‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 39 sur 62 · RS · texte numérisé non relu

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corde à le regarder comme un des meilleurs arbres forestiers de Californie. C’est, pour ce dernier pays, l'équivalent du chêne rouvre de l’Europe. |

Q. coccifera L.— Le chêne kermès. De tout le midi de l’Europe, du nord de l'Afrique et de l’Orient. Petit arbre ou arbrisseau buissonnant, à feuilles coriaces, épineuses sur leur contour et persistantes. Il croît dans les terrains les plus rocailleux et les plus arides, où il reste à l’état de buisson; en meilleur sol il forme un arbre à tête arrondie, de 4 à 5 mètres de hauteur. C’est sur cet arbre qu’on récolte une sorte de cochenille, le kermès (Coccus Ilicis), qui donne un pigment rouge, jadis très employé en teinture et en médecine, mais dont l’usage est aujourd’hui fort restreint. En France le chêne kermès ne sert plus guère qu’à fournir des fagots pour le chauffage des fours.

Q. coccinea WANGENH. — Chêne quercitron, chêne noir d’Amérique. Des Etats-Unis. Arbre à feuilles caduques, de 30 à 35 mètres de hauteur, sur ! mêtre à 1"50 de diamètre, et de croissance rapide, mais il recherche les bonnes terres, profondes et fraîches. Son bois est presque aussi bon que celui du chêne blanc d'Amérique, et il est employé dans la charpente et la menuiserie. Toutefois le principal produit de l’arbre est la teinture jaune connue sous le nom de quercitron, et qui est préférable à la gaude.

On rattache à cet arbre, comme variété, le Q. fincloria BARTR., dont le bois fin et serré est de longue durée d’après le professeur Sargent, et recherché pour le charronnage, la tonnellerie et la charpente. Son écorce intérieure fournit aussi une teinture jaune. Le chône écarlate (Scarlet oak des Américains), qui est une autre variété du Q. coccinea, est fort inférieur au type de l’espèce, et ne fournit guère à l’industrie que des écorces à tan, qui encore sont d’une richesse médiocre. On dit que le Q. heterophylla, de Bartram, est un hybride du chêne à feuilles de saule (Q. phellos) et du chêne quercitron.

Q. cornea Lour. — De la Chine. Arbre de 12 à 15 mètres, à feuillage persistant, dont les glands sont comestibles. Il occupe en Chine la même place que le chêne ballote en Espagne et le nord de l'Afrique.

Q. cuspidata TauN8G.— Arbre superbe du Japon, dont les glands, réunis en des sortes de grappes, mais à peine plus gros que des haricots moyens, sont excellents à manger après avoir été grillés comme les châtaignes. On les vend régulièrement sur les marchés du Japon.

Q. densiflora Hook. et ARNT.— Chône-châtaignier de Californie. Grand et bel arbre à feuilles persistantes, et formant une tête compacte. Son bois est médiocre et sujet à se détériorer rapidement, mais son écorce est riche en tannin.

Q. dentata TaunBG. — Du Japon. Nous avons peu de renseignements sur cet arbre, mais nous savons que c’est une des espèces de chênes qui nourrissent le ver à soie connu sous le nom de Yama- Maï, ce qui lui donne de l'intérêt.

Q. Douglasit Hook. et Annr. — Le chêne bleu de Califormie.

2) NÈREE

Très grand arbre, dont le tronc mesure quelquefois plus de 6 mè-

tres de circonférence. Son bois rivalise en force et en durée avec celui du chêne blanc d'Amérique.

Q. dilatata Linz. -- De l'Himalaya et des montagnes de l’Afghanistan, entre les altitudes de 1,600 et 3,000 mètres. C’est un bel arbre, très feuillu, donnant beaucoup d'ombre et dont les rameaux servent de fourrage au bétail. Son bois est dur, lourd, d’une longue durée, et employé dans tous les genres de constructions.

Q. falcata Micax. — De l'Amérique du Nord; haut de 20 à 30 mètres sur { mètre ou plus de diamètre à la base du tronc. Cet arbre, qui perd ses feuilles en hiver, se plaît dans les terrains sablonneux et secs, et pourrait être planté aux abords de la mer. Son bois, très médiocre, sert quelquefois à faire des douves de barriques, mais n’a guère d'autre emploi. En revanche son écorce contient un tannin d'excellente qualité, et les galles de ses feuilles servent à faire une encre de qualité supérieure.

Q. Garryana Douaras. — Du nord-ouest de l’Amérique, entre les 38° et 50° parallèles. C’est un grand arbre de 35 à 40 mètres de hauteur, sur 2 mètres de diamètre au pied du tronc. Son bois est remarquablement pâle pour un chêne, mais à grain fin, dur, très résistant et de longue durée, ce qui le rend propre à tous les ouvrages de charpente et de menuiserie. Ses glands, à peu près doux et mangeables, sont surtout une excellente nourriture pour les porcs.

Q. glabra Taun8G. — Gracieux arbrisseau du Japon, à feuillage persistant et presque semblable à celui du laurier. On le rencontre dans les jardins d'agrément de la Provence. Ses glands sont réputés comestibles au Japon.

. Q. glauca THUNBG.— Cachi des Japonais. Grand et bel arbre à feuilles persistantes, dont le bois fin et dur sert à faire divers ustensiles pour l’usage domestique. Cet arbre intéressant existe aussi dans quelques jardins de Provence, où toutefois nous ne le connaissons encore qu’à la taille d’arbrisseau.

Q. Zlex L — Yeuse, chêne vert. De tout le midi de l’Europe, du nord de l’Afrique et de l'Asie centrale jusqu’à l'Himalaya, où il arrive aux altitudes de 3,000 mètres. La taille de cet arbre est très variable, et il est rare qu’elle dépasse 15 mètres; le plus souvent elle n’y atteint pas, ce qui peut tenir à la mauvaise qualité des terrains où on le relègue. Livré à lui-même le chêne yeuse forme une large tête, dont le feuillage dense et persistant fait l’ornement des paysages méridionaux. Son bois est dur et solide, mais à cause de ses faibles dimensions il ne peut guère servir qu’à faire des instruments agricoles, des manches d'outils, des vis de pressoirs, etc. C’est un arbre fertile, qui produit en abondance des glands pour la nourriture et l’engraissement des porcs, et qui utilise ainsi des terrains rocailleux impropres à toute culture. Son écorce est quelquefois employée dans les tanneries.

Le chêne yeuse est extrêmement variable et a souvent induit les botanistes en erreur par les aspects différents qu’il peut prendre. A tort ou à raison on lui rattache comme variété le chêne Ballote, ou chène à glands doux (Q. Ballota L.), de l'Espagne et du nord de

l'Afrique, qui lui ressemble par son feuillage coriace et légèrement épineux sur son contour, mais qui en difière par des glands plus

gros et surtout de saveur beaucoup moins âpre, dont les populations

pauvres font leur nourriture. Ces glands se mangent grillés à la fa-

çon des châtaignes ou rôtis sous la cendre. L'arbre n’a jamais été :

soumis à une culture régulière, et il serait intéressant de chercher à l’améliorer par la sélection des bonnes variétés, par la greffe et par les soins qu’on donne en France aux diverses bonnes races de châtaigniers.

C’est cette espèce de chêne qui, dans quelques départements de la France, a reçu le nom de chène truffier, parce que c’est au voisinage de ses racines qu’on récolte les belles truffes du commerce (Tuber cibarium, T. melanosporum), et il suffit d’en semer les glands dans un terrain calcaire pour obtenir, au bout de quelques années, ce qu’on appelle une truffière. Ce n’est cependant pas la seule espèce du genre qui favorise le développement des truffes. Tous les chênes capables de vivre dans les sols calcaires sont dans ce cas, et, sous ce rapport, le chêne yeuse n’est pas supérieur au chône pubescent, qu’on lui préfère dans certaines localités.

Un autre service qu’on peut demander au chêne vert, c’est d’en faire servir les feuilles à la nourriture des nouvelles espèces de vers à soie importées de Chine, les Bombyx (Antherea) Yama-Maï et Pernyi. Une éducation de vers de cette dernière espèce, faite sous nos yeux, à l’aide des feuilles du chêne vert, a parfaitement réussi dans les conditions ordinaires des magnaneries. L'expérience a d’ailleurs démontré que ces vers peuvent être élevés à l’air libre sur des chênes simplement taillés en buissons, ce qui est une importante simplification de cette industrie.

Q. incana RoxB@. — De l'Himalaya, aux altitudes de 1,000 à 2,500 mètres. Grand et bel arbre à feuillage persistant. Ce qui ajoute à son intérêt c’est qu’il nourrit un ver-à-soie, l'Antherea Roylei, qui produit de très gros cocons, et qu’il serait fort désirable d’introduire en Europe.

Q. infectoria Oriv. — Chêne des teinturiers. Arbrisseau ou petit arbre d'Orient et de Perse, naturalisé sur quelques points de la région méditerranéenne. Il fournit au commerce la noix de galle, si usitée en teinture. On sait que ce produit est une excroissance provoquée par la piqûre d’un insecte (Cyrips), d’où il suit que pour cultiver l'arbre au point de vue industriel, là où il n’est pas indigène, il faudrait y apporter l’insecte lui-même, ce qui ne semble pas offrir des difficultés insurmontables.

Q. lamellosa Suit. — De l'Himalaya, entre 1,600 à 3,000 mètres d'altitude. C’est un des plus grands chônes connus, car il atteint, d’après les voyageurs, jusqu’à 40 mètres de hauteur, et le trone, très droit, a quelquefois de 18 à 20 mètres de longueur sous les branches. Comme arbre forestier il est de premier ordre. Plusieurs autres chênes de l'Himalaya (Q. lanuginosa Don, Q. lancifolia Rox8&., elc.) mériteraient de même d'attirer l’attention des arboriculteurs.

Q. lobata NÉE. — Le chêne blanc du Sacramento. De Californie.

Ca

Rival du précédent pour les dimensions, car il atteint, comme lui, jusqu’à 40 mètres et plus, formant une énorme tête, dont les longues branches étalées arrivent jusqu’à toucher le sol. Son bois, fragile quand il est vert, durcit en séchant, et il semble valoir mieux que la réputation qu’on lui a faite. Ses glands, à peu près doux, contribuent dans une large mesure à nourrir les populations indigènes de la Californie septentrionale pendant l'hiver.

Q. {yrata WALTER. — Du sud des Etats-Unis, de l'Illinois à la Floride et à la Louisiane. Arbre majestueux, de 20 à 25 mètres, qui se plaît dans les sols humides. Nous ignorons ce qu’il peut valoir comme arbre forestier, mais il pourrait devenir dans le midi de l’Europe un bel arbre paysager.

Q. macrocarpa Micax.— De l'Amérique du Nord. Arbre remarquable par l’ampleur de son feuillage caduc et la grosseur de ses glands. En Europe c’est un des beaux arbres paysagers que nous devons aux Etats-Unis, mais en Amérique on l'estime surtout pour son bois, qu’on dit être presque aussi bon que celui du chêne blanc.

Q. macrolepis Korscxy. — De la Grèce. Cet arbre difière très peu du vélani (Q. ægilops), et les cupules de ses glands ont la même valeur commerciale.

Q. mongolica FiscHer. — De la Mandschourie et du nord de la Chine. Ses feuilles servent, comme celles du Q. serrata, à nourrir les vers à soie des chênes (Bombyx Yama-Mai et B. Pernyi), particuliers à cette partie de l’Asie.

Q. palustris Du Ror.— Des localités marécageuses de l'Amérique du Nord. C’est un arbre de 20 à 25 mètres, de croissance relativement rapide, dont le bois agréablement veiné est recherché pour les travaux de menuiserie et d’ébénisterie.

Q. phellos L.-- Le chêne à feuilles de saule des Etats-Unis, ainsi nommé de l’étroitesse de son feuillage lancéolé et luisant. Il est introduit depuis longtemps en Europe, où il ne remplit que le rôle d'arbre paysager, car son bois a peu de valeur. Ses glands sont comestibles.

Q. Mirbecki Coss. — Le chêne zen des Arabes. Grand et bel arbre des montagnes d'Algérie et de Tunisie, répandu surtout dans la partie montagneuse de la province de Constantine. Peut-être existe-t-il aussi dans le midi de l'Espagne, décrit sous un autre nom par les botanistes. Sa taille approche de celle du chêne rouvre, mais il en difière beaucoup par son grand feuillage demi-persistant, d’une verdure claire, et assez semblable par sa forme à celui du châtaignier. Cet arbre est déjà naturalisé sur quelques points de la Provence, où il semble se plaire dans les terres fraîches et siliceuses. Il donne beaucoup d'ombre et tient une place distinguée parmi les arbres paysagers de cette région.

Un point sur lequel il convient d’appeler l’attention des acclimateurs, c’est que le chêne zen est très précoce et développe ses bourgeons dès la fin de l’hiver, plusieurs semaines avant les chênes du pays, ce qui serait un avantage considérable pour les personnes qui élèvent les vers à soie des chênes du Japon et de la Chine, dont l’éclosion a lieu ordinairement de très bonne heure, ce qui les oblige

à activer en serre la végétation de nos chênes communs, et par là complique très notablement les opérations de cette nouvelle mdustrie séricicole.

Q. Prinus L.— Chêne des marais et chêne-châtaignier des Américains. C’est un des plus beaux arbres du genre par ses vasles proportions, ses belles formes et l'abondance de son feuillage, qui en font un arbre paysager de premier ordre. La valeur de son bois est contestée; les uns le disent médiocre, les autres élastique et résistant, divergences d'opinion qui peuvent tenir aux différences des lieux où l'arbre a crû ou aux variétés de l’espèce. Il est léger, facile à fendre et à convertir en merrain, aussi est-il employé par les tonneliers. Son écorce contient une matière rouge qui sert en teinture, mais elle est surtout recherchée pour le tannage des cuirs, auxquels elle communique une grande solidité et une longue durée. |

Q. pubescens Wirzp. — Chêne pubescent, chêne blanc du Languedoc. Du midi de l'Europe, principalement de la région méditerranéenne, commun dans le midi de la France surtout dans la partie méridionale des Cévennes, où il constitue presque à lui seul de vastes forêts. C’est un arbre de grandeur moyenne (15 à 20 mètres), donnant assez souvent des pièces de calibre suffisant pour être employées dans la marine, où son bois dense et presque aussi lourd que l’eau le fait rechercher. Il est très variable d'aspect, comme beaucoup d’autres chênes, ce qui a induit plusieurs botanistes à le confondre avec le Q. sessiliflora, quoiqu'il en soit réellement distinct comme espèce. Un de ses caractères les plus saillants, et qui suffit ordinairement pour le faire reconnaître, est la pubescence tomenteuse de ses jeunes rameaux et de la face inférieure de ses feuilles, ce qui lui a valu son nom vulgaire de chêne blanc. Il affectionne les sols calcaires, et on ne le rencontre qu’accidentellement sur les terres siliceuses, où il reste comparativement chétif, et où il est remplacé par d’autres essences, telles que le rouvre, le tauzin, le chône-liège, ete. Comme bois de chauffage le chêne pubescent ne le cède à aucun autre, et son écorce est des plus riches en tannin. Dans les meilleures conditions elle en renferme jusqu'à 16 pour 100 de son poids. Comme arbre forestier il est précieux, surtout en ce sens qu’il est un des plus avantageux pour reboïser les montagnes à sols calcaires. Il a une autre qualité qui ne doit pas être passée sous silence : c’est qu’il est, parmi ses congénères, un de ceux qui conviennent le mieux pour l’établissement des truffières. Sous ce rapport il ne le cède à aucun autre, si même 1l n’est le meilleur de tous.

Q. Robur L. — Le chène rouvre. D'une grande partie de l'Europe et de l’Asie occidentale, mais extrêmement variable suivant les lieux, et, pour ce fait, divisé en plusieurs sous-espèces, d’ailleurs difficiles à distinguer les unes des autres. On peut l’appeler le roi des chênes, car aucun autre ne fournit un bois plus fort et plus durable, et en même temps un des plus beaux, car il se prête non seulement à tous les grands ouvrages de charpente, mais tout aussi bien à ceux de menuiserie. L’ébénisterie raffinée elle-même le recherche pour en faire des meubles sculptés d’un haut prix.

Le chêne rouvre est encore un des arbres les plus décoratifs de l'Europe, et c’est un grand ornement des parcs et des paysages, quoiqu'il perde son feuillage pendant l’hiver. Emblême de la force et de la longévité, on le voit atteindre, exceptionnellementil est vrai, jusqu’à 40 mètres de hauteur, sur un tronc dont la circonférence peut dépasser 6 mètres; mais ces vétérans de l’espèce deviennent de plus en plus rares en Europe, où on laisse rarement les arbres vieillir. Son écorce est la plus recherchée pour le tannage des cuirs, et elle est l’objet d’un commerce considérable ; mais cette exploitation qui se fait sur des arbres jeunes élevés en taillis est funeste à l'accroissement du domaine forestier, parce qu'un arbre dépouillé de son écorce est infailliblement condamné à périr.

Le bois de chêne rouvre est aujourd’hui d’un prix très élevé, non seulement à cause de son excellence, mais aussi par suite de la lenteur qu’il met à se former. Un chêne doit être âgé d'au moins cent ans pour fournir des pièces utilisables dans la charpente; le plus souvent même on ne peut l’exploiter avec profit qu'à l’âge de cent cinquante ans ou plus. Cette lenteur à croître estcompensée par la longévité des arbres, qui peut s'étendre à plusieurs siècles, et l'extrême durée de leur bois. On trouve encore en France et ailleurs des charpentes d’églises et d'anciens couvents, construites en chêne, et qui ont conservé toute leur valeur après cinq ou six cents ans de durée.

Deux variétés principales du chêne rouvre, regardées par plusieurs botanistes comme des espèces distinctes, doivent être signalées ici. Ce sont le chène pédonculé ou gravelin (Q. pedunculata Wizp.), à tronc droit, à feuilles courtement pétiolées et dont les glands sont sensiblement pédonculés, et le chêne à glands sessiles, désigné aussi sous le nom de durelin, qui a les feuilles moins profondément découpées, plus longuement pétiolées que celles de la variété précédente, et les glands presque sessiles. C’est le Q. sessilifiora Su. Le tronc de l’arbre est ordinairement moins droit que celui du chêne pédonculé, mais le bois en est plus lourd et plus élastique. On lui rattache comme sous-variété le chène pyramidal (Q. fastigiata Lawx.) des Pyrénées, auquel ses branches rapprochées du tronc et presque verticales donnent presque le port d’un cyprès pyramidal.

Le rouvre est propre aux climats tempérés et tempérés-froids. En Europe il ne dépasse qu’exceptionnellement le 60° degré de latitude en Norwège.Commun autrefois en Danemark, il semble reculer insensiblement vers le sud, pour y être remplacé par le hêtre. Dans la région méditerranéenne il recherche les montagnes, où il trouve plus de fraîcheur et d'humidité que dans les plaines. Jusqu'ici on ne l’a point trouvé dans le nord de l’Afrique, où 1l est remplacé par le chêne zen (Q. Mirbeckii Goss.), qui est aussi un arbre remarquable.

Q. rubra L. — Le chêne rouge de l'Amérique du Nord, ainsi nommé parce qu’en automne son feuillage, avant de tomber, prend une teinte rouge, d’un grand effet pittoresque. Sa hauteur dépasse souvent 30 mètres et son tronc atteint à 3 ou 4 mêtres de circonférence à la base. Son bois, quoique un peu grossier, ne manque pas

de qualité; il est fort et peu sujet à se fendre ou à se déjeter, ce qui le fait employer dans les constructions; sa valeur toutefois est assez inégale, suivant les lieux où l’arbre s’est développé. Son écorce contient une bonne proportion de tannin, et ses glands servent à la nourriture des porcs. On le cultive en Europe comme arbre paysager.

Q. semecarpifolia Smirx. — Des hauteurs de l'Himalaya. C’est le plus volumineux des chênes de l'Inde, car le tronc atteint jusqu’à 6 mètres de circonférence, sur une hauteur d’une trentaine de mètres, Ses feuilles ne tombent que tardivement, vers la fin de l’hiver, et son bois est utilisé pour divers genres de travaux.

Q. serrata THUNBG. — Arbre à feuilles caduques, du Japon, où on connaît aujourd’hui plus de 20 espèces de chênes. On le rencontre aussi en Chine et au Népaul. Ce qui lui donne un intérêt particulier, c’est que ses feuilles sont celles que préfèrent les vers à soie des chênes (Bombyx Yama-Maï, B. Pernyi), qu’on s'efforce d’acclimater en Europe. L'introduction de ce chêne en France serait tout à fait désirable.

Q. sideroxylon HumBoLDT. — Des montagnes du Mexique, aux altitudes de 2,000 à 2,500 mètres. C’est un grand arbre, dont le bois, dur et compacte, passe pour presque incorruptible dans l’eau, ce qui lui a valu le nom botanique qu’il porte. Cet arbre est encore peu connu, ainsi que beaucoup d’autres chênes du Mexique exploités par les habitants du pays. Il en est un, entre autres, près de la ville de Saint-Jean, qui nourrit une chenille (Bombyx) productrice de soie, et dont les cocons sont filés dans le pays.

Q. Skinneri BENTH. — Du Mexique. Tout ce que nous savons de cet arbre c’est qu’il produit des glands qui approchent de la gros-

seur d’un œuf de poule, et qui servent à nourrir les animaux do-

mestiques.

Q. stellata WANGENH. — Du nord-est des Etats-Unis. C’est un petit arbre des terrains sablonneux, dont le bois dense et de longue durée est recherché pour faire des poteaux, des traverses de chemins de fer et des ustensiles agricoles. On l’emploie de même pour diverses pièces des navires qui demandent beaucoup de résistance.

Q. suber L. — Le chêne-liège. Un des arbres forestiers les plus importants du midi de l’Europe et du nord de l’Afrique, non par son bois, qui ne peut servir que de combustible, mais par le grand développement des couches extérieures de son écorce, qui constituent ce qu’on nomme le ège, cette matière à la fois tenace, légère et compressible, dont l'emploi est universel pour faire les bouchons de bouteilles, les flotteurs des filets de pêche, des appareils de sauvetage, des semelles de chaussures imperméables à l’humidité, et beaucoup d’autres menus ouvrages usités dans l’économie domestique.

re chêne-liège est particulier aux terrains siliceux, et il réussit même dans les plus arides et les plus pauvres, résistant aux longues sécheresses et aux ardeurs du climat méridional. Il est rare qu’il atteigne à 20 mètres de hauteur, le plus souvent même il n’en dépasse pas {0 ou 12. Le tronc est rarement droit, et sa tête s’élargit

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