‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 23 sur 62 · AU IT · texte numérisé non relu

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que intérêt à l’introduire. Il croît lentement, mais à la longue il forme une large tête, qui donne beaucoup d’ ombre. Il se reproduit en outre facilement de rejets du pied. Ses fruits, assez semblables à de très grosses olives, servent à nourrir le bétail, et l’amande de ses noyaux donne, par la pression, une huile un peu âcre qui est cependant utilisée dans la cuisine populaire, et qui peut d'ailleurs servir à d’autres usages. L'arbre est rustique dans le midi méditerranéen de la France.

ARISTIDA prodigiosa WELWITSCH. — Graminée fourragère du pays d’Angola, dont elle occupe les collines rocailleuses les plus arides. D’après Welwitseh, qui la découverte, c’est presque l’unique fourrage qui, dans ces déserts torrides de l’ Afrique sud-occidentale où la sécheresse est excessive, sert de pâture aux zèbres, aux antlopes et autres animaux herbivores. Son introduction dans les pays de climats analogues pourrait évidemment rendre d'importants services à l'agriculture. Peut-être les obtiendrait-on aussi des À. plumosa et ciliata Desr., trouvés par le botaniste Desfontaines dans le nord de l'Afrique. Ajoutons à ceci que les Aristida, très voisins des Spa, et portant, comme ces derniers, des panicules plumeuses fort élégantes, pourraient contribuer à alimenter la petite industrie des bouquets de graminées sèches, aujourd’hui employés pour orner les chapeaux de femmes, et dont le commerce à une certaine importance.

L’A. pungens DEsr., qui s'élève jusqu'à 1"50 ou 2 mètres, est le meilleur et presque l’unique fourrage du Sahara algérien. C’est le Drinn des Arabes.

ARISTOLOCHIA. — (Genre principal du groupe des Aristolochées et comprenant d'assez nombreuses espèces, dont quelquesunes (A. clematitis L. et À. rotunda L.) sont européennes et jadis employ ées en médecine comme emménagogues. Parmi les espèces exotiques il ne sera pas sans intérêt de signaler les suivantes

À. serpentaria L. — Espèce grimpante de PAmérique du Nord, dont la racine est considérée comme l’antidote du venin des serpents et jouit en même temps de la réputation d’être un puissant remède des maladies typhiques.

A. anguicida L. — De l'Amérique du Sud et non moins célèbre que la précédente par l’action délétère qu’elle exerce sur les serpents venimeux. On assure qu’un fragment de sa racine, pilé et introduit dans la gueule de ces animaux, les fait tomber dans une sorte de catalepsie ou d’anesthésie de longue durée, qui permet de les manier impunément, et qu'il suffit de quelques g soutles du suc de cette racine ingérées dans l’estomac du serpent pour le faire périr presque instantanément. On croit que cette espèce d’Aristoloche est le quaco des habitants de la Colombie, dont l'efficacité contre les morsures des serpents les plus venimeux est attestée par des voyageurs et des savants dignes de foi. Plusieurs autres espèces participent plus où moins de ces propriétés, telles que les À. pallida, bœætica, longa, rotunda, ete., et il parait avéré que c’est à l’aide de quelqu'une de ces plantes que les anciens jongleurs égyptiens en-

gourdissaient les serpents pour les manier sans danger et sans crainte, au grand étonnement des spectateurs.

A. recuroilabra HaNcE. — C’est l'espèce qui produit, en Chine, la drogue connue sous le nom de Putchuck vert, très employée dans la médecine chinoise. On en exporte annuellement de la ville de Ning-Po pour plus d’un demi-million de francs.

Beaucoup d’autres Aristoloches de l’Inde et de l'Amérique sont usitées en thérapeutique. Toutes ces plantes devraient être cultivées et étudiées au point de vue de leurs propriétés. Quelques-unes déjà, remarquables par leurs inflorescences bizarres de forme et de coloris, existent dans les jardins de l’Europe, en qualité de plantes d'agrément, telles, entre autres, que les A. sipho, triloba, grandiflora, labiosa, picta et ornithocephala, cultivées les unes à Pair libre, les autres en serre chaude.

ARISTOTELIA Maqui L'Hérir. — Arbrisseau du Chili, que quelques auteurs rattachent au groupe des Tiliacées. Ses baies succulentes et légèrement sucrées-acidulées, assez analogues sous ce rapport à celles du myrülle des montagnes d'Europe, sont comestibles. Cet arbrisseau est depuis longtemps introduit dans les jardins botaniques de l’Europe, mais il y fructifie rarement, soit par défaut de chaleur, soit par suite d’une taille trop fréquente, qui l'empêche de prendre son développement normal. Jusqu'ici il n’a guère qu’un intérêt scientifique ou de curiosité.

ARMENIACA. — Abricotier. Genre d'arbres de la famille des Rosacées-Amygdalées, qui ne difière des pruniers qu’en ce que les feuilles y sont plus larges et plus lisses ; aussi Linné les réunissait il aux pruniers. Ce genre, réduit à deux ou trois espèces, n’en contient qu'une qui ait une réelle valeur, mais elle est de premier ordre en arboriculture fruitière.

A. oulgaris LiNck. — L’abricotier proprement dit. Il nous est venu d'Orient, sans qu’on sache exactement de quelle région, quoique son nom puisse faire supposer qu’il est originaire d'Arménie. Tout le monde connaît les abricots, fruits délicieux et parfumés, qui figurent avec honneur sur les tables les mieux servies, et qui ont en outre divers emplois en confiserie. C’est l'Auvergne qui, en France, produit les meilleurs abricots, et qui les cultive le plus en grand pour le commerce. Sous la latitude de Paris les fleurs d’abricotiers sont assez souvent détruites par la gelée ou la neige des premiers jours de printemps; plus au nord l’abricotier se cultive en espalier, et quelquefois est abrité sous des châssis vitrés pendant une partie de l’année.

On cultive sous le nom d’abricotin une seconde espèce, ou peutêtre une simple variété d’abricotier, à fruits lisses, peu parfumés, et seulement de la grosseur d’une prune ordinaire. C’est un fruit médiocre, de simple fantaisie ou de curiosité, mais dont la maturité est plus précoce que celle du véritable abricot.

A. dasycarpa PERS. — Abricot noir. On le croit originaire de l'Amérique du nord, mais on ne le connaît encore qu’à l’état cultivé

dans quelques jardins de l'Europe. Ses fruits, qui ressemblent à de grosses prunes noires, sont à peu près comestibles. Cet arbre a été trop négligé, et il est probable qu’à l’aide de semis répétés et de Ja sélection on en pourrait obtenir des variétés supérieures au type actuel.

ARRACACHA. — Genre d'Ombellifères, particulier à la région montagneuse de la Nouvelle-Grenade et de la Colombie, et dont une espèce, peut-être unique dans le genre, l'A. xanthorrhiza BANCROFT, ou esculenta d'autres auteurs, produit une racine tubériforme assez semblable à un gros panais, et qui est comestible. Bien avant l’arrivée des Européens en Amériqne, les indigènes la cultivaient et en faisaient leur nourriture. Les Espagnols, qui leur ont succédé, ont adopté la plante, devenue un de leurs meilleurs légumes. À bien des reprises on a essayé de la cultiver en Europe, mais toujours sans succès. On aurait plus de chance de réussite dans celles de nos colonies dont le climat, également chaud toute l’année et humide, se rapproche de celui des montagnes de l'Amérique équatoriale. Elle a produit, comme la carotte d'Europe, plusieurs variétés, qui se distinguent à leur couleur, blanche, jaune ou violette, et qui diffèrent aussi par la saveur.

ARTEMISIA.— Genre de Composées carduacées, la plupart aromatiques, parmi lesquelles nous distinguerons les suivantes :

A. Absinthium L. — L’'absinthe proprement dite, usitée en médecine depuis les temps les plus anciens. C’est une herbe vivace dont les fleurs (capitules) desséchées sont toniques et anthelminthiques, ce qui leur a fait donner le nom de semen contra vermes dans les anciennes pharmacies. Elles entrent aussi dans la composition de la liqueur alcoolique de même nom. On recommande d’éloigner l’absinthe des ruches, parce qu’elle communique un mauvais goût au miel. Elle doit ses propriétés à un alcaloïde, l’absinthuine, sorte d'huile fixe qui se solidifie en cristaux, et à une huile volatile qui lui est particulière.

A. Cina BERG. — Du Kourdistan. C’est cette espèce qui fournit ce qu’on appelle les graines de santonine (ses capitules floraux), depuis longtemps employées comme vermifuge. Plusieurs autres espèces asiatiques jouissent des mêmes propriétés.

A. Dracunculus L. — L’estragon. Il est originaire de Sibérie et cultivé dans les jardins potagers comme condiment. Ses propriétés paraissent dues à deux huiles volatiles qui lui appartiennent en propre.

A. mutellina VizLars. — Plante des Alpes à tiges demi-ligneuses, fortement aromatique et qui entre, avec d’autres espèces des mêmes lieux (A. glacialis, À. rupestris, A. spicata), dans la composition de diverses liqueurs (chartreuse, bénédictine, absinthe, etc.). Toutes ces espèces, connues dans les Alpes sous le nom général de génipt, pourraient être cultivées dans les localités alpines de beaucoup d’autres pays.

Citons encore |A. pontica L., du midi de l’Europe et de l'Asie

occidentale, qui est plus aromatique et en même temps moims amère que l’absinthe commune; plusieurs autres espèces, lant européennes qu'asiatiques, mériteraient d’être cultivées, principalement en qualité de plantes médicinales.

L'A. Herba alba, d'Algérie, quoique très aromatique, est recherchée des moutons, des chameaux et même des chevaux.

L'A. abrotanum, vulgairement citronnelle, est cultivée quelquefois comme plante condimentaire. On pourrait appliquer aux mêmes usages l'A. gallica du midi de l'Europe.

ARTHROSTYLIDIUM. — Genre de Graminées arborescentes, analogues aux bambous, toutes américaines. Dans le nombre nous signalerons les suivantes :

À. excelsum GrISEB. — Des Antilles. Plante de 20 à 25 mètres, dont le chaume a de 070 à 080 de circonférence. C’est un des plus grands bambous connus.

A. longiflorum Munro. — Du Vénézuela, dans la région montagneuse, à près de 2,000 mètres d'altitude.

À. racemiflorum STEUDEL. — Bambou d’une dizaine de mètres, des montagnes du Mexique, jusqu’à l'altitude de 2,500 mètres.

A. Schomburgkii Muxro. — Bambou d’une vingtaine de mètres, croissant sur les sommets les plus élevés de la Guyane, jusqu’à 2,000 mètres d'altitude.

Toutes ces espèces seraient rustiques ou demi-rustiques dans les parties les plus chaudes du midi de l'Europe.

ARTOCARPUS. — Principal genre du groupe des Artocarpées, dont deux espèces sont renommées pour leur utilité, comme végétaux alimentaires :

A. incisa ForsT. — 1/arbre à pain proprement dit. Il est originaire de Taïti, mais aujourd’hui répandu dans les îles Sandwich et dans beaucoup d’autres archipels océaniques, même en dehors de la zone intratropicale. Cet arbre a produit de nombreuses variétés, qui se distinguent, les unes par l'absence de graines dans la pulpe du fruit, les autres par leur précocité ou leur tardiveté, ce qui permet, en choisisant les différentes races, de récolter des fruits pendant toute l’année. Ces fruits, qui sont très volumineux et dont la structure a beaucoup d’analogie avec celle des fruits de nos müûriers, contiennent une grande quantité de fécule, dont on fait des pains, des gâteaux, des potages et autres préparations culinaires.

À. integrifolia L. —- Le Jaquier. Arbre assez voisin du précédent et qui rend à peu près les mêmes services, mais il demande un peu moins de chaleur, ce qui permet de le cultiver dans l’Inde jusqu’à plus de 1,000 mètres d'altitude.

ARUNDINARIA. — Genre de Graminées vivaces, confondues par beaucoup d’auteurs avec les bambous proprements dits, dont elles diffèrent d’ailleurs assez peu ; mais elles sont plus particulièrement cantonnées dans les hautes montagnes de l'Asie, aussi sontelles toutes à peu près rustiques dans le midi de l'Europe et quelques-

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unes jusque dans le centre. Ce sont des plantes intéressantes à plus d’un point de vue, ainsi qu’on en jugera par ce qui va suivre.

A. falcata NEës. — De l'Himalaya occidental, jusqu’à l’altitude de 2,000 mètres; par sa.petite taille (2? mètres au plus) cette espèce semble intermédiaire entre les bambous et les roseaux. Ses chaumes, qui n’ont guère que la grosseur du petit doigt, paraissent annuels, et ceux qui fleurissent sont dépourvus de feuilles. Un caractère qui peut servir à faire distinguer cette espèce consiste en ce que le style estbifide jusqu’à sa base. On l’a confondue jusqu’iciavee la suivante.

A. spathiflora TriNius; Thamnocalamus spathiflorus Muxro.— De l'Himalaya occidental, aux altitudes de 2,500 à 3,000 mètres, ou un peu plus.

C’est le bambou Æirngal ou Ningala de l'Inde, et vraisemblablement celui qui a été introduit en Europe sous le nom d'A. falcata. Ses chaumes, de la grosseur du pouce d’un homme, hauts de 9 à 10 mètres, forment des toufles serrées, sans drageonner au loin comme celles d’autres espèces de bambous. Ils durent plusieurs années, et à de certaines époques on les voit fleurir, puis périr après avoir müûri des graines. Les inflorescences, dans cette espèce, forment de grandes panicules à branches retombantes; le style est divisé, jusqu’à sa base, en trois stigmates plumeux.

Selon toute apparence, c’est au genre Arundinaria qu'il faut rattacher le bambou Jurbouta du Népaul, qui diffère du précédent en ce que ses cannes croissent isolément et non en groupes comme celles de l'A. spathiflora. Il est au moins aussi rustique que ce dernier, car 1l s’élève jusqu'aux abords des glaciers, à plus de 3,000 mètres d’altitude. Il en est de même du bambou 7ham ou Kaptur des mêmes régions, espèce encore très peu connue. À un niveau un peu plus bas (2,000 mèêtres) se trouve l'A. Æookeriana Muxro, vulgairement nommé Yoksun et Praong. C’est une petite espèce, haute de 4 à 5 mètres au plus, dont la graine est alimentaire dans le pays et sert en outre à fabriquer une sorte de bière.

À tort ou à raison on a classé parmi les Arundinaria les espèces suivantes :

À. japonica SiE8. et Zucc. — Le bambou Métaké du Japon, déjà commun dans les jardins de l’Europe. C’est une petite espèce simplement ornementale, haute de ? à 3 mètres au plus.

À. macrosperma Micax. — Du sud des Etats-Unis. Ce n’est guère qu'un grand roseau de 5 à 6 mètres, employé pour garnir le bord des mares et des cours d’eau, mais fournissant en même temps un abondant fourrage vert pendant tous les mois de l’année. On le multiplie uniquement par division des rhizomes.

Aux mêmes régions appartient l’A. {ecta MuuLENB@, sorte de grand roseau, intéressant par son abondante production de graines farmeuses, qui servent à la nourriture du bétail et des oiseaux de basse-cour. Les incendies des prairies le font insensiblement disparaître des lieux où il croit naturellement.

On cite encore dans le même genre les espèces suivantes :

L A. acuminata MuNro. —- Du Mexique. Plante de 6 à 7 mètres de auf.

A. callosa Muxro. — De l'Himalaya, à l’altitude de 2,000 mètres. C’est un des plus petits bambous connus, mais il est très rustique.

A. debilis THwaITEs.— Des hautes montagnes de Ceylan. Plante à chaumes grêles, mais très élevés.

Citons, seulement pour mémoire, les À. khasiana et suberecta de l'Himalaya ; fessellata, de l'Afrique australe, et verticillata, du Brésil.

ARUNDINELLA nepalensis TRiN. — Graminée fourragère de l'Afrique, de l'Asie méridionale et du nord de l'Australie, partout utilisée comme fourrage à faucher ou à faire consommer sur place par les bestiaux. A la Nouvelle-Zélande, où on l’a introduite il y a quelques années, on en fait grand cas pour ses qualités nutritives et pour la rapidité avec laquelle elle repousse après chaque récolte, ce qui permet d’en faire plusieurs coupes dans l’année. Elle s’y accommode d’ailleurs de presque tous les terrains, même de ceux qui sont élevés et sujets à la sécheresse.

ARUNDO. — Genre de Graminées assez mal défini, comprenant un certain nombre de plantes vivaces par leurs rhizomes, mais à tiges annuelles ou tout au plus bisannuelles, quelquefois ligneuses et servant à divers usages économiques. Citons principalement les suivantes :

A. Donaæ L. — Le grand roseau de Provence. Probablement originaire de l’Orient, mais naturalisé depuis un temps immémorial dans le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique. Ses cannes, de la grosseur du pouce, longues, suivant les sols et les climats, de 4 à 8 mètres, sont fistuleuses, mais solides et relativement résistantes. On les emploie communément à faire des treillis, des claies, des clôtures et, dans certains pays, des échalas pour les plantes grimpantes (pois, haricots, etc.) et même pour la vigne. On s’en sert encore, dans quelques parties du midi de la France, pour couvrir la charpente des maisons rustiques et soutenir les tuiles. Lorsqu’elles sont très grandes et très fortes, on en fait des lignes pour la pêche.

Outre ces usages, le grand roseau est fréquemment employé comme brise-vent. On le plante alors en ligne le long des champs, et il ne tarde pas à former des toufles épaisses qui répondent assez bien au but qu’on se propose, tout en permettant d’y cueillir des cannes pour les usages ci-dessus indiqués. Ce roseau, toujours multiplié par éclats de la souche, semble avoir perdu la faculté de se reproduire par graines ; dans le midi de la France il fleurit tous les ans, et néanmoins reste stérile. Il croît dans tous les sols, mais il prend ses plus belles proportions dans les bonnes terres humides, au voisinage des fossés d'irrigation et des cours d’eau.

L’'A. Donazæ est aussi considéré comme plante d'ornement dans le nord et le centre de la France. Ses cannes n’y mûrissent pas et ne peuvent être d'aucun usage, mais une belle touffe de ce roseau, croissant isolée au milieu d’une pelouse ou d’un gazon, est d’un effet très pittoresque. Il a produit une variété rubanée de blanc, très jolie,

mais moins vigoureuse et moins grande que le type, Au nord du 45° degré de latitude, la souche doit être couverte de paille ou de feuilles pendant l'hiver, pour la mettre à l’abri de la gelée.

A. Pliniana Turra. — Des alentours de la Méditerranée et de l'Adriatique. Il ne difière de l'A. Donax que par une moindre taille et des cannes moins grosses. Il n’est guère cultivé que comme plante d'ornement ou de curiosité.

A. gigantea DC. — Du midi de la France et, dit-on, aussi de l'Egypte. C’est une espèce essentiellement aquatique, qui ne vient bien que le pied dans l’eau. Ses cannes, plus grèles que celles du Donaæ, sont tout aussi longues, et se terminent par de grandes et belles panicules, très fournies, d’une légère teinte violette. Ce grand roseau serait un bel ornement pour les pièces d’eau, dans les parcs et les jardins d'agrément.

A. bengalensis RoxBG. — De l’Inde et de la Chine. Très voisin de l'A. Donazx, dont il est peut-être une simple variété, sinon même la souche première. Ses longues panicules bigarrées de blanc et de violet en font une plante d’ornement d’un certain effet.

A. conspicua Forsr. — De la Nouvelle-Zélande et des îles Chatam. C’est aussi une belle plante d'ornement, par son feuillage touflu et ses panicules argentées.

A. Sellowiana SCHULTES. — Le roseau des Pampas, introduit depuis longtemps en Europe, et même déjà commun dans les parcs et jardins d'agrément, sous le nom de Gynerium argenteum. I est originaire de Pampas ou grandes plaines de l'Amérique du Sud (La Plata, le Paraguay, etc.), ce qui explique le succès de sa culture dans le midi de l’Europe et jusque sous le climat de Paris. Il forme d'énormes touffes de feuilles longues de près de deux mètres, très étroites et rudes au toucher, et du milieu desquelles s’élancent des chaumes de la grosseur du doigt, hauts de 2 à 4 mètres, et terminés par de très grandes panicules, fournies et légères comme de la plume, d’une suprême élégance, blanches-argentées ou violettes suivant les variétés. C’est une remarquable plante d'ornement, mais autrement inutile. On la multiplie avec une égale facilité de semis et d’éclats de la souche.

A. saccharoides GRISEBACH. — Des régions intratropicales de l'Amérique du Sud, plus grand et tout aussi beau que le roseau des Pampas, mais pas assez rustique pour être cultivé dans le midi de l’Europe, du moins dans le midi de la France.

A. Karka Rox8G. — De l'Inde, de la Chine et du Japon. Roseau de grande taille, mais encore peu connu en Europe. Ses cannes fendues en lamelles servent, comme celles du roseau de Provence, à faire des claies et des nattes, et sans doute à d’autres usages encore.

D’autres espèces de roseaux, aujourd’hui classées dans d’autres genres, méritent d'attirer l'attention des cultivateurs. Telles seraient l’Ampelodesmos tenax, du midi de l'Europe et du nord de l’Afrique, dont les longues feuilles tenaces et les tiges servent à faire des liens pour la vigne et autres plantes grimpantes, et l’Arundo phragmites L., le roseau commun des marécages, utilisé, là où il croît, comme litière pour les bestiaux.

ASIMINA /riloba L. — Asiminier. Petit arbre ou simple arbrisseau de la famille des Anonacées, originaire des parties méridionales des Etats-Unis d'Amérique, où on en récolte les fruits, quoiqu’il n'ait pas été soumis jusqu'ici à une culture régulière. Ces fruits, les asimines, ont la forme d’une petite banane, tout en étant proportionnellement plus courts etplus épais; ils en rappellent aussi la saveur etils y ajoutent un parfum des plus agréables. L’asimine pourrait devenir un fruit de premier ordre, sielle était perlectionnée par la culture et la sélection. Son seul défaut est de contenir trop de pepins, qui sont d’ailleurs fort gros et diminuent d'autant la quantité de la chair. Il serait à désirer qu’on en obtint des races ou variétés sans pepins, comme on l’a fait pour beaucoup d’autres fruits.

L’'asiminier a été introduit dans les jardins botaniques de PEurope; il est rustique jusque vers le centre de la France, mais nous ne l’avons vu fructifier que dans le Midi. On doit regretter que les horticulteurs et les pépiniéristes ne lui aient pas donné toute l’attention qu’il paraît mériter.

ASPARAGUS. — Genre de Liliacées asparaginées, à racines fibreuses et traçantes, à tiges annuelles et très ramifiées, dont les fleurs, petites et verdâtres, donnent naissance à des baïes rondes et sans suc, ordinairement rouges, contenant trois à quatre graines. Les tiges de ces plantes, d’abord herbacées et tendres, sont comestibles; plus tard elles durcissent et ne sont d’aucun usage. Une des espèces du genre est devenue un légume du premier ordre dans les pays tempérés, principalement en Europe. C’est la suivante :

À. officinalis L.—- L’asperge commune, plante indigène dans l’occident de l’Europe, au voisinage de la mer et dans les terrains sablonneux, que ses racines traçantes contribuent à fixer. On la cultive aujourd’hui dans tous les pays à climats tempérés et tempéréschauds, etelle est devenue une branche importante du commerce horticole dans les grandes villes de l’Europe et de l'Amérique du Nord. Sa culture perfectionnée aux environs de Paris est très lucrative.

A. acutifolius L. — De tous les pays riverains de la Méditerranée, où on la trouve principalement dans les endroits rocailleux et arides, au milieu des broussailles. Ses pousses longues et grêles sont récoltées par les femmes et les enfants et vendues sur les marchés.On les mange préparées de la même manière que les asperges ordinaires. Il est à regretter que cette plante soit négligée par la culture, d’autant plus qu’elle vient dans des sols où l’asperge commune ne réussirait pas. On peut en dire autant des suivantes.

A. albus L. — Du midi de l’Europe, très commune surtout dans le nord de l'Afrique. Cette espèce est beaucoup plus grande que la précédente, et comme ses tiges ligneuses, presque blanches, sont garnies d’épines, on s’en sert pour clôturer les champs. Ses pousses cueillies jeunes sont comestibles. |

A. laricinus BurcHELL. — De l'Afrique australe. Cette espèce est de grande taille et buissonnante. Ses jeunes pousses, au dire du docteur Pappe, sont tendres et légèrement aromatiques.

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