C. Gilliesit WaLr., voir Poinciana
CAJANUS indicus DC. — Arbrisseau légumineux, de l’Inde et de l'Afrique, aujourd’hui cultivé pour ses graines comestibles dans tous les pays intratropicaux, où il porte différents noms. C’est le Cajan où Pois d'Embrevade de nos colonies. Ses gousses ont beaucoup de ressemblance avec celles des haricots, mais ses graines sont beaucoup plus petites. La plante dure communément trois ans, et, dans un bon terrain, elle peut s'élever à 4 ou 5 mètres et est très productive ; toutefois sa culture n’est tout à fait rémunératrice que dans les pays chauds. Le cajan est néanmoins à demi-rustique, et nous l’avons vu produire ses graines dans le midi méditerranéen de la France. On en cultive d’ailleurs, sur les pentes de l’'Himalaya, jusqu’à 1,500 ou 2,000 mètres de hauteur, une variété plus résistante au froid. En Egypte, dans les meilleures terres, le cajan donne un produit énorme (près de 2,000 kil. par acre). Dans tous les pays où on le cultive, sa graine est mangée en vert comme les petits pois en Europe, ou en sec, et, à ce dernier état, on le préfère aux dolics et aux pois chiches.
D’après le voyageur Speke, les nègres du centre de l'Afrique se servent de la tige du cajan pour obtenir du feu par frottement. Dans
l'Inde, surtout dans la province d’Assam, suivant le témoignage du docteur Brewster, le cajan sert à nourrir l’insecte à laque, ainsi que des chenilles sérigènes, ce qui lui donne un nouvel intérêt, aujourd'hui surtout qu'on cherche à suppléer au déficit de la soie par l'introduction en Europe de nouvelles espèces de vers. Ces expériences pourraient être tentées avec succès en Algérie. Le cajan existe, comme plante de‘simple agrément, dans quelques jardins de l’Europe, où on le conserve moyennant des abris pendant l’hiver.
CALAMUS. — Palmiers de l'Inde, de la Malaisie et des Moluques, remarquables par la longueur extraordinaire de leurs tiges sarmenteuses, calamilormes, qui grimpent par enchevêtrement jusqu’au sommet des arbres les plus élevés. Une espèce doit particulièrement nous intéresser, c’est le C'. montanus ANDERS., de l'Himalaya, où on le rencontre jusqu’à 2,000 mètres de hauteur, localités exposées à la gelée et à la neige. Ses longues tiges, résistantes comme des câbles, y rendent de nombreux services. C’est avec elles qu’on construit les ponts supendus, très légers et très solides, sur lesquels on traverse les grandes rivières du Sikkim; on s’en sert aussi comme de cordes pour trainer les troncs d’arbres qu’on abat dans les forêts du pays. Avec ces tiges on fabrique des paniers inusables, des treillis, des berceaux, des chaises, des pliants, etc. Enfin on en fait des cannes, des cravaches, des manches d’ombrelles et divers autres ustensiles; aussi exporte-t-on de la province de Sikkim dans les autres parties de l’Inde et en Europe des quantités considérables de tiges de ce palmier. C’est probablement le plus rustique de tout le genre, et, pour cette raison, celui qui se prêtera le mieux aux essais de naturalisation dans le midi de l’Europe et le nord de l'Afrique.
CALLITRIS. — Genre de Conilères composé d'arbres et d’arbrisseaux de l'Afrique et de l'Australie, dont quelques-uns ont un grand intérêt pour le sylviculteur; signalons dans le nombre :
C. quadrivalois VENT. — Du nord méditerranéen de l’Afrique. Il est célèbre dès le temps des Romains, qui en recherchaient les vieilles souches noueuses pour en faire des meubles et particulièrement des tables mouchetées de brun sur fond clair. C’étaient ces fameuses mensæ apiatæ, dont parle Cicéron, et qui se vendaient à des prix fabuleux. Cet arbre existe encore en Algérie et au Maroc. On le cultive dans quelques parcs du midi de la France, comme arbre d'ornement, et on l’emploie aussi aux reboisements en Algérie. Outre son bois, qui a de la valeur, surtout comme bois d’ébénisterie, 1l produit une résine particulière qui est la sandaraque du commerce.
GC. arborea ScaraD.; Widdringtonia juniperoides ENDLICH. — De l'Afrique australe, sur des points élevés de 1,000 à 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est un arbre de moyenne taille, grand producteur de résine, probablement analogue à la sandaraque.
C. columellaris Kerd. von MULLER. — De l'Australie orientale, dans les terrains sablonneux des côtes. C’est un arbre d’une vinglaine de mètres, dont le bois résistant, à grain fin et aromatique, est
susceplible d’un beau poli. Il n’est point attaqué par les larets ni par les termites. On l’emploie à diverses constructions à terre et dans l’eau; on en fait aussi des poteaux de télégraphes. Ses racines sont recherchées par les menuisiers et les ébénistes, à cause des belles maculatures de leur bois.
C. verrucosa Rob. Br. ; Frenela À. CunniNGu.— De l'Australie, ainsi que les C. Macleyana Ferd. von MuLrer, Parlatorei Ferd. von MuLLER et plusieurs autres encore, qui tous sont de beaux arbres forestiers et des producteurs de sandaraque. D’après le climat des lieux qu'ils habitent, on peut présumer qu'ils conviendraient parfaitement au midi de l'Europe et au nord de l'Afrique. Quelquesuns même s’acclimateraient dans la plupart de nos colonies intratropicales.
CALODENDRON capense THUNBG. — Grand et bel arbre de la famille des Rutacées, indigène dans la colonie du Cap et dans la Cafrerie orientale, jusqu'ici peu connu en Europe, mais très digne d’être introduit comme arbre d'ornement dans les parties méridionales des pays méditerranéens et dans tous ceux à climat tempéréchaud. Par son grand feuillage persistant et les panicules de fleurs blanches qui terminent ses rameaux, il occupera les premiers rangs dans la série déjà nombreuse d'arbres et arbrisseaux qui sont l’ornement habituel de nos parcs et de nos jardins méridionaux. C’est le Wilde Kastanien (chàätaignier sauvage ) des colons hollandais de VAfrique australe.
CGALOTROPIS procera BROWN. — Arbrisseau de la famille des Asclépiadées, commun dans l’Inde centrale et occidentale, d’où il s’avance jusqu'en Perse et en Syrie, en traversant l'Afghanistan. Il est ornemental et médicinal à la fois. C’est le Mudar des Indous, qui en font un grand usage dans diverses maladies, principalement dans la dyssenterie, où il remplace avantageusement l’Ipécacuanha. Cet arbrisseau était connu en Europe dès le temps de Prosper Alpin, au seizième siècle; néanmoins il est resté rare dans les jardins botaniques. Ne fut-ce qu'à cause de ses propriétés médicinales, il mériterait de reparaître dans les arboretum du midi de l'Europe; mais il peut rendre encore d’autres services, tant par les fibres tenaces de son écorce dont on fait des cordes, que par le suc laiteux de ses feuilles qu’on emploie dans la tannerie pour l’épilage des peaux. Le charbon de son bois est utilisé dans la confection de la poudre de guerre.
Le C. gigantea Br., des parües orientales de l’Inde et du midi de la Chine, jouit des mêmes propriétés. C’est un plus grand arbrisseau que le précédent, et qui s’accommoderait moins que lui des climats secs de l'Occident.
CALYPTRANTHES aromatica Aug. SAINT-HILAIRE. — Arbrisseau de la famille des Myrtacées, indigène du Brésil méridional, dont les boutons de fleurs équivalent presque aux clous de girofle. Les baies, elles-mêmes, sont employées comme épices, dans le pays.
Par sa provenance, cet arbrisseau est mieux approprié aux climats tempérés-chauds que son analogue des Moluques le Caryophyllus aromaticus, qui produit les clous de girofle du commerce.
CALYPTRONOMA Sioartleit GRiSEB. — Grand palmier des Antilles, qu’on y trouve végétant vigoureusement encore à 1,000 mètres de hauteur supramarine. Ce sont ses feuilles qui fournissent ce qu’on appelle le chaume de la Jamaïque, dont on compose des toitures légères, d’une belle couleur d’ambre, et qui durent, assure-t-on, une vingtaine d'années sans avoir besoin de réparation. Ces feuilles nerveuses pourraient, en outre, fournir de la pâte à papier, comme celles de beaucoup d’autres palmiers.
CAMELINA satioa CRANTz. — La cameline. Crucifère annuelle, d’une grande partie de l’Europe et de l’Asie moyenne, cultivée en beaucoup de pays pour les fibres qu’on retire de sa tige et surtout pour l’huile qu’on extrait de ses graines. Cette culture n’est pas épuisante, et elle peut succéder avec avantage à une récolte de céréales; elle réussit même sur les terres pauvres avec de faibles doses d'engrais, et n’est guère sujette aux attaques des pucerons. Un agriculteur anglais, M. W.Taylor, a récolté jusqu’à 32 bushels de graines de cameline sur un acre de terre, ce qui lui a donné 540 livres d'huile. La plante n’occupe le sol que pendant quelques mois.
CAMELLIA. — Arbres et arbrisseaux de la famille des Ternstrœmiacées, originaires de la Chine et du Japon, dont une espèce, le C. japonica L., est devenue célèbre dans l’horticulture d’agrément de l'Europe. En Chine et au Japon c’est un petit arbre de 5 à 6 mètres, en Europe il n'arrive guère à plus de la moitié de cette taille; souvent même il ne dépasse pas celle d’un sous-arbrisseau, qu’on élève en caisses ou en pots. Il est ornemental par son feuillage persistant, luisant, d’un vert foncé, mais surtout par ses fleurs, grandes comme des roses, souvent très pleines, et de toutes les nuances, depuis le blanc parfait jusqu’au pourpre foncé. Dans le nord de la France on est obligé de l’abriter en orangerie pour mettre ses boutons de fleurs à l’abri de la gelée. Hors de là, il est demi-rustique et passe les hivers ordinaires sans en souffrir, surtout au voisinage de l'Océan. En Italie, on le cultive tout à fait à l'air libre, principalement en vue d’en récolter des graines à l’aide desquelles on le multiplie et qui produisent assez souvent de nouvelles variétés. Ce bel arbrisseau est l’objet d’un commerce horticole qui ne manque pas d'importance.
D’autres espèces de camellias, peu recherchées comme plantes d'ornement, telles que les C. Sasanqua Tauxec. et oleifera THUNBG., sont cultivées au Japon pour l’huile de table qu’on retire de leurs graines.
C. Thea Link; Thea chinensis L. — L'arbre à thé proprement dit, qui n’est qu’un simple arbrisseau de 2? ou 3 mètres. Il est originaire de la Chine, du Japon et, dit-on, aussi de quelques parties de
l'Inde septentrionale. Son produit, ainsi que tout le monde le sait, n’est autre chose que sa feuille soumise à de certaines préparations et roulée entre les doigts. On en distingue, dans le commerce, plusieurs variélés, dont les principales sont le {hé vert et le thé noir. On ne sait pas exactement si les différences qu’ils présentent sont le fait des procédés de préparation, ou si elles tiennent à des espèces ou races distinctes, comme le pensent quelques botanistes, qui les ont décrites sous les noms de Thea viridis et Thea Bohea.
Comme plante commerciale, le thé est dans les premiers rangs, peut-être même l’emporte-t-il sur toutes les autres. On s’en fera une idée par les faits suivants : du mois de juin au mois de septembre 1871, c’est-à-dire en quatre mois, il a été expédié de Chine pour PAustralie 5 millions et demi de kilogrammes de thé; l’Inde anglaise, où la culture du thé a été introduite vers le milieu du siècle, en a exporté, pour l'Angleterre seule, en 1877, 20 millions de kilogrammes, c’est-à-dire l’équivalent de ce qu’elle tirait de la Chine il y a trente ans; d’après le docteur Schertzer, la Chine consommerait annuellement environ 200 millions de kilogrammes de thé, mais on assure que cette évaluation est trop basse. Ce même pays a exporté, en 1873, plus de 120 millions de kilogrammes, et le Japon 6 millions de cette denrée. Le commerce du thé avec la Chine est presque tout entier entre les mains de l'Angleterre et de la Russie; cette dernière le fait venir en Europe par caravanes.
L’étendue des terres occupées par la culture du thé est naturellement proportionnée à cette énorme production. Simmonds l’évalue, pour la Chine, à 25 millions d’acres (plus de 10 millions d'hectares), et le produit moyen d’un acre est de 50 kilogr. de feuilles préparées. En présence d’un commerce si considérable 1l était naturel que d’autres pays tentassent de s’en approprier un partie, en devenant euxmêmes producteurs de thé. L’Angleterre y a admirablement réussi, en introduisant cette culture dans plusieurs de ses provinces de l’Inde. La Hollande dans ses possessions de Java et le Brésil ont suivi l'exemple de l’Angleterre, mais avec moins de succès. On a aussi essayé la culture du thé en France, et une expédition a été envoyée il y a une quarantaine d'années au Brésil, pour en rapporter le précieux arbuste; mais cette tentative coûteuse n’a pas donné de résultat. Aucune partie de la France n’est assez chaude pour que la plante y prospère ; l'Algérie, à cause de sa sécheresse, ne lui convient pas mieux; mais peut-être réussirait-elle à la Nouvelle- Calédonie, où les conditions de chaleur et d'humidité atmosphérique semblent réunies. L’essai en a aussi été fait en Australie, sous l’impulsion de M. le baron Ferd. von Müller, et, paraît-il, avec un certain succès, suivant les lieux. Il est vraisemblable, en effet, que les chaînes de montagnes qui s'étendent sur presque toute la longueur du continent, à travers les colonies de Victoria, de la Nouvelle-Galles du Sud et du Queen’s Land, se prêteront avantageusement à cette culture, hautement lucrative là où elle peut s'établir.
Le thé doit ses propriétés stimulantes à un alcaloïde, qui est la cofféime, à une huile essentielle particulière, l’acide bohéique, et à quelques autres principes de moindre importance.
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CANAVALIA. — Genre de Légumineuses, voisin des dolies et des haricots, et dont deux espèces sont cultivées pour leurs graines comestibles entre les tropiques, et même en Chine et au Japon. L'une d'elles est le C. gladiata DC., plante vivace, volubile et de très grande taille, dont les gousses ont jusqu'à 30 centimètres de longueur, et contiennent des graines semblables à nos haricots, mais quatre ou cinq lois plus grosses, tantôt blanches, tantôtrouges. Une autre espèce, qui d’ailleurs lui ressemble beaucoup et n’en difière peut-être pas, est le C. ensiformis, cultivé de même. On dit cependant que ses graines, sans être vénéneuses, sont de difficile digestion pour les personnes qui ne sont pas habituées à leur usage.
CANNA. — Genre de Marantacées, à racines tuberculeuses et à tiges annuelles, remarquables par leurs grandes feuilles qui rappellent, sous de moindres proportions, celles des bananiers, et par leurs belles inflorescences, double mérite qui leur a valu de tenir une place considérable dans l’horticulture d'agrément, qui en possède aujourd’hui de nombreuses variétés.
Tous les cannas, qu’on appelle aussi les balisiers, contiennent de la fécule dans leurs tubercules ou rhizomes, et quelques-uns sont cultivés exclusivement pour ce produit alimentaire, qui circule dans le commerce sous le nom d’arrow-root. Les plus productifs sous ce rapport sont les suivants :
C. edulis Enw. — Du Pérou, où il porte le nom d’Adeira. Très belle plante, qui a tout aspect d’un petit bananier. Ses rhizomes, volumineux et riches en fécule, l’ont fait propager dans beaucoup de pays, et avec d'autant plus de raison que c’est une des espèces qui s’accommodent le mieux des climats relativement tempérés. Cultivé dans la colonie de Victoria, en Australie, il a donné d’excellents résultats. Le Rév. Hagenauer, missionnaire dans le Gippsland, en a obtenu plus d’une tonne de tubercules par acre, et le Rév. Bulmer, qui a fait analyser ces tubercules, y a reconnu 28 pour 100 de fécule. La récolte, en Australie (dans l’hémisphère austral), se fait en avril, ce qui, dans notre hémisphère, correspondrait au mois d'août. La culture en est d’ailleurs fort simple : elle consiste à planter des éclats de la souche sur une terre préalablement labourée; mais on peut aussi employer le semis des graines, procédé plus lent, mais qui, en fin de compte, donne des plantes plus vigoureuses. Il est vraisemblable que la culture indusdrielle de ce canna serait avantageuse dans quelques parties du midi de l’Europe et surtout du nord de PAfrique.
GC. achiras Gizuies. — De l'Amérique du Sud, en dehors de la région tropicale, demi-rustique dans le midi de la France. Concurremment avec le C. coccinea RoOscoE, et probablement quelques autres espèces encore, il fournit aux Antilles une sorte d’arrowroot désigné sous le nom de fous-les-mois.
Tous les cannas, comme nous l’avons dit plus haut, sont des plantes de haut ornement. Suivant les espèces et les variétés, il forment des toufites de 1 à 2? mètres de hauteur, d’un grand effet sur
les pelouses gazonnées. Leurs fleurs rouges, quelquefois roses ou jaunes, ont un grand éclat; les deux plus belles espèces cependant, mais qui sont en même temps les moins rustiques et qui, dans le nord et le centre de la France, doivent être hivernées en serre, sont le C. liiiflora Horr., à grandes fleurs blanches, et le C. iridiflora Rurz. et PaAv., tout aussi beau avec ses fleurs carmin foncé.
On trouvera dans les traités d’horticulture d'agrément l'indication de beaucoup d’autres cannas, qu’il serait superflu d’énumérer ici.
CANNABIS satioa L. — Le chanvre, la plante textile par excellence et dont la culture remonte aux époques antéhistoriques. Quoiqu’on ne le trouve nulle part à l’état véritablement sauvage, on ne peut pas douter qu’il ne soit primitivement originaire de l'Asie, d’où il a été introduit en Europe par les migrations des peuples indoeuropéens. Les savantes recherches de géographie botanique de M. Alphonse de Candolle ont établi que les divers noms du chanvre, dans les langues de l’Europe et de l'Asie dérivées de l’ancien sanserit et du zend, sont caractérisés par la syllabe an, précédée ou non d’une autre lettre. Par suite de cette culture prodigieusement ancienne et de la diversité des climats sous lesquels elle s’est effectuée, il s’est produit dans l’espèce du chanvre une multitude de variétés, qui diffèrent par la taille, la forme des feuilles, l'abondance ou les qualités des fibres, et par les sécrétions aromatiques et énivrantes des feuilles et folioles de l’inflorescence, avec lesquelles les Orientaux composent le haschisch. Nous n’avons pas à faire ici l’histoire agricole du chanvre, qu'on trouvera dans les traités spéciaux; nous rappellerons seulement que sa culture est aujourd’hui pratiquée presque dans tous les climats de la terre par les Européens ou leurs descendants. La Russie est actuellement le plus grand producteur de chanvre de l'Europe.
CAPPARIS. — Câprier. Genre assez nombreux en espèces, toutes frutescentes ou sous-arbustives, des pays chauds et tempérés-chauds de l’ancien continent. Une espèce est devenue économique, c’est le C. spinosa L., ou câprier épineux, indigène du midi de l’Europe et cultivé depuis des siècles autour de la Méditerranée. Son produit consiste dans les boutons de ses fleurs, qu’on récolte quelques jours avant qu’elles ne s’ouvrent, et qui se confisent dans le vinaigre. C’est un condiment très connu, sous le nom de cäpres, et qui fait l’objet d’un commerce assez lucratif.
Le cäprier commun est épineux et on a souvent proposé de le remplacer par une autre espèce très voisine, le câprier inerme (C!. inermis L.); mais l’habitude, ou peut-être d’autres raisons, l’ont fait négliger. Tous deux ne viennent bien que dans les lieux pierreux et très arides, exposés au grand soleil; aussi se contente-t-on de les cultiver dans des murs adaptés à cet usage. Les fruits du câprier, qui sont des baies de la grosseur d’une belle olive, se confisent comme les boutons de fleurs et servent aux mêmes usages. La plante se pinple de graines, mais plus habituellement de fragments de la souche.
Cette espèce, ou quelque autre très voisine, se retrouve dans l’Inde et jusque dans les parties septentrionales de la Nouvelle-Hollande. Ce n’est d’ailleurs pas la seule sur laquelle on pourrait récolter des câpres. Le C'. sepiaria L., de l'Inde, plus grand et plus dressé que l'espèce commune, et qui vit, comme elle, dans les lieux les plus arides, est surtout employé à faire des haies défensives, service que l’on demande aussi aux C. horrida, aphylla et Roxburghii, mdigènes des mêmes contrées.
CAPSICUM. — Genre de Solanées américaines, dont les fruits servent de condiments. On les connaît en France, où plusieurs espèces sont cultivées, sous les noms de piment, poivron, poivre de Cayenne. Le caractère ordinaire de ces fruits est leur excessive âcreté, qui est presque uniquement concentrée dans les placentas charnus auxquels les graines sont attachées. Il y a aussi des piments doux, dont le principe âcre est très atténué et comme dissimulé par une saveur légèrement sucrée. Ces plantes, qui sont le plus souvent annuelles, sont abondamment cultivées dans nos colonies et dans tout le midi de l’Europe. Leurs fruits, verts ou arrivés à maturité, sont un assaisonnement très apprécié des populations méridionales. Citons en particulier les espèces suivantes :
C. annuum L. — De l'Amérique centrale. Espèce annuelle, fréquemment cultivée en France, où elle a produit diverses variétés, à gros fruits et à petits fruits, rouges-écarlates ou jaunes à la maturité, âcres ou très doux. Le C. longum DC. n’est vraisemblablement qu'une variété de cette espèce.
GC. baccatum L. — Du Brésil. Vivace; cultivé en Asie et en Afrique, ainsi que le C’. frutescens L.,des mêmes régions. Mêmes usages que les précédents.
CARAGANA arborescens LaMck.— Arbrisseau de la famille des Légumimeuses, originaire de Sibérie. Ses graines sont comestibles, en vert et en sec, comme les pois, mais plus employées à la nourriture des volailles qu’à celle de l’homme. Cet arbrisseau peut réussir dans tous les pays froids ou tempérés.
CAREX arenaria L. — De l’Europe et du nord de l'Asie. Cypéracée drageonnante, dont les rhizomes souterrains forment un lacis serré, très efficace pour consolider les terres le long des cours d’eau ou les sables au voisinage de la mer. On en fait grand usage en Hollande pour préserver les dunes contre les érosions par les flots. Il a en outre l’avantage de n’être point brouté par les bestiaux, que ses feuilles coriaces rebutent.
GC. Moorcroftiana FazcoN. — Des hautes montagnes du Thibet. C’est une des meilleures espèces pour maintenir les terres en place le long des torrents. À l'inverse du précédent, ses feuilles sont relativement tendres et nourrissantes, etelles deviennent une bonne ressource pour le bétail et pour les chevaux pendant la saison froide. C’est un fourrage qui survit à tous les autres dans les lieux escarpés où il croît,
CARISSA. — Arbrisseaux épineux et très feuillus de la famille des Apocynées, de l’Asie méridionale, de l'Australie et de l'Afrique orientale, dont on fait des haies très défensives et très agréables à l'œil par leur verdure persistante. Le C. Arduina Lamx., de l’Afrique australe, est un des plus connus et un de ceux qui s’accommodent le mieux du climat du midi de l’Europe. Il est très rustique dans la Basse-Provence, où on ne le regarde encore que comme un arbrisseau d'ornement. Il supporte très bien le ciselage, et on pourrait aisément l’employer pour faire des clôtures autour des propriétés et le long des voies ferrées. Les C. ferox E. MEYERr et C. grandiflora À. DC., du même pays, rendraient des services analogues, ainsi que le C. Browni Ferd. von Muzrer, de la Nouvelle-Hollande. Dans l'Inde et dans la Chine méridionale, on emploie plus communément à cet usage le C. Carandas L., dont les baies sont comestibles. Les fleurs de tous ces arbrisseaux sont agréablement odorantes et recherchées des abeilles.
CARLUDOVICA palmata Ruiz. et PAv. — Plante acaule, ayant tout l’aspect d’un palmier à frondes flabelliformes, du versant oriental des Andes du Pérou, jusqu’à l’altitude de plus de 1,000 mètres. En Europe c’est une simple plante d'ornement de serre chaude, mais il est cultivé au Pérou et à la Nouvelle-Grenade pour ses feuilles, qui, découpées en lanières et convenablement préparées, servent à faire les chapeaux de Panama.
CARPINUS. — Genre de la famille des Cupulifères, dont une espèce européenne, le C. betulus, le charme proprement dit, ést bien connue. Cet arbre, qui se plaît dans les terres profondes et humides, peut s’y élever à 20 mètres ou même davantage ; mais ces grands échantillons sont assez rares aujourd’hui, du moins en France. Son bois dur, tenace, à grain fin, peu ou point élastique, sert commu nément à confectionner des ustensiles ou des pièces de machines, dont la première qualité est une grande résistance aux chocs et aux fortes pressions, telles que vis de pressoirs, moyeux et jantes de roues, jougs pour les bœufs, etc. Son charbon est estimé pour la confection de la poudre à canon.
L'arbre vivant s’enflamme difficilement dansles incendies de forêts, et 1l serait prudent d’en établir des cordons autour et au travers des massifs boisés, pour arrêter les progrès du feu et en diminuer les ravages. Outre ces services comme arbre forestier, le charme remplit un rôle esthétique considérable dans les pares et les grands jardins, puisque c’est avec lui qu’on obtient ces belles allées couvertes et ombreuses qui, de son nom, ont pris celui de charmilles, et qu’on régularise si facilement à l’aide des ciseaux et du croissant. Cet emploi du charme est très fréquent en Angleterre et dans le nord de la France. C’est le Æorn-beam des Anglais.
C. americana Micax. —- Du nord de l'Amérique, où il porte les noms vulgaires de Water beach (charme d’eau) et d’Zron wood (bois de fer). Ce bel arbre croît de préférence le long des rivières, et son bois, fort dur comme l'indique un de ses noms, est employé, aux
Etats-Unis, aux mêmes services que son congénère d'Europe; il est souvent noueux et tacheté, et comme il est susceptible d’un beau poli on l’emploie en menuiserie et en ébénisterie.
Plusieurs autres espèces de charmes mériteraient d’être introduites en Europe, telles, par exemple, que les C. cordata, erosa, laxiflora et japonica, toutes quatre du Japon. Le C’. viminalis, des montagnes du Népaul, ne serait pas non plus sans intérêt et sans valeur.
CARTHAMUS inctorius L.— Carthame, safran bâtard. Grande plante annuelle de la famille des Composées, qu'on suppose originaire de l'Afrique orientale, et qui est cultivée, en qualité de plante tinctoriale, depuis l'Egypte jusqu'à l’Inde. Ce sont ses fleurs, de couleur orangée, qui fournissent le pigment coloré dont on obtient, par l'emploi de divers ingrédients, des teintures jaunes, roses, rouge ponceau, etc. Le principe colorant est la carthamine, ou jaune de carthame, qu’on peut employer directement et sans mélange. Dans l'Inde les graines du carthame sont en outre utilisées pour l’huile qu'on en exprime. La culture du carthame a été plusieurs fois essayée en France, mais on y a presque entièrement renoncé à cause du peu de bénéfices qu’elle donnait, eu égard à la valeur locative de la terre. Presque tout le carthame du commerce nous arrive aujourd’hui d'Orient, sous le nom de sa/ranum. On s’en sert pour composer, avec la poussière de tale, les fards de toilette, et plus souvent peut-être pour falsifier le vrai safran. Comme plante d'ornement, le carthame tient encore un certain rang dans nos jardins.
CARUM. — Genre d'Ombellifères dont quelques espèces sont intéressantes pour l’agriculture et l’économie domestique. Citons, entre autres, les suivantes :
CG. Ajowan BexTx.— De l'Inde. Plante annuelle, dont les graines servent de condinent. Elles communiquent aux mets une saveur aromatique qui a de l’analogie avec celle du thym, et qui est due à deux principes particuliers, le cymol et le thymol.
C. bulbocastanum Kocn. — De l’Europe, du nord de l'Afrique et de l'Asie centrale. La plante est doublement utile, par ses tubercules comestibles qu’on connaît sous le nom de châtaignes de terre, et par ses graines aromatiques qui servent de condiment.
C. capense SoNpEr. — De l’Afrique australe, où les Boers (colons hollandais) le nomment Fenkel- Wortel. De même que le précédent il produit des tubercules un peu aromatiques et comestibles.
C. Caroi L. — De l’Europe et de l'Asie moyenne. Plante vivace aromatique, qu’il conviendrait d'introduire dans les pacages réservés aux moutons, dont il entretient la santé. Il ne faut pas le confondre avec le chervis, plante potagère, qui est le Sium sisarum, originaire de la Chine et depuis longtemps cultivé en Europe.
C. Gardneri Bexta. — De l'Amérique du Nord occidentale, principalement de la Sierra-Nevada. C’est une herbe bisannuelle, dont la racine, grosse et charnue, riche en fécule et sucrée, est fort recherchée des anciens habitants de l’Orégon. On la dit délicieuse sim-
plement cuite sous la cendre, avec un léger arome, qui rappelle celui du persil. On doit regretter que cette plante n’ait pas encore été introduite dans la culture régulière, qui en obtiendrait indubitablement des variétés supérieures au type sauvage, et sans doute un excellent légume.
Plusieurs autres ombellifères de ce genre, ou de genres voisins, sont ou peuvent devenir des planteséconomiques; telles, par exemple, que le C‘. petroselinum, le persil de nos jardins potagers; le C. ferulifolium, du midi de l’Europe, et d’autres espèces exotiques encore, qui rendraient des services en qualité de plantes à introduire dans les prairies. Citons en outre le suivant :
C. incrassatum Bossier. — Talruda des Arabes d'Algérie. Des montagnes du midi de l'Espagne et du nord de l'Afrique, aux altitudes de 1,000 à 1,800 mètres. La plante produit des tubercules de la forme et de la grosseur d’une truffe moyenne, noirs ou brunâtres en dehors, blancs en dedans, tendres et féculents, que les indigènes mangent crus, bouillis ou rôtis. Comme d’autres plantes tubérifères, celle-ci serait sans doute améliorée par la culture, et on pourrait la planter à la lisière des bois ou dans les terres en friche. Outre son emploi alimentaire pour l’homme, elle serait encore utilisée pour la nourriture des porcs, qui déterreraient eux-mêmes les tubercules. Elle produit plus la seconde année que la première.
CARYA. — Genre de Juglandées, appartenant exclusivement à l'Amérique du Nord, composé d'arbres analogues au noyer de l’Europe, et auxquels les Américains donnent le nom vulgaire d’Æickory. Plusieurs de ces arbres se recommandent à l’agriculteur par leurs fruits comestibles à coques lisses, et au sylviculteur par la beauté et la dureté de leur bois. Les plus célèbres sont les suivants :
C. alba Nurr. — Le Shellbark hickory des Américains. Arbre superbe, de 20 à 25 mètres de hauteur, à feuilles caduques, très rustique même dans le Canada. C’est lui qui fournit la plus grande partie des noix d’hickorys qui se consomment en Amérique. Son bois est lourd, élastique et très tenace, très employé pour les ouvrages d'intérieur, mais de peu de durée s’il est exposé à la pluie ou à l’humidité. L'arbre coupé au niveau du sol repousse en cépée, dont les tiges sont employées à faire des cercles de barriques.
C. amara Nurr. — Le Swamp hickory. Arbre de même taille que le précédent, et qui se plaît dans les terres marécageuses. L’amande de ses noix est trop amère pour être comestible, et son bois n’est que médiocre, mais il est très riche en potasse, et entretient par là un commerce d’une certaine importance.
C. porcina NuTr.; C. glabra Torr. — Vulgairement Æ0q-nut tree. C’est aussi un grand arbre, dont le bois est compacte, coloré de rougeâtre ou de brun dans le cœur, ce qui le rend propre à divers usages de menuiserie et d’ébénisterie. Ses noix n’ont pas de valeur.
GC. microcarpa NuTT.— Balsam hickory. Très voisin du C. alba, dont il n’est peut-être qu'une variété, mais sur lequel il l’emporte de beaucoup par la qualité du bois. C’est un grand arbre, dont le tronc cylindrique fournit de belles pièces de charpente.
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C. olioiformis Nurr.— Le noyer pacanier des Français. Grand et bel arbre de 20 mètres de haut, à tronc très droit, et en même temps une des espèces du genre qui croissent le plus rapidement; maisil n'appartient qu'aux provinces méridionales des États-Unis, et ne produirait pas de fruits dans le nord de la France. Son bois, à gros grain, lourd, compacte, est plus fort et plus élastique que celui du frêne et dure tout aussi longtemps. Ses noix, à coque lisse, longues de 2? à 3 centimètres, sont les meilleures de toutes et font l’objet d’un grand commerce aux Etats-Unis. Le bois de tous ces noyers américains, quoique peu propre aux grandes constructions, parce qu’il est sujet aux attaques des insectes et qu'il se détériore à l’humidité, n’en est pas moins recherché pour la confection de meubles, boîtes, cercles de barriques et autres objets semblables, à cause de sa force et de son élasticité. C’est de plus un excellent combustible.
GC. sulcata NUTT. — Furrowed hickory. Très bel arbre de 20 à 25 mètres, qui croît principalement dans les bois humides. Son bois de cœur ressemble à celui du €. alba, mais avec une teinte plus pâle. Ses fruits sont comestibles, sans valoir ceux de l’oliviformis.
CG. tomentosa NurT. — Le Mockernut tree où White heart-hickory des Américains, dont il occupe tout le territoire jusqu’au Canada, mais non la Californie. C’est un gros arbre, qui croît dans les bois, fuyant les sols humides. Son bois de cœur est de couleur claire, remarquable par sa force, son élasticité, sa compacité et sa durée, et néanmoins facile à fendre. Rejeté de la charpente pour les raisons que nous avons dites plus haut, il est au contraire recherché pour la fabrication de tous les ustensiles, tels que vis de pressoirs, étais de machines, manches d'outils, meubles, maillets, etc. Ses repousses en cépées, quand il a été coupé sur le pied, fournissent d'excellents cerceaux et des brins à lier. Tous les caryas, ou hickorys, sont le meilleur bois de chauffage de l'Amérique du Nord. Leurs noix contiennent beaucoup d'huile; elles sont généralement plus petites que celles des noyers d'Europe, mais il y a des variétés qui en donnent de plus grosses, même du volume d’une petite pomme, et qui portent le nom de king nuts, c’est-à-dire noix royales.
Les caryas supportent difficilement la transplantation et devraient être semés en place ou en pots, pour être transplantés avec la motte de terre. Les C’. glabra et alba se recommandent surtout par leur bois, et l’oliviformis par ses fruits. Ajoutons à ces détails que leur écorce contient un principe colorant jaune, qui, à l’aide d’une addition de sulfate de cuivre, donne une teinture de couleur olive, et par celle d’alun, une teinture verte. On a vu des caryas dont le tronc atteignait à 4 mètres de circonférence.
CARYOPHYLLUS aromaticus L.— Le giroflier. Petit arbre ou grand arbrisseau de la famille des Myrtacées, originaire des Moluques, dont les boutons de fleurs, puissamment aromatiques, sont les clous de girofte du commerce. C’est le plus précieux des condiments, et l’usage en était connu dès les temps les plus anciens, car on les a trouvés dans les hypogées de l'Egypte. Au seizième et au dix-septième siècles, le commerce des clous de girofle a fait la for-
tune de la Hollande, qui, par ruse et par force, en avait accaparé le monopole. Aujourd’hui le giroflier est cullivé dans beaucoup de pays intratropicaux, les îles de la Sonde, l'Inde, les Antilles, la Guyane, les îles Mascareignes, elc., et partout avec profit.
Les boutons de fleurs ne sont pas le seul produit recherché de l'arbre; on récolte aussi les fleurs épanouies, qui sont les griffes de girofle, et les fruits, que l’on connaît sous les noms d’antofles et de mères de fruits, mais ils sont moins aromatiques que les clous de girofle proprement dits. Ces divers produits, outre leur emploi comme condiments, sont.encore utilisés en médecine et en parfumerie. Ils doivent leurs propriétés à divers principes, dont le plus essentiel est une sorte de résine cristallisable, qui est la caryophylline.
CARYOTA. — Genre de Palmiers asiatiques, très remarquables par la forme insolite de leurs frondes découpées en des sortes de lolioles triangulaires ou cunéilormes, ce qui est une exception rare dans la familles des Palmiers. Quelques-uns sont cultivés dans les serres chaudes de l’Europe. Peut-être réussirait-on à élever à l'air libre, dans le midi de l’Europe et le nord de l'Afrique, l'espèce suivante :
GC. urens L. — De l’Inde, et certainement un des plus rustiques du genre, attendu qu’on le trouve dans l'Himalaya jusqu’à 1,800 et 2,000 mètres d'altitude, où le thermomètre descend parfois à zéro. Le tronc de cet arbre contient une fécule analogue au sagou, mais
son principal produit est la sève sucrée qu'on obtient en coupant les
panicules de ses fleurs, et dont on fait du sucre et du toddy (eaude-vie de palmiers). On cite des cas où on a obtenu, exceptionnellement 1l est vrai, jusqu'à 12 gallons (plus de 54 litres) de sève d’un même arbre par jour. Les fibres des nervures des feuilles sont utilisées pour la fabrication de cordages, de nattes, de paniers, de brosses, etc., et le bois extérieur du tronc, qui est excessivement dur, pour divers ouvrages de tour.
CASIMIROA edulis LLAv. et LEvarz.— Arbre fruitier du Mexique, encore peu connu, appartenant à la famille des Rutacées. Ses feuilles sont grandes, trifoliolées, sans stipules et persistantes. Ses fruits ressemblent beaucoup à des oranges, et la pulpe en est fondante et délicieuse, rappelant un peu le goût de la pêche; mais ses graines passent pour être vénéneuses.
Le Casimiroa est un petit arbre de 4 à 5 mètres, qui croît sur les montagnes du Mexique et de l'Amérique centrale jusqu’à plus de 2,000 mètres de hauteur, où le climat est tempéré. Il existe aujourd’hui en Algérie et même en Provence, où il passe aisément l'hiver, mais il y est encore trop jeune pour fructifier. Jusqu'ici on a tout lieu de croire que ce sera une bonne acquisition pour le midi de l’Europe et le nord de l'Afrique.
CASSIA. — (Genre Légumineuses-Césalpiniées, contenant un grand nombre d'espèces, toutes à fleurs jaunes, et dont quelques-unes
sont des arbrisseaux d'ornement aujourd’hui communs dans nos jardins. Le plus connu estle C'. marylandica L., de l'Amérique du Nord, et rustique même à Paris. Toutefois, le véritable intérêt du genre est dans ses espèces médicinales, qui fournissent au commerce les drogues connues sous le nom général de séné et de casse. Citons, parmi ces espèces :
C. acutifolia Derize. — D'Arabie et d'Afrique. Plante sous-frutescente dont les feuilles simplement séchées constituent le séné d'Alexandrie ou de Tinnevelly. Le principe cathartique de cette espèce existe aussi, paraît-il, dans notre baguenaudier indigène et dans la coronille.
C. angustifolia VauL. — Des mêmes pays que le précédent. C’est lui qui fournit le séné de la Mecque et celui de Bombay.
C. jistula L. — De l'Asie méridionale ; remarquable par ses très longues et grosses siliques cylindriques, semblables à une flûte, et dont la pulpe est assez agréable au goût, quoique purgative. On l’emploie dans la préparation du tabac à chiquer. D’après sir Jos. Hooker, la plante s’avance jusqu’à PHimalaya central.
CASTANEA. — (Genre de Cupulifères, très voisins des Quercus (les chênes), réduit à trois ou quatre espèces, dont une seule, le C. oulgaris L., le châtaignier proprement dit, est bien connue; c’est aussi la plus importante de toutes.
. Le châtaignier est mdigène du midi de l’Europe et de l'Asie tempérée, depuis l'archipel et le Caucase jusqu’au Japon. On le retrouve, au moins comme variété, dans l'Amérique du Nord, et sur un seul point du nord de l’Afrique, dans la forêt de l'Edough, en Algérie. Au surplus, l'arbre étant cultivé depuis la plus haute antiquité, et propagé dans toutes les directions, il est difficile souvent de savoir si, dans tel lieu donné, il est véritablement indigène ou seulement naturalisé.
C’est un très grand arbre et qui vit des siècles, dont le bois rivalise avec celui du chêne pour la solidité, la résistance et la durée. Sa grande renommée, cependant, lui vient de ses fruits farineux, sucrés et nourrissants, dont vivent diverses populations montagnardes, et dont les plus belles variétés font l’objet d’un commerce important. Pour la production des châtaignes, la France est au premier rang, et c’est des montagnes de Provence que partent ces belles et très grosses châtaignes connues sous le nom de marrons de Lyon.
De même que tous les arbres soumis à la culture, le châtaignier a produit un grand nombre de variétés, d’inégale valeur, c’est-àdire excellentes ou médiocres. Ces dernières l’emportent cependant par un certain côté : leur qualité forestière est supérieure à celle des autres; elles fournissent des arbres plus grands et dont le bois est de beaucoup plus nerveux que celui des bonnes variétés fruitières. La plus belle de ces races forestières se trouve dans les Pyrénées, où elle constitue des arbres de la plus haute taille et de la plus belle venue, mais elle y devient rare. Ses châtaignes, à peine de la grosseur d’une noisette, ne sont pas récoltées.
Au double point de vue de la production des fruits et de celle du bois, le châtaignier se recommande à l’arboriculteur, mais tous les terrains ne lui conviennent pas. Il ne réussit que dans ceux où la silice se joint à l’alumine, et les terres calcaires lui sont mortelles. C'est un des arbres les moins endurants sous ce rapport.
Outre ses fruits et son bois, le châtaignier, lorsqu'il est élevé en taillis ou en cépées, donne des repousses dont on tire, par la fente, d'excellents cercles pour les tonneaux et les barriques de toute grandeur. Son bois, facile à débiter par la fente, fournit du merrain dont les tonneliers font grand usage.
Avec le temps, le châtaignier arrive à des proportions énormes. On en voit, en France, qui ont de 4 à 5 mètres de circonférence, ou même davantage, au niveau du sol; le plus remarquable toutefois est le classique chätaignier de l'Etna, en Sicile, dont la circoniérence est d’une soixantaine de mètres. On fait remonter son âge à douze ou quinze cents ans.
La multiplication du châtaignier se fait par semis. Les châtaignes, très sujettes à se gâter, doivent être stratifiées, aussitôt leur maturité, dans du sable siliceux tenu légèrement humide, et surtout hors de l'atteinte des rats et mulots, qui en sont friands. Le plant, ayant levé au printemps, est mis en place, ou en pépinière. La seconde année on le greffe, s’il y a lieu, en flûte ou en écusson à œil dormant.
La variété américaine du châtaignier {C. americana) se distingue de celle de l’ancien monde par ses fruits plus sucrés, mais beaucoup plus petits ; aussi les utilise-t-on plus pour la nourriture des porcs que pour celle de l’homme. Le bois de l’arbre a toutes les qualités de celui du chène et il rend aux Etats-Unis le même service que ce dernier en Europe. On en fait des charpentes, des meubles, des navires, des traverses de chemin de fer, etc.
Les autres espèces du genre sont le C. pumila Torr., simple arbrisseau des parties méridionales des Etats-Unis; C. chinensis et C. inermis DC., de l'Asie orientale et méridionale, qu’on connaît à peine et qui peut-être appartiennent à un autre genre.
Au Japon, d’après un voyageur français, M. Dupont, qui a beaucoup étudié les arbres de ce pays, les feuilles des châtaigniers servent à nourrir les vers du Bombyx yama-maï, dont la soie est estimée, et qu'on a introduit en France depuis quelques années.
CASTANOPSIS. — Arbres du groupe des Cupulifères, intermédiaires entre les Quercus et les Castanea, et qu’on pourrait appeler les chênes-châtaigniers. Plusieurs espèces doivent nous intéresser, entre autres :
C. chrysophylla A. DG.— De la Californie et de l’Orégon. C’est un arbre de première grandeur (40 à 50 mètres de hauteur sur 2? mètres à 250 de diamètre à la base du tronc), dont le bois est solide, et qui se recommande également comme arbre fruitier et comme arbre de paysage, par son port majestueux et la teinte jaune dorée de la face inférieure de son feuillage, mais il ne serait pas rustique dans le nord de la France.