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assez souvent cultivée dans les jardins comme plante d'ornement. Elle peut rendre des services à l’agriculture par son feuillage large et abondant, qui est volontiers brouté par les bestiaux, et par les fibres de son écorce propres à faire des pâtes à papier. Elle occuperait utilement les sables maritimes généralement improductifs, et dans tous les cas elle pourrait servir d'engrais vert ou être mélangée aux fumiers.
La lavatère d'Hyères {ZL. Olbia L.), commune dans la région méditerranéenne, rendrait des services analogues, soit comme plante fourragère, soit comme plante à filasse. C’est un arbrisseau de 3 à 4 mètres, qui vient dans tous les sols et croît rapidement. Ses fleurs ont toutes les propriétés de celles des mauves et sont récoltées par les herboristes.
LAWSONIA alba Lamk. — Le henné. Arbrisseau de tout l’'Orient, d'une grande partie de l’Asie et de l’Afrique, employé de temps immémorial à la teinture, mais servant surtout aux populations orientales à se teindre les cheveux et les ongles des pieds et des mains. Il est cultivé dans tous les pays musulmans au sud de la Méditerranée. On lui attribue aussi quelques propriétés médicinales. Le henné appartient à la famille des Lythrariacées.
LEERSIA. — Genre de Graminées aquatiques qui peuvent toutes être utilisées comme fourrages verts. L'Europe en possède une espèce, le ZL. oryzoides L., plante vivace des lieux inondés, jusqu'ici restée à peu près sans emploi. D’autres espèces appartiennent à l'Afrique, à l'Asie et aux parties chaudes de l'Amérique et de l’'Australie. Le ZL. hexandra, de l'Australie orientale, y est considéré comme une des meilleures graminées fourragères croissant dans l’eau, et y est utilisée pour la nourriture du bétail.
LEPIDIUM satioum L.— Cresson alénois, passerage. Petite Crucifère annuelle, originaire d'Orient, mais aujourd’hui très répandue dans les jardins potagers de toute l’Europe. C’est un condiment assez habituel des salades, dont il relève le goût par sa saveur piquante et un peu âcre, qu’il doit à un principe volatil, la lépidine. C’est en même temps un excellent antiscorbutique.
LEPIDOSPERMA gladiatum LABILL. — Grande Cypéracée des bords de la mer, dans le sud de l'Australie. C’est une des meilleures plantes qu’on y connaisse pour fixer les sables. On en retire en outre une fibre tout aussi bonne, dit-on, que celle du sparte, pour la fabrication du papier.
LEPIRONIA mucronata Ric. — Cypéracée textile de l’Australie orientale, de l’Inde, de l'archipel malais, de la Chine et de Madagascar, cultivée dans plusieurs de ces pays en qualité de plante textile, sur des terres de mauvaise qualité, plus ou moins inondées, comme on le fait pour le riz, et qu’on évite de fumer, parce que les engrais diminuent la ténacité de la fibre. Les tiges sont annuelles,
mais elles se renouvellent sans cesse, par suite de la pérennité des rhizomes. Leur hauteur habituelle est de 2 mètres. Lorsqu’elles sont coupées, on les aplatit par le battage, ce qui les rend souples et propres à être tressées en natles, en sacs et surtout en voiles pour les jonques chinoises. Ces nattes sont exportées en grande quantité aux Etats-Unis, où elles servent à couvrir les parquets des appartements, et on les y préfère même aux tapis de laine, pendant l'été, à cause de leur fraîcheur. Cette espèce de roseau donne donc lieu, comme on le voit, à une grande industrie et à un commerce considérable de nattes, ordinairement teintes, avant d’être expédiées, en jaune ou en vert. La teinture jaune est fournie par le Sophora japonica, avec addition d’alun; la teinture verte par une Acanthacée du pays (le lam-yèp), avec alun et sulfate de cuivre.
LEPTOSPERMUM lævigaltum Ferd. von MuLLEr (Fabricia læoigata GÆRT.). — Grand arbrisseau de la famille des Myrtacées, indigène dans l'Australie extratropicale orientale, au bord de la mer et dans les déserts sablonneux de l’intérieur. Sous un climat chaud peu d’arbres et d’arbustes conviennent aussi bien pour fixer les sables, tout en donnant du menu bois à brüler. Il se reproduit de luimême par ses graines tombées à terre et qui germent aisément à l'ombre de ses branches. Il suffit pour le multiplier, de couvrir le sol de brindilles ou tout simplement de ses rameaux coupés au moment de la maturité des graines.
Une seconde espèce, le L. lanigerum SuirH, qui se plaît dans les terrains un peu salés, peut rendre les mêmes services. On lui attribue en outre le pouvoir d’annihiler les miasmes des lieux marécageux et de remplir le même rôle d'assainissement que le Melaleuca ericifolia et la plupart des Eucalyptus.
LESPEDEZA striata Hook. et ARNT. — Légumineuse herbacée et annuelle de la Chine et du Japon, analogue au trèfle, et qui est un fourrage de grande valeur pour certains pays. Elle est aujourd’hui cultivée en grand dans l'Amérique du Nord, surtout dans les Etats- Unis méridionaux, où elle réussit admirablement sur les terres sèches de toute nature, mais surtout sur les terres calcaires, et elle y est fort recherchée par le bétail. Des analyses chimiques faites par l’ordre du ministère de l’agriculture de Washington, en 1878, ont établi qu’elle est aussi riche en principes albuminoïdes que le trèfle de première qualité. Un terrain calcaire paraît indispensable pour sa réussite, car nous l’avons toujours vue dépérir en Provence dans les terres siliceuses.
LEUCADENDRON argenteum Rob. Br. — Grand et superbe arbrisseau de la famille des Protéacées, indigène dans le sud de l'Afrique, et dont les feuilles sont couvertes d’un duvet soyeux, blanc et d’un éclat pour ainsi dire métallique. Il est depuis longtemps introduit en Europe, mais sa culture en serre y est fort difficile. 11 réussit mieux à l'air libre, dans les parties chaudes du midi de l’Europe, mais seulement dans les terres très siliceuses. Ce
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serait un bel ornement pour les jardins et les parcs de l'Algérie, s’il était moins rebelle à la culture.
LEWISIA redivioa Pursx. —- Plante vivace, du nord-ouest de l'Amérique, qu’on rattache au groupe des Portulacées. Elle produit une grosse racine tuberculeuse, riche en fécule, et qui est l’équivalent d’une céréale pour les indigènes, qui la récoltent pour en faire leurs provisions d'hiver. Elle est d’ailleurs très nourrissante, et, à ce titre, elle mériterait d’atlirer l'attention des agriculteurs.
LEYSSERA gnaphalioides L. — Composée vivace de l'Afrique australe, très aromatique et très employée dans ce pays en guise de thé. Elle est tonique et excitante.
LIATRIS odoratissima WiLLp. — Autre Composée vivace, des Etats-Unis méridionaux. Ses feuilles aromatiques sont utilisées comme condiment, ou pour parfumer le linge, plus souvent encore pour communiquer une odeur agréable au tabac à priser.
LIBOCEDRUS. — Grands arbres de l’ordre des Conifères cupressinées, des parties occidentales de l'Amérique et de la Nouvelle- Zélande. Ce sont des arbres fortutiles dans les pays où ils croissent, mais qui n’ont donné jusqu'ici que de médiocres résultats en Europe, probablement par suite du mauvais choix des lieux où on a essayé de les cultiver. Ils ne sont d’ailleurs pas suffisamment rustiques à la latitude de Paris, sauf au voisinage de l'Océan. Les seules espèces connues sont les suivantes :
L. chilensis ENpzicH. — Du Chili méridional, jusqu'aux altitudes de 12 à 1,500 mètres sur les Andes. C’est un arbre de 20 à 25 mètres, à bois dur, résineux et d’une longue conservation. Il gèle à Paris, mais il endure assez facilement les hivers ordinaires de l’ouest de la France, sans y devenir très grand. Ce n’est encore pour nous qu’un grand arbrisseau d'ornement.
L. Doniana Enbi.—- De l'ile septentrionale, et par conséquent la
lus chaude de la Nouvelle-Zélande, où il s'élève sur les montagnes jusqu’à l'altitude de 2,000 mètres. Sa hauteur est de 20 à 25 mètres ou plus, sur { mêtre de diamètre à hauteur d'homme. Son bois dur et résineux, à grain fin et d’une teinte rougeâtre tirant sur le brun, est employé à la charpente dans ce pays. Il gèle dans le nord de la France, mais passe l'hiver en Provence, où la sécheresse du climat nuit à son développement. Il réussirait mieux dans le sud-ouest de l’Europe, en Espagne et en Portugal, au voisinage de l'Océan.
L. tetragona Epic. — Des Andes du Chili septentrional, aux altitudes de 1,200 à 2,000 mètres, et jusqu’au voisinage du détroit de Magellan. C’est l’A/erze des Chiliens, et un des arbres qui leur rendent le plus de services. Dans les sols profonds et humides il s’élève jusqu'à 30 mètres, sur un tronc très droit; mais dans les terres rocailleuses ou sous un climat trop rude, il se réduit à la taille d’un arbrisseau de quelques mètres et souvent difforme. Son bois, qui passe pour incorruptible, est l’objet d’un grand commerce dans cette
partie de l'Amérique, et son écorce, très filandreuse et imprégnée de résine, y sert au calfatage des navires.
Les Chiliens distinguent un Alerze mâle et un Alerze femelle; le premier, dont le bois plus dur et l’étoupe corticale plus tenace, ne peut se débiter en planches qu’à l’aide de la scie; le second a le bois plus tendre et le fil en est si droit qu’il suffit de le fendre à la hache pour en obtenir des planches d'épaisseur parfaitement égale dans toute leur longueur; son étoupe est aussi plus facile à extraire de l'écorce que celle de l’Alerze mâle. Ces deux variétés constituent peut-être deux espèces distinctes. Il est regrettable que cet arbre si utile ne soit pas assez rustique pour s’acclimater en France, du moins dans le Nord.
LIGUSTRUM japonicum L. — Le troëne du Japon. Petit arbre de la famille des Oléinées, introduit depuis longtemps en Europe comme arbrisseau d'ornement. Son feuillage, assez analogue à celui du lilas, est persistant, surtout dans le midi de la France. Sa rusticité, même dans lenord, permettrait d’en faire des haies, comme on le fait avec notre troëne indigène (L. vulgare), et avec d'autant plus de facilité qu’il reprend aisément de boutures. Plusieurs autres troënes exotiques, à fleurs blanches et parfumées, rendraient les mêmes services, et, par leurs fleurs, serviraient à la nourriture des abeilles.
LIMONIA. — Arbrisseaux de l’Inde septentrionale et croissant à des altitudes assez grandes pour pouvoir être considérés comme rustiques dans le midi de l’Europe. Ces arbrisseaux appartiennent à la famille des Aurantiacées ou Hespéridées. Deux espèces sont à signaler.
L. acidissima L.— Dont le fruitest excessivement acide, et qui est rustique dans les parties les plus tièdes du sud-ouest de l'Angleterre.
L. trifoliata L. Triphasia (trifoliata DC.). — De l'Inde et du midi de la Chine. Arbrisseau de 1 à ? mètres, à feuilles trifoliolées, à fleurs blanches, dont la corolle est réduite à trois pétales. Ses fruits sont des baies rouges, de la grosseur d’une petite cerise, succulents, de saveur douce, et pouvant figurer sur les tables. Plus ordinairement on en fait des confitures. Cet arbrisseau très ornemental est cultivé dans les serres du centre et du nord de l’Europe, mais il est vraisemblable qu’il réussirait dans les parties les plus chaudes de la région méditerranéenne, celles par exemple aù le citronnier est cultivé à l'air libre.
Le L. aurantiola DC., du sud-est de l’Asie, dont les fruits sont exquis, ne diffère peut-être que comme variété du Z. trifoliata.
LINDERA ensoin BLUM. — Arbre de la famille des Laurinées, appartenant à l'Amérique du Nord, du Canada au golfe du Mexique. C’est le laurier-épice des Américains. Son feuillage rappelle par son odeur aromatique celui du laurier d'Europe et sert aux mêmes usages culinaires el pharmaceutiques, mais l’arbre est plus rustique, et peut être cultivé à l'air libre beaucoup plus loin vers le nord.
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LINUM usilatissimum L. — Le lin. Plante annuelle, d'Orient, type de la famille des Linées, qui, depuis les temps les plus anciens, est cultivée pour ses fibres textiles, et qui alimente aujourd’hui de grandes industries. Outre sa fibre, à laquelle peu d’autres peuvent être comparées pour la finesse, la force et la beauté, le lin produit encore une grande quantité de graines, dont on extrait une huile siccative, employée à divers usages, et en particulier dans la peinture. La culture du lin est des plus rémunératives dans les pays de terres profondes, fraîches et substantielles, telles que la Belgique et certaines provinces d'Allemagne et de Russie. Elle se fait aussi en Egypte, sur les terres irriguées par les débordements du Nil. On trouvera dans les traités spéciaux tout ce qui se rapporte à la culture du lin et aux industries auxquelles elle donne lieu, ce qui nous dispense d'entrer ici dans ces détails.
LIPPIA citriodora KuNTH. — Arbrisseau de la famille des Verbénacées, originaire des pays tempérés de l'Amérique du Sud, dont les feuilles froissées entre les doigts exhalent une forte odeur aromatique qui rappelle celle du citron, et qui a valu à l’arbuste le nom vulgaire de verveine citronnelle. Cet arbrisseau est très rustique dans le midi de l'Europe, où ses feuilles sont récoltées pour la parfumerie, et servent quelquefois à aromatiser les mets. Sous le climat de Paris on l’abrite l'hiver en orangerie.
LIQUIDAMBAR. — Copalme. Arbres de la famille des Balsamifluées, de l’ancien et du nouveau monde, auxquels on n’a pas donné jusqu'ici toute l’attention qu'ils semblent mériter. Quatre espèces surtout seraient intéressantes pour les acclimateurs :
L. Altingia BLUM. — Grand arbre de 50 à 60 mètres, répandu dans toute l’Asie méridionale, de la mer Rouge à l'Inde et aux îles de la Sonde, où il croît jusqu’à l’altitude de 1,000 mètres. C’est cet arbre qui produit le baume renommé que l’on connaît sous le nom de storax liquide.
L. formosana HANcE. — De la Chine méridionale et de l'ile de Formose. Il est encore peu connu, mais on sait que les Chinois en utilisent la feuille pour la nourriture d’une espèce de ver à soie (Bombyx?) qui sera peut-être un jour introduit en Europe avec l'arbre sur lequel on l'élève à peu de frais.
L. orientalis Mic. — Le copalme d'Orient. Celui-ci n’est guère qu'un grand arbrisseau, indigène de l’Asie-Mineure et de l’île de Chypre. C’est aussi un producteur de storax, dont le parfum rappelle celui de la vanille, ce qui l’a fait de tout temps employer dans la parfumerie. On s’en sert aussi pour donner au tabac une odeur agréable et pour préserver le linge des attaques des insectes. Sa feuille pourrait peut-être servir à nourrir le ver à soie qui vit sur l’espèce précédente.
L. styracifiua L. — Copalme d'Amérique, Sweet qum tree des Américains. Très bel arbre des Etats-Unis, depuis le sud jusqu’au 43° degré de latitude, ce qui en fait le plus rustique du genre. Il résiste en effet aux plus grands froids de l’Europe occidentale, où
il a été introduit il y a plus d’un siècle, sans attirer beaucoup l’attention. En Amérique il croît de préférence dans les forêts où le sol est riche en humus, et il y atteint de 35 à 40 mètres de hauteur, sur ? à 3 mètres de diamètre à la base du tronc. Son bois, dont le grain est fin, est propre à tous les usages, et son écorce contient environ 8 pour 100 de son poids de tannin. Sa sève, assez semblable à la térébenthine, se concrète à l’air en une sorte de résine dont l'odeur rappelle celle du benjoin. A défäut d’autres emplois, le Liquidambar d'Amérique pourrait servir comme arbre d’avenues ou pour la décoration du paysage, surtout dans l’ouest de l'Europe.
LIRIODENDRON Z'ulipifera L. — Le tulipier. Un des plus beaux arbres de la famille des Magnoliacées, et un des plus grands. Il est de l'Amérique du Nord, depuis le Canada jusqu’à la Floride, recherchant les terres profondes et fraîches, où on le voit s’élever jusqu’à 40 et 45 mètres, sur un tronc qui peut dépasser à la base 3 mètres de diamètre, et formant une large tête, dont la verdure sombre est relevée, dans la saison, de fleurs de couleur orangée. Son bois, quoique léger, est résistant et d’une bonne durée, aussi est-il exploité comme bois de charpente et de menuiserie partout où il croît. Il sert également dans le charronnage, la construction des wagons de chemins de fer, les pilotis et à beaucoup d’autres usages. Il est d’ailleurs peu entrecoupé de nœuds, facile à travailler, et n’est sujet ni à se fendre ni à gauchir. Son écorce, qui contient de 7 à 8 pour 100 de tannin, est quelquefois employée au tannage des cuirs.
Un si bel arbre ne pouvait manquer d’être introduit en Europe, et on en peut citer quelques beaux échantillons, surtout en Angleterre, où le climat paraît lui mieux convenir qu'en France; cependant nulle part il n’a atteint les grandes proportions auxquelles il arrive dans son pays natal, et il est resté en Europe un arbre de grand ornement pour les parcs et le paysage. Peut-être, par une culture mieux entendue, et surtout en choisissant les lieux les plus convenables à sa nature, rendrait-il des services plus sérieux. Il supporte mal la transplantation, à moins qu’il n’ait été élevé en pots, et mis de bonne heure en pleine terre aux endroits qu’il doit occuper définitivement.
LITHOSPERMUM canescens LEuM. — Alkanna d'Amérique. Plante tinctoriale des Etat-Unis, de la famille des Borraginées, dont la racine fournit une teinture rouge analogue à l’orcanette, qui est aussi le produit d’une borraginée de l’ancien continent (Anchusa linctoria). Deux autres plantes vivaces du même genre et des mêmes régions, les Z. hirtum et L. longiflorum, sont également utilisées pour la teinture des étoftes.
LIVISTONA australis MarT. — Superbe palmier de l'Australie orientale, le seul représentant indigène de la famille dans la colonie de Victoria, dont le climat est fort analogue à celui du midi de l’Europe. Ses grandes feuilles flabelliformes, très semblables à celles.
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de notre palmier-éventail (Chamcærops humilis) et armées de fortes épines sur leur pétiole, ont plus d’un mètre de diamètre dans tous les sens. Ce superbe palmier est rustique ou presque rustique dans les régions de l’oranger, et on en voit d’assez beaux échantillons adultes dans quelques parcs de la Basse-Provence. Ses feuilles, quoique coriaces, sont maltraitées par les grands vents, ce qui oblige à le planter de préférence dans les lieux abrités par des arbres ou des constructions. C’est à tort qu’on lui donne quelquefois le nom de Corypha australis, les Corypha étant des palmiers de l’Inde fort différents de celui-ci.
Le ZL. chinensis MarT., originaire de la Chine méridionale, est moins rustique que le précédent, et il réussit mieux en Algérie qu’en Provence. Le Z. Mariæ, de l'Australie centrale et occidentale, est encore peu connu, et ne paraît pas avoir été jusqu'ici introduit en Europe.
LOLIUMperenne L. — Le ray-grass d’Italie, ou ivraie vivace. Graminée fourragère, cultivée dans toute l’Europe centrale, tant comme herbe à faucher que comme herbe à pâturer. C’est effectivement un des meilleurs fourrages que l’on connaisse, mais elle ne réussit pas également partout. Son produit est d'autant plus considérable que la terre est plus profonde et plus fraîche. Dans les meilleures conditions elle peut donner jusqu’à sept ou huit coupes par an, mais il faut alors que la terre soit fumée et irriguée. Elle produit peu et n’a qu’une durée assez courte dans les sols secs et rocailleux. Une de ses grandes qualités est d’être très précoce et de fournir de l’herbe aux bestiaux dès la fin de l’hiver. Peu de graminées repoussent plus vite après avoir été broutées ou fauchées.
De même que la plupart des plantes depuis longtemps soumises à la culture, le ray-grass a produit de nombreuses variétés, dont quelques-unes sont même considérées comme des espèces primitivement distinctes. C’est le cas, entre autres, de l’Zvraie multiflore, ou Pull de Bretagne, qui est simplement annuelle, mais qui rachète ce défaut par son aptitude à croître dans les terres sablonneuses et maigres, dont peu d’autres fourrages s’accommoderaient aussi bien.
Les agriculteurs ne sont pas tous d'accord sur les qualités nutritives du ray-grass, ce qui tient très probablement aux différences de sols, de climats et de mode de culture. Quelques-uns lui préfèrent, sous ce rapport, le dactyle, la grande fétuque (Festuca elatior) et le vulpin (A /opecurus pratensis); c’est donc à chacun d’examiner les conditions locales où il se trouve, et de choisir, à la suite d’expériences ou de tâtonnements, l'espèce de fourrage la mieux appropriée à ces diverses conditions. On peut dire, d’une manière générale, que toutes les variétés de ray-grass conviennent aux climats doux et humides et aux terres naturellement fraîches ou artificiellement arrosées. En Angleterre, dans le nord de la France et en Lombardie, le produit du ray-grass est souvent énorme.
Ce n’est pas seulement à l’agriculture qu’il rend des services; il
tient aussi un rang distingué dans le jardinage d'agrément, car c’est par lui qu’on arrive à former ces belles pelouses, véritables tapis de verdure si recherchés en Angleterre dans les parcs de l'aristocratie. L'usage de ces gazons s’est aussi répandu sur le continent, mais leur entretien est d’autant plus coûteux que le pays est plus chaud et plus sec. Dans le midi de la France, à moins d’arrosages presque quotidiens, le ray-grass vaut moins pour cet usage que le brôme élevé (Bromus erectus), qui endure beaucoup mieux l’ardeur du soleil et la sécheresse.
Une espèce d’ivraie, le Zolium temulentum, est un peu vénéneuse. Ses graines mêlées à celles du blé et entrant dans la confection du pain ont quelquefois donné lieu à des empoisonnements.
LOTUS corniculatus 1. — Lotier commun. Légumineuse herbacée, vivace, indigène de presque toute l’Europe, du nord de lAfrique, de l’Asie centrale et même de l'Australie méridionale, partout considérée comme un bon fourrage spontané, mais peu cultivée à cause de la difficulté de s’en procurer des graines pour de grands ensemencements. Elle a toutes les qualités du trèfle blanc, et elle l'emporte sur lui par la faculté de résister à la sécheresse, ce qu’elle doit à la longueur de sa racine pivotante, qui s’enfonce profondément dans la terre. Le lotier vient à peu près partout, même dans les terres les plus maigres, pourvu qu’il ÿ trouve une certaine humidité. Généralement il est mêlé à d’autres fourrages, condition avantageuse, en ce qu’elle oblige ses tiges à s’allonger et à monter verticalement, ce qui permet de le couper à la faux. En touffes isolées, il s’étale à terre et n’est plus guère alors qu’une herbe à pâturer.
D’autres espèces de lotiers peuvent aussi rendre des services analogues. Tels sont le lotier velu (L. villosus), plus développé et plus fourrageux que le précédent, et dont les graines sont plus faciles à récolter; le lotier à quatre ailes (L. tetragonolobus), annuel, et du midi de l’Europe, où il recherche les terres profondes et humides, mais, très étalé à terre, il ne peut être que pâturé par les moutons; enfin, le lotier à grandes siliques (L. siliquosus), vivace, mais faiblement productif, qui n’est, comme le précédent, qu’une herbe à faire consommer en vert.
LOXOPTERYGIUM Zorentsit GRISEB. — Quebracho colorado. Arbre du Paraguay, qu’on croit appartenir à la famille des Térébinthacées, mais qui est encore peu connu des botanistes. Son écorce et son bois, extrêmement durs et lourds, s’exportent déjà en assez grandes quantités en Europe pour les besoins de la teinture et de la tannerie. Si on tient compte de ce fait que le Paraguay, dont le climat est tempéré-chaud, est exposé à des sécheresses quelquefois excessives, on ne pourra guère douter que l’introduction de cet arbre dans le nord de l’Afrique, et particulièrement dans le Sahara algérien, ne puisse y rendre des services. D’après nos propres expériences le Quebracho colorado supporte assez facilement les hivers de le Basse-Provence, ce qui ne laisse aucune incertitude sur
la possibilité de sa naturalisation dans des pays plus méridionaux et plus chauds.
LUCUMA. — Arbres et arbrisseaux de la famille des Sapotées, très analogues aux Sapotülliers (Achras) et considérés aussi en Amérique comme arbres fruitiers de valeur. Les plus renommés sont les suivants :
L. Cainito Rom. et Scu. — Très cultivé au Pérou, ainsi que le L. obovatum, du même pays.
L. mammosa GÆRTN. — Connu en Amérique sous les noms de Marmalade tree et Joho-inco. Cet arbre, originaire de la Guyane, est aujourd’hui cultivé dans beaucoup d’autres pays tropicaux. Son fruit, moins estimé que celui du Sapotillier, est surtout utilisé en compotes et en marmelades.
Les Z. salicifolia Kunra, vulgairement Borecho, et le L. serpentaria Kunrn, ou Zapote de culebra, sont cultivés au Mexique comme arbres fruitiers.
LUPINUS. — Lupin. Genre de Légumineuses papilionacées contenant un grand nombre d'espèces, la plupart herbacées, annuelles ou vivaces, indigènes dans l’ancien et le nouveau monde, utilisées comme fourrage, et dont les graines sont même quelquefois employées à la nourriture de l’homme. Les lupins sont des plantes élégantes, tant par leur feuillage digité que par leurs fleurs où domine la couleur bleue, aussi en fait-on un fréquent emploi dans les jardins fleuristes. Plusieurs espèces, presque toutes américaines, s'élèvent à la taille de sous-arbrisseaux. En agriculture on utilise surtout les suivantes :
L. albus L. — Le lupin blanc. Du midi de l’Europe et de l’Orient. Plante annuelle, de croissance rapide, cultivée presque exclusivement dans les sols sablonneux et siliceux, où elle étouffe les autres herbes. C’est un bon fourrage, tant à couper qu’à faire consommer sur place, et en même temps un excellent engrais vert, utilisé dans quelques parties de l'Italie pour fumer la terre autour des oliviers. C’estle Tramoso des Portugais et des Espagnols, qui en font grand cas pour la nourriture des bestiaux, et qui en consomment les graines après les avoir dépouillées de leur amertume par ébullition ou macération dans l’eau salée. Le lupin blanc est également cultüivé dans le midi de la France, principalement en Roussillon, sur les plus mauvaises terres, qu’il sert à améliorer. Il est alors enfoui au moment de sa floraison. Son emploi agricole est plus rare dans le Nord, où il est assez souvent maltraité par les gelées du printemps.
L. angustifolius L. — Le petit lupin bleu. Plante annuelle, moins grande et moins fourrageuse que l’espèce précédente, mais recherchant comme elle les sols sablonneux et maigres. Elle est commune aux alentours de la Méditerranée, mais on l’y cultive rarement. On se contente de la faire pâturer par les moutons là où elle croît naturellement.