C. ilicifolia, voyez Pygeum ilicifolium
CERATONIA siiqua L. — Le caroubier des Français, l’A/garrobo des Espagnols. Arbre de la famille des Légumineuses césalpiniées, originaire d'Arabie et de l'Orient, mais naturalisé depuis les temps les plus anciens au nord et au sud de la Méditerranée, et croissant à l’état demi-sauvage sur les collines de la Provence entre Nice et Menton, très commun aussi en Espagne et en Algérie. C’est un arbre de 8 à 15 mètres, suivant les lieux et la nature des terrains, dont la têle s’arrondit en dôme. Ses feuilles sont coriaces, luisantes et persistantes. Ses fleurs, petites et peu apparentes, se montrent en automne et en hiver; il leur succède de grandes siliques aplaties et plus ou moins courbées en cornes de béliers (d’où le nom grec de Kératia), dont les graines sont immergées dans une pulpe sucrée, qui est rigoureusement comestible, et dont les populations les plus pauvres se contentent quelquefois. La véritable utilité des caroubes est de servir à la nourriture du bétail, principalement des porcs et des chevaux, qu’elles engraissent rapidement; aussi s’en fait-il un grand commerce entre les pays producteurs et le centre de l’Europe. D’après le docteur Masters, l'Angleterre seule en reçoit annuellement {80,000 tonnes de l’île de Crète. La pulpe des caroubes contient, d’après les analyses qui en ont été faites, environ 66 pour 100 de sucre et de gomme. L'industrie s’en est emparée et en a tiré des sirops, du caramel, des liqueurs et des imitations de chocolat et même de café; mais ces essais ont eu peu de succès. Le caroubier n’en est pas moins un arbre très utile au point de vue agricole, d’autant plus qu'il vient, pour ainsi dire, sans aucun soins de culture, dans les lieux les plus arides, offrant tout à la fois une nourriture saine et substantielle au bétail et de l’ombre contre les rayons ardents du soleil. Les Espagnols l'ont introduit, peu de temps après leurs conquêtes, au Mexique et dans leurs établissements de lAmérique du Sud. L'arbre se reproduit de lui-même par ses graines tombées à terre.
L'histoire nous apprend que les anciens solitaires de la Thébaïde se nourrissaient de figues et de caroubes, ainsi que saint Jean-Baptiste. De là le nom d'arbre à pain de saint Jean (Johannis Brodt Baum en allemand, Saint John's bread en anglais). Les caroubes elles-mêmes portaient en latin le nom de /ocustæ, qui signifie aussi sauterelles, ce qui a pu faire croire aux commentateurs des histoires Mois que saint Jean se nourrissait de sauterelles dans le
ésert.
CERATOSTEMMA grandifiorum Ruiz et PaAv.; Vaccinium grandiflorum DomBEY. — Grand arbrisseau de la famille des Ericacées vacciniées, des Andes du Pérou, à feuilles persistantes et très ornemental, mais plus intéressant encore par ses baies rouges comestibles et d’une saveur agréable.
Les C. peruvianum PERSOON., C. cordifolium et C. oblongifolium DC., des mêmes régions, mériteraient aussi d’être introduits avec le précédent dans le midi de l'Europe.
CERCOCARPUS ledifolius NuTT. — Arbre de 10 à 15 mètres, indigène en Californie, et dont le tronc peut arriver, avec le temps, à 2? mètres ou 2"50 de circonférence, mais qui croît avec une extrême lenteur. Son bois, dense et de couleur foncée, est le plus dur de tous ceux de la Californie ; aussi l’emploie-t-on surtout là où les matériaux doivent offrir une grande résistance, pour faire des vis de pressoirs, des étais de machines, etc. Il trouverait probablement un emploi plus lucratif dans l’industrie du meuble, et, dans cette prévision, 1l serait prudent d’en régler l'exploitation pour n’en pas détruire l'espèce. Le C'. parvifolius, qui en est voisin, possède les mêmes qualités, mais sous de moindres dimensions.
CEREUS. — Cierge. Genre de Cactées, comprenant un grand nombre d’espèces, souvent de grande taille, quelquefois même arborescentes, à tiges le plus souvent colomnaires et droites, cannelées, sans feuilles et épineuses. Leurs fleurs sont grandes et très belles, en forme d’entonnoir plus ou moins longuement tubuleux, blanches, jaunes, roses, rouges ou violacées. Les amateurs d’horticulture, ceux principalement qui se font une spécialité des plantes grasses, en possèdent de riches collections, cultivées en serres ou en orangeries quand le climat est trop froid pour permettre à ces plantes de croître à l’air libre. Quelques espèces de Cereus produisent des fruits comestibles. Citons en particulier les suivantes :
C. Engelmanni Parry.— De la Californie. Grande espèce à fleurs rouge écarlate, dont les fruits sont de grosses baies succulentes, qui ont à peu près le goût de la fraise.
C. Quixo GAY. — Du Chili; haut de 4 à 5 mètres, à fleurs blanches comme la neige. Les fruits sont doux et sucrés, et on les sert sur les tables. C’est une des espèces les plus rustiques du genre, et qui réussirait à coup sûr, ainsi que la précédente, dans les parties chaudes du midi de l’Europe.
D’autres Cereus se recommandent aux amateurs par leur grande taille ou la bizarrerie de leur figure, telles, par exemple, que le C. Lecontei ENGEL., dont la tige est de la grosseur d’un baril; le C. giganteus ENGELM., qui s'élève à 18 ou 20 mètres, et dont les fruits sont comestibles; le C. peruvianus L., ou cierge du Pérou, déjà naturalisé dans le midi de la France. Plusieurs autres espèces, également remarquables, du Mexique, de l'Amérique du Sud et des Antilles, pourraient être ajoutées à cette liste.
CEROXYLON. — Palmiers américains du groupe des Cocoïnées,
de très grande taille, à tronc lisse et qui exsude une sorte de résine cireuse, ce qui leur a valu leur nom. La plupart sont des Andes de la Nouvelle-Grenade et de la Bolivie, où ils s'élèvent très haut, sans atteindre cependant la limite des neiges. On les suppose assez rustiques pour pouvoir être acclimatés dans le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique; toutefois il ne paraît pas que leur culture en plein air ait jusqu'ici donné des résultats. Les deux plus connus sont les suivants :
C. andicola HumMBLT.— Le palmier à cire de la Nouvelle-Grenade. Arbre de 40 à 50 mètres, et quelquefois plus, d’un port très majestueux, et dont la longue tige se couvre de la matière cireuse dont nous venons de parler. On la récolte en râclant la tige à de certaines époques, et on en obtient de 10 à 12 kilogrammes par arbre, plus ou moins, suivant sa taille. Mélangée à la cire d’abeille et au suif, elle leur donne une grande consistance, et c’est ainsi qu’on l’emploie à faire des bougies. Plusieurs autres palmiers américains produisent cette sorte de cire, qui circule dans le commerce sous le nom de carnauba, mais c’est le C'eroxylon des Andes qui en fournit le plus. Ce beau palmier est assez commun aujourd’hui dans les serres des amateurs.
C. australe MarT. — Des montagnes de l’ile de Juan-Fernandez, sous le 34° degré de latitude australe. Ce palmier, encore peu connu, serait très probablement rustique dans le midi de l’Europe et même de la France.
Bien d’autres espèces de palmiers existent encore dans les Andes, mais jusqu'ici elles ont été peu observées. Les plus intéressantes, au point de vue qui nous occupe, sont le C'eroxylon Klopstokii Marr., des montagnes de Venezuela, et le Jiplothemium Torallyi »'Or- BIGN., de celles de la Bolivie, tous deux de très grande taille. Le second semble devoir être rustique dans le midi de la France.
CERVANTESIA {omentosa Rurz et PAv.— Petit arbre du groupe des Santalacées, qui habite les montagnes du Pérou. Ses graines sont comestibles et leur saveur rappelle à la fois celles des noisettes et des amandes. Si nous tenons compte du climat relativement tempéré du Pérou, dont beaucoup de plantes réussissent sans difficulté dans le midi de l’Europe, il semble probable que cet arbre intéressant pourrait y être naturalisé.
CESTRUM. — Arbrisseaux de la famille des Solanées, originaires, pour la plupart, des montagnes du Mexique et des Antilles. Plusieurs espèces du genre sont déjà communément cultivées dans les jardins de l’Europe. L’une d'elles, le C'. nocturnum L., se fait remarquer entre toutes les autres par le parfum de ses fleurs, qui s’exhale surtout pendant la nuit. C’est du reste son seul mérite, car les fleurs elles-mêmes, d’un jaune verdâtre, sont insignifiantes.
CHAMÆROPS.— Genre de palmiers du groupe des Phænicinées, à feuilles flabelliformes, dont l’espèce classique et connue de toute antiquité est le CA. kumilis L., le palmier éventail ou palmier nain,
du Midi méditerranéen, et le seul représentant de la famille des palmiers en Europe. On le trouve en Grèce, en Italie, en Espagne et dans le nord de l'Afrique. Il existait même en Provence, aux environs de Nice, il y a quelques années, mais il en a disparu depuis. En revanche il est très commun dans les jardins du midi de la France, où il résiste à tous les froids de l'hiver.
Livré à lui-même, le palmier éventail s'élève à 5 ou 6 mètres et se ramifie ordinairement sur la souche; mais souvent on ne lui laisse qu'une seule tige. Il est très élégant et sa grande rusticité le fait partout rechercher pour l’ornementation des jardins. Il est dioïque, et pour en obtenir des fruits et des graines on est obligé de le féconder artificiellement. Quoiqu'il offre un certain obstacle au défrichement dans le nord de l'Afrique, il n’y est cependant pas inutile : on retire de ses feuilles coriaces une filasse analogue à du crin et qui peut servir à bourrer des matelas, mais qui est plus souvent employée à faire de la pâte à papier. La ténacité de ses racines, dans les pays où il est indigène, le rend très propre à maintenir et fixer les terres en pente, et il est surtout utile pour consolider les talus des chemins de fer. Les fortes épines des pétioles de ses feuilles constituent aussi une bonne défense pour enclore les propriétés.
On rattache au genre C'hameærops plusieurs autres palmiers asiatiques qui devront, étant mieux connus, passer probablement à d’autres genres; ce sont:
Ch. Æhasyana Grirr. — De l'Himalaya, espèce rustique qui se montre, dans ces montagnes, jusqu'à plus de 2,000 mètres d’altitude.
Ch. Martiana WaLz. — Du Népaul, arbre d’une douzaine de mètres, et montagnard comme le précédent, dont il ne difière peutêtre pas.
Ch. Zitchieana Gnirr. —- Des montagnes arides de l’Afghanistan, et le seul qu'on ait trouvé jusqu'ici dans cette contrée, où ses fibres sont employées à faire des nattes et des cordages. On le dit rustique même en Angleterre. Ce petit palmier est devenu le Nannorops de WENDLAND.
Les Ch. excelsa et Ch. Fortunei sont reportés au genre Trachycarpus.
CHENOPODIUM. — Genre de Chénopodées représenté par un très grand nombre d’espèces tant en Europe que dans les autres parties du monde. Quelques-unes ( Ch. Bonus Henricus L., Ch. Blitum L., etc.) deviennent par occasion des plantes potagères à la manière de l’épinard ; le Ch. Quinoa Wizo., de l'Amérique du Sud, joue même le rôle de céréale sur les sommets presque glacés des Andes.
D’autres espèces sont utiles comme plantes fourragères, et elles rendent de véritables services dans les grandes plaines et les déserts arides de l’Asie centrale et de la Nouvelle-Hollande. Deux, de cette dernière contrée, sont particulièrement à citer, ce sont les CA. auricomum LiNpz. et nitrariaceum Ferd. voN MULLER, sous-arbrisseaux vivaces des déserts salés de Australie, où ils sont une pré-
cieuse ressource pour le bétail dans les tempsde sécheresse. Ces deux plantes, ainsi que plusieurs autres Chénopodées australiennes, mériteraient d’être introduites dans les plaines arides du sud algérien.
CHIONACHNE cyathopoda Ferd. von MULLER. — Graminée des parties orientales et subtropicales du continent australien, où elle produit un copieux et très bon fourrage. Le CA. barbata des mêmes régions est aussi un fourrage estimé.
CHLORIS. —- Genre de Graminées, qui, presque toutes, pourraient être introduites, en qualité de plantes fourragères, dans l’agriculture des pays chauds. Dans le nombre on recommande particulièrement les Ch. scariosa Ferd. vox MuLzer., truncata R. Br. et ventricosa R. Br., de l'Australie orientale, toutes trois vivaces et fournissant de bonnes pâtures en vert pour l’été et l’automne. Il y aurait d’intéressantes expériences à faire sur ces plantes.
CHLOROGALUM pomeridianum KuUNTH. — Grande Liliacée bulbeuse des montagnes de la Californie. Ses tiges dépassent 2 mètres de hauteur, et ses gros bulbes sont enveloppés d’un grand nombre de tuniques fibreuses qui, à l’aide de quelques préparations, servent à faire des matelas, des coussins, des nattes, etc. D’après le professeur Bolander, des marchés importants ontété conclus pour l’exploitation de cette matière. Le bulbe lui-même contient de la saponine, et on l’emploie au lavage des étoffes. À ce point de vue encore, l’industrie pourrait en tirer un certain parti.
CHLOROXYLON Suwietenia DC. — Des montagnes de l’Inde et de la famille des Cédrélacées. C’est l’arbre qui produit le bois de satin, célèbre par la beauté de son coloris, sa densité, la finesse de son grain et son odeur aromatique. La culture de cet arbre serait d’un grand produit, mais là seulement où le climat et la nature du sol la rendraient possible. Il semble que la température moyenne de 18 degrés centigrades est le minimum de chaleur requise pour en assurer le succès. L'arbre produit par exsudation une sorte de résine qui n’est pas sans valeur, et qu’on emploie en guise de vernis.
CHRYSANTHEMUM. — Genre de Composées, souvent confondu avec le genre Pyrethrum, qui d’ailleurs en difière à peine. L'horticulture lui doit plusieurs plantes d'ornement tout à fait de premier ordre, comme les chrysanthèmes de l’Inde, de la Chine et du Japon; mais on y trouve aussi des espèces qui servent à un tout autre usage. Ce sont en particulier le Ch. roseum Abanws, de l’Asie occidentale, qui fournit la poudre insecticide de Perse, et le CA. cinerariæfolium TRevis., d'Autriche, qui donne celle de Dalmatie; on la regarde comme supérieure même à celle de Perse. Le Pyrethrum Tchihatchewit Boiss., de l'Asie-Mineure, sert aux mêmes usages, et il est probable que plusieurs autres espèces du genre pourraient y être employées. Cette poudre insecticide s'obtient par pulvérisation des capitules floraux préalablement desséchés.
CHRYSOBALANUS /caco L.— Arbrisseau des Antilles, actuellement cultivé dans plusieurs régions de l'Amérique continentale et en Afrique, pour ses fruits, dont on fait d'excellentes conserves. Son écorce et ses racines, à cause de leur astringence, sont usitées en médecine. Ce petitarbre mériterait d’être propagé dans tous les pays chauds et tempérés-chauds.
CHRYSOPHYLLUM. — Genre d'arbres et d’arbrisseaux de la famille des Sapotées, la plupart des Antilles, où leurs fruits comestibles les ont fait introduire dans les vergers. Tels sont les suivants :
Ch. Caïmito L.— Connu aussi sous les dénominations vulgaires de Caïmitier, Chaïmitier et Star-apple. C’est le plus estimé du genre.
Ch. jamaicense JACQ. — Désigné aussi sous le nom de Starapple ; 1l est très répandu à la Jamaïque et dans quelques autres Anülles.
Ch. microcarpum SwanTz. — C’est le petit Chaïmitier des Anülles françaises. à
On cultive encore dans cette partie de l'Amérique le CA. argenteum ou Borcis et le Ch. monopyrenum SwarTz, dont le fruit, assez semblable à une prune de Damas, porte, à la Jamaïque, le nom de Damson plum.
CHUSQUEA. — Graminées, la plupart de grande taille, souvent arborescentes, voisines des bambous, avec lesquels on les confond quelquefois, toutes originaires de l'Amérique. Ce sont de belles plantes d'ornement, sans parler de leurs emplois industriels dans les lieux où elles croissent. Quelques-unes s’élèvent sur les montagnes jusqu’à la région tempérée ou même tempérée-froide. Il n’en existe encore qu’un très petit nombre en Europe. Signalons, comme les plus intéressantes au point de vue de l’acclimatation :
Ch. Culcou DEsv. — Du Chili; chaumes dressés, de 6 à 7 mètres.
Ch. Dombeyana KunrH. — Du Pérou, jusqu'aux altitudes de 2,000 mètres. Petite espèce qui ne dépasse guère 3 mètres.
Ch. Lorentsiana Grises. — De la république argentine. Bambou d’une dizaine de mètres, à tiges pleines, très fortes, dont on fait de nombreux ustensiles, des perches pour la toiture des maisons, etc.
Citons seulement pour mémoire le CA. Fendleri Munro, qui monte jusqu’à la limite des neiges dans l'Amérique centrale; les C. Galeottiana et Mulleri, du Mexique, qui s'élèvent presque aussi haut; enfin les C. scandens et simpliciflora, espèces à tiges grim- .pantes qui s'élèvent très haut sur les arbres.
CICHORIUM Jntybus 1. — La chicorée. De la famille des Composées. C’est une plante vulgaire dans presque toute l'Europe méridionale et moyenne, en Asie et dans le nord de l’Afrique, mais qui, par le fait d'une culture déjà ancienne et perfectionnée, est devenue à la fois potagère, fourragère et industrielle, et à ces trois points de vue elle a de l’importance.
Comme plante potagère, la chicorée fournit une bonne salade
PER AR | “dé ee
À = 7 DA à 3 D:
verte en été, et, en hiver, cette autre salade blanchie dans les caves, qu'on connaît sous le nom de barbe de capucin. Dans la grande culture, ou culture agricole, la chicorée produit un fourrage abondant, précoce, résistant bien à la sécheresse, et très avantageux, en vert, pour la nourriture des vaches. Enfin, comme plante industrielle, la chicorée sauvage, par une de ses variétés dont la racine s’épaissit et arrive au volume d’une carotte moyenne, a acquis une grando valeur commerciale depuis le commencement du siècle. C’est de sa racine torréfiée qu’on tire le café-chicorée, qui est d’un si grand usage parmi les populations du nord et du centre de l’Europe, trop pauvres pour consommer habituellement le véritable café d'Arabie. Faisons observer que cette racine charnue serait aussi une excellente nourriture pour le bétail, si elle ne trouvait pas un emploi plus avantageux dans l’industrie que nous venons d'indiquer.
Au même genre appartiennent la chicorée frisée (C. Endivia L.) et la scarole (C. Scariola L.), deux plantes potagères trop connues pour qu’il y ait lieu de s’y arrêter ici.
CINCHONA. — Arbres de la famille des Rubiacées, tous originaires d'Amérique, principalement des Andes du Pérou, de la Nouvelle-Grenade et de Bolivie, devenus célèbres sous le nom d’arbres à quinquina. Tout le monde sait aujourd’hui que la poudre fébrifuge, importée pour la première fois en Europe il y a plus de deux siècles, sous les noms de poudre de la comtesse, poudre du cardinal, etc., est l'écorce pulvérisée des arbres à quinquina. Ce puissant médicament, qui est efficace non seulement dans les fièvres imtermittentes, mais dans plusieurs maladies dont la périodicité est le caractère dominant, doit ses propriétés à des principes particuliers, de la nature des alcaloïdes, dont les principaux sont la quinine et la cinchonine, qui s’administrent aujourd’hui plus fréquemment que la poudre elle-même.
Plusieurs espèces du genre Cinchona fournissent ces précieuses écorces, mais toutes ne contiennent pas les mêmes principes ni en mêmes quantités. Quoi qu’il en soit, elles sont exploitées sur une vaste échelle et elles alimentent un commerce très important, qui est une source de revenus pour les pays producteurs. L'exploitation a marché sirapidementetelle s’est faite avec une telleimprévoyance, qu'on a pu craindre de voir disparaître les arbres à quinquina, ce qui eût été un malheur pour l'humanité toute entière. Aujourd’hui les gouvernements de l'Amérique du Sud, mieux éclairés sur leurs intérêts, ont réglementé l'exploitation des écorces et l'aménagement des arbres qui les produisent. L’Angleterre, de son côté, s’est efiorcée de les introduire dans ses possessions de l’Inde, et elle y a réussi après bien des tâätonnements et des échecs. La Hollande a marché sur ses traces dans sa colonie de Java et avec le même succès. On regrette d’être obligé de dire que, jusqu'ici, la France r’a rien fait de semblable dans ses colonies, tout au plus quelques essais sans importance et sans résultats.
Il ne sera pas sans intérêt de passer en revue les différentes espèces de quinquinas que l’expérience a fait reconnaitre pour les plus
riches en substances médicinales et les plus avantageuses à cultiver. Citons particulièrement les suivantes :
C. Calisaya Ruiz et Pav. — Le quinquina jaune du Pérou. L’arbre habite non seulement les montagnes du Pérou, mais aussi celles de la Nouvelle-Grenade, de la Bolivie et du Brésil, aux altitudes de 1,500 à 3,000 mètres au-dessus de la mer. Sa hauteur est de 12 à 14 mètres. C’est un des plus riches en quinine, mais il fournit en outre quelques autres alcaloïdes de valeur, dont la cinchonidine est le principal. C’est en même temps l’espèce qui réussit le mieux dans les plantations du Bengale, où il ne souffre point des faibles gelées qu’on y ressent quelquefois. Un essai fait dans la colonie de Victoria (Australie du Sud), sous les auspices du baron Ferd. von Müller, a eu quelque succès, car l’arbre a pu y fleurir, et c’est là peut-être le commencement de plantations cinchonifères plus importantes dans l'avenir. Cependant les conditions qui favorisent le développement du C. Calisaya sont un peu limitées, beaucoup plus que celles de la culture du C. succirubra, dont nous parlerons tout à l'heure, et sa multiplication par graines est moins facile. Il y a plusieurs variétés, dont les écorces ne sont pas équivalentes. Celle qui se trouve sur les montagnes de Santa Fé, à la Nouvelle-Grenade, aux alütudes de 2,000 à 3,000 mètres, produit l’écorce très estimée de Colombie. Une autre variété, le C. Ledgeriana, dont l'écorce est également de bonne qualité, habite le nord du Brésil. Les écorces de calisaya, récoltées dans les plantations de l’île de Java, contiennent, dit-on, de 10 à 12 pour 100 de leur poids de quinine.
C. cordifolia Muris. — Du Pérou et de la Nouvelle-Grenade, entre 2,000 et 3,000 mètres de hauteur, mais s’élevant jusqu’à 3,300 mètres, d'après M. Willis Weaver, aux environs de Bogota, probablement sous le couvert des forêts. C’est cet arbre qui fournit l’écorce dure de Carthagène, désignée aussi sous le nom de Prtaya de l’ouest, et qui est extrêmement riche en alcaloïdes. C’est une espèce robuste et qui croît avec rapidité. L’écorce la plus épaisse est récoltée aux plus grandes altitudes, là où les arbres sont souvent enveloppés et mouillés par les brouillards.
C. micrantha Ruiz et Pav.— Des Cordillères de la Bolivie et du Pérou. C’est un arbre d’une vingtaine de mètres, et qui fournit une partie du quinquina gris ou de Huanaco, désigné aussi sous le nom de quinquina de Lima. Gelte écorce est comparativement riche en cinchonine et en quinidine; cependant elle contient aussi de la quinine. On en fait peu de cas à Java.
C. nitida Rurz et Pav. — Des Andes du Pérou et de l’Equateur. C’est un arbre de la taille du précédent, qui fournit aussi du quinquina gris où de Huanaco, ainsi que du quinquina de Loxa, riche surtout en cinchonine et en quinidine. C’est probablement une des espèces les plus rustiques du genre.
C. officinalis L. — Des Andes du Pérou et de la Nouvelle-Grenade, entre 2,000 et 3,300 mètres de hauteur supramarine. C’est cette espèce qui fournit le quinquina brun du Pérou et une partie du quinquina de Loxa, écorces comparativement riches en quinine eten cinchonidine. La température moyenne de la région où elle
croît est très analogue à celle des Canaries, et on a observé que la grande humidité de l'air lui est plus défavorable qu'aux autres espèces.
Le C. officinalis, un des Dhee anciennement connus, a produit plusieurs variétés ou sous-espèces qui ne sont pas toutes exactement déterminées. L'une d'elles, nommée Crispilla par les botanistes, endure, assure- t-on, des abaissements de température qui peuvent aller jusqu’à deux ou trois degrés centigrades au-dessous de zéro. Une autre variété, le C. lancifolia Murs, habite des hauteurs où la température moyenne est celle de Rome et de Nice, mais sans atteindre les extrêmes de froid et de chaud qu’on observe dans ces deux villes. Cette variété fournit une partie du quinquina ou écorce de Pitaya.
La variété pitayensis, ainsi que son nom l'indique, est celle qui produit la plus forte proportion de cette dernière espèce d’écorce. Cultivée dans la région himalayenne de l'Inde, elle a donné, sur certains points particulièrement favorables, la quantité, jusque-là sans exemple, de {{ pour 100 de son poids d’alcaloïdes, sur lesquels il y avait près de 6 pour 100 de quinine, le reste se composant de cinchonine et de quinidine. On dit que cette variété du C. officinalis a entièrement disparu de ses forêts natales d'Amérique.
Une quatrième variété du C. officinalis, le quinquind uritusinqa où de Zoxa, du Pérou, qui est un arbre de 18 à 20 mètres, est un de ceux qui ont le mieux réussi dans les plantations de Pile de Ceylan. En quinze ans il y atteint, en moyenne, 9 mètres de haut, sur une circonférence de 0"60 à 070 à la base. Son écorce, en 1879, valait de 7 à 8 fr. le demi-kilogramme, de 12 à 14 lorsque c’était de l'écorce renouvelée à la suite d’une première décortication. M. Mac Ivor, inspecteur général des plantations de quinquinas à Ceylan, dit avoir obtenu, dans l’espace de douze mois, 6,850 boutures d’un seul arbre importé directement d'Amérique. Ce moyen de multiplication est fréquemment employé dans l’Inde, mais le semis des graines, que tous les quinquinas produisent en ‘abondance, est tout aussi avantageux, quoique un peu plus lent.
L’écorce de la race ou variété ici en question contient de 7,4 à 10 pour {00 de quinine, d’après M. Howard.
CG. Hasskarliana Mia. — Cette espèce, encore peu définie dans le sens botanique, est une de celles qui ont donné les meilleurs résultats à Java.
C. succirubra Pay. —- Des hauteurs moyennes sur les Andes du Pérou et de l’Equateur. C’est un arbre de 10 à 12 mètres, dont l’écorce est riche en quinine et en cinchonidine. Pour diverses raisons, c’est lui qui domine dansles plantations du Haut-Bengale, etil paraît s’accommoder du climat des districts de Gippsland et de Westernport en Australie. À Madère, à l’altitude de 100 à 150 mètres, on Va vu dépasser la taille de 6 mètres et fleurir après deux ans et demi de plantation. On peut augurer de ces succès, dans des pays si variés de climat, que la culture du succirubra se propagera dans beaucoup d’autres lieux, et elle semble particulièrement indiquée
pour la Nouvelle- Calédonie.
Il ne faudrait pas croire cependant que la culture des quinquinas soit uniquement dépendante des températures. Considérés d’une manière générale, ces arbres redoutent également la grande chaleur et le grand froid. Les climats tempérés-chauds, mais avec une certaine humidité atmosphérique entretenue par des pluies fréquentes, sont ceux qui leur conviennent le mieux. Un proverbe péruvien dit que ces arbres aiment à voir la neige, mais seulement de loin, ce qui résume assez bien les conditions de leur culture. Ceci, d’ailleurs, ne suffit pas pour assurer le succès des plantations; il leur faut encore l'abri des forêts pour les protéger contre le soleil et les vents froids, et, ce qui n’est pas moins nécessaire, une terre profonde, fraîche et enrichie d’une abondante couche d’humus, toutes conditions qui se trouvent réunies sur les Andes, et qui se sont présentées aussi sur les montagnes de l’Inde et de Java. La région cinchonifère est en quelque sorte intermédiaire entre celle du caféyer et celle de l'arbre à thé, mais plus voisine de cette dernière, avec laquelle elle se confond presque dans la province d’Assam. En Amérique, dans les localités où les quinquinas donnent leurs meilleurs produits, les extrêmes de la température oscillent entre 1,5 et 33 degrés centigrades. D’après les recherches de M. Ferd. von Müller, les arbres à quinquina réussiraient dans les vallées tièdes et humides de lAustralie, où croissent les fougères arborescentes, mais seulement dans les terres qui ont de la profondeur et qui sont enrichies par la décomposition de matières organiques accumulées pendant des siècles. Au jardin botanique de Melbourne, où des essais ont été fails sur une large échelle, on a reconnu que les températures les plus favorables aux diverses espèces de quinquinas élaient comprises entre 11,6 et 19 degrés centigrades, mais on les a vues résister passablement à des froids de peu de durée, qui abaissaient le thermomètre à zéro et même un peu au-dessous, principalement quand elles sont abritées par d’autres arbres. Avec les mêmes abris contre le soleil, elles ont enduré sans dommage des chaleurs passagères de 37 à 38 degrés.
La multiplication des quinquinas par semis est facile et réussit généralement, à condition que le semis soit abrité par des nattes ou des paillassons contre l’ardeur du soleil. Le jeune plant est élevé en pleine terre ouen pots suivant les lieux, et mis en place lorsqu'il a atteint 25 ou 30 centimètres de hauteur. La distance observée, dans les plantations de l’Inde, est communément de deux mètres en tous sens, et, si les conditions sont bonnes, on commence à récolter des écorces dès la quatrième ou la cinquième année. L’expérience a fait découvrir qu’on peut augmenter artificiellement, dans une forte proportion, le rendement des écorces en alcaloïdes. Le procédé est d’ailleurs fort simple : il consiste à enlever des bandes d’écorce seulement sur le tiers de la circonférence de la tige, et à recouvrir la plaie d’un matelas de mousse ou de foin, qu’on tient constamment humide. Sans cette précaution il faudrait trois ans à l'arbre pour cicatriser cette plaie; mais, protégée comme nous venons de le dire, elleest fermée au bout d’un an, et la nouvelle écorce qui la recouvre contient quelquefois jusqu’à 25 pour 100 d’alcaloïdes.
C’est ce qu’on appelle de l'écorce renouvelée. L’écorce des racines, dans quelques espèces de quinquinas, peut fournir de 7 à 8 pour 100 d’alcaloïdes. Les feuilles elles-mêmes ne sont pas sans valeur.
C’est en 1851 que les premières plantations de quinquinas ont été faites à Java, sous la direction du docteur Hasskarl. Elles sont depuis longtemps en plein rapport, et leur revenu annuel dépasse de beaucoup le double de ce qu’elles ont coûté à établir. Le prix des écorces varie, une fois rendues en Europe, de ? fr. 50 à 15 fr. le kilogramme, suivant la qualité.
Nous ne pouvons pas entrer ici dans de plus longs détails sur lindustrie cinchonifère, mais il est bon d’ajouter, pour en faire comprendre l'importance, que, dès 1869, les plantations de l'Etat anglais, dans le district de Darjeeling, contenaient plus de trois millions d'arbres. En 1875 la récolte des écorces de quinquinas, dans la seule résidence de Madras, s’élevait à 75,000 kilogrammes.En 1880, d’après le rapport adressé au gouvernement par le docteur King, surintendant des plantations dans le Sikkim, on comptait quatre millions d'arbres de l’espèce du succirubra, la plus rustique et la mieux appropriée au climat de cette province. Dans les monts Nilgherries le gouvernement a distribué, en 1879, plus de 600,000 plants de quinquinas à des particuliers, et plus de 650 kilogrammes de graines, chaque kilogramme en contenant près d’un demi-million. On ne s’étonnera pas de cet immense développement de la culture des quinqninas dans l’Inde, quand on saura qu’il meurt annuellement de la fièvre plus d’un million d’indigènes.
A Java, aux altitudes de 1 ,400 à 1,600 mètres, de nombreux essais de culture de quinquinas ont été tentés avec des succès divers. L’espèce sur laquelle se concentre aujourd’hui presque tout l'intérêt des opérations est le C’. Ledgeriana, dont lécorce contient, en moyenne, 13 pour 100 de quinquine, et qui sera peut-être un jour le seul cultivé dans cette île. Ses graines ne reproduisant pas exactement le type de l’espèce ou de la race, on le propage surtout de grefles sur de jeunes sujets de succir ubra, qui ont l’avantage de croître rapidement etd’être faciles à élever. Après le Ledgeriana, c’est le C.pilayensis que l’on préfère, et celte espèce est en effet relativement riche en quinine. Le C. microtheca est considéré comme sans valeur commerciale.
CINNAMOMUM.— Arbres de la famille des Laurmées, tous asiatiques, dont le bois et toutes les parties sont imprégnés de camphre ; aussi, dans les pays d’origine, les exploite-t-on au point de vue de ce produit. On en extrait le camphre par la distillation ou ébullition de copeaux, et le produit ainsi obtenu est ensuite purifié par sublimation. Deux espèces sont à noter :
GC. Camphora N£es. — Le camphrier de la Chine, qu’on trouve aussi au Japon dans ses provinces méridionales. C’est un arbre de 10 à 12 mètres, introduit depuis longtemps dans la Basse-Provence, où il endure aisément les petites gelées. Il n’y remplit, du reste, qu’un rôle purement décoratif.
GC. Cassia BL. — De la Chine méridionale, mais qu’on rencontre
aussi sur quelques points de l'Himalaya, jusqu’à 2,000 mètres d’altitude, où il croît en compagnie des C’. oblusifolium, pauciflorum et Tamala.G’estcet arbre qui fournit l’écorce de cassia (Cassia lignea des pharmacies), mais cette écorce n’est de qualité supérieure que récoltée entre les tropiques. Les feuilles du C. Loureiroi N£es., de
la Chine et du Japon, servent seulement de condiment. ee
CISTUS. — Arbrisseaux et sous-arbrisseaux de la famille des Cistinées, indigènes de la région méditerranéenne et de l'Asie 0c= cidentale, croissant pour la plupart dans les terrains rocailleux et arides. Tous sont remarquables par la beauté de leurs fleurs, semblables à des roses simples, blanches, roses, pourpres, unicolores ou maculées d’une teinte plus foncée à la base des pétales. Presque tous les cistes sont cultivés dans les jardins d'amateurs en qualité d’arbustes d'ornement. =
Quelques-uns ont une petite valeur économique par une sorte de résine qui suinte de leurs bourgeons, et qui est douée d’une odeur balsamique plus ou moins prononcée. Elle a été employée en médecine sous le nom de ladanum, mais aujourd’hui on s’en sert da= vantage en parfumerie. Le meilleur ladanum se récolte en Orient, sur les C. creticus L. et C. cyprius Lux. On en tire aussi d'Espa-
gne, qui est principalement produit par le C. ladaniferus L. “4 On a obtenu, en horticulture, de nombreux hybrides de cistes en 4 fécondant arlüificiellement les espèces les unes par les autres. +4
CITRULLUS. — Genre de Cucurbitacées de l'Afrique et de la région méditerranéenne, dont on ne connaît jusqu'ici que les deux … espèces suivantes :
C. vulgaris SER. — La pastèque, ou melon d’eau. Plante annuelle, cultivée depuis les temps les plus anciens en Egypte et en Orient, d’où elle s’est répandue en Asie et dans le midi de l’Europe dès avant l’ère chrétienne. Elle compte aujourd’hui une multitude de variétés, les unes à chair sucrée, les autres à chair insipide ou amère. De l’Europe elle s’est propagée en Amérique, et elle s’y est même naturalisée en retournant à l’état presque sauvage dans les contrées chaudes de ce continent. Elle abonde dans les déserts de l’Afrique australe, où ses fruits sont recherchés, non seulement par l’homme, mais aussi par beaucoup d'animaux, même par les carnassiers, ainsi que nous l’apprend le docteur Livingstone, dans le récit de ses voyages. Les meilleures pastèques qui se mangent en Europe sont celles d'Espagne et de Provence. Les variétés à chair ferme et peu sucrée sont employées à faire des conserves. .
C. Colocynthis Sen. — La coloquinte. Par sa végétation cette espèce rappelle la précédente, mais sur une échelle réduite ; de plus … elle est vivace par sa racine, qui devient volumineuse. Elle abonde surtout en Orient et dans les îles de la Méditerranée. Son fruit, de la grosseur et de la forme d’une petite orange, estexcessivementamer et n’a que des usages médicinaux. 24
dt
dont l’oranger, connu de lout le monde, est le type. Outre cette espèce, le genre en renferme d’autres qui ont aussi leur intérêt.
C. Aurantium L.—Oranger. Un des plus beaux arbres qui existent au monde et qui jouit, depuis quatre siècles, de la faveur universelle, car outre sa beauté décorative, ses fruits, qui sont de premier ordre, sont devenus l’objet d’un commerce très important. Ses fleurs ellesmêmes sont récoltées pour la parfumerie, et, sous cette forme encore, l’oranger fait mouvoir des capitaux considérables.
Il est originaire de l’Asie méridionale, mais la cultüre l’a propagé dans tous les pays civilisés de la terre, même dans ceux du Nord, où on lui consacre des serres spéciales. Pour que sa culture à l’air libre soit rémunératrice, il faut que la lempérature moyenne annuelle arrive au moins à 14 degrés centigrades, et surtout que les plus grands froids de l’hiver ne dépassent pas 5 ou 6 degrés au-dessous de zéro. Ces conditions sont remplies dans une petite partie du midi de la France, surtout dans la Provence maritime, de Toulon à Menton. Les îles de la Méditerranée, l'Italie méridionale, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et les Açores sont les principaux pays producteurs des oranges en Europe. Tout le nord del’Afrique est également propre à cette culture, et on cite, comme une merveille dans leur genre, les vastes orangeries de Blidah.
Un arbre depuis si longtemps cultivé et sous tant de climats différents a nécessairement produit bien des variétés, et comme il s’est plus d’une fois croisé avec d’autres espèces du genre, il en est résulté des formes hybrides, qui rendent plus difficile de déterminer ses limites spécifiques. Un caractère qui servira à le distinguer de la plupart des espèces avec lesquelles on pourrait le confondre estla blancheur parfaite de ses fleurs, qui, dans aucune de ses variétés, n’est altérée par une teinte violette. La figure de ses fruits, leur grosseur moyenne, l'épaisseur de leur peau etla douceur de la pulpe qu’ils contiennent, sont d’autres caractères distinctifs qui ont aussi leur valeur.
Il serait superflu de décrire 1ci toutes les variélés ou sous-variétés qu’on a cru reconnaître dans l’espèce de l’oranger, et qui ne sont la plupart du temps que des variations individuelles propagées par la greffe. La seule qui ait de la valeur au point de vue botanique, et que quelques personnes regardent même comme une espèce totalement différente, est le Bigar adier (Citrus Bigaradia de Duhamel). L’arbre est semblable à l'oran ser proprement dit, mais ses fleurs sont plus parfumées. Ses fruits diflèrent aussi des oranges ordinaires par leur peau plus rugueuse et surtout par leur pulpe plus ou moins amère, qui les rend immangeables ; aussi l’arbre n’est-il cultivé que pour ses fleurs, qui fournissent à la parfumerie le néroli, l'essence de fleurs d'oranger, etc., dont la ville de Grasse, en Provence, est depuis longtemps le principal centre de production en Europe. Le bigaradier est un peu plus rustique que l’oranger vrai, et comme il est tout aussi ornemental, c’est lui qu’on cultive le plus habituellement en caisses, dans les pays du Nord, pour la décoration des jardins et des serres. Les fameux orangers de Versailles, âgés au- Jjourd’hui de quatre siècles, sont des bigaradiers.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l’oranger à fruits doux est cultivé dans tous les pays dont le climat lui est favorable. Il a surtout prospéré en Amérique, au Brésil, au Mexique, dans les Républiques du Sud et en Floride. Dans ce dernier pays, il s’est même si bien naluralisé qu’on a pu croire un instant qu’il y était indigène. La Floride est aujourd’hui le plus grand centre de production d’oranges de l'Amérique du Nord, et c’est pour elle un commerce des plus lucratifs par suite de la grande consommation d’oranges qui se fait aux Etats-Unis.
Peu d'arbres sont aussi productifs que les orangers et donnent des récolles aussi certaines. Quand le sol est de bonne qualité et la culture soignée, l'arbre peut s'élever à 12 ou 15 mètres, et produire en une seule année plusieurs milliers d’oranges marchandes. Le bigaradier, dont le principal et presque seul produit consiste en ses fleurs, qu’il faut cueillir à la main, est tenu beaucoup plus bas, c’està-dire sur des tiges de ? à 3 mètres, pour faciliter la récolte, faite ordinairement par des femmes et des enfants. Abandonné à luimême, il acquerrait presque la taille d’un arbre forestier, et alors il aurait encore de la valeur par son bois compact, à grain fin, de longue durée, et très propre aux ouvrages d’ébénisterie.
C. Bergamia Risso. — Le bergamotier. On ne sait si c’est une espèce distincte de l’oranger ou un hybride de cette espèce et du limonier. Ses fruits pyrilormes ne sont pas comestibles à cause de leur acidité, mais ils sont très parfumés, et c’est de leur écorce que la parfumerie tire l'essence de bergamote, la mellarose et d’autres produits odoriférants. Les fruits, cueillis avant maturité, sont quelquelois confits dans le sucre comme ceux d’autres espèces de Citrus. L'arbre est plus cultivé en Italie qu’en Provence.
C. decumana L.— De l'Inde. C’est le chadec ou pamplemoussier, dont les fruits comparativement énormes, souvent de la grosseur d’un melon, mais de forme déprimée et d’un jaune de soufre, contiennent une pulpe acidule, un peu sucrée, dont on fait grand cas dans les pays intratropicaux. L'arbre est très beau, et ses fleurs sont aussi blanches que celles de l’oranger, mais il est beaucoup moins rustique que ce dernier et n’est guère cultivé en France que comme arbrisseau d'ornement ordinairement abrité pendant l'hiver. Toutefois il réussit bien en Algérie. Les Anglais en font grand usage dans l'Inde.
G. deliciosa Risso ou C. nobilis Lour. — Le mandarinier. De la Chine. Celui-ci n’est qu’un arbrisseau, comparativement à l’oranger, tendant même à prendre la forme d’un grand buisson. Ses feuilles sont beaucoup plus petites que celles de l’oranger, et plus lancéolées; ses fleurs sont très blanches, et le fruit, ordinairement beaucoup plus petit qu'une orange moyenne, affecte une forme déprimée, un peu discoïde. La peau des fruits, d'un orangé-rougeûtre, très mince et se détachant facilement d'avec la pulpe, exhale une odeur particulière, un peu vireuse, plus forte que celle des oranges ordinaires. La pulpe est sucrée et excellente. Le mandarinier, dont l'introduction en Europe ne date guère que du milieu du siècle, est déjà très répandu dans le midi de la France, où il paraît un peu plus rustique
Lie,
he 2 PA
que l’oranger. Il est d’ailleurs abondamment cullivé en Algérie, d’où ses fruits sont expédiés en Europe, principalement à Paris.
C. japonica THUNBG. — Arbrisseau du Japon et de la Chine, où il porte le nom de Xum-Quat. Ses fruits sont seulement de la grosseur d’une cerise, et se mangent entiers, avec la peau. Cette espèce pourrait être intéressante, mais c’est en vain que, jusqu'ici, on a essayé de la cultiver chez nous. Peut-être réussirait-1l en serre, car il paraît être plus frileux que l’oranger commun.
C. Limonium Risso.— Le limonier ou citronnier, dont les fruits sont plus connus sous le nom de citrons que sous celui de limons. Originaire des parties méridionales de l'Asie, il paraît avoir été connu en Europe bien des siècles avant l’oranger, sans doute par l'intermédiaire de la Perse. C’est un arbre à peu près de même taille que l’oranger, mais très distinct spécifiquement, et beaucoup moins rustique; aussi n'est-il cultivé à l’air libre, en Europe, que dans les lieux les plus chauds et les mieux abrités, en Grèce, en Sicile, dans le sud de l'Italie et de l'Espagne. Le point le plus septentrional où sa culture est profitable est situé entre Nice et Menton; dans les autres parties de la Provence il ne réussit bien qu’abrilé par des murs et des constructions ; en Roussillon il gèle plus ou moins presque tous les hivers, même devant des abris.
C’est un arbre extraordinairement fertile, et dont les fruits s’exportent au loin. Leur écorce parfumée donne des essences, mais leur pulpe très acide ne peut servir que de condiment. Cueillis avant malurité et encore verts, on les confits au sucre comme ceux des espèces suivantes. Ses fleurs sont teintées de violet.
C. medica L. — Le cédratier, dont le fruit, connu en France sous le nom de cédrat, serait, suivant plusieurs auteurs, le vrai citron. Originaire de l’Asie méridionale, comme le précédent, il est encore moins rustique que lui, et sa culture demande des soins particuliers. Peut-être est-ce une forme dérivée du limonier commun; cependant il en diffère à bien des égards. Il a comme lui les fleurs teintées de violet à l’extérieur, mais son fruit est ordinairement huit à dix fois plus gros, souvent de la grosseur d’un melon, et la peau en est plus ou moins verruqueuse. Depuis une vingtaine d'années sa culture s’est beaucoup développée en Corse, d’où ses fruits sont expédiés aux confiseurs d'Angleterre. Dans ces cultures, le cédratier est maintenu à l’état de simple arbuste d’un mètre de haut et quelquefois moins, non seulement pour éviter que ses gros fruits ne soient abattus par les vents, mais aussi pour avoir plus de facilité à l’abriter pendant les gelées de l’hiver.
C. pomum syriacum Non. — Le poncirier. C’est avec doute que nous élevons cet arbre au rang d’espèce. Il ressemble au limonier par la couleur de ses fleurs, mais il en diffère très sensiblement par son port plus étalé, par ses feuilles beaucoup plus grandes et d’un vert foncé, et enfin par ses fruits plus gros et d’une forme difiérente. Ils sont sphériques-déprimés, et l’odeur des glandes de leur écorce est plus vireuse que celle du citron commun. Cet arbre, plus rustique que le limonier, est cultivé çà et là en Provence et en Roussillon, et ses fruits, cueillis encore verts, se mangent confits dansle
sucre. Ce qui milite en faveur de sa distinction comme espèce, c’est qu'il se reproduit très fidèlement de ses graines. |
Peut-être faudra-t-l encore considérer comme un espèce distincte, quand il aura été mieux observé, le pommier d'Adam, dont les gros fruits sphériques et très fermes ressemblent beaucoup à ceux du poncirier et servent aux mêmes usages; mais l’arbre est sensiblement différent. Par le port et le feuillage il se rapproche de l’oranger ; toutefois ses fleurs sont légèrement violacées à l'extérieur. Serait-ce un hybride de l’oranger et du poncirier ?
Citons encore, parmi les espèces douteuses dontl’origine est inconnue, mais qui proviennent peut-être du croisement de quelques-unes des espèces ci-dessus, le C. Zimetta, dont le fruit n’a guère d’autre usage que de servir de condiment, et le C. Zumia Risso, la lumie, très analogue au limonier proprement dit, mais avec un fruit pyriforme, et dont la pulpe n’est pas acide. Ces deux arbrisseaux n’ont qu’une utilité très secondaire après ceux dont il a été parlé plus haut.
C. triptera L. — Grand arbrisseau, de l’intérieur de la Chine, très épineux et relativement très rustique ; le seul du genre d’ailleurs dont le feuillage soit caduc. C’est une espèce des mieux caractérisées par ses feuilles trifoliolées, ses longues et dures épnes, ses fleurs toutes blanches et ses fruits sphériques ou sphériques-déprimés, de la grosseur d’une pomme d’Api, à peau épaisse, et qui contiennent plus de graines que de pulpe. Ces fruits n’ont aucune valeur, mais l’arbrisseau lui-même peut être utilement employé à faire des haies très défensives et très durables. Il passe facilement les hivers ordinaires à Paris, abrité par un simple mur.
C. australasica Ferd. von MuüLLer. — Espèce buissonnante et épineuse de la côte orientale de l'Australie, en dehors des tropiques. Elle forme de jolis massifs par l’entremélement de ses rameaux et par son petit feuillage qui rappelle celui du myrte, avec une teinte plus foncée. Ses fleurs sont légèrement violacées. Ses fruits, de forme ovoïde-allongée, presque cylindriques, longs de 3 à 6 centimètres, contiennent une pulpe acidulée qui rappelle celle du citron commun. Peut-être s’amélioreraient-ils par la culture. En attendant, ce bel arbrisseau pourrait être employé à faire des haïes à la fois défensives et décoratives là où l’oranger proprement dit passe l’hiver à l’air libre. :
C. Planchonti Ferd. von MuzLer. — Dédié par M. le baron von Müller à un célèbre botaniste français, M. Planchon, professeur à Montpellier. C’est un arbre superbe, des districts forestiers de la côte orientale de lAustralie, au voisinage du tropique. Sa hauteur est communément de 12 à 14 mètres, mais on la voit quelquefois, d’après Hartmann, atteindre à 20 mètres, ce qui en fait décidément un arbre forestier. Ses fruits, qui sont de la grosseur d’une noix, sont sans valeur, mais son bois est très beau, et très recherché pour les ouvrages d’ébénisterie. Tant à ce point de vue qu’à celui de la décoration du paysage, cet arbre est très digne d’être propagé, surtout dans notre grande.colonie d'Afrique.
C. australis DC. — De la Nouvelle-Zélande. Arbrisseau touflu,
de Abris SC dr ie LLC éd LS
LA
Préi dE dis
id tan re
dont le feuillage, comparativement petit, est d'une verdure foncée, tirant même sur le violet noirâtre dans les jeunes pousses. Ses rameaux sont épineux, et ses fleurs teintées de violet à l’extérieur. Il n’est rustique que dans les parties les mieux abritées du midi méditerranéen de la France, où il est du reste peu commun, et où on n’en connaît pas encore les fruits. Nous ne lui voyons pas d’autre emploi chez nous que celui d’arbrisseau d'ornement. Sous un climat suffisamment chaud, il pourrait entrer dans la composition des haies à la fois ornementales et défensives.
S'il fallait résumer en quelques mots les principales conditions de la culture des orangers et de toutes les autres Hespéridées, nous dirions qu’elles consistent avant tout dans un climat suffisamment chaud, une terre profonde, fertile, souvent amendée par des engrais, perméable d’ailleurs, et de fréquents arrosages pendantles chaleurs de l’été. Les climats chauds et un peu humides sont ceux qui conviennent le mieux à ces arbres, c’est ce qui explique les qualités supérieures des oranges de Portugal, des Açores, des Canaries, du Brésil et de beaucoup d’autres contrées où ces deux conditions de chaleur et d'humidité se trouvent réunies dans les proportions convenables. Ajoutons que tous ces arbres craignent les grands vents, et qu’ils réussissent d'autant mieux qu’ils les ressentent moins.
CLADRASTIS {nctoria Rar. — Légumineuse papilionacée, de l'Amérique septentrionale. Le bois de cet arbre fournit une teinture d’un jaune safrané. Une autre espèce voisine, le C. lutea ( Virgilia lutea L..), à fleurs blanches en longues grappes pendantes, est un bel arbre d'ornement, depuis longtemps introduit en Europe, où il est rustique jusque sous le climat de Paris et au-delà.
CLAVARIA botrytis PERS.— Champignon qui croît sur les vieilles souches de divers arbres en Europe et qui est comestible. D’après le docteur Gæppert, on le vend sur les marchés en Silésie, ainsi que les C. brevipes, flava, formosa, grisea, muscoides, aurea, palmata et crispa. En Belgique, suivant le professeur Morren, on consomme surtout le C’. fastigiata.
CLINOSTIGMA Mooreanum Ferd.von Muzzer (Kentia Mooreana).—Palmier nain de l’île de Lord Howe, où il habite exclusivement le sommet des montagnes. Il est probable que c’est un des palmiers les plus rustiques du genre, mais il est encore peu répandu dans les collections.
CLUSIA. — Genre principal de la famille des Clusiacées, qui correspond, dans les parties chaudes de l'Amérique, aux Garcinia de l’ancien continent. Plusieurs arbres ou arbrisseaux de ce genre fournissent des gommes-résines utilisées surtout en médecine, tels, entre autres, que les C’. rosea et C'. flava des Antilles, et le C'. pseudochina du Pérou, dont l’écorce amère, considérée comme fébrifuge, est quelquefois frauduleusement mêlée aux écorces de quinquinas. Ces divers arbres, ainsi que ceux de genres voisins
( Verticillaria, Moronobea, C'alophyllum, etc.), ont encore été peu étudiés, tant au point de vue de l’art médical qu’à celui de l’industrie.
COCCOLOBA uvifera JACQ. — Grand arbre de la famille des Polygonées, appartenant à l'Amérique centrale, mais s’élevant vers le nord jusqu’à la Floride, et recherchant les sables maritimes. Ses baies, d’un bleu foncé, qu'on a comparées à des grains de raisin, sont acidules et comestibles. On extrait de son écorce une sorte de résine, et de son bois une matière colorante rouge. Plusieurs autres espèces du genre, telles que les C. nivea, pubescens, flavescens, eæcoriata et diversifolia, donnent aussi des fruits comestibles. Le C. leoganensis JACQ. se trouve dans les sables qui avoisinent le bord de la mer; tous les autres sont des régions montagneuses et forestières.
COCHLEARIA. — Genre de Crucifères herbacées, dont les espèces appartiennent presque toutes aux climats froids et tempérés. Elles contiennent un principe volatil, de saveur âcre, très analogue à celui de la moutarde, aussi sont-elles toutes antiscorbutiques. Les plus communes sur nos côtes océaniques sont les C. officinalis L., anglica L. et danica L., qu’on cultive dans quelques jardins. Toutelois, l’espèce la plus importante au point de vue économique est le C. armoracia L., qui porte en France les noms de raifort sauvage, cranson, moutarde d'Allemagne, moutarde de capucin. C’est une grosse plante vivace, dont la racine charnue fournit un condiment bien connu, surtout dans le centre et le nord de l’Europe. Elle se multiple aisément de tronçons de racines, qui, une fois repris, ne demandent plus aucun soin.
COCOS. — Genre de Palmiers, du groupe des Cocoïnées, à tronc lisse et annelé par les cicatrices des feuilles tombées. Les fleurs sont unisexuées, mais monoïques, c’est-à-dire réunies sur le même spadice. Les fruits sont des sortes de baïes plus ou moins charnues, qui contiennent un noyau percé de trois trous vers son milieu ou près de sa base. C’est par un de ces trous que s’échappe la radicule de l'embryon au moment de la germination. Les cocos sont de très beaux arbres, dont toutes les feuilles sont réunies au sommet de la üge. Leurs pinnules sont rédupliquées, c’est-à-dire que la gouttière qu’elles forment par le rapprochement de leurs bords est située en dessous, et non en dessus comme chez les dattiers et autres palmiers du groupe des Phénicinées. Ce sont des arbres de haut ornement et aussi des arbres uliles, les uns par leur sève sucrée, les autres par leurs fruits, tous par leurs grandes feuilles ou frondes, qui servent à divers usages dans leurs pays d’origine.
L'espèce la plus célèbre du genre est le cocotier de la Malaisie (Cocos nucifera L.), dont les fruits, presque de la grosseur de la tête d’un homme, contiennent, avant leur maturité, une sorte de lait qui est une boisson rafraîchissante, et qui se change plus tard en un périsperme farineux et huileux. La coque de ce fruit, qui est noire et très dure, sert à fabriquer divers ouvrages de bimbeloterie. Le
2 Fran
cocotier de la Malaisie est propre aux parties les plus chaudes de l'Inde et des îles voisines, mais il est aujourd’hui répandu dans beaucoup d’archipels de la Polynésie. Sa culture ne s'éloigne jamais beaucoup des bords de la mer.
D’autres espèces, toutes américaines, nous intéressent plus directement, quoiqu’elles aient moins d'importance que la précédente; ce sont surtout les suivantes :
C. australis MarT. — Du Brésil méridional, de l'Uruguay et des Etats de la Plata. C’est un palmier remarquable par son port élancé et sa couronne de frondes glauques et gracieusement recourbées. Sa rusticité est presque égale à celle du palmier nain de l’Europe, et on le voit, depuis quelques années, mürir ses fruits sur la côte de Provence. Ces fruits, de la grosseur d’une petite prune jaune ou rouge, charnus, succulents, et dont le goût rappelle celui de l'ananas, pourraient être servis sur les tables comme fruits de fantaisie. Dans l'Amérique du Sud ils servent à faire des liqueurs alcooliques, et souvent aussi à nourrir les bestiaux, qu’ils engraissent par le périsperme huileux de leurs noyaux. Jusqu'ici, le cocotier de l’'Uruguay n’a joué d’autre rôle dans nos jardins méridionaux que celui d'arbre d'ornement.
C. flexzuosa MarT. — Analogue au précédent, dont il rappelle le port, mais sans glaucescens des frondes. Il est d’ailleurs des mêmes régions de l'Amérique du Sud et de même rusticité. Les jardins de Provence en contiennent de nombreux exemplaires.
C. Romanzoffiana WENDL. — Du Brésil extra-tropical, et rustique comme les précédents. Sa hauteur peut atteindre à 13 ou 14 mètres. Nous le possédons en Provence, mais son introduction est encore trop récente pour nous permettre plus de détails à son sujet.
GC. Yatai MarT. — Du Brésil méridional, de l’Uruguay et de la République argentine. Arbre de taille moyenne, dont le tronc, moins élancé et plus gros que dans les espèces précédentes, reste longtemps enveloppé dans les bases dilatées des feuilles. C’est l'espèce la plus utile de ce groupe de palmiers américains. La pulpe sucrée de ses fruits est non seulement comestible pour l’homme, mais on en fabrique encore une liqueur alcoolique estimée. Les bestiaux en sont friands, et on à remarqué qu’ils engraissent promptement à ce régime. Les noyaux sont d’ailleurs utilisés pour l'huile qu’ils contiennent et qui sert à tous les usages domestiques. Le bourgeon terminal, ou chou palmiste, avant son développement, est cueilli et se mange cru ou cuit, mais cette amputation cause la mort de l’arbre, et malheureusement elle est tellement habituelle dans le pays qu’on a lieu de craindre que l’espèce n’en disparaisse totalement dans quelques années. On peut juger par ce qui précède de l’intérêt qu’il y aurait à introduire et à mulüplier ce palmier dans le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique.
Plusieurs autres Cocos, moins connus, existent encore en Amérique et méritent l'attention des acclimateurs, entre autres le C. Datil Drun., qui forme de véritables forêts dans l’Uruguay, et dont les fruits comestibles ont beaucoup de ressemblance avec les dattes;
La +
le C. pityrophylla »'Ons., qui s'élève sur les Andes à plus de 2,000 mètres d'altitude supramarine; le C. coronata MarrT., rare en Provence, où on l’a vu résister à 6 ou 7 degrés de froid; enfin le C'. reqia LieB»., palmier de très grande taille, des hautes montagnes du Mexique, sur des points où la température descend souvent audessous de zéro. D’autres espèces de palmiers, voisins des Cocos proprement dits, habitent les mêmes régions que ces derniers, et pourraient être naturalisés comme eux dans nos contrées.
COFFEA. — Caléyer. Genre de Rubiacées, trop connu par l’immense développement que sa cullure a pris, dans les régions intratropicales, pour que nous ayons à nous y arrêter. Deux espèces se partagent aujourd’hui l’industrie coloniale et le commerce. La plus ancienne et la plus classique est le C. arabica L., la principale source du café ordinaire. C’est un arbrisseau de ? à 3 mètres, qu'on a cru longtemps originaire d'Arabie, mais dont la patrie première est l’'Abyssinie. On sait qu'il est cultivé aujourd’hui sur une immense échelle en Asie, en Amérique, aux Antilles, etc. On a essayé, sans succès, de l’introduire en Algérie, où il a toujours succombé en hiver; la forte chaleur de l'été, et surtout la sécheresse, ne lui sont pas moins défavorables que le froid. C’est par centaines de millions de francs que se chifirent les transactions commerciales auxquelles le café donne lieu.
Une seconde espèce, le Caféyer de Libéria (C. Liberica Ho0K., originaire de la côte occidentale d'Afrique, au voisinage de l’équateur, tend à supplanter, dans quelques pays, le caféyer d'Arabie. C’est un arbrisseau beaucoup plus grand dans toutes ses parties, et dont les amandes sont aussi plus grosses que celles de l’autre espèce, dont elles ont d’ailleurs les propriétés. Sa culture est déjà très développée en Afrique, et elle a commencé dans l'Inde.
COLEUS. —- Genre de Labiées des îles de la Sonde, herbacées ou sous-frutescentes, introduites dans les jardins d'agrément pour
le brillant et curieux coloris de leurs feuilles, qui varie du vert au
pourpre, tantôt uniforme, tantôt panaché de jaune, variations que l’art des jardiniers a multüipliées pour ainsi dire à l’infini. Deux espèces principales, les C. Zlumei BEexTx. et C. Verschaffeltit LEx., ont été le pont de départ de ces variations, très recherchées aujourd'hui et qui sont devenues l’objet d’un commerce horticole d’une certaine importance. Les Coleus sont surtout employés à faire des bordures autour des corbeilles, dans les parterres, ainsi que pour la culture en pots.
COLLETIA.— Genre de Rhamnées, caractérisées par une corolle monopétale (et non polypétale comme dans les autres Rhamnées), par un port buissonnant et la transformation des rameaux en épines dures et acérées. Les feuilles sont très petites et disparaissent de bonne heure. Deux espèces, toutes deux du Pérou et du Chili, sont à signaler :
CG. spinosa L. — Grand buisson dont le port rappelle celui de
l’ajonc, très dense et pour ainsi dire tout en épines. Très propre à faire des haies infranchissables.
C. cruciata Honr. — Remarquable par l’aplatissement et l’élargissement de ses rameaux, qui prennent une forme triangulaire ; ils sont très durs et leur pointe acérée est une épine redoutable. Ils sont généralement opposés deux à deux, et alternent en formant la croix avec la paire qui précède et celle qui suit. Cet arbuste est d’un glauque grisâtre, très singulier d'aspect. De même que le précédent il peut faire de bonnes clôtures autour des champs. Tous deux sont rustiques dans le midi de la France.
COLOCASIA. — Colocase. Genre d’Aroïdées originaires de l’Inde, cultivées depuis des siècles pour l’abondante fécule qui remplit leurs volumineux rhizomes souterrains ou tubercules. Deux espèces, d’ailleurs voisines l’une de l’autre, sont à distinguer ; ce sont:
C. antiquorum Scuorr. — De l'Inde, qui s’est propagé, d’une part dans les îles de l’océan Pacifique, d'autre part jusqu’en Egypte, et cela depuis une haute antiquité. On croit que la plante est aussi indigène des parties tropicales du nord de l’Australie. C’est le Xolkas des Egyptiens et des Arabes, le Taro des peuples de l'Océanie, et particulièrement de la Nouvelle- Zélande, où cette racine, riche en fécule de la plus belle qualité, a longtemps tenu lieu de céréales. Le laro donne encore des produits jusque dans les parties les plus tempérées de l'Australie du Sud, et on ne peut guère douter que sa culture ne dût être avantageuse dans bien des points du midi de l’Europe et du nord de l'Afrique. On sait qu’à l’état frais la pulpe de la colocase est mêlée à un principe âcre volatil, dont il faut la débarrasser par la cuisson. La plante se multiplie aisément par la plantation des sommités de ses rhizomes, en terre fraîche et bien Lu
C. indica KunrH. —- Des mêmes régions que la précédente, et cultivée de même pour sa fécule, principalement dans les terres humides et au voisinage des rivières. C’est une grande plante, dont les grosses tiges charnues s'élèvent quelquefois à 3 ou 4 mètres. Ses larges feuilles ont jusqu’à un mètre de long. C’est de la tige et du tubercule souterrain qu’on extrait la fécule, mais il faut plus de soin qu'avec l’espèce précédente, pour en éliminer le principe âcre, qui serait vénéneux, ce à quoi on arrive en l’exposant à la chaleur. Les C’. odora et macrorrhiza, également cultivés en Malaisie, paraissent n'être que des variétés de cette espèce. Plusieurs autres Aroïdées, à racines féculentes, mériteraient d’être examinées au point de vue de la culture coloniale, entre autres le Cyrtosperma edule SEEMANN, des îles Fidji.
COMBRETUM butyraceum GARUEL. — Arbre de la Cafrerie et d’une grande partie de la côte orientale d'Afrique, dont les fruits contiennent une substance grasse, butyreuse, composée d’environ un quart d’oléine et de trois-quarts de margarine. Les Cafres font un grand usage de ce beurre végétal pour accommoder leurs mets, et il s’en exporte une certaine quantité en Europe sous le nom de chi-
quito. Get arbre pourrait être acclimaté dans beaucoup de pays intratropicaux ou voisins des tropiques, où il est vraisemblable qu’il aurait quelque utilité.
COMPTONIA asplenifolia SOLAND. — Myricacée de l'Amérique du Nord, où on lui donne le nom de Sweet fern. C’est un petit buisson qui croît dans les lieux les plus arides et les plus pauvres, et dont le feuillage contient jusqu’à 10 pour 100 de tannin ; aussi le récoltet-on pour l’industrie du tannage des cuirs. Il résiste aux plus grands froids, et pourrait manifestement être utilisé dans les pays du Nord sur des terrains impropres à toute culture.
CONDALIA microphylla Gav. — Arbrisseau de la famille des Rhamnées; indigène au Chili et dans la République argentine, où il porte le nom de Piquillin. Intéressant par ses baies succulentes, sucrées et comestibles.
CONIUM maculatum L. — La ciguë. Ombellifère bisannuelle d'Europe et d’une grande partie de l’Asie. C’est une plante importante par ses propriétés médicinales, mais en même temps très vénéneuse. On la cultive pour les besoins de la pharmacie, mais on doit la tenir éloignée des potagers, à cause du danger qu'il y aurait à la confondre avec le persil, le cerfeuil et autres ombellifères économiques.
CONOSPERMUM Siœchadis ENDLICH.— Protéacée de l’Australie occidentale, à feuillage coriace, mais dont les grandes inflorescences veloutées sont tendres et fort recherchées par le bétail, qui néglige les autres parties de la plante, et par là n’en empêche pas le développement. Cet arbrisseau pourrait servir à couvrir des terrains arides, qu’on livrerait au pâturage des moutons. Le C. triplineroium R. Br. rendrait des services analogues.
CONVOLVULUS. — Liseron. Principal genre de la famille des Convolvulacées, dont la plupart des espèces, annuelles ou vivaces, ont des tiges grêles et volubiles, ce qui est d’ailleurs un caractère assez général dans la famille elle-même. Beaucoup d'espèces, qui autrefois faisaient partie de ce genre, en ont été séparées sous les noms de Pharbitis, Ipomæa, Batatas, Exogonium. Parmi celles qui ont été conservées au genre, citons particulièrement les suivantes :
C. Scammonia L. — La scammonée. Plante herbacée, mais vivace par ses rhizomes, originaire de l'Asie occidentale méditerranéenne et du nord de l’Afrique. Sa racine purgative est employée en médecine depuis les temps les plus anciens. Pour en extraire le suc, on en découvre la partie supérieure et on y fait des incisions par lesquelles s'écoule le suc laiteux de la plante. Lorsqu'il a été recueilli et qu'il s’est concrété, on le livre au commerce de la pharmacie. La scammonée réussirait aisément dans le midi de la France, mais le prix du médicament est si peu élevé qu'il ne paierait pas les frais d'une culture, possible seulement dans les pays où la main-
d'œuvre est à très bon marché. Plusieurs autres liserons donnent des produits analogues, mais de qualité inférieure, qu’on emploie quelquefois pour frelater la scammonée proprement dite.
C. floridus L.. (Rhodorhisa WE88.).— Arbuste buissonnant des Canaries, non grimpant, dont les tiges et les racines servent à composer la poudre odoriférante connue sous le nom de bois de rose. Les belles panicules de fleurs blanches qu terminent les tiges et les rameaux de la plante l’ont fait admettre en qualité de plante d’agrément dans nos jardins. On y rencontre aussi le C. scoparius L., des mêmes îles et servant aux mêmes usages.
La famille des Convolvulacées a fournid’ailleurs un grand nombre de plantes d’ornement tirées des genres Convoloulus, Ipomæa,Pharbits, Argyreia, Calonyction, etc., la plupart volubiles et grimpantes, annuelles ou vivaces.
COPERNICIA cerifera MarT. — Superbe palmier à frondes flabelliformes, du Brésil, où 1l porte le nom de Caranda. Il s’avance au sud jusqu’à la République argentine, ce qui fait supposer une certaine rusticité chez cette espèce, confirmée d’ailleurs par son introduction suivie de succès à Sydney (Australie orientale). Il résiste d’une manière remarquable à la sécheresse, et vient même dans les terres légèrement imprégnées de sel. La tige fournit de la fécule; les fibres des feuilles servent à faire des cordages qui durent longtemps, même dans l’eau; les pinnules de ces feuilles sont aussi employées . à confectionner des chapeaux, des nattes, des tapis communs, etc. ; enfin la moëlle des pétioles et du rachis des feuilles peut remplacer le liège pour la fabrication des bouchons. Toutefois, le principal produit de ce palmier est la cire carnauba, qui enveloppe les jeunes feuilles et qu’on en sépare par le battage. Cette cire est plus solide que celle d’abeilles et on l’emploie à faire des bougies. Chaque arbre en fournit annuellement environ ? kilogrammes. En {862 on en a importé en Angleterre 1,250,000 kilogrammes, d’une valeur de 450,000 ir.
CORCHORUS. —- Jute ou corète. Genre de Tiliacées annuelles, ou cultivées comme annuelles, entre les tropiques et dans leur voisinage, principalement en Asie et jusqu’au Japon, pour la fibre abondante et tenace de leurs tiges. Cette fibre est le jute du commerce. On en distingue plusieurs espèces ou variétés, dont les plus recommandables sont les suivantes :
GC. acutangulus Lamk. — De l’Afrique tropicale, de l’Inde et du nord de l’Australie, mais cultivée aussi dans quelques parties de l'Amérique. Un industriel de la Nouvelle-Orléans, M. Le France, a inventé une machine très avantageuse pour opérer la décortication de la plante, et avec laquelle quatre hommes peuvent obtenir une tonne de fibre nette, et sans déchet, dans une journée de travail. Cette machine peut également servir pour les autres espèces, et même pour la plupart des plantes à fibres textiles.
GC. capsularis L. — Espèce répandue de l’Inde au Japon. C’est celle qui fournit la plus grande partie du jute en Asie, par suite de
sa grande taille. Cultivée en bonne terre humide, sans arrosages, et un peu serrée, ses brins filés et sans branches atteignent à près de 4 mètres de hauteur. Une autre espèce, très voisine et qui n’en est peut-être qu'une variété, le C. Cunninghami, de l'Australie orientale subtropicale, est également cultivée, quoiqu’elle s’élève un peu moins. Toutes deux réussissent partout où on cultive le cotonmier et le riz, même dans des localités un peu froides en hiver, à la seule condition que la chaleur de l’été soit forte et prolongée. Jusqu'ici on s’est contenté, pour en extraire la fibre, de faire rouir les tiges dans l’eau pendant sept ou huit jours, mais les machines à décortiquer feraient plus promptement ce travail. Cette variété de jute est d’un grand usage en Asie; on en confectionne des tissus communs, des sacs d'emballage, des tapis, des cordages, etc. Il s’en exporte annuellement de l'Inde en Angleterre environ 60,000 tonnes, et une quantité presque aussi grande aux Etats-Unis. Suivant que le climat est plus ou moins chaud, la récolte du jute se fait trois, quatre ou cinq mois après le semis, ou quelques jours après la floraison, sans attendre que les capsules soient toutes mûres. Avec les procédés de décortication employés, il y a un certain déchetsur la fibre, mais ce déchet est utilisé pour la confection du papier. On croit que le jute, planté autour des champs de cotonniers, en éloigne les chenilles, comme on l’a observé à propos du chanvre. Dans l’Inde, la culture du jute alterne avec celle du riz ou de la canne à sucre, mais il lui faut une terre humide, qui toutefois n’ait pas besoin d’être drainée. Plus rustique que le cotonnier, le jute supporte sans beaucoup souffrir de petites gelées. Dans des conditions de culture tout à fait favorables, un acre de terre produit de 2,000 à 7,000 livres defibre, mais la plante est épuisante, surtout dans les terres un peu sèches. On se fera une idée de l’importance commerciale du jute par ce fait, qu'en 1876, la ville de Dundee, en Ecosse, en a tissé à elle seule 100 millions de livres, et que l’Angleterre en a exporté 50 millions de sacs dans une même année. La fibre du jute résiste plus longtemps à humidité que celle du chanvre.
G. olitorius L. — Du sud de l'Asie et du nord de l'Australie. De même que les précédents, celui-ci est aussi exploité pour sa filasse, et 1l exige moins de chaleur ; aussi le cultive-t-on avec succès dans des pays tempérés-chauds où les autres ne réussiraient pas. Sa fibre est inférieure en ténacité à celle du chanvre, mais l’extraction en est plus facile. La plante est d’ailleurs potagère, en ce sens qu’on en mange les feuilles à la manière des épinards. C’est la corète proprement dite de nos colonies d'Amérique et de l'Inde. Le C. trilocularis L., de l'Inde et de l'Australie septentrionale, qui est très voisin de cette espèce, pourrait rendre les mêmes services industriels et culinaires.
CORDYLINE.— (Genre de Liliacées arborescentes de l'hémisphère austral, longtemps réunies aux Dracæna, et considérées jusqu'ici plutôt comme arbres et arbrisseaux d'ornement que comme plantes d'utilité, quoiqu’elles rendent aussi des services à l’industrie des texiles. Plusieurs espèces existent déjà dans les jardins du midi de
l'Europe, et y alimentent un commerce horticole d’une certaine importance, justifié par leur rusticité relative, la grande taille à laquelle elles arrivent en peu d'années et leur port qui rappelle celui des palmiers. Citons plus particulièrement les espèces suivantes :
C. Banksii J. Hook. — De la Nouvelle-Zélande. Son stipe, haut communément de ? à 3 mètres, ne se ramifie qu’exceptionnellement, et il est couronné par une abondante gerbe de feuilles longues et résistantes, qui fournissent, dans le pays natal, des fibres de qualité tout à fait supérieure, dont on fabrique des tissus et des cordages. C’est une des espèces les plus rustiques du genre.
GC. Baueri J. Hook. — De l’île de Norfolk. Moins rustique que le précédent, celui-ci est plus remarquable par sa taille, qui peut atteindre à 12 ou 13 mètres. En vieillissant il se ramifie et par là élargit sa couronne de feuilles. C’est une superbe plante d'ornement pour les jardins et les parcs du midi de la France et de l'Europe.
C. indioisa KuNTH. — De la Nouvelle-Zélande. Il est de moyenne taille (5 à 6 mètres), et sa tige robuste reste généralement indivise. Ses feuilles longues et très fermes ont quelquefois, sur les sujets âgés, 10 à 12 centimètres de largeur, et on les voit persister plusieurs années sur la tige lorsqu'elles sont mortes, desséchées et pendantes. La fibre qu’elles contiennent est à la fois très solide et très résistante à l'humidité, aussi en fait-on un fréquent usage dans le pays d’origine, comme matière textile. C’est le Toë des indigènes néo- Zélandais. Cette intéressante espèce est déjà commune en Provence, où elle ne sert d’ailleurs qu’à orner les jardins. Elle y fleurit et donne beaucoup de graines, qui servent à la multiplier. On la reconnaît à ses grandes panicules de fleurs et à ses baies blanches.
C. superbiens G. Kocx. (C'. australis Hook.). — De la Nouvelle- Zélande. C’est un des plus beaux du genre et des plus grands. Il arrive à la taille de 12 à 13 mètres, et, à un certain âge, sa tige se ramifie. Ses feuilles sont plus minces et plus étroites que dans l'espèce précédente, et ses baies sont bleues. Il est assez rustique pour résister aux hivers dans le sud-ouest de l'Angleterre et même de l'Irlande. De même que les précédents, c’est une plante de haut ornement.
C. terminalis KunrH. — De l'Asie méridionale, de la Polynésie et de l'Australie orientale. Moins rustique que les espèces de la Nouvelle-Zélande, celle-ci est pour cela même moins recherchée des horticulteurs. Elle est d’ailleurs de petite taille et ne se prêterait pas aux usages décoratifs des autres espèces, mais elle a un mérite qui lui est propre, c’est de varier le coloris de ses feuilles par des panachures blanches, jaunes ou de couleur carmin. Sa racine torréfiée est comestible.
Plusieurs autres espèces de C'ordyline, qu’à tort ou à raison on a séparées de ce genre, originaires du Brésil, de l'Afrique intratropicale, de Madagascar ou de l'Inde, existent dans les serres et les orangeries de l’Europe, mais leur défaut de rusticité ne nous permet pas de les citer ici. On en trouvera les descriptions dans les traités spéciaux d’horticulture d'agrément.
CORIANDRUM satioum L. La coriandre. Ombellifère d'Orient et de l’Asie centrale, cultivée dans le midi de l’Europe, comme condimentaire. Toutes ses parties exhalent une odeur pénétrante, due à une huile essentielle particulière.
CORIARIA myrlifolia L. — Redoul, corroyère. Arbrisseau du midi occidental de l’Europe et du nord de l'Afrique, où il compose une partie des broussailles dans les lieux incultes. Ses feuilles persistantes et coriaces sont très riches en tannin. Récoltées et séchées au soleil, elles servent à la préparation de certaines espèces de cuirs, entre autres à ceux qu’on désigne dans le commerce sous le nom de maroquin. La plante est éminemment vénéneuse, ce qu’elle doit à un alcaloïde particulier, la coriarine.
Plusieurs autres espèces du genre sont connues et pourraient être utilisées de la même manière, telles, entre autres, que le C. rusei- Jolia L., du Chili, etle C'. nepalensis Waz., du nord de l’Inde, dont les baies sont, dit-on, comestibles, quoique l’usage n’en soit point sans danger. À la Nouvelle-Zélande on fait une sorte de vin avec les baies succulentes du C’. sarmentosa Fonsr., mais il faut en séparer les graines, qui sont très vénéneuses.
Les botanistes ont fait des plantes, peu nombreuses d’ailleurs, du genre Coriaria, la petite famille des Coriariées.
CORNUS. — Cornouiller. Principal genre de la famille des Cornacées, Parmi les espèces qui le composent il est bon de connaître les suivantes :
GC. mascula L. — Le cornouiller mâle. De toute l’Europe tempérée. C’est un petit arbre, à bois très dur, à fleurs jaunes, rapprochées en ombelles, qui s'ouvrent dès la fin des grands froids de l’hiver. Le fruit est une drupe de la grosseur d’une petite prune, jaune ou rouge vif, à pulpe très âpre, mais comestible quand elle est devenue blette. C’est la cornouille proprement dite. Le bois de l’arbre peut servir à faire des maillets et des manches d’outils.
C. florida L.— Le cornouiller à grandes fleurs. Du nord de l'Amérique, où il porte le nom de Dog- Wood (bois de chien). C’est un bel arbre de 10 a 12 mètres, à larges feuilles et à fleurs jaunes. Son bois est recherché pour la confection d’outils auxquels on demande une grande résistance, ainsi que pour divers ustensiles agricoles. Son écorce est un des meilleurs toniques de l'Amérique du Nord, et on l’emploie souvent, à défaut de quinquina, et non sans succès, pour combattre les fièvres périodiques.
C. Nuttalli Torr. — Du nord-ouest de l'Amérique. C'est le plus grand du genre, car il s’élève à plus de 20 mètres, et donne des pièces de bois d’une bonne grosseur. C’est à la fois un bel arbre d'alignement et un arbre forestier, dont le bois dur et à grain fin est fort estimé pour la charpente et les ouvrages de menuiserie. L’espèce serait à introduire dans toute l’Europe occidentale, principalement au voisinage de l’océan.
CORYLUS. — Coudrier, noisetier, avelinier. Genre de Cupuli-