LES
fères, comprenant un petit nombre d’arbres et d’arbrisseaux des pays tempérés de l’hémisphère septentrional. Quelques-uns sont intéressants comme arbres fruitiers et sont l’objet de la culture.
C. avellana L. — Le noisetier proprement dit. Grand arbrisseau de l’Europe et de l’Asie, commun le long des bois, dans les broussailles et dans les haies. Ses noisettes ne servent guère qu’à amuser les enfants et les promeneurs, mais il a produit des variétés dont le fruit est beaucoup plus gros. On en distingue deux principales, que quelques botanistes regardent même comme des espèces distinctes. Ce sont l’avelinier à gros fruits, dont on connaît plusieurs sousvariétés, et l’avcclinier à fruits allongés, tous deux cultivés en Espagne et en Provence, pour le commerce de leurs amandes.
GC. Colurna L. — Le noisetier de Constantinople. Celui-ci est un arbre de 12 à 18 mètres, cultivé çà et là comme arbre d'agrément ou de fantaisie, car ses fruits sont inutiles. D’autres espèces, du Japon et de l'Amérique du nord, donnent des noisettes comestibles, mais inférieures à celles d'Europe.
CORYNOCARPUS /ævigalus FORST. — Le Xaraka de la Nouvelle-Zélande. C’est un des principaux arbres forestiers de ces îles, ainsi que de l’île Chatam. Il atteint fréquemment 18 à 20 mètres de hauteur. Son bois est léger et très employé par les indigènes pour construire leurs canots. Son fruit pulpeux est comestible, mais l’amande du noyau est vénéneuse et ne peut être mangée impunément qu'après avoir macéré quelque temps dans l’eau salée. Cet arbre est très ornemental par son feuillage, qui persiste en toute saison, et il convient surtout pour être planté en avenues. Il en existe quelques exemplaires dans les jardins de la Basse-Provence, où ils résistent facilement au froid des hivers.
CORYNOSICYOS edulis J. Hook. — Cucurbitacée de Guinée, à fruits comestibles, de la grosseur d’un concombre ordinaire. Cette plante, encore très peu connue, rentrera peut-être, comme simple variété, dans quelque autre espèce de Cucurbitacée potagère d’ancienne introduction. Elle a aussi été décrite sous le nom de C{ado- SiCy0S.
CRAMBE.— Chou-marin. Genre de Crucifères de l’Europe et de l'Asie, vivaces par leurs racines, mais à tiges annuelles. Toutes les espèces du genre sont ou peuvent devenir des plantes polagères. La plus connue en Europe, et celle qui y est le plus habituellement cultivée, est le C. maritima L., le chou-marin des Français, le Sea kale des Anglais. La plante ressemble beaucoup à un chou par son feuillage, qui en est la partie comestible, et qu’on fait blanchir en le tenant à l’obscurité sous un vase renversé. On le cueille avant son complet développement, et on le prépare à la façon des asperges. C’est un excellent légume, très prisé en Angleterre, mais moins recherché en France.
Parmi les autres espèces qu’il y aurait intérêt à introduire dans nos jardins polagers, nous citerons le C. cordifolia STEv., de
l'Asie centrale, de la Perse à l'Himalaya, et le C. tatarica Würr., du midi de l’Europe et de l'Orient. D’après Simmons, les grosses racines charnues de cette espèce sont comestibles comme les navets.
CRATÆGUS. — Arbres et arbrisseaux de la famille des Rosacées et du groupe des Pomacées, originaires des contrées tempérées et tempérées-froides de l'hémisphère septentrional, dans l’ancien et le nouveau monde. Le nombre des espèces en est considérable. Presque toutes peuvent servir à la décoration des parcs et des jardins par leur abondante floraison printanière, et quelques-unes par leurs fruits, vivement colorés en automne. Leur bois dur, mais généralement de petite dimension, est employé à faire de menus ustensiles, mais leur plus grande utilité est de pouvoir entrer dans la composition des haies, que leurs épines rendent très défensives. Citons, comme étant les plus intéressantes pour l’agriculteur, les espèces suivantes :
CG. oæyacantha L. — L’aubépine, ou épine-blanche. Grand arbrisseau, commun dans presque toute l’Europe, très rustique et très fréquemment cultivé en haies, ce à quoiil se prête mieux que la plupart de ses congénères, et même que presque tous les autres arbrisseaux, du moins sous nos climats. ba raideur de ses branches, leur entrecroisement qu’on obtient par une taille régulière et les fortes épines dont elles sont armées, rendent ces sortes de haïes presque infranchissables; de plus elles ont le grand avantage de ne pas drageonner du pied et, par là, de ne pas empiéter sur le terrain qu elles protégent. Pour cet usage, rien ne saurait remplacer l’aubépine dans les climats tempérés ou froids de Europe.
Isolée et livrée à elle-même, dans une terre profonde et de bonne qualité, l’aubépine devient à la longue un arbre de 8 à 10 mètres de hauteur, qui est superbe au moment de sa floraison. La culture en a tiré d’ailleurs de nombreuses variétés, destinées surtout à l’ornement des parcs et des jardins, entre autres des variétés à fleurs doubles ou pleines, blanches ou roses, qui sont justement estimées. Elle rend d’ailleurs d’autres services dont il faut tenir compte, en fournissant des sujets pour la greffe de certaines races de poiriers, surtout quand on vise à obtenir des arbres nains ou peu développés, ce que l'étendue ou la nature même des jardins rend souvent nécessaire. L’aubépine se multiplie aisément de graines, qu’on met en stratification avant l'hiver. Ces graines, fort dures, ne germent quelquefois qu’à la seconde année du semis.
CG. Azarolus L. — L’azerolier. Du midi de l’Europe. C’est un petit arbre de 4 à 5 mètres, à tête élargie et à branches retombantes, peu ou pointépineuses. Ses fruits, assez semblables à de petites pommes de la grosseur d’une cerise, jaunes ou rouges, sont comestibles, mais on ne les emploie guère qu’à faire des confitures, qui sont excellentes et agréablement parlumées. ,
C. pyracantha L. — Le buisson-ardent. Arbrisseau épineux de ? à 3 mètres de hauteur, à feuilles persistantes dans le midi de l’'Europe, caduques dans les pays plus froids. Cet arbrisseau peut être employé à faire des haïes, mais qui seraient moins touflues et moins
défensives que celles d’aubépine. Son principal usage est d’orner les massifs des jardins d'agrément, par ses fleurs d’abord, puis surtout par ses fruits d’un rouge orangé très vil en automne.
L'Amérique du Nord nous à fourni aussi un cerlain nombre de Cratægus, parmi lesquels nous distinguerons le C. æstivalis Torr., du sud des Etats-Unis, dont on mange les fruits sucrés-acidulés ; le C. apüfolia Micux., du centre et du nord de la même région, utilisé comme arbuste de haie; les C’. coccinea, cordata, crus-galli, parvifolia et tomentosa, tous également des Etats-Unis, et servant aux mêmes usages. Plusieurs autres pourraient êtres ajoutés à cette liste, ainsi que quelques espèces moins connues du nord de l'Asie.
CRITHMUM maritimum L.— Ombellifère vivace, commune sur les bords de la Méditerranée, tant en Europe qu’en Afrique, et qui semble affectionner les rochers battus par les flots et couverts par les embruns de la mer. De même que celles de beaucoup de plantes maritimes, ses feuilles raides et dressées deviennent charnues et succulentes. Confites au vinaigre, elles entrent dans les salades et les assaisonnements. On la cultive dans quelques jardins, mais alors elle ne vaut pas celle qu’on récolte dans son site naturel. Il serait facile de la propager de graines aux bords de la mer. Elle porte en France, suivant les lieux, les noms de crête-marine, passe-pierre, perce-pierre, fenouil marin, etc.
CROCGUS. — Safran. Genre d’Iridées des pays tempérés, de l’ancien continent, toutes de petite taille, vivaces par des tubercules et remarquables par le vif coloris de leurs fleurs, qui sont relativement grandes, aussi sont-elles recherchées par l’horticulture d'agrément. Leurs stigmates, très développés, contiennent une matière colorante jaune, très usitée dans les arts pour préparer des pigments de diverses couleurs. Une seule espèce, toutefois, est cultivée dans ce but, c’est le C. satious L., le safran proprement dit, originaire du midi de l’Europe et de l'Orient. Le principal centre de sa culture, en France, est le Gâtinais, près de Paris, et cette culture est assez lucrative, à condition que la main-d'œuvre soit à bon marché, aussi est-elle presque toute entière entre les mains des femmes et des enfants. Dans de telles conditions elle n’aurait aucune chance .de succès dans une colonie commençante, où le travail des bras est rare et cher, mais on pourrait planter des safrans dans des localités non encore occupées par la colonisation et où la plante se multiplierait d'elle-même, en attendant que les circonstances rendissent son exploitation régulière plus rémunératrice. D’autres espèces, telles, par exemple, que le C’. serotinus SAL1S8., du midi de l’Europe, pourraient être utilisées de la même manière.
CROTALARIA.— Genre de Légumineuses herbacées ou plus rarement frutescentes, la plupart originaires des contrées intratropicales de l’ancien et du nouveau monde, à feuilles simples ou trifoliolées, généralement à fleurs jaunes. On en connaît plus de cent espèces, dont quelques-unes sont utilisées pour la nourriture des
bestiaux, d’autres pour les fibres de leur écorce, qui ont beaucoup d’analogie avec celles du chanvre. Deux espèces principalement rendent ce dernier service, ce sont :
C.juncea L.— De l’Inde et del’Australie tropicale, plante annuelle, dont les tiges atteignent jusqu’à 3 mètres et plus de hauteur, donnant une fibre longue et très forte, connue sous le nom de Chanvre Sunn. La plante est cultivée dans toute l’Inde et elle réussit encore dans la colonie de Victoria (Australie méridionale), mais seulement dans les endroits les plus chauds. En quatre ou cinq mois, à partir du semis, les brins sont bons à récolter, si toutefois la terre est fertile et bien ameublie. Pour obtenir une fibre douce et soyeuse, la récolte doit se faire au moment de la floraison; si on attend jusqu’à la maturité des graines, elle est plus forte, mais en même temps plus grossière. On la sépare des parties ligneuses de la tige par un rouissage de trois ou quatre jours. En semant dru on obtient des brins longs et filés, sans ramifications, ce qui est un avantage. Dans quelques parties de l’Inde, la plante sert à nourrir les vaches laitières.
C. retusa L.—Des mêmesrégions que la précédente, mais vivace, et cultivée pour le même objet. Sa fibre plus grossière sert surtout à faire des toiles communes et des cordes. Plusieurs autres espèces du genre pourraient être également utilisées comme plantes filassières.
CROTON. — Genre d'Euphorbiacées, qui fournit quelques arbrisseaux d'ornement à nos jardins. Une espèce, plus directement utile, est le C’. lacciferus L. où Aleurites laccifera, de Geylan, dont on obtient une résine particulière, ou sorte de gomme-laque, utilisée dans les arts. D’autres espèces du genre, les C. Draco et C. sanguiferus, de l'Amérique tropicale, fournissent aussi une résine rouge, qui est une des variétés de sang-dragon du commerce. Toutes ces espèces ne peuvent prospérer que dans les climats chauds.
CROZOPHORA finctoria NECKER, ou Croton tinctorius L. — Plante herbacée et annuelle, de la famille des Euphorbiacées, originaire d'Orient, mais naturalisée depuis l’antiquité dans le midi de l’Europe, et encore aujourd’hui cultivée, en qualité de plante tinctoriale, dans quelques cantons du midi de la France. Le suc épaissi de la plante porte le nom de fournesol, et il sert à colorer en bleu certaines espèces de fromages, fabriqués principalement en Hollande. C’est aussi de ce suc qu’on se sert pour préparer le papier de tournesol, employé comme réactif par les chimistes pour distinguer d'emblée les acides d'avec les alcalis. L'invention moderne de divers autres pigments colorés, les uns arüficiels, les autres tirés des lichens, tendent de plus en plus à restreindre l'emploi du tournesol, dont la culture finira par être abandonnée.
CRYPTOMERIA japonica D. Don. — Conifère de la Chine et du Japon, où il devient un arbre de première grandeur, car il atteint la hauteur de 35 à 40 mètres, sur un tronc de 8 à 10 mètres de tour au niveau du sol; aussi y est-il cultivé comme arbre forestier autant
ab ds
ou plus que comme arbre paysager. Son bois est très blanc, léger, facile à travailler et parfumé comme celui du Cedrela. Introduit depuis longtemps en France et en Angleterre, le Cryptomeria y souffre
du froid et est toujours resté chétif, haut de 8 à 10 mètres au plus,
sauf au voisinage de l’océan, où le climat plus doux lui permet de prendre un peu plus de développement. Il réussit beaucoup mieux aux Açores, où on le préfère, même comme arbre forestier, au pin d'Alep, dont la croissance est moins rapide sous ce climat insulaire.
On cultive dans les jardins du Midi, sous le nom de C. elegans, une autre espèce, ou peut-être une simple variété, qui forme des buissons compactes, à feuillage rougeñtre, d’un assez singulier eftet.
CUCUMIS. — Genre de Cucurbitacées, comprenant plusieurs espèces, toutes de l’ancien continent, sauf une seule qui est répandue dans les parties chaudes de l Amérique, en dedans et en dehors des tropiques. Ce genre nous fournit deux plantes d’un grand intérêt économique :
C. Melo L.. — Le melon, cultivé dans toutes les parties du monde pour ses fruits, dont certaines variétés sont délicieuses. On a longtemps disputé sur la patrie première du melon; il est avéré aujourd’hui que l’espèce est originaire de l’Asie méridionale, de l’Inde particulièrement, où on le trouve encore à l'état sauvage, et qu’il s’est propagé de là, par la culture, dans les autres parties de l’Asie, et en Afrique. Son introduction dans le midi de l’Europe, en Italie et en Grèce, ne remonte guère plus haut qu’un siècle avant l’ère chrétienne.
Par suite de cette ancienne culture et des grandes diversités de climats, il s’est produit dans l’espèce du melon une multitude de variétés, si différentes les unes des autres par la grosseur, la forme, la couleur et la qualité des fruits, que la plupart des botanistes en ont fait autant d'espèces. Parmi ces variétés presque innombrables, il en est beaucoup qui n’ont aucune valeur. Les meilleures sont celles qu’on cultive en Europe, surtout en France et principalement à Paris, où les bonnes races sont soigneusement conservées par sélection. On ne devrait jamais introduire dans les jardins potagers les races inférieures, parce que le pollen de leurs fleurs transporté par les abeilles sur celles des races de choix a pour effet de les abâtardir. Rien n’est plus fréquent que cette dégénérescence des melons dans les jardins mal conduits; aussi doit-on éviter tout croiïsement, intentionnel ou accidentel, des bonnes races de melons, si on tient à leur conserver leurs qualités.
On a cru longtemps, et beaucoup de personnes croient encore que les courges cultivées à proximité des melonnières altèrent les qualités des melons. Des expériences répétées, faites au Jardin des Plantes de Paris, ont mis hors de doute que les croisements n’ont jamais lieu entre ces deux genres de plantes, et que lorsque les melons dégénèrent, la cause en est dans une mauvaise culture ou dans les croisements des différentes races de melon entre elles.
C. satious L. — Le concombre. De même que le melon, il est originaire de l’Inde, et cultivé depuis les tempsles plus anciens. Les fruits cueillis jeunes se confisent au vinaigre et servent de condiment sous le nom de cornichons. On mange aussi les fruits mûrs, accommodés de diverses manières, et les meilleurs pour cet usage sont ceux du concombre blanc de Bonneuil. Le concombre a produit aussi un nombre assez considérable de variétés, la plupart peu connues en France.
GC. Arada L. —- Le concombre arada. La seule espèce du genre qui soit indigène de l'Amérique, où elle est répandue du Mexique au Brésil méridional, tant sauvage que cultivée. Elle est très productive, un seul pied pouvant produire jusqu’à une centaine de fruits ou davantage, mais ces fruits sont à peine de la grosseur d’un œuf de poule. Ils sont couverts d’aspérités, que l’on enlève avec la peau avant de les faire cuire, car ils sont comestibles. Le concombre arada a été introduit en Europe au commencement du siècle, et on le trouve encore dans quelques jardins, à titre de légume de fantaisie ou de curiosité.
Les C. utilissimus RoxBG., du nord de l’Inde, Conomon THUN86G., du Japon, et Dudaïm L., d'Arabie et d'Orient, ne sont que des races inférieures de l’espèce du melon, ainsi que beaucoup d’autres dont les fruits varient de la grosseur d’un œuf de pigeon à celui d’un œuf d’autruche. Le Dudaïm produit des fruits sphériques ou déprimés, de la grosseur d’une orange, très vivement colorés de brun et de jaune ou de rouge orangé, et dont l’odeur est extrêmement forte. On s’en sert pour orner les tables, mais sa chair est insipide, et son pollen altère profondément les races de melon cultivées dans son voisinage.
CUCURBITA. — Courge. Genre de Cucurbitacées, dont trois espèces, extrêmement variables, sont cultivées dans tous les pays chauds ou tempérés comme plantes potagères, et à ce titre elles ont une certaine importance; ce sont les suivantes :
GC. maxima L.— Le potiron proprement dit, dont quelques variétés produisent les fruits les plus volumineux que l’on connaisse. C’est une espèce extrêmement variable, mais qu’on reconnaîtra toujours à la forme cylindrique du pédoncule, qui ne s’élargit pas à son insertion sur le fruit. Ce dernier varie de la forme sphérique ou sphériquedéprimée à la forme ovoïde, ou même cylindrique allongée. Il y a aussi des variétés dont les carpelles font saillie à la partie supérieure du fruit; on leur donne le nom collectif de potirons turbans, qui rappelle leur ressemblance avec la coiffure turque. Dans cette espèce les graines sont ordinairement très blanches, mais dans certaines variétés elles sont basanées ou fauves. On trouvera dans les traités spéciaux d’horticulture potagère l'indication des meilleures variétés de potirons.
C. Pepo L. — La citrouille commune. Espèce plus variable encore que la précédente, dont elle se distingue par des tiges plus rudes, les poils presque piquants des pétioles et des nervures des feuilles, et surtout par les pédoncules toujours plus ou moins can-
nelés, et généralement à cinq grosses côtes, qui, dans certaines variétés, se continuent sur les fruits. Ces pédoncules sont ordinairement peu élargis à leur insertion sur le fruit.
Ce dernier varie étrangement dans la longue série des races issues de cette espèce. Il en est chez lesquelles il n’a guère que la grosseur d’un œuf de pigeon, tandis que chez d’autres il atteint le poids de 15 à 20 kilogrammes. Il présente toutes les formes : ovoïdes, sphériques, sphériques-déprimées, cylindriques, obovoïdes ; il est tantôt lisse, tantôt relevé de côtes longitudinales ou couvert de tubérosités qui lui donnent un aspect singulier. Le coloris varie du vert et du blanc au jaune et à l’orangé; il est tantôt uniforme, tantôt distribué par bandes alternantes de deux couleurs. Quelques-unes des variétés les plus bizarres sont cultivées comme plantes de fantaisie.
Certaines variétés de citrouilles sont justement estimées, d’autres sont sans valeur économique. C’est à cette espèce qu’appartiennent le patisson où artichaut d'Espagne, curieux par la forme très déprimée et lobée de son fruit; le vegetable marrow, si recherché en Angleterre, et la courge sucrière du Brésil, dont la chair est tellement sucrée qu’on peut la manger crue. Il est certain qu’on pourrait en extraire du sucre avec profit. Ici, comme dans le melon, les races dégénèrent très promptement par l’entrecroisement des pollens, quand elles sont cultivées à proximité les unes des autres.
C. moschata Ducx. — Melonnée, courge musquée. C’est aussi une espèce très variable, et à laquelle ou pourrait appliquer ce que nous avons dit des deux précédentes. Ses feuilles sont souvent marbrées de blanc, douces au toucher et comme veloutées, sans poils piquants sur la tige et sur les pétioles. Un autre caractère plus facile à saisir est fourni par le pédoncule, généralement pentagonal et toujours plus ou moins élargi et comme épâté à son insertion sur le fruit, qui est ordinairement blanchi, dans cette région, par une fine efflorescence cireuse.
Le fruit, dans la série des variétés, présente toutes les formes que nous avons décrites dans le C. Pepo, mais ici la forme dominante est celle d’un cylindre allongé, et ordinairement renflé à son extrémité antérieure, dans laquelle sont logées les graines, le reste du fruit étant plein et solide. La chair, suivant les races, est jaune pâle ou rouge orangé, quelquefois rouge de sang. Toutes les variétés en sont estimées, quelques-unes cependant déplaisent par leur saveur aromatique très prononcée.
La courge musquée, surtout dans les grandes races, s’accommode moins des climats du Nord que les deux espèces précédentes. Elle est peu cultivée à Paris, mais elle est la plus commune dans le midi de la France et de l’Europe, ainsi que dans tous les pays chauds.
Des tentatives multipliées ont été faites au Jardin des Plantes de Paris pour croiser entre elles ces trois espèces de courges; elles ont toutes échoué, d’où on peut conclure qu’il ne se forme point d’hybrides proprement dits dans ce genre. Au contraire les races ou variétés d’une même espèce se croisent entre elles avec une extrême facilité, ce qui amène leur abâtardissement. Il faut done, quand on tient à les conserver pures, les cultiver à de grandes distances les
unes des autres, à cause de la facilité avec laquelle les abeilles transportent leurs pollens et opèrent par là leur entrecroisement.
Ces trois espèces de courges n’ont été trouvées sauvages nulle part, mais tout porte à croire que leur patrie première est le midi de l'Asie, et que leur culture remonte à une époque très reculée. Il en est autrement de l'espèce qui suit :
C. melanosperma Al. Braun, ou C!. ficifolia Bouc. — Espèce de la Chine, introduite en France au commencement du siècle, sous le nom de melon du Malabar. Elle est annuelle sous le climat de Paris, mais sous un ciel plus chaud elle devient vivace par sa tige, qui s’allonge indéfiniment, en s’enracinant à tous les nœuds. Le fruit, de la grosseur et de la forme d’un melon, est lisse et réticulé de blanc sur fond vert. Sa peau se durcit en une coque demi-ligneuse, ce qui explique sa longue conservation, pendant un an ou plus. Ce fruit est plein, à chair très blanche, dans laquelle sont nichées de larges graines noires, mais qu’on trouve quelquefois blanches dans certaines variétés, d’ailleurs peu différentes du type ordinaire.
La courge mélanosperme n’est guère pour nous qu’une curiosité horticole ; mais, en Chine, on en utilise les fruits pour la nourriture des bestiaux, surtout pendant l'hiver, ce à quoi leur longue et facile conservation les rend éminemment propres. Il est probable que dans d’autres pays, en Algérie plus particulièrement, ces fruits seraient une utile ressource dans les moments de l’année où les fourrages deviennent rares.
L'Amérique possède en propre trois ou quatre autres espèces du genre Cucurbita, vivaces par de grosses racines tubériformes. Elles ne sont d'aucune utilité; on cultive cependant, en qualité de plante d'ornement, le C. perennnis As. Gray, de l'Amérique du Nord, forte plante à tiges et rameaux grimpants, ou rampants à terre. Elle sert à épaissir des haies, qu’elle orne de son feuillage grisâtre et de ses grandes fleurs jaune orangé. On la fait aussi courir sur les gazons, et l’effet en est assez pittoresque.
Les fleurs de toutes ces grandes Cucurbitacées sont très recherchées des abeilles, et les personnes qui s'occupent d’apiculture auraient un avantage certain à couvrir les haïes et les alentours de leurs ruchers de quelques-unes des variétés précoces et autrement inutiles du C. Pepo, qui viennent presque partout sans culture.
CUDRANIA javensis TRÉCUL. — Liane épineuse, de la famille des Artocarpées, à fruits comestibles, et dont la racine fournit une teinture jaune. Elle est originaire de l’Asie orientale, du Japon et de l'Australie. Plante à utiliser dans les pays chauds ou tempéréschauds pour composer des haies défensives.
CUNNINGHAMIA sinensis Rob. Br.; Belis jaculifolia SALISB.— Peütarbre du midi de la Chine, de l’ordre des Conifères cupressinées, à feuilles relativement larges, luisantes, d’une verdure vive, rappelant celles de l'Araucaria brasiliensis. Introduit en France au commencement du siècle, il sy est montré partout rustique, mais
n’y a pas müûri de graines, du moins sous le climat de Paris. Sa faible taille (10 à 12 mètres) ne permet pas d’en faire autre chose qu'un arbre d'ornement.
CUPRESSUS. — Cyprès. Genre de Conifères habitant les climats tempérés ou tempérés-chauds de l'hémisphère septentrional, comprenant des arbres de première grandeur et des arbrisseaux, à feuilles très petites et en forme d’écailles, et dont les cônes ou galbules, de forme ovoïde ou sphérique, se conservent quelquefois plusieurs années sur les arbres avant de s'ouvrir et de laisser échapper leurs graines. Quelques espèces du genre ont été séparées des cyprès proprement dits, sous le nom de Camæcyparis, qu’on peut abandonner sans inconvénient. Plusieurs cyprès sont importants par leur bois, d’autres par l’usage qu’on en fait dans divers pays, où, plantés en rideau, ils protègent très efficacement les cultures contre la violence des vents. :
C. Benthami EnpzicH. — Des montagnes du Mexique, où il monte jusqu’à l’altitude de 2,000 mètres. C’est un bel arbre, d’une vingtaine de mètres de hauteur, et dont le bois, à grain fin, est d’une très longue durée.
C. Lawsoniana Murray. — Du nord de la Californie. Arbre splendide, d’une trentaine de mètres, à tronc élancé, de 1"50 à 2 mètres de tour à la base. Le bois en est recherché pour les ouvrages de grande charpente ; il est d’une belle teinte claire, facile à travailler, avec très peu de nœuds, et de longue durée.
C. Lindleyi Krorscx. — Des montagnes du Mexique, également recommandable par sa haute taille (de 30 à 40 mètres) et par l’excellence de son bois.
C. macrocarpa Harrw. — De la Californie, où il croît de préférence dans les terrains granitiques. Arbre de 20 à 25 mètres de hauteur, et dont le tronc dépasse un mètre en diamètre. C’est peutêtre, de tous les arbres conifères, celui qui croît le plus vite et cela dans tous les sols, même les plus pauvres. Ses branches très nombreuses et très longues s’étalent horizontalement, aussi ne doit-on le planter qu’isolé, dans les parcs et les jardins où on ne vise qu’au pittoresque; mais, sous ce rapport, peu d’autres arbres répondent aussi bien au but qu’on se propose. Dans son pays natal il ne s’éloigne jamais beaucoup de la mer, et, en Europe, c’est aussi au voisinage de la Méditerranée et de l'Océan qu’il se développe le mieux. C’est le C’. Lambertiana de quelques auteurs.
C. nutl:aensis LamB. — Le cèdre ou cyprès jaune d’Alaska. Du nord-ouest de l'Amérique septentrionale. Il s’élève à une trentaine de mètres, et donne un bois de couleur pâle, compacte, facile à travailler et d’une bonne durée. Son écorce sert à faire des nattes et même des cordages. Il est très rustique en Europe, surtout au voisinage de la mer.
C. obtusa Ferd. von Muzzer. — Du Japon, où il porte le nom d’Hinoki. Il y constitue une notable partie des forêts de l’île de Nipon, jusqu’à l'altitude de 12 à 1,400 mètres. Son bois, blanc, à grain fin, compacte et d’un éclat soyeux lorsqu'il a été poli, est em-
ployé comme bois de charpente, et c’est avec lui surtout que l’on construit les temples, où il n’entre que peu ou point de maçonnerie, à cause des tremblements de terre fréquents dans le pays. Son écorce sert à couvrir les toits ou à faire des cordages et des tapis de pied. Cet arbre a des variétés à teinte jaune et à teinte grise argentée. Sa rusticité est complète, car il résiste aux rudes hivers de New-York, et on l’y regarde comme un des plus beaux arbres verts d’alignement. On le multiplie aisément par le marcottage de ses branches inférieures.
C. pisifera Ferd. von Muzrer. — Le Sarvara des Japonais. Petit arbre d’une dizaine de mètres, beau de feuillage et de forme et de croissance rapide. Il vient dans les mêmes lieux que le précédent en se contentant d’un sol plus pauvre. C’est plutôt un arbre d’ornement que d'utilité. Du reste il est parfaitement rustique. On le trouve dans quelques jardins de l’Europe sous le nom générique de Cha- MECYpArts.
C. sempervirens L.— Le cyprès commun. Du midi de l’Europe et de l'Orient. C’est l'arbre classique du genre etil est cultivé depuis les temps les plus anciens. Son épaisse ramure, sa verdure sombre et sa longévité l'ont toujours fait considérer comme larbre des tombeaux ; aussi le plante-t-on de préférence à tout autre dans les cimetières. Si on fait abstraction des idées lugubres qu’on attache au cyprès, on reconnaîtra en lui un des arbres les plus utiles que nous possédions. Il s'élève à plus de 25 mètres, et fournit un bois à peu près incorruptible. On a des raisons de penser que les cèdres du Liban qui ont servi à la construction du temple de Jérusalem, sous le règne de Salomon, n'étaient autre chose que des cyprès, car le bois de cèdre est loin de valoir celui de cet arbre. Il a produit un certain nombre de variétés, dont une, très élancée, est le cyprès pyramidal, si commun dans le midi de la France, où il sert surtout à faire des rideaux pour mettre diverses cultures à l’abri des vents. Son bois est fréquemment employé par les luthiers, pour confectionner des instruments de musique.
C. thurifera Huws. et Bonxrz. — Du Mexique. Arbre de 10 à 12 mètres, d'une belle forme pyramidale, occupant une zone située entre 1,000 et 1,500 mètres d’altitude supramarine. Sa résine est quelquefois employée en guise d’encens.
C. thuioides L.; Thuia sphæroidalis Rica. — Cèdre blanc d’Amérique. Arbre de 25 mètres sur 3 mètres de circonférence à la base du tronc, propre aux terres humides et marécageuses. Son bois rougeûtre, léger, facile à fendre et agréablement odorant, sert à une multitude d'ouvrages, tels que charpentes, construction de bateaux, pièces de menuiserie, etc. Quand il a vieilli il résiste mieux, assure-t-on, aux alternatives de sécheresse et d'humidité que tout autre bois de cyprès.
C. torulosa Don. — Du Népaul et de la Tartarie chinoise, où il croît aux altitudes de 1,500 à 3,000 mètres, et ne fournit d'ordinaire que de petites pièces de charpente; mais son bois parfumé, rougeätre, à grain fin et plus durable que celui du cèdre Déodar, est fort recherché par la menuiserie. Cet arbre se plaît dans les sols cal-
caires, et sa ramure très dense le rend particulièrement propre à composer des brise-vent. Au dire du docteur Brandis, il peut vivre un millier d'années. C’est le seul cyprès de l’Asie centrale.
On rattache au C. torulosa, comme variétés, plusieurs autres cyprès asiatiques, qui en diffèrent cependant par des caractères que quelques botanistes ont trouvés suffisants pour en faire des espèces distinctes. Ce sont, entre autres, le C’. corneyana, moins grand que le type du torulosa, avec des rameaux plus menus et pendants ; les C. majestica, gracilis, cernua et pendula. Le C!. torulosa à aussi été décrit sous les noms de cashmiriana et de nepalensis, qu'on lui a conservés dans quelques collections de l'Europe.
C. funebris ForTuNE. — De Chine et du Japon. Arbre de forme pyramidale, très dense, d’une verdure assez vive, remarquable par la flexibilité de ses derniers rameaux, qui s’inclinent vers la terre, ce qui le fait habituellement employer en Chine pour la décoration des cimetières. Il y joue le même rôle que le cyprès pyramidal en Europe. C’est du reste un très grand arbre lorsqu'il est adulte ; mais son introduction en Europe étant encore récente, nous ne l’y connaisons que sous la taille de grands arbrisseaux. Il est très rustique dans presque toute la France.
CURCUMA. — Genre de Scitaminées herbacées et vivaces, de l'Asie orientale et méridionale, où, Saure une haute antiquité, on les emploie en teinture. Plusieurs espèces sont utilisées dans ce but, mais la principale est le C. longa L., dont les rhizomes contiennent un pigment jaune, la curcumine, dont la chimie fait un fréquent usage comme réactif. Au Japon, où le curcuma est cultivé sous le nom d’Uon, on s’en sert pour teindre la soie et la laine, en y ajoutant ordinairement de la gomme-gutte pour rendre la teinte plus brillante et plus solide. Les Japonais utilisent encore le curcuma pour aromatiser les mets.
Les C'. Zedoaria et C. Zerumbet RoxgG. sont employés en médecine et jouissent d’une grande réputation chez les Arabes.
CYAMOPSIS psoraloides DC. — Plante légumineuse, annuelle, cultivée dans une partie de l’Inde, pour sa graine, qui est alimentaire à la manière des haricots et des pois. Elle est cultivée pour le même usage en Arabie et même dans quelques Antilles et sur le continent de l'Amérique. Elle est identique avec les Psoralea tetragonoloba de Linné, Dolichos psoraloides de Lamarck et Zupinus trifoliatus de Cavanilles.
CYCAS. — Arbres palmiformes, de la famille des Cycadées, dont le tronc cylindrique est couronné d’une large gerbe de frondes étalées qui ressemblent beaucoup à celles des palmiers pennatifrondes. Du centre de cette couronne sort, de loin en loin, une grosse inflorescence mâle ou femelle. Toutes les espèces du genre sont de beaux arbres d'ornement pour les serres on les jardins de plein air. Nous distinguons dans le nombre les espèces suivantes :