‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 9 sur 62 · DES FAMILLES OU GROUPES NATURELS · texte numérisé non relu

DES FAMILLES OU GROUPES NATURELS

auxquels sont empruntées la plupart des plantes indiquées dans ce volume

(Pour faciliter les recherches, nous les classons simplement par lettres alphabétiques)

Acérinées. — Famille d'arbres, caractérisée par des fleurs souvent polygames, monoïques ou dioïques, en corymbes axillaires ou en grappes; un calyce à 4 ou 5 divisions, quelquefois davantage, des pétales libres en même nombre, et le plus souvent par 8 étamines insérées autour d’un disque charnu. L’ovaire, au centre de la fleur, est toujours libre, formé de deux carpelles accolés, surmontés d’un seul style qui se divise à son sommet en deux stigmates. Le fruit est une samare indéhiscente, munie de deux ailes, qui se divise à la maturité en deux moitiés, contenant chacune une ou deux graines. Les feuilles de ces arbres sont toujours opposées, ce qui aide à les distinguer de ceux de la famille voisine des Sapindacées.

Toutes les Acérinées appartiennent à l'hémisphère septentrional, aux contrées tempérées de l’Asie, de l'Europe et de l'Amérique. En Afrique, elles n’ont aucun représentant au sud du Sahara. Elles ne comptent guère qu’une soixantaine d'espèces (les Acer ou érables), dont plusieurs sont intéressantes pour la sylviculture et l’industrie.

Algues. — On réunit sous cette dénomination générale toute une grande classe de végétaux cryptogames, la plupart aquatiques, vivant immergés dans l’eau douce et dans l’eau salée des mers. Leur étude constitue une branche importante de la botanique générale, l’'algologie. qui a été longtemps négligée à cause de ses difficultés, mais qui a fait de grands progrès dans le courant de ce siècle, à mesure que les microscopes et la manière de s’en servir se perfectionnaient. Ne pouvant entrer ici dans le détail de ces orga-

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nismes compliqués, nous nous bornerons à dire que la sexualité a élé reconnue dans un grand nombre d’Algues et qu’elles se reproduisent tantôt par des spores formées à la suite de fécondation, tantôt par division ou fragmentation des individus. Presque toutes les Algues contiennent de la chlorophylle, verte dans un grand nombre, autrement colorée dans d’autres ; de là des Algues vertes, rouges, brunes ou brunâtres. Certaines Algues sont des végétaux de la plus grande taille ; d’autres, au contraire, sont tellement menues, qu’on ne peut les apercevoir qu’à l’aide de puissants microscopes.

Les figures que prennent les Algues varient pour ainsi dire à Pinfini. Suivant les espèces, ce sont des membranes simples ou diversement ramifiées, des sortes d’arbuscules divisés en rameaux, des touffes fixées aux pierres ou aux rochers couverts d’eau, des échevaux de filaments enchevêtrés, des agrégats de cellules d’une forme et d’une grandeur déterminées, enfin de simples cellules isolées, vivant de leur vie propre et souvent douées de la faculté de se mouvoir, comme le feraient des animalcules. Ces Algues cellulaires, réunies quelquefois en nombre imcalculable, colorent la terre et les eaux. C’est à une Algue de cette nature, le Protococcus nivalis, que la neige doit la couleur rose ou rouge qu'on a plus d’une fois observée dans la région polaire ou sur les hautes montagnes. Enfin, il est de ces Algues microscopiques qui jouent le rôle de ferments, comme les Champignons de l’ordre le plus inférieur, et qu’on accuse d’être la cause de redoutables maladies. Les bacilles du choléra, de la phtüisie, du typhus et de diverses autres maladies contagieuses doivent, suivant plusieurs micrographes, être rangés parmi les Algues. Faisons toutefois remarquer que, par leurs organismes les plus inférieurs, les Algues et les Champignons semblent se confondre.

Les Algues remplissent dans les mers un rôle analogue à celui des plantes terrestres. Elles y sont le soutien de la vie animale, et par là nous rendent indirectement des services inappréciables; mais il en est aussi que nous utilisons directement et sans intermédiaires. Plusieurs espèces marines sont comestibles, et quelques-unes récoltées pour servir d'engrais.

Amarantacées. — Famille de plantes dicotylédones, herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles simples, opposées ou alternes, sans stipules. Fleurs ordinairement en panicules, petites, herbacées, sans corolle, et dont le calyce est composé de 3 à 5 paillettes quelquefois colorées. Etamines hypogynes, en même nombre que les pièces du calyce auxquelles elles sont opposées, quelquefois plus nombreuses. Ovaire unicagpellé et uniloculaire, ne contenant le plus souvent qu'un seul ovule. Le fruit est un utricule membraneux, quelquefois une baie charnue. Graine périspermée.

Les Amarantacées comptent un plus grand nombre d’espèces dans les pays chauds que dans les pays tempérés. Quelques-unes sont potagères, d’autres fourragères, 1l en est même dont l’industrie üre quelque profit. Plusieurs sont devenues des plantes d'ornement

d’un certain intérêt. Les principaux genres sont : Amarantus, Gomphrena et Celosia.

Amaryllidées. — Grande famille de plantes monocotylédones, voisine de celle des Lihacées, dont elle diffère principalement en ce que l'ovaire, au lieu d’être libre comme dans cette dernière, y est soudé avec la base du périgone des six pièces qui représentent le calyce et la corolle. De même que chez les Liliacées, on trouve ici des plantes bulbeuses et des plantes à tige cylindrique munie de feuilles. Toutes les Amaryllidées sont vivaces, quelques-unes même deviennent gigantesques, quoiqu’on ne puisse en aucune manière les considérer comme de vrais arbres. Elles fournissent à nos jardins un grand nombre d'espèces ornementales ; quelques-unes même peuvent être classées parmi les plantes industrielles. Les principaux genres sont les suivants : Galanthus, Leucoium, Amaryllis, Habranthus, Hippeastrum, Vallota, Crinum, Pancratium, Narcissus, Alstræmeria, Bomarea. On rattache en outre aux Amaryllidées, mais à titres d’anomales, celles des genres Clivia, Doryanthes, Agave, Liliæa et Fureræa.

Amygdalées. — Sous-famille ou grande tribu du groupe des Rosacées. Elle ne contient que des arbres et des arbrisseaux. Ses caractères essentiels sont : des feuilles toujours simples, stipulées, souvent munies de glandes à leur base; des fleurs régulières, à o pétales, blancs, roses ou pourpres; des étamines hypogynes, communément au nombre de 20 ; un ovaire formé d’un seul carpelle, contenant ordinairement deux ovules suspendus, dont un avorte assez souyent ; un fruit charnu contenant un noyau, qui renferme une ou deux graines volumineuses, totalement dépourvues de périsperme. Presque toutes les Amygdalées sont des pays tempérés ou tempérés-chauds situés au nord de l’équateur.

Ce groupe est important pour l’économie domestique, à laquelle il fournit des fruits de premier ordre, parmi lesquels 1l suffit de citer les prunes, les abricots les péches et les cerises. On le divise en cinq ou six genres, qui pourraient, à la rigueur, être confondus en un seul, le genre Prunus, tel que Linné le comprenait.

Amyridées. — Famille toute ou presque toute tropicale, composée d'arbres et d’arbrisseaux, à feuilles alternes ou opposées, trifoliolées ou pennées, et criblées de glandes oléifères, plus ou moins balsamiques. Les fleurs sont quelquefois unisexuées par avortement; leur calyce, assez régulier, est à 3 ou 5 divisions, et la corolle à 3 ou 5 pétales. Les étamines sont en nombre double des pièces de la corolle, et insérées sur un disque circulaire, au centre duquel est l’ovaire, dont le nombre des lôges varie de { à 5. Le fruit est une sorte de capsule sèche et dure, ayant de { à 5 loges. Les graines sont dépourvues de périsperme.

Les Amyridées, qui se confondent avec les Burséracées, sont voisines des Térébinthacées, et elles ont aussi quelque analogie avec les Hespéridées où Aurantiacées, par la figure de leurs feuilles

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et par les glandes aromatiques dont elles sont parsemées. C’est une famille riche en plantes odoriférantes, et dont quelques espèces fournissent des parfums connus de toute antiquité, tels que l’encens, le bdellium, plusieurs espèces de baumes, etc. Les Amyridées apparliennent toutes aux chimats chauds ou tempérés-chauds. Leurs genres les plus connus et les plus intéressants sont les Balsamodendron, Icica, Boswellia, Bursera, Balanites et Amyris.

Anonacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux en majeure partie tropicale; à feuilles simples, alternes et sans stipules; à fleurs ordinairement solitaires, vertes ou brunes, remarquables par le nombre ternaire des pièces de leur calyce et de leur corolle. Les étamines, très nombreuses, sont insérées sur un torus volumineux, qui porte à son sommet des carpelles isolés ou soudés entre eux, et dont le nombre est variable. Le fruit, résultant du développement des carpelles, est tantôt charnu, tantôt sec; les graines en sont relativement grosses et remplies d’un abondant périsperme.

Cette petite famille fournit quelques arbres fruitiers intéressants, aujourd’hui cultivés dans toutes les colonies intratropicales et quelquefois même en dehors des tropiques, tels que les Anones et les Chérimoliers de l'Amérique du Sud. D’autres espèces produisent des substances aromatiques, des médicaments et des condiments. Les genres les plus intéressants sont les Xy/opia, Uvaria, Monodora, Anona et Asimina.

Apocynées. — Famille de plantes dicotylédones, en majeure partie tropicale, composée principalement d'arbres et d’arbrisseaux. Les feuilles sont presque toujours opposées, simples, entières et sans stipules. Ses fleurs sont monopétales et la corolle plus ou moins profondément divisée en 5 lobes, avec des appendices saillants dans la gorge. Les étamines, au nombre de 5, alternent avec les lobes de la corolle et sont insérées dans le tube de cette dernière. Leurs anthères sont allongées et adhérentes au stigmate, qui est volumineux et en forme de disque. L’ovaire est formé de deux carpelles accolés et même soudés ensemble par leur sommet ou par leurs styles, qui se confondent dans le stigmate commun. Le fruit est le plus souvent un double follicule, dont les deux moitiés sont tantôt cohérentes entre elles, tantôt séparées et divergentes; plus rarement il est charnu, bacciforme ou drupacé. Les graines sont pourvues d’un périsperme souvent corné.

Les Apocynées contiennent un grand nombre de plantes vénéneuses; on pourrait même dire que toutes le sont par quelqu’une de leurs parties. En revanche, il en est qui fournissent de précieux médicaments, d’autres contiennent dans leur sève divers principes utilisés par l’industrie, entre autres une espèce de caoutchouc. Beaucoup d’Apocynées sont des plantes d'ornement d’un certain intérêt. Genres principaux : Allamanda, Carpodinus, Melodinus, Carissa, Ophioxylon, Cerbera, Tanghinia, Tabernæmontana, Vinca, Parsonsia, Nerium, Rhynchospermum, Apocynum, Echites, Mandevillea, Alstonia.

Aquilariacées. — Petite famille d'arbres dicotylédonés, appartenant pour la plupart aux parties les plus chaudes de l'Asie méridionale. Leurs feuilles sont alternes ou opposées, entières et sans stipules. Les fleurs ont un calyce tubuleux à 4 ou 5 divisions, mais sont dépourvues de corolle. Les étamines sont au nombre de 5 à 10, et l'ovaire est à deux loges biovulées. Le fruit est une capsule à deux valves, ou une baie indéhiscente, dont les graines sont dépourvues de périsperme. Cette famille est très voisine de celle des Thymélées, dont elle diffère principalement par son ovaire à deux loges. Elle se réduit à deux genres, les Gyrinopsis et les A quilaria.

Araliacées. — Famille de plantes dicotylédones, comprenant des arbres, des arbrisseaux et des plantes herbacées, et qui a des représentants dans toutes les parties du globe. Les fleurs, ordinairement pettes et de peu d'apparence, sont habituellement rapprochées en ombelles ou en panicules. Elles sont régulières et hermaphrodites ; leur calyce est le plus souvent à 5 lobes, qui alternent avec un pareil nombre de pétales ; les étamines, au nombre de 5, quelquefois de 10, sont insérées sur le contour du tube calycinal, qui est soudé à l'ovaire. Ge dernier contient de 2 à 5 loges uniovulées. Le fruit est tantôt une baie plus ou moins charnue, tantôt une

capsule dont les loges se désagrègent. Les graines sont pourvues

d’un périsperme. Cette famille est très voisine des Ombellifêres, dont elle pourrait être considérée comme une simple section. Ses principaux genres sont les Panax, Cussonia, Aralia, Hedera et Gunnera.

Aristolochées. — Famille de plantes dicotylédones, mais qui se rapproche des monocotylédones par plusieurs de ses caractères. Elle comprend des plantes herbacées vivaces par leurs rhizomes et un assez grand nombre de lianes ligneuses, appartenant pour la plupart aux régions intratropicales, surtout en Amérique. L'Europe possède plusieurs Aristolochées herbacées.

Chez toutes les espèces de la famille, les fleurs sont solitaires, axillaires, hermaphrodites, remarquables par leur structure étrange. Elles sont dépourvues de corolle, mais le calyce, ordinairement très développé, y prend la forme d’un cornet plus ou moins grand, diversement coloré et souvent d’une forme bizarre. Au fond de ce cornet se trouve la fleur, composée de 6 à 12 étamines épigynes, libres ou soudées au style et au stigmate, qui fait suite à un ovaire infère, le plus souvent à 6 loges polyspermes. Le fruit est une capsule ou une baie, dont les graines sont périspermées.

Les Aristolochées sont célèbres par leurs propriétés médicinales, connues depuis les temps les plus anciens. Plusieurs sont devenues des plantes d'ornement remarquables à divers titres. Les deux principaux genres de la famille sont les Asarum et les Aristolochia.

Aroïdées. — Grande famille de plantes monocotylédones, généralement herbacées, mais vivaces par leurs rhizomes souterrains et quelquelois par leurs tiges aériennes. Leurs feuilles, souvent très

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