortent les inflorescences. Les fleurs sont hermaphrodites, plus ou moins régulières, composées d’un périgone de 6 pièces, de 6 étamines à anthères biloculaires, d’un ovaire tantôt libre, tantôt soudé à la base du périgone et triloculaire. Le fruit est quelquefois charnu et baceiforme, plus souvent sec et capsulaire.

Toutes les Broméliacées sont américaines et la plupart confinées entre les tropiques. Elles abondent surlout dans les forêts vierges, humides et chaudes, où elles trouvent un abri contre les rayons directs du soleil. Beaucoup d’entre elles ont été introduites en Europe en qualité de plantes d'agrément, et elles se cultivent dans les serres chaudes, quelquefois à l'air libre dans les jardins du midi de l’Europe. Un petit nombre d'espèces sont devenues des plantes économiques, que la culture a propagées dans tous les pays chauds. La plus célèbre et la plus utile est P Ananas.

Les principaux genres de cette famille sont: Bromelia, Æchmea, Billbergia, Pitcairnia, Tillandsia, Caraguata, Bonapartea, Pourretia et Dasylirion.

Buxacées. — Groupe d'arbres et d’arbrisseaux longtemps réunis à la famille des Euphorbiacées, mais que les botanistes modernes en séparent comme famille distincte. Leurs fleurs sont unisexuées, monoïques ou dioïques, dépourvues de corolle et peu apparentes. Les espèces en sont peu nombreuses et elles appartiennent à l’ancien et au nouveau monde. Les genres principaux sont : Buzxus, Sarcococca et Styloceras.

Byttnériacées. — Famille presque toute tropicale, composée d'arbres et d’arbrisseaux à feuilles alternes, simples, munies de stipules caduques et portant souvent des poils bifurqués ou formant le pinceau. Calyce à 4 ou 5 lobes; corolle de 5 pétales, quelquefois nulle ; étamines quelquelois en nombre indéfini, plus souvent en

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même nombre ou en nombre double de celui des pièces du calyce,

toujours HYpOBYE es, libres et à anthères biloculaires. L’ovaire se compose de 2? à 10 carpelles, ou loges, contenant chacune ? ovules,

et il est surmonté d’un style terminé par un stigmate divisé en autant de lobes qu’il y a de loges à l’ovaire. Le fruit est le plus souvent capsulaire, s’ouvrant par des fentes, ou se résolvant en autant de petites coques qu’il contenait primitiv ement de carpelles,.

Les Byttnériacées sont voisines des Sterculiacées et des Malvacées. Plusieurs de leurs espèces sont intéressantes comme plantes d'ornement. Citons, comme les plus remarquables, les genres Theobroma, qui contient le cacaotier, ou l’arbre au chocolat, Abroma et Guasuma.

Cactées. — Grande famille de plantes dicotylédones polypétales, toutes confinées dans le nouveau monde, à lexception d’une seule espèce trouvée dans le sud de l'Afrique. Cette famille est le type de ce qu’on appelle d’une manière générale les Plantes grasses, car toutes sont charnues, succulentes, le plus souvent dépourvues de feuilles, et quand ces organes existent ils sont eux-mêmes mous et parenchymateux. A la place des feuilles, quand elles manquent, et même au point où elles s’insèrent sur les üges et les rameaux des espèces qui en sont pourvues, 1l se développe des faisceaux d’épines ou d'aiguillons, qui sont la défense de ces plantes contre la voracité des animaux herbivores.

Le port des Cactées est aussi varié qu'exceptionnel dans la nature. Leurs tiges représentent, suivant les genres et les espèces, des fûts de colonnes cannelées, des cylindres, des prismes, souvent même des sphéroïdes relevés de côtes plus ou moins saillantes; d’autres fois ce sont de longues tiges grêles, cylindriques, en forme de serpents; ou des chapelets d'articles superposés, semblables à des feuilles. Enfin, il en est quelques-unes qui rentrent dans les formes ordinaires de la végétation, avec de véritables feuilles ; mais, ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, ces feuilles sont épaisses, charnues et succulentes, comme tous les organes jeunes des Cactées. Les grandes espèces, car il en est d’arborescentes, sont soutenues par une sorte d'axe ligneux, à fibres entrecroisées, qui occupe le centre des tiges et des rameaux.

Les fleurs des Cactées, qui ne sont visiblement que des rameaux métamorphosés, se composent d’un nombre indéterminé de pièces colorées, où on ne trouve aucune limite de séparation entre le calyce et la corolle. Les étamines y sont très nombreuses, quelquefois par centainés; l’ovaire est profondément enchâssé dans ce qu’on appellerait ailleurs un tube de calyce, mais qui n’est ici que l’extrémité d’un rameau modifié. Cet ovaire est uniloculaire, mais avec plusieurs placentas pariétaux, chargés d’ovules, et auxquels correspondent autant de lobes du sligmate qui termine le style. Le fruit est toujours une baie succulente, dans laquelle sont nichées les graines.

Les Cactées, qui tiennent une si large place dans l’horticulture d'agrément, nous offrent aussi quelques espèces utiles au point de vue industriel. Citons, parmi les genres les plus intéressants, les

Cereus, Melocactus, Echinocactus, Mamillaria, Opuntia et Phyllocactus.

Cannabinées. — Petite famille de plantes dicotylédones, herbacées, à fleurs dioïques, sans corolle et peu apparentes. Les mâles se composent d’un périgone ou calyce renfermant 5 étamines; les femelles, d’un ovaire uniloculaire, surmonté d’un style à deux stigmates. Le fruit est une caryopse contenant une seule graine huileuse et sans périsperme. Les Cannabinées appartiennent toutes à l'hémisphère septentrional, et ne renferment que les deux genres Cannabis et Humulus, tous deux très importants dans l’économie domestique et l’industrie. :

Capparidées. — Plantes dicotylédones polypétales, herbacées ou frutescentes, rarement de véritables arbres, dont les caractères généraux sont les suivants : calyce de 4 folioles ordinairement libres, quelquefois soudées entre elles par leurs bases; corolle de 4 pétales ; étamines quelquefois en nombre défini, 4 ou 6, souvent en nombre indéfini; ovaire libre, ordinairement soutenu par un pédicule plus ou moins long, uniloculaire, à deux ou plusieurs placentas

ariétaux ; fruit tantôt capsulaire et déhiscent, tantôt charnu, indéiscent et plus ou moins bacciforme.

Les Capparidées sont très voisines des Crucifères, mais elles appartiennent beaucoup plus que ces dernières aux climats chauds. Elles abondent entre les tropiques de l’ancien et du nouveau monde. Leurs principaux genres sont: Cleome, Capparis, Cratæva et Polanisia.

Casuarinées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, très singuliers d'aspect, par suite de l'absence totale de feuilles et de la structure de leurs rameaux, grèles et articulés de distance en distance comme ceux des Prèles (Æquisetum) de nos marais. Les fleurs, très pelites, mais très nombreuses, n’ont ni calyce, ni corolle, remplacés ici par des bractéoles scarieuses, et elles sont toujours unisexuées, monoïques ou dioïques. Les mâles, réduites à une seule étamine, sont en longs épis; les femelles, en épis plus courts et plus serrés, se composent d’un ovaire uniloculaire et uniovulé, surmonté de deux stigmates. Le fruit qui résulte de l’agrégation de ces fleurs ressemble beaucoup à un petit cône de pin. A la maturité, les capsules bivalves et ligneuses s'ouvrent pour laisser échapper les graines.

Les Casuarinées sont en majeure partie originaires de la Nouvelle- Hollande, surtout de sa région orientale; mais il en existe aussi quelques-unes dans l'archipel malais et à la Nouvelle-Calédonie. Toutes les espèces sont réunies en un seul genre, les C'asuarina.

Cédrélacées. — Petite famille d'arbres dicotylédonés, la plupart confinés entre les tropiques, et dont quelques espèces sont devenues célèbres par la beauté de leur bois coloré et veiné. Les feuilles des Cédrélacées sont alternes, sans stipules, composées-pennées; leurs

fleurs sont en panicules terminales, hermaphrodites, à 4 ou 5 pétales et à 8 ou 10 étamines, insérées sur un disque au centre e duquel est l'ovaire. Ce dernier devient une capsule déhiscente, à 4 ou 5 loges, contenant des graines plus ou moins aplaties et Re d’une aile sur un de leurs côtés.

Plusieurs Cédrélacées ont des propriétés médicinales, qui les font employer contre diverses maladies, telles que les fièvres intermittentes, la dysenterie et quelques autres. Les bois de quelques-unes, telles que l’acajou, le bois de satin, le bois rouge, le cail-cédrat, sont l’objet d’un commerce important avec l'Europe. Les genres les plus intéressants sont : Srietenia, Khaya, Chloroxylon, Flindersia, Oxleya et Cedrela.

Célastrinées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés polypétales, à feuilles simples, généralement alternes et pourvues de petites stipules caduques. Les fleurs, presque toujours hermaphrodites, sont en cymes axillaires, composées d’un calyce de 4 à 5 pièces, d’une corolle d’un pareil nombre de pétales et d’autant d’étamines insérées sur le contour ou dans l'épaisseur même d’un large disque étalé et plat, au centre duquel se trouve l’ovaire, qui lui est plus ou moins adhérent et qui a de 2 à 4 loges, uniovulées ou pluriovulées. Le fruit est une capsule ou une sorte ‘de baie, et les graines sont pourvues d’un périsperme.

Cette petite famille est voisine des Rhamnées, avec lesquelles elle était autrefois confondue. Elle a des représentants dans tous les climats chauds ou tempérés, mais elle est nombreuse surtout dans l'Afrique australe. Quelques-unes de ses espèces sont réputées médicinales, d’autres sont vénéneuses. Les genres les plus intéressants sont : Celastrus, Evonymus, Catha et Elæodendron.

Champignons. — Sous cette dénomination générale on comprend un nombre immense de végétaux cryplogames, que les progrès tout récents de la micrographie ont amené à distribuer en vingt familles distinctes. C’est comme un monde à part, qui ne rappelle, ni par la structure, ni par la forme, ni par la manière de végéter, ni même par la couleur, les végétaux ordinaires. Tous les Champignons sont dépourvus de cette matière verte, la chlorophylle, qui, chez les plantes ainsi colorées, est l'agent essentiel de la décomposition de l’acide carbonique sous les rayons de la lumière et de la fixation du carbone dans leurs tissus ; ; aussi sont-ils tous parasites, du moins en ce sens qu'ils ne peuvent se développer qu'aux dépens de matières organiques, végétales ou animales, mortes ou encore vivantes. Leur rôle dans la nature est d’une souveraine importance. Ils ont pour mission de décomposer les résidus de la vie et d’en restituer les éléments au monde extérieur ; mais s'ils sont bienfaisants à ce point de vue, beaucoup d’entre eux deviennent extrêmement redoutables, les uns en détruisant nos récoltes, les autres en occasionnant des empoisonnements etdes maladies de la plus grande gravité. Tous se reproduisent par des corpuseules d’une ténuité qui ne les rend visibles qu'au microscope, mais produits en nombre

incalculable et que les vents transportent sur tous les points du globe. Ces corpuscules reproducteurs sont les microbes, dont l’étude difficile et laborieuse est actuellement l’occupation de beaucoup de savants.

On sait aujourd’hui, par les belles découvertes de M. Pasteur, que toutes les putréfactions et toutes les fermentations sont le résultat du travail de ces Champignons microscopiques, qui diffèrent spécifiquement les uns des autres suivant les matières qu’ils ont à décomposer. C’est à eux que nous devons la tr ansiormation du sucre en alcool et de celui-ci en vinaigre, et sans eux nous n’aurions ni le vin ni aucune autre boisson alcoolique ; la pâte de farine ne lèverait pas et ne nous donnerait qu'un pain lourd et indigeste sans le levain, ou ferment, qu'on y introduit, et qui n’est aussi qu'un Champignon microscopique. Enfin, la nitrification du sol elle- même, Si Importante pour le succès de nos cultures, n’aurait pas lieu sans l’intervention d’un microbe de. l’ordre des Champignons, qui décompose les débris organiques contenus dans le sol.

Mais, à côté de ces Champignons bienfaiteurs de l'humanité, il en existe d’autres dont il semble que la seule mission soit de détruire et de semer la mort. Les uns sont les fléaux de l’agriculture, les autres envahissent le corps de nos animaux domestiques et celui de l’homme lui-même. Faut-il rappeler à ce sujet les dégâts occasionnés sur les céréales par l’ergot, poison violent qui, mêlé aux farines, a fait périr des milliers d'hommes ; par la rouille des blés, le charbon, la carie, qui annihilent des récoltes entières; par le verdet, qui, en infectant le maïs, produit la triste et cruelle maladie de la pellagre chez les populations qui s’en nourrissent ? C’est aussi à des Champignons microscopiques que nous devons la maladie de la pomme de terre, l’oïdium, le mildew ei l’'anthracnose, tous trois venus d'Amérique, comme le phylloxéra, et comme lui aussi destructeurs des vignobles. Enfin, ce sont encore des Champignons du même ordre qui causent la loque, maladie si contagieuse et si redoutée des apiculteurs, comme aussi la muscardine et la pébrine, qui ont mis en si grand péril la sériciculture de toute l’Europe. L'homme, ainsi que nous l’avons dit plus haut, n’échappe pas davantage à ces invasions cryptogamiques : le muguet des enfants, les diverses sortes de teigne, angine couenneuse, le croup, et d’autres affections encore, toutes également infectieuses, sont le fait de

végétations cryptogamiques, de même que toutes les épizooties (charbon, sang-de-rate, pustule-maligne, ele. ). On n’est même pas éloigné de croire aujourd’hui que toutes les pestes, le choléra, la fièvre jaune, le typhus, la fièvre typhoïde, les fièvres palustres elc., ne sont autre chose que des empoisonnements par des microbes, qui peuvent se rattacher à l’ordre des Champignons, ou peut-être à celui des Algues.

Les Champignons ne sont pas {ous microscopiques comme ceux dont nous venons de parler; il en est qui arrivent à une taille considérable, au moins relativement, et c’est à ceux-là principalement, qu'au sens vulgaire on donne le nom de Champignons. Tels sont les agaries, les bolets, les mousserons, les truffes et beaucoup

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d’autres, qu’on rencontre dans les bois de tous les pays, et dont

lusieurs servent à la nourriture de l’homme. 11 en est même dont la culture s’est emparée, et dont elle fait un commerce considérable, ainsi que nous le verrons aux articles particuliers consacrés à ces espèces. (Voir les mots Agaricus, Boletus, Tuber..)

J Chénopodées. — Vaste famille de plantes généralement herba- E.. cées, quelquefois ligneuses et arbustives, et qui a des représentants ù sous tous les climats. Leurs fleurs, toujours petites et peu appa- | rentes, manquent de corolle. Elles se réduisent à un Énse court,

È divisé en 4 ou 5 lobes obtus ; à un pareil nombre d’étamines; à un | ovaire central, bre, uniloculaire et contenant un seul ovule. Le | fruit mûr est une sorte de capsule indéhiscente, monosperme ; plus | rarement une petite baie succulente. Les fleurs sont tantôt hermaphrodites, tantôt unisexuées, mâles ou femelles.

Considérées d’une mamière générale, les Chénopodées recher-

| chent les terres nitreuses ou salées. Elles abondent au voisinage de la mer, ainsi que dans les dépressions du sol où les eaux accumulées pendant la saison des pluies ont laissé, en s’évaporant en été, des sels de diverses natures. Beaucoup d'espèces cependant habitent les guérets de l’Europe, et on en trouve habituellement autour des villes, surtout le long des murs où le sol leur fournit les substances nitreuses ou salines qui favorisent leur développement. Les principaux genres de la famille sont les Salicornia, Atriplexæ, Spinacia, Beta, Suæda, Kochia, Chenopodium, Salsola. Quelques espèces de Chénopodées sont des plantes économiques de grande importance ; d’autres sont utiles comme plantes fourragères.

Chrysobalanées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux propres aux régions intratropicales, surtout en Afrique et en Amérique, très analogue à celle des Amygdalées, et caractérisée comme cette dernière par une corolle de 5 pétales, de nombreuses étamines et un ovaire libre au centre de la fleur, auquel succède une sorte de drupe semblable à nos prunes et contenant un noyau. Plusieurs espèces de ce groupe sont considérées comme des arbres fruitiers; elles appartiennent principalement aux genres Chrysobalanus, Parinarium et Prinsepia.

Cistinées. — Famille de plantes dicotylédones, herbacées ou arbustives, la plupart de la région méditerranéenne, à feuilles ordinairement opposées, à fleurs régulières, de 5 pétales et d’un nombre indéfini d’étamines. L’ovaire est uniloculaire ou incomplètement divisé en 3, 5 ou 6 loges par des cloisons qui ne s’avancent pas jusqu’à se rencontrer au centre de la cavité ovarienne. Le fruit est toujours sec et capsulaire.

Cette famille a de l’analogie avec celles des Violariées et des Bixacées. Ses principaux genres sont : Fumana, Cistus et Helianthemum. Plusieurs espèces du genre Cistus servent à la décoration de nos jardins; quelques-unes fournissent la drogue connue sous le nom de Zadanum.

Combrétacées. — I'amille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, des régions tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l’Amérique, caractérisés ainsi qu'il suit : feuilles simples, sans stipules, dont le péliole porte fréquemment deux glandes à son sommet; fleurs en panicules ou en grappes, dont le calyce est adhérent par sa partie inférieure à l'ovaire, à 4 ou 5 lobes ordinairement cadues, et qui alternent avec autant de pétales quand il y a une corolle, qui d’ailleurs manque souvent. Les étamines sont le plus ordinairement en nombre double des pièces du calyce. L’ovaire, infère comme il à été dit ci-dessus, est uniloculaire ; il se change en un fruit drupacé et charnu ou sec et nuciforme, qui ne contient qu’une graine, dépourvue de périsperme.

Les Combrétacées fournissent quelques espèces à l’industrie et à la médecine, mais toutes de second ordre, sauf celle dont nous parlons plus loin. Les genres principaux sont : Bucida, Terminalia, Conocarpus et Combretum.

Composées. — C’est la plus vaste de toutes les familles de plantes phanérogames ; elle contient aujourd’hui plus de 1,000 genres et au moins 10,000 espèces, et elle a des représentants dans toutes les parties du globe où peuvent croître des plantes terrestres. Elle est en majeure partie formée de plantes herbacées, annuelles ou vivaces ; mais elle contient aussi un nombre considérable d’arbustes et d’arbrisseaux, et même quelques arbres de moyenne grandeur.

Le nom de la famille fait allusion à l’inflorescence qui y est la plus habituelle : celle de fleurs réunies en plus ou moins grand nombre dans une enveloppe commune, et dont l’assemblage, au premier abord, peut faire croire à une fleur unique, ainsi que nous le voyons dans une foule de nos plantes indigènes ou cultivées dans nos jardins, les reines-marguerites, les dahlias, le souci, la laitue, les chardons, etc. L'ensemble de ces fleurs prend le nom de capttule ; on donne celui de réceptacle à la partie supérieure, ordinairement élargie, du pédoncule commun, sur laquelle les fleurs sont insérées, et celui d’ënvolucre aux bractées ou folioles, qui forment comme une sorte de calyce autour de cet assemblage. Les fleurs elles-mêmes, considérées isolément, se composent d’un calyce adhérent à l’ovaire, à 5 dents courtes ou nulles, quelquefois réduites à de simples poils ; d’une corolle monopétale, régulière ou irrégulière, de 5 étamimes soudées entre elles par leurs anthères, et formant ainsi une sorte de tube, qui est traversé par un style à deux stigmates. L'ovaire est infère, formé de deux carpelles, mais uniloculaire et ne contenant qu'un seul ovule. À la maturité, le fruit, qu'on prend communément pour une graine, est un akène indéhiscent, dont l’unique graine est dépourvue de périsperme.

La plupart des botanistes divisent la famille des Composées en trois grandes tribus, d’après la forme de la corolle. Ce sont :

1° Les Chicoracées, dont toutes les corolles sont fendues d’un seul côté, ce qui leur donne la forme d’un pétale unique; on leur donne le nom particulier de ligules. Les principaux genres de ce

groupe sont les Zactuca, Cichorium, Scolymus, Scorzonera, Sonchus, Tragopogon.

90 Les Carduacées, dont toutes les fleurs sont tubuleuses, régulières ou irrégulières, comme dans les genres suivants : Car duus, Centaurea, Cart) Centaurea, Carthamus, etc.

3° Les Astérées ou Radiées, qui sont intermédiaires entre les deux tribus précédentes, ayant les fleurs du centre de leurs capitules tubuleuses comme celles des Carduacées, et celles de la circonférence fendues et ligulées comme dans les Chicoracées. Cette tribu est de beaucoup la plus vaste des trois, et nos jardins lui doivent une multitude de plantes d'ornement, parmi lesquelles il suffira de citer les Agathea, Ageratum, Anthemis, Aster, Bellis, Calendula, Callistephus, Chrysanthemum, Cineraria, Dahlia, Garuleum, Gazania, Helianthus, Pyrethrum, Santolina, Tagetes et Zinnia.

Quelques espèces de Composées sont des plantes potagères de grande valeur (laitues, chicorée, artichauts, salsifis, etc.); d’autres sont oléifères ou médicinales et quelques- unes vénéneuses.

Conifères. — Grande famille d'arbres et d’arbrisseaux, habitant principalement les contrées froides et tempérées des deux hémisphères, assez rares comparativement entre les tropiques. Tout ce groupe de végétaux est remarquable par la texture de son bois, par son feuillage ordinairement menu et quelquefois réduit à de simples écailles, par l'abondance de la résine dont le bois, l'écorce et même les fruits sont imprégnés ; il l’est surtout par l’organisation de ses fleurs, toujours unisexuées et souvent dioïques. Dans la majeure partie des cas les fleurs mâles consistent en des chatons écailleux qui contiennent les étamines; les fleurs femelles sont également rapprochées en des sortes de chatons plus volumineux et plus ou moins ligneux, auxquels on donne le nom de cônes et de strobiles. Ces cônes sont composés d’écailles enchâssées sur un axe central, et elles portent à leur aisselle les fleurs femelles, qui ne sont ici que des ovules nus, c’est-à-dire dépourvus de l’enveloppe ordinaire de ces organes dans les autres familles de plantes phanérogames. Après la fécondation, les cônes s’accroissent et durcissent; au moment de la maturité, leurs écailles, jusque-là serrées les unes contre les autres, s’écartent et laissent échapper les graines, qui contiennent un périsperme charnu et huileux. Dans les espèces où elles ont un certain volume, ces graines sont comestibles.

Ce vaste groupe d’arbres rend d'immenses services au genre humain, principalement par le bois qu’il fournit et qui est partout exploité pour les constructions de terre et de mer. Il en rend aussi par sa résine, qui trouve de nombreux emplois dans l’industrie et la médecine. Beaucoup d'espèces de Conifères constituent des forêts d’une grande étendue dans les contrées du Nord; dans le centre et le midi de l’Europe elles occupent principalement les régions montagneuses, dont elles conservent le sol, et où elles maintiennent Phumidité. Ces grandes forêts sont en quelque sorte les régulatrices des climats : elles attirent les nuages, favorisent la chute de la pluie, préservent les sols en pente des ravinements et les plaines des

inondations et des sécheresses. A tous les points de vue, les forêts de Conifères (pins et sapins) doivent être sauvegardées contre les déboisements et les défrichements, et, autant que possible, il faut les reconstituer sur les montagnes ‘d'où l imprévoyance des peuples et des gouvernements les ont fait disparaitre.

On connaît aujourd’hui près de deux cents espèces de Conifères, réparties dans une vingtaine de genres, dont les principaux et les plus utiles à connaître sont les suivants : Pinus, Abies, Lariæ, Cedrus, Cunninghamia, Sciadopitys, Araucaria, Dammara, Juniperus, Thuia, Cryptomeria Cupressus, ,Callitris, T'axodium, Podocarpus, Dacrydium, Taxus, Torreya, Ginko.

Le groupe des Coniières a de grandes affinités d'organisation avec la petite famille des Gnétacées et même avec celle des Cycadées.

Convolvulacées. — Famille de plantes dicotylédones, monopétales, herbacées ou ligneuses, annuelles ou vivaces, à suc laiteux, à feuilles alternes et sans stipules, généralement volubiles et grimpantes. Le calyce est plus ou moins profondément divisé en cinq lobes; la corolle, souvent à peine lobée sur son contour, ou même sans lobes distincts, affecte la forme d’un entonnoir, et porte, insérées près de sa base, cinq étamines alternes avec ses lobes. L’ovaire est libre au fond de la fleur; il est divisé en 2, 3 ou 4 loges, et se change en un fruit le plus souvent capsulaire et déhiscent, dont les loges ne contiennent qu'un petit nombre de graines faiblement albuminées.

Les Convolvulacées ont des représentants presque sous tous les climats, mais elles abondent surtout entre les tropiques. Beaucoup d'espèces, à tiges herbacées et annuelles, sont vivaces par des rhizomes souterrains, dont les uns contiennent de la fécule, les autres des substances résineuses, £ généralement purgatives et d’un grand emploi en médecine. Beaucoup de Convolvulacées sont devenues des plantes d'ornement d’un grand intérêt. Citons, comme étant les plus importants à notre point de vue, les genres Convoloulus, Eæogonium, Ipomæa, Batatas, Pharbitis, Argyreia.

Cornacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux des climats tempérés de l’ancien et du nouveau monde, à feuilles opposées, simples et sans stipules. Les fleurs y sont agrégées en capitules, en corymbes ou en panicules. Elles se composent d’un calyce à quatre lobes; d’une corolle à quatre pétales; de pareil nombre d’étamines

alternes avec les pièces de la corolle, et d’un ovaire adhérent au tube

du calyce, presque toujours à deux loges. Le fruit est une baie, couronnée par les dents du calyce; son noyau, communément à deux loges, contient deux graines dont l'embryon est entouré d’un périsperme charnu.

Quelques espèces de la famille sont cultivées plutôt à titre de plantes d'agrément que de plantes d'utilité. Elles appartiennent surtout aux genres Cornus, Benthamia et Aucuba.

Crucifères.— Famille de plantes dicotylédones polypétales ayant

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pour caractère essentiel le nombre quaternaire des folioles du calyce et des pièces de la corolle, dont les quatre pétales sont disposés en croix; la présence de six étamines, dont quatre sont plus grandes que les deux autres; un ovaire libre, uniloculaire, mais divisé en deux loges longitudinales par une fausse cloison. Le fruit, qui, sui-

vant sa longueur ou sa brièveté, prend le nom de silique ou de silicule, est une sorte de capsule qui s'ouvre par l’écartement de deux v alves, ou se rompt transversalement en tronçons contenant chacun une ‘graine. Assez rarement ce fruit est monosperme. Les graines sont “dépourv ues d’albumen et entièrement formées par un ‘embryon huileux.

Les Crucifères appartiennent, en grande majorité, aux climats froids ou tempérés de l'hémisphère septentrional. Toutes sont des plantes herbacées ou sous-ligneuses, annuelles ou bisannuelles, à feuilles alternes et sans stipules. Leur rôle est considérable en agriculture par quelques-unes de leurs espèces, telles que les choux, les navets, le colza, etc. Plusieurs sont recherchées comme plantes d'ornement. Citons, parmi les genres les plus intéressants, les Brassica, Cochlearia, Nasturtium, Tberis, Thlaspiet Cheiranthus.

Cucurbitacées. — Grande famille de plantes dicotylédones, presque toutes herbacées, annuelles ou vivaces par leurs racines plus ou moins développées en tubercules, à tiges sarmenteuses, rampantes ou grimpantes à l’aide de vrilles qui s'enroulent sur les corps qu'elles peuvent saisir. Les fleurs y sont presque toujours monoïques ou dioïques, c’est-à-dire unisexuées, tantôt réunies sur un même individu, tantôt séparées sur des imdividus différents. Le calyce, ordinairement campanuliforme, est composé de cinq pièces ou sépales soudés entre eux par leurs bases; la corolle y est quelquefois formée de cinq pétales libres, plus souvent elle est monopétale à cinq divisions plus ou moins profondes. Dans les fleurs mâles, les étamines, normalement au nombre de 5, sont ordinairement soudées deux à deux, de manière à ce que l’ensemble figure deux étamines biloculaires et une demi-étamine uniloculaire, ce qui peut faire 1llusion au premier abord. Dans les fleurs femelles l’ovaire est toujours infère, c’est-à-dire placé au-dessous du calyce et de la corolle; sauf de rares exceptions on n’y trouve que des vestiges d’étamines avortées. Le fruit est une baie, souvent énorme, qui contient un grand nombre de graines, plus rarement une sorte de capsule un peu charnue, indéhiscente et monosperme. Les graines sont huileuses et dépourvues d’albumen.

Les Cucurbitacées appartiennent en très grande majorité aux climats chauds des deux mondes, mais quelques espèces s’avancent vers le Nord ou le Sud bien au-delà de la zone tro opicale, et jusque dans des pays déjà froids. Toutes contiennent dans leurs racines, leurs tiges ou leurs fruits, mais en proportions extrêmement difiérentes suivant les espèces, une substance extractive, amère, drastique, quelquefois vénéneuse, qui a valu à quelques-unes de ces plantes des emplois médicinaux. Il suffit de rappeler icila coloquinte des officines, pour en donner une idée. D’autres espèces, dont la

culture s’est emparée depuis les temps les plus anciens, se sont tellement améliorées, et les principes sucrés y ont tellement remplacé les substances amères, que leurs fruits sont devenus un des principaux produits de la culture potagère dans tous les pays où le climat en permet la culture. Telles sont, pour n’en pas citer d’autres, les melons et les courges.

Toutes les espèces de Cucurbitacées ne sont pas encore connues, mais dans l’état actuel de nos connaissances la famille contient près de soixante genres, dont les plus intéressants sont les Cucumis, Cucurbita, Benincasa, Lagenaria, Bryonia, Citrullus, Sechium, Acanthosicyos.

Cupulifères. — Arbres et arbrisseaux dicotylédonés, à feuilles simples, stipulées, alternes, caduques ou persistantes suivant les espèces. Les fleurs sont unisexuées, monoïques, peu apparentes et dépourvues de corolle. Les mâles, toujours plus ou moins agrégées en inflorescences cylindriques, auxquelles on donne le nom de chatons, se composent d’un calyce de 4 à 5 petites folioles et d’étamines dont le nombre varie de 5 à 20. Les femelles, situées à la base des chatons mâles ou dans leur voisinage, sont constituées par un ovaire pluriloculaire, enchässé dans un calyce qui s'accroît avec le fruit et auquel il est adhérent; les stigmates, sessiles ou presque sessiles, sont en même nombre que les loges ovariennes, qui s’oblitèrent graduellement sous la pression d’un ou deux ovules qui seuls se développent. En dehors du calyce, des bractéoles, en nombre variable, forment autour du fruit une sorte d’involucre, ou cupule, qui tantôt l’enveloppe entièrement, tantôt le laisse libre dans une partie de sa longueur. La graine est entièrement formée par l'embryon, dont les cotylédons, très développés, sont gorgés de fécule.

Les Cupulifères sont généralement des arbres forestiers, souvent de grande taille, qui appartiennent plus spécialement aux zones tempérées septentrionales de l’ancien et du nouveau monde. On en trouve quelques-unes entre les tropiques, mais presque exclusivement sur les hautes montagnes, et un plus petit nombre encore dans les régions australes de l Amérique du Sud, de la Nouvelle-Zélande et de la Tasmanie.

C’est dans la famille des Cupulifères que nous trouvons nos arbres forestiers les plus importants, tels que les chênes, les hêtres, les charmes et les châtaigniers. Quelques espèces rendent en outre d'importants services par leurs fruits, comestibles pour l’homme ou pour les animaux de la ferme. Presque toutes d’ailleurs jouent un certain rôle esthétique, soit par leur agrégation en forêts, soit en groupes ou en arbres isolés dans les parcs. Les genres de la famille sont : C'arpinus, Ostrya, Fagus, Quercus, Castanea et Lithocarpus.

Cycadées. — Famille de plantes dicotylédones, très singulières par leur port et par toute leur structure, qui les rapproche à la fois des Fougères et surtout des Conifères, avec lesquelles elles ont une véritable analogie, malgré la grande différence d'aspect qu’elles présentent avec ces arbres. Leur tige se réduit tantôt à une sorte

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de tubercule ligneux, tantôt s'élève à la manière d’un tronc de palmier, qui porte à son sommet une couronne de grandes frondes coriaces. Les fleurs mâles consistent en étamines insérées sur les écailles d’un cône qui a quelque ressemblance avec ceux d’un pin où d’un Araucaria; les femelles, qui ne sont ici que des ovules sans enveloppes florales, naissent sur le bord de certaines feuilles modifiées dans leur consistance et rapprochées en une sorte de gros bourgeon. Les graines sont volumineuses et contiennent un abondant | périsperme.

Les Cycadées appartiennent presque loutes à l'hémisphère austral, en Asie, à la Nouvelle-Hollande et en Cafrerie. Quelques-unes font exception en s’avançant dans l'hémisphère septentrional, audelà du tropique du Cancer. Les grandes espèces caulescentes ont presque l’aspect des palmiers. Un “grand nombre de ces curieux végétaux existe dans les serres de l Ft urope, quelques-uns même fleurissent en pleine terre et à l’air libre au nord de la Méditerranée. Les genres principaux ere Cycas, Dion, Encephalartos, Zamia, Macrosamia et Dipsacosamia.

Cypéracées. — Plantes monocotylédones, herbacées, mais presque toutes vivaces et drageonnantes par leurs rhizomes souterrains. Par leurs feuilles étroites et longues, elles ont quelque ressemblance avec les Graminées; mais leurs tiges, qui ne sont la plupart du temps que les pédoncules des inflorescences, sont presque toujours triangulaires au lieu d’être cylindriques comme dans ces dernières. Les fleurs, quelquefois hermaphrodites, sont plus souvent unisexuées, monoïques ou dioïques, et rapprochées en épis ou en chatons, ou même en des sortes de glomérules ovoïdes ou sphériques. Au lieu de calyce et de corolle, elles n’ont que des bractéoles, en nombre variable et diversement agencées, suivant les genres. Les étamines sont en nombre défini, mais ce nombre varie de { à 12. Les fleurs femelles se composent d’un ovaire uniloculaire, assez souvent enveloppé dans une espèce de sac ou d’utricule membraneux et surmonté de trois stigmates. Le fruit ne contient qu’une seule graine, qui reste enveloppée par la membrane desséchée de l'ovaire.

Les Cypéracées se trouvent sous tous les climats, et même sous les climats arctiques, où elles constituent une partie considérable de la végétation. Leurs plus grandes espèces, toutelois, se trouvent entre les tropiques ou dans leur voisinage. Ce sont, d’une manière générale, des plantes de terrains humides, inondés où même marécageux. Comme plantes fourragères, elles n’ont qu'une faible utilité, si ce n’est dans les pays arctiques, où, faute d’un meilleur fourrage, elles sont broutées par les troupeaux de rennes. Sous nos climats elles servent à maintenir les terres le long des cours d’eau, ou les sables sur les bords de la mer. Quelques-unes produisent des tubercules comestibles; d’autres ont eu ou ont encore quelques emplois médicinaux. Certaines espèces, la plupart exotiques, servent à faire des natles, des paniers où même des cordages. Quelquesunes, enfin, ont trouvé un emploi dans le jardinage d'agrément.

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Cette famille contient une centaine de genres, parmi lesquels il suffira de citer les suivants : Carex, Cyperus, Scirpus, Schæœnus, Cladium et Eriophorum.

Ebénacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux, beaucoup plus nombreux entre les tropiques que dans les pays tempérés, qui fournit à l’économie domestique quelques arbres fruitiers, et à l’industrie des bois d’une grande dureté, dont quelques-uns, l’ébène entre autres, sont fort recherchés. Elle est caractérisée par des feuilles alternes, sans stipules, entières, quelquefois coriaces, et par des inflorescences axillaires. Fleurs quelquefois hermaphrodites, plus souvent mâles ou femelles par avortement d'organes, polygames, monoïques ou dioïques. Calyce de 3 à 7 lobes, très souvent de 4; corolle monopétale, régulière, divisée en autant de lobes qu’il y en a au calyce et alternes avec ceux de ce dernier. Etamines en nombre double et souvent quadruple des lobes de la corolle. Ovaire libre, sessile, divisé en plusieurs loges contenant chacune 1 ou 2 ovules, surmonté d’un style ordinairement divisé en autant de branches qu'il y a de loges à l'ovaire. Fruit charnu, comestible dans plusieurs espèces.

Les Ebénacées sont voisines des Sapotées ; elles s’en distinguent par divers caractères, dont les plus faciles à saisir sont l’absence de suc laiteux dans les feuilles et les jeunes rameaux, et la dureté du bois, dont le cœur se colore en noir foncé chez quelques espèces. Les genres les plus intéressants au point de vue de la culture sont les Royena, Euclea et surtout Diospyros.

Eléagnées. — Petite famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, quelquelois épineux; à feuilles simples, alternes ou opposées, sans stipules, couvertes d’écailles argentées qui y tiennent lieu de poils. Les fleurs sont régulières, quelquefois unisexuées, sans | corolle, qui est remplacée par un périgone ou calyce de deux ou : de quatre pièces soudées par leur base et plus où moins colorées À comme le seraient des pétales proprement dits. Les étamines, por- À tées sur de très courts filets, sont en nombre double des pièces du .

calyce, c’est-à- dire de 4 ou de 8. L’ovaire est bibre au fond de la fleur et ne contient qu'un seul ovule. Le fruit, comestible dans quelques espèces, résulte de l'accroissement du périgone, dans lequel l'ovaire figure une sorte de noyau. On ne connaît dans ce groupe que les quatre genres Æippophaë, Shepherdia, Conuleum et Elæagnus.

Ericacées.— Famille d'arbres, d’arbrisseaux et de sous-arbrisseaux souvent de très petite taille, à feuilles persistantes, opposées ou verticillées et dépourvues de stipules. Les fleurs, régulières ou irrégulières, sont monopétales, à 4 ou 5 lobes; les étamines, en même nombre que les lobes de la corolle, où en nombre double, sont hypogynes, c’est-à-dire insérées au- -dessous de l'ovaire, qui est toujours libre au centre de la fleur, et leurs anthères s'ouvrent par deux pores situés à leur sommet. L'ovaire, à à 4 ou 5 lobes, devient une capsule ou une baie polysperme.

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Les Ericacées, dont on connaît aujourd’hui un millier d’espèces, se retrouvent dans presque toutes les parties du globe, mais surtout dans les zones tempérées. Beaucoup d'espèces n habitent que les hautes montagnes, surtout entre les tropiques. Elles fournissent à nos jardins d’ agrément une multitude de plantes, la plupart remarquables par la beauté et le brillant coloris de leurs fleurs. 11 suffit de rappeler à ce propos les genres Ærica, Andromeda, Arbutus, Azalea, Kalmia et Rhododendron.

Erythroxylées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux, presque tous de l'Amérique intratropicale, très voisine par ses caractères botaniques des Malpighiacées et des Sapindacées. Elle ne renferme d’ailleurs qu'un seul genre, celui des Ærythroæylon, qui n’a d’intérêt pour l’ acclimateur et l'industriel que par une seule espèce, la Coca des Péruviens (Ærythroæylon Coca).

Euphorbiacées. — Immense famille de plantes dicotylédones, comprenant des arbres, des arbrisseaux et des herbes, annuelles ou vivaces, et représentée sous tous les climats habitables. Ses caractères botaniques sont très variés, mais les plus essentiels peuvent être résumés dans les termes suivants : fleurs unisexuées; calyce libre, dont les pièces, au nombre de 3 à 5, sont plus ou moins soudées entre elles; corolle ordinairement polypét tale, plus rarement monopétale, souvent nulle; étamines en nombre indéfini, tantôt libres, tantôt soudées par leurs filets en un ou plusieurs faisceaux ; : ovaire libre, le plus souvent triloculaire, et dont les loges contiennent un ou deux ovules, surmonté d’un style divisé en autant de branches qu’il y a de loges à l'ovaire; fruits très variés de forme et de consistance, mais capsulaires dans la grande majorité, et formés de trois coques qui se séparent à la maturité, et souvent se divisent par le milieu en demi-coques. Le plus souvent il n'existe qu'une graine par loge du fruit, et elle contient un abondant périsperme. é

Les Euphorbiacées abondent plus particulièrement dans les climats chauds, et c’est là que se trouvent leurs plus grandes espèces. Il en est dont le suc laiteux contient de violents poisons ; il en est d’autres dont le suc incolore fournit du caoutchouc, des matières médicamenteuses ou des principes colorants. Leurs graines sont utilisées pour l’huile ou les substances sébacées qu’on en retire. Au total, leur utilité est grande dans l’économie domestique, la médecine et les arts industriels. Telle qu'elle est aujourd’hui constituée, la famille des Euphorbiacées renferme près de 130 genres, parmi lesquels nous citerons les suivants : Æuphorbia, Excæcaria, Hura, Hippomane, Süllingia, Mercurialis, Siphonia, Aleur ites, Elæococca, Jatropha, Curcas, Manihot, Ricinus, Croton, Crozophora et Sarcococca.

Fougères. — Grande classe de végétaux que l’on range encore dans l’ordre des eryptogames, quoiqu’on sache aujourd’ hui qu'ils sont pourvus de sexes et se reproduisent par voie de fécondation. Ce

sont des plantes herbacées ou arborescentes, dont on connaît plus de 4,000 espèces, toutes vivaces, saul une ou deux exceptions. Elles sont représentées dans tous les climats, mais elles abondent surtout dans les pays chauds et humides, et c’est là qu’elles atteignent leurs plus grandes proportions. Quelques-unes deviennent de véritables arbres, qui rivalisent avec les palmiers par leur taille, leur port et leur élégance. Presque toutes les Fougères sont recherchées par l'horticulture d'agrément, qui leur consacre des serres spécialement construites pour elles, et où les conditions de succès sont une température bien réglée, une constante humidité de l'air et une lumière affaiblie.

Les Fougères se reproduisent par des séminules ou spores microscopiques, qui se forment dans le tissu même des feuilles et qui s’en échappent presque toujours à face inférieure de ces organes. Placées dans des conditions convenables de chaleur et d'humidité, mais à l'abri du soleil, ces spores entrent en germination et donnent naissance à de pelites masses de tissu cellulaire, contenant de la chlorophylle, et qui s'étale en forme de lamelle sur la terre, les pierres humides ou sur le tronc des arbres. C’est ce que les botanistes nomment le prothalle où proembryon, el qui est, dans un certain sens, une plante adulte, car c’est sur lui que se forment les organes sexuels el que s'opère la fécondation. On trouvera dans les traités de botanique élémentaire les détails de ces curieux phénomènes que nous ne pouvons qu'indiquer ici d'une manière très sommaire. Il nous suffira de dire que la fécondation étant opérée, une jeune plante de Fougère naît de l'extrémité du prothalle. Cette unique fécondation suffit pour toute la vie de la plante, qui peut durer bien des années, peut-être des siècles, et produire un nombre incalculable de spores.

La classe des Fougères a été divisée en plusieurs familles comprenant ensemble plus de 60 genres. L'Europe en possède au moins une centaine d'espèces, dont la plupart ont joui jadis d’un certain renom en médecine, telles que la Fougère mâle { Nephrodium Filix mas ), la Fougère femelle ( Aspidium Filix fæmina ), le Polypode du chêne ( Polypodium vulgare), la Capillaire ( Adiantum capillus Veneris ) et beaucoup d’autres, tombées comme elles en désuétude. Certaines espèces sont alimentaires par leurs rhizomes chez diverses nations barbares de l'Asie, de la Nouvelle-Hollande et des îles de l'océan Pacifique. Pour les nations riches et éclairées, les Fougères n’ont d'intérêt que comme plantes d'amateurs, et les grandes espèces arborescentes de l'hémisphère austral sont même devenues, dans ces derniers temps, l’objet d’un commerce d’une certaine importance.

À une époque géologique fort ancienne, les Fougères semblent avoir fourni la majeure partie, peut-être la presque totalité de la végétation du globe, et leurs débris accumulés pendant des siècles ou des milliers d'années, dans des conditions particulières de conservalion, se sont transformées en houille ou charbon de terre, qui est, en quelque sorte, le pain de l’industrie moderne. Toutes ces espèces antiques ont disparu pour faire place à des formes nouvelles,

qui ne sont peut-être que la descendance modifiée des premières.

Les genres les plus intéressants de la classe des Fougères, au point de vue de l’horticulture, sont les Osmunda, Angiopteris, Maratlia, Danca, Polypodium, Pteris, Nephrodium, Aspidium, Davallia, Dicksonia, Cibotium, Hemitelia, Alsophila et Cyathea.

Graminées. — Vaste famille de plantes monocotylédones qui compte des espèces sous tous les climats habitables, mais d'autant plus nombreuses et plus grandes que le climat est plus chaud. Entre les tropiques plusieurs espèces de Graminées deviennent de véritables arbres.

Leurs caractères botaniques sont si tranchés qu’il est difficile de les méconnaître. Leurs tiges sont des chaumes, tantôt fistuleux (roseaux), tantôt pleins (maïs, sorgho), entrecoupés de distance en distance de nœuds plus épais et plus durs que les intervalles qui les séparent. Les feuilles, toujours alternes, sont généralement allongées, étroites, linéaires, quelquefois élargies et de forme lancéolée, à nervures parallèles à une nervure médiane plus forte, et convergentes vers le sommet. Les fleurs, toujours petites et herbacées, ont peu d'apparence. Elles se composent de trois à quatre paillettes opposées deux à deux, dont les extérieures forment ce qu’on appelle la glume et les intérieures la glumelle. Souvent il s’y ajoute, en dedans de cette dernière, deux autres paillettes très réduites et peu visibles, qui sont la qlumellule. Les étamines, quelque-" fois réduites à deux, sont ordinairement au nombre de trois, rarement plus; elles sont toujours libres, à filet grêle et à anthères allongées et versatiles. L’ovaire est libre, uniloculaire et uniovulé, surmonté d’un style le plus souvent bifurqué et à deux stigmates plumeux, rarement à trois. Le fruit, qui porte plus particulièrement 1e1 le nom de grain, est une caryopse, résultant de la soudure de l’ovule avec la membrane de l’ovaire. Il est composé d’un gros périsperme farineux dans lequel est logé l'embryon. IL” inflorescence des Graminées est tantôt un épi, tantôt une panicule dont la forme varie suivant les genres et les espèces.

Entre toutes les familles de plantes, les Graminées tiennent le premier rang par leur utilité pour le genre humain. Toutes les céréales proprement dites lui appartiennent, ainsi qu'un très grand nombre de plantes fourragères, et on peut dire que sans elles, ni l'agriculture, ni même la civilisation n’existeraient. D’autres Graminées fournissent du sucre, des boissons alcooliques, des graines pour la nourriture des animaux domestiques et même des ustensiles très variés, des toitures pour les habitations rurales, etc.

Les Graminées, telles qu'on les connaît aujourd’hui, renferment plus de 300 genres et au moins 4,000 espèces. Les genres les plus importants pour la culture sont les suivants : Oryza, Lygeum, Zea, Coïx, Alopecurus, Phlœum, Phalaris, Holcus, Milum, Panicum, Süpa, Agrostis, Arundo, Gynerium, Cynodon, Eleusine, Ampelodesmos, Anthoæanthum, Avena, Poa, Dactylis, Bromus, Festuca, Bambusa, Lolium, Triticum, Secale, Elymus, Hordeum, Tripsacum, Euchlæna, E'rianthus, Andropogon et Saccharum.

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