‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 12 sur 62 · APR EN EN ADI UN OR · texte numérisé non relu

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et monopétales, ainsi que par leurs étamines, souvent en nombre indéfini, tantôt libres, tantôt soudées entre elles par leurs filets. Le fruit est une gousse de même structure que celle des autres Légumineuses, et qui prend, chez quelques espèces, des proportions énormes. La plupart des Mimosées sont des arbres ou des arbrisseaux, parmi lesquels nous trouvons des espèces utiles à l’industrie et un

lus grand nombre d'espèces ornementales. Les genres qui nous intéressent le plus sont les suivants : Parkia, Entada, Adenanthera, Prosopis, Neptunia, Mimosa, Albizzia, Acacia, Pithecolobium, Inga, Calliandra.

Lichens. — Grande classe de végétaux cryptogames, subdivisée en plusieurs familles ou sous-ordres fondés sur des particularités d'organisation qu’on ne reconnait le plus souvent qu’à l’aide du microscope. C’est une étude longue et difficile, accessible seulement aux botanistes qui s’en font une spécialité, c’est-à-dire aux lichénologues de profession.

Au point de vue où nous sommes placés 1l nous suffira de donner un aperçu général et sommaire de ces plantes, qui rendent, il est vrai, plus d’un service à l’industrie, mais qui n’ont jamais été et ne seront vraisemblablement jamais l’objet d’une culture quelconque. Les Lichens n’en remplissent pas moins un rôle des plus considérables dans l’économie de la nature, en préparant le sol sur lequel se développeront plus tard des plantes plus nobles et plus richement organisées. Ce sont, en quelque sorte, les défricheurs des rochers, et on croit aujourd’hui que c’est par eux que la végétation a commencé sur notre globe, quand les rochers, qui en occupaient toute la surface, n'avaient pas encore été désagrégés par les alternatives de la chaleur et du froid, de Phumidité et de la sécheresse. A ces causes générales, les Lichens ajoutent leur propre action en dissolvant lentement, mais d’une manière continue, les matières minérales, et en formant ainsi par leurs détritus accumulés les premières assises de l’humus, c’est-à-dire de la terre végétale.

Les Lichens habitent tous les climats, de l’équateur aux régions polaires, du bord de la mer au sommet des montagnes, où ils ne sont arrêtés que par la barrière des neiges et des glaces éternelles. Ils se développent sur tous les corps capables de leur fournir un point d'appui, les rochers, le tronc des arbres, la terre, les constructions faites de main d'homme et jusqu'aux monuments que nous élevons en souvenir des grands hommes ou des événements mémorables de l’histoire. Partout où les conditions atmosphériques, c’està-dire la lumière et une certaine somme d'humidité, les favorisent, ils travaillent à l’œuvre de désintégration qu’ils sont chargés d’accomplir.

Les figures sous lesquelles se présentent les Lichens sont extrêmement variées. Les uns se réduisent à une sorte de pulvérulence sans consistance, les autres affectent les formes de sphérioles, de lamelles, d’arbuscules, de filaments enchevêtrés, etc. Leurs couleurs ne varient pas moins; on en trouve de toutes les nuances, du blanc, du jaune, du grisâtre, du rouge, du brun et même du noir. Jamais

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ils ne présentent la teinte d’un vert franc comme celui des plantes ordinaires. Cependant, au-dessous de l’épiderme qui les recouvre, on trouve toujours une couche composée de globules remplis de chlorophylle verte, et qui est entremélée de fibres incolores, ou hyphes. Beaucoup de botanistes, aujourd’hui, regardent les Lichens comme des végétaux de nature mixte, résultant de l’association d’un champignon et d’une algue unicellulaire; les globules verts, auxquels on donne le nom de gonidies, seraient l’algue; les fibres incolores du Lichen représenteraient le champignon.

Les Lichens se propagent à l’aide de séminules ou spores d’une extrême ténuité, que les vents transportent à de grandes distances, et qui conservent longtemps leur vitalité. Les botanistes y reconnaissent plus de 60 genres et près de 1,000 espèces. L'analyse chimique y a découvert des principes nutrilifs analogues à lamidon et au gluten, des substances tinctoriales et médicinales. Plusieurs Lichens sont en effet usités en teinture; quelques-uns sont comestibles, enfin quelques espèces septentrionales, entre autres le Cenomyce rangiferina, est la principale ou la seule nourriture des troupeaux de rennes pendant l’hiver.

Liliacées. — Grande famille de plantes monocotylédones, qui a des représentants sous tous les climats, excepté les climats aretiques, comprenant un très grand nombre d'espèces bulbeuses et quelques-unes aussi pourvues de tiges ligneuses, qui arrivent parfois à la taille de grands arbres. Plusieurs Liliacées jouent un rôle considérable dans l’économie domestique; d’autres contribuent à l’embellissement de nos jardins et de nos parterres et donnent même lieu à un commerce horticole d’une certaine importance.

Leurs caractères botaniques sont faciles à saisir et en général bien tranchés : leurs fleurs, souvent grandes et très belles, se composent d’un périgone de six pièces généralement colorées et presque semblables, dont les trois extérieures représentent le calyce et les trois intérieures la corolle; à ces six pièces sont opposées six étamines, et au centre de la fleur se trouve l'ovaire, toujours libre, c’est-à-dire sans adhérence avec les pièces qui entourent. II est à trois loges, contenant chacune un certain nombre d’ovules, et surmonté d’un style terminé par un stigmate ordinairement trilobé. Le fruit est le plus souvent une capsule triloculaire, quelquefois une baie charnue. Les graines contiennent un périsperme farineux ou corné plus ou moins dur.

Cette belle famille est divisée en six tribus ou sous-ordres, ainsi caractérisés :

Les Tulipées, herbacées et bulbeuses, dont les pièces du périgone sont libres ou à peine cohérentes entre elles par leurs bases. Leurs graines sont généralement comprimées, c’est-à-dire aplaties. Genres principaux : Tulipa, Gagea, Fritillaria, Lilium, Methonica.

Les Agapanthées, herbacées et à racines fibreuses ou tubériformes. Leur périgone, tubuleux inférieurement, est divisé en 6 lobes et les étamines sont insérées sur la partie tubuleuse du périgone. Fruit capsulaire comme dans la tribu précédente, et les graines un

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peu comprimées. Genres principaux : Funkia, Agapanthus, Polianthes, Phormium. :

Les Aloïnées. Herbes à feuilles épaisses, charnues, quelquefois arborescentes, à périgone tubuleux couronné par six dents ou six lobes plus où moins longs. Elamines insérées sur le périgone. Fruit plus souvent capsulaire, plus rarement bacciforme. Graines comprimées; racine fibreuse. Genres principaux : Sanseviera, Aloë, Yucca.

Les Asphodélées. Herbes à racines fibreuses ou un peu tubériformes, à feuilles longues et étroites. Périgone tubuleux, profondément divisé en six lobes ; étamines insérées sur la partie tubuleuse du périgone ou sur le réceptacle commun. Fruit capsulaire ou un peu bacciforme, à graines rondes ou anguleuses. Genres principaux : Asphodelus, Hemerocallis, Anthericum.

Les Æyacinthées. Plantes bulbeuses, à fruit capsulaire ; périgone tubuleux, plus ou moins profondément divisé en six lobes, souvent campanulé ou urcéolé. Genres principaux : Æyacinthus, Velthemia, Camassia, Seilla, Ornithogalum, Allium.

Les Asparagées. Plantes tantôt herbacées, tantôt arborescentes, à racines fibreuses, quelquefois tubériformes. Le fruit est toujours une baie, diversement colorée. Genres remarquables : Dianella, Eustrephus, Asparagus, Cordyline, Dracæna.

Magnoliacées. — Arbres et arbrisseaux de l'Asie orientale et des deux Amériques, à fleurs polypétales, dont les pièces de chaque verticille (calyce et corolle) sont au nombre de trois où d’un multiple de trois. Les étamines, en nombre indéfini, sont hypogynes, c’està-dire situées à la base d’un torus ou prolongement de l’axe floral qui porte un nombre indéfini de carpelles uniloculaires, dont chacun est surmonté d’un style court et contient le plus souvent un seul ovule. Le fruit est une sorte de cône, analogue de figure à celui des pins, et où chaque carpelle devient tantôt une capsue déhiscente, tantôt une sorte de baie. La graine est toujours périspermée.

Les Magnoliacées ont fourni à nos parcs et à nos jardins d’agrément des arbres et des arbrisseaux d’un grand prix, tant par leur beau feuillage que par leurs fleurs souvent très grandes et quelquefois délicieusement parfumées. On y trouve aussi quelques arbres forestiers, dont le bois est utilisé de diverses manières, et un certain nombre d’arbrisseaux aromatiques. Plusieurs fournissent des médicaments d’une certaine valeur. Les principaux genres de la famille sont les Magnolia, Talauma, Aromadendron, Liriodendron, Tasmannia, Drimys et Ilicium.

Malvacées. — Grande famille de plantes dicotylédones, comprenant des arbres, des arbrisseaux et des herbes vivaces ou annuelles, et représentées sous tous les climats de l’ancien et du nouveau monde. Leurs feuilles sont alternes et munies de stipules. Les fleurs, toujours régulières, se composent d’un calyce ordinairement à cinq lobes, d’une corolle de cinq pétales, tantôt libres, tantôt soudés avec le faisceau des étamines. Ces dernières, en

nombre indéfini, et dont l’anthère est réniforme et unilocellée, sont soudées les unes aux autres par la base de leurs filets, en une sorte de tube traversé par les styles des carpelles plus ou moins nombreux, dont l’ensemble constitue lovaire. Le fruit est quelquefois charnu, plus ordinairement c’est une capsule à 5 loges polyspermes ou une réunion de petites coques monospermes. Les graines sont le plus souvent dépourvues de périsperme; chez quelques espèces elles sont velues où même couvertes de longs poils EnCHETEUSS comme nous le voyons dans les cotonniers.

Par le grand nombre de plantes utilisées dans l'industrie, l’alimentation où la médecine, les Malvacées tiennent un rang très élevé dans l’économie domestique. Plusieurs sont des plantes d’ornement recherchées. Aucune n’est vénéneuse. Les genres principaux sont les suivants : Althca, Lavatera, Maloa, Pavonia, Hibiscus, Abelmoschus, Lagunaria, Sida, Abutilon et Gossypium.

Plusieurs autres familles se placent, par leur organisation, au voisinage des Malvacées proprement dites, dont elles pourraient être considérées comme des démembrements; ce sont les Tiliacées, les Sterculiacées et les Byttnériacées.

Morées. — Famille d'arbres dicotylédonés apétales, à suc lactescent, dont les feuilles, entières ou lobées, sont pourvues de stipules caduques, assez souvent façonnées en une sorte de cornet qui enveloppe les bourgeons au moment de leur naissance. Les fleurs y sont monoïques ou dioïques, peu apparentes, réunies en plus ou moins grand nombre sur un axe ou réceptacle commun, souvent charnu et de forme variable. Les mâles se réduisent à un périgone calycinal, quelquefois oblitéré, à 3 ou 4 lobes, auxquels sont opposées un pareil nombre d’étamines. Les femelles consistent en un ovaire surmonté d’un style à deux stigmates, et en un périgone de 4 à 5 folioles. Le fruit est ici un syncarpe, c’est-à-dire une agré-

gation d’ovaires monospermes et semblables à de simples graines, tantôt entourés des folioles périgoniales devenues charnues, ce qui donne à l’ensemble la figure d’une baie, tantôt immergés dans le réceptacle commun, charnu et plus ou moins succulent, étalé ou devenu pyriforme. Les graines sont PH ues d’un albumen ou périsperme. Le groupe des Morées est très voisin de celui des Artocarpées, et, comme lui, réuni par quelques botanistes à la grande famille des Urticées. La plupart de ses espèces sont propres aux régions intratropicales de l’ancien et du nouveau monde, mais quelques- -unes s’écartent assez des tropiques pour pouvoir vivre dans les pays tempérés. Presque toutes sont arborescentes, à feuilles persistantes, plus rarement caduques. On y trouve cependant aussi un pelit nombre d'espèces herbacées. Les genres principaux sont : Epicarpurus, Morus, Maclura, Broussonnetia, Ficus, Dorstenia.

Mousses. — Plantes acotylédones, toutes de petite taille et herbacées; les unes vivaces, les autres annuelles, se reproduisant par des spores ou séminules mieroscopiques, qui se forment à la suite d’une véritable fécondation, chez quelques espèces par des corpus-

cules analogues aux bulbilles des plantes supérieures, et par des sortes de tubercules ou de rhizomes souterrains. Toutes les Mousses sont pourvues de feuilles très menues, qui contiennent de la chloropylle ; la plupart sont terrestres, mais il en est aussi d’aquatiques. On en trouve sous tous les climats; elles abondent surtout dans les pays froids ou tempérés-froids, dans les forêts, où elles tapissent le sol et le tronc des &rbres, et sur les montagnes jusqu’à la limite des neiges éternelles. Certaines Mousses, les Sphaignes, sont particulières aux lieux marécageux, où, s’entassant les unes sur les autres pendant un nombre indéfini de générations, elles forment une épaisse couverture très hygrométrique, et dont les couches inférieures se convertissent en tourbe.

Les botanistes ont divisé la classe des Mousses en trois familles, qui contiennent ensemble environ 130 genres, dont quelques-uns sont fort riches en espèces. Aucune n’est cultivée, mais les grandes espèces sont usitées en horticulture pour les emballages des plantes et pour abriter les semis contre le soleil. |

Myricacées. — Arbres et arbrisseaux dicotylédonés apétales, à feuilles alternes, simples, ordinairement sans stipules, et dont les fleurs, dépourvues de calyce et de corolle, sont unisexuées, monoïques ou dioïques, et rapprochées en chatons assez analogues à ceux des Cupulifères. Les fleurs mâles se composent de 2 à 6 étamines situées à l’aisselle des bractées du chaton ; les femelles consistent en un ovaire uniloculaire, uniovulé, surmonté de deux stigmates, et entouré à sa base de quelques bractéoles. Le fruit est une sorte de baïe, sèche ou charnue, et contenant une graine sans périsperme.

Gette petite famille ne contient que les trois genres Myrica, Comptonia et Clarisia, qui pourraient même se ramener à un seul. Elle contient quelques espèces qui sont utilisées comme plantes médicinales ou industrielles.

Myrsinacées ou Ardisiacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux, à feuilles alternes, simples, plus ou moins coriaces et sans stipules. Les fleurs sont petites, ordinairement hermaphrodites, composées d’un calyce à 4 ou 5 lobes; d’une corolle monopétale à 4 ou 5 segments, avec un pareil nombre d’étamines opposées à ces segments et insérées sur la base de la corolle. L’ovaire, libre ou à peine adhérent par sa base, est uniloculaire et rempli par un volumineux placenta central libre, dans lequel sont enchâssés les ovules. Le fruit est une baie, qui ne contient le plus souvent qu’une seule graine.

Par leur corolle monopétale, leurs étamines opposées aux lobes de la corolle et leur ovaire à placenta central libre, les Myrsinacées se rapprochent beaucoup des Primulacées, mais elles s’en distinguent aisément par leur port arborescent et par leur fruit charnu. Elles appartiennent pour la plupart aux climats chauds ou tempéréschauds et humides. Toutes sont étrangères à l'Europe. Les genres les plus intéressants sont les Myrsine, Ardisia, Theophrasta,

Clavija et Corynocarpus. Plusieurs espèces de Myrsinacées sont des plantes d'agrément dans les serres et les jardins de l’Europe.

Myrtacées. — Grande famille d'arbres et d’'arbrisseaux dicotylédonés, en majeure partie intratropicale, mais avec un représentant dans le midi de l'Europe. C’est un groupe assez homogène, qu'on reconnaitra aux caractères suivants : feuilles sans stipules, opposées ou alternes, toujours simples et persistantes; fleurs régulières, dont le calyce est le plus souvent à cinq lobes et le tube soudé à l'ovaire; étamines quelquefois en nombre double des pétales de la corolle, qui alternent avec les lobes du calyce, plus ordinairement en nombre indéfini; ovaire infère, à 4, 5 ou 6 loges, quelquefois à 2? ou même à une seule, surmonté d’un seul style. Le fruit est tantôt une capsule déhiscente ou indéhiscente, tantôt une baie. Les graines sont dépourvues de périsperme.

Dans la plupart des Myrtacées les feuilles et les autres parties herbacées sont parsemées de glandes oléifères, qui leur communiquent une odeur balsamique. Chez quelques-unes la corolle, par suite de la coalescence congénitale des pièces dont elle est composée, se change en une sorte de coiffe ou d’opercule, qui recouvre les parties plus intérieures de la fleur et qui se détache tout d’une : pièce au moment de la floraison.

La plupart des botanistes subdivisent l’ordre des Myrtacées en cinq sous-ordres ou grandes tribus, que d’autres considèrent comme autant de familles distinctes; ce sont :

Les Chamélauciées, sous-arbustes de la Nouvelle-Hollande, caractérisés par leur ovaire uniloculaire ;

Les Leptospermées, arbres et arbrisseaux principalement australiens, dont le fruit est une capsule le plus souvent déhiscente, à 3, 4 où » loges;

Les Myrtées, qui ont beaucoup d’analogie avec le groupe précédent, mais qui en diffère par un fruit charnu, bacciforme, plus ou , moins suceulent ; <

Les Barringtoniées, arbres et arbrisseaux de l’Asie et de l'Amé- | rique tropicale, dont les feuilles sont dépourvues de ces glandes oléifères des Myrtacées précédentes; leur fruit est une sorte de | baie coriace, qui ne contient qu'une seule graine, quelquefois plu sieurs, mais en très petit nombre ;

Les Lécythidées, qui appartiennent toutes à l'Amérique tropicale, principalement à la Guyane. De mème que chez les Barringtoniées, ; les feuilles sont dépourvues de glandes oléifères. Un caractère qui leur esl propre consiste en ce que leurs étamines sont recouvertes : par un prolongement pétaloïde, qui se recourbe au-dessus d'elles. . Leurs fruits sont ordinairement de grosses capsules plus où moins ligneuses, dont le sommet se détache circulairement comme un couvercle, pour laisser sortir les graines. :

Les genres les plus intéressants de la famille des Myrtacées sont $ les Tristania, Calothamnus, Beaufortia, Melaleuca, Eucalyptus, Angophora, Callistemon, Metrosideros, Fabricia et Leptospermum, qu appartiennent au groupe des Leptospermées; Myrtus,

Psidium, Caryophyllus, Eugenia el Jambosa, du groupe des Myrtées;, Barringtonia dans celui des Barrimgtomiées ; Lecythis et Bertholletia dans celui des Lécythidées.

Très près des Myrtacées se place la petite famille des Granatées, réduite à un seul genre et à une seule espèce, le grenadier commun.

Ombellifères. — Plantes dicotylédones presque toutes herbacées, annuelles ou vivaces par leurs rhizomes, variables d’aspect, mais très analogues les unes aux autres par la structure de leurs fleurs et de leurs fruits, constituant en somme un groupe végétal des plus homogènes par ses caractères botaniques.

Ainsi que le nom de la famille le fait pressentir, les fleurs des Ombellifères sont généralement rapprochées, en nombre plus ou moins grand, au sommet d’un pédoncule commun, d’où il résulte que l’inflorescence prend la figure d’un parasol ou d’une ombrelle, quelquefois, mais plus rarement, celle d’un capitule globuleux. Les fleurs se composent d’un ovaire infère, surmonté de cinq dents calycinales plus ou moins visibles, d’un pareil nombre de pétales et d'autant d’étamines insérées au pourtour d’un disque charnu. L’ovaire est à deux loges uniovulées, et le fruit une sorte de caryopse qui se divise, à la maturité, en deux moitiés dont chacune contient une graine à périsperme corné.

Les Ombellifères se trouvent dans tous les climats, mais elles abondent surtout dans les parties froides ou tempérées de l’hémisphère septentrional. L'économie domestique leur doitdiverses plantes alimentaires ou fourragères, et un plus grand nombre de plantes médicinales; on y trouve aussi des espèces vénéneuses. Cette vaste famille contient aujourd’hui plus de 280 genres, parmi lesquels il convient de citer les ÆZydrocotyle, Sanicula, Astrantia, Apium, Petroselinum, Cicuta, Ammi, Carum, Œnanthe, Fœniculum, Angelica, Opopanax, Ferula, Peucedanum, Anethum, Pastinaca, Cuminum, Thapsia, Daucus, Anthriscus, Prangos, Arracacha et Coriandrum.

Orchidées. — Grande famille de plantes monocotylédones, qui a des représentants sous tous les climats, mais qui abonde surtout entre les tropiques. Toutes les espèces en sont herbacées et vivaces, la plupart acaules, quelques-unes sarmenteuses et grimpantes. Les unes sont simplement terrestres, les autres habituellement épiphytes, c’est-à-dire vivant en fausses parasites sur le tronc des arbres, au milieu de la mousse et des lichens. Leurs fleurs, bizarres et très irrégulières, sont souvent parées des plus brillantes couleurs, ce qui explique l’engouement dont ces plantes sont devenues l’objet. Plus de mille espèces d'Orchidées sont actuellement cultivées en Europe dans les serres spécialement établies pour elles, et de nombreux voyageurs parcourent le monde en quête d'espèces nouvelles.

Le commerce horticole des Orchidées ne manque pas d’importance, et le prix qu’on offre de quelques-unes remet en mémoire la coûteuse passion des tulipes au dix-septième siècle. Presque toutes n’ont d'autre intérêt que celui de la beauté de leurs fleurs ; quelques-

unes cependant rendent des services d’un autre ordre par la fécule (salep) qu’on reure de leurs tubercules et par les parlums que fourmssent certaines espèces exotiques, dont la plus connue est la vanille.

L'Europe possède une centaine d’espèces d'Orchidées, appartenant en majeure parüe aux genres Orchis, Ophrys, Epi ipaclis, Malaxis el Serapias; quant aux espèces exoliques, le nombre en est si grand que nous devons renvoyer le lecteur aux ouvrages qui traitent spécialement de cette branche de l’horticulture.

Oxalidées. — Plantes dicotylédones polypétales, la plupart herbacées, annuelles ou vivaces par des rhizomes ou ‘des tubercules, ayant pour caractères un calyce de cinq sépales, une corolle régulière de cinq pétales, dix étamines et un ovaire libre à cinq loges. Le fruit est tantôt une capsule polysperme, tantôt une baie.

Cette famille, réduite à six genres, comprend cependant plusieurs centaines d'espèces, principalement dans le genre Oxalis. Elle n’a qu'une faible valeur au point de vue économique, quoiqu’elle contienne quelques plantes alimentaires et qu’elle en fournisse aussi à l’horticulture d'agrément. Un petit nombre d’Oxalidées sont arborescentes ou arbustives entre les tropiques, telles, par exemple, que celles du genre Averrhoa.

Palmiers. — Grande et superbe famille de plantes monocotylédones, généralement arborescentes, souvent de grande taille, quelquefois simples arbrisseaux et sous-arbrisseaux de proportions exiguës et presque herbacés, quoique toujours vivaces. Linné, dans son style imagé, appelait les Palmiers les princes du règne végétal, et beaucoup d'espèces méritent cette qualification par leur taille imposante et la majesté de leur port. On connaît aujourd’hui près de 1,200 espèces de Palmiers, réparties dans une centaine de genres.

Le port des Palmiers, considérés d'une manière générale, est

caractéristique et les Î fait reconnaître de prime abord. C’est un slipe, ou tige colomnaire, presque toujours simple, c’est-à-dire sans ramification, ordinairement cylindrique de la base au sommet et couronnée par une ample gerbe de feuilles souvent énormes, et qui s’élalent en parasol. Ces feuilles peuvent se ramener à deux types principaux : les feuilles pennées, dans lesquelles axe ou rachis, sorte de nervure médiane, grosse et robuste, qui fait suite au pétiole, est garni dans toute sa longueur de pinnules, plus ou moins rapprochées, mais toujours distinctes, ainsi qu'on le voit dans le classique Dattier (Phoœnix ); et les feuilles palmées, c’est-à-dire en forme de main ouverte à doigts écartés, où toutes les pinnules insérées au sommet du pétiole commun s’étalent à la manière d’un éventail, ainsi que nous le montre le Palmier nain (Chamærops ). Entre ces deux types, plusieurs Palmiers offrent des formes intermédiaires, qui, suivant le degré, peuvent, être rattachées tantôt à l'un, tantôt à l’autre x quelquelois à tous deux. Plus rarement, les feuilles des Palmiers sont découpées en véritables folioles, comme dans le genre Caryota.

L’inflorescence des Palmiers est un spadice, sorte de panicule souvent très volumineuse et enveloppée, au moins dans les premiers temps de son développement, par une ou deux bractées coriaces, qui prennent le nom de spathe. Les fleurs, ordinairement très nombreuses et toujours petites, sont quelquefois hermaphrodites, plus souvent unisexuées, et alors monoïques ou dioïques suivant les genres. Prises isolément elles ont peu d'apparence et sont toujours blanches ou jaunâtres. Elles se composent d’un périgone de six pièces à peu près semblables, dont les trois extérieures correspondent au calyce et les trois intérieures à la corolle; de six étamines et quelquefois d’un plus grand nombre dans les fleurs mâles ou hermaphrodites, et d’un ovaire central, libre, développé seulement dans les fleurs femelles, formé de trois carpelles le plus souvent soudés ensemble et surmontés de trois stigmates. Le fruit est communément une baie ou une drupe, succulente ou sèche et fibreuse, contenant une seule graine dont l’albumen volumineux prend le plus souvent une consistance cornée. L’embryon, toujours très petit relativement à cet albumen, est logé dans une cavité superficielle de ce dernier.

Cette noble famille est presque entièrement intratropicale. Les espèces en sont d'autant plus nombreuses que le climat est à la fois plus chaud et plus humide ; aussi abondent-elles au voisinage de l'équateur, surtout en Amérique. Aucune espèce n’habite les climats froids, mais on en trouve quelques-unes en dehors des tropiques, dans des pays tempérés-chauds où l'hiver n’est pas imconnu. D’autres, entre les tropiques, s'élèvent sur les montagnes à des altitudes qui confinent presque à la ligne des neiges éternelles.

Si les Palmiers sont un des plus grandioses et des plus gracieux ornements de la nature, ils ont un mérite plus grand encore dans leur utilité, qui le cède à peine à celle des céréales. Comme ces dernières ils nourrissent presque une moitié du genre humain, par leurs fruits succulents, le sucre contenu dans leur sève et les liqueurs fermentées que l’industrie en retire, par l’abondante fécule qui remplit le trone de certaines espèces, et l'huile qu'on extrait des fruits de quelques autres. Ils fournissent encore du bois qu’on utilise de bien des manières, des fibres d’une grande ténacité dont on fabrique des cordages, des filets, des toiles, des vêtements et du papier; leurs feuilles servent à tresser des nattes, des corbeilles, des chapeaux légers, ou à couvrir les toitures des habitations rustiques; les peuplades sauvages trouvent même dans les Palmiers de quoi faire des armes redoutables, des lances, des arcs et des flèches aux pointes dures et acérées.

Tant d’'éminentes qualités ont rendu les Palmiers populaires dans l’horticulture de tous les peuples civilisés, et, depuis le commencement du siècle, des centaines d’espôces en ont été introduites en Europe, où elles font le principal ornement des serres chaudes, en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Belgique et en France. Plus récemment, à mesure que le goût et Part des jardins se développaient dans le midi de l’Europe, on a compris que quelques espèces choisies parmi les plus rustiques réussiraient en pleine terre

et à l’air libre mieux que sous des abris vitrés. Le succès a cou- . ronné ces premières tentatives et a encouragé à les multiplier ; aussi l'introduction incessante des Palmiers et leur culture donnent-elles lieu aujourd’hui à un important commerce horticole des deux côtés de la Méditerranée.

Tous les palmiers, sans exception, sont recherchés par les amateurs de belles plantes; mais ne pouvant pas donner 1ci la liste de tous les genres de la famille, nous nous bornerons à citer ceux qui ont déjà fourni ou peuvent fournir des espèces capables de vivre à l'air libre dans nos pays tempérés ou tempérés-chauds. Ce sont principalement les suivants : Areca, Kentia, Sabal, Chameærops, Trachycarpus, Phœnix, Acrocomia, Chamædorea, Livistona, Rhapis, Thrinax, Brahea, Cocos, Diplothemium et Jubæa.

Les Palmiers ont été divisés en cinq grandes tribus, qui sont les Arécinées, les Lépidocaryées, les Borassinées, les Coryphinées et les Cocoinées.

Un nombre de Palmiers beaucoup plus grand qu'on ne l’a cru jusqu'ici sont susceptibles de s’acclimater dans les pays tempéréschauds des deux hémisphères et jusque dans le midi de l’Europe, ainsi qu'en témoignent déjà bien des expériences suivies de succès. C’est au célèbre botaniste bavarois Martius qu’on en doit la première idée. Voici la liste abrégée que, dès 1850, il a donnée des Palmiers sud-américains capables de vivre et de se développer à l'air libre au voisinage de la Méditerranée : Ceroxylon australe, des hautes montagnes de l’ile de Juan Fernandez, par 30 degrés de latitude; Jubæa spectabilis, du Chili; Trithrinaæ brasiliana, Copernicia cerifera, Acrocomia Totai, Cocos australis, C. Yatai, C. Romansoffiana, Diplothemium littorale, du Brésil méridional, de l’Uruguay et des Etats de la Plata, entre les 28° et 34° degrés de latitude australe.

Les hautes montagnes de l'Amérique du Sud fournissent aussi leur contingent de Palmiers rustiques, dont quelques-uns sont de la plus grande taille. Ce sont les Æulerpe andicola, Hænkeana et longivaginata ; Diplothemium Torallyi, C'eroæylon pityrophyllum, des Andes de Bolivie, à des altitudes de 2,000 à 2,500 mètres; C'eroæylon andicola, Kunthia montana, Oreodoxa frigida, Geonoma densa, des Andes de la Nouvelle-Grenade, à des altitudes plus grandes encore; sur les Andes de Vénézuela, le Ceroxylon Klopstockia, au-dessus de 2,000 mètres, où son stipe, haut de plus de 60 mètres, est couronné par des frondes de 7 à 8 mètres de longueur. Là aussi se trouvent le Syagrus Sancona et le Platenia Lhiragua, deux Palmiers des plus fortes proportions. D’autres Palmiers rustiques croissent sur les hauteurs du Mexique, en dehors de la zone des tropiques, tels que le Chamædorea concolor, le Copernicia Pumos, le C'. nana, les Brahea dulcis et filifera, et plusieurs autres encore, peu ou point connus des botanistes. Quoique moins riches en Palmiers que les montagnes de l'Amérique, celles de l'Asie nous fournissent un nombre encore considérable d'espèces rustiques apparlenant aux genres Phænix, Wallichia, Trachycarpus, elc. L'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique ont aussi

donné à nos jardins méridionaux quelques Palmiers également remarquables par leur élégance, leurs belles proportions et leur rusticité, tels, entre autres, que les Phœnix reclinata et canariensis.

Les Palmiers, autrefois uniquement recherchés pour la décoration des serres-chaudes, le sont tout autant aujourd’hui pour la culture à l'air hibre, et ils sont devenus, en conséquence, une branche très importante du commerce horticole dans le midi de l’Europe et surtout en Provence.

Passiflorées. — Famille de plantes dicotylédones, généralement sarmenteuses, munies de vrilles axillaires et grimpantes, plus rarement dressées avec le port ordinaire d’un arbre. Leurs feuilles sont alternes, entières ou diversement lobées, munies de stipules et portant habituellement des glandes sur leur pétiole. Les fleurs, solitaires dans la plupart des cas, sont hermaphrodites, rarement unisexuées ; le calyce, quelquefois tubuleux, plus souvent cupuliforme, est divisé en quatre ou cinq lobes ordinairement pétaloïdes et colorés comme les pièces de la corolle, avec lesquels 1l est facile de les confondre. Sur la base intérieure de cette dernière il existe souvent une sorte de couronne formée d’appendices plus ou moins longs et diversement colorés. Les étamines, en même nombre que les pièces de la corolle, quelquefois en nombre double et insérées au fond de la fleur, sont tantôt libres, tantôt soudées à une sorte d’axe central, qui porte l’ovaire à son sommet. Ce dernier est uniloculaire, mais à trois placentas, et surmonté de trois styles à gros stigmates. Le fruit est tantôt une capsule, tantôt une baie, dont les nombreuses graines sont enveloppées d’une sorte d’arille charnu et mou.

Cette famille est très naturelle, quoiqu’elle ait des affinités éloignées avec les Cucurbitacées et les Capparidées. La plupart de ses espèces sont tropicales, et surtout américaines. Citons les genres Passiflora, Tacsonia, Murucuja et Modecca, fréquemment cultivés dans les jardins de l’Europe.

Platanacées ou Platanées. — Famille toute composée d’un petit nombre d’arbres, à fleurs monoïques, c’est-à-dire réunies sur le même individu, mais séparées sur des rameaux différents et agrégées en capitules sphériques; ces fleurs, très petites et incomplètes, entourées de bractées peu visibles, se réduisent, pour les mâles, à 3 ou 4 élamines, quelquefois à une seule; pour les femelles, à un petit nombre d’ovaires (de 4 à 8, quelquefois seulement 2), qui deviennent plus tard des nucules monospermes, entourées de poils raides et caduques au moment de la maturité. Cette famille, abstraction faite du port, semble avoir une certaine analogie avec les Urticées. Elle ne contient que le seul genre Platanus.

Phytolaccacées. — Famille de plantes dicotylédones, herbacées ou arborescentes, à feuilles simples et alternes; à fleurs hermaphrodites, le plus souvent dépourvues de corolle, mais contenant ordinairement un plus grand nombre d’étamines qu’il n’y a de lobes ou de pièces au calyce. L’ovaire se compose de plusieurs carpelles

libres, disposés en cercle au centre de la fleur, et entourés d’un disque charnu. Le fruit est tantôt sec et capsulaire, tantôt bacciforme et succulent.

Les Phytolaccacées ont une certaine analogie avec lesChénopodées et les Caryophyllées. Elles sont propres aux régions chaudes et tempérées-chaudes de l’ancien et du nouveau continent. Leurs genres principaux sont les Phytolacca, Pircunia et Rivina.

Polygonées. — Famille de plantes dicotylédones apétales, où la corolle est remplacée par un calyce ou périgone souvent coloré et pétaloïde. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, quelquefois des arbrisseaux, plus rarement des arbres d’une certaine taille. Les feuilles y sont communément alternes, simples, avec un pétiole souvent élargi à la base et formant une sorte de gaine autour de la tige ou des rameaux. Les fleurs, hermaphrodites ou unisexuées, sont ordinairement rapprochées en inflorescences de diverses formes, variant de celle d’un capitule à celle d’une panicule. Les étamines, en nombre variable, mais jamais indéfini, sont opposées, ou plus rarement alternes, aux pièces périgoniales. L'ovaire, à deux, trois ou rarement quatre carpelles, est uniloculaire et umiovulé. Il se change en un fruit, semblable à une simple graine, de forme lenticulaire, très souvent trigone et rarement tétragone. L’embryon y est entouré d’un périsperme farineux, souvent épais.

Les Polygonées appartiennent à tous les climats, surtout aux climats tempérés, maisles espècesarborescentes habitentexclusivement entre les tropiques. L'économie domestique, la médecine, l’agriculture et les arts leur doivent quelques plantes utiles. Plusieurs même sont cultivées dans nos jardins en qualité de plantes d'ornement.

Les genres les plus intéressants à notre point de vue sont les Eriogonum, Rheum, Polygonum, Fagopyrum, Rumex, Antigonum, Coccoloba et Muhlenbeckia.

Pomacées. — Sous-famille ou grande tribu de l’ordre des Rosacées, entièrement formée d’arbres et d’arbrisseaux, à feuilles simples ou composées, munies de stipules. Les fleurs y sont régulières à cinq pétales et contiennent une vingtaine d’étamines, tous caractères qui leur sont communs avec les Amyg gdalées; mais à partir de là, les Pomacées s’en distinguent par leur ovaire de deux à cinq carpelles soudés ensemble et infères, c’est-à-dire adhérent au tube du calyce, dans lequel il est immergé et qui fait corps avec le fruit. Les loges de l’ovaire, en même nombre que les carpelles et les styles qui Îes terminent, contiennent habituellement plusieurs ovules, qui deviennent autant de graines (pépins) ou autant de nucules dans le fruit.

Ces graines sont dépourvues de périsperme.

Les Pomacées appartiennent toutes à l'hémisphère du nord, et surtout à ses régions tempérées; elles jouent un grand rôle en agriculture et en horticulture par les arbres fruitiers qu’elles fournissent, tels que pommiers, poiriers, cognassiers, néfliers, etc. Leurs genres principaux sont les Pirus, Cydonia, Sorbus, Malus, Mespilus, Eriobotrya, Cratægus et Cotoneaster.

Protéacées. — Arbres el arbrisseaux dicotylédonés apétales, nettement caractérisés par un calyce coloré pétaloïde, à 4 divisions; par 4 élamines insérées sur le calyce et opposées à ses divisions, et par un ovaire libre, formé d’un seul carpelle uniloculaire et contenant un ou deux ovules. Cet ovaire devient une sorte de capsule, déhiscente ou indéhiscente, souvent ligneuse et très dure. Outre ces caractères, les Protéacées se font encore remarquer à leur feuillage dur et coriace, dépourvu de stipules.

Presque toutes ces plantes appartiennent à Phémisphère austral; elles abondent dans la Nouvelle-Hollande et dans le sud de Afrique. On en trouve aussi quelques-unes dans l'Amérique du Sud. Trois ou quatre s’avancent vers le nord jusqu’en Abyssinie, et un pareil nombre dans les îles malaises. Beaucoup de Protéacées sont introduites dans les jardins de l’Europe en qualité d'arbres ou d’arbrisseaux d'ornement. Les principaux genres de la famille sont: Leucadendron, Protea, Persoonia Brabejum, Grevillea, Helicia, Macadamia, Hakea et Guevinia.

Quillaïées. — Petite famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, tous de l'Amérique du Sud, qui se rapprochent des Rosacées, dont ils diffèrent principalement par un fruit capsulaire et des graines ailées. Un seul de ces arbres nous intéresse: c’est le Quillaia saponaria du Chili, que son feuillage luisant et persistant et ses fleurs blanches ont fait introduire, comme arbre d'ornement, dans le midi de l’Europe. Son écorce, riche en saponine, alimente un certain commerce; on s’en sert pour nettoyer les étoffes de soie, enlever les taches et donner aux tissus de laine un lustre particulier. Le bois lui-même est usité dans tous les genres de construction, car l'arbre devient très grand avec les années. Il est assez commun dans les jardins de la Provence maritime, où il se reproduit spontanément de ses graines tombées à terre.

Renonculacées. — Vaste famille de plantes dicotylédones polypétales, appartenant principalement aux pays tempérés de l’hémisphère septentrional. Toutes sont herbacées, rarement frutescentes, annuelles ou vivaces par des rhizomes ou des tubercules. Quoique très homogènes dans le sens botanique, les Renonculacées présentent des aspects très différents suivant les espèces et une grande variété dans la composition des fleurs. Leurs caractères les plus essentiels consistent dans le nombre indéfini des étamines toujours hypogynes, et dans leurs carpelles presque toujours libres, et dont le nombre varie suivant les genres. La corolle est tantôt régulière, tantôt irrégulière, et le calyce quelquefois coloré et pétaloïde. Le fruit est, suivant les cas, une agglomération d’akènes monospermes ou de follicules polyspermes, rarement une baie.

Toutes les Renonculacées contiennent des principes âcres, très vénéneux chez quelques-unes, qui sont par cela même usitées en médecine. Elles fournissent à nos jardins d'agrément un certain nombre de plantes justement estimées, telles, entr’autres, que les anémones, les pivoines, les renoncules et les pieds d’alouette. Parmi

les genres classiques de la famille, il convient de citer les Clematis, Anemone, Pæonia, Ranunculus, Helleborus, Adonis, Hepatica, Nigella, Delphinium, Aconitum et Actæa.

Rhamnées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, à fleurs ordinairement polypétales et hermaphrodites. Le caractère le plus saillant de la famille consiste en ce que les cinq étamines, au lieu d’être alternes avec les pièces de la corolle, leur sont au contraire opposées. L’ovaire, au centre de la fleur, est entouré d’un disque auquel il adhère plus ou moins; à l’intérieur il est divisé en 2, 9 ou 4 loges, contenant chacune un seul ovule. Le fruit est tantôt une baie, tantôt une capsule, dont les coques se séparent sans s’ouvrir. Les graines sont pourvues d’un périsperme.

Les Rhamnées habitent presque tous les climats dans l’ancien et le nouveau monde. Quelques-unes de leurs espèces sont économiques, industrielles ou médicinales. Les principaux genres sont : Paliurus, Zizyphus, Hovenia, Rhamnus, Ceanothus et Colletia.

Rosacées. — Grande famille de plantes dicotylédones, appartenant en majeure partie à l'hémisphère septentrional, contenant des arbres, des arbrisseaux et des plantes herbacées. Ses caractères sont si variés qu'on a dû la subdiviser en quatre sous-familles ou grandes tribus : les Amygdalées où Drupacées, les Pomacées, les Rosées et les Sanguisorbées, qui, malgré de profondes différences, ont entre elles beaucoup de points communs. Plusieurs botanistes y rattachent même les Calycanthées et les Quillaïiées, qui nous paraissent néanmoins trop distinctes pour pouvoir rentrer dans le vaste groupe des Rosacées vraies.

A nous en tenir à ces dernières, nous leur assignerons, pour caractères généraux, des feuilles toujours munies de stipules, des fleurs régulières, des étamines le plus souvent en nombre indéfini et des graines toujours dépourvues de périsperme. Nous examinerons en particulier chacune des grandes tribus ci-dessus mentionne (Voir les mots Amygdalées, Pomacées, Rosées et Sanguisor-

ées.)

Rosées ou Rosacées proprement dites. — Cette grande et belle tribu peut être regardée comme le type parfait de l’ordre des Rosacées. C’est elle qui en contient le plus grand nombre de genres, et elle fournit également beaucoup d'espèces à l’horticulture, les unes utiles économiquement, les autres remarquables par la beauté de leurs fleurs et qui sont même dans les premiers rangs parmi les ornements de nos jardins. Tout le monde connaît les roses, dont la culture remonte aux temps les plus anciens.

Dans ce groupe de Rosacées on trouve des arbrisseaux qui deviennent quelquefois de grandes lianes, des sous-arbrisseaux et des plantes herbacées, dont quelques-unes sont annuelles. Les feuilles, toujours stipulées, sont tantôt simples, tantôt lobées ou composéespennées; les fleurs régulières, formées d’un calyce le plus souvent à o lobes ou folioles, d’une corolle contenant le même nombre de

pétales, d’une vingtaine d’étamines périgynes et de carpelles tantôt isolés et libres, tantôt, mais plus rarement, accolés ou réunis en un ovaire unique et pluriloculaire. Le fruit est tantôt une baie plus ou moins charnue, tantôt une réunion de petites drupes, tantôt un simple follicule ou capsule à une seule loge.

Outre un nombre considérable de plantes d'ornement, la tribu des Rosées nous fournit des plantes fruitières (fraisiers et framboisiers) et des plantes industrielles (plusieurs espèces de rosiers ). Quelquesunes même ont des emplois en médecine. Citons, comme les plus importants à divers points de vue, les genres : Rosa, Rubus, Fragaria, Potentilla, Geum, Kerria et Spiræa.

Rubiacées. — Vaste famille de plantes dicotylédones monopétales, à feuilles opposées, simples, munies de stipules. La corolle, régulière et presque toujours plus ou moms longuement tubuleuse et évasée en forme d’entonnoir, présente 4, » ou 6 lobes, avec lesquels alternent un pareil nombre d’étamines, insérées sur le tube de la corolle. L’ovaire est infère, c’est-à-dire soudé avec le tube du calyce, généralement à 2 loges et surmonté d’un style dont le stigmate offre autant de lobes qu’il y a de loges à l’ovaire. Le fruit, suivant les espèces, est capsulaire ou bacciforme, contenant tantôt 2? graines, tantôt un plus grand nombre, toujours pourvues d’un périsperme charnu ou cartilagineux et corné.

Les Rubiacées, où l’on compte aujourd’hui environ 250 genres etau moins 3,000 espèces, ontété divisées en deux sous-familles, les Cofféacées et les Cinchonacées, les premières caractérisées par leurs fruits à ? graines, rarement à # ou à { seule; les secondes, par le nombre beaucoup plus considérable des graines dans chacune des loges du fruit. Dans ces deux principales divisions se trouvent des plantes de première importance pour l’industrie, le commerce et la médecine. Il suffit de citer ici les genres Coffea, Rubia, Cephœælis dans les Cofféacées, et les Cinchona dans les Cinchonacées. Une multitude d'espèces existent en outre dans la culture d’agrément.

Rutacées. — Famille de plantes dicotylédones polypétales, composée en majeure partie d'arbres et d’arbrisseaux. Elle a quelques représentants en Europe, mais le plus grand nombre de ses espèces appartient aux régions chaudes de l’ancien et du nouveau monde. Cette famille, dont les caractères sont un peu vagues, se rattache d’assez près aux Aurantiacées, mais elle s’en distingue par des fruits capsulaires et non charnus et succulents comme dans ces dernières. La plupart des Rutacées ont leurs feuilles parsemées de glandes oléifères aromatiques, qui les font rechercher comme plantes médicinales ; elles ont toutefois peu d'importance sous ce rapport. Beaucoup d’espèces exotiques ont été introduites dans les jardins de l’Europe à titre de plantes d'agrément. Parmi les nombreux genres dont la famille se compose, il convient de citer les Choysia, Boronia, Correa, Calodendron, Diosma, Barosma, Agathosma, Dictamnus, Ruta et Cneorum.

Sanguisorbées. — Sous-famille ou tribu de l’ordre des Rosacées, qui ne contient que des herbes, vivaces ou annuelles, et quelques sous-arbrisseaux. C’est, en quelque sorte, un membre dégradé de la grande et belle famille dont elle fait partie. Les feuilles y sont stipulées, comme chez toutes les Rosacées vraies, simples, lobées où même composées. C’est surtout par leurs fleurs imcomplètes que les Sanguisorbées se distinguent des autres Rosacées. Ces fleurs sont petites, herbacées en quelque sorte, réduites à un calyce de 3, 4 ou 5 lobes, sans corolle, et à 4 ou 5 étamines, quelquefois moins. L’ovaire est infère, ©est-à-dire immergé dans le tube du calyce et soudé avec lui; il se compose d’un seul carpelle, qui lui-même ne contient qu'un seul ovule. Le fruit est un akène, c’est-à-dire une graine enveloppée par la membrane desséchée du tube calycinal et ne contenant qu’un embryon sans périsperme.

Ce petit groupe de Rosacées, malgré son peu d'apparence, n’est pas sans utilité. 11 nous fournit des plantes fourragères appartenant principalement aux genres Sanguisorba, Alchemilla et Poterium.

Santalacées.— Petite famille d'arbres, d’arbrisseaux et de sousarbustes dicotylédonés, apétales, dont quelques-uns se trouvent en Europe, le plus grand nombre habitant l'Inde, la Nouvelle-Hollande, l'Amérique du Sud et les îles de l’océan Pacifique. Elle a pour caractères principaux un calyce à 4 ou 5 lobes, point de corolle, 4 ou 5 étamines opposées aux lobes du calyce ; un ovaire adhérent, c’està-dire soudé au tube calycinal, uniloculaire et contenant d’un à quatre ovules attachés au sommet d’un placenta central. Le fruit, tantôt sec, tantôt pulpeux, ne contient qu’une seule graine, remplie d’un abondant périsperme charnu. Les principaux genres sont les Thesium, Osyris, Fusanus, Santalum, Pyrularia et Cervantesia. Quelques éspèces se recommandent à l’acclimateur par leurs fruits ou leurs graines comestibles, d’autres par les produits utiles que l’industrie en retire.

Sapindacées. — Famille de plantes dicotylédones, principalement composée d'arbres et d’arbrisseaux, et contenant aussi quelques espèces herbacées. Plusieurs de ses espèces ligneuses sont des lianes. Ses caractères sont un peu vagues, et elle se confond, par quelques points, avec les Hippocastanées et les Acérinées.

Les fleurs sont polypétales, régulières, hermaphrodites ou unisexuées, habituellement en grappes ou en panicules axillaires. Le calyce est divisé en 4 ou 5 lobes, alternant avec un pareil nombre de pétales. Les élamines, communément au nombre de 8 à 10, rarement moins, plus rarement encore au nombre de 20, sont insérées sur un disque, au centre duquel se trouve, dans les fleurs hermaphrodites ou femelles, un ovaire libre, ordinairement triloculaire, et contenant de { à 3 ovules, rarement davantage, et surmonté d’un style indivis. Le fruit est tantôt une capsule ailée d’un côté (samare), tantôt une baie charnue et indéhiscente. Les graines, souvent grosses, adhèrent au placenta par un large hile et sont dépourvues de périsperme.

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Chez les Sapindacées proprement dites, les feuilles, tantôtsimples, tantôt composées, sont toujours alternes, ce qui permet de les distinguer d'emblée des Hippocastanées et des Acérinées, qui les ont opposées. Plusieurs espèces de la famille sont intéressantes, comme arbres fruitiers ou comme arbres d'ornement; elles appartiennent principalement aux genres Paullinia, Nephelium, Melicocca, Kælreutera et Xanthoceras.

Sapotées. — Famille en majeure partie tropicale; toute composée d’arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, à feuilles alternes, entières, plus ou moins coriaces et sans stipules, à fleurs toujours hermaphrodites. Calyce à 4 ou 5 divisions; corolle monopétale à 4 ou 5 lobes; étamines de 8 à 10, en deux rangs, alternativement fertiles (opposées aux divisions du calyce) et stériles (opposées aux lobes de la corolle). Ovaire libre, divisé intérieurement en plusieurs loges, dont chacune contient un ovule et est surmontée d’un style à stigmate indivis. Fruit charnu, contenant ordinairement plusieurs graines, plus rarement une seule, comestible chez plusieurs espèces.

Cette famille est très voisine de celle des Ebénacées, dont elle se distingue, entre autres caractères, par le suc blanc laiteux de ses feuilles et de ses jeunes rameaux, et aussi par le peu de dureté du bois. La plupart des Sapotées sont de l’Inde et des régions chaudes de l'Amérique et de l'Afrique, mais on en trouve aussi quelques-unes en dehors des tropiques, notamment dans l'Amérique du Nord, au Maroc et au cap de Bonne-Espérance. Ses genres les plus classiques sont les Chrysophyllum, Lucuma, Achras, Sapota, Sideroxylon, Argania, Bumelia, Bassia, Isonandra et Mimusops, dont plusieurs espèces sont intéressantes, les unes par leurs fruits très estimés dans les pays chauds, les autres par les produits qu’ils fournissent à l’industrie et qui sont devenus l’objet d’un commerce important.

Scitaminées. — Grande famille de plantes monocotylédones, ordinairement herbacées, vivaces, souvent acaules, rarement arborescentes, à racines fibreuses ou tubériformes, à grandes feuilles ovales-lancéolées, parcourues dans leur longueur par une forte nervure médiane d’où sortent de fines nervures transversales et parallèles, qui vont rejoindre les bords de la feuille. Le pétiole, plus ou moins long, est creusé en gouttière à sa partie inférieure et embrasse la tige ou l’inflorescence. Les fleurs, toujours irrégulières, se composent d’un périgone de six pièces, dont les trois extérieures représentent le calyce et les trois intérieures la corolle. Les étamines sont tantôt au nombre de six, tantôt réduites à une seule. L’ovaire, toujours infère, c’est-à-dire soudé avec la base du périgone, est triloculaire, et devient un fruit tantôt bacciforme, tantôt sec et capsulaire. Les graines sont toujours périspermées.

Les Scitaminées ont été divisées en trois familles secondaires, qui sont les suivantes :

1° Les Zingibéracées, plantes aromatiques, à rhizomes rampants, plus ou moins tubériformes, caulescentes ou à tige enterrée. Leur caractère le plus essentiel est de n’avoir dans chaque fleur qu’une

seule étamine à filet ordinairement pétaloïde et à deux loges, qui se rapprochent pour former une goultière ou un tube incomplet autour du style qui le traverse dans sa longueur. Le fruit est presque toujours membraneux et capsulaire, et le périsperme des graines farineux.

Les Zingibéracées appartiennent presque exclusivement à la zone torride de l’ancien monde; quelques-unes cependant s’avancent jusqu'aux îles du Japon. Beaucoup d’espèces sont cultivées en qualité de plantes économiques, médicinales ou industrielles ; elles appartiennent principalement aux genres : Globba, Zingiber, Curcuma, Kæmpferia, Amomum, Hedychium, Alpinia et Costus.

2° Les Cannacées où Marantacées, qui se distinguent des Zingibéracées en ce qu’elles ne sont point aromatiques, qu’elles ont trois élamines à filets colorés et pétaloïdes, dont un seul porte une anthère, qui elle-même n’a qu'une seule loge. L’ovaire est triloculaire et surmonté d’un style pétaloïde, presque semblable aux filets staminaux stériles. Le fruit est une capsule membraneuse, dont les graines sont pourvues d’un périsperme farineux.

Les Cannacées appartiennent presque toutes aux régions chaudes de l'Amérique. Elles ont fourni à nos jardins de belles plantes d'ornement, tirées des genres Thalia, Maranta, Phrynium, Calathea, Myrosma ei Canna.

9° Les Musacées. Ce sont tantôt des herbes, acaules ou de taille gigantesque, tantôt, mais plus rarement, de véritables arbres non ramifiés, et dont le tronc rappelle celui des palmiers. Leurs feuilles, souvent énormes, ont, dans la plupart des espèces, des pétioles engainants qui enveloppent les tiges ou plutôt les inflorescences. Le caractère essentiel des Musacées, et qui les fait immédiatement distinguer des deux sous-familles précédentes, est d’avoir, dans chaque fleur, six étamines à anthères biloculaires et fertiles. Leur fruit est tantôt une grosse baie charnue et comestible, tantôt une sorte de capsule coriace, qui s'ouvre en trois valves. Leurs graines ont un périsperme plus dur et de consistance plus cornée que celui des Zingibéracées et des Cannacées.

Les Musacées appartiennent toutes aux régions tropicales de l’ancien et du nouveau monde, et un grand nombre de leurs espèces sont cultivées comme plantes économiques ou comme plantes d’ornement. Elles ne comprennent que les genres Æeliconia, Musa, Sirelitzia et Ravenala.

Scrophularinées. — Grande famille de plantes dicotylédones monopétales, à corolle presque toujours irrégulière, souvent même bilabiée. Les étamines, adhérentes au tube de la corolle, y sont normalement au nombre de 5 ; mais dans la plupart des cas l’une d'elles, celle qui est située à la partie supérieure de la corolle, avorte plus ou moins complètement. L’ovaire est libre, toujours formé de deux carpelles intimement soudés, et surmonté d’un style à deux stigmates. Le fruit est généralement une capsule à deux loges polyspermes, {rès rarement une baie.

Les Scrophularinées ont de grandes analogies avec les Solanées

DESCRIPTION DES FAMILLES y)

et les Bignoniacées. Elles comprennent aujourd’hui environ 150 genres et plus de 1,000 espèces, la plupart herbacées où sous-frutescentes; quelques-unes sont des arbrisseaux et même de petits arbres. Elles habitent toutes les régions du globe, mais elles abondent surtout dans l'hémisphère septentr ional de l’ancien et du nouveau continent. On y trouve quelques espèces médicinales, mais elles fournissent surtout une multitude de plantes d’ ornement à nos jardins, appartenant aux genres Verbascum, Celsia, Calceolaria, Linaria, Franciscea Pentstemon, Paulownia, Halleria, Mimulus, Achimenes, Gratiola, Veronica et Digitalis.

Solanées. — Plantes dicotylédones monopétales, herbacées ou arborescentes, propres surtout aux pays chauds, en dedans et en dehors des tropiques. Elles se font aisément reconnaître aux caractères suivants : feuilles alternes, sans stipules, simples ou plus ou moins découpées en folioles; calyce à cinq lobes, corolle tantôt étalée en forme de roue ou d’ étoile, tantôt tubuleuse ; étamines au nombre de cinq, insérées dans le tube de la corolle ; ovaire toujours libre, à deux loges et surmonté d’un seul style. Le fruit est quelquefois une capsule sèche, plus souvent une baie succulente qui renferme un grand nombre de graines nichées dans la pulpe. Chez plusieurs espèces ce fruit est comestible.

Les Solanées sont pour la plupart vireuses et narcotiques, quelques-unes même sont de redoutables poisons ; mais il en est aussi qui sont devenues des plantes alimentaires de premier ordre, telles que la pomme de terre, la tomate et l’aubergine. C’est à cette même famille qu'appartient le tabac, dont l’importance commerciale est si grande. Quelques Solanées sont usitées en médecine. Les genres les plus classiques de ce groupe sont les Atropa, Physalis, Solanum, Capsicum, Lycopersicum, Nicotiana, Datura, Hyoscyamus, Habrothamnus, Petunia et Zochroma.

Sterculiacées. — Arbres et arbrisseaux appartenant presque tous aux climats chauds, à feuilles alternes, simples ou composées, munies de stipules caduques. Leurs fleurs sont régulières ou irrégulières, souvent unisexuées par avortement. Le calyce est à cinq sépales, alternant avec autant de pétales. Les étamines, en nombre indéfini, sont monadelphes, c’est-à-dire soudées entre elles par leurs filets, comme chez les Malvacées ; mais leurs anthères sont biloculaires. L'ovaire est à 3 et plus souvent 5 loges, pluriovulées, et surmonté d’autant de styles qu’il contient de loges. Le fruit est tantôt une capsule, tantôt une sorte de baie charnue, et les graines presque toujours pourvues d’un périsperme charnu et huileux.

Les Sterculiacées se divisent en trois groupes assez distincts les uns des autres, qui sont les Bombacées, les Hélictérées et les Sterculiées. Les genres les plus intéressants sont les Adansonia, Pachira, Chorisia, Eriodendron, Bombax, Durio, Cheirostemon, dans le groupe des Bombacées; Æelicteres, dans celui des Hélic-

térées; Heritiera, Stereulia et Bi achychiton, dans celui des Sterculiées.

Ternstræmiacées. — Famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, polypétales, à feuilles alternes, coriaces, sans stipules, généralement imdivises. Le calyce y est composé de 5 à 7 pièces, concaves et caduques ; la corolle, qui n’a point de concordance avec le calyce, est formé de 5, 6 et 9 pétales. Les étamines sont en nombre indéfini. L’ovaire est libre, surmonté de 3 à 7 styles, correspondant à autant de loges ovariennes. Le fruit est presque toujours une capsule, déhiscente ou indéhiscente, qui ne contient qu’un petit nombre de graines, mais très grosses, et dont l’embryon est huileux et presque toujours dépourvu d’albumen.

Les Ternstrœmiacées appartiennent à l'Asie orientale et aux deux Amériques, plus nombreuses dans celle du Sud que dans l'autre. Beaucoup d'espèces ont été introduites dans les serres et les jardins de l’Europe; d’autres, en petit nombre, sont industriellles et alimentent un commerce important. Les principaux genres de la famille sont les suivants : T'ernstræmia, Visnea, Cleyera, Laplacea, Gordonia, Thea et Camellia.

Tiliacées. — Famille de plantes dicotylédones, presque toutes composées d'arbres, d’arbrisseaux ou de sous-arbustes, à feuilles simples, dentées et stipulées. Le calyce est formé de 4 ou 5 pièces, qui alternent avec un pareil nombre de pétales. Les étamines, en nombre indéfini, sont hypogynes, à anthères biloculaires. L’ovaire, composé de ? à 10 carpelles, le plus souvent cohérents entre eux, est surmonté d’un seul style, qui se divise en autant de stigmates qu'il y a de carpelles. Le fruit est quelquefois une sorte de baïe charnue, plus souvent une capsule pluriloculaire et à loges polyspermes.

Ce groupe de plantes est un peu artificiel, et il touche de près aux Malvacées, dont il a en partie les propriétés. Ses genres principaux sont: Tilia, Luhea, Sparmannia, Corchorus, Triumfetta, Grewia et Ælæocarpus, qui contiennent tous des plantes utilisées d’une manière ou d’une autre.

Ulmacées. —- Famille d'arbres et d’arbrisseaux dicotylédonés, à feuilles simples, alternes et stipulées; à fleurs herbacées, peu apparentes, réduites à un périgone calycinal de 4 ou 5 pièces, auxquelles sont opposées un pareil nombre d’étamines. Au centre de cette fleur se trouve un ovaire libre, biloculaire, quelquefois à une seule loge par l’avortement de la cloison de séparation. Le fruit est tantôt une sorte de capsule membraneuse, ou une samare ailée, monosperme, tantôt une drupe contenant un noyau et assez semblable à une petite cerise. Cette différence des fruits dans une même famille l’a fait diviser en deux tribus, celles des Ulmacées proprement dites et celle des Celtidées, la première caractérisée par un fruit sec, la seconde par un fruit charnu. l

Tous ces arbres appartiennent à l'hémisphère septentrional, en Europe, au Japon et en Amérique. Les genres qui peuvent nous intéresser sont les Ulmus, Celtis, Planera et Zelc ova.

Urticées. — Grande famille de plantes dicotylédones apétales, c’est-à dire dépourvues de corolle, monoïques ou dioïques, et dont les organes reproducteurs sont simplement entourés d’un involucre ou périgone herbacé, lobé ou sans lobes. Dans les fleurs mâles les étamines, opposées aux segments du périgone et en même nombre qu'eux, sont infléchies vers le centre de la “fleur, mais elles se redressent avec élasticité au moment de la floraison. Dans les fleurs femelles l’ovaire,’au centre du périgone, souvent tubuleux, est tantôt libre, tantôt adhérent. Le fruit est très rarement bacciforme, presque toujours c’est une sorte d’akène sec, ne contenant qu’une graine.

Cette famille comprend des arbres, des arbrisseaux et des herbes vivaces ou annuelles. Elle a d'assez nombreux représentants dans les climats tempérés et tempérés-chauds, mais elle abonde surtout entre les tropiques. Quelques espèces sont armées de poils urticants, c’est-à-dire causant des brülures douloureuses quand ils pénètrent dans la peau, ce qui arrive au moindre contact, ainsi qu’on le voit dans les orties de nos climats. Des brûlures incomparablement plus violentes, et qui sont quelquefois suivies d'accidents mortels, sont produites par d’autres espèces qui habitent l'Inde et les îles de la Sonde. Par une sorte de compensation, le groupe des Urticées content beaucoup de plantes utiles, les unes par leurs fibres tenaces qui servent à faire des étoffes, des cordages et du papier, les autres par quelques propriétés médicinales. Les genres les plus intéressants à ces divers points de vue sont les Ur tica, Bœhmeria, Parietaria, Pilea et Pellionia.

Verbénacées. — Famille de plantes dicotylédones monopétales, comprenant des herbes, des arbrisseaux et des arbres de grande taille. Leurs feuilles sont plus souvent opposées qu’alternes, simples ou composées, toujours dépourvues de stipules. Les fleurs, régulières ou irrégulières, quelquefois bilabiées, se composent d’une corolle tubuleuse à 4 ou 5 lobes, et de 4 étamines inégales par didynamie, auxquelles s’en ajoute quelquefois une cinquième incomplétement développée et stérile. L’ovaire, libre au fond de la fleur, est à 2 ou à 4 loges, où le nombre des ovules varie de un à plusieurs. Le fruit est tantôt une baie, tantôt une capsule, à 2? ou à 4 loges, ne contenant chacune, le plus souvent, qu’une seule graine développée et sans périsperme.

Les Verbénacées sont voisines des Boraginées et surtout des Labiées, dont on les distinguera toujours facilement à leur ovaire et à leur fruit, qui n’est pas gynobasique comme dans ces deux familles. On en connaît aujourd’hui une quarantaine de genres, la plupart des contrées intratropicales. Plusieurs espèces sont utilisées par l’industrie et par la médecine, un plus grand nombre par l’horticulture d'ornement. Les genres les plus intéressants à ce triple point de vue sont les Zippia, Verbena, Lantana, Vitex, Clerodendron, Duranta, Callicarpa et Tectona.

Xanthoxylées. — Arbres et arbrisseaux des contrées chaudes ou tempérées-chaudes de l'Amérique, de l'Inde et de l'Asie. Par

; CLEA MNT La | 78 DESCRIPTION DES FAMIL EL beaucoup de caractères cette famille se rattache aux Rutacées et aux Aurantiacées. Ses feuilles sont simples ou composées, sans stipules, parsemées de glandes aromatiques. Les fleurs, habituel ment hermaphrodites, souvent aussi tendant à l’unisexualité p avortement de l’un des deux sexes, se composent d’un calyce de

ie 4 ou 5 pièces, d’une corolle régulière de 4 ou 5 pétales et d’un pareil

Fa nombre d’étamines. L'ovaire est formé de 3 à 5 carpelles, tantôt distincts et libres, tantôt soudés entre eux. Le fruit est une baie

succulente, quelquefois une capsule. Les genres principaux sont : Pielea, Ailantus et Xanthoxylon. #” “

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