‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 26 sur 62 · C. indica À. DC. — Très grand arbre de l'Himalaya, dont les · texte numérisé non relu

C. indica À. DC. — Très grand arbre de l'Himalaya, dont les

graines ou glands sont comestibles. C’est aussi le cas du C. argentea A. DC. et de plusieurs autres espèces des mêmes régions.

CASUARINA. — Genre unique de la famille des Casuarinées, dont plusieurs espèces ont pour nous de l'intérêt comme arbres forestiers ou arbres paysagers. On les désigne assez souvent sous la dénomination vulgaire de filaos. Citons les plus habituellement utilisés ou les mieux connus :

C. quadrivalvis LaBizz. — Du sud-est de l'Australie, où il porte le nom de Coast sheoak (chêne femelle de la côte); il habite le voisinage de la mer, ainsi que les localités montagneuses de cette région. Sa hauteur est de 15 à 20 mètres. Comme tous ses congénères il est dioïque, et les deux sexes se distinguent assez bien par leur port pour qu’on les reconnaisse en l’absence des fleurs et des fruits. Malgré la sécheresse apparente de ses rameaux filiformes et dépourvus de feuilles, 1l est brouté par le bétail; mais il a une autre utilité hautement appréciée des Australiens, dans le pouvoir d'arrêter la marche des sables poussés par le vent. Introduit depuis plusieurs années en Provence, le C. quadrivalois s'y montre très rustique et produit beaucoup de graines. Il réussit dans tous les sols, même les plus arides, et il donne un bois lourd et dur qui pourrait être avantageusement employé en menuiserie et en ébénisterie.

C. tenuissima Horr. — De l'Australie comme le précédent, qu’il surpasse de beaucoup par son port gracieux, régulièrement pyramidal, et sa verdure touffue. Ses rameaux sont plus déliés que ceux du guadrivalvis, et ses cônes de moitié ou des deux tiers plus petits. Il est très rustique en Provence, où on en voit çà et là des échantillons déjà hauts de 12 à f5 mètres. Sa croissance est relativement rapide.

C. glauca Sie8. — Très répandu en Australie, où il porte le nom de Desert sheoak (chène femelle du désert). C’est un grand arbre, qui, en terre profonde, peut s'élever à 25 mètres et plus. Son bois est dur et fort employé pour la petite charpente, la menuiserie, etc. Il se recommande en outre par son rapide développement, et donne d’excellent bois de chauffage au bout de peu d’années.

G. equisetifolia Forstr. — Très grand arbre, dont on voit des individus de 45 à 50 mètres, mais qui est confiné entre les tropiques. Il est aujourd’hui très répandu dans divers pays où il n’était point primitivement indigène, comme l’Afrique orientale, Madagascar, les îles Maurice et de la Réunion, etc. C’est d’ailleurs un arbre intéressant par la quantité de bois de chauffage qu’il produit rapidement et qui est de première qualité, à tel point que, dans l'Inde, où on l'élève sur des terrains entièrement sablonneux, on se sertde ce bois pour chauffer les chaudières des locomotives. Le capitaine Campbell- Walker estime que sous ce rapport le C. quadrivalois fournit, dans un même laps de temps, quatre fois autant de bois de chauffage que les arbres ordinaires de France (chênes, ormes, etc.). Sa culture dans l'Inde, en vue du combustible, est d’ailleurs très profitable. On en évalue le produit moyen, au bout de huit ans, à trois fois le capital dépensé pour frais d'établissement et d'entretien de la plantation.

Cetarbre aimant les terres un peu salées, il y aurait lieu d’en essayer la culture dans la région saharienne du nord de l’Afri ique.

G. torulosa Air. — De la Nouvelle-Galles du Sud. Arbre d'une vingtaine de mètres, dont le bois lourd et résistant sert à divers usages dans le pays, entre autres à faire des douves de cuves et de tonneaux, et au placage e pour les meubles, ce que justifient ses jolies mouchetures. L'arbre d’ailleurs est très beau et très digne de figurer dans l’horticulture paysagère.

Plusieurs autres casuarinas pourraient être ajoutés à cette liste, tels que les C. Decaisneana Ferd. von MuLcer, de l'Australie centrale, qui est un des plus grands arbres du genre, et qui ne se montre que dans les lieux les plus arides; C. distyla VENT. , Simple arbrisseau des sables maritimes, qu’il consolide et arrête par ses racines, el dont les rameaux herbacés servent à nourrir le bét al; C. Fraseriana Mio., du sud-ouest australien; enfin, les C. suberosa WILLD., drichodon et Huegeliana MiQ., du sud-est de la Nouvelle-Hollande, qui y rendent des services analogues.

Tousles casuarinas, lorsqu'on les taille en têtards, comme nous le faisons des saules et des osiers, repoussent des branches et des rameaux qui servent de nourriture au bétail, et sont une grande ressource dans certaines saisons de l’année. Ce fait seul suffirait pour qu’on essayät d'en propager la culture dans le nord del’ Afrique, où il est si difficile d'alimenter les troupeaux aux époques de sécheresse.

CATALPA. — Genre d'arbres de la famille des Bignoniacées, à feuilles caduques, originaires de l'Amérique du Nord, de la Chine et du Japon et dont quelques- uns sont depuis longtemps introduits en Europe, tels, par exemple, que les suivants :

C. bignonioides War. — Des alentours du golfe du Mexique, arbre de plus de 20 mètres dans le sud des Ltats- Unis, mais qui, dans le nord de la France, n’arrive guère qu’à la moitié de cette taille. Il n’y joue d’ailleurs que le rôle d'arbre décoratif, par son grand feuillage et ses nombreuses panicules de fleurs blanches. En Amérique on le considère surtout comme un arbre utile à cause de la longue durée de son bois, ce en quoi aucun autre arbre du pays ne le surpasse. Sa croissance, en bon sol, est d’ailleurs très rapide, et le professeur Mechan en cite un exemplaire dont le tronc, à l’âge de vingt ans, avait plus d’un mètre de diamètre. Planté en massifs un peu | serrés, ce catalpa s'élève droit, formant des fûts cylindriques de 15 à 16 mètres au-dessous des premières branches. Il est plus rustique que l'Eucalyptus globulus, mais il craint les fortes gelées. Dans certaines parties des Etats-Unis on le plante en avenues, le long des routes et des voies ferrées, qu’il ombrage de sa large tête feuillue. Son bois est presque indestructible, même dans l’ eau, eton cite des pilotis de ponts qui ont duré trois générations d’ hommes. Tenu au sec, il dure indéfiniment et n’est pas altaqué par les insectes. Ces diverses qualités devraient appeler l’attention des sylviculteurs, et il semble probable que, dans le sud-ouest de la France, ce bel arbre pourrail rendre d'autres services que celui d'arbre pittoresque et d'agrément.

C. speciosa WanDer. — Des Etats du Mississipi, par suite plus rustique que le bignonioides, et en même temps de plus grande taille et plus précoce de floraison. Sa croissance est tout aussi rapide, et son bois jouit des mêmes qualités de durée. D’après le docteur Engelmann, l’aubier n’y forme qu’une couche de faible épaisseur.

Citons, pour mémoire seulement, les C. Xæmpferi L., du Japon, et C. Bungei Sie. et Zucc., du nord de la Chine, simples arbres d'ornement dans quelques jardins de l'Europe occidentale.

CATHA edulis Forsk. — Arbrisseau du groupe des Célastrinées, indigène en Arabie et dans l'Afrique orientale. C’est le Xhat ou Kafta des Arabes, qui lui attribuent des propriétés presque merveilleuses, entre autres celle de préserver de la peste. Ils en mangent les feuilles, fraîches ou sèches, pour se soutenir contre la fatigue et se tenir éveillés dans les moments de danger. Le fait est que ces feuilles sont stimulantes presque à l’égal de la coca du Pérou. Il y aurait quelque intérêt à cultiver la plante et à en étudier les propriétés médicinales.

CEANOTHUS. — Arbrisseaux et sous-arbrisseaux du groupe des Rhamnées, à feuilles persistantes et à petites fleurs en panicules, blanches ou bleues, dont une douzaine au moins, la plupart de l'Amérique du Nord, sont depuis longtemps introduits dans les jardins de l’Europe. Là où le climat leur permet de passer l’hiver à l’air libre on les emploie à faire des haies, fort élégantes si elles ne sont pas très défensives. Le meilleur pour cet usage est le C. rigidus NurrT., de Californie, qui s'élève à 3 ou 4 mètres, et dont les rameaux s’entremélent de manière à former des massifs touffus et serrés. Il a l’avantage de se plaire dans les lieux secs. Le C! thyrsiflorus As. Gray. rend les mêmes services dans les sables maritimes. Aux Etats-Unis, le C. prostratus BExTrx., dont les rameaux tendent à s’étaler sur le sol, sert à border les routes et les chemins dans les terres en pentes, qu’il préserve contre le ravinement, et qu'il égaie de ses jolies panicules de fleurs bleues.

CEDRELA. — Arbres de la famille des Cédrélacées, dont quelques-uns ont de l'importance comme producteurs de bois aromatiques, d’autres par leur écorce employée comme fébrifuge. Citons les suivants :

C. brasiliensis À. DE Juss. — Du Brésil méridional et de la république argentine. Son bois, faussement nommé «acajou, est beau et facile à travailler. Cet arbre réussirait dans le midi de l'Europe.

C. sinensis À. DE Juss. —- Bel arbre de la Chine, rustique en France, même à Paris. Son bois rougeâtre a quelque ressemblance avec celui du cèdre de Singapore. On l’emploie souvent pour faire les boîtes à cigares.

C. Toona RoxB@. — Le cèdre de Singapore. Espèce à feuilles caduques, répandue sur une vaste partie de l’Inde et jusque dans l'Himalaya, où elle monte à plus de 2,000 mètres de hauteur. C’est un des plus intéressants du genre par la beauté de son bois, facile

à travailler, aromatique et veiné, fort employé en ébénisterie, servant d’ailleurs à beaucoup d’autres usages. Get arbre utile pourrait évidemment rendre des services dans les parties les plus chaudes du midi de l’Europe et en Afrique. Son écorce, quoique presque exempte d’amertume, est un bon fébrifuge, surtout quand on la mêle avec la poudre de graines de Bonduc (Guilandina où Cæsalpinia Bonduc), qui est très amère.

C. australis Ferd. VON MuLcer. — De l’Australie orientale, s’étendant, au sud, jusqu'au 39° degré de latitude. Son feuillage, persistant dans la région chaude, devient caduc dans les parties plus froides du pays. C’est peut- être le plus grand arbre du genre, car on en rencontre de plus de 60 mètres de hauteur, et le Rév. Woolls, qui a beaucoup étudié les arbres de la Nouvelle-Hollande, en cite dont la superficie du tronc allait à 30,000 pieds anglais. Sur le marché de Brisbane ce bois vaut de 7 à 9 livres anglaises (de 175 à 225 fr.) par 1,000 pieds carrés de superficie. Le bois en est très beau, léger, d’une belle teinte, prenant un beau poli, et très recherché pour la confection de meubles, pianos, ouvrages de tour, cadres de fenêtres, etc. L’écorce de lar bre contient beaucoup de tannin, qui communique aux cuirs une teinte pourprée. Cet arbre, le Æed cedar des Australiens, est rustique à Melbourne (vers le 38e degré), et le serait certainement sur bien des points de l'Europe méridionale et en Afrique.

Plusieurs autres espèces de cédrélas, du nord de l'Inde (glabra, C. microcarpa, C. serrata, etc.), et s 'élevant relativement haut sur l'Himalaya, toutes d’ ailleurs exploitées pour leur bois, mériteraient aussi l'attention des sylviculteurs acclimateurs.

GEDRUS. — Cèdre. Grands arbres de l’ordre des Conifères, appartenant aux hautes montagnes de l'Asie et du nord de l'Afrique, ayant quelque analogie avec les sapins (Abies) et avec les mélèzes (Larix), par leur port et par quelques autres caractères, mais toujours faciles à distinguer des arbres de ces deux groupes. Leurs feuilles aciculaires, raides, un peu piquantes, sont réunies en fascicules autour des bourgeons, comme chez les mélèzes, mais elles sont persistantes. Leurs cônes ovoïdes, dressés et formés de larges écailles arrondies et fortement pressées les unes contre les autres, ont une certaine ressemblance avec ceux des sapins, étant comme eux dressés et à écailles caduques; mais ils sont HE plus gros, et leur maturité n’arrive qu’à la deuxième ou même la troisième année. Les graines sont entourées d’une aile membraneuse, largement développée et persistante. Ce genre remarquable ne renferme que trois espèces, qui même pourraient être considérées comme de simples variétés un peu tranchées d’une seule.

G. Libani LiNk.; Pinus Cedrus L. — Cèdre du Liban. Un des arbres les plus célèbres dès l'antiquité la plus reculée, originaire du Liban, o où il semble que l’espèce soit en voie de s’éleindre, mais qu’on a retrouvé récemment sur le Taurus et autres montagnes de l’Asie-Mineure. Il paraîtrait même qu'il existe aussi en Algérie. C’est un grand arbre qui peut atteindre jusqu’à 40 mètres de hauteur sur un tronc de ? à 3 mètres de diamètre au niveau du sol. Il est

moins élancé que les sapins, parce que ses branches s’étalent davantage, et il prend quelquefois, quand sa flèche a été détruite par une cause quelconque, une forme arrondie en dôme à son sommet. Son bois est blanc, légèrement teinté de jaune ou de rougeûtre, léger, facile à travailler, mais d’une durée moins grande qu'on ne le croit communément. Comme arbre forestier, le cèdre du Liban est de haute valeur, surtout comme protecteur des terrains en pente, que ses longues racines défendent contre les ravinements, et sur lesquels il conserve longtemps l’eau des pluies et des neiges. Introduit en Europe depuis deux siècles, ce bel arbre, dont la verdure est dense et foncée, est devenu l’ornement classique des parcs et du paysage dans tous les pays tempérés.

GC. atlantica MaxETTI. — Cèdre de l'Atlas. Découvert sur les montagnes les plus élevées de l'Algérie depuis moins d’un demisiècle. Il ressemble beaucoup au cèdre du Liban par son portet sa taille, mais il en diffère par ses cônes moins gros et surtout par la teinte glauque-argentée de son feuillage, qui le fait reconnaître de prime abord. C’est aussi un très bel arbre d'ornement, qui se répand de plus en plus en Europe. De même que le précédent, il a produit un certain nombre de variétés, dont quelques-unes semblent faire le passage entre les deux espèces.

CG. Deodara Lounox.— Cèdre Déodar. De l’Inde, où il porte plusieurs noms vulgaires, dont le sens général est arbre divin ou arbre des dieux. Il est commun dans certaines parties de l'Himalaya, au Thibet et au Népaul, où il s’élève aux altitudes de 3,500 à 4,000 mètres. On le cultive en Europe au même titre que les deux précédents, qu'il surpasse peut-être en grâce et en majesté, aussi bien que par sa taille, qui atteint jusqu’à 100 mètres dans son pays natal. À

Le Déodar est plus élancé que le cèdre du Liban, sa flèche et ses branches plus menues et plus flexibles; aussi sont-elles plus ou moins inclinées, et peut-être résistent-elles moins aux vents violents. Le feuillage est ordinairement très glauque, mais dans certaines variétés 1l est presque aussi vert que celui du cèdre du Liban; il a même parfois une telle ressemblance avec celui de l’Asie-Mineure, que bien des botanistes inclinent à le considérer comme une simple variété, mais bien tranchée, du cèdre commun.

Dans le nord de l’Inde, le Déodar est un arbre des plus utiles. Son bois, d’un jaune pâle, est léger, résineux, aromatique, à grain fin, et néanmoins très fort et, assure-t-on, d’une durée exceptionnelle, malgré les vicissitudes du climat des montagnes. On cite, au Cachemire, des colonnes et des portes de mosquée en bois de Déodar qui, après quatre ou cinq siècles d'usage, sont encore en parfait état de conservation. Ce bois résiste longtemps à l’action de l’eau et de la terre humide ; aussi en fait-on un fréquent usage pour la construction des ponts, des bateaux de rivière, des traverses de chemins de fer, etc. Ajoutons enfin que le Déodar, comme notre mélèze d'Europe, fournit de la résine et de la térébenthine, qu’on en extrait par les mêmes procédés qui sont suivis chez nous.

Cet arbre remarquable se plaît dans les terres profondes, naturellement drainées par leur pente, et dans les climats humides. Quoi-

que rustique dans la plus grande partie de l’Europe occidentale, il souffre du froid à Paris dans les hivers rigoureux.

CELTIS. — Genre d'Ulmacées, de la tribu des Celtidées, dont le caractère propre est d’avoir un fruit drupacé, et non sec et membraneux comme celui des Ulmacées proprement dites. On y distingue les espèces suivantes :

GC. australis L. — Le Micocoulier. De l’Europe méridionale, du nord de Afrique et de l’Asie, jusqu’à l'Himalaya, où il monte à près de 3,000 mètres. Sa croissance est un peu lente, mais avec le temps il s'élève à une vingtaine de mètres et le tronc atteint quelquefois à { mètre ou 1"50 de diamètre. Son bois est dense, dur, peu sujet à se fendre; aussi les tourneurs et les sculpteurs sur bois en font-ils divers ouvrages. Dans le midi de la France on le cultive ordinairement en cépées, pour en obtenir des fourches et des manches de fouet, dont le Roussillon et la Provence font un certain commerce. Quelques érudits croient que cet arbre est le Lotus des anciens. Son fruit cependant est trop petit pour être réellement comestible.

G. occidentalis L. — Huckberry tree des Américains. Il devient un peu plus grand que le micocoulier d'Europe, auquel d’ailleurs il ressemble. Son bois élastique est employé aux Etats-Unis pour les constructions et autres usages domestiques.

C. sinensis PERSOON. — De la Chine et du Japon, où il porte le nom d’Æénoki. C’est un arbre très rustique, dont le bois sert à faire des charpentes.

D’autres espèces, moins intéressantes, existent encore en Amérique, même dans l’Amérique du Sud. Ce sont des arbres de simple curiosité.

CEPHZÆLIS /pecacuanha Ricx. — Plante herbacée vivace, de la grande famille des Rubiacées, indigène dans les forêts du Brésil, et dont la racine fournit un médicament précieux, efficace dans beaucoup de maladies graves, et en particulier dans la dyssenterie, dont il paraît être le spécifique. C’est l’objet d’un commerce important entre le Brésil et d’autres pays; malheureusement l'exploitation de la plante se fait sur une si grande échelle et avec si peu de ménagement, qu’on est aujourd’hui autorisé à craindre qu’elle ne disparaisse totalement dans un avenir peu éloigné. Ce serait donc un acte de sage prévoyance d’en essayer la culture dans d’autres pays, de climat à peu près similaire à celui du Brésil, par exemple aux Antilles, à la Nouvelle-Calédonie et autres îles intratropicales. Il est à croire que ces essais, continués avec persévérance, seraient couronnés de succès.

CEPHALOSTACHYUM capitatum MunNRo. — Bambou d’une dizaine de mètres de hauteur, qui monte sur l'Himalaya jusqu'aux limites de la zone tempérée. Il en est de même du C. pallidum Muxro, de la même région que le précédent et à peu près aussi rustique. Le C. pergracile Muxro, de Burma, est une espèce beaucoup plus grande, mais probablement moins rustique.

CERASUS. — Cerisier. Arbres et arbrisseaux de la famille des Rosacées amygdalées, des pays tempérés de lhémisphère septentrional, réunis aux pruniers par Linné, et se nuançant avec eux par de nombreux intermédiaires, mais qu’il vaut mieux en séparer dans la pratique. Les uns sont des arbres à feuilles caduques, les autres à feuilles persistantes; ces derniers ne sont guère que des arbres d'ornement. Les cerisiers à fruits comestibles, aujourd’hui cultivés partout, ont produit de nombreuses variétés dont on trouvera la liste dans les traités d’arboriculture fruitière.

C. aoium Moexcx. — Merisier. Arbre de 10 à 15 mètres, indigène en Europe, à feuilles caduques, comprenant des variétés à fruits rouges, jaunes et quelquefois presque blancs, à chair sucrée. Cet arbre est cultivé dans plusieurs pays, principalement dans la forêt Noire, en Suisse et en Dauphiné, en vue de la fabrication du kirsch.

GC. Duracina DC. — Bigarreautier. De la taille du précédent, dont il pourrait n’être qu’une variété améliorée, divisé lui-même en plusieurs sous-variélés, à fruits plus ou moins gros, généralement rouges, roses ou presque blancs, plus rarement noirs, mais à suc peu coloré. Ses fruits sont les bigarreaux des Français.

C. Juliana DG.— Guignier. Arbre semblable aux deux précédents, mais ses fruits, dans la variété type, sont fortement colorés en rouge noir, ainsi que leur suc. Ils sont très sucrés et servent aussi à la fabrication du kirsch et du marasquin. D’autres variétés, qu’on rattache à cet arbre, tendent à le confondre avec le bigarreautier. Il est assez probable même qu’il est provenu, comme lui, du cerisier des bois, ou merisier, amélioré par une culture séculaire.

C. caproniana DC. — Griottier. Celui-ci est une espèce tout à fait distincte des précédentes ; il en diffère par sa taille moindre, par son port étalé, et surtout par ses fruits acides, plus courts, plus arrondis, même déprimés dans le sens de leur longueur, et dont la queue adhère au noyau. Il a donné de nombreuses variétés, à fruits plus gros et de saveur plus douce que dans le type de l'espèce, telle que la cerise de Montmorency,la royale hätive, la cerise de Médoc (May-Duke des Anglais), la cerise Gobet, etc., toutes abondamment cultivées dans les vergers de l’Europe.

C. Mahaleb Mizz. — Mahaleb, bois de Sainte-Lucie. Petit arbre du midi de l’Europe, dont les fruits, de la grosseur d’un pois, noirs à la maturité, ne sont pas mangeables à cause de leur amertume. On le cultive dans quelques jardins comme arbre d'ornement, pour sa belle floraison printanière. Il sert en outre à fournir des sujets pour la greffe d’autres cerisiers d'agrément. Son bois, qui est très dur, exhale une odeur agréable, et dans quelques pays on emploie ses branches à faire des tuyaux de pipe et des ouvrages de tour.

C. americana Sins. (Prunus nigra AITON). — Arbre épineux du Canada et du nord des Etats-Unis. Ses drupes, jaunes ou rouges, sont comestibles.

GC. caroliniana Micax.( Prunus caroliniana AITON).— Arbre peu élevé, à feuilles persistantes, très ornemental etfréquemment planté dans les jardins et les parcs d'Europe et d'Amérique, se prêtant à tous les genres de taille et propre à faire des haies peu défensives.

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