‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 11 sur 62 · TN NT · texte numérisé non relu

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Granatées.— famille composée d’un seul genre, très voisine par l’organisation de ses fleurs des Myrtacées proprement dites, ayant comme celles-ci une corolle à 5 pétales, des étamimes en nombre indéfini et un ovaire infère. La différence qui l’en sépare consiste en ce que l'ovaire est à deux étages, l’inférieur composé de 5 à 9 loges, le supérieur seulement de 3, toutes ces loges contenant de nombreux ovules. Le fruit est une grosse baie à peau coriace, dont l'intérieur est rempli de graines enveloppées d’une pulpe translucide et succulente. Les graines sont dépourvues de périsperme. Le seul genre de la famille est le Punica, dont l’unique espèce est le Grenadier, ou Punica granatum.

Guttifères. — Famille toute tropicale, appartenant presque exclusivement à l'Amérique et à l’Asie, caractérisée par des fleurs polypétales, ordinairement unisexuées et dioïques, à étamines généralement en nombre indéfini dans les fleurs mâles, réduites à des staminodes stériles dans les fleurs femelles. L’ovaire est libre, sessile, entouré d’un disque charnu plus ou moins développé, quelquefois uniloculaire ou biloculaire, souvent aussi à loges plus nombreuses. Le fruit est tantôt une capsule à parois épaisses et coriaces, déhiscentes par autant de valves qu’il y a de loges dans le fruit, tantôt une baie où même une sorte de drupe. Les graines y sont dépouvues de périsperme.

Toutes les Guttifères sont des arbres ou des arbrisseaux à sue résineux, jaune ou verdâtre. Quelques-unes produisent des fruits comestibles et sont cultivées à ce point de vue; d’autres sont utilisées pour leur résine, qui a des emplois en médecine et dans l’industrie. La famille a de grandes affinités avec les Hypéricinées et les Ternstræmiacées. Les genres les plus intéressants sont les Clusia, Garcinia, Xanthochymus, Calophyllum, Mammea et Quiina.

Hamamélidées.— Petite famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, à feuilles alternes, simples, stipulées ; à fleurs hermaphrodites, pourvues ou non de corolle ; à étamines en nombre défini ou indéfini ; à ovaire adhérent au calyce, biloculaire, surmonté de deux styles. Le fruit est une capsule à deux valves, contenant ordinairement deux graines, dont l'embryon est entouré d’un périsperme corné. Cette famille, peu homogène, a quelque analogie avec les Cornacées et les Cupulitères. La plupart de ses espèces habitent l'Amérique du Nord, la Chine, le Japon, la Perse et l'Inde; quelques-unes se rencontrent dans l'Afrique australe. Deux de ses genres peuvent intéresser les acclimateurs : les Jamamelis et les Parrotia.

Hippocastanées. — Arbres et arbrisseaux originaires de l’Asie et de l'Amérique du Nord, à feuilles opposées, composées de 5 ou 7 folioles, sans süpules ; à corolle irrégulière, de 5 pétales. Etamines au nombre de 5 à 8, insérées sur un disque annulaire ou incomplet. Ovaire à 3 loges, contenant chacune 2 ovules, et se transformant en un fruit capsulaire, plus ou moins charnu ou coriace,

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lisse ou épineux, s’ouvrant en 2 ou 3 valves. Les graines, ordinairement réduites à { ou 2 par l’avortement de plusieurs ovules, sont relativement très grosses, avec un large hile, sans périsperme et entièrement remplies par embryon, dont les cotylédons très développés sont gorgés de fécule.

Cette petite famille est presque réduite aux deux genres Æsculus et Pavia, que beaucoup de botanistes réunissent en un seul. Elle touche de près aux Sapindacées, dont on pourrait même la regarder comme un démembrement. Elle a aussi quelques analogies avec le groupe des Acérinées ou érables.

Iridées. — Plantes monocotylédones, généralement herbacées, vivaces par des rhizomes ou des tubercules, à feuilles longues, étroites et presque toujours distiques, c’est-à-dire alternantes sur deux côtés opposés des tiges. Les fleurs, tantôt solitaires, tantôt rapprochées en épis ou en panicules sur une inflorescence commune, ont un périgone extérieur, ou calyce, composé de trois pièces pétaloïdes et colorées, avec lesquelles alternent trois pièces plus intérieures, également pétaloïdes et qui constituent la corolle; ces trois pièces, ou pétales, alternent avec trois étamines, insérées à la base de la corolle. Le centre de la fleur est occupé par un ovaire entièrement adhérent, c’est-à-dire infère, et qui semble porter à son sommet toutes les autres parties de la fleur. Il est à trois loges multiovulées, et il se termine par un style unique à trois stigmates, qui sont assez souvent pétaloïdes, ce qui en déguise la nature. Le fruit est une capsule triloculaire, déhiscente, contenant des graines de diverses formes, dont le périsperme est ordinairement dur et corné.

Les Iridées se distinguent aisément des Liliacées et des Amaryllidées par leur port, leur feuillage et surtout par le nombre ternaire de leurs étamines. Elles ont des représentants sous tous les climats, et elles fournissent une multitude de plantes d'ornement à nos parterres, parmi lesquelles brillent surtout les Zris, Moræa, Pardanthus, Tigridia, Gladiolus, Crocus, Antholyza, Txia et Sparaxis.

Joncaginées. — Petite famille de plantes monocotylédones, toutes plus ou moins aquatiques, dont les feuilles ont leurs nervures parallèles ou du moins convergentes vers le sommet. Les fleurs y sont ordinairement peu apparentes, et leur calyce de trois pièces semble se confondre avec la corolle également de trois pièces. Les étamines y sont au nombre de 6, et l'ovaire composé de 3, 4 ou 6 carpelles, tantôt soudés entre eux, tantôt libres. Le fruit est une sorte de capsule sèche, à une ou deux graines dépourvues de périsperme. Cette famille est très voisine des Naïadées, avec lesquelles elle a été longtemps réunie. Ses genres les plus remarquables sont les Ruppia, Potamogeton, Aponogeton et Ouvirandra. Ces deux derniers fournissent quelques plantes à l’horticulture d'agrément.

Juglandées. — Arbres dicotylédonés, à feuilles composées, sans stipules, à fleurs incomplètes, monoïques ou dioïques. Les mâles, rapprochées en plus où moins grand nombre autour d’un

axe commun, c’est-à-dire en chatons, se composent de 3 ou d’un plus grand nombre d’étamines, situées aux aisselles des bractéoles du chaton; les femelles, ordinairement réunies en petits groupes, à l'extrémité de courts rameaux, consistent en un ovaire enchâssé dans un calyce peu apparent et soudé avec lui; il est à 2 ou 4 loges umovulées, et terminé par un pareil nombre de stigmates. Le fruit est une sorte de baie, contenant un noyau, dans lequel se trouve une seule graine charnue, huileuse et dépourvue de périsperme.

Les Juglandées appartiennent presque toutes aux régions tempérées de l'hémisphère du Nord, surtout en Amérique. Elles ne comprend que les quatre genres Juglans, Carya, Pterocarya et Engelhardtia.

Labiées. — Grande famille de plantes dicotylédones monopétales, à fleurs irrégulières, généralement herbacées, souvent vivaces par leurs racines, quelquefois ligneuses et buissonnantes, rarement devenant des arbres de moyenne grandeur. Cette famille très naturelle se reconnaît de prime abord aux caractères suivants : corolle divisée en deux parties (lèvres), l’une supérieure, l’autre inférieure, ce qui lui donne une vague ressemblance avec une bouche ouverte; étamines au nombre de deux ou de quatre, et dans ce dernier cas inégales deux par deux, c’est-à-dire didynames ; ovaire libre au fond de la corolle, surmonté d'un style à deux stigmates, et divisé en deux loges, dont chacune contient deux ovules, qui, en s’accroissant pour se changer en graines, se soudent à la paroi de l’ovaire et la poussent devant eux. Il en résulte un fruit quadrilobé, en apparence formé de quatre graines nues, qui se détachent l’une de l’autre à la maturité. C’est ce qu’on appelle un ovaire ou un fruit gynobasique; on le retrouve dans la famille des Boraginées.

Les Labiées comprennent aujourd’hui près de 150 genres, dont le plus grand nombre habite la zone tempérée septentrionale et le sud de PAfrique. Elles contiennent beaucoup de plantes aromatiques et médicinales diversement exploitées ‘par l’industrie. Les genres les plus intéressants sont les Ocimum, Plectranthus, Coleus, Lavandula, Pogostemon, Saloia, Rosmarinus, Monarda, Origanum, Thymus, Hedeoma, Melissa, Phlomis, Teucrium, Mentha et Betonica.

Lardizabalées. — Famille de plantes dicotylédones, toute composée d’arbrisseaux volubiles où grimpants, à feuilles généralement trifoliolées et dépourvues de stipules. Le caractère essentiel de la famille consiste dans ses fleurs organisées sur le type ternaire, dioïques où monoïques et unisexuées par avortement. Le calyce, souvent pétaloïde et coloré, se compose de trois ou de six pièces, la corolle de six pétales, auxquels sont opposées un pareil nombre d’étamines. Même structure des fleurs femelles, dont le centre est occupé par trois carpelles libres, rarement par six ou par neuf, et qui se transforment en baies ou fruits charnus, polyspermes, plus rarement en une sorte de drupe monosperme, ou en un follicule sec et déhiscent.

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Les Lardizabalées se rapprochent d’un côté des Ménispermées, d’un autre côté des Berbéridées. Aucune n'appartient à l'Europe; elles sont les unes de Amérique du Sud, le long de l’océan Pacifique, les autres des montagnes de l’Inde, de la Chine et du Japon. Une espèce, du genre Burasaia, habite Madagascar. Les genres les plus intéressants au point de vue de l’acclimatation sont les À kebia, les Holbælia, les Lardizabala et les Stauntonia.

Laurinées. — Famille d'arbres dicotylédonés apétales, toute composée d'arbres et d’arbrisseaux, à feuilles ordinairement persistantes, coriaces, simples et sans stipules. Les fleurs, tantôt hermaphrodites, tantôt unisexuées par avortement, sont petites et de peu d’apparence, dépourvues de corolle, mais régulières. Elles se composent d’un périgone ou calyce campanulé, à 4, 5 ou 6 lobes plus ou moins caduques, mais sa base persiste et souvent s'accroît en même temps que le fruit. À l’intérieur cette base du calyce est soudée à un disque charnu, au pourtour duquel sont insérées les étamines, presque toujours en nombre multiple des pièces du calyce. Leurs anthères sont très caractéristiques par leur mode de déhiscence, qui se fait à l’aide de deux ou de quatre valvules, détachées de l’enveloppe de l’anthère et qui se redressent vers son sommet. L’ovaire, libre au centre de la fleur, est umiloculaire et umiovulé ; il se change en un fruit bacciforme, souvent à demi-immergé dans la base accrue du calyce et quelquefois même du pédoncule. La graine unique qu'il contient se compose d’un embryon volumineux sans périsperme.

Les Laurinées appartiennent également à l’ancien et au nouveau monde, dont elles habitent surtout les régions intratropicales. Une seule, le Laurier proprement dit, paraît indigène du midi de l’Europe. Tous ces arbres sont imprégnés d'huiles essentielles aromatiques ; quelques-uns sont devenus des arbres fruitiers ; d’autres, qui arrivent à une grande taille, fournissent des bois de construction ou sont exploités par l’industrie pour leurs produits aromatiques et médicinaux, dont le principal est le camphre du commerce.

La famille des Laurinées, quoique très homogène, a été divisée en une quarantaine de genres, parmi lesquels nous nous bornerons à citer les suivants: Cinnamomum, Persea, Nectandra, Laurus, Oreodaphne, Sassafras, Benzoin, Litsæa et Umbellularia.

Légumineuses. — Vaste famille de plantes qui a des représentants sous tous les climats et dans toutes les parties habitables du globe. Elle contient à la fois des herbes annuelles, des arbrisseaux et des arbres gigantesques, et c’est aussi une de celles qui nous fournissent le plus de plantes utiles dans l’économie domestique, l’agriculture, l’industrie, les arts et la médecine. L’horticulture d’agrément lui emprunte aussi un très grand nombre d'espèces. Elle se compose aujourd’hui de près de 400 genres naturels, et de 4 à 9,000 espèces.

Le caractère essentiel et à peu près universel de cette famille réside dans la structure de l'ovaire et du fruit, qui est une gousse

uniloculaire monosperme ou polysperme, dont celle du pois ou du haricot nous fournit un exemple vulgaire. Hors de là il y a une grande diversité dans la composition des fleurs, la forme du feuillage et le port des plantes. On peut, à l'exemple de Linné et de plusieurs autres botanistes, répartir le groupe des Légumineuses en trois grandes tribus, ou sous-familles, nettement caractérisées par la structure des fleurs; ce sont :

1° Les Papilionacées, dont la corolle irrégulière et composée de 5 pétales rappelle grossièrement la forme d'un papillon qui aurait les ailes plus ou moins étalées. Ces pétales sont : l’éftendard, situé à la partie supérieure de la fleur; les ailes, situées de chaque côté et d’une forme différente de celle de l’étendard; puis les deux pétales inférieurs, ordinairement rapprochés l’un ded’autre, même quelquefois agglutinés, et figurantla carène d'un navire. Tous ces caractères sont nettement exprimés dans nos Légumineuses économiques, le pois, le haricot, la fève, etc. Dans un certain nombre de Papilionacées exotiques la corolle devient presque régulière et les caractères ci-dessus indiqués s’effacent presque entièrement.

Ce qui est encore distinctif chez les Papilionacées, c’est le nombre et la disposition des étamines. On en trouve généralement dix, presque toujours divisés en deux faisceaux, dont l’un, composé d’une seule étamine libre, correspond à la parte supérieure de la fleur (à l’étendard ), t tandis que les neuf autres, plus où moins longuement soudées entre elles par leurs filets, forment une sorte de gaine autour de l'ovaire. Ce dernier est formé d’un seul carpelle, plus ou moins prolongé en style à son sommet, umiloculaire et portant un nombre indéterminé d’ovules adhérents à un placenta longitudinal, qui fait face à l’étamine libre, c’est-à-dire à la partie supérieure de la fleur. Le fruit est une gousse, sorte de capsule sèche, quelquefois herbacée, qui s'ouvre en se divisant en deux valves. Presque toujours les graines sont dépourvues de périsperme, mais les cotylédons épais et charnus y suppléent.

Beaucoup de plantes alimentaires, fourragères ou ornementales nous sont fournies par ce groupe de Légumineuses, dont les genres les plus intéressants sont : Pisum, Faba, Phaseolus, Lathyrus, Cicer, Astragalus, Trifolium, Lotus, Melilotus, Medicago, Eroum, Lupinus, Anthyllis, Trigonella, Ulex, Cytisus, Genista, Robinia, Indigofera, Galega, Glycirrhiza, Arachis, etc.

2° Les Cæsalpiriées, distinguées du groupe précédent par leur corolle régulière ou presque régulière, et par leurs étamines libres et non réparties en deux faisceaux. Toutes sont des arbres où des arbrisseaux, souvent remarquables par leurs propriétés médicinales. Leurs feuilles sont toujours composées, quelquefois surcomposées, jamais réduites à l’état de phyllodes. Les genres les plus importants sont : Cæsalpinia, Hæmatoxylon, Parkinsonia Gymnocladus, Guilandina, Poinciana, Coloillea, Cassia, Swartzia, Brownea, Amherstia, T amarindus, Hymencæa, Gleditschia, Ceratonia, Bauhinia, Copaifera, etc.

3° Les Mimosées, qui se distinguent d'emblée de toutes les autres Légumineuses par leurs fleurs, généralement très petites, régulières

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