‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 38 sur 62 · die he tonth ie · texte numérisé non relu

die he tonth ie

ONCOSPERMA /usciculatum THWAITES. — Grand palmier de l'ile de Ceylan, où il s’élève sur les montagnes jusqu’à l’altitude de 1,200 à 1,500 mètres. Il se distingue par sa tige menue, épineuse, qui dépasse souvent une quinzaine de mètres de hauteur. Ce palmier est fort élégant et mériterait d’être introduit dans les pays tempéréschauds, tels que l'Egypte, le nord de l’Afrique, etc.

ONOBR Y CHIS satioa LAMKk. — Sainfoin, esparcette. Rangé par quelques botanistes dans le genre Æedysarum. Légumineuse fourragère qui tient une place considérable dans l’agriculture du midi de l’Europe. C’est un des meilleurs fourrages connus et qui a, en outre, la propriété d'améliorer très notablement les mauvaises terres. Ce qu’elle a encore de particulier c’est qu’elle résiste beaucoup mieux à la sécheresse que la plupart des autres fourrages légumineux. Elle peut durer plusieurs années sur le même terrain; cependant il est assez d'usage qu’on l’enfouisse en qualité d’engrais, après une ou deux coupes. Le sainfoin réussit dans tous les sols, même les plus graveleux et les plus secs, mais mieux dans les sols calcaires que dans tous les autres. Dans le midi de la France on le sème souvent avec une céréale, surtout avec le blé, et 1l occupe le terrain pendant l'hiver, pour fournir une première coupe au printemps. On peut ensuite le faire pâturer par les bœufs ou par les moutons, si on ne tient pas à le conserver plus d’une année, mais il faudrait s’en abstenir si on voulait le faire durer plus longtemps. Dans les pays d’oliviers on sème souvent le sainfoin autour de ces arbres pour les rendre plus productifs, et alors la plante entière est enfouie dans la terre au moment de sa floraison. La fleur du sainfoin, comme celle du trèfle blanc, est recherchée des abeilles, et il y a avantage à tenir des ruchers dans les pays où la plante est habituellement cultivée.

ONOSMA Æ'modi BENTH.; Maharanga Emodi DC.— Orcanette du Népaul. Plante herbacée, vivace, des hautes montagnes de l’Inde et de l'Asie centrale, dont la racine fournit une matière colorante rouge, analogue à celle de l'Anchusa tinctoria où faux Alkanna des droguistes. Cette plante industrielle n’a pas encore été introduite en Europe.

OPHELIA elegans WiGxT. — Gentianée des hautes montagnes de l'Inde, très estimée dans cette région comme tonique et fébrifuge. D’autres espèces, telles que les ©. angustifolia Dox., densiflora Grises., multiflora DALzELL., sont également employées en thérapeutique et se vendent dans les bazars de l’Inde. Nous rappelons d’ailleurs que toutes les gentianées participent aux mêmes propriétés à des degrés divers. Plusieursespèces d’Ophelia, de la Chine et du Japon, encore peu étudiées, mériteraient d’attirer l’attention des médecins et des pharmaciens.

OPUNTIA. — Raquette, nopal. Genre de Cactées, toutes américaines, et principalement de l'Amérique centrale, du Mexique et de la Californie, mais dont quelques-unes s’avancent beaucoup plus loin

vers le Nord. On en connaît aujourd’hui un grand nombre d’espèces, la plupart épineuses ou du moins aiguillonnées sur quelques-unes de leurs parties. Ces plantes, tantôt seulement herbacées, tantôt arborescentes, sont remarquables par la bizarrerie de leurs tiges et de leurs rameaux articulés, charnus, souvent aplatis et semblables à des feuilles superposées. Chez d’autres espèces les articles des tiges et des rameaux sont irrégulièrement cylindriques. Au moment où commence la végétation les parties nouvelles portent des feuilles cylindriques et charnues, qui ne tardent pas à tomber, laissant à leur place des faisceaux d’épines acérées ou d’aiguillons, dont il est difficile de se débarrasser quand ils ont pénétré dans la peau. Plusieurs espèces d’opuntias sont cultivées comme plantes industrielles ou fruitières, non seulement en Amérique, mais dans le midi de l'Europe, le nord de l’Afrique, l'Arabie, la Perse et autres pays à climats chauds et secs. Signalons particulièrement les suivantes :

©. coccinellifera Mix. — Le nopal à la cochenille. Du Mexique et des Antülles. Plante de 2 à 3 mètres, dressée, ramifiée, devenant ligneuse à la base quand elle vieillit. Les articles de ces rameaux, de forme obovale, charnus, épais et peu ou point épineux, nourrissent l’insecte parasite connu sous le nom de cochenille, qui fournit la belle teinture de ce nom. Au Mexique on fait ordinairement trois récoltes de cet insecte dans une année, et on évalue à 1,200 tonnes la quantité qui en est annuellement importée en Angleterre, au prix moyen de 400 livres sterling (10,000 fr.) la tonne.

Plusieurs autres pays importent de même cette denrée. La culture du nopal et l’industrie cochenillère ont été de bonne heure introduites aux Canaries, où elles ont eu peu de succès à cause de la concurrence du Mexique et des Antilles. On l’a de même essayée en Algérie; elle y a donné quelques bénéfices malgré la cherté de la main-d'œuvre, et on l’y cultive encore sur quelques points. Plusieurs autres opuntias peuvent également nourrir la cochenille, telles que les O.Tuna, Hernandezii, Ficus-indica, etc., toutefois l’espèce ordinaire est préférée parce qu’elle està peu près inerme. Sa culture est d’ailleurs des plus faciles là où le climat fournit une chaleur suffisante.

Le nopal peut rendre d’autres services que celui de nourrir la cochenille. Ses fruits et ses raquettes sont employés au Mexique dans l’alimentation des bœufs, après avoir été légèrement grillés sur le feu pour en faire disparaître les aiguillons. Ce qui est encore à considérer c’est que, par sa contexture charnue et aqueuse, il ne donne aucune prise au feu, et que des lignes de nopals qui diviseraient les forêts en compartiments seraient autant de barrières opposées à la propagation des incendies. Par cette simple précaution, de grandes dévastations de forêts pourraient être évilées.

O. Dillenit DC. — Espèce très analogue à la précédente, pouvant aussi nourrir la cochenille, mais surtout employée, dans l'Amérique centrale, pour clôturer les champs, ce à quoi la rendent propre son aptitude à croître sur les sols arides, et ses épines, qui en rendent les clôtures très défensives. L’O. elatior, plus hérissée encore d’épines, sert aux mêmes usages.

O. Ficus-indica Mizr. — Le figuier de Barbarie. De l'Amérique centrale et s’avançant au nord jusqu’à la Floride. C’est l'espèce la plus classique du genre et la plus répandue, car elle existe aujourd’hui dans tous les pays secs et chauds, principalement dans le nord de l'Afrique, au cap de Bonne-Espérance et jusqu’en Australie. En peu d'années elle forme une sorte d'arbre, de forme 1rrégulière et disgracieux, armé d’épines, mais très fécond en fruits, qui, bien mûrs, sont assez agréables au goût. Elle abonde en Algérie et dans les îles de la Méditerranée, principalement en Sicile, où elle fournit une partie notable de l'alimentation des classes pauvres. Ses fruits, presque de la forme et de la grosseur d’un œuf de poule, sont armés d’aiguillons dont on les débarrasse en les brassant dans l’eau. La chair en est rougeûtre, sucrée, et contient beaucoup de graines.

Par ses fleurs d’un rouge orangé le figuier de Barbarie se distingue d’une autre espèce ou variété très voisine, également cultivée pour ses fruits dans la région méditerranéenne. Les fleurs en sont jaunes, et les articles de ses rameaux ou raquettes sont plus grands, plus aplatis et d’un vert plus glauque que ceux de la variété commune. Nous avons quelque raison de croire que c’est l’espèce si généralement cultivée au Mexique sous le nom de T'una, dont le fruit entre pour une large part dans l’alimentation du peuple. Ce fruit est plus volumineux que la figue de Barbarie ordinaire, et sa couleur varie du blanc au jaune et au rouge. On le dit supérieur en qualité. Les Mexicains font du cidre avec la variété rouge, et même une sorte de fromage, le Queso de Tuna. Ce n’est du reste pas la seule espèce dont les fruits soient employés au Mexique à la nourriture de l’homme et des animaux. Toutes celles qui sont épineuses sont en outre utilisées comme clôtures autour des champs.

O. missouriensis DC. —- Espèce septentrionale, qui s'étend du Nebraska au nouveau Mexique. Le docteur Meechan l’a trouvée couverte de cochenilles, ce qui semble démontrer que cet insecte résiste au froid intense de la région montagneuse du Colorado, où cet opuntia croit naturellement.

O. Rafinesquit ENGELM. — Espèce toute herbacée, généralement étalée à terre, hérissée de fortes et longues épines, se couvrant en été d’une quantité de belles fleurs d’un jaune vif, ce qui l’a fait introduire dans quelques jardins, où elle garnit avantageusement les rocailles. C’est, de toutes les espèces de cactées, celle qui s’avance le plus loin vers le nord, car on la rencontre jusque sur les bords du lac Michigan. Elle est rustique dans presque toute la France, à condition que le terrain ne soit pas sujet à retenir l’eau. Elle se multiplie d’ailleurs d'elle-même avec rapidité par l’enracinement de ses articles élalés sur le sol.

O. spinosissima Mizz. — Du Mexique et des Antilles. Espèce à tige dressée et colomnaire, avec des branches pendantes, très épineuse, et utilisée surtout à faire des haies défensives et incombustibles. L'O. maxima Mir, encore plus épineux, se recommande pour les mêmes usages.

Il est probable que l'O. vulgaris de quelques auteurs se confond

avec l'O. Ficus indica, du moins on ne sait guère en quoi ils diffèrent.

L'O. inermis DC., qui, malgré son nom, est armé d’épines, est naturalisé dans plusieurs endroits du midi de la France, où il se propage dans les lieux incultes par l’enracinement de ses raquettes tombées sur le sol. La plante, qui s'élève à près de { mètre, sert quelquefois à clôturer les terres.

Beaucoup d’autres espèces d’opuntias ont été introduites en Europe, où quelques curieux en font collection. Les espèces non épineuses pourraient être employées, dans les pays chauds et arides, à la nourriture des bestiaux quand les fourrages ordinaires viennent à manquer. On a observé en Algérie et ailleurs que les chameaux broutent volontiers les figuiers de Barbarie, malgré leurs épines. Les chevaux et les mulets pressés par la faim s’en accommodent de même. Il semble que ces plantes si succulentes, et qui résistent si aisément aux longues sécheresses, pourraient rendre des services à l’agriculture dans les régions arides du nord de l'Afrique et de l’Arabie. Leur reproduction et leur multiplication sont d’ailleurs des plus faciles. 11 suffit que leurs articles tombent à terre pour s’y enraciner, même à plat, pour peu qu’ils y trouvent d'humidité. Presque toutes les espèces d’opuntias contiennent une teinture rouge, qui n’est autre que celle de la cochenille, et il n’est pas impossible qu’on trouve un jour le moyen de l’extraire sans recourir aux insectes.

OREODAPHNE bullata N£Es.; Laurus bullata Burcx. — Laurier superbe de l'Afrique australe, où il porte le nom vulgaire de Stink wood. C’est un arbre de 30 à 40 mètres, très apprécié pour la solidité, la durée et la beauté de son bois veiné et moucheté à l’égal du plus beau noyer. Très abondant autrefois dans la colonie du Cap, il est devenu rare et cher aujourd’hui par suite de l’exploitation immodérée qu’on en a faite pour en tirer des bois de charpente et de menuiserie. On l’exporte en Europe malgré son prix élevé, principalement pour les besoins de l’ébénisterie. Il serait facile de naturaliser ce bel arbre dans le midi de l’Europe et mieux encore dans le nord de l’Afrique, surtout au point de vue de l’exportation de son bois.

OREODOXA. — (Genre de palmiers américains, dont quelquesuns sont remarquables par leur grande taille, leur beauté et leur utilité. Tels sont les suivants :

O. oleracea Manr.— Le chou palmiste des Antilles, qui s'élève sur les montagnes de ces îles jusqu’aux altitudes de 1,500 à 1,600 mètres. C’est peut-être le palmier qui croît le plus vite, et le cœur qui en termine la tige étant un légume très apprécié, l'arbre est cultivé presque comme une plante potagère. Dans les très bonnes terres il ne faut pas plus de deux ans pour en récolter le produit. Livré à lui-même ce palmier s'élève à 20 mètres ou plus de hauteur.

O. regia Hums.— Arbre superbe des Antilles, dont le stipe atteint à 18 ou 20 mètres, en se renflant vers le milieu de sa hauteur et se remplissant de fécule, comme d’ailleurs celui de l’O. oleracea et de

plusieurs autres palmiers. L’O. regia est rustique jusque dans le Brésil méridional.

O. frigida HumB. — Palmier nain des Andes de l'Amérique centrale, où il monte jusqu’à 2,500 mètres de hauteur. Il y a toute apparence qu’il serait rustique dans les jardins du midi de l’Europe.

ORIGANUM. — Origan, marjolaine. Genre de Labiées vivaces, odoriférantes, contenant d'assez nombreuses espèces disséminées dans les parties chaudes du midi de l’Europe, en Orient et dans le nord de l'Afrique. Citons dans le nombre :

O. Majorana L.— De l'Afrique et de l'Arabie, cultivée dans beaucoup de jardins de l’Europe, où elle est employée comme condiment dans les cuisines. En Orient on en tire une huile essentielle par distillation.

O. oulgare L. — La marjolaine commune, de presque toute l’'Europe, du nord de l’Afrique et de Orient. Elle est utilisée comme la précédente, quoique moins riche en principes odoriférants. Sa fleur est recherchée des abeilles, et contribue à donner de la qualité au miel. Comme toutes les espèces du genre celle-ci recherche les terrains calcaires.

Plusieurs autres espèces, d’un égal intérêt, peuvent être citées à la suite des précédentes; ce sontles O. Dictamnus, de l’île de Crète, le dictame des anciens; l'O. Maru, de la Palestine, très usité dans la médecine et la parfumerie orientales, et l'O. Onites, des régions: voisines de la Méditerranée. Diverses autres variétés ou espèces des mêmes régions pourraient encore être ajoutées à cette liste.

ORNITHOPUS satious BROTERO.— La serradelle. Légumineuse fourragère, annuelle, introduite du Portugal en France dans les premières années du siècle. C’est un bon fourrage de printemps, et qui peut remplir une lacune en agriculture, en ce sens qu'il se plaît particulièrement dans les sols siliceux, où les autres fourrages légumineux ne donnent que de faibles récoltes. Néanmoins il est peu usité en France, parce qu’il n’est pas complétement rustique dans le Nord et qu’il y est souvent atteint par les gelées du printemps.

Une autre espèce, indigène dans toute la France, et qu'on ne trouve guère que dans les terrains sablonneux et siliceux, tels que ceux de la Sologne, est l'O. perpusillus L., qui n’a d'autre défaut que sa petite taille. Cependant on l'utilise dans les mauvaises terres siliceuses, où aucun autre fourrage ne réussirait aussi bien.

ORYZA satioa L. — Le riz. Graminée annuelle, qui est pour les peuples de l’Asie et une partie des peuples de l’Afrique la première de toutes les céréales, celle qui fait la base de leur alimentation, et qui ne le cède à aucune autre en importance. Le riz est en outre l’objet d’un vaste commerce, et on le cultive dans tous les pays où se trouvent réunies les conditions de son développement, c’est-àdire une forte chaleur estivale et de l’eau en abondance.

L'origine du riz se perd dans la nuit des temps, et, pas plus que le blé, on ne le connaît à l’état sauvage proprement dit, quoiqu'il

s'échappe quelquefois des cultures et qu’on le rencontre accidentellement dans des lieux incultes. Les principaux centres de sa culture sont la Chine, l'Inde et le Japon, mais elle s’est peu à peu étendue à d’autres pays, et même jusqu’à l’Europe, en Lombardie et en Piémont. Elle est extrêmement productive, mais en même temps très malsaine, parce que les rizières, qui sont de véritables marécages artificiels, deviennent des foyers de fièvres, et c’est cette considération qui a fait interdire la culture du riz en France, où elle avait commencé à s'établir en Provence, dans les terres du Bas- Rhône.

Le riz est peut-être la céréale la plus riche en fécule, mais il contient moins de substances albuminoïdes ou azotées que le blé, et, par suite, est moins nourrissant. De même que la fécule des autres céréales, celle du riz peut être convertie en sucre et en alcool. On en fabrique diverses boissons, entre autres le rack ou arrack, sorte d’eau-de-vie usitée principalement dans l’Inde, et le saké, qui est la bière des Japonais. Le riz a donné naissance à une multitude de variétés ; telles sont le 14 précoce, dont la culture s’achève en quatre mois et n’est pas sensiblement gêénée par le mélange de l’eau salée à l’eau douce des rizières; le r14 glutineux, subdivisé en sousvariétés à grains noirs et à grains rouges, et qui réussit, dit-on, presque aussi bien sur les terres non irriguées que sur celles qui reçoivent de l’eau; enfin le ris de montagne ou ri sec, qui peut se passer de toute irrigation dans les pays à la fois chauds et très pluvieux, comme certaines parties de la Chine méridionale, de l’Inde et de la Cochinchine. Cette variété a fait beaucoup de bruit en Europe, où elle a été introduite à diverses reprises, dans l'espoir de l'y acelimater sans être obligé de l’irriguer, et par là d'éviter l’insalubrité des rizières. Malgré de nombreux essais, le riz sec a dû être abandonné. Au nord du 44° degré de latitude la chaleur n’est plus suffisante, et au sud la sécheresse du sol et la rareté des pluies en été ont été un autre obstable insurmontable. Pour y faire de médiocres récoltes, ainsi que nous l’avons récemment vu en Provence, les arrosages doivent être journaliers, par conséquent trop coûteux pour être rémunérés par le produit obtenu. En Lombardie les rizières inondées paient largement les frais de culture. On estime à environ 40 hectolitres la quantité de grain récoltée sur un acre de superficie, c’est-à-dire plus de 80 hectolitres par hectare. Au Japon le produit est encore plus considérable.

OSMANTHUS /ragrans Lour.; Olea fragrans L. — Arbrisseau de la Chine et du Japon, dont les fleurs, très odorantes, servent à aromatiser le thé, et qu’on distille aussi comme celles du jasmin pour la parfumerie. Il est rustique dans le midi de la France, où on le cultive comme simple arbrisseau de curiosité ou d'ornement. Un seul pied, dans une serre, suffit pour l’embaumer du parfum de ses fleurs.

OSMITOPSIS asteriscoides Css. — Sous-arbrisseau de la famille des Composées, de l'Afrique australe, exhalant une forte

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odeur de camphre, ce qui luia valu un certain emploi dans la pharmacopée de ce pays.

OSTRYA.— Genre de Cupulifères, assez voisin du charme (Carpinus), représenté par deux espèces, l'O. carpinifolia Scor., d’Italie et du midi de la France, où il n’a d'autre utilité que celle d’un petit arbre forestier, et l'O. virginica WirLo., de l'Amérique du Nord, un peu moins grand que celui d'Europe, mais dont le bois, plus dur, est employé à faire des outils dont la première qualité est une grande résistance, tels que maillets, leviers, coins, vis de pressoirs, etc. Les Américains lui donnent le nom d’Zron wood, ou bois de fer. Ces deux arbres, quoique ayant le feuillage cadue, ne sont pas rustiques dans le centre de l’Europe, et leur croissance est relativement fort lente.

OSYRIS compressa Alph. DC.— Buisson de la famille des Santalacées, de l'Afrique australe, où on en utilise les feuilles et les jeunes branches pour le tannage des cuirs les plus fins. Il est assez probable qu’on retirerait le même service de l’O. alba L., du Midi de l'Europe, et même assez commun dans la région méditerranéenne française. Il paraît que cette seconde espèce est parasite par ses racines sur diverses plantes, entre autres sur des légumineuses vivaces. S’il en est de même pour l’espèce d'Afrique, comme on peut le supposer, on ne pourrait la cultiver avec succès qu’en mettant à sa portée les plantes dont les sucs servent à la nourrir.

OXALIS. — Genre d'Oxalidées, composé de plantes généralement herbacées et la plupart vivaces par leurs racines ou leurs tubercules, à feuilles le plus souvent trifoliolées, toutes plus ou moins imprégnées d'acide oxalique. On en trouve sous tous les climats, mais les espèces en sont plus nombreuses dans les climats tempérés-chauds, surtout en Amérique, d’où nous sont venues les espèces suivantes :

©. crenata DC. — Oxalide crénelée, du Pérou et du Chili, où elle est cultivée sous le nom d’Oca. Elle est vivace, à tiges succulentes, et produit des tubercules de la grosseur d’une belle noix ou d’un petit œuf de poule, qui contiennent de 10 à 12 pour 100 de fécule, et dont la cuisson est facile. C’est un mets agréable, avec un peu d’acidité, qu’on fait d’ailleurs disparaître en les faisant cuire dans une première eau. Les feuilles peuvent remplacer l’oseille et sont même mangées en salade. On en connaît deux variétés, la jaune et la rouge, ainsi nommées de la couleur de leurs tubercules. Toutes deux ont les fleurs jaunes.

Leur culture est facile, même sous le climat de Paris, mais elle a plus de succès dans le Midi et dans les terres légères. On accroît considérablement le nombre des tubercules par le marcottage des tiges, qu’on couche sur le sol et qu’on charge d’un peu de terre sur les nœuds, qui ne tardent pas à s’enraciner. Les tubercules mürissent en août, septembre ou octobre, suivant le climat du lieu. En Amérique on les expose huit à dix jours au soleil pour enlever leur acidité. Quelquefois on les y laisse plusieurs mois, et alors ils se contractent

et se rident comme des pruneaux, en prenant un goût très sucré; c’est ce qu’en Bolivie on appelle le Caui. En les laissant geler sur le sol, comme on le fait pour la pomme de terre au Pérou et au Chili, ils deviennent le Caia ou Chuno de Oca des indigènes. Dans le nord de la France le soleil n’a plus assez de force à la fin de l’automne pour adoucir les tubercules de l’oxalide crénelée, mais 1l semble probable qu’on atteindrait ce résultat en les faisant passer par le four, comme on le fait pour les prunes qu’on veut convertir en pruneaux. Bien adoucis par le soleil ou autrement, ces tubercules, surtout ceux de la variété jaune ou blanche, équivalent à de bonnes pommes de terre, avec un goût de châtaigne des plus agréables.

O. Deppei LopniG. — Oxalide de Deppe. Celle-ci est originaire du Mexique, d’où elle a été introduite en Europe dès 1827, en qualité de plante potagère. Son produit utile consiste dans ses racines en forme de navets ou de carottes, qui se mangent cuites, assaisonnées de diverses manières. Leur valeur, comme légume, a été fort discutée; suivant M. Morren, de Liège, l’oxalide de Deppe serait un légume de premier ordre; d’autres expérimentateurs l’ont déclarée plus que médiocre; mais ces divergences d'opinion peuvent tenir à la différence des variétés, aux climats, aux modes de culture, ete. La plante se multiplie aisément de bulbilles qu’elle produit autour du collet de ses racines.

Plusieurs autres espèces d’oxalides, quoique moins connues que les précédentes, ont élé recommandées comme plantes potagères, et il serait intéressant de les étudier à ce point de vue. Telles sont, dans le nombre, les O. crassicaulis, du Pérou; O. tuberosa, O. succulenta et O. carnosa, du Chili; O. conorhiza, du Paraguay; O. esculenta et O. tetraphylla, du Mexique, et O. enneaphylla, des îles Falkland et du détroit de Magellan. À ce même genre appartiennent plusieurs espèces d'ornement, à fleurs jaunes, roses ou blanches, fort belles au moment de leur floraison (O. Bowieana, O. speciosa, elc.). Ajoutons enfin que l’Europe centrale en possède deux espèces, l'O. acetosella, la surelle de nos bois, et l'O. corniculata, plante cosmopolite qui se trouve dans toutes les parties du monde. On peut y ajouter l’O. cernua, jolie plante de l’Afrique australe à fleurs jaunes, souvent doubles ou pleines, aujourd’hui complètement naturalisée en Algérie et sur plusieurs points du midi de l’Europe.

OXYTENANTHERA Thuoaitesii MUNRO. — Petit bambou de l’île de Ceylan, habitant principalement les lieux élevés de 1,500 à 2,000 mètres d’altitude. Il ne dépasse guère 3 à 4 mètres de hauteur.

OXYTROPIS pilosa DC.; Astragalus pilosus L.— Légumineuse vivace de l’Europe orientale et de l’Asie occidentale, considérée là où elle croît comme un bon fourrage à pâturer, très avantageuse surtout dans les terres composées presque uniquement de sable, et dans lesquelles ses racines s’enfoncent profondément, ce qui doit la faireranger parmi les plantes améliorantes. Beaucoup d’autres espèces du même genre et des mêmes régions semblent appelées à rendre des services analogues et mériteraient d'attirer l'attention

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des agriculteurs, car toutes se contentent des sols les plus pauvres. Plusieurs botanistes réunissent tout le genre aux Astragalus, dont il n’est à proprement parler qu’une subdivision.

PACHYMA Cocos FRies. — Sorte de truffe de l'Amérique du Nord et de l’Asie orientale, encore assez peu connue, comestible d’ailleurs, et dont il serait intéressant de découvrir la manière de végéter. Une seconde espèce du genre, le P. Hœlen, de la Chine, principalement de la province de Souchong, produit de grosses trufies, dont l’arome et le goût sont fort agréables. Nous signalons ces deux tubéracées à ceux que la culture artificielle des truffes peut intéresser.

PACHYRRHIZUS angulatus Rica. — Légumineuse vivace de l'Amérique centrale qui s’est naturalisée d'elle-même dans beaucoup de pays intratropicaux. Elle est grimpante et volubile par ses tiges, et elle étend à 2 ou 3 mètres autour de son pied de grosses racines horizontales, charnues et féculentes, qui, d’après le docteur Peckolt, peuvent atteindre le poids de plusieurs kilogrammes. Ces sortes de tubercules sont comestibles, surtout dans leur première année; lorsqu'ils ont trois ou quatre ans ils sont durs et propres seulement à être exploités industriellement pour la fécule qu'ils contiennent, et dont la teneur est de 6 à 7 pour 100 de leur poids. Les longs sarments de la plante fournissent une sorte de filasse analogue à celle des Pueraria, mais elle ne se développe bien que dans les sols riches et profonds.

PALIURUS spina Christi Mizz.; P. aculeatus LAMBT. — Arbrisseau de la famille des Rhamnées, commun dans la région méditerranéenne française, où on lui donne les noms d’Argalou, Epine du Christ et Porte- Chapeau. I] est très épineux et fréquemment planté dans les haies. Ses fleurs, d’un jaune vif, sont recherchées des abeilles. Le fruit qui leur succède est ligneux, indéhiscent et prolongé latéralement en une sorte d’aile circulaire, qui lui donne une certaine ressemblance avec un chapeau à larges bords, ce qui a valu à l’arbuste un de ses noms vulgaires. Il paraît indifférent sur la nature du terrain. Le P. ramosissimus Potrer, de la Chine et du Japon, a beaucoup de ressemblance avec l’espèce européenne et sert aux mêmes usages dans ces deux pays.

PANDANUS furcatus RoxBG. — De l'Inde, où il habite les montagnes jusqu’à l’altitude de 1,500 mètres, ce qui lui donnerait peutêtre assez de rusticité pour s’accommoder du climat du midi de l’Europe. Ce serait une acquisition intéressante au point de vue de l’ornementation des jardins et des parcs, où aucune autre pandanée capable de vivre à l’air libre n’existe encore, à notre connaissance du moins.

PANICUM. — Panis, millet. Vaste genre de Graminées, dans lequel on compte actuellement au moins 300 espèces, et qui fournit à l'agriculture des plantes considérées comme céréales et des plantes fourragères. La plupart de ces nombreuses espèces sont encore restées à l’état sauvage, quoique dignes d’attirer l’attention des cultivateurs. Mieux connues, il est probable qu’on les répartira dans de nouveaux genres ou tout au moins dans de nouvelles sections du genre. Nous allons passer brièvement en revue celles qui jusqu'ici paraissent présenter le plus d’intérêt.

P. altissimum MEYER ; P. elatius KuNTH. — Du Mexique et du Brésil. Espèce presque ligneuse et de forme arborescente, s’élevant jusqu’à 10 mètres, et rappelant quelques espèces de bambous. Ses panicules ont de 040 à 0"50 de longueur. Belle plante qui mériterait d’être propagée dans les pays chauds.

P. amarum Error. — De l'Amérique du Nord. Espèce vivace, dont les rhizomes sont propres à fixer les sables. P. atrovirens TRINIUS ; Zsachne australis Rob. Br. — De l'Asie

méridionale, de l'Australie orientale et de la Nouvelle-Zélande. Vivace, mais peu élevé, constituant d’ailleurs un bon fourrage, propre aux vallées et aux terrains boisés.

P. barbinode Trinius. — Du Brésil, où il passe pour une bonne plante à faire pâturer.

P. brizanthum Hocusr. — Des montagnes de l’Abyssinie et du Népaul. Plante vivace, produisant beaucoup de grain, qui sert à la nourriture des habitants de ces deux pays.

P. cœnicolum Ferd. vox MuzLer.—Del’Australie extratropicale, donnant un bon fourrage dans lesterres inondées à certaines époques de l’année.

P. compositum L. — De l'Asie méridionale, de l'Australie et de la Polynésie. Fourrage tendre et recherché des bestiaux, qui croît même sous le couvert des bois.

P. Crus galli L. — Plante annuelle, originaire d'Orient, mais actuellement très répandue en Europe, où elle s’accommode de tous les terrains, même des plus sableux. Dès les premiers jours du printemps elle peut être pâturée par les bestiaux, mais elle n’a pas d’autre utilité. On croit que les espèces décrites par Linné sous les noms de P. colonum et P. Crus corvi ne sont que de simples variétés de l'espèce ci-dessus.

P. decompositum Rob. Br.; P. lævinode Linz. — Le millet d'Australie. C’est une des graminées les plus répandues dans cette vaste contrée, et une des plus intéressantes. Son grain est récolté par les aborigènes et leur sert à faire une sorte de pain. Pour les colons européens c’est un fourrage estimé, utile surtout pour la nourriture des moutons. Il diffère assez peu en apparence du P. capillare de l'Amérique du Nord. Le P. trachyrrachis BENTH., d'Australie, est également voisin de cette espèce, et sert comme lui de fourrage, ainsi que le P. effusum, qui est exclusivement propre à l'Australie.

P. divaricatissimum Rob. Br. — Des parties chaudes du même continent. C’est un fourrage vivace, qui s’accommode des plus mauvais terrains.

P. divaricatum L.; P. bambusoides Hamizr. — De l'Amérique intratropicale. Grande plante vivace, dont les tiges s’enlacent dans le branchage des arbres et s’élève très haut. Il y aurait peut-être quelque intérêt à la naturaliser dans les forêts des pays chauds.

P. flavidum RETZ. — De l'Asie méridionale et du nord de l’Australie. C’est une espèce extrêmement prolifique en grains, et dont les tiges se courbent jusqu’à terre sous le poids de leurs panicules.

P. fluitans Rerz. — De l’Asie tropicale et de l'Afrique. C’est une plante aquatique ou presque aquatique, vivace par sa racine, et qu’il y aurait intérêt à naturaliser autour des lacs, des rivières et des mares, où elle servirait surtout à nourrir les oiseaux d’eau. On peut en dire autant du P. foliosum Rob. Br., qui se plait de même au bord des eaux.

P. frumentaceum RoxB8G. — Le schamalo, ou blé du Deccan. Plante annuelle, très fourrageuse et produisant de grandes quantités de graines, probablement originaire de l'Asie méridionale, aujourd’hui répandue dans beaucoup de pays, où on la cultive aussi bien comme céréale pour son grain que comme fourrage. Elle réussit facilement dans toute la France, mais elle y est peu cultivée parce qu’on y possède des graminées de plus haute valeur.

P. italicum L. — Le millet d'Italie, qui, malgré son nom vulgaire, paraît être originaire de l’Inde, où on le cultive de toute antiquité dans l'Himalaya, jusqu’à plus de 2,000 mètres d'altitude. Il est de même cultivé dans le midi et le centre de l’Europe, tant comme fourrage que comme producteur de grain. Ce grain est communément employé à la nourriture des oiseaux domestiques, mais on en fait aussi des gruaux pour les potages, ainsi que des galettes et des gâteaux. Au dire du docteur Ainslie les Brahmines considèrent ce millet comme la meilleure des céréales. Il a produit, par la culture, diverses variétés, entre autres le P. germanicum. On pourrait aussi lui rattacher le Setaria magna, plante de 2 à 3 mètres, ainsi que le P. macrostachyum, de divers pays intratropicaux.

P. latissimum Mika. — Du Brésil. Plante remarquable par la largeur de ses feuilles, mais qui sont trop rudes pour être recherchées par le bétail. Ce serait plutôt une plante d'ornement que d’utilité.

P. maximum JAcQ.; P. jumentorum PERS. — Le grand panis, connu aussi sous le nom d’Æerbe de Guinée. De l'Afrique intratropicale, aujourd’hui cultivé dans beaucoup de pays chauds, où on le regarde comme un des meilleurs fourrages à faire consommer en vert, mais il faut l’associer à d’autres herbages pour l'alimentation des animaux. Il est vivace et drageonne beaucoup du pied, poussant des tiges de 2? mètres et plus, tendres et succulentes tant qu’elles sont jeunes, et dont on peut faire jusqu’à six ou huit coupes par an dans les terres un peu fraîches. Quoique originaire d’un pays tropical, le P.maæimum réussit encore dans les climats tempérés-chauds, et entre les tropiques jusqu’à des altitudes de 1,600 à 2,000 mètres. Ses rhizomes résistent à de petites gelées, surtout quand ils sont un peu rechargés de terre ou abrités sous une couche de feuilles. Le climat du midi de la France est assez chaud pour la culture de

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ce panis, qui a même réussi jusqu’à la Loire dans les essais qui ont été faits par M. de Vilmorin et quelques autres agriculteurs; cependant il s’est peu propagé jusqu'ici dans la pratique. On le multiplie de graines, qu’il produit d’ailleurs en petite quantité, et plus ordinairement par fragments des rhizomes.

P. miiaceum L. — Millet à grappe, millet commun. De l'Asie méridionale, et cultivé sur l'Himalaya jusqu’à plus de 3,000 mètres d'altitude, répandu aujourd’hui dans beaucoup de pays, et même connu en Grèce du temps de Théophraste et d'Hippocrate. C’est une plante annuelle, haute de { mètre ou environ, très fourrageuse, mais qu’on cultive plutôt pour son grain, dont on fait des potages dans le midi de l’Europe et ailleurs, que pour son herbe à faire consommer en vert par les bestiaux, quoiqu’elle soit excellente pour l’engraissement des bœufs. Son grain est aussi un des meilleurs pour la nourriture des volailles. Dans le nord et le centre de la

France on ne sème ce millet qu’à partir de la fin de mai, parce ‘:

qu'il est très sensible aux dernières gelées du printemps.

P. molle Swarrz, où P. sarmentosum RoxBG. — Grande espèce vivace, des parties les plus chaudes de l'Amérique du Sud, de l’Afrique et de l’Asie méridionale. C’est un superbe fourrage, qui s’élève jusqu’à 2 mètres et donne un produit abondant sur les terres arrosées, mais qui demande trop de chaleur pour pouvoir être cultivé en Europe. On dit cependant qu’il a réussi au cap de Bonne- Espérance, dont le climat est seulement tempéré-chaud.

P. myurus LAMKk.— De l'Asie tropicale et du nord de l'Australie. C’est une herbe vivace, à larges feuilles, qui recherche le bord des eaux, et dont le feuillage est nourrissant pour le bétail.

P. obtusum Hum. — Plante vivace du Mexique, où on lui donne

les noms de Mosquito et Mezquite. C’est un bon fourrage de ce Days.

P. arviflorum Rob. Br. — De l'Australie orientale, où il recherche les lieux arides. C’est un bon pâturage pour les troupeaux de moutons, ainsi que les P. bicolor, marginatum et prolatum, de la même région. Ce dernier fleurit à l’époque la plus chaude de l’année et se fait remarquer par la grandeur de ses panicules. On peut encore citer le P. pygmæum, très petite plante de l'Australie orientale, où elle forme de véritables tapis de verdure sous le couvert des bois. Elle pourrait être utilisée dans les parcs et les grands jardins d'agrément pour composer des gazons et des pièces de verdure.

P. semialatum Rob. Br. — Des régions chaudes de l’Asie, de l'Afrique et de l'Australie. C’est un fourrage de premier ordre, qui mériterait d’être introduit dans toute la zone intratropicale, surtout où le sol conserve en tout temps une certaine humidité; mais il exige trop de chaleur pour s’accommoder du climat de l’Europe méridionale, et un été trop humide pour réussir dans le nord de l’Afrique, au moins en grande culture.

P. spectabile Nxes. — Le coapim du pays d’'Angola. Celui-ci est encore un des bons fourrages de la région tropicale. De la côte occidentale d'Afrique, d’où il a été introduit dans beaucoup d’autres pays.

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Il y aurait lieu d’en faire l'essai dans la région méditerranéenne de l'Afrique et peut-être du midi de l'Europe.

Beaucoup d’autres espèces du genre Panicum pourraient être utilisées par l’agriculture, suivant les climats et les lieux. Bornonsnous à citer pour mémoire les P. striatum et virgatum, de l'Amérique du Nord, et {urgidum, de l'Egypte, où son grain est utilisé pour la nourriture de l’homme.

PAPAVER.— Pavot. Genre type de la famille des Papavéracées, comprenant des espèces annuelles et des espèces à racine vivace, appartenant principalement aux régions tempérées de l’ancien continent. Toutes contiennent un suc blanc, laiteux, dont les propriétés médicinales sont connues depuis les temps les plus anciens. Citons les suivantes :

P. bracteatum L. — De l'Asie occidentale. Plante vivace, à très grande fleur rouge foncé, fréquemment cultivée dans les parterres. Elle se distingue de la suivante par la présence d’une grande bractée au-dessous de la fleur.

P. orientale L. — Du Caucase et des autres montagnes de l'Asie occidentale. Espèce presque semblable au P. bracteatum, et cultivée comme lui dans les jardins d'agrément.

P. Rhæœas L. — Le coquelicot. Plante annuelle, extrêmement commune dans tous les lieux cultivés de l’Europe centrale et méridionale, connue de tout le monde par ses grandes fleurs rouge de sang. C’est une des plus mauvaises herbes des champs, mais l’horticulture en a tiré des variétés à fleurs pleines, de diverses nuances entre le blanc et le rouge, et qui peuvent rivaliser, pour la beauté et l'élégance, avec les anémones et les renoncules. Ces belles variétés se conservent par le semis de leurs graines, lorsqu'on les cultive dans une terre riche et convenablement amendée.

P. somniferum L. — Pavot somnifère, œillette, olivette. Plante annuelle, originaire d'Orient, célèbre depuis les temps les plus anciens comme fournissant à la thérapeutique un de ses médicaments les plus précieux, l’opium, qui est par excellence le calmant de la douleur. À ce point de vue le pavot somnifère est cultivé industriel lement dans divers pays, et son produit est devenu l’objet d’un vaste commerce; mais c’est aussi une plante agricole, à cause de l’huile comestible (huile d’œillette) qu’on retire de ses graines et qu’on estime presque à l’égal de l’huile d'olive.

Le principal objet de la culture du pavot somnifère est néanmoins la production de l’opium, surtout en Orient et dans l’Inde. En Europe on vise davantage à la production de l’huile, du moins en France, quoiqu’on y récolte aussi de l’opium. Les principaux lieux de production de cette denrée sont les départements du Puy-de-Dôme et de la Somme. Dans ce dernier département on récolte en moyenne, par année, pour près de 200,000 fr. d’opium, et pour environ un demi-million d'huile. L’opium d'Orient, qui arrive en Europe par la ville de Smyrne, est le plus riche en principes médicamenteux, partant celui dont le prix est le plus élevé.

L'opium n’est autre chose que le suc laiteux et concrété qu’on

fait jaillir par incision des capsules ou fruits du pavot avant leur maturité. La quantité et la qualité de ce produit varient avec les climats, la nature du terrain et même avec les procédés d’extraction. Très rémunératrice en certaines localités, cette récolte ne paierait pas ses frais dans d’autres. Le pavot, pour prospérer, veut des étés chauds et humides, une terre riche, fumée et amendée, avec beaucoup de soins de culture. On a observé que les défrichements de forêts, où le sol est riche en humus, lui sont particulièrement favorables. L’opium est une matière très complexe, dans laquelle la chimie a découvert jusqu’à quatorze alcaloïdes, parmi lesquels il nous suffira de citer la morphine, la codéine, la codamine et la thébaïne. De toutes ces substances, la morphine est de beaucoup la plus importante, celle qui fait presque toute la valeur de l’opium et qui devient, entre les mains des pharmaciens, la base d’une foule de médicaments.

Nous n’avons pas besoin de rappeler au lecteur que l’opium, si précieux pour la médecine, sert aussi à entretenir un vice déplorable chez certaines populations de l'Orient, principalement en Chine, où s’est introduite l’habitude de le fumer et de le mâcher, au grand détriment physique et moral de ceux qui s’y livrent. Mais cette pernicieuse coutume donne lieu à un commerce des plus lucratifs dont l’Inde anglaise a eu jusqu'ici le monopole.

PAPPEA capensis EckL. et ZEY. — Arbre ou arbrisseau de la famille des Sapindacées, indigène dans le sud de l’Afrique, d’où il s’est répandu dans quelques pays tempérés-chauds. Ses fruits, de la grosseur d’une cerise, sont sains et agréables au goût. Il est vraisemblable qu’ils s’amélioreraient encore par la culture aidée de la sélection.

PAPPOPHORUM commune Ferd. voN MULLER. — Graminée vivace, répandue sur une grande partie du continent australien, et qu’on retrouve aussi dans quelques parties de l'Asie et de l'Afrique. En Australie on la regarde comme un bon fourrage pour les bœufs et les moutons, et surtout avantageuse dans les localités arides.

PARINARIUM Vonda Ferd. von MuLzer. — Du groupe des Chrysobalanées. C’est un arbre du nord-est de l'Australie, qui semble devoir s’acclimater dans les pays tempérés-chauds du midi de l'Europe et du nord de l’Afrique, et qui mériterait que la culture s’en occupât. Ses fruits, assez semblables à des prunes, sont comestibles et susceptibles de s’améliorer. Quelques autres espèces du même genre sont déjà cultivées dans divers pays tropicaux.

PARKINSONIA aculeata L. — Arbrisseau épineux de la famille des Légumineuses, originaire des pays tempérés-chauds de l’'Amérique, depuis la Californie jusqu’à Montevideo, déjà introduit dans les jardins du midi de l’Europe, où il s’est facilement acclimaté. Cet arbrisseau, ainsi que ses congénères les P. africana Soxp., du cap de Bonne-Espérance, et P. microphylla Tonr., du Colorado, pour-

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raient être utilement employés à faire des haies à la fois défensives et ornementales par leur verdure persistante et par leurs fleurs.

PARROTIA Jacquemontiana De.— Petitarbre du groupe des Hamamélidées, de l'Himalaya occidental, où il s'élève jusqu’à près de 3,000 mètres d'altitude, ce qui en assure la rusticité dans une grande partie de l’Europe. Ses feuilles sont caduques, ce qui annonce une certaine résistance au froid. Ses rameaux, flexibles et tenaces, sont employés dans la vannerie, mais servent surtout à construire des ponts suspendus qui ont une grande solidité, quelle qu’en soit la longueur, car on en voit de près de 100 mètres. Il semble donc qu’il y aurait un véritable intérêt à propager cet arbre, pour les emplois variés qu’on en pourrait faire. Une seconde espèce, le P. persica MEYEr., des bords de la mer Caspienne, devrait aussi attirer l’attention des acclimateurs.

PASPALUM. — Genre de Graminées, contenant surtout des espèces fourragères, parmi lesquelles il peut être utile de signaler les suivantes :

P. ciliatum Hums. — Des parties tropicales de l'Amérique du Sud. C’est une espèce vivace, dont le grain est récolté en quelques lieux pour la nourriture de l’homme.

P. dilatatum Porner. — Excellent fourrage de l'Amérique du Sud extratropicale, vivace par sa racine. Introduit à la Nouvelle- Hollande, il s’est montré rustique jusqu’à plus de 600 mètres d’altitude, même dans la région la moins chaude de ce pays ; et on l’a vu fournir, en moins de trois mois, une herbe de 1"50 de hauteur, après les pluies. Cette espèce est voisine du P. virgatum L., du Mexique, également introduit en Australie. On peut regretter que les deux plantes soient encore inconnues en Europe et en Afrique.

P. distichum L.— Graminée de l’Indeet de l'Australie sud-orientale, où les colons lui donnent le nom de Sÿ/{ grass, qui rappelle les lieux fangeux où elle croît. Ses tiges rampantes et feuillues y forment d’épais coussins qui conservent leur verdure toute l’année, et sont une précieuse ressource pour les troupeaux quand les longues sécheresses de l’été ont rendu les autres fourrages rares. Sa prédilection pour les terres imbibées d’eau indique l’emploi agricole qu'on en peut faire. La submersion momentanée, même par des eaux saumâtres, n’entrave pas sensiblement sa végétation.

P. notatum FLUGG. — Du Brésil méridional et de la République Argentine. C’est un des fourrages les plus estimés de ces deux pays, tant pour ses qualités nutritives que pour l’abondance de son produit. On a remarqué qu’il est d'autant meilleur et plus développé que le terrain où il croît est légèrement imprégné de sel. Ce fait rappelle la supériorité bien connue des prés salés de Normandie.

P. scrobiculatum L. — Des parties chaudes de l’Asie et de l’Australie orientale. Espèce doublement précieuse par son fourrage et par son grain, qu’on récolte dans l’Inde pour la nourriture de l’homme et des animaux. C’est un fourrage de grand développement, atteignant souvent plus de ? mètres de hauteur, également bon à faire

consommer en vert et en sec à l’état de foin. D’après Rosenthal, il ne faudrait cependant l’administrer qu'avec mesure, son usage exclusif dans le régime alimentaire des bestiaux pouvant devenir pernicieux.

On cite encore comme fourrages recommandables le P. stoloniferum, de l'Amérique centrale, et le P. undulatum, espèce annuelle des deux Amériques.

PASSIFLORA. — Grenadille, fleur de la Passion, passiflore. Principal genre de la belle famille des Passiflorées, contenant un grand nombre d'espèces, presque toutes cultivées en qualité de plantes d'agrément, mais dont quelques-unes sont aussi des plantes fruitières. Les passiflores sont vivaces, sarmenteuses, grimpantes à l’aide de vrilles, et quelques-unes deviennent avec l’âge de fortes lianes capables d’attemdre le sommet des arbres les plus élevés. Suivant les espèces les feuilles sont entières ou diversement lobées, quelquefois digitées. Les fleurs, souvent très grandes, à corolle plus ou moins étalée, sont blanches, bleues, azurées, ou rouges de divers tons. Les fruits sont des baies, qui atteignent chez quelques espèces la grosseur d’un melon; souvent elles sont colorées et d’un rouge écarlate très vif. Leur nom de passifiores, ou fleurs de la Passion, leur vient de ce qu’on a cru trouver dans les diverses parties de la fleur une image des instruments de la passion du Sauveur, la couronne d’épines, les clous et l'éponge portée au bout d’une lance. Chez beaucoup d'espèces les fleurs sont remarquables par leur singularité, leur beauté et l’éclat de leurs teintes. Ne pouvant citer toutes celles du genre qui sont déjà introduites dans les jardins de l'Europe, nous nous bornerons aux plus connues, qui sont aussi les plus intéressantes :

P. actinia Hook. — Grande espèce à tige et sarmentsligneux, de 15 à 20 mètres de longueur, à feuilles ovales, entières, et à fleurs blanches, légèrement azurées. Quoique originaire du Brésil elle est très rustique en Provence et dans toute la région méditerranéenne.

P. alata A1TON. — Du Pérou et du Brésil méridional. Reconnaissable à ses feuilles ovales cordiformes et à ses rameaux quadriailés. Ses fruits sont comestibles, comme ceux de la passifiore quadrangulaire, avec laquelle elle a beaucoup d’analogie.

P. cœrulea L. — Du Brésil méridional et de l’Uruguay. C’est peut-être l’espèce la plus rustique du genre, et aussi une des plus belles. Ses feuilles sont divisées en 5 lobes étroits ou 5 digitations, et ses fleurs sont bleu d’azur, quelquefois presque blanches. Ses fruits, de forme ovoïde, de la grosseur d’un petit œuf de poule, sont rouge écarlate très vif à leur maturité. Cette espèce est très commune aujourd’hui dans tout le midi de l’Europe, où elle sert à couvrir les treillis, les berceaux, les vieux murs, etc. Souvent même elle devient gènante par les nombreux drageons qu’elle envoie dans le sol et dont il est difficile de se débarrasser. Cette belle liane, dont l'introduction en Europe est relativement ancienne, est à proprement parler la fleur de la Passion, dénomination que la plupart des autres espèces méritent d’ailleurs autant qu’elle. Elle est très voisine du

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P. palmata HorT., qui est presque aussi rustique et qui en diffère surtout par la couleur violette de ses fleurs.

P. quadrangularis L. — Des parties tropicales du Brésil et de l'Amérique centrale; cultivée dans les serres chaudes de l’Europe, où elle fleurit, mais sans fructifier, à moins qu’on n’en féconde les fleurs arüficiellement. Ses fruits atteignent la grosseur d’un melon ordinaire et sont comestibles, additionnés de sucre.

P. edulis Sius. — Du Brésil; espèce à feuilles trilobées, à fleurs bleues, et dont les fruits, de la grosseur d’un petit œuf de poule, de

couleur violâtre à la maturité, sont comestibles. Cette espèce fruc-

tifie plus facilement que la précédente dans les serres chaudes de l'Europe.

Beaucoup d’autres espèces de grenadilles donnent des fruits comestibles et sont cultivées à ce titre dans les pays chauds ; mais d’autres espèces, originaires de montagnes élevées, seraient assez rustiques pour se naturaliser dans le midi de l’Europe. Il faut faire observer ici que plusieurs passiflores restent stériles ou presque stériles lorsqu'elles ne sont pas fécondées artificiellement ; par compensation, les espèces se croisent assez facilement entre elles, et les horticulteurs ont obtenu par ce moyen de remarquables variétés hybrides, dont on trouvera les noms et la description dans les ouvrages d’horticulture. On connaît aujourd’hui près de 200 espèces distinctes dans le genre.

On a séparé des passiflores proprement dites, sous le nom de Tacsonia, quelques espèces dont le calyce est longuement tubuleux.

PAULLINIA sorbilis MART. — Du Brésil. Arbuste grimpant, de la famille des Sapindacées, qui semble pouvoir s’acclimater dans beaucoup de pays situés en dehors des tropiques, où réussissent diverses Sapindacées brésiliennes, principalement du genre Cupania. C’est avec ses graines triturées à chaud et un peu humectées qu’on pétrit ces pains de couleur de chocolat, connus sous le nom de pate de Guarana, qui servent, en les délayant dans l’eau, à préparer des sorbets toniques et rafraichissants. Cette pâte doit sa principale propriété à la forte dose de cofféine qu’elle contient. La médecine locale en fait aussi un certain usage.

PAULOWNIA imperialis SIEB. et Zucc. — Arbre de la famille des Scrophularinées, indigène sur les collines du Japon, et introduit en France au commencement de ce siècle. En bon sol, profond et humide, il s'élève à 10 ou 12 mètres sur un tronc relativement épais, et il forme une large tête également remarquable par l'ampleur du feuillage et par les panicules de grandes fleurs bleu-violacé et odorantes qui en terminent les rameaux. Les feuilles sont caduques en automne, et la floraison s’effectue au printemps avant le développement des feuilles. Chez nous cet arbre rustique n’est cultivé que comme ornement des jardins et des parcs, mais au Japon son bois léger est utilisé en menuiserie. On en fait aussi des boîtes, des plateaux, des écrans et autres menus ouvrages. C’est le ÆXiri des

. Japonais, qui en distinguent une variété à bois dur et recherché en

ébénisterie sous le nom de Shimagiri. Peut-être est-ce une espèce différente du Paulownia ordinaire.

PAVIA. — Pavier. Arbres et arbrisseaux du groupe des Hippocastanées, très voisins des Æsculus (marronniers d’Inde), auxquels plusieurs auteurs les réunissent. Ils n’en diffèrent d’ailleurs que par un caractère insignifiant, l’absence d’épines sur le fruit. Leurs fleurs, en thyrses ou grappes terminales, sont blanches, jaune pâle ou rouges, suivant les espèces. On cultive en Europe principalement les suivantes, toutes originaires de l'Amérique du Nord :

P. flava DC. — Le pavier jaune. De la Caroline. Arbre de 10 à 15 mètres dans les terres profondes et fraîches, à fleurs jaune pâle, quelquefois roses ou rougeâtres. On en distingue comme variété, ou sous-espèce, le pavier de l'Ohio, à fleurs jaunâtres avec des macules pourpres.

P. rubra Lamk. —- Le pavier à fleurs rouges. Grand arbrisseau des montagnes de la Caroline et de la Géorgie, dont les fleurs sont d’un rouge obscur, en longues grappes.

P. macrostachya DC. — Le pavier nain. Des mêmes régions que les précédents, ne dépassant guère 4 à 5 mètres de taille. Ses fleurs sont blanches, en thyrses très allongés, et elles produisent des petits marrons dont la pulpe est assez douce pour être mangée cuite ou même crue.

P. californica Torr. — Le pavier de Californie. C’est le plus beau du genre et il deviendra peut-être l’espèce la plus utile de tout le groupe des Hippocastanées. C’est un arbre de 8 à 10 mètres sous nos climats, mais qui devient beaucoup plus grand en Californie, son pays natal. Il forme une large tête touflue, arrondie, qui se couvre de fleurs blanches au printemps et attire des légions d’abeilles. A part sa beauté comme arbre décoratif, il y a à considérer qu’il pourrait rendre d'importants services aux agriculteurs par ses graines, riches en fécule, très nourrissantes et beaucoup moins amères que celles du marronnier d'Inde, qui sont cependant utilisées pour la nourriture des bestiaux. L'arbre produit ces graines en grande abondance; elles tombent d’elles-mêmes à terre, où on n’a que la peine de les ramasser. Leur volume est presque le double de celui du marron d'Inde ordinaire, et elles ont si peu d’amertume qu’un homme pourrait à la rigueur les faire entrer dans son alimentation après les avoir fait cuire. On ne peut pas douter que ces graines ne puissent être très utilement employées à la nourriture des bestiaux et des volailles. C’est un nouveau point de vue à ajouter au mérite décoratif de pavier de Californie.

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PEIRESKIA. — Genre de Cactées anomales qui se distinguent de toutes les autres par la présence de véritables feuilles. A part le caractère qui, au premier abord, dissimule leur véritable nature, les Peireskia ne différent par rien d’essentiel des autres cactées. Ce sont des arbrisseaux à tiges cylindriques armées d’épines autour de l'insertion des feuilles, et dont les fleurs ont toute la structure de celles des Opuntias, des Mamillarias et autres cactées. Leurs fruits

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sont des petites baies comestibles. Tous les Peireskias sont de l’Amérique du Sud et des Antilles; néanmoins, on peut les cultiver à l'air libre dans les parties les plus chaudes du midi de l'Europe. Tels sont les suivants :

P. aculeata Mizz.— Des Antilles, où il porte le nom de groseille des Barbades, Barbadoes gooseberry des Anglais. C’est un peut arbre de forme buissonnante, propre à faire des haies défensives. Ses baies se récoltent et figurent sur les tables, et ses feuilles peuvent se manger en salade.

P. grandifiora DG.— Du Brésil, arbrisseau de # à à mètres, que ses belles fleurs roses ont fait introduire dans l’horticulture d’agrément. Il est de serre chaude en France.

Le P. portulacæfolia Haw., des Antilles, est presque un arbre par sa haute taille; le P. Bleo, un des plus beaux du genre, ne peut guère être cultivé en Europe que dans les serres chaudes.

PELARGONIUM.—Genre de Géraniacées, la plupart de PAfrique australe et dont on connaît aujourd’hui plus de 500 espèces. Les pélargoniums diffèrent des géraniums proprement dits en ce qu'ils ont la corolle irrégulière et quelquefois incomplète, tandis qu’elle est parfaitement régulière dans ce dernier genre. Ce sont, suivant les espèces, des herbes vivaces ou des sous-arbrisseaux. Quelquesuns sont utilisés en parfumerie ; un plus grand nombre dans l’horticulture d'agrément. Tels sont les suivants :

P. capitatum AITON. — Géranium rosat. Espèce buissonnante, haute de 1 mètre environ, à feuilles crépues et à fleurs roses, en ombelles. Il est fréquemment cultivé comme plante d'agrément, mais bien davantage pour le parfum de ses feuilles, qui rappelle l'odeur de la rose de Provins, et dont la parfumerie tire parti, quelquefois pour falsifier l'essence de rose proprement dite. Les feuilles de cet arbuste sont l’objet d'un commerce assez important en Provence et en Algérie, où le village de Chéragas s’est fait une spécialité de la culture de cette espèce, qui est originaire de la colonie du Cap.

P. odoratissimum AtroN. — De l'Afrique méridionale, où on le cultive comme plante à essence. Par la brièveté de sa tige, c’est presque une herbe. Ses feuilles molles et arrondies sont richement parfumées, et il suffit de les toucher pour qu’elles communiquent aux doigts une odeur de rose prononcée.

P. inquinans AITON. — De l’île Sainte-Hélène. Cette espèce est frutescente, même sarmenteuse là où elle peut croître en pleine terre sous un climat favorable, et elle s’y élève à 4 ou 5 mètres si elle est soutenue par un treillis. Ses feuilles un peu glutineuses laissent aux doigts qui les manient une odeur peu agréable; en revanche, c’est une belle plante d'ornement par ses corymbes de fleurs rouge de sang. Elle a donné un grand nombre de variétés, qui diffèrent les unes des autres par la grandeur et le coloris de leurs fleurs.

P. sonale AITON. = Assez analogue au précédent, mais avec des

fleurs d’un rouge moins intense. Croisé avec lui, il a donné nais-

va a ht RU ERA, « FO 7, Te VAS ‘ left: fgé & s- rS ; À 398 ÉNUMÉRATION DES PLANTES

sance à diverses variétés hybrides également recherchées dans le jardinage d'agrément. Le nom de l'espèce lui vient d’une zone ou cercle de couleur fauve ou brune sur ses feuilles, caractère qui se retrouve d’ailleurs dans d’autres espèces du genre.

P. grandifiorum DC. — De toutes les espèces du genre c’est celui qui l'emporte de beaucoup sur toutes les autres par la beauté de ses fleurs, leur abondance, leur grandeur et la beauté de leur coloris. La teinte normale est le rose, mais elle peut s’affaiblir jusqu’au blane pur, ou se relever par des macules rouges ou pourpre plus ou moins foncé. La plante elle-même est un sous-arbuste de 030 à 050 de hauteur, d’une belle forme, à grandes feuilles plus ou moins velues. La culture en a tiré un très grand nombre de variétés, devenues pour les amateurs ce qu’on appelle des plantes de collection, et qui entretiennent un commerce d’une certaine importance en horticulture. Pour les personnes intéressées nous renverrons aux traités spéciaux qui traitent en détail de la culture de cette espèce, comme de celle des précédentes. Plusieurs autres pélargoniums (P. triste, tricolor, quinque-vulnerum, etc.) ont été également introduits dans les jardins étoile

PELTOPHORUM Zinnoi BexTH.; C'æsalpinia brasiliensis L. — Du groupe des Légumineuses-Césalpiniées. Arbre du Brésil, dont le bois est exploité par le commerce sous le nom de Brastletto, pour la matière tinctoriale de couleur orangée qu’il contient. Cet arbre aime les terres calcaires sèches et s’accommode du climat tempéré-chaud de la Caroline. Il réussirait vraisemblablement dans le midi de l’Europe et le nord de l'Afrique.

PENNISETUM. — Genre de Graminées cultivées dans les pays chauds, les unes comme fourragères, les autres comme céréales. Les trois suivantes plus particulièrement se recommandent à l’attention des cultivateurs :

P. latifolium SPRENG. — Forte plante vivace de l'Amérique du Sud extratropicale, produisant un fourrage abondant et nutriüf. Sa croissance est rapide, et elle se multiplie avec une égale facilité par drageonnement de ses racines.

P. longistylum Hocasr.— D’Abyssinie. Superbe plante, formant de fortes toufles, et très recommandée pour la composition des prairies permanentes. Elle réussit, comme beaucoup d’autres graminées exotiques, dans l’Australie méridionale, où elle a été introduite par M. le baron Ferd. von Müller.

P. typhoideum Ricn.; Penicillaria spicata Wirzo.; Panicum cæruleum Mizz. — Le Bajree de l'Inde. De l’Asie tropicale, de la Nubie et de l'Egypte. C’est une céréale annuelle, qui mûrit son grain dans l’espace de trois mois. Ses grosses liges atteignent la hauteur de 1"50 à 3 mètres et ses panicules 0"50 de longueur. Un seul pied produit quelquefois, mais exceptionnellement, jusqu’à 15 panicules, dont une seule peut contenir 2,000 grains. Après le riz, cette graminée est, avec le sorgho, celle qu’on cultive le plus dans l’Inde, à cause de larichesse de son produit, qui dépasse souvent 100 pour 1,

mais il lui fautune bonne terre, non sujette à se dessécher. Sa paille, quoique séchant avec une certaine difficulté, fournit cependant un fourrage de valeur, soit en vert, soit en sec. Dans les très bonnes terres, en six ou sept semaines la plante, ayant ? mètres de hauteur, fournit une première coupe, qu’on évalue à 30 tonnes de fourrage vert par acre, et à 6 tonnes 1/2 de fo desséché. Six ou sept semaines plus tard, une nouvelle coupe donne 55 tonnes d'herbe verte sur le même espace de terrain, la plante ayant alors 3 mètres de haut. On peut encore faire une troisième coupe avant la fin de la saison. Cette belle graminée est cultivée dans le sud des Etats-Unis avec un certain succès. Une espèce voisine, le P. cereale de la Chine, est pareïllement cultivée comme fourrage et comme céréale.

PENTZIA oirgata LESSING. — Sous-arbuste de l'Afrique australe, appartenant à la famille des Composées, très utile dans les déserts arides de cette région pour la nourriture des moutons. Une particularité intéressante de cette composée est que ses branches, dès qu’elles viennent à toucher le sol, s’y enracinent et la propagent avec rapidité. Peu de plantes sont plus propres à recouvrir les terrains négligés par la culture régulière, et par là à leur donner une cerlaine valeur pour l’agriculture pastorale. Plusieurs autres espèces du même genre habitent cette partie de l'Afrique.

PERILLA arquta BENTH. — Labiée annuelle du Japon, dont linfusion sert à colorer en rouge foncé leslégumes et autres mets servis sur les tables. On tire aussi de l'huile de ses graines, ainsi que de celles du P. ocimoides, du nord de l’Inde.

On cultive dans les jardins d'agrément de presque toute l'Europe le Perilla de Nankin (P. nankinensis De), plante annuelle, pour la coloration pourpre de ses feuilles, qui varie d’ailleurs, suivant les individus, du rose au pourpre noir, souvent avec des macules jaunes. La plante est curieuse sous ce rapport et très ornementale, quoique ses fleurs soient insignifiantes.

PERSEA. — Genre de Laurinées, qui diffère peu des lauriers proprement dits. Deux espèces sont particulièrement intéressantes :

P. gratissima GÆRTIN. — L’avocatier des Antilles; lAguacate des Espagnols de l'Amérique. Ce bel arbre, originaire du Mexique, du Pérou et du Brésil, est aujourd’hui cultivé dans beaucoup de pays chauds pour ses fruits, qui ont la grosseur et la forme d’une poire, et dont la chair fondante paraît fort agréable à ceux qui y sont habitués. Quoique originaire de contrées intratropicales, l’avocatier est assez rustique pour mürir ses fruits à Madère, aux Canaries et même aux Acores. Il réussit de même en Algérie, où cependant sa culture n’a pas pris d'extension. La graine unique renfermée dans le fruit est comparativement très grosse, et elle contient 8 pour 100 de son poids d’une huile verdâtre.

P. Teneriffæ Ferd. von Muzzer.; P. indica SPRENG. —- Arbre superbe de Madère, des Canaries et des Açores, très recommandable pour la décoration des paysages méridionaux, et plus encore

pour la beauté et la solidité de son bois, qui rappelle lacajou par ses teintes; aussi est-il fort recherché pour la confection des meubles et des ouvrages de tour. À ces avantages le laurier de Ténériffe joint celui d’être presque aussi rustique que le laurier commun.

PERSICA oulgaris DC. ; Amygdalus Persica L. — Pêcher. De la famille des Rosacées-Amygdalées. Arbrisseau très analogue à l’amandier, mais toujours moins grand. Il en diffère par son feuillage plus long et surtout par ses fruits, dont le noyau est entouré d’une pulpe charnue, succulente, plus où moins sucrée ou acide, suivant les variétés. On croit cet arbre originaire de la Perse, ce qui lui a valu son nom.

Nous n’apprendrons rien aux lecteurs en rappelant ici que la pêche est un des fruits les plus exquis des pays tempérés, et que sa culture a atteint, en France surtout, un haut degré de perfection. La réputation des pêches de Montreuil, près Paris, est universelle, et leur culture une opération lucrative.

Le pêcher a produit un grand nombre de variétés, qui se divisent en deux sections principales, les pêches duveteuses et les pêches lisses où brugnons, subdivisées elles-mêmes en sous-variétés fondées sur la couleur, la consistance de la chair, son adhérence au noyau, ete. Enfin il y a aussi des pêchers à fleurs doubles, qui ne sont que des arbrisseaux d'ornement. En parlant d’un arbre si généralement cultivé et d’une si haute importance en horticulture fruitière, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux traités spéciaux. Les pêches Amsden et Alexander sont deux belles variétés nouvelles d'Amérique, remarquables et précoces.

PEUCEDANUM. — Genre d'Ombellifères, indigènes de l’Europe et de l'Asie centrale, vivaces, annuelles ou bisannuelles, utilisées par l’agriculture et la médecine. Telles sont les suivantes :

P. graveolens BENTH.; Anethum graveolens L. — L’Anet. Du midi de l'Europe et de l'Orient. Cultivé en divers lieux pour ses graines aromatiques, usitées comme condiment. Le P. Sowa, ou Anethum Sowa,rend les mêmes services dans l’Inde.

P. officinale L. —- Des mêmes pays que le précédent. Plante vivace dont la racine est employée dans la médecine vétérinaire. Elle doit ses propriétés curatives à un alcaloïde, qui est la peucédanine, qu'on retrouve d’ailleurs dans d’autres espèces du genre.

P. Ostruthium Kocu.; Imperatoria Ostruthium L.— Des hautes montagnes de l’Europe. Sa racine aromatique et acide est utilisée en médecine, surtout en médecine vétérinaire, et de plus elle entre dans la préparation de certaines qualités de fromages fabriqués en Suisse. Les P. Ceroaria Guss. et PL. oreoselinum MoExcx, sont pareillement utilisés en médecine.

P. satioum BENTH.; Pastinaca satioa L. — Panais commun. De l’Europe centrale et de l'Asie. Plante bisannuelle bien connue par les usages culinaires de sa racine, qui est un excellent légume, et qui tient aussi une place importante dans l’alimentation des bestiaux. On en distingue deux variétés principales, le panais ordinaire à ra-

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cine longue et de la forme d’une carotte, etle panais rond, qui Pa courte et renflée. Le panais ne réussit nulle part mieux que dans les bonnes terres profondes et fraîches, surtout si elles sont un peu calcaires et profondément remuées. En Bretagne il est cultivé sur une grande échelle pour la nourriture des animaux de ferme, surtout des bœuls et des vaches, auxquels il convient mieux que la carotte. C’est une plante rustique, dont la racine restée en terre n’a rien à craindre des plus fortes gelées.

Le P. Sekakul BENTH., ou panais de Syrie, produit aussi une racine comestible, et le P. cachrydifolium LEepeBour, de Perse, est surtout utilisé pour la nourriture des animaux.

PEUMUS Zoldu Mozixa. — Le boldo du Chili. Arbrisseau du groupe des Laurinées, à feuilles persistantes, dont le bois excessivement dur est employé à divers ouvrages de tour et de tabletterie. Son écorce contient une matière tinctoriale qui est utilisée, et ses fruits, aromatiques et sucrés, sont comestibles.

PEZIZA. — Genre de Champignons, dont quelques espèces sont comestibles. Les plus usuelles sont les P. macropus Pers. et P. repanda W AxL., qui se vendent sur les marchés en Allemagne et ailleurs.

PHALARIS. — Genre de Graminées, la plupart indigènes de la région méditerranéenne et des îles voisines de l’océan Atlantique. Toutes sont fourragères, et quelques-unes sont cultivées pour leurs graines. Telles sont les suivantes :

PH. arundinacea L. — Phalaris roseau. Plante vivace indigène de l’Europe, rarement cultivée comme fourragère à cause de la dureté de ses feuilles lorsqu'elle a pris tout son développement, mais qui est mangée volontiers par le bétail lorsqu'elle est plus jeune et plus tendre. Quoiqu’elle préfère les terrains humides, même imbibés d’eau, elle réussit cependant sur les terres sèches et sablonneuses dont peu d’autres plantes s’accommoderaient. Une variété, dont les feuilles sont rubanées de blanc, est cultivée dans les jardins d’agrément sous le nom de petit roseau panaché.

PH. canariensis L.— Alpiste, graine d'oiseau. Espèce annuelle, originaire des Canaries, mais aujourd’hui naturalisée dans toute la région méditerranéenne, en Asie et même en Australie. C’est la plus importante du genre, car elle prend rang parmi les céréales, au moins dans une certaine mesure, puisque sa farine est alimentaire dans plusieurs pays sous forme de galettes et en potages. On en fait aussi une sorte d’empois utilisé dans le tissage des étoffes de coton. Toutefois le but principal de la culture de Palpiste est d’en récolter les graines pour la nourriture des oiseaux de volière, sans préjudice de l’emploi de sa paille, qui entre avantageusement dans le régime des bestiaux et des chevaux. L’alpiste est une plante épuisante qui ne donne un bon produit que sur les terres bien remuées et convenablement fumées.

D'autres espèces pourraient encore trouver place dans l’agricul-

ture des pays tempérés, quoique secondaires relativement aux précédentes. Ce serait en particulier le cas des P. brachystachys et minor du midi de l'Europe, de cette dernière particulièrement, dont les cultivateurs de la Nouvelle-Zélande ont réussi à faire une de leurs meilleures plantes fourragères.

PHARNACEUM «cidum Hook. — Petite plante vivace, succulente, à feuilles acidules, de l’île de Sainte-Hélène. Elle pourrait être naturalisée près des bords de la mer et fournir des feuilles pour les salades et autres mets. Elle appartient, comme le pourpier, dont elle a toutes les propriétés, à la famille des Portulacées.

PHASEOLUS. — Haricot. Genre de Légumineuses annuelles ou vivaces par leurs racines, mais à tiges herbacées, et dont plusieurs espèces sont devenues des légumes de premier ordre. Ce genre est très voisin de celui des dolics, dont les tiges volubiles sont ordinairement ligneuses et de longue durée. De même que ces derniers tous les haricots sont originaires de climats chauds, mais les espèces annuelles peuvent être cultivées très loin vers le nord. Les vrais haricots sont américains; ceux de l’ancien continent n’appartiennent qu'imparfaitement au même genre, quoique on les y réunisse pour éviter une nomenclature trop compliquée.

PH. coccineus L.— Le haricotrouge, Scarlet runner des Anglais. Du Mexique et de l'Amérique centrale. Plante vivace par sa racine un peu tuberculeuse, à longues tiges volubiles, admise dans les jardins d'agrément pour la beauté de ses grappes de fleurs rouge écarlate. Ses grains sont d’ailleurs comestibles, surtout ceux d’une de ses variétés à fleurs toutes blanches, et ils sont beaucoup plus gros que ceux des haricots ordinaires. Cependant, au point de vue de la culture maraîchère, le haricot rouge a beaucoup moins d’importance que la plupart des variétés de ce dernier, parce qu’il demande plus de chaleur et une chaleur plus soutenue, et aussi parce que la graine en est comparativement de qualité inférieure. Comme compensation à ce double défaut, il est très productif sous un climat méridional, et il dure plusieurs années sur le même terrain. Sa racine passe pour vénéneuse et ses graines pour être de difficile digestion.

PH. lunatus L. — Le haricot de Lima. De l'Amérique intratropicale, et cultivé aujourd’hui dans tous les pays chauds de la terre pour ses graines comestibles. Sa culture a été souvent essayée en France, mais toujours abandonnée, parce qu’elle est plus difficile que celle du haricot proprement dit et beaucoup moins productive.

PH. Max L.; Ph. Mungo et Ph. radiatus L. — Green gram des Anglais de l’Inde. Annuel, un peu grimpant, très largement cultivé dans l’Inde, là où la récolte de riz vient à manquer ou n’est pas possible. Il y est fort estimé et consommé par toutes les classes de la population. Il est d’ailleurs très productif, et son rendement est estimé à trente fois la semence; d’un autre côté sa culture n’occupe guère le terrain que pendant deux ou trois mois. C’est donc un légume avantageux pour un climat chaud et dont les étés sont

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humides. On l’a plus d’une fois essayé en France; mais, même dans le Midi, son produit est précaire et, dans tous les cas, inférieur à celui du haricot commun dont nous allons parler.

PH. oulgaris L.— Le haricot proprement dit, originaire de lAmérique intratropicale, où il était cultivé d’ancienne date par les indigènes. Son introduction en Europe remonte aux premiers temps de la découverte du nouveau monde. Il est annuel et on en compte aujourd'hui plus de cent variétés, qui diffèrent les unes des autres par la longueur de la tige, tantôt courte et dressée, tantôt allongée et volubile, par la grosseur et la couleur des graines et par leur qualité. La rapidité de son développement fait qu’on le cultive dans tous les pays de la terre où lé climat est tempéré ou tempéré-chaud, et il n’est pas moins répandu dans les contrées intratropicales. Son grain est l’objet d’un commerce considérable, et ses qualités nutritives en font presque l’égal de la viande, aussi entre-t-il pour une très large part dans l’alimentation des peuples, surtout dans le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique.

Le haricot se consomme également à l’état sec et en vert, c’està-dire avec la gousse encore à l’état herbacé. Sous cette dernière forme on en fait des conserves, qui sont d’une grande utilité pour les ménages pendant l'hiver et pour la marine dans les voyages de long cours. Toutes les variétés n’y sont pas également propres; celles qu’on préfère pour ce dernier usage sont les haricots beurre, ou haricots mange-tout, dont la gousse est tendre, épaisse et non filandreuse, même aux approches de la maturité, quand le grain a acquis toute sa grosseur. Les haricots à tige courte, ou haricots nains, sont plus précoces que les haricots à tige volubile ou Aaricots à rames, mais moins productifs; ce sont d’ailleurs les seuls que l’on soumette à la culture forcée, sur couche et sous châssis, pour en obtenir des haricots verts de primeur. On en récolte même en hiver par ce procédé artificiel. Chaque pays a sa variété préférée de haricots. On en cultive plus de trente en France, tant des races naines que des races à tiges volubiles. Ne pouvant entrer dans le détail des caractères de ces diverses variétés et de leur emploi dans le jardinage, nous renverrons les lecteurs aux ouvrages qui traitent spécialement de ces excellents légumes.

Outre ces espèces classiques de haricots il convient encore de citer les suivantes, moins généralement cultivées, mais néanmoins fort utiles dans certaines localités. Telles sont le Ph. aconitifolius JacQ., des parties élevées de l’Inde, espèce naine qui réussit passablement dans les sols arides; le Ph. trilobus ArToN, des mêmes lieux et encore plus endurant de la sécheresse; le Ph. adenanthus Meyer ( Ph. rostratus WaLzicH), presque cosmopolite entre les tropiques dans l’ancien et le nouveau monde, et qui paraît même spontané en Australie. Il est vivace par sa racine tuberculeuse, qu’on dit comestible; toutefois on le cultive surtout pour ses graines, relativement très petites, mais qu’il produit en grande quantité. Le Ph. derasus SHRANK est particulier au Brésil, où on le cultive sur une grande échelle. Plusieurs autres espèces, encore assez mal connues, existent en Amérique, principalement dans les ré-

gions montagneuses de l'Amérique centrale et du Mexique; presque toutes sont vivaces par des tubercules. On ne sait encore quels services elles pourront rendre, non plus que beaucoup d’autres espèces de genres voisins, particulières à la Chine, au Japon, aux îles de la Sonde, à Madagascar, etc.

PHILLYREA. — Filaria. Arbrisseaux ou pelits arbres du midi de l’Europe et du nord de l'Afrique, de la famille des Oléacées, croissant dans les sols les plus arides et les plus rocailleux, où ils contribuent à former les grandes broussailles désignées sous les noms de garriques et de maquis. On en distingue trois espèces, quise rattachent l’une à l’autre par de nombreuses variétés intermédiaires. Ce sont des PA. latifolia L., à feuilles ovales, angustifolia L., à | feuilles étroites ou lancéolées, et media L., qui tient le milieu entre les deux précédentes. Toutes ces espèces, ou variétés, ont les feuilles coriaces et persistantes, et leur bois n’est guère utilisé que comme combustible, mais elles rendent des services d’un autre genre, et non moins importants, en protégeant les sols en pente contre les ravinements. On les emploie encore à la confection de grandes haies, dont la durée est fort longue. Ce sont aussi des arbrisseaux d’ornement pour les parcs et les jardins.

PHLEUM pratense L. — Fléole, timothy des Anglais. Graminée | vivace, indigène d’une grande partie de l’Europe, de l'Asie et du nord de l'Afrique. C’est un des fourrages les plus estimés, aussi fait-il le | fond des prairies permanentes dans la plupart des pays à bestiaux. Onle mêle souvent à d’autres graminées, mais comme il est un peu tardif on ne doit l’associer qu’à des espèces dont la végétation marche à peu près d'accord avec la sienne, telles que les agrostides et la fétuque des prés. Il réussit sur presque toutes les terres, même sur les terres très sablonneuses, néanmoins il préfère celles qui sont argileuses, un peu fortes et moyennement humides. Il donne un plein produit dès la seconde année, et, sous ce rapport, il Pemporte sur le vulpin (A/opecurus pratensis), qui est beaucoup plus lent à se former, et dont le foin sèche moins vite. En revanche il est un peu plus gros et plus dur, ce qui d’ailleurs ne nuit pas à ses qualités nutritives. Le docteur Curl a remarqué qu’à la Nouvelle- Ztlande beaucoup de fourrages (graminées, trèfle, etc.) donnés en vert aux moutons, dans les premiers jours du printemps, leur occa- | sionnent de la diarrhée, ce qui n’a pas lieu avec la fléole.

PHŒNIX. — Genre de palmiers dioïques, propres à l’ancien continent et répandus des parties méridionales de l’Asie à l'Afrique occidentale, en dedans et en dehors des tropiques. La plupart des espèces en sont caulescentes; quelques-unes même deviennent de grands arbres, mais il en est aussi qui restent acaules ou élèvent à peine leur stipe au-dessus du sol. Leurs feuilles, ou palmes, sont pennées, et les divisions qui les composent sont pliées en gouttière, dont l’ouverture est en dessus, et non point en dessous comme dans d’autres palmiers.

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Le nombre des espèces du genre n’est pas exactement connu, ce qui tient principalement à leur grande variabilité, mais toutes sont intéressantes à quelque point de vue, quelques-unes comme plantes industrielles, toutes comme plantes de haut ornement, surtout les espèces de grande taille, et à ce titre fort recherchées par l’horticulture européenne.

PH. dactylifera L. — Le dattier. De tous les palmiers c’est incontestablement le plus célèbre, le plus utile et un des plus beaux, on peut ajouter encore un de ceux qui s’avancent le plus loin en dehors des tropiques. L'origine de sa culture se perd dans la nuit des temps, car il est mêlé aux légendes orientales les plus anciennes.On ne sait même pas de quel pays il est primitivement sorti; les uns le disent de l'Inde, les autres de l'Arabie, mais on ne l’a (rouvé nulle part à l’état sauvage. Par le fait de la culture et de sa propagation au loin il a donné naissance à un nombre immense de variétés. On pourrait presque dire sans métaphore que le dattier est un arbre arüficiel ; car, abandonné à lui-même et oublié des hommes, il revêt une toute autre figure que la forme élancée et majestueuse sous laquelle nous le connaissons, et il reste stérile. À peine est-il besoin de rappeler que ce qui fait sa grande valeur agricole ce sont ses fruits exquis, les dattes, qui non seulement nourrissent des populations entières, mais sont en outre l’objet d’un vaste commerce. Sans le dattier, les oasis du Sahara se dépeupleraient et le désert s’étendrait tout d’une pièce du pays des nègres aux montagnes atlantiques.

Tant à cause de sa rusticité relative qu'à cause de sa beauté, le dattier est devenu commun dans presque tout le midi méditerranéen de l’Europe. Il abonde surtout dans la Basse-Provence, où 1l est le principal ornement des parcs, des jardins et souvent même des habitations rurales les plus modestes. On le plante en avenues sur les boulevards des villes, et sur les places publiques il remplace assez souvent les arbres à feuilles caduques d’autrefois. Son rôle, comme arbre décoratif, est considérable, tout en restant bien audessous de celui qu’il remplit comme arbre fruitier.

Le dattier endure, sans en souffrir sensiblement, des froids de 8 à 10 degrés au-dessous de zéro, pourvu que ces froids ne durent que quelques heures et ne se répètent pas trop souvent; mais il ne donne des fruits mangeables que dans les pays où la température moyenne des trois mois d'été est au minimum de 25 degrés centigrades, et encore faut-il que les arbres aient été fécondés artificiellement. Ni en Provence, ni même dans le nord de l'Algérie, les dattes ne mürissent; elles n’acquièrent une valeur commerciale que dans le Sahara, où les arbres sont copieusement arrosés à l’aide de sources jaillissantes. Il n’y a qu’un seul point de l'Europe où le dattier soit cultivé pour ses fruits : c’est en Espagne, à KElche, près d’Alicante, où, par suite d’une heureuse disposition topographique, on retrouve un chmat local assez analogue à celui du Sahara. L’oasis d’Elche, dont la plantation remonte à l’époque de la domination des Maures en Espagne, compte environ 100,000 dattiers. Hâtons-nous d’ajouter que les dattes espagnoles sont loin de valoir celles des oasis de l'Afrique. Elles appartiennent d’ailleurs aux variétés à chair dure et

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croquante, beaucoup moins riches en sucre que les variétés à chair molle, qui tiennent le premier rang dans le commerce, et s’exportent dans le monde entier.

Peut-être cependant ne serait-il pas impossible de récolter des dattes mangeables au nord de la Méditerranée, là où, par suite d’une orientation particulièrement favorable, la chaleur du soleil se concentre et dure longtemps, mais encore faudrait-il s'adresser aux races de dattiers les plus précoces. Il y a en effet de grandes différences entre les diverses races sous le point de vue de l’époque de maturité, différences qui vont jusqu’à trois mois. On connaît des dattiers qui mûrissent leurs fruits dès le mois de septembre; d’autres seulement en octobre, novembre ou même décembre. Il faut en outre remarquer qu’on ne peut pas compter sur les semis pour obtenirune race quelconque dedattier; les Arabes ont toujours soin, pour conserver celles qu’ils possèdent, de ne les propager que par la plantation des jets que les arbres produisent autour de leur pied, en d’autres termes par un véritable bouturage. Si donc on voulait tenter l'expérience de la culture du dattier, en vue de la production des fruits, dans des pays moins chauds que le nord de l’Afrique, il faudrait se procurer de jeunes sujets enracinés des races reconnues pour les plus précoces. Cette tentative, d’ailleurs, n’aurait aucune chance de succès dans les pays, même très chauds, où l'été est pluvieux et l’atmosphère constamment humide. Autant le dattier aime les arrosages autour de ses racines, autant il craint le ciel habituellement voilé et les pluies de longue durée. Toute sa culture se résume dans ce dicton arabe : le pied dans l’eau, la tête dans le feu.

La taille à laquelle parvient le dattier varie suivant les climats, la fertilité du sol et la somme des arrosages, qui doit être proportionnée à la chaleur. Dans de très bonnes conditions il s’élève à 18 ou 20 mètres et sa tige, dépouillée des feuilles vieillies, peut attendre à 2 mètres de circonférence. Le plus souvent, cependant, par quelque défectuosité de la culture, le dattier n’atteint pas ces belles proportions. La floraison arrive communément en avril ; mais, suivant les lieux et les autres circonstances, elle peut être avancée ou retardée d’un mois. Pour opérer la fécondation les Arabes introduisent dans les spathes des dattiers femelles des rameaux d’inflorescences mâles dont le pollen arrive à maturité, et cela à plusieurs reprises sur le même arbre. Un seul dattier mâle suffit pour la fécondation d’une vingtaine de pieds femelles, et même davantage.

PH. canariensis HorT.; Ph. Jubæ WE8B8.— Palmier colossal des îles Canaries, longtemps confondu avec le dattier de l'Afrique, mais reconnu aujourd’hui pour en être fort distinct. Il en diffère par un stipe beaucoup plus volumineux, des palmes du double plus grandes, d’une verdure très vive et dont le pétiole ou rachis est très élargi à son insertion sur le stipe; il en diffère encore par ses fruits plus petits que les dattes, de forme arrondie, à pulpe filandreuse, presque sans suc et non comestibles. Introduit en Provence vers le milieu du siècle, ce majestueux palmier s’y est montré parfaitement rustique dans la zone de l’oranger; il y fleurit et donne des graines fertiles qui servent à le multiplier. 11 semble même capable de se

croiser avec le dattier et de produire par là des formes hybrides, intermédiaires entre les deux espèces. C’est incontestablement le plus beau palmier d'ornement qui existe aujourd’hui en Europe.

PH. /Zanceana NDoN. — Palmier de la Chine méridionale, dont le stipe ne s'élève guère à plus de 1 mètre, qui a fait ses preuves de rusticité dans le midi de la France, où on l’a vu une fois enterré sous un mètre de neige pendant plusieurs jours sans qu’il en ait souffert. Ses palmes, d’un vert grisâtre, sont très semblables à celles du dattier, mais de moitié plus courtes. Son pollen est abondant et très blanc. L'arbre femelle est encore inconnu en France.

PH. pusilla Marr. — Du nord de l'Inde et du midi de la Chine. Espèce naine et probablement même à souche enterrée, produisant des baies noires, analogues à de petites dattes, et dont la chair peu épaisse, mais sucrée, pourrait devenir comestible par une bonne culture. Il est rare dans les collections d'amateurs, mais suffisamment rustique pour passer l’hiver dans le midi de la France.

PH. reclinata MarT.— Du sud de l'Afrique extratropicale, surtout orientale. C’est un arbre peu élevé, souvent incliné obliquement, et très peu connu. On dit que ses fruits sont comestibles. Sa rusticité dans le midi de la France est probable.

PH. sylvestris RoxBG. — De presque toutes les parties de l'Inde, au nord comme au sud, croissant dans tous les sols et rustique dans tous les pays de climat tempéré-chaud où il a été introduit. Il ressemble beaucoup au dattier, mais sous de moindres proportions, et il donne des dattes légèrement sucrées qui ont trop peu de chair pour être comestibles. Son principal produit est la sève sucrée qu’on en retire par incision, et dont on fait du sucre cristallisable et une sorte d’eau-de-vie bien connue sous le nom d’arrack.On estime qu’un arbre adulte donne en moyenne, chaque année, 4 kilogrammes de sucre, quelquefois davantage. La récolte annuelle de ce sucre, dans le Bengale seulement, est évaluée à 50,000 tonnes par an, ce qui montre que ce palmier a une certaine importance agricole, d'autant plus qu’il réussit dans des terres plus sèches que celles qui conviennent aux autres palmiers de l’Inde. Il ne serait pas impossible que ce dattier sauvage fût la souche première du dattier d'Arabie proprement dit.

PH. spinosa THonx. — De l'Afrique intratropicale, mais s’élevant assez haut sur les montagnes pour faire supposer qu'il serait rustique dans le midide l’Europe. Le docteur Kirk rapporte qu'ayant plongé dans l’eau, pendant une demi-journée, un régime de fruits encore verts, les vit tourner au rouge et leur pulpe astringente devenir sucrée et comestible.

On trouve dans quelques jardins dela Provence maritime un Phœniæ qui y porte le nom de Ph. spinosa, et qui est peut-être celui dont il vient d’être question, ce que nous n’oserions assurer. Sa verdure est très vive, et nous l’avons vu fleurir et fructifier sous une taille beaucoup moindre que celle du dattier commun, dont il n’a pas la rusticité, car il est endommagé dans ses feuilles par des froids de 4 à 5 degrés centigrades.

Plusieurs autres espèces du genre existent encore, mais il est

difficile, dans l’état actuel de nos connaissances, d’en préciser les caractères. Une des plus intéressantes est le PA. farinifera Manr., dont le tronc court et massif contient une forte proportion de fécule, qu'on en extrait pour en faire une sorte de pain et des potages.

PHORMIUM {enax Forsr.— Lin de la Nouvelle-Zélande. Grande Lilacée vivace par ses rhizomes, qui produisent chaque année des feuilles rubanées de { à 3 mètres de longueur, sur 5 à 8 centimètres de largeur, lisses, coriaces, contenant une grande quantité de fibres tellement tenaces que la force d’un homme suffit à peine pour rompre une de ces feuilles, quoiqu’elles soient facilement divisibles en lanières dans le sens longitudinal. En conséquence le Phormium prendrait rang parmi les plantes textiles de premier ordre si on parvenait à débarrasser sa fibre d’une matière gommeuse qui en rend l'extraction difficile et qui en abrège la durée. Cependant les indigènes de la Nouvelle-Zélande parviennent, à l’aide de procédés simplement mécaniques, mais qui exigent beaucoup de patience, à confectionner avec ces fibres des tissus d’une certaine finesse. Les colons européens se contentent d'en fabriquer des cordages et de Ja pâte à papier qui s’exporte en Europe. Le papier ainsi obtenu est très blanc et d’une grande force.

Le Phormium est commun dans toutes les parties de la Nouvelle- Zélande, où il semble presque indifférent à la nature des sols et aux diverses expositions. On le retrouve aux îles Chatam, Norfolk, Lord Howe, et jusqu'aux îles Auckland, presque sous le 51° degré de latitude australe.

Introduit en Europe dès le siècle dernier, il s’est montré rustique dans tout le midi de la France, dans la région océanique jusqu’en Bretagne et même dans le sud-ouest de l'Angleterre. Ce sera donc une plante acquise à la culture industrielle quand on se sera décidé à lui donner une attention sérieuse. Jusqu'ici on ne l’a considéré que comme une plante d'agrément, propre à former des massifs sur les pelouses des parcs ou à orner le bord des ruisseaux et des lacs arüficiels. Il fleurit et mürit ses graines en France, mais on ne le multiplie guère que par division des rhizomes.

A la Nouvelle-Zélande on reconnaît trois variétés principales de Phormium : le {éhore et le lin de montagne, qui donnent la fibre la plus belle et la plus souple, et dont les feuilles ne dépassent guère 160 en longueur, et le lin des marais, chez lequel elles atteignent jusqu’à 3 mètres, mais dont la fibre plus grossière ne sert qu’à la corderie et à la préparation de la pâte à papier. Il y a en outre quelques variétés naines, dont une, connue sous le nom de Ph. Colensoi, a été récemment introduite en Angleterre. Toutes ces races et variétés mériteraient un examen attentif de la part des industriels et des acclimateurs.

D’après nos propres observations, en France et ailleurs, le Phormium s’accommode de tous les terrains, sauf de ceux qui sont absolument secs et arides, cependant il préfère ceux qui sont profonds, fertiles et frais. Les irrigations lui sont favorables, pourvu que l’eau ne reste pas stagnante dans le sol. Il ne paraît même pas craindre

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l'eau légérement saumâtre. Si on essayait de le cultiver dans des terrains marécageux, il faudrait les drainer à l’aide de tranchées pour en écouler l’eau surabondante.

Outre leur produit en feuilles utilisables les plantations de Phormium rendraient d’autres services. Le feu n’a aucune prise sur lui, et on conçoit que, planté en lignes de quelques mètres d'épaisseur à travers et autour des massifs forestiers, il mettrait obstacle à l'extension des incendies, comme le font des lignes d’Opuntias dans l'Amérique du Sud. On n’a pas assez compris jusqu'ici le rôle des plantes protectrices des forêts contre les ravages du feu.

Malgré la difficulté de l'extraction de la fibre du Phormium, on en fabrique quelques tissus en Europe, soit employée seule, soit mélangée au coton ou à la soie. En 1872 la Nouvelle-Zélande a expédié à Londres, pour le tissage, 11,500 balles de cette fibre, au prix de 20 à 30 livres sterling (de 500 à 750 fr.) la balle. Aujourd’hui le prix de la tonne de Phormium à Londres est encore de 10 à 20 livres, c’est-à-dire de 250 à 500 fr.

PHYLLOCALYX edulis Jos. H00Kk. — Arbrisseau du Brésil, de la famille des Myrtacées, remarquable par la beauté de son feuillage persistant et de ses fleurs, plus intéressant encore par ses fruits, qui sont de la grosseur d’une noix, sillonnés dans le sens de leur longueur, d’un jaune vif et d’une odeur suave. Leur saveur rappelle celle de l'ananas.

Cette jolie myrtacée est encore rare en Europe, et jusqu'ici cultivée en serre, mais il est vraisemblable qu’elle réussirait en plein air dans la plus grande partie de la région méditerranéenne, en Espagne, en Italie et surtout dans le nord de l'Afrique, comme les Goyaviers ( Psidium) et les Eugénias, avec lesquels elle a des affinités de tempérament.

PHYLLOCLADUS. — Arbres conifères des îles de l’océan Pacifique austral, caractérisés par leurs feuilles relativement larges et diversement lobées, ce qui leur donne un aspect très différent de celui des conifères d'Europe et d'Amérique. Deux espèces, réduites jusqu'ici au rôle d’arbres d'ornement dans nos parcs, sont intéressantes sous d’autres rapports :

PH. rhomboidalis Rica. — Le pin-céleri de Tasmanie. Arbre d’une vingtaine de mètres de hauteur, sur 150 à 2 mètres de diamètres à la base. Son bois sert principalement à faire des mâts de vaisseaux. Ce bel arbre ne prend son entier développement que dans les vallées humides et ombragées de l'ile.

PH. frichomanoides DoN. — De la Nouvelle-Zélande, mais seulement dans l’île du Nord, où les indigènes lui donnent les noms de Tanekaha et Tamkatra. Get arbre est un peu plus grand que le précédent, sur une tige moins massive, très droite, dont le bois à grain fin, lourd, compacte et d’une longue durée, est fort recherché pour les divers travaux de l’industrie et de la marine, où il faut des bois dont la première qualité soit la force et la résistance. Outre cette utilité toute locale l’arbre fournit depuis quelques années des

écorces au commerce d'exportation, car on a découvert qu’elles contiennent des matières tinctoriales de premier ordre, donnant des couleurs jaunes, fauves ou pourpres des plus belles nuances et très solides, associées à une forte proportion de tannin. L’exportation de ces écorces est récente, et néanmoins déjà considérable. En 1873 elle se réduisait à 24 tonnes, dans les six premiers mois de 1883 elle en dépassait 575, d’une valeur d’environ 100,000 fr. Ces écorces sont dirigées sur Londres, d’où on les expédie à Grenoble, où elles servent à teindre les gants de chevreau. Les repousses du pied des arbres abattus par cette exploitation servent à faire des cannes très agréablement annelées ou bariolées de blanc et de noir, ce qu’on obtient par le procédé très simple de la décortication sur certains points de ces repousses quelque temps avant de les couper.

PHYLLOSTACHYS — Genre de Graminées ligneuses, longtemps réunies aux bambous (ZBambusa), avec lesquels on les confond dans la pratique, et dont elles ne diffèrent que par des caractères botaniques de peu d'importance. Les plus répandues sont les suivantes :

PH. bambusoides SiEBOLD ; Bambusa Sieboldi Horr. — Espèce comparativement naine, mais très rustique, et dont les chaumes durs, solides et d’une belle teinte jaune, font d'excellentes cannes. Elle est de la Chine et du Japon.

PH. rigra MuNro; B. nigra Lopp. — De la Chine et du Japon; depuis longtemps introduit dans le midi de la France. Son nom de bambou notr lui vient de la couleur de ses chaumes, d’un noir luisant, et dont l'effet est très pittoresque. Dans les bonnes terres il atteint 7 à 8 mètres de hauteur, même davantage, mais il s’élève beaucoup moins dans les sols secs et graveleux. Ses tiges, dont la grosseur dépasse quelquefois celle du pouce, servent à faire des cannes, des manches d’ombrelles et autres menus ouvrages analogues.

PH. mitis MuNRo ; B. mitis Horr. — De la Chine; très répandu déjà dans le midi de la France, où il s'élève communément à 6 ou 7 mètres, quelquefois plus dans les bonnes terres, et alors ses chaumes approchent de la grosseur de ceux du Bambusa arundinacea. C’est une belle plante, rustique, un peu trop drageonnante, et qui se multiplie aisément par division de la souche.

PH. viridi-glaucescens HorrT. — Des mêmes pays que le précédent, dont il se distingue par ses chaumes plus élevés, d’une couleur verte plus vive, et dont le feuillage est plus dense. Il est assez répandu dans les jardins du midi de la France, mais on n’est pas encore suffisamment renseigné sur les proportions qu’il peut atteindre avec les années. C’est le Bambusa viridi-glaucescens des horticulteurs.

PH. aurea MuNro; Bambusa aurea des jardins.— Moins grand que les précédents, et reconnaissable au rapprochement des nœuds au bas des chaumes. Ce bambou, originaire de Chine ou du Japon, est rustique en France.

PHYMOSPERMUM paroifolium BENTH.; Adenachæna paroi-

folia DG. — Composée frutescente de l’ Afrique australe, où, d’après le professeur Mac-Owan, elle rend les mêmes services que le Pentaia virgata pour la nourriture des moutons. Ce qui nous la rend surtout intéressante c’est qu’elle peut se naturaliser dans le sable pur et le plus aride.

PHYSALIS. — Coqueret, alkékenge. Genre de Solanées herbacées, souvent vivaces, dont le fruit est une baie recouverte par le calyce, qui s’accroiîtet devient membraneux-vésiculeux à mesure que ce fruit grossit. Les trois espèces suivantes peuvent nous intéresser :

PH. Alkekengi L. — Petite plante annuelle ou vivace suivant les lieux ou les années, qu'on croit originaire de Perse, mais aujourd’hui naturalisée spontanément dans le midi de l Europe, l'Asie centrale et le nord de l’Afrique. Ses baies, d’un rouge vif et de la grosseur d’une petite cerise, sont rigoureusement comestibles, mais la plante a plus de valeur en médecine qu’en économie domestique, et n’a, que nous sachions, jamais été cultivée.

PH. angulata L. — Plante annuelle, qui paraît insensible aux diversités de climats, et qu'on rencontre dans beaucoup de contrées tropicales, dans le nord de l'Amérique et au Japon. Ses baies jaunâtres sont un peu sucrées et comestibles. On lui rattache comme variété le PA. minima où Ph. parvifiora d'Australie.

PH. peruviana L. (Ph. pubescens, Ph. edulis).— Cette espèce, à laquelle on donne quelquefois le nom de groseille du Cap, qu’elle ne mérite d’ailleurs à aucun titre, est la seule du genre qui ait une valeur réelle. Elle paraît originaire du Pérou, mais elle est aujourjourd’hui répandue dans toutes les régions chaudes ou tempéréeschaudes de l’ancien et du nouveau monde, partout cultivée pour ses baies, qui se mangent comme fruits de dessert, mais sont surtout employées à faire des confitures et des conserves. Ces fruits sont jaunes, de la taille d’une grosse cerise et sucrés. La plante en produit en abondance, et comme elle est plus fertile dans la première année que dans les suivantes, on la cultive presque uniquement comme plante annuelle.

La culture en est un peu difficile sous le climat de Paris, où elle ne réussit qu’à l’aide de couches chaudes et d’abris vitrés pendant une partie du printemps, mais elle n’offre aucune difficulté en Provence et autres pays méditerranéens. On peut s'étonner que cette solanée ne figure dans les jardins de la région que comme plante de fantaisie, car ses fruits, qui voyagent facilement et sans s’altérer, sont déjà recherchés par la confiserie parisienne, et pourraient devenir l’objet d’un commerce assez important, au même tre que ceux des tomates et des légumes de primeur.

PHYTELEPHAS.— Arbres ou tout au moins végétaux de grande taille, que plusieurs botanistes rattachent au groupe des Palmiers, dont ils ont l'aspect, mais que d’autres rangent dans la famille voisine des Cyclanthées, d’ailleurs tous remarquables par l'ampleur de leurs frondes en éventail. Un caractère qui leur est propre est la grosseur de leurs graines, dont l’abondant périsperme, d’une blan-

cheur parfaite, acquiert presque la dureté de livoire. On le travaille au tour pour en faire maints petits objets d'ornement ou de fantaisie. C’est l’ivoire végétal du commerce.

La plupart des Phytelephas sont essentiellement de serre chaude en Europe, il est cependant quelques espèces qui semblent devoir s’accommoder du climat des pays tempérés-chauds. Tels seraient, si ces prévisions sont fondées, le Ph. microcarpa Rurz et Pay., des Andes du Pérou, le Ph. macrocarpa Rurz et Pav., de la même région, plante superbe, qui fournit la plus grande partie de l’ivoire végétal, et le Ph. æquatorialis SPRUCE, du versant oriental des Andes, jusqu’à l'altitude de 1,500 mètres, qui donne aussi de livoire. C’est un des végétaux les plus imposants de la nature par la grandeur extraordinaire de ses frondes, larges et longues de 8 à 10 mètres.

, PHYTOLACCA. — Genre principal de la famille des Phytolaccacées, comprenant un certain nombre d'espèces, parmi lesquelles il suffira de citer les suivantes :

PH. decandra L. — Grande plante herbacée et vivace par sa racine, dont les tiges annuelles s’élèvent à 1 mêtre ou 1"50. Aux Etats-Unis on en mange les pousses à la manière des asperges, après les avoir fait blanchir par étiolement, mais elles sont peu goûtées en Europe. La plante produit en abondance des baies, dont le suc pourpre foncé est employé en Allemagne à colorer certains mets, el plus souvent à teindre les vins faibles en couleur. Un point plus intéressant de l’histoire de cette plante c’est la grande quantité de potasse qu’elle contient. Ses cendres, d’après le chimiste Braconnot, peuvent fournir jusqu’à 4? pour 100 de leur poids de potasse caustique. À ce point de vue la plante, presque inutile jusqu'ici, pourrait rendre des services à l’industrie.

PH. esculenta L. —- Yama-Gobo et Radzuca des Japonais. Ses feuilles sont mangées au Japon en guise d’épinards, qu’elles sont loin de valoir, du moins en Europe.

PICEA. — Genre d'arbres conifères, analogues aux sapins (Abies) et longtemps confondus avec eux, mais qui en diffèrent par plusieurs caractères, dont le plus facile à saisir est la direction de leurs cônes pendants et non dressés, et dont les écailles, plus coriaces que celles des sapins, persistent sur l’axe du cône après la chûte des graines. Dans la pratique on les distingue des sapins proprement dits sous le nom de pesses et de sapinettes.

P. alba Link. — Sapinette blanche. De l'Amérique septentrionale, du Canada à la Caroline. Arbre de 15 à 25 mètres, à tige très droite, à feuilles glauques ou blanchâtres, couvrant presque entièrement le rameau, à cônes plus ou moins roux. Cette espèce, très rustique en Europe et très répandue, a produit un grand nombre de variétés, dont la principale est la sapinette bleue. Cet arbre se plait dans les terres humides ou même détrempées.

P. Alcockiana Link. (Abies A lcockiana Lainp1..). —- Grand et bel arbre du Japon, de 30 à 40 mètres de hauteur, introduit en Europe depuis une quarantaine d’années. Son feuillage est petit, raide et

d’une teinte glauque d’un bel effet dans le paysage; son bois, un peu tendre, ne parait servir au Japon que pour les ouvrages de menuiserie. Il est rustique dans l’Europe occidentale.

P. excelsa LiNKk. — Epicéa, pesse, sapin du Nord ou de Norwège. Arbre de 35 à 40 mètres, de forme pyramidale ou conique, de verdure sombre, commun sur les Alpes et les monts Carpathes, ainsi que dans les plaines du centre de l’Europe et de la Scandinavie, mais ne se rencontrant point dans le midi ni dans l’ouest de l’Europe. Cette espèce a produit une multitude de variétés, souvent décrites comme autant d'espèces différentes, ce qui a mis beaucoup de confusion dans sa nomenclature. Il importe de ne pas la confondre avec le Pinus eæcelsa, qui est de l’Inde, ni surtout avec l’'Abies pectinata (A. excelsa de quelques auteurs). Nous n’avons pas besoin de rappeler que l’espèce dont il est question ici est un arbre forestier de premier ordre, et qu’il est aussi un des ornements les plus ordinaires de nos parcs.

P. jesoensis Carr. ; Abies jezoensis Sie8. et Zucc.— Jeso-Matsu des Japonais. Grand et bel arbre du Japon, à bois mou et léger, qui n’est guère dans ce pays qu’un arbre d'ornement dans les parcs et les jardins. Il est encore peu connu et rare en Europe.

P. Menziesit Carr.; Pinus Mensziesit Douez. — Petit arbre de 12 à 15 mètres de hauteur, commun dans le nord-ouest de l’'Amérique et jusqu’en Californie. De simple agrément en Europe, où il est tout à fait rustique.

P. Morinda Link.; Pinus Smithiana Lams.; Abies Khutrow Loup. — Noms vulgaires dans l’Inde : Morinda, Khutrow. Arbre superbe de l'Himalaya, où il atteint les altitudes de 2,800 à 3,200 mètres, ce qui lui assure une certaine rusticité dans l’ouest de l'Europe, aussi y est-il devenu un ornement des parcs et des grands jardins, principalement en Angleterre. Sa hauteur dépasse souvent 99 à 36 mètres.

P. nigra Link.; Pinus nigra AITON. — Sapinette noire. Arbre de moyenne grandeur (20 à 25 mètres), répandu sur une vaste étendue de l'Amérique du Nord, entre les 40° et 50° degrés de latitude. Il est rustique en France, sans y être commun.

P. obovata LEDEB. — De la Sibérie et des monts Altaï, où 1l constitue de.grandes forêts jusqu’à l’altitude de 1,300 mètres. Il a beaucoup de ressemblance avec le P. excelsa par sa taille et son port, mais il en diffère par plusieurs caractères et surtout par ses cônes plus petits. Encore assez rare dans l’Europe occidentale.

P. orientalis LiNk.; Pinus orientalis L. — Petit arbre du Caucase et des montagnes d'Arménie. Planté çà et là dans les pares comme arbre d'agrément; hors de là, d’une faible utilité.

P. polita Carr; Abies polita S1E8. et Zucc.— Torano-momi des Japonais. Grand et bel arbre du Japon, de l’île de Nippon et de la Corée, qui rappelle d’assez près le Picea excelsa de l'Europe, sans en avoir toute la rusticité. Il est du reste encore rare en France.

P. rubra LiNk.; Pinus rubra LamB. — Sapinette rouge. Du nord des Etats-Unis, du Canada et de Terre-Neuve. Analogue au Picea excelsa et tout aussi rustique, mais un peu moins grand.

PILOCARPUS pinnatifidus LEMAIRE. — Arbrisseau du groupe des Rutacées-Diosmées, du Brésil tropical et extratropical, où il porte le nom vulgaire de Jaborandi. Ses feuilles et son écorce contiennent un alcaloïde, la pilocarpine, qui est un puissant sudorifique, et dans lequel on a cru trouver le spécifique de la rage. Malheureusement des essais faits à Paris ont démontré son impuissance contre cette cruelle maladie. I] n’en reste pas moins que le Jaborandi pourra être adopté dans la pratique de la médecine pour ses propriétés réelles, comme sudorifique et sialagogue, propriétés qu'il partage avec une seconde espèce, le P. simplex, des mêmes pays. On croit que tous deux pourront être acclimatés dans les parties chaudes du midi de l’Europe.

PIMPINELLA Anisum L. — Anis. Ombellifère annuelle de l'Orient, où elle est cultivée de longue date pour ses graines aromatiques, employées en médecine, mais surtout dans l’art de la confiserie, ou comme condiment. Elle doit son arome à une huile essentielle, l’anéthol, qu'on en retire par distillation.

L’anis est cultivé dans diverses parties de l’Europe; en France c’est surtout aux environs de Tours et de Chinon, ainsi que dans le Midi. On consacre à cette culture des terres légères, autant que possible calcaires, ameublies et amendées. Suivant les lieux, le semis se fait en avril ou mai. Les plantes fleurissent en juin et juillet et mürissent leurs graines un mois ou six semaines après. On les coupe à la faux ou à la faucille et on les étale sur une aire pour les faire sécher et en récolter les graines. Dans les bonnes années le produit atteint jusqu’à 700 kil. par hectare, et les graines se vendent de 100 à 140fr.les 100 kil. La graine d’anis est plus aromatique dans le midi que dans le nord, en France qu’en Allemagne; mais la production française ne suffisant pas à la demande des distillateurs et des confiseurs, le commerce nous en apporte d'assez grandes quantités de ce dernier pays. On en tire aussi d’Espagne et d'Italie. Au total la culture de l’anis est suffisamment rémunératrice.

Le P. saxifraga L., plante vivace d'Europe, est utilisé en médecine, ainsi que d’autres espèces. Le P. sisarum BENTH. (Sion stsarum L.) produit de petits tubercules qui sont un excellent légume.

PINUS. — Pin. Grand genre d'arbres conifères, appartenant presque exclusivement aux climats froids ou tempérés de l'hémisphère septentrional, représenté seulement par un petit nombre d’espèces dans les climats chauds, et entièrement étranger à l’hémisphère austral, où il est remplacé par d’autres genres de conifères. Les pins sont pour la plupart des arbres forestiers de première grandeur et de première utilité; néanmoins plusieurs espèces exotiques introduites en Europe n’y ont encore qu’un intérêt de curiosité.

Ce genre d'arbres est assez voisin de celui des sapins (Abies) pour que Linné et plusieurs autres botanistes à sa suite les aient réunis en un seul. Cependant, outre certains caractères botaniques qui ne sont pas sans valeur, ces deux groupes d'arbres diffèrent tellement l’un de l’autre, qu’on les distingue au premier coup d’œæil. On recon-

naîtra aisément les pins à leur port moins pyramidal, à leurs feuilles plus étroites, plus longues et toujours réunies en une sorte de pinceau, au nombre de deux à cinq, dans une gaîne commune qui les entoure à leur base, et enfin à leurs cônes moins cylindriques et composés d’écailles plus épaisses, plus dures et renflées près de leur extrémité en une tubérosité plus où moins saillante et quelquefois crochue. Leur maturité n’arrive jamais avant la seconde année.

Les pins sont répandus dans toutes les contrées boréales de l’Europe, de l’Asie et de l'Amérique, et plusieurs d’entre eux sont propres aux régions montagneuses. On en connait aujourd’hui une centaine d'espèces, la plupart très variables et souvent très difficiles à caractériser, ce qui a donné lieu à une nomenclature compliquée et des plus confuses. On est parvenu cependant à les répartir en un certain nombre de groupes assez tranchés, d’après le nombre des feuilles réunies dans une même gaïîne; de là les divisions du genre en pins à deux, trois, quatre ou cinq feuilles. Les cônes dressés ou pendants, et les graines aïlées ou non aiïlées fournissent aussi de bons caractères spécifiques.

Les services que les pins rendent à la sylviculture et à l’industrie sont nombreux. Outre leur bois, qui est employé dans toutes les constructions de terre et de mer, ils fournissent de la résine, du bois de chauffage, du charbon, et quelques-uns des graines comestibles. Ce sont aussi les arbres les plus propres aux reboisements en montagnes et à l’utilisation des terres trop médiocres pour les exploitations agricoles. Ajoutons enfin que certaines espèces conviennent particulièrement pour fixer les sables maritimes ou donner de la valeur aux sols marécageux, sans préjudice des produits divers que le cultivateur et l'industriel savent en tirer.

Dans la liste qui va suivre nous nous bornerons à parler des espèces les plus recommandables, en les classant par lettre alphabétique.

P. australis Micax.— Pin de Géorgie, pin jaune d'Amérique, etc. Arbre de 25 à 30 mètres, croissant dans les dunes et les landes siliceuses voisines de la mer, de la Géorgie à la Floride, où il remplit le même rôle que le pin maritime ( P. pinaster) de l'Europe, produisant comme lui du bois de construction, de la résine et de la térébenthine. C’est essentiellement un arbre forestier et un des plus utiles de cette partie de l'Amérique. Son bois est dur, compacte, d’une bonne durée et n’a qu’une faible couche d’aubier, toutes qualités qui le font rechercher même hors du pays où il croît. En Amérique on attribue de nombreuses propriétés à cet arbre, par exemple celles d’assainir les lieux marécageux et de régler la chûte de la pluie. Néanmoins on en fait peu de cas en Europe, où le pin maritime le remplace avantageusement. Il est même peu recherché comme arbre décoratif, d'autant plus qu’il est sujet à geler à la latitude de Paris.

P. austriaca Hoss.; P. nigra Link. — Pin noir d'Autriche. Commun sur les montagnes calcaires de la Basse-Autriche, en Moravie, en Gallicie, etc. Arbre de 25 à 30 mètres, à longues feuilles d’un vert sombre, et dont les branches sont grosses et rapprochées,

ce qui multiplie les nœuds dans le bois et le rend difficile à travailler. Cet arbre a beaucoup d’analogie avec le laricio (P. Laricio), et quelques personnes même n’en font qu’une race particulière de ce dernier.

P. Ayacahuite EHRENBG. — Tablas, A yacahuite des Mexicains. Arbre de 35 à 40 mètres et plus, des hautes montagnes du Mexique, jusqu’à la hauteur de 2,500 mètres, rappelant par son port le P. eæcelsa, et donnant un bois de bonne qualité. Il est rustique en Europe.

P. Benthamiana Hanrw.— Très grand arbre de la Californie, principalement des montagnes de Santa-Cruz, où il forme de vastes forêts, soit seul, soit associé au P. Lambertiana. Sa hauteur est, diton, de 50 à 60 mètres, et son bois très résineux. Introduit en Europe depuis quelques années.

P. brutia TENORE. — De la région méditerranéenne, principalement de la Calabre, propagé sur différents points du midi de l'Europe. Il de dépasse guère 25 mètres de hauteur, et souvent reste plus bas. Rien ne le recommande d’une manière particulière.

P. Bungeana Zucc.— Kiéou des Chinois. Grand et bel arbre du nord de la Chine, et fréquemment cultivé dans diverses parties de l'empire pour ses graines comestibles autant que pour son bois. II offre cette particularité remarquable que son écorce se détache par grandes plaques laissant voir l’écorce blanche plus jeune, d’où résultent de curieuses bigarrures sur le tronc. Il est rustique en France, où il est d’ailleurs resté rare.

P. Cembra L. — Arole, cembrot, tinier. Arbre essentiellement alpin, de 20 à 30 mètres de hauteur, répandu des Alpes du Dauphiné jusqu'aux montagnes de la Sibérie et au Kamtchatka, probablement aussi au Japon et dans les îles Kouriles. D’après les meilleures autorités les P. koraiensis et mandschurica, de l'Asie orientale, ne seraient .que des formes particulières, c’est-à-dire de simples variétés du P. Cembra.

C’est un arbre remarquable, non seulement par les sites qu'il occupe au voisinage de la limite inférieure des neiges éternelles, mais aussi par sa lenteur à croître, son port pyramidal et compacte, son feuillage glauque et ses graines comestibles. Son bois est légèrement jaunâtre, à grain fin et d’un grand emploi dans l’ébénisterie et la sculpture sur bois. Get arbre fournit aussi de la résine et de la térébenthine.

P. canariensis DC. — Pin des Canaries. Arbre magnifique, des montagnes de l’île de Ténérifie et de la grande Canarie, où il occupe une aire comprise entre 1,200 et 2,000 mètres d’altitude supramarine. Sa forme plus ou moins régulièrement pyramidale et son feuillage en longues aiguilles, de la verdure la plus vive, en font un des plus beaux arbres paysagers du midi de l'Europe. Très rustique dans toute la région des orangers, il gèle fréquemment à des latitudes plus élevées, et pour cette raison est incultivable dans le centre et le nord de la France. Ce bel arbre ressemble d'assez près au P. longifolia de l'Inde septentrionale, sans en avoir la rusticité.

P. cembroides Gorb. — Petit arbre de 6 à 10 mètres de hauteur, commun sur les montagnes du Mexique, aux allitudes de 2,400 à

3,000 mètres, où il semble représenter l’Arole (P. Cembra) des Alpes de l'Europe. Le seul ütre que nous lui voyons à l’intérêt des arboriculteurs réside dans ses graines comestibles. Il est très voisin du P. Llaveana, qui est de même taille et presque des mêmes régions, et dont les graines sont également comestibles.

P. contorta Douaz. — Des montagnes de la Californie et du Colorado. C’est un arbre dont la taille est variable suivant les localités; tantôt elle est de 5 à 6 mètres, tantôt elle en atteint 15 ou 20, et même, paraît-1l, quelquelois beaucoup plus. En Californie cet arbre constitue d’épais massifs forestiers le long de la côte, qu’il abrite ainsi contre les vents violents de la mer, ce qui le fait rechercher pour ce genre de service, comme en Europe le laricio et le pin d’Alep. Son bois, d’ailleurs, est très estimé dans le pays pour tous les genres de constructions civiles et maritimes. Les Américains donnent à l’arbre les noms de Tamarak et Hack-me-Tack.

P. Coulteri Don.; P. macrocarpa Lainpz.--Arbre de 25 à 30 mètres du versant oriental de la chaîne californienne qui est parallèle à la mer, aux altitudes de 1,000 à 1,500 mètres. Cet arbre est surtout remarquable par le volume de ses cônes, qui ont de 20 à 25 centimètres de longueur, et qui sont très résineux. Les graines, qui sont aussi très grosses, contiennent une amande comestible. Beaucoup d'individus adultes existent aujourd’hui en France.

P. densifiora Si8. et Zucc. — Akamatsou des Japonais. Arbre de moyenne taille (12 à 15 mètres), de l’île de Nipon, où il constitue, mêlé au P. Massoniana, de vastes forêts à de faibles altitudes supramarines. Il vitdes siècles, et quoiqu'il n’atteigne pas de grandes dimensions, son bois est employé dans les constructions. Il est moins résineux que le P. Massoniana.

P. Elliotti ENGezm.— Du sud des Etats-Unis. C’est un bel arbre forestier de 30 à 35 mètres de hauteur, croissant rapidement, et se plaisant dans les lieux découverts, surtout au voisinage des cours d’eau et des terres inondées.

P. excelsa WALLICH. — Pin pleureur, strobus de l'Himalaya. Arbre superbe de plus de 40 mètres de hauteur, à longues feuilles retombantes et formant comme des houpes à l’extrémité des rameaux, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec le pin des Canaries et avec le P. Strobus de l'Amérique du Nord, dont il est d’ailleurs assez voisin, ayant comme lui les feuiles ou aiguilles réunies par cinq dans une même gaîne. Il constitue de vastes forêts dans l'Himalaya occidental et diverses parties du Népaul, entre les latitudes de 1,500 à 3,000 mètres. Son bois est de première qualité, et dure presque aussi longtemps que celui du Déodar. Il fournit aussi de la résine et de la térébenthine. Sa beauté et son utilité lui ont valu dans l’Indele nom de roi des pins. Il est rustique en France.

P. fleæilis Wisziz.— Le pin cembra d'Amérique. Des Montagnes rocheuses et d’autres localités froides du nord-ouest américain. Arbre peu connu, mais très analogue à l’arole (P. C'embra) de l'Europe, de moyenne grandeur suivant les uns, de grande taille (30 à 40 mètres) suivant les autres, à graines comestibles. D’après le professeur Sargent, il serait intermédiaire entre les P. Strobus

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et Lambertiana. Sa croissance est aussi lente que celle de l’arole.

P. Fremontiana ENpricn; P. monophylla Torn. — Petit arbre de 7 à 8 mètres, très commun sur la Sierra-Nevada de Californie, où il prend quelquefois la forme d’un buisson. Il est remarquable en ce que ses aiguilles, raides et presque épineuses, sont solitaires dans la gaîne qui en enveloppe la base, ce qui est une exception dans le genre, où les feuilles sont réunies au moins au nombre de deux. Il est glauque, extrêmement résineux et très fertile, en ce sens qu’il produit de grandes quantités de cônes à grosses graines comestibles, ce qui en fait un arbre précieux pour les indigènes du pays. Il est rustique dans toute la France.

P. Gerardiana WazricH. — Le Pin néosa du Népaul. De l’Himalaya occidental, aux altitudes de 3,000 à 3,800 mètres, où il forme de vastes forêts. Il est de moyenne grandeur (15 à 16 mètres) et croît assez lentement. Il produit beaucoup de résine, mais ce qui en fait la principale valeur c’est que ses graines, relativement volumineuses, sont alimentaires pour les habitants du pays. L’estime qu’ils en font se résume dans ce dicton populaire : un néosa nourrit un homme pendant tout l'hiver. Cet arbre intéressant est très rustique en France; il passe pour difficile à élever de graines, mais il réussit greffé sur le pin sylvestre.

P. halepensis MILLER. — Pin d'Alep. Arbre de 15 à 30 mètres, suivant les localités, caractéristique, comme l'olivier, de la région méditerranéenne, en Europe, en Asie et en Afrique, particulièrement propre aux terrains calcaires. Sa grande endurance de la chaleur et de la sécheresse la plus prolongée et son aptitude à croître dans les sols les plus rocailleux en font un arbre précieux pour les reboisements dans les pays méridionaux. Son bois est blanc et léger dans la jeunesse, mais il prend de la consistance et une teinte brunâtre dans l’arbre adulte, et il est alors avantageusement employé dans la charpente. Le pin d'Alep fournit aussi de la résine et une sorte particulière de térébenthine. On l’a propagé dans beaucoup de pays où le climat a de l’analogie avec celui du midi de Europe, entre autres dans l’Australie méridionale ; mais il ne peut guère sortir, en France, de la région de l’olivier, parce que ses pousses, trop précoces pour le Nord et le Centre, y sont habituellement détruites par les dernières gelées de l'hiver. Cet arbre a donné naissance à un grand nombre de variétés, dont quelques-unes ont même été décrites comme espèces distinctes.

P. Hartwegii LiNpz. — Palo blanco des Mexicains. Arbre de moyenne taille (15 à 16 mètres), à feuilles ou aiguilles menues et très longues. Il habite les montagnes du Mexique jusqu’à 3,000 mètres d'altitude, ce qui ne l’empêche pas de geler à la latitude de Paris. Son bois rougeâtre passe pour avoir de la qualité; il est en outre très résineux.

P. inops SOLANDER. — Pin chétlf, pin de Jersey. Simple arbrisseau ou petit arbre de 8 à 10 mètres, mais pouvant devenir beaucoup plus grand dans les terres profondes et fertiles. 11 est très commun dans une grande partie des Etats-Unis, de la baie d'Hudson à la Caroline, dans les terrains sablonneux. La seule utilité qu’il paraisse

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avoir est de fixer les sables le long des côtes et de fournir du bois de chauffage. Il est rustique dans toute l’Europe.

P. insignis DouGLas. — De la Californie, et principalement des environs de Monterey. C’est un des plus beaux arbres du genre, sans être des plus grands (25 à 30 mètres); il est d’ailleurs vigoureux, de croissance rapide, et ce qui lui donne un intérêt spécial c’est qu’il s’accommode du voisinage de la mer, à peu près comme le pin maritime de l’Europe. Ilest déjà assez répandu en France, quoiqu’il souffre du froid dans les hivers rigoureux à la latitude de Paris. Cette espèce est le P. radiata de divers auteurs.

P. Jeffreyt Bazrour. — Grand et très bel arbre du nord de la Californie, où il s'élève jusqu’à 40 mètres et plus, dans les sols pauvres et siliceux. D’après Carrière il serait intermédiaire entre les P. Sabiana et Coulteri. Dans tous les cas c’est un arbre intéressant par ses belles proportions, la rapidité de sa croissance et son peu d’exigence sur la qualité du terrain.

P. Lambertiana Douaras. — C’est un des plus grands du genre, peut-être le plus grand de lous les pins, car il dépasse souvent 70 mètres. Il appartient à la côte nord-ouest de l'Amérique, entre les 40° et 45° degrés de latitude, où il ne quitte guère les sommets des montagnes. On en cite des individus presque rivaux des gigantesques Séquoias, dont le tronc, très droit et dénudé de branches jusqu'à une grande hauteur, mesure de 15 à 18 mètres de circonférence. Ses cônes sont proportionnés à cette grande taille, car ils ont de 30 à 35 centimètres de longueur, sur une épaisseur de 7 à 10; ils sont très résineux et contiennent des graines alimentaires consommées par les indigènes du pays, qui se servent en outre de la résine sucrée de l’arbre pour assaisonner leurs mets. De là le nom de Sugar-pine (pin à sucre) que lui donnent les Américains. Le pin de Lambert n’est pas seulement un des plus majestueux du groupe, c’est aussi un des plus utiles par son bois, qui est très recherché pour la menuiserie et la charpente, et par la résine limpide qu’il produit en abondance. Il est rustique en France, et il semble particulièrement indiqué pour les landes sablonneuses des bords de l'Océan.

P. Laricio Porrer. — Laricio de Corse. C’est un des beaux arbres du midi de l’Europe, où on le rencontre depuis l'Espagne jusqu'aux confins de l’Asie, en Italie, en Grèce et dans les îles de la Méditerranée. Sa hauteur est de 30 à 40 mètres, sur une tige droite dont le diamètre, à la base, peut atteindre à 2 mètres. Son bois est excellent et employé à tous les genres de constructions, de plus c’est un des arbres les plus résineux du genre. Il préfère les sols calcaires, mais il vient encore assez bien dans les terres siliceuses et même dans les sables.

Le laricio est une des espèces les plus variables du genre, et c’est à lui, d’après Carrière, qu’il faut rattacher les P. Pallasiana de la Crimée, P. caramanica ou pin de Caramanie, du mont Taurus, et peut-être le P. Salzmanni, des Cévennes, et le P. Fenzlii, des montagnes de la Grèce.

P. leiophylla Scuiepe et DEPPE.— Candle-wood des Américains.

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Arbre de 20 à 30 mètres, des montagnes du Mexique, dont le bois passe pour être d’une extrême dureté. Il n’est pas rustique à Paris, et on le voit même souffrir du froid en Provence.

P. longifolia RoxBG. — Pin de l’'Emodi. C’est un des plus beaux arbres du genre, ce qu’il doit à la noblesse de son port et à la finesse de son feuillage d’une verdure claire et très long. Sa hauteur est de 30 mètres et plus, sur un tronc droit, dont la circonférence peut dépasser 3 mètres. Il constitue de vastes forêts sur l'Himalaya, où il atteint les altitudes de 2,500 à 3,000 mètres. On l’exploite pour sa résine et pour son bois, qui est de bonne qualité. On regrette que cet arbre remarquable ne soit pas rustique sous le climat de Paris.

P. Massoniana LamB. — De la Chine et du Japon, et c’est peutêtre l'arbre le plus commun dans ce dernier pays. Sa hauteur est d’une trentaine de mètres, et sa beauté le fait rechercher pour l’ornementdes pares et la plantation des avenues. Son bois résineux est employé par la menuiserie pour les boiseries d'intérieur, mais il dure peu lorsqu'il est exposé aux injures de l’air. Il est rustique jusque dans le nord de la France. On dit que ses racines brûlées dans l’huile d’une sorte de colza ( Brassica orientalis) servent à la fabrication du noir de fumée de Chine.

P. mitis Micax. — Des Etats-Unis, où il porte plusieurs noms. Il paraît très voisin du P. inops, dont 1l n’est peut-être qu’une variété, mais il s'élève davantage, pouvant atteindre une trentaine de mètres dans les terres argilo-sableuses. Son bois est jaunâtre, compacte, peu résineux et de bonne durée, ce qui le fait employer pour tous les travaux de menuiserie et même pour les constructions navales. D’après le docteur Vasey, ce bois atteindraitun prix plus élevé que celui du P. Strobus.

P. Montezumcæe Law8.; P. occidentalis Humws. et Boxpz. — Bel arbre du Mexique, où il monte jusqu’à 3,000 mètres d'altitude supramarine. Son bois est blanc, tendre et résineux. Il est rustique dans l’ouest de la France, mais il gèle souvent à Paris.

P. monticola Douras. — De la Colombie anglaise et de la Californie, aux altitudes de 1,500 à 2,000 mètres. C’est un arbre élancé, qui atteint 40 mètres de hauteur et quelquefois beaucoup plus, sans que le tronc corresponde par sa grosseur à cette grande taille. Il semble préférer les sols granitiques et pauvres à tous les autres. Son bois est blanc et a beaucoup de ressemblance avec celui du strobus. Le docteur Gibbons fait observer que cet arbre, sans être aussi grand que le P. Lambertiana, a de nombreux rapports avec lui; les bûcherons eux-mêmes inclinent à confondre les deux espèces sous le nom de Sugar-pine.

P. muricata DON.—Bishops pine des Américains. Des montagnes de la Californie. Arbre de moyenne grandeur, dont on sait peu de chose, mais qui s’est montré rustique dans le nord de la France. Il pourrait servir à faire des brise-vent dans les localités montagneuses.

P. Parryana GonD. —- Des montagnes de la haute Californie, et rustique en Europe. C’est un grand arbre assez semblable au P. Benlhamiana, sauf par ses cônes. Ses graines sont comestibles.

P. parviflora Sies. et Zucc. — Zmeko matsou des Japonais. Arbre

de moyenne taille, des îles Kouriles et du Japon, qui a beaucoup d’analogie avec le P. Cembra de l'Europe. Au Japon on en fait un arbre d’avenue, et on y ulilise aussi son bois, qui, d’après M. Dupont, est plus dur et plus résistant que celui du P. Massoniana.

P. Pattoniana PARLATORE. — Des montagnes de Californie, aux altitudes de 1,500 à 2,000 mètres. Grand et bel arbre de 60 mètres et plus, à tige parfaitement droite. Il est pauvre en résine, mais son bois, de couleur rougeûtre, est dur et de longue conservation.

P. patula Semieve et Depp. — Des montagnes du Mexique, jusqu'à L 000 mètres d'altitude, ce qui ne lui assure pas une parfaite rusticité dans le nord de la France. C’est d’ailleurs un arbre gracieux, dont la hauteur est de 20 à 25 mètres.

P. pinaster SOLANDER; P. maritima DC. — Pin maritime, pin de Bordeaux. Des terrains siliceux et des sables au voisinage de la Méditerranée. Cet arbre, qui dépasse souvent 25 mètres en hauteur, est incontestablement un de ceux qui rendent le plus de services à l’agriculture et à l’industrie. C’est à lui que les landes de Bordeaux, si stériles et si malsaines pendant des siècles, doivent leur salubrité actuelle et leur haute valeur comme terres productives, depuis que l'ingénieur Brémontier a imaginé d’en fixer les sables par des plantations de cette espèce de pin. Non seulement il produit du bois qui s’exporle aujourd’hui par cargaisons entières en Angleterre et en Espagne, mais il fournit en outre le goudron si nécessaire à la marine, de la résine et de la térébenthine, qui sont de même l’objet d’un commerce considérable et lucratif. Cette rénovation des landes à en même temps ouvert la voie à de nombreuses améliorations agricoles, parmi lesquelles.il faut compter l'élevage des bestiaux et la culture du blé et de la vigne.

On obtient la résine en saignant les arbres, à partir de l’âge de quinze à vingt ans. À vingt-cinq ans l’arbre est dans la période de sa pleine production, et si l'opération n’est pas trop souvent répétée, il peut vivre de longues années, mais la qualité du bois en est diminuée d'autant et il ne peut guère servir que comme combustible. Un arbre en plein rapport et un peu ménagé produit annuellement de ? à 4 kilogrammes de résine. On se fera une idée de la production totale des landes en cette denrée, par ce fait qu’en 1874 il s’en est exporté plus de huit millions de kilogrammes. Le pin maritime est une des espèces du genre qui résistent le mieux à la chaleur et aux longues sécheresses du climat méditerranéen. Comme d’autres il a donné naissance à un grand nombre de variétés, dont une, désignée sous le nom de pin de Corté, parce qu’il croît aux environs de cette ville de Corse, se distingue des autres par sa grande taille. On comprend qu’un arbre si utile ait été propagé dans beaucoup de pays, même hors de l’Europe, où il a reçu des noms différents, ce qui a beaucoup contribué a en embrouiller la nomenclature.

P. Pinceana GORDON. — Pin pleureur du Mexique. Très bel arbre, que ses branches pendantes rendent surtout remarquable. 11 est des hauts sommets du plateau mexicain, entre 2,000 et 3,000 mètres d'altitude. I] conviendrait plus que tout autre pour la décoration des cimetières,

422 ÉNUMÉRATION DES PLANTES P. Pinea L. — Pin pignon, pin parasol. De la région méditer-

ranéenne et de quelques parties de l’Asie occidentale, propagé aujourd’hui dans beaucoup d’autres pays, à cause de ses graines comestibles, et dont l’amande est même employée en confiserie pour remplacer les pistaches, que cependantelle ne vaut pas. Un caractère parüculier de ce pin est l'élargissement de sa tête touffue en forme de parasol, ce qui donne à certains paysages du midi de l'Europe, principalement de l'Italie, un aspect des plus pittoresques. Suivant la nature des terrains, cet arbre s'élève à 12, 15, 20 mètres; son bois est blanc, léger, très résineux, utilisé dans tous les genres de constructions, toutefois on ne le rencontre guère qu’en individus isolés ou en petits massifs, et ne formant nulle part de véritables forêts. Son principal rôle est celui d’un arbre d'ornement; cependant, comme nous l’avons dit tout à l'heure, ses graines ont une certaine valeur commerciale.

P. ponderosa Dou&r. — Du nord-ouest de l'Amérique, des Montagnes rocheuses et de quelques points de la Californie. Cet arbre est sujet à varier et ses caractères spécifiques sont encore incertains. Ce qu’on en sait c’est qu’il constitue de grands massifs forestiers sur les montagnes de Californie, entre 1,500 et 3,500 mètres d’altitude; que son bois est léger, facile à travailler, presque sans nœuds et à peine résineux, et que son écorce contient une forte proportion de tannin. Le docteur Gibbons affirme que le bois du P. ponderosa, exposé aux injures de l’air entouré de son écorce, pourrit en moins d’un an, tandis que dépouillé de l'écorce il dure fort longtemps, même dans la terre, et le docteur Kellog en a vu des madriers qui, après douze ans de séjour dans la terre, étaient encore parfaitement sains. Cet arbre, introduit dans la colonie de Victoria, en Australie, y réussit fort bien dans les terres un peu sèches.

P. pseudo-Strobus Linz. — Des montagnes du Mexique, entre 2,000 et 2,800 mètres d’altitude. C’est un arbre de 20 à 25 mètres, très élégant, et qui passe pour l’espèce la plus ornementale au Mexique. Introduit en France, il s’est montré très sensible à la gelée sous la latitude de Paris.

P. pungens Micax. — Arbre relativement peu élevé, des parties orientales des Etats-Unis, sur les monts Alléghanys et autres chaînes

de montagnes de moyenne hauteur. Le seul mérite qu’on lui recon-

naisse est d’être parfaitement rustique en Europe et de croître très vite.

P. pyrenaica LAPEYROUSE. — Pin nazaron des Espagnols. Arbre de 25 à 35 mètres, de la région pyrénéenne, tant en France qu’en Espagne, mais qu’on croit avoir aussi trouvé sur quelques points de l’'Asie-Mineure. Son bois est peu chargé de résine, d’ailleurs de bonne qualité, et exploité dans la charpente et la menuiserie. Ce pin, d'après Carrière, est également voisin des P. brutia et halepensis, et pourrait même n'être qu’une variété un peu tranchée de ce dernier. Il en est de même du P. persica, de divers auteurs, qui semble n’être qu’une forme orientale du pin d’Alep.

P. rigida MiLLEr.; Pinus tœda rigida Arron. — Des Etats- Unis orientaux. C’est un arbre de proportions très variables, tantôt

rabougri et tortueux, tantôt s’élevant à une vingtaine de mètres ou plus, suivant les natures de sols, d’ailleurs très rustique en Europe. Dans les terres rocailleuses et sèches son bois est lourd, résineux et compacte; dans les alluvions où l’humidité persiste il est léger et un peu mou. Sa véritable utilité est de produire de la résine, de la térébenthine et du goudron. Cet arbre réussit bien au bord de la mer, et comme il semble indifférent à la sécheresse et à l'humidité, on pourrait l’employer à couvrir les sols bas, marécageux et malsains. On dit qu'il est peu exposé à brûler dans les incendies de forêts.

P. Sabiniana DouGLas. — Grand arbre du versant occidental des Montagnes rocheuses et de la chaîne californienne, où 1l s’élève jusqu’à la limite des neiges éternelles. Sa hauteur dépasse souvent 40 mètres, sur un tronc droit, dont le diamètre est de 1"50 à 2 mètres. De tous les pins, c’est lui qui produit les cônes les plus volumineux, sans en excepter ceux du P. Coulteri, qui d’ailleurs en approchent. Ces cônes sont remplis de graines comestibles, qui étaient autrefois une des grandes ressources alimentaires des Indiens. Son bois est très résineux, dur et se conserve longtemps quand l'arbre a été abattu dans la saison convenable. Il croît avec rapidité et résiste aisément à la gelée, du moins en France. Introduit en Australie, il y réussit d’une manière satisfaisante dans les sols un peu secs.

P. serotina Micax. — Arbre de moyenne grandeur, des Etats- Unis méridionaux, afiectionnant les sols bas, plus ou moins marécageux, surtout au voisinage de la mer. Malgré ses faibles proportons (12 à 15 mètres), son bois un peu mou trouve quelque emploi dans la menuiserie locale. Le meilleur parti à tirer de cet arbre seraitde l’employer à l’assainissement des localités sujettes à la fièvre.

P. sylvestris L.— Pin sylvestre, pin de Haguenau, pin d’Ecosse, pin de Riga, etc. De l’Europe centrale et septentrionale, d’où il s’avance jusqu’en Laponie, et de la Sibérie. Sa hauteur est d’une trentaine de mètres, plus ou moins suivant les lieux où il croît et les latitudes; quelquefois il se réduit presque à un buisson. C’est du reste une des espèces les plus variables du genre, et aussi une de celles qui rendent le plus de services. La culture l’a propagé dans beaucoup de pays où primitivement il n'existait pas, et c’est celui dont on se sert Le plus ordinairement pour donner de la valeur aux terres ingrates, celles de la Sologne en France par exemple, où le sable domine.

Le bois du pin sylvestre, surtout celui qui nous arrive du Nord, est utilisé par la marine. Aucun autre ne donne des mâts de vaisseaux plus élastiques et plus forts. On l’emploie d’ailleurs à tous les genres de constructions où la solidité et la durée sont les premières conditions à remplir. Il fournit de la résine et de la térébenthine; son écorce contient du tan, et de ses feuilles, ou aiguilles, tombées à terre, on retire une sorte de bourre dont on confectionne des matelas. Enfin ses jeunes pousses remplacent quelquefois, dans les pays du Nord, le houblon pour la confection de la bière. Au total, le pin sylvestre est un des arbres les plus utiles de nos climats.

P. Strobus L. — Pin du Lord, pin de Weymouth. Grand et bel arbre du Canada et des Etats-Unis orientaux, s’élevant de 30 à 50 mètres, quelquefois plus, sur un tronc de ! mètre à 1"50 de diamètre. Il ne prend d’ailleurs de belles proportions que dans les terres grasses, fertiles et non sujettes à se dessécher. Comme arbre décoratif c’est un des plus beaux du genre, et c’est à ce titre qu'il est cultivé dans les parcs de l’Europe, surtout en Angleterre, car il réussit médiocrement en France, quoiqu'il ne manque pas de rusticité. Son bois est léger, peu résineux, presque sans nœuds, facile à travailler et si peu coloré qu’au Canada on lui donne le nom de pin blanc. I sert d’ailleurs à de nombreux usages, entre autres à faire des mâts de navires. Quoique peu résineux, cet arbre fournit de la térébenthine et du galipot. L’aubier est peu épais, relativement au bois de cœur.

P. tœda L.— Torch pine et Loblolly des Américains. Des parties les plus méridionales des Elats-Unis, la Floride, la Virginie, la Caroline, où il abonde à peu de distance de la mer. Il peut atteindre à 30 mètres de hauteur, et il croît très rapidement, et comme son aubier est fort épais, son bois a peu de valeur, mais il produit beaucoup de résine, qui est toutefois de qualité inférieure. Cet arbre peut cependant être utilisé pour boïser les sables humides des bords de la mer. Il s’est montré rustique en France.

P. Teocote Cuaw. et ScucecaT.—Candle-wood des Américains. Des montagnes du Mexique, aux altitudes de 1,800 à 2,600 mètres. C’est un arbre de moyenne grandeur, très résineux, qui fournit la plus grande partie du brai et de la térébenthine du Mexique. Son bois est d’assez bonne qualité et dure longtemps s’il est préservé de l'humidité. Il est peu rustique dans le nord de la France.

Plusieurs autres espèces de pins, la plupart d’origine américaine, pourraient être ajoutées à cette liste, mais sans grand intérêt. Celles que nous venons d’énumérer sont plus que suffisantes pour satisfaire les forestiers et les amateurs d'arbres d'utilité ou d'agrément.

PIPTADENIA rigida BENTHAM.— Arbre de l'Amérique du Sud, en dedans et en dehors des tropiques, ressemblant à un acacia, et produisant une sorte de gomme très analogue à la gomme arabique, et qui est connue dans le commerce sous le nom de gomme Angieco. Le bois de l’arbre, qui est très solide, est employé dans les constructions navales.

PIPTURUS propinquus WEDDELL. — Urticée vivace de l’Inde, des îles de la Malaisie et de l'Australie orientale. Elle est plus développée que le Bœhmeria (Urtica) nivea, et, paraît-il, un peu plus rustique ; mais sa fibre ressemble presque de tous points à celle de ce dernier. Il y aurait évidemment des expériences à faire sur la culture industrielle de cette plante et de quelques autres espèces du même genre, telles, par exemple, que le P. velutinus.

PIRCUNIA dioica MoQuiN ; Phytolacca dioica L,.— Arbre de 7 à 8 mètres de l'Amérique du Sud, à bois très mou et sans utilité, mais

croissant très rapidement et formant une tête touffue. Les Espagnols l'ont introduit en Europe, sous le nom de Bella sombra (bel ombrage). On le cultive dans quelques jardins du Midi, où il passe assez facilement l'hiver. Dans le nord de l'Afrique il sert à donner de l’ombre sur les places publiques et sur les avenues des villes et des villages. Peut-être y aurait-il quelque avantage à cultiver cet arbre pour retirer de la potasse caustique de ses cendres, à en juger du moins par analogie avec les Phytolaccas herbacés. Dans le sud du Brésil et les Etats de la Plata on lui donne le nom d'Ombu,

PISONIA aculeata L. — Arbrisseau sarmenteux et épineux des pays tropicaux et subtropicaux des deux hémisphères, indigène aussi en Australie. Il pourrait servir à épaissir les haies défensives dans les pays chauds. Il appartient à la famille des Nyctaginées.

PISTACIA. — Arbres et arbrisseaux dioïques, de la famille des Anacardiacées, indigènes du midi de l’Europe, de l’Asie et du nord de l'Afrique, à feuilles composées, persistantes ou caduques suivant les espèces. Quelques-uns de ces arbres sont intéressants pour l’acclimateur; tels sont en particulier les suivants :

P. Lentiscus L.— Lentisque. Grand arbrisseau de la région méditerranéenne en Europe et en Afrique, à feuilles persistantes, pennées et sans impaire terminale. Il vit des siècles, et avec l’âge il arrive à former un arbre de 5 à 6 mètres, à large tête arrondie et touflue, en forme de parasol; mais comme il est fréquemment recépé pour le chauffage des fours, 1l arrive rarement à cette taille, qui le rend très ornemental dans les jardins méridionaux. Dans les îles de la Grèce il transsude de son écorce une sorte de résine, qui est le mastic de Chio. Get arbrisseau, qui croît dans les endroits les plus rocailleux et les plus arides, est souvent employé à faire ou à épaissir des haies.

P. Terebinthus L. — Térébinthe. Arbrisseau ou petit arbre de la même région que le précédent, à feuillage plus grand, penné, avec une impaire terminale et caduque. Plus rustique que le lentisque, il s’avance un peu plus haut vers le nord, dans la vallée du Rhône. Cet arbrisseau fournit aussi une résine aromatique, connue sous le nom de térébenthine de Chypre ou de Chio.

P. vera L.; P. narbonensis DC. — Pistachier. Petit arbre originaire d'Orient et de la Perse, depuis longtemps naturalisé dans le midi de l’Europe pour ses amandes connues sous le nom de pistaches, dont le goût est très fin, et qui sont employées dans l’art du confiseur pour faire les dragées et les pralines. On les remplace souvent par les amandes ordinaires et même par celles du pin pignon, qui leur sont très inférieures pour cet usage.

Le pistachier diffère des espèces précédentes par une taille plus élevée et un feuillage plus grand, qui est d’ailleurs penné avec une foliole impaire et caduque comme celui du térébinthe. Il est cultivé industriellement dans quelques localités de la Provence, et, comme il est dioïque, on a soin de grefier quelques rameaux mâles sur les arbres femelles pour en obtenir des fruits. On l’a vu quelquefois

fructifier à Paris, appliqué en espalier sur des murs orientés au midi.

Outre ces trois espèces qui sont classiques, le genre en renferme plusieurs autres qui ne sont pas dénuées d'intérêt. La plus importante est le térébinthe de l'Atlas (P. atlantica L.), arbre de moyenne grandeur, des montagnes de l'Algérie et du Maroc, et fort employé dans la colonie française pour les reboisements. C’est le Bétoum des Arabes.

PISUM. — Genre de Légumineuses herbacées, annuelles ou vivaces par leur racine, des pays tempérés et tempérés-froids de l’ancien continent. On en distingue plusieurs espèces, dont deux, plus particulièrement, intéressent l’agriculteur, savoir :

P. satioum L. — Le pois proprement dit, un des meilleurs légumes de nos jardins et universellement connu. Les variétés en sont nombreuses et leur culture se modifie suivant les climats et les époques de l’année, car dans le midi de l’Europe elle se fait même en hiver. Pour cette branche importante du jardinage maraîcher, nous renvoyons les lecteurs aux ouvrages où la culture des pois est traitée avec tout le détail nécessaire. Nous voulons seulement faire observer que l’herbe des pois constitue un fourrage nourrissant et très aimé des bestiaux, et qu’on a quelquefois intérêt à les cultiver dans ce but.

P. arvense L. — Bisaille. Cette seconde espèce, qu’on croit originaire de la région méditerranéenne, est de tous points semblable à la précédente, sauf par la couleur pourpre de ses fleurs et par la moindre proportion de sucre de ses graines, qui sont d’un gris noirâtre à la maturité. C’est du reste un bon fourrage annuel, qui réussit sur toutes les terres. On le fauche un peu après la floraison, quand les gousses commencent à se former, et on le fane comme les fourrages ordinaires, avec lesquels on le mêle pour le distribuer aux animaux.

Le P. Aucheri JaAuB. et Spacx., des parties élevées du Taurus, est vivace, et fournirait probablement un bon fourrage, mais jusqu'ici on ne l’a pas cultivé.

PITTOSPORUM.— Genre d’arbres et d’arbrisseaux de la famille des Pittosporées, répandus sur une vaste étendue de l’ancien continent, en Australie et dans les îles voisines. Ils sont très élégants par leur feuillage et par leurs fleurs, ce qui les a fait admettre dans le jardinage d'agrément. La plupart sont rustiques dans le midi de l’Europe, où ils sont devenus populaires et l’objet d’un commerce horticole assez important, principalement ceux dont nous donnons la liste suivante :

P. coriaceum A1ToN. — Des îles Canaries et de Madère. Bel arbrisseau à feuilles luisantes et à fleurs blanches. Il müûrit ses graines en Provence.

P. crassifolium SOLANDER. — De la Nouvelle-Zélande. C’est un des plus grands et en même tempe un des plus beaux du genre par son feuillage et l'abondance de ses fleurs, d’abord carmin foncé, puis tournant au rouge-brun presque noir.

P. Mayi HuGELz. — D'Australie. Remarquable par son feuillage luisant et lustré et par ses fleurs d’un pourpre presque noir.

P. Tobira ArToN. — De la Chine, haut de 3 à à mètres et formant un arbre à large tête; il est superbe de feuillage et de floraison, aussi est-il le plus répandu dans la région du midi méditerranéen, où il est entièrement rustique.

P. undulatum VENTENAT. — Du sud-est de l'Australie, très beau de feuillage et de fleurs, et remarquable encore par ses baies de couleur orangée, qui se conservent longtemps sur l'arbre. Par la distillation de ses fleurs on obtient une huile essentielle volatile et très parfumée. Son bois dur est propre aux ouvrages de tour, et pourrait même remplacer celui du buis dans une certaine mesure. Il en est de même du bois du P. bicolor.,, qui est aussi de l'Australie.

PLANERA aquatica GMELIN. — Arbre de la famille des Ulmacées, appartenant aux contrées méridionales des Etats-Unis, où il recherche le voisinage des fleuves et des rivières. Quoique voisin de l’orme commun, il ressemble davantage au charme (Carpinus) par son port et son feuillage. Cet arbre, dont le bois a une certaine valeur, a été cultivé au commencement du siècle dans le nord et dans le midi de la France. Peut-être l’est-il encore.

PLATANUS.— Seul genre de la famille des Platanacées, réduit lui-même à quatre ou cinq espèces, savoir :

P. occidentalis L. — Platane d'Amérique. Répandu sur une vaste étendue des Etats-Unis, du Canada à la Floride et de l’océan Atlantique aux Montagnes rocheuses. C’est un grand et très bel arbre, dont le tronc atteint quelquefois plus de 3 mètres de diamètre. Il est de premier ordre comme arbre de paysage, et on le plante communément le long des routes et des avenues, pour les ombrager de son large feuillage. Il croît très rapidement, mais son bois léger, peu élastique, facile à rompre et exposé à l’attaque des insectes, ne saurait être employé dans les grandes constructions. La menuiserie en tire cependant quelque parti, mais il est surtout utilisé dans la fabrication des instruments de musique à cordes, tels que les pianos, les harpes, etc. On en fait aussi des vis de pressoir et divers ustensiles de ménage. Cet arbre est depuis longtemps introduit en Europe etil y est peut-être plus commun que le suivant.

P. orientalis L. — Le plane ou platane d'Orient. Arbre tout aussi grand que celui d'Amérique, dont il est d’ailleurs difficile de le distinguer. Sa patrie première est l’Asie occidentale, mais il est naturalisé depuis une haute antiquité dans la Turquie d'Europe, où on en cite des individus de taille et de grosseur colossales. On l’emploie aux mêmes usages décoratifs que le précédent, pour donner de l’ombre sur les routes, les avenues des villes et les promenades publiques, mais il ne faut pas le planter près des constructions en maçonnerie, ni dans les rues pavées, parce que ses grosses racines traçantes soulèvent les pavés et font perdre aux murs leur équilibre. A ce défaut il oppose une qualité qui a son prix dans les villes du Nord : il y résiste mieux que tout autre arbre à la fumée des usines et des

foyers domestiques. Son bois paraît un peu meilleur que celui du platane d'Amérique, et il trouve aujourd’hui un certain emploi en ébénisterie. C’est lui aussi qui fournit en partie les boiseries intérieures des wagons de luxe. Quelques botanistes ne sont pas éloignés de croire que le platane d'Orient et celui d'Amérique ne sont que deux variétés d’une même espèce.

P. racemosa NuTTAL. — Platane de Californie. Bel arbre d’une trentaine de mètres, plus touffu, dit-on, et croissant plus rapidement que le P. occidentalis. C’est aussi un arbre d'ornement et de paysage. Son bois cassant est quelquefois utilisé par les tourneurs.

Le P. mexicana, des montagnes du Mexique, est peu connu et ne paraît pas avoir été introduit de Europe. Ce n’est probablement qu'une simple variété de l’espèce précédente.

PLATONIA nobilis MUNRO. — Graminée gigantesque, qu’on rapproche des bambous proprement dits, quoiqu’elle en diffère sous bien des rapports. Au dire des voyageurs ses feuilles auraient de 4 à 5 mètres de longueur, sur plus de 0"30 de large. Cette curieuse plante habite les hauts sommets des Andes de Panama et de la Nouvelle-Grenade, où le climat est déjà froid. On ne saurait dire si elle croitrait en Europe, où les saisons sont tranchées, tandis qu’elles ne le sont pas ou le sont à peine sur les Andes équatoriales.

PLECTOCOMIA himalayana GRIFrITH. — Palmier à tiges menues, longues et grimpantes, du groupe de ceux qu’on appelle Rattans et Rotins. On en fait des cannes de peu de valeur, et nous n’en parlons ici qu’à cause de sa rusticité, qui paraît assez grande pour qu’on puisse le cultiver dans le midi de l’Europe en qualité de plante d'agrément ou tout au moins de curiosité botanique. Il est de l'Himalaya et des environs de Sikkim, à plus de 2,000 mètres d’altitude, sous le 27° degré.

Le P. macrostachya Kurz, du Ténasserim, à la hauteur d’un millier de mètres, pourrait de même s’accommoder d’un climat tempéré-chaud.

PLECTRANTHUS madagascariensis BENTH. — Labiée tubérifère cultivée en qualité de légume aux îles Maurice et de la Réunion, ainsi qu'à Madagascar et sur la côte orientale d'Afrique. Ses tubercules sont assez analogues à ceux de la pomme de terre, mais d’une saveur différente. Ils peuvent servir à propager la plante, qui se reproduit d’ailleurs aisément de boutures. C’est l’'Oumime des habitants de Madagascar.

L'histoire horticole de cette labiée est encore fort obscure; il se peut même qu’elle n’appartienne pas au genre botanique sous le nom duquel elle est désignée. Elle paraît même très voisine de plusieurs autres espèces congénères, qui produisent de même des tubercules comestibles. Sa culture essayée à Paris n’a eu aucun succès, et paraît ne pas pouvoir sortir des pays chauds.

PLECTRONIA ventosa L.— Arbuste de la famille des Rubiacées,

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de l'Afrique australe, où on l’emploie surtout à faire des haies, concurremment avec les P. ciliata Sonner et P. spinosa KLorscx. Les fleurs parfumées de ces arbrisseaux sont très recherchées des abeilles.

POA.— Paturin. Genre de Graminées vivaces ou annuelles, la plupart fourragères et diversement utilisées en agriculture. Ce genre contient de nombreuses espèces, et pour ce fait est subdivisé en sous-genres ou genres distincts qu'il n’y a aucun inconvémient à réunir ici sous la même dénomination. Nous appelons l’attention du lecteur principalement sur les espèces suivantes :

P. abyssinica JAcQUIN. — Teff d'Abyssinie. Plante annuelle de l'Afrique orientale, où elle est cultivée à la fois comme céréale et comme fourrage. Ses graines, très menues, servent à faire du pain et des potages, et ses pailles à nourrir les bestiaux. La culture en a été essayée à plus d’une reprise dans le nord de la France, où elle n’a pas trouvé une chaleur suffisante, mais elle réussirait à coup sûr dans le midi de l’Europe et dans les colonies intratropicales.

P. alpina L. — Paturin des Alpes. Des régions arctiques de l’hémisphère septentrional et des hautes montagnes de l’Europe. C’est un bon fourrage vivace à faire pâturer dans les pays froids. Les P. sudetica Hoenk. et kybrida Gaup. rendraient les mêmes services dans des conditions analogues.

P. angustifolia L. — Des pays froids et tempérés-froids de l’hémisphère du nord. Ilest vivace et propre surtout au pâturage dans les localités humides. Le P. fertiis Hosr. n’en est probablement qu’une variété.

P. aquatica L.; Glyceria aquatica SM. — Grande et belle plante des terrains très humides ou marécageux, de presque tout l’hémisphère septentrional. Elle est vivace et s’élève droite et ferme jusqu'à ? mètres de hauteur. Ses grosses tiges sont trop dures pour être consommées par les bestiaux, mais son feuillage leur convient, et son produit sous ce rapport est considérable. Au dire du docteur Curl, ce fourrage est considéré comme un des plus avantageux à la Nouvelle-Zélande.

P. Brownii KuNTH; Eragrostis Brownit N£es. — De l’Australie tropicale et extra-tropicale. Plante vivace, dont la principale qualité est de conserver sa verdure sur les terres les plus arides et pendant les plus longues sécheresses de ce climat. Si ce n’est pas un fourrage de premier ordre, il a du moins l’avantage d’être une ressource pour les moutons aux époques de grande pénurie. Ce serait une utile introduction à faire dans le nord de l'Afrique.

P. chinensis Koeni1@. — Du sud-est de l’Asie et de l'Australie. Recommandé par le docteur Bailey comme un bon fourrage. Il réussit dans les terres les plus sablonneuses.

P. cynosuroides Retz. — Du nord-est de l'Afrique, de l'Arabie et de l'Inde. Graminée vivace, à tiges dures, lenaces, impropres à l'alimentation des bestiaux, mais utilisée dans le nord-ouest de l’Inde comme plante à filasse, pour faire des nattes et des cordages. Le P. cœspitosa Ferd. vox MULLER, qui est commun dans le sud-est

australien, peut lui être comparé sous ce rapport. Les indigènes se servent de ses fibres pour confectionner des filets très solides. Ces deux plantes sont, comme on le voit, assez analogues à l’alfa et à l’esparto (Lygeum spartum L..) du nord de l'Afrique.

P. digitata Rob. Br. — De l'Australie centrale et orientale. Très bonne plante vivace et drageonnante pour fixer les sables meubles, et fournir en même temps du pâturage aux bestiaux.

P. distans L. — De l’Europe et de tous les pays tempérés ou froids de l’hémisphère du nord. Cette graminée vivace est du petit nombre de celles qui recherchent les terrains salés, et qui y rendent des services comme plante fourragère.

P. fluitans Scor.; Glyceria fiuitans Rob. BR. — Manna grass des Américains. De tout l’hémisphère septentrional, et même de l'Australie orientale. Plante vivace, qui flotte à la surface des eaux calmes ou dont le cours est peu rapide. Elle est tendre et aimée des bestiaux, mais elle rend plus de services par sa graine, qu’on récolte dans divers pays, surtout dans l'Amérique du Nord, pour en faire des potages. Comme aliment elle n’est pas inférieure au riz.

P. nemoralis L. — Paturin des bois. C’est un des bons fourrages de l’Europe et de l'Amérique. Il est vivace, très rustique, et, ce qui fait un de ses principaux mérites, 1l ne craint pas l’ombre des bois, funeste à tant d’autres plantes. Il est en outre très envahissant et étoufte la plupart des plantes auxquelles il se trouve mêlé, qualité qui le fait rechercher pour la composition des pelouses et des gazons.

P. pectinacea Micax.; Eragrostis pectinacea GRAY.— Du centre et du sud des Etats-Unis. C’est une plante vivace, drageonnante, qui se propage rapidement sur les terrains secs et même sur le sable des côtes, ce qui indique l’emploi qu’on en peut faire. C’est d’ailleurs un fourrage passable.

P. pralensis L. — Paturin des prés. Vivace, très cultivé dans presque toute l’Europe, plutôt pour être pâturé par les animaux que pour être fauché, mais son foin est excellent. Il s’accommode de tous les genres de terrains, préférant toutefois ceux qui ont du fond et ne se dessèchent pas trop, quoiqu'il résiste assez bien à la sécheresse. Partout, d’ailleurs, on l’emploie à faire des gazons, qui deviennent très beaux et durent longtemps. Quelques agriculteurs cependant lui préfèrent pour ces divers emplois l’espèce suivante :

P. trivialis L. — De l’Europe et de l'Asie septentrionale; aussi commun en France que le P. pratensis, et croissant comme lui dans tous les terrains, restant assez bas dans ceux qui sont secs, mais prenant un beau développement dans ceux qui conservent de l’humidité, ce qui en fait alors un bon fourrage à faucher. L’agronome Sinclair regardait ce paturin comme supérieur à tous les autres, et comme manifestement préféré par les chevaux, les bœufs et les moutons. Il est plus tardif que le P. pratensis, mais donne néanmoins un regain considérable.

Beaucoup d’autres graminées du genre Poa ou de genres voisins, dont nous ne parlons pas ici, mériteraient d’être soumises à l’étude par les agriculteurs. Nous n’avons signalé dans la liste qui

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précède que celles qui ont été l’objet d'expériences et qui ont fait leurs preuves d'utilité.

PODACHÆNIUM «latum BENTH.; Ferdinanda eminens LAGAscA. — Grande plante arborescente ou arbrisseau de la famille des Composées, introduite des montagnes de l'Amérique centrale dans les jardins d'agrément de l’Europe, ce qu’elle justifie par sa haute taille, son grand feuillage et sa riche floraison.

PODOPHYLLUM peltatum L. — Plante herbacée, vivace, des forêts de l'Amérique du Nord, qu’on rattache à la famille des Berbéridées. Elle a une certaine importance en médecine par un alcaloïde, la berbérine, contenu dans son tubercule. Ce dernier est vénéneux, et néanmoins les fruits de la plante, qui sont relativement gros et de forme ovoïde, sont comestibles.

Une seconde espèce, le P. Æmodi Wazr., des hautes montagnes de l’Inde, et très analogue à celle d'Amérique, est douée vraisemblablement des mêmes propriétés médicinales. Son fruit aussi est comestible. Dans les jardins de l’Europe ces deux plantes n’ont été

jusqu'ici que des objets de curiosité.

PODOCARPUS. — Arbres et arbrisseaux conifères, tous étrangers à l’Europe ét dont les espèces sont plus nombreuses dans l’hémisphère austral que dans celui du nord, où elles ne dépassent guère le tropique du Cancer. Leurs fleurs sont le plus souvent dioïques, et leurs fruits sont des baies succulentes dont l’unique graine est quelquefois entourée d’un testa ou noyau osseux. Quoique très voisins des Nageia par leurs organes de fructification, les Podocarpus s’en distinguent aisément à leur feuillage étroit et pourvu d’une nervure médiane généralement bien prononcée. On en connaît aujourd’hui une quarantaine d'espèces, parmi lesquelles 1l suffira de citer les suivantes :

P. amara BLuue— Le Ximerak des Javanais. Arbre d’une soixantaine de mèêtres de hauteur, qui occupe les sommets les plus élevés des montagnes volcaniques de Java. On ne sait s’il serait rustique dans le midi de l’Europe, mais il conviendrait pour plusieurs colonies intratropicales à climat humide. On peut en dire autant du P. bracteata, des îles de la Sonde. Il est de moitié moins grand que le précédent, et utilisé comme lui pour la charpente et la menuiserie.

P. andina PorpriG.; Prumnopitys elegans Pairippr.— Lleuque des Chiliens. Des hautes montagnes du Chili. C’est à la fois un arbre forestier, malgré sa taille médiocre, et un arbre fruitier par ses baies assez semblables à des cerises et comestibles. Son bois dur et jaunâtre est employé à divers ouvrages de tour et de tabletterie.

P. chilina Ricu. — Connu au Chili sous les noms dé Mangui et Labual. C’est un arbre d’une quinzaine de mètres, à fleurs dioïques. Bois blanc, et, dit-on, d'excellente qualité.

P. cupressina Rob. Br. — Très grand arbre de Java et des îles Philippines, haut de 60 à 80 mètres, sur une grosseur proportionnée.

Son bois est recherché pour la charpente et les constructions navales. C’est le C’aomano des Javanais.

P. dacrydioides Ricu.; Dacrydium excelsum Dox.— Très grand arbre de la Nouvelle-Zélande septentrionale, d’un aspect singulier par suite de la teinte cuivrée ou bronzée de son feuillage, ce qui le fait rechercher pour l’ornementation des parcs dans le midi de l'Europe, mais il n’est pas rustique dans le nord de la France. Ses baies blanches et succulentes sont mangées par les indigènes. Le bois de l’arbre est lourd, dense, d’une teinte pâle, excellent pour tous les ouvrages d'intérieur, la menuiserie, le parquetage des appartements, etc., mais il ne résiste pas longtemps à l'humidité lorsqu’il est exposé à l'air. Il a autant de force que celui du Rimu (Dacrydium cupressinum), quoique moins résistant aux attaques des insectes. C’est le Kahicatea des Maoris et le White pine des colons anglais.

P. elata Rob. Br. — Bel arbre de l'Australie orientale, haut de 20 à 25 mètres, à tronc droit, de 150 à 2 mètres de tour au niveau du sol. Son bois est tendre, léger, sans nœuds, facile à travailler, ce qui le fait rechercher des menuisiers. Sur le marché de Brisbane son prix varie de 25 à 35 fr. par 1,000 pieds anglais superficiels.

P. elongata L'Hérir.; Taæus capensis Lamk. — De l'Afrique australe, et un des plus grands arbres de cette région, quoiqu'il ne dépasse guère une vingtaine de mètres en hauteur. Son bois, assez semblable à celui du sapin, mais non résineux, est jaunâtre et employé en menuiserie. On s’en sert aussi pour la mâture des navires.

P. ferruginea Dox.—Miro des indigènes de la Nouvelle-Zélande ; Black pine des colons anglais. C’est un arbre de 20 à 25 mètres, à rameaux rougeñtres, comme l’est le bois, et qui produit une résine d’un brun rouge et de saveur amère. Le bois est très dur, à grain

fin et particulièrement recherché par les ébénistes. Il est d’ailleurs’

d’une bonne durée même lorsqu'il est exposé aux embruns de la mer. Ses graines sont comestibles, au moins pour les indigènes de la Nouvelle-Zélande.

P. macrophylla Don — Du Japon, où il porte le nom d’Znou- Maki. C’est un arbre de 15 à 20 mètres, dont le bois blanc et compacte est utilisé dans la menuiserie du pays. Son écorce, enlevée par grandes plaques, sert à couvrir les habitations rurales. Ses fruits, ou plutôt leurs pédoncules devenus charnus, sont comestibles.

P. nubigena Lainbs. — Des Andes du Chili et de la Patagonie, jusqu’à la limite des neiges éternelles. C’est un grand arbre forestier, dont le bois est utilisé au Chili, sous le nom de Pino.

P. spicata Rob. Br. — Arbre de 50 à 60 mètres, de la Nouvelle- Zélande septentrionale, qui recherche les terrains tourbeux et humides des forêts. C’est le Mataï des Maoris et un des Zlack-pine des colons anglais. Son bois est rougeâtre, facile à travailler et employé aux usages les plus variés de la charpente et de la menuiserie; on en fait même des pilotis pour les ponts et des traverses de chemins de fer.

P. Thunbergiü Hook. — De l'Afrique australe, où son bois est considéré comme supérieur à celui des autres conifères du pays. Il est jaune, à grain très fin et devient très beau après le polissage.

P. Totara Don. — De la Nouvelle-Zélande. Arbre magnifique, de 35 à 40 mètres de hauteur, sur 2? mètres ou plus de diamètre à la base. C’est le Pin acajou des colons anglais, qui le tiennent pour l'arbre forestier le plus précieux du pays. Son bois rougeâtre, compacte et d’une longue durée, est propre à toutes les constructions, même à celles de la marine, car on dit qu’il n’est point attaqué par les tarets. Quoique moins résistant que celui du Kauri (Dammara australis), on l’emploie à faire des poteaux télégraphiques et des traverses de chemins de fer. Ce bel arbre est rustique dans le midi de la France, où on le rencontre dans quelques parcs ou jardins d'agrément.

POINCIANA. — Arbrisseaux de la famille des Légumineuses- Cæsalpiniées, réunis par quelques auteurs aux Cæsalpinia. L’espèce la plus connue est le P. Gilliesii L., arbrisseau du Chili, simplement ornemental, et depuis longtemps introduit dans les jardins de l’Europe. Son port est défectueux, mais ses grandes fleurs jaunes et ses longues étamines pourpres sont d’un bel effet dans les massifs. Il est très rustique dans toute la région méditerranéenne. On cultive’ aussi, mais moins communément, le P. pulcherrima, également ornemental.

POGOSTEMON Patchouli PELLETIER. —Patchouli. Labiée vivace des montagnes de l’Inde, devenue célèbre en parfumerie, ce qu’elle doit à une essence aromatique qu’on extrait de ses racines et de ses feuilles. Comme plante d'agrément elle n’a rien de remarquable, mais il se pourrait qu’elle acquit un jour une certaine importance industrielle, car il serait facile de la cultiver comme plante odoriférante dans le midi de l’Europe et ailleurs.

POLYANTHES {uberosa L. — Tubéreuse. Liliacée bulbeuse de l'Inde, à feuilles étroites et à fleurs blanches, introduite depuis longtemps en Europe, où on la cultive comme plante d'agrément dans le Nord et comme plante à parfum dans le Midi. A ce dernier point de vue elle donne lieu à une industrie et à un commerce lucratifs en Provence, où des champs entiers sont plantés de tubéreuses. Les fleurs, dont l’odeur est suave et pénétrante, sont distillées principalement dans la ville de Grasse, qui a en Europe le monopole de ce parfum. Des cultures analogues ont été instituées aux environs d'Alger.

POLYGALA crotalarioides HamiLT. — Plante de la famille des Polygalées, indigène dans la région tempérée de l'Himalaya. On la vante, dans ce pays, comme un antidote de l’empoisonnement par la morsure des serpents venimeux, ce que jusqu'ici rien n’a confirmé. Plusieurs autres espèces du même genre, tant de l’Asie que de l'Amérique, jouissent d’une pareille renommée, qui n’est sans

doute pas plus justifiée que celle de beaucoup d’autres plantes préconisées pour le même usage.

Un intérêt plus réel s’attache à quelques espèces du genre, qui ne jouent, dans nos jardins, que le rôle de plantes d'ornement. L'une d'elles est le P. chamæbuzxus L., fruticule des Alpes, à joli feuillage persistant et à fleurs jaunes; les autres, originaires de l'Afrique australe, sont de grands buissons à fleurs roses ou pourpres, dont le plus répandu et le plus beau est le P. myrtifolia. Toutes ces espèces ou variétés sont rustiques dans le midi de l'Europe.

Le P. Senega L., herbe vivace de l'Amérique du Nord, a quelques emplois en médecine.

POLYGASTER Sampadarius FRIES.-— Champignon souterrain du sud-est de l'Asie. On dit que c’est une des meilleures trufies connues. Il doit être bien entendu, cependant, que ce champignon n’a rien de commun avec les véritables trufies de l’Europe.

POLYGONUM finclorium LOUR. — Persicaire indigo ou tinctoriale. De la famille des Polygonées. Plante annuelle, cultivée au Japon et en Chine, où on en retire une teinture bleue analogue à l’indigo. Dans ces deux pays cette culture a de l’importance, et on a essayé de l’introduire en France. La plante s’y ‘est montrée rustique et s’est même ressemée de ses graines; ses feuilles étaient riches’ en matière tinctoriale, et elle réussissait dans tous les sols non sujets à se dessécher. Il semblait donc qu’elle eût un certain avenir agricole; cependant, pour des raisons purement économiques sans doute, elle est tombée dans l'oubli. Toutelois elle pourra être re-

prise un jour avec plus de succès. D’après les expériences de MM. de Vilmorin, la plante se plairait paruculièrement dans les terrains tourbeux et même marécageux.

POLYPORUS giganteus FRies. — Sorte de gros champignon qui croît sur le tronc pourri des arbres. Il est alimentaire et se vend même sur les marchés en Silésie. C’est toutefois un aliment médiocre, comme les autres espèces du genre, telles que les P. frondosus; ovinus, tuberaster et citrinus. Le docteur Atkinson cite, comme comestible, au Cachemyre, les P. fomentarius et P. squamosus.

ne POLYMNIAedulis WEDDELL,— Poire déterre,Yacon et Aricoma. $ Composée des Andes de la Nouvelle-Grenade, dont la racine produit des tubercules comestibles de la grosseur du poing et quelquefois beaucoup plus volumineux, et dont le poids peut atteindre ? kilogrammes. Chaque plante en produit en moyenne 4 ou 5, et exceptionnellement de 15 à 20. Ces tubereules, qui ont la consistance du navet et un faible goût de poire, sont mangés crus par la population indigène et pauvre des Andes; ils sont meilleurs cuits et se rapprochent alors de ceux du topinambour, Comme légume, la plante a eu jusqu'ici peu de succès en France, mais elle semble promettre une bonne plante agricole pour la nourriture des bestiaux, et elle

aurait sur le topinambour l’avantage de ne pas drageonner. Elle pourrait devenir aussi une plante industrielle pour l’extraction du sucre que ses tubercules contiennent en proportion assez notable. Pour ces diverses raisons, la poire de terre, ou yacon, nous paraît mériter l'attention des expérimentateurs. Elle est d’ailleurs assez rustique dans une grande partie de la France.

POPULUS. — Peuplier. Genre d’arbres de la famille des Salicinées, dont les espèces, peu nombreuses si on les compare à celles des saules, se trouvent en Europe, en Asie, dans le nord de l'Afrique et dans l'Amérique septentrionale. Quelques-unes de ces espèces deviennent des arbres de première grandeur, mais le bois de la plupart, blanc et mou, n’a qu'un emploi assez restreint dans les grandes constructions. Tous sont rustiques sous nos climats et à feuilles caduques. .

P. alba L. — Peuplier blanc, ypréau, blanc de Hollande. Arbre indigène, de 30 à 40 mètres, croissant avec rapidité, très pittoresque par son port et par son feuillage vert en dessus, cotonneux et blanc en dessous. Cet arbre se plaît dans les terres profondes et fraîches. Son bois, blanc, léger et facile à travailler, est employé en menui-

serie pour des ouvrages communs, et il dure assez longtemps s’il est

tenu au sec.

Le peuplier blanc a quelques variétés, parmi lesquelles nous citerons le grisard, ou grisaille (P. canescens), qui se distingue du type par la teinte blanc-grisâtre du coton de ses feuilles, et le peua cotonneux ( P. nivea), dont les feuilles sont obtusément trilobées, et d’un blanc de neige en dessous, ce qui le rend particulière-

ment ornemental.

P. angustifolia JAMES. —- Arbre d’assez grande taille, vigoureux et de croissance rapide. Utilisé en Amérique pour faire des brisevent et des abris contre le soleil. |

P. balsamifera L. — Beaumier, Tacamahac. Des parties froides de l'Amérique du Nord, de la Sibérie et même de l'Himalaya, aux altitudes de 3,500 à 4,000 mètres. Il est de moyenne grandeur (20 à 25 mètres), plus petit encore en Europe. Ce qui le rend remarquable c’est l'espèce de résine aromatique qu’il exsude de ses bourgeons et qu'on recueille pour la livter au commerce sous le nom de baume de Tacamahac.On lui rattache, comme simple variété, le P. candicans de quelques auteurs. <

P. ciliata WaLricH. — De l'Himalaya, aux altitudes de 1,500 à 3,000 mètres. C’est un gros arbre de 20 à 25 mètres, sur un mètre ou plus de diamètre.

P. euphratica Ozivier. — Répandu du nord de l'Afrique à l’Himalaya, où il monte jusqu’à 4,000 mètres. Son bois est plus dur que celui des autres peupliers, et prend une couleur brune sur les arbres âgés. On s’en sert pour les constructions ordinaires, en menuiserie commune et pour divers autres ouvrages. Sa feuille est utilisée pour la nourriture des bestiaux. Cet arbre était connu des anciens; c’est

. celui dont il est parlé dans le 137° psaume de la bible.

P. grandidentata Micax. — Du nord de l'Amérique. Arbre de

Le

20 à 25 mètres, à bois blanc et léger, qui, réduit en pâte, sert à fa= briquer du papier. |

P. heterophylla L. — Cotton-wood des Américains. Arbre d’une vingtaine de mètres, à bois blanc, mou, facile à fendre, employé aux mêmes usages que les précédents et servant comme eux à assainir les terres imbibées d’eau. Et

P. monilifera AITON; P. canadensis Desr. — Désigné aussi sous le nom de Cotton-wood en Amérique. C’est un des plus grands arbres du genre, car 1l atteint jusqu’à 40 mètres de hauteur, sur une circonférence de 6 à 7 mètres à la base du tronc. C’est aussi un des plus utiles par son bois, qui, bien que léger et tendre, se prête à de nombreux emplois en menuiserie. Ce bois s’enflamme difficilement, M ce qui est une sécurité contre les incendies, néanmoins il fournit un assez bon chauffage. La rapidité de sa croissance en fait un arbre précieux sous d’autres rapports, par exemple pour ombrager les avenues, les routes, les places publiques, etc., mais il ne faut y employer que les arbres mâles, parce que les femelles laissent tom- … ber une sorte d’ouate, qui flotte dans l’air et devient très.incommode … pour les passants et les promeneurs. Du reste, il est peu difficile sur la nature du terrain et réussit à peu près partout.

P. nigra L. — Peuplier noir. L'arbre classique du genre. Il est répandu sur la plus grande partie de l’Europe, en Asie et jusqu’en Chine et sur l'Himalaya. C’est un grand arbre, à tronc droit, qui croît très vite dans les terrains frais. Dans le midi de la France on est dans l'habitude de le tailler en têtard, ce qui le rend difforme, “ mais lui fait développer de nombreux rameaux, qu’on utilise de bien des manières, et qui, réunis en fagots garnis de feuilles, sont une M provision pour les moutons pendant l'hiver. Son bois léger et un «= peu mou est usité en menuiserie, et sert surtout à faire des caisses d'emballage. On le reproduit ordinairement par plançons, c’est-à= dire par simples gaules fichées dans la terre humide, où presque toutes s’enracinent.

Dans le type de l’espèce les branches sont plus ou moins étalées, M mais il a produit une variété très habituellement cultivée, dont les M branches rapprochées du tronc et dressées en font un arbre élancé. C’est le peuplier pyramidal, où peuplier d'Italie (P. fastigiata), n connu de tout le monde. à

P. angulata Horr. KEew. — Peuplier de la Caroline. Grand et très gros arbre du sud des Etats-Unis, remarquable par la grandeur de son feuillage vert et luisant, mais par cela même donnant trop de prise au vent, qui en casse souvent les branches. C’est un bel. arbre d'ornement, quoiqu'il ne soit pas suffisamment rustique dans le nord de la France, surtout pendant sa jeunesse. Son bois, léger et cassant, ne convient que pour les ouvrages communs de menui- M serie. Il se reproduit aisément de branches bouturées en terre " humide, mais il faut ne le planter que dans des massifs d’autres M arbres pour le défendre contre la violence des vents.

P. tremula L. — Tremble. De l’Europe et d'une grande partie de l'Asie, jusqu’au Japon. Sa hauteur est de 20 à 25 mètres. C’est plutôt un arbre paysager que d’utilité, son bois blanc et léger n'ayant |

que peu de valeur pour les travaux de menuiserie, mais il pourrait, étant broyé, entrer dans la confection de la pâte à papier, comme celui du P. tremuloides, où faux-tremble de l'Amérique du Nord. Ces deux arbres ne réussissent pas dans les terres humides qui conviennent à d’autres peupliers et aux aunes.

On trouve dans les plantations de l’Europe plusieurs autres espèces de peupliers exotiques, telles que les P. græca, hudsonica, lœævigata, ontariensis, etc., mais ce sont plutôt des arbres de collections d'amateurs que des arbres d'utilité réelle après ceux que nous avons signalés ci-dessus.

La culture et la multiplication des peupliers sont des plus simples. On peut recourir aux semis des graines, mais généralement on se contente de bouturer des branches, même déjà grosses, et leur reprise manque rarement dans les terres fraîches et un peu humides. Malgré le peu de valeur de leur bois, les peupliers ne laissent pas que de donner des profits relativement considérables en bois de chauffage, en fagots et perches, qui trouvent toujours un emploi à la campagne. Les branches coupées sur les arbres taillés en têtard au milieu de l’été, et tenues au sec, conservent leurs feuilles et deviennent une sorte de fourrage d'hiver, profitable surtout aux moutons. Il faut considérer en outre que les plantations de peupliers, surtout de peuplier noir, sont très utiles pour fixer les sables alluvionnaires le long des rivières sujettes aux débordements. Dans les prairies des lignes de peupliers d'Italie arrêtent les vents et fournissent de l'ombre aux bestiaux.

PORPHYRA oulgaris AGARDH. — Plante marine de la famille des Algues, qu'on pourra s’étonner de voir figurer ici, car jamais en Europe on n’a songé à soumettre ces plantes à la culture, bien qu’on les récolte sur nos côtes océaniques pour en faire de engrais. Il en est autrement au Japon, où plusieurs espèces d’algues sont alimentaires et en quelque sorte cultivées dans l’eau de mer. C’est particulièrement le cas de celle dont il est question ici, et qui occupe de vastes étendues dans les mers froides ou tempérées de l’hémisphère septentrional.

Les Japonais y procèdent de la manière suivante : ils choisissent des baies peu profondes, donnant la préférence à celles ou l’eau douce de quelque rivière se mêle à l’eau salée. Ils fichent dans le limon des branches de chêne (Quercus serrata), sur lesquelles les algues ne tardent pas à se fixer. Cela a lieu au printemps et la récolte se fait en hiver, à partir du mois d'octobre. Les jeunes algues sont alors détachées des branches et livrées à la consommation, au fur et mesure de la cueillette.

Les algues sont plus riches en substances alimentaires qu’on ne le soupçonnerait au premier abord. Ce sont elles d’ailleurs qui nourrissent l'immense population animale des océans. L'analyse chimique a fait reconnaître que, sur 100 parties, le Porphyra vulgaris en contient 26 de matières azotées et environ 5 de phosphate de potasse, indépendamment de quelques autres substances également utiles à l’alimentation.

Bien d’autres algues d’ailleurs sont usitées en Chine et au Japon pour la nourriture de l’homme, telles que le Glæopeltis intricata, le Laminaria saccharifera et diverses espèces de Phylloderma, Phyllitis, Calhymenia, Cystoseira, Gelidium, etc.

PORTULACARIA afra JACQ. — Portulacée arbustive de l’Afrique australe, à tige et rameaux charnus et succulents, et qui est la principale nourriture des éléphants. On l’emploie aussi à celle des moutons. Cette plante croissant dans les lieux les plus arides pourrait évidemment rendre des services en divers pays, et surtout dans le nord de l’Afrique.

POUZOLZIA tuberosa WiGnT. — Urtücée de l'Inde, dont la racine napiforme est comestible. On pourrait sans doute l'améliorer par la culture et en faire une plante utile dans la plupart des pays chauds.

PRANGOS pabularia LiNpL. — Grande ombellifère des plateaux de la Mongolie et du Thibet, vivace, rustique et renommée pour la nourriture des bestiaux et des moutons. Vers le milieu du siècle elle a été l’objet de quelques essais de culture en France, et bientôt oubliée, peut être à tort. D’autres espèces du même genre existent sur les hautes montagnes de l'Inde, dans l'Atlas et le Caucase. On croit que le Prangos pabularia est le Silphium mentionné par Arrien.

PRINGLEA antiscorbutica ANDERS. — Crucifère qu’on pourrait appeler le chou de Kerguelen. C’est une plante vivace, dont les longues racines ont le goût du radis ou du cran de Bretagne. Ses feuilles, sans cesse renouvelées, se serrent les unes contre les autres pour former une tête ou pomme assez semblable à celle d’un chou cabus, et c’est au-dessous de cette pomme que naissent les rameaux chargés de fleurs. La plante prospère surtout au voisinage de la mer, dans les terres basses et salées, mais elle s'élève aussi à 4 où 500 mètres sur les montagnes de l’île. Elle rend les plus grands services aux baleiniers qui fréquentent ces parages, en leur fournissant un excellent légume, et en guérissant du scorbut les marins qui en sont atteints. Toutes les parties de la plante sont imprégnées d’une huile essentielle analogue à celle de la moutarde, du cresson, du cochléaria et de quelques autres crucifères. La culture pourrait en tirer un bon légume, qui serait surtout apprécié dans les pays froids. C’est au Pringlea que le célèbre navigateur Cook dût de sauver ses équipages ravagés par le scorbut, dans son voyage au pôle antarctique.

PRINSEPIA utilis ROYLE. — Arbre des montagnes du Népaul, dont les graines très huileuses sont utilisées dans le pays. Il appartient à la famille des Chrysobalanées. Probablement rustique en Europe.

PROSOPIS. — Arbres et arbrisseaux de la tribu des Légumi-

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neuses-Mimosées, dont plusieurs espèces donnent des produits utiles à l’industrie et à l’agriculture. Il faut surtout signaler les suivantes :

P. dulcis KuNrH. — Cashaw, Mesquite et Algarroba de la Californie et du Texas. Petit arbre épineux, à bois dur, extraordinairement fort, fréquemment employé pour faire des haies très défensives. Ses siliques, à pulpe sucrée, et assez analogues à celles du

caroubier de l’Europe, servent à nourrir le bétail et quelquefois

l’homme lui-même. Plusieurs autres Prosopis sont également utilisés pour la nourriture des animaux, mais seulement de ceux qui ruminent, et qui par là se préservent des gaz que cette nourriture développerait dans leur estomac et qui auraient pour conséquence des accidents graves et quelquefois mortels. Ces siliques, d’après les analyses de Sievert, contiennent de 25 à 28 pour 100 de sucre de raisin, de {1 à 17 pour 100 de fécule, de 7 à 11 pour 100 de protéine, de pectine et d’autres substances alimentaires non azotées. Elles sont également riches en potasse, en chaux et en acide phosphorique. Un autre emploi de ces fruits consiste à en fabriquer une sorte de bière mousseuse, nommée À/oja. Enfin on tire de l'écorce, des feuilles et des gousses elles-mêmes de plusieurs espèces ou variélés de Prosopis, jusqu’à 20 ou 21 pour 100 de tannin.

Le P. glandulosa, simple variété du précédent, exsude uue gomme analogue à la gomme arabique, qu’on a soin de recueillir et qui est achetée par les droguistes du pays. Vingt mille kilogrammes, en moyenne, sont la récolte annuelle de cette gomme, et elle laisse un bénéfice important si l’on considère que la culture des arbres est pour ainsi dire nulle, et que la récolte de la gomme est faite par des femmes et des enfants. Le bois de l’arbre n’est pas d’ailleurs sans valeur ; sa dureté et sa beauté, qui approchent de celles de l’acajou, en font un excellent bois d’ébénisterie. Ce serait, comme on le voit, un arbre à introduire dans le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique.

P. pubescens BeNTH. — Des mêmes lieux que le précédent et appelé à rendre les mêmes services. Ses siliques, qui mürissent en toute saison, sont riches en sucre et autres matières nutrilives.

P. spicigera L. — De la Perse et de l'Inde, assez rustique pour pouvoir s’acclimater dans la région méditerranéenne et les déserts de l’Afrique. C’est aussi un arbre épineux et à siliques comestibles.

Plusieurs autres espèces du genre méritent encore d'attirer l’attention des cultivateurs.

PROTEA mellifera THuNBG.— Arbrisseau de l’Afrique australe, du groupe des Protéacées, remarquable par la beauté de ses fleurs réunies en capitules, mais bien plus intéressant par l'abondance du nectar que ces fleurs sécrètent, et qui est telle qu’on peut le recueillir dans des vases en laissant simplement égoutter les inflorescences. Ce nectar est un sirop naturel, presque entièrement composé de glucose, qu’on emploie à divers usages domestiques au cap de Bonne-Espérance. Il est susceptible de cristalliser et peut même remplacer le sucre proprement dit, ou saccharose. C’est toutefois à un autre point de vue que nous appelons sur cet arbrisseau lPattention des acclimateurs, car nous y voyons une des plantes les plus

utiles pour la nourriture des abeilles et par suite la production du miel. Par lui on donnerait de la valeur à beaucoup de terrains du midi de l’Europe et du nord de l’Afrique dont l’aridité s’opposerait à toute autre culture profitable.

Plusieurs autres arbrisseaux du même genre, et pareïllement de l'Afrique australe, sont aussi très mellifères et mériteraient qu’on s’occupât d’eux autrement que comme simples arbustes d'ornement.

PRUNUS. — Prunier. Arbres et arbrisseaux de l’hémisphère septentrional, qu’on peut regarder comme le type des Rosacées- Amygdalées, dont le fruit est une drupe succulente, sucrée ou acerbe, contenant un noyau. Les pruniers sont si voisins des cerisiers, des abricotiers, pêchers et amandiers, que Linné a réuni tous ces arbres sous la dénomination commune de Prunus. Toutelois, dans la pratique de l’arboriculture, il est plus commode de les tenir séparés en genres particuliers, quoique souvent leurs différences soient difficiles à préciser.

Plusieurs espèces de pruniers sont devenues des arbres fruitiers de premier ordre, et la culture, qui en est fort ancienne, y a fait naître une multitude de variétés, dont nous n’avons pas à nous occuper ici, renvoyant les lecteurs aux traités spéciaux d’arboriculture fruitière. Nous citerons seulement pour mémoire les pruniers myrobolan, de Damas, perdrigons, mirabelles, Reine-Claude verte, rouge et violette, et parmi les prunes à pruneaux celles de Brignolles et d'Agen et les quetsches. Nulle part les pruniers ne sont aussi largement cultivés qu’en France, et c’est là que se confectionnent les meilleurs pruneaux, qui sont devenus l’objet d’un commerce très important et s’exportent dans le monde entier.

Outre les espèces fruitières proprement dites, il en existe beaucoup d’autres qui ne sont pas sans intérêt; telles, par exemple, que les suivantes :

P. drigantiaca L.; Armeniaca DC. — Prunier de Briançon, abricot du pape. Arbrisseau ou petitarbre des Alpes, à gros fruits jaunes, acerbes et à peine mangeables à leur complète maturité, mais contenant un noyau volumineux dont l’amande sert à faire de lhuile. Elle est connue sous le nom d’huile de marmotte. L'arbre est extrèmement productif.

P. spinosa L. — Le prunellier commun. Arbrisseau de presque toute l'Europe, épineux et très ramifié, communément employé à faire des haies, soit seul, soit en compagnie de l’aubépine, mais il a le défaut de drageonner du pied. Ses fruits, qui sont de petites prunes rondes, d’un violet presque noir, sont très acerbes; on les emploie cependant, mêlées à d’autres fruits sauvages, pour faire une mauvaise piquette dont se contentent, faute de mieux, les pauvres gens des campagnes.

P. maritima WANGENHEIN. — Jeech plum des Américains. Arbuste épineux des régions maritimes de l'Amérique du Nord. Très drageonnant du pied; il est utile pour fixer les sables, que d’ailleurs il recherche. Ses fruits, de la grosseur d’une prune de mirabelle, sphériques, rouges ou violets, sont rigoureusement comestibles. Ils

pourraient d’ailleurs servir à faire des piquettes ou même une sorte de kirsch.

P. japonica HonT.—- Du Japon, signalé récemment dans le Gardener's Chronicle, comme une des espèces les plus intéressantes du genre pour ses fruits volumineux, de la grosseur d’une pêche moyenne, lisses, assez semblables à ceux des brugnons(Nectarines des Anglais) et, dit-on, délicieux. L'arbre ne paraît pas avoir été encore introduit en Europe, mais il fructifie en Californie, où il a été envoyé du Japon. Si cette belle prune réalise les espérances qu’elle a fait concevoir, elle prendra rang parmi les meilleures du genre.

Beaucoup d’autres espèces de pruniers, les uns d'ornement pour leur belle floraison, les autres de simple curiosité, pourraient être ajoutées à cette liste. On les trouvera citées dans les ouvrages qui traitent spécialement de l’horticulture d'agrément.

PSAMMA arenariaRoex. et ScH.; Calamagrostis arenaria ROTH. — Roseau du midi de l’Europe, du nord de l'Afrique et de quelques parties de l'Amérique du Nord, qui vit presque exclusivement dans les sables humides le long des rivières et au voisinage de la mer. C’est une des plantes les plus drageonnantes que l’on connaisse ; ses stolons souterrains ou rampants À la surface du sol s'étendent souvent à plusieurs mètres du pied de la plante, aussi est-elle une des meilleures dont on puisse se servir pour fixer les sables et consolider ceux qui pourraient être entraînés par les débordements des rivières. Les sables les plus pauvres lui conviennent, pour peu qu’ils conservent d'humidité à la suite des pluies. Ses tiges serrées arrêtent en outre le sable apporté d’ailleurs par les cours d’eau, et par là épaississent de plus en plus celui où elles enfoncent leurs racines, quelquefois à plusieurs mêtres de profondeur. Le feuillage de ce roseau est trop grossier pour pouvoir servir de fourrage, mais on peut l'utiliser comme litière ou en faire de la pâte à papier.

PSIDIUM. — Goyavier. Genre de Myrtacées comprenant des arbres et des arbrisseaux, la plupart de l'Amérique du Sud intra et extratropicale. Tous peuvent à la rigueur être considérés comme arbres fruitiers, mais il n’y en a encore qu’un petit nombre qui soient cultivés. Leurs fruits sont des baies succulentes, à chair sucrée-acidulée et parfumée, dans laquelle sont nichées les graines. Les espèces suivantes méritent d’être recommandées aux arboriculteurs et aux acclimateurs des pays chauds ou tempérés-chauds.

PS. acidum MarrTius. — De la région du Haut-Amazone. C’est un arbre d’une dizaine de mètres, dont les fruits sont jaune pâle et de la grosseur d’une pomme.

PS. Araca Rappr. — Des Antilles au Brésil méridional et au Pérou. Ses fruits sont, dit-on, délicieux, et ils avaient déjà été remarqués par les anciens botanistes Pison et Margrafi. L'arbre recherche les lieux élevés et secs, ce qui fait supposer qu’il s ’acclimaterait aisément dans le midi de l Europe.

PS. arboreum VELLOZ0. — Des environs de Rio-Janeiro et au-

tres localités du Brésil méridional. Ses fruits sont de la grosseur d’un œuf de pigeon et excellents.

PS. Cattleyanum SABINE.— Goyavier de Cattley. Du Brésil et de l'Uruguay. Grand arbrisseau, qui est un des plus rustiques du genre, et déjà cultivé dans le midi de l’Europe. Il müûrit parfaitement ses fruits en Provence, dans la partie la plus chaude de ce pays. Ses baies sont d’un rouge pourpre obscur, de la grosseur et de la forme d’une corme, et ont quelque chose du goût de la fraise. Le Ps. buætfolium Nurr., de la Floride, en est très voisin et probablement aussi rustique.

PS. chrysophyllum Ferd. vox MüLLer ; Abbevillea chrysophylla BERG. — Guabiroba do mato des Brésiliens. Arbre d’une SR de mètres, du Brésil méridional. Ses fruits sont en moyenne de la grosseur d’une cerise, comestibles d’ailleurs, comme ceux du Ps. cinereum MarT. des mêmes régions, du Ps. cordatum Sims des Antilles et du Ps. cuneatum GaAMBEss. de la province de Minas- Geraes, au Brésil.

PS. grandifiorum MarT. — Petit arbrisseau ou simple buisson des parties les plus méridionales du Brésil. Ses baies sont de la grosseur d’une noix.

PS. Guyava Rapp1. — Goyavier jaune. C’est l’espèce classique du genre, et la plus ordinairement cultivée depuis le Mexique et les Antilles jusqu’à l'extrémité sud du Brésil. Ses fruits sontles goyaves proprement dites, dont on fait grand usage en Amérique comme fruits de table et pour les convertir en conserves qui s’exportent jusqu’en Europe. Leur grosseur ofdinaire est celle d’un œuf de poule, et la chair en est excellente. Du reste il existe de nombreuses variétés de cet arbre, et parmi elles il s’en trouve qui produisent toute l’année, d’une manière continue. La culture en est facile dans tous les climats chauds, et on le voitquelquefois mürir ses fruits dans les localités les mieux abritées de la Provence. Son succès serait plus assuré encore en Algérie et dans tout le nord de l’Afrique. C’est ce goyavier dont Linné avait fait deux espèces sous les noms de Ps. pomiferum et Ps. pyriferum.

PS. incanescens MarT. — Du Brésil méridional. C’est un simple arbrisseau de 1"50 à 2 mètres. Ses fruits sont comestibles.

ES: Do eAE pum ANDERSON. — Des Antilles et du Brésil. Arbrisseau des plus fertiles, et donnant ses fruits d’une manière continue pendant l’année entière. Ils sont jaunes, de la grosseur d’une belle cerise et exquis.

PS. rufum MarT. — Arbrisseau de 2 à 3 mètres, qui habite les montagnes de moyenne hauteur, dans le sud du Brésil, où la gelée se fait sentir en hiver. C’est peut-être l’espèce du genre la plus rustique. Il en serait probablement de même du Ps. lineatifolium des montagnes du Brésil, et du Ps. malifolium de l'Uruguay, tous deux à fruits comestibles.

PSORALEA esculenta PursH. — Picotiane. Légumineuse vivace de l'Amérique du Nord, introduite en France vers le milieu du siècle par Lamare-Picot, qui l’annonçait comme pouvant devenir une

plante économique de valeur, par l’unique tubercule qu’elle produit, et d’où naissent tous les ans des tiges nouvelles. Ce tubercule, dont la consistance est celle d’un navet, est effectivement comestible, ou tout au moins pourrait servir à nourrir des bestiaux, mais il Jui faut des années pour atteindre une grosseur qui permette de l'utiliser. La picotiane a été, en France, l’objet de plusieurs essais, et elle a été finalement abandonnée comme ne pouvant pas payer les frais de sa culture.

PSYCHOTRIA Æckloniana Ferd. von MuLLEr; Grumilia cymosa E. MEYER. — Arbre de l'Afrique australe, de la famille des Rubiacées, dont le bois, d’une belle couleur jaune citron, peut devenir un bois d’ébénisterie et de labletterie d’une certaine valeur.

PTEROCARPUS. — Genre de Légumineuses du groupe des Dalbergiées, composé de grands arbres, utilisés en Asie pour leurs bois et divers autres produits. Les suivants sont surtout à signaler :

PT. indicus Rox8G. — Lingo de la Chine et de l’Inde. Ilest renommé pour l’excellence et la beauté de son bois flammé de rouge. Il produit en outre une résine analogue au sang-dragon.

PT. Marsupium Rox8G. — Grand arbre de l’Inde et de Ceylan, où il s'élève sur les montagnes jusqu’à 1,000 mètres d’altitude, ce qui lui confère une certaine rusticité, probablement suffisante pour en permettre la culture dans les pays tempérés-chauds exempts de gelée. C’est de lui que l’on obtient la résine kino la plus employée en médecine, et qui contient jusqu’à 75 pour 100 d'acide tannique. L'arbre est à feuilles caduques.

PT. santalinus L. fs. — Des montagnes de l’Inde et relativement rustique. On l’exploite pour son bois, très connu sous le nom de bois de santal rouge, et aussi pour la matière üinctoriale qu’il contient. Sa culture a pris de l’importance au Japon, surtout à ce dernier point de vue.

PTEROCARYA. — Genre d'arbres de la famille des Juglandées, originaires des pays tempérés et tempérés-chauds de l'Asie. Ce sont des arbres forestiers et d'ornement, qu’on a depuis peu introduits dans les collections européennes. Trois espèces sont à signaler :

PT. caucasica L. — De la région du Caucase, grand arbre dont le feuillage composé de 5 à 9 folioles rappelle celui du noyer. On dit son bois de bonne qualité. Il est d’ailleurs rustique dans Île centre et le midi de l’Europe.

PT. fraxinifolia Kunru. — De la Perse et de l'Asie centrale. Assez semblable au précédent. Une troisième espèce, le Pé. stenoptera, du Japon, introduit dans le midi méditerranéen de la France, s'y montre assez rustique, quoiqu'il y souffre dans les hivers rigoureux.

PTEROXYLON wtile Ecxz. et ZEy. — Arbre de l'Afrique australe, de la famille des Sapindacées, renommé pour la solidité et la

beauté de son bois, comparable à l’acajou et employé à de nombreux usages domestiques. Il est très combustible, même encore vert, ce qu’il doit à un principe volatil inflammable, qui se dégage par la chaleur et le frottement.

PTYCHOSPERMA. — Genre de Palmiers de la Nouvelle-Hollande et des îles de l’océan Pacifique, analogues aux Arecs, à feuilles pennatifrondes et tous remarquables par la majesté de leur port, aussi sont-ils fort recherchés pour l’ornementation des grandes serres chaudes de l’Europe. Quelques-uns pourraient croître à l'air libre sur les bords de la Méditerranée.

PT. Alexandræ Ferd, von Muzzer. — De l’Australie orientale (Queen's Land). C’est le plus grand des palmiers australiens et une des plus belles productions végétales de cette partie du monde. Sa hauteur dépasse 30 mètres et la couronne de feuilles qui termine son stipe élancé est proportionnée à cette grande taille. Ce sera une importante acquisition pour les pays tempérés-chauds exempts de

elées.

; PT. arfakiana BEccari. — Espèce peu connue, des hautes montagnes de la Nouvelle-Guinée. Encore rare dans les serres chaudes de l’Europe.

PT. Cunninghami H. WENDLAND.— De l’Australie orientale, s’avançant très loin au sud, en dehors des tropiques, ce qui lui assure une rusticité relative probablement suffisante pour l’acclimater dans les parties les plus méridionales de l’Europe. C’est aussi un grand arbre, presque rival du P{. Alexandre.

PT. Mussenbrockiana BEccari.— De Ternate et autres îles voisines de l’Inde, jusqu’à 1,000 mètres d'altitude. Sa taille est d’une trentaine de mètres. Cette espèce est encore peu connue, mais sa beauté lui assure de l'avenir dans les collections de l’Europe. On croit qu'il serait rustique au sud de la Méditerranée et peut-être dans quelques îles de cette mer.

Aux espèces précédentes on peut ajouter les P4. disticha Mio. (Areca disticha GriFriTH), espèce montagnarde de la province d’Assam, et Pé. elegans BLUME (Seaforthia elegans Rob. Br.), des côtes intratropicales de l’Australie. Ce palmier est déjà assez commun dans les serres chaudes de l’Europe.

PUERARIA Thunbergiana BENTH. — Koudzou des Japonais. Légumineuse vivace du Japon, à racine féculente et à longues tiges sarmenteuses, qu’on a introduite en France dans ces dernières années, dans l’espoir d’en faire une plante économique. Les essais qui en ont été faits pendant plusieurs années consécutives n’ont pas répondu à l’attente des expérimentateurs. Tout au plus pourrait-on utiliser les longs et forts sarments de la plante en les convertissant en filasse, comme on le fait au Japon, mais encore faudrait-il que la plante vint sans culture et dans des terres qui ne pourraient pas être occupées autrement. Il y a moins à attendre encore de sa racine, qui, en France du moins, n’a pas produit jusqu'ici de véritables tubercules.

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Le P. tuberosa DC., de l'Asie méridionale, qui croît à des altitudes de plus de 1,000 mètres et produit, dit-on, de gros tubercules comestibles, pourrait être essayé dans des pays plus chauds que l’Europe. Il semble peu probable cependant qu'il y ait quelque service à en attendre.

PUGIONIUM cornutum GÆRTN. — Plante herbacée de la famille des Crucifères, de l’Asie centrale, depuis la mer Caspienne jusqu’à la Chine. Elle est employée en qualité de légume par les Mongols. Peut-être est-elle cultivée sur quelques points.

PUNICA Granatum L. — Le grenadier. Grand arbrisseau qu'on croit originaire d'Orient, à feuilles caduques, à grandes fleurs rouge de sang, naturalisé depuis les temps les plus anciens dans le nord de l'Afrique et le midi de l’Europe, où il produit ces volumineux et beaux fruits connus sous le nom de grenades. Il est commun dans tout le Midi méditerranéen, et même retourné à l’état sauvage sur quelques points. On s’en sert fréquemment pour faire des haies, que ses épines rendent assez défensives. Dans le nord de la France, où il n’est qu’un arbre d'ornement, comme l’oranger et le bigaradier, on le cultive en caisse, et on l’hiverne dans les orangeries, pour le remettre à l’air libre pendant la belle saison.

Le grenadier a produit de nombreuses variétés, au sujet desquelles nous renverrons le lecteur aux traités spéciaux d’arboriculture fruitière. Ses fruits ont le défaut de ne pouvoir pas se conserver longtemps et de ne pas résister à de longs voyages.

L’écorce de sa racine et la peau coriace de ses fruits contiennent un principe amer qui passe pour un des meilleurs remèdes contre le ténia. Ses fleurs et ses graines jouissent aussi de quelques propriétés anthelminthiques, cependant la médecine en fait peu d'usage aujourd’hui.

PYCNANTHEMUM incanum Micax. — Labiée vivace du nord de l'Amérique, dont l’odeur aromatique rappelle celle de la menthe poivrée. Elle se plait dans des lieux rocailleux qui pourraient être utilisés par sa culture.

Une seconde espèce, le P. montanum Micax., est employé par les Américains comme le sont les menthes en Europe. Il en a d’ailleurs toutes les propriétés, et pourrait comme elles être soumis à la distillation.

PYRULARIA edulis MEISSNER. — Grand et bel arbre de la famille des Santalacées, indigène des hautes montagnes du Népaul et des régions voisines. Ses fruits drupacés servent à la nourriture des habitants. D’autres espèces du même genre existent dans P'Himalaya et sur les montagnes de l’île de Ceylan. Une espèce, le P. pubera Micux., du nord de l'Amérique, pourrait être cultivée en Europe pour l'huile que contiennent ses noyaux.

PYGEUM c/icifolium Dre; Cerasus ilicifolia Hort.; Prunus ilici-

folia NuTrrALL. — Grand arbrisseau de Californie, à feuilles persistantes, épineuses sur leur contour, ce qui leur donne quelque ressemblance avec celles du houx. Le fruit, semblable à une petite prune d’un violet foncé à la maturité, contient un noyau très gros relativement, dont l’amande pourrait fournir de l’huile. Ce bel arbrisseau est rustique dans le midi de la France ; il croît très vite et se prête bien à la taille et au ciselage, ce qui, joint à ses feuilles un peu épineuses, d’une verdure vive et coriaces, le rend propre à faire des haies à la fois décoratives et défensives.

PYRUS. — Poirier et pommier. Arbres et arbrisseaux de l’hémisphère septentrional, types du sous-ordre des Pomacées, dans la grande famille des Rosacées, qui ont fourni les arbres fruitiers les plus importants dans tous les pays tempérés de l’ancien et du nouveau monde. Il suffit de nommer les poires et les pommes pour rappeler aux lecteurs l’immense service que ces arbres rendent à l’agriculture et à l’horticulture fruilière.

Dans la pratique on considère les poiriers et les pommiers comme deux genres différents, et en effet on ne peut guère les confondre l’un avec l’autre; au point de vue strictement botanique on est obligé de les réunir en un seul. Non seulement la structure de leurs fleurs et de leurs fruits est la même, ils y ajoutent un autre caractère important, qui est d’avoir des pepins, et non des noyaux ou nucules osseux comme d’autres pomacées à fruits comestibles. Les pommiers proprement dits, reconnaissables à leur fruit sphérique, sphérique-déprimé, plus rarement ovoïde, et dont le pédoncule ou queue est plus ou moins enfoncé dans une cavité, sont, d’une manière générale, plus septentrionaux que les poiriers. On distingue ordinairement au premier coup d'œil les poires à leur forme allongée, presque toujours rétrécie du côté du pédoncule, peu ou point enfoncé dans une cavité. Il y a cependant quelques exceptions, car on connaît des poires presque ou tout à fait sphériques, qui ont beaucoup de ressemblance avec des pommes, mais leur saveur n’a jamais l'acidité qui existe toujours dans ces dernières à divers degrés, surtout dans les variétés sauvages de pommiers. Les poires sauvages sont surtout acerbes, souvent au point d’être immangeables, mais elles blettissent dans l'extrême maturité, et le tannin dont elles étaient imprégnées se change en sucre, ce qui les rend alors comestibles.

Les pommiers et les poiriers sont cultivés sur une immense échelle, en Europe et en Amérique, non seulement pour les fruits de table dont il se fait de grandes exportations, mais aussi pour les boissons alcooliques qu’on obtient par la fermentation du suc de leurs fruits. Les pommes donnent le cidre proprement dit; les poires fournissent le poiré, boisson assez analogue au vin blanc, et qui sert même à faire des imitations de vin de Champagne. Cette industrie est déjà florissante en France.

Si l’on excepte la vigne, le pommier et le poirier sont peut-être

les arbres chez lesquels la culture a fait naître le plus de variétés. On les compte par centaines dans les catalogues de l’horticulture,

Ven

mais il s’en faut de beaucoup que toutes aient une réelle valeur. Les personnes intéressées dans la question trouveront tous les détails nécessaires dans les traités spéciaux, très nombreux, qui ont été écrits sur ce vaste sujet, et parmi lesquels on doit meltre en première ligne, pour la France du moins, le Dictionnaire de pomologie d'André Leroy.

On ignore de quelles espèces sauvages sont sortis primitivement les pommiers et les poiriers de nos jardins; nous ne savons pas davantage s'ils sont d’origine européenne ou asiatique, toutefois il existe en Europe un petit nombre de pommiers et de poiriers sauvages qui pourraient être tout aussi bien des variétés dégénérées de nos races cultivées qu’en être la souche première. Il faut d’ailleurs reconnaître que nous sommes dans la même ignorance relativement à l’origine de la plupart des plantes économiques depuis longtemps cultivées.

En dehors de la production des fruits, les pommiers et les poiriers rendent quelques services par leur ‘bois. Celui des vieux pommiers est léger et peu sujet à se fendre, ce qui fait qu'on l’emploie à faire de menus ustensiles qui demandent ces deux qualités. On en nu surtout des sabots de femmes, légers et d’une assez longue

urée.

Le poirier, qui, avec les années, devient un grand arbre, fournit un bois de qualité, dur et solide, employé en menuiserie et en ébénisterie. Dans une certaine mesure il peut remplacer le buis pour la gravure sur bois. Il vit des siècles et on en voit dont le tronc a jusqu’à 3 mètres de circonférence à hauteur d'homme. Ces vieux poiriers sont souvent extrêmement fertiles ; il en est qui produisent en une seule récolte de 20 à 30,000 fruits, mais ce sont toujours des arbres non greffés et qui se rapprochent beaucoup des variétés sauvages.

Le pommier et le poirier ne prennent que difficilement de grefle l’un sur l’autre; on y a cependant réussi quelquelois, mais ces greffes n'ont ni solidité ni durée. Ce qui est plus étonnant, si le fait qu’on rapporte est vrai, c’est le croisement de ces deux espèces, c’est-àdire la fécondation du pommier par le pollen du poirier, qui aurait réussi une fois en Amérique, et dont le résultat serait un hybride.

Le genre d'arbres qui nous occupe a aussi fourni quelques espèces à ornement, fort belles au moment de leur floraison, mais la plupart stériles et sans autre utilité. Il suffira de citer les P. coronaria de l'Amérique du Nord, P. spectabilis de la Chine, P. sempervirens ou angustifolia À Orient, et P. cerasifera de Sibérie, dont les fruits, très semblables de couleur et de grosseur à des cerises, pourraient être comestibles. Tous ces arbres se rattachent au groupe des pommiers proprement dits et ont été réunis par divers auteurs au genre Malus, le nom botanique du pommier.

QUERCUS. — Chêne. Genre principal de la famille des Cupulifères, comprenant près de 300 espèces, la plupart très variables et souvent difficiles à distinguer, appartenant principalement à l’hémisphère septentrional, mais dont quelques-unes s’avancent vers le sud un peu au-delà de l’équateur. Les chênes sont en majeure partie des arbres de grande et de moyenne taille, dont plusieurs sont des arbres forestiers de premier ordre par les qualités de leur bois ; d’autres fournissent à l’industrie divers produits dont les plus importants sont le liège, des écorces à tan et des matières linctoriales. Leurs graines volumineuses, qui portent le nom de glands, et qui sont enchâssées plus ou moins profondément dans une sorte de réceptable, ou de cupule, sont utilement employées à l’engraissement des porcs; il en est même qui servent à la nourriture de l’homme. La fécule qu’elles contiennent, débarrassée d’un principe amer qui s’y mêle, fournit matière à diverses fabrications, entre autres à celle du racahout, qui a eu tant de vogue dans la première moitié de ce siècle.

Beaucoup de chênes sont de beaux arbres paysagers, et c’est à ce titre surtout que plusieurs espèces exotiques ont trouvé place dans les parcs de l’Europe. Leurs fleurs monoïques, en châtons et dépourvues de corolle, sont sans apparence, mais leur port majestueux et leur élégant feuillage, caduc ou persistant suivant les espèces, et qui chez quelques-unes revêt en automne de brillantes teintes de jaune ou de rouge, justifie amplement l’usage que l’on en fait dans l’horticulture décorative.

Au point de vue purement botanique les chênes diffèrent très peu des châtaigniers; 1l en est même quelques-uns, dont les glands, presque entièrement recouverts par l’involucre ou cupule, pourraient tout aussi bien être classés dans les deux genres. Les botanistes ont pris un moyen terme en créant pour eux un troisième genre, celui des Castanopsis.

Dans la liste qui va suivre nous nous bornerons à citer les espèces les plus intéressantes au point de vue de l’industrie, ou au moins les plus recherchées jusqu’à ce jour, sans dissimuler que parmi celles que nous négligerons il en est encore de tout à fait dignes de l’attention et des soins de l’arboriculteur.

Q. Ægilops L. — Le chêne vélani, le Va/onia des Grecs: Grand arbre de Grèce et d’Asie-Mineure, à feuilles demi-persistantes, dont les cupules des glands, connues dans le commerce sous le nom de valonée, sont employées dans la teinture et la tannerie. Les glands eux-mêmes sont ulilisés de cette manière avant leur maturité. La valonée alimente un commerce considérable d'exportation. On en jugera par ce fait que 33,802 tonnes de cette denrée ont été exportées de Smyrne à Londres, dans la seule année 1876, au prix de 450 fr. la tonne. La Grèce en exporte environ 10,000 tonnes par an, et néanmoins ces quantités ne suffisent pas à satisfaire la demande. La valonée est, en effet, une des meilleures matières de tannage; elle communique au cuir une belle teinte et le rend moins perméable à l’humidité que les autres tannins. Les glands du chêne vélani sont rigoureusement comestibles, cuits ou même crus, et l’in-

dustrie pourrait en tirer de la fécule. L'arbre est rustique et prend un beau développement dans le midi de la France, où il n’a cependant été considéré jusqu'ici que comme arbre d'agrément ou de curiosité.

Q. agrifolia Née. — Du Mexique et de la Californie. C’est un des plus beaux arbres à feuilles persistantes de tout le genre et un des plus grands. Sa hauteur dépasse souvent 30 mètres sur un tronc de o à 6 mètres de circonférence. Le diamètre de sa tête touffue est de 25 à 40 mètres, suivant l’âge des arbres. Au dire des bûcherons il existe deux variétés de ce chêne, l’une à bois blane, l’autre à bois rouge, et ce bois, qui est fragile lorsqu'il est encore vert, et dure peu s’il est exposé aux injures de l’air, devient presque aussi fort que celui du chêne rouvre de l’Europe quand il a été abattu en saison convenable et qu’il est devenu sec. On l’emploie à diverses constructions en Amérique, principalement à faire des pièces courbes pour la marine. L'arbre croîtindifféremment au voisinage de la mer et dans les vallées des montagnes.

Q. alba L.— Chêne blanc de Québec. Répandu dans l'Amérique du Nord du Canada à la Floride et à l’ouest du Texas. C’est un des chênes forestiers les plus précieux de l'Amérique, aussi bien par ses belles proportions que par l’excellence de son bois, propre à toutes les constructions civiles et maritimes. On en fait des imstruments agricoles, des madriers pour les machines de tout genre, des traverses de chemins de fer, des meubles, ete. L'arbre s'élève à 30 mètres et plus, et on en voit dont le tronc ne mesure pas moins de 20 mètres au-dessous des premières branches. Son écorce contient 8 pour 100 de tannin.

Q. annulata SuITH. — Grand arbre à feuilles persistantes du Népaul. On dit son bois de bonne qualité. Plusieurs autres chênes intéressants existent dans l'Himalaya, entre autres le Q. spicata, très gros et très grand arbre, qui ne dépasse pas l’altitude de 1,700 mètres, et qu’on croit exister aussi sur les montagnes de Bornéo, Java et Sumatra.

Q. aqguatica WALTER. — Du nord de l'Amérique. Cet arbre, haut de 15 à 20 mètres, fournit du bois de construction etsurtoutd’excellentes écorces pour le tannage. Il se plaît dans les lieux humides et au bord des rivières.

Q. Cerris L.— Chêne chevelu du midi oriental de l’Europe, indigène aussi dans quelques parties de la France. Il se distingue des autres chênes d'Europe par les écailles saillantes et pointues de ses cupules, ce qui lui a valu son nom vulgaire. Son feuillage est caduc ou demi-persistant suivant les climats et la rigueur des hivers. C’est un arbre forestier de premier ordre, par ses dimensions et par la solidité de son bois, également utilisé dans les constructions civiles et dans la marine. On en fait aussi de nombreux ustensiles domestiques, et même des meubles qui sont fort beaux. 4

Q. chrysolepis LieBmaxN. — De Californie. Très variable par la taille, prenant quelquefois des proportions presque gigantesques, d’autres fois ne dépassant pas celles d’un arbre moyen de 12 à 15 mètres. Son bois est des plus durs et des plus solides, et on s’ac-

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