‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 40 sur 62 · VITRE L · texte numérisé non relu

VITRE L

en dôme touffu, qui donne de l’ombre même en hiver, car son feuillage menu et grisâtre est coriace el persistant. On le reproduit par semis de glands sur les lieux mêmes où il doit rester, et sa culture se réduit à nettoyer le sol des broussailles qui étoufferaient les jeunes arbres, et qui leur nuisent même quand ils sont arrivés à l’état adulte.

Ce n’est guère que vers la vingtième année, tantôt plus, tantôt moins, que la récolte du liège donne du profit, et elle ne doit se répéter sur les arbres qu’à des intervalles de huit à dix ans, encore en ne soumettant à l’opération que le tronc de l’arbre et la base des plus grosses branches. Le liège varie beaucoup de qualité etd’épaisseur ; le plus fin est réservé pour la fabrication des bouchons, le

lus commun et le plus crevassé ne sert qu’à faire des flotteurs ou ‘autres engins à l’usage de la marine.

La culture du liège, en forêts, est très profitable, malgré les longs intervalles des récoltes successives, et elle est très florissante sur les collines siliceuses et rocailleuses de la Provence, du Roussillon, de la Corse et de la Catalogne. L'Algérie produit aussi d’excellent liège et d’une remarquable épaisseur. Un autre avantage de cette culture est d’être peu exposée aux incendies qui ravagent trop souvent les pinèdes du midi de la France, et pour lesquelles des massifs interposés de chênes-lièges sont presque une protection contre l’extension de ces incendies.

Quelques botanistes ont voulu voir deux espèces dans le chôneliège, l’une méditerranéenne, l’autre occidentale et propre aux terrains siliceux de la Gascogne et des Landes. Ce ne sont que deux variétés assez tranchées du reste, dont la seconde, sensiblement plus rustique que la première, peut remonter le long de l'Océan jusqu’à la Loire.

Q. sundaica BLUME. —- Des sommets de l’île de Java, où il existe d’ailleurs plusieurs autres espèces du genre. Le voyageur Beccari en a récemment découvert sur les montagnes de la Nouvelle-Guinée, presque sous l’équateur. Ces arbres, probablement tous à feuilles persistantes, appellent l'attention des acclimateurs non moins que celles des botanistes. Les grandes îles de la Sonde nous réservent encore bien des découvertes intéressantes.

Q. Toza Bosc. — Chêne tauzin. Du midi de l’Europe. Assez analogue au chêne rouvre, mais beaucoup moins grand. C’est un bel arbre paysager, quoique à feuilles caduques, et qui croît avec une certaine rapidité relative. 11 aime les terrains légers et sablonneux, non sujets à se dessécher. Son écorce est de qualité supérieure pour le tannage des peaux.

Q. cirens L. — Le chêne vert de l'Amérique du Nord, où il fait le pendant de celui de l'Europe, mais il ne se trouve que dans les partes les plus méridionales des Etats-Unis, ainsi qu’au Mexique. Il prospère surtout dans les terres profondes et enrichies de terreau végétal. Dans ces conditions il s’élève à une vingtaine de mètres, sur un tronc dont la circonférence est quelquefois de 5 à 6 mètres. Son bois compacte, à grain fin et très résistant, est fort recherché dans l’architecture navale; on dit même qu'il est le meilleur de tous

les bois de chêne de l'Amérique. On le rencontre assez souvent dans les terrains sablonneux du voisinage de la mer, mais il n’y prend qu’un faible développement.

Nous n'avons fait qu’effleurer, dans les pages qui précèdent, l’histoire d’un des plus beaux genres d’arbres qui existent sur la terre, et cette brièveté nous était commandée par la nature même de ce Manuel, qui doit se renfermer dans d’étroites limites. Nous ne quitterons cependant pas ce sujet sans recommander aux botanistes, aux sylviculteurs et à tous ceux qui comprennent l'importance de la culture et de la propagation des arbres, une étude plus approfondie des chênes, considérés soit comme arbres forestiers et industriels, soit comme arbres de simple agrément. Cette étude serait puissamment aidée par l'observation des arbres croissant dans leur site natal, et, à son défaut, par celle des espèces déjà introduites dans les parcs des amateurs, les collections particulières et les jardins de l’Etat. Ce qui serait surtout à désirer ce serait l’acquisition d’une multitude d'espèces qui nous manquent et sur lesquelles il y a d’intéressantes découvertes à faire.

C’est aux voyageurs et aux directeurs de jardins botaniques ou d’acclimatation de tous les pays civilisés de combler cette lacune. Pour ceux qui voudront y concourir nous rappellerons que les glands des chênes rancissent assez promptement, qu’ils doivent être réceltés au moment où leur maturité est complète et expédiés par les voies les plus rapides pour être semés ou mis en stratification dès leur arrivée dans les pays auxquels on les destine. Il ne leur faut que quelques mois pour perdre leur vitalité.

QUILLAJA saponaria MoLiNA.— Arbre colossal du Chili, qu'on rattache à la famille des Rosacées. Son écorce contient un alcaloïde, la saponine, qui a la propriété de dégraisser les étofies de laine et de soie, aussi en exporte-t-on des quantités assez considérables en Europe. Le Quillaja existe aujourd’hui dans beaucoup de jardins de la Provence maritime, où il se montre tout à fait rustique et mürit ses graines ; mais son introduction étant assez récente, il n’y a pas encore pris le développement qu’il atteindra sans doute avec les années. En attendant 1l est, par son feuillage luisant et persistant et par ses abondantes fleurs blanches au printemps, un arbre décoratif d’une certaine valeur.

RAFNIA amplexicaulis THUNBG. — Légumineuse frutescente de l'Afrique australe, assez analogue aux genets de l’Europe et dont la racine contient un suc doux qui rappelle celui de la réglisse. Elle a quelques emplois en médecine, ainsi qu’une seconde espèce, le ZX. perfoliata E. MEY., des mêmes régions.

RAPHANUS satious L. — Radis, raifort. Légume de la famille des Crucifères, connu de tout le monde et cultivé partout pour sa racine, semblable à une petite rave et qui se mange crue. Son ori-

gine est inconnue, mais il se pourrait qu’il fût venu de l'Asie à une époque très reculée. Il est d’ailleurs si voisin des 2. raphanistrum L. et À. Landra L., plantes sauvages du midi de l’Europe, que plusieurs botanistes le croient descendu de l’un ou de l’autre, si non de tous deux.

Le radis a produit un nombre presque illimité de variétés, dont on trouvera l’énumération dans les livres de jardinage; la seule dont nous voulions parler ici est celle qui a été importée de l’Inde en Europe, vers le milieu du siècle, sous le nom de Mougri où de radis de Madras, et dont les botanistes ont fait une espèce, le À. caudatus, caractérisé par l'extraordinaire longueur de ses siliques, qui atteignent par fois à plus de { mètre. Hors de là, cette variété ne difière en rien du radis commun. Ses siliques se confisent dans le vinaigre, à la manière des cornichons et autres légumes. On peut aussi les manger cuites, en guise d’asperges ou de petits pois, que d’ailleurs elles ne valent pas. Le mougri dégénère promptement en Europe, et n’est après tout qu’un légume de fantaisie.

REMIREA maritima AUBLET. — Cypéracée de la Guyane et de presque tous les pays intratropicaux, où elle recherche les sables maritimes, qu’elle consolide par l’entrelacement de ses rhizomes. À ce point de vue elle peut rendre des services dans les pays chauds et humides.

RESEDA. — Plantes herbacées de la famille des Résédacées, indigènes des pays tempérés et tempérés-chauds de l’ancien continent. Deux espèces, dans le nombre, sont particulièrement intéressantes.

R. luteola L. — La gaude. Plante bisannuelle, cultivée en Europe depuis le temps des Gaulois pour la matière jaune, ou lutéoline, qu’elle contient dans toutes ses parties et qui est très employée en teinture. La plante aime les terrains légers, sablonneux, calcaires et un peu secs. On la sème au milieu de l'été, et on la récolte l’année suivante, vers le milieu de juin, quand elle commence à jaunir, car à partir de ce moment la matière tinctoriale diminue. Les graines étant très fines ne doivent être que très légèrement couvertes.

R. odorata L. — Le réséda proprement dit, où mignonette. D’Egypte et de Syrie, et très habituellement cultivé dans les parterres pour l’odeur exquise de ses fleurs, qu’on utilise aussi en parfumerie. Le réséda se ressème de lui-même dans les jardins, où on le traite habituellement comme plante annuelle; mais, en réalité, il est vivace et peut durer plusieurs années sous un climat chaud ou dans les serres, et alors il prend les proportions d’un sous-arbuste. En Angleterre on le fait grimper sur des treillis façonnés en pyramides, et ilatteint à { ou ? mètres de hauteur.

RHAGODIA Billiardieri Rob. Br. — Chénopodée de l'Australie extratropicale, buissonnante, qui croît dans les sables mouvants des bords de la mer et qu’elle contribue à consolider. Elle y marque la ligne que les marées ne dépassent pas. D’autres chénopodées peu-

vent lui être associées, telles que l’Atriplex crystallina J. Hook., ainsi que plusieurs Mesembrianthemum (M. australe, M. æquilaterale, elc.). Cette chénopodée rendrait aussi des services en fournissant de la nourriture aux bestiaux dans les temps de disette. Plusieurs autres Rhagodias (2. hastata,etc.) pourraient être également utilisés de cette manière dans les localités marécageuses du nord de l'Afrique.

RHAMNUS. — Nerprun. Arbrisseaux types de la famille des Rhamnées, la plupart des pays tempérés et tempérés-chauds de l’ancien continent. Plusieurs espèces sont utilisées dans l’industrie et la médecine.

RH. catharticus L.—Nerprun purgatif de l’Europe et de l'Asie. Ses feuilles et ses baies sont employées en médecine. |

RH. chlorophorus LiNpcey. — De la Chine, où on tire de son écorce la célèbre teinture verte connue sous les noms de vert de Chine et de Lo-Kao, et qui est surtout employée pour la temture des soieries. Une autre espèce du même pays, le Rh.utilis, rend les mêmes services. Vers le milieu de ce siècle, les deux arbrisseaux ont été introduits en France, où on espérait les utiliser comme en Chine, mais leur culture semble abandonnée, sans qu’on sache pourquoi. I] serait intéressant de la reprendre. |

RH. Frangula L.— Bourgène. De presque toute l'Europe et de l'Asie. Le charbon du bois de cet arbrisseau est un des meilleurs pour la confection de la poudre de guerre, et peut-être y aurait-il avantage à cultiver en laillis ce nerprun spécialement dans ce but, comme l’a récemment proposé sir Jos. Hooker. =

RH. græcus REUTER.— Des montagnes rocailleuses et arides de la Grèce, où il croît en compagnie du ?h.prunifolius Sisrnorr. Les baies de ces arbrisseaux sont récoltées par les Grecs pour latemture en vert. |

RH.injeciorius L.— De la région méditerranéenneet du Levant. C’est une des espèces les plus utiles du genre par ses baies, qui donnent une belle teinture verte, et que le commerce exporte sous les noms de graines d'Avignon et graines de Perse. |

D'autres nerpruns ont encore de l'intérêt et méritent d’être signalés au lecteur. Ce sont le 2. alaternus L., l’'alaterne du midi de l'Europe, très cultivé partout comme arbrisseau d'agrément, et qui a donné un grand nombre de variétés ; il est mellifère et très 7° cherché des abeilles au premier printemps; le 2h. amygdalina, du nord de l'Afrique, qui fournit les graines jaunes usitées en teinture; le Ah. sanguineus, dont les Espagnols se servent pour guérir la gale. Plusieurs autres ont aussi des emplois en médecine.

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RHAPIS flabelliformis L. f. — Petit palmier de la Chine et du Japon, haut de 1 à 2 mètres, à feuilles flabelliformes, et dont les tiges, plus ou moins nombreuses, partant de la même souche, sont à peine plus grosses que le doigt. Il est assez rustique pour croître à l’air libre dans le midi de l’Europe, où il ne remplit que le rôle d'arbuste d'ornement. Une seconde espèce, le Æh. Sierotsick, du

Japon, introduite plus récemment, paraît moins rustique que la précédente; elle est aussi un peu moins élevée.

RHAPONTICUM acaule DC. — Composée de la région méditerranéenne, vivace par sa racine charnue, qui est comestible. Elle pourrait s'améliorer par la culture, c’est-à-dire par les semis et la sélection longtemps continuée.

RHEUM. — Rhubarbe. Genre de Polygonées à racines vivaces, à tiges annuelles et à très grandes feuilles, presque toutes originaires des montagnes de l’Asie, principalement de l'Asie centrale, et dont les racines sont usitées en médecine depuis l'antiquité, sous les noms de ha barbarum et de rhubarbe. Quelques-unes sont cultivées en Europe, soit comme plantes médicinales, soit comme plantes potagères. Il leur faut à toutes un climat frais et une terre profonde ; elles réussissent mieux dans le nord ou dans les pays montagneux que dans le midi de l’Europe.

RH. australe Don. (Rh. Emodi Wazr.). — De la région de l'Himalaya, jusqu'à plus de 4,000 mètres d'altitude supramarine. Cette espèce fournit une partie notable de la rhubarbe du commerce. Elle est cultivée en Angleterre et en Bretagne pour fournir ce médicament aux pharmacies, ce qui n'empêche pas qu’il n’en arrive encore de l'Orient. Il faut plusieurs années à la plante pour former une racine marchande et lui donner les qualités qui en font la valeur. Ces qualités tiennent à la présence d’un alcaloïde, l’émodine, combinée à l'acide chrysophanique.

RH. officinale BaizzoN.— De la Chine occidentale et du Thibet. C’est une énorme plante, dont les feuilles ont souvent plus de 0”70 de long et de large, et dont les tiges annuelles s’élèvent à 3 mètres. La rhubarbe dite de Turquie est en majeure partie produite par cette espèce.

RH. palmatum L. — Des parties orientales et septentrionales de l'Asie et peut-être aussi du Thibet. Cette espèce de rhubarbe est une des plus estimées, et elle nous arrive presque exclusivement par la Russie.

RH. Rhaponticum L. — De la région du Caucase à l'Asie centrale. C’est l’espèce la plus classique du genre. On en tire aussi de la rhubarbe, mais qui n’est guère recherchée que dans la médecine vétérinaire. Le principal objet de sa culture en Europe est actuellement d’en obtenir des feuilles et des inflorescences, qui, avant que les fleurs ne s'ouvrent, sont estimées comme légume. Les volumineux pétioles de ces feuilles, tendres et acidules, sont recherchés par les confiseurs, et c’est peut-être le produit le plus important de cette culture.

Ce n’est du reste pas la seule espèce de rhubarbe qui ait un emploi économique. On cultive dans le même but les 2h. {ataricum et undulatum, et surtout le RA. hybridum, dont l’origine est incertaine. Toutes ces espèces et plusieurs autres que nous omettons de nommer sont quelquefois cultivées dans les parcs et jardins d’agrément, comme plantes pittoresques et curieuses, ce que justifie

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l'ampleur de leur feuillage, aussi longtemps du moins qu’il conserve sa fraicheur.

RHODODENDRON. — Rosage. Arbrisseaux de la famille des Éricacées, renommés dans l’horticulture d'agrément pour la beauté de leurs fleurs, et généralement cultivés dans les parties froides ou tempérées de l’Europe. La plupart sont originaires des hautes montagnes de l’ancien continent; quelques-uns sont de l'Amérique du Nord; on en trouve aussi sur les sommets des montagnes des îles de la Malaisie. Trois espèces sont indigènes en Europe : les RA. ferrugineum, hirsutum et chamæcistus, des Alpes. L’Asie-Mineure nous à envoyé le /h. ponticum L., un des plus beaux du genre, qu’on trouve spontané ou naturalisé sur quelques points du midi de l'Espagne. Les espèces de l'Himalaya se font surtout remarquer par la grandeur de leurs fleurs.

Il n'entre pas dans notre plan de décrire les nombreuses espèces de rosages, ce qu’on trouvera dans tous les traités de la culture d'agrément; il nous suffira d'appeler l’attention du lecteur sur une espèce de l'Amérique du Nord, le 2h. maximum, petit arbre de 5 à 6 mètres, qui semble appelé à jouer un certain rôle dans l’industrie par son bois presque aussi dur et aussi compacte que celui du buis, et pouvant suppléer ce dernier dans l’art de la gravure. Faisons en outre observer que les fleurs de ces arbrisseaux sont réputées vénéneuses, et que les ruches d’abeilles doivent en être éloignées.

RHUS. — Sumac. Arbres et arbrisseaux de la famille des Térébinthacées, originaires des pays tempérés de l’ancien et du nouveau monde, quelques-uns de l'Afrique australe, plus ou moins imprégnés d’un principe vénéneux, mais dont plusieurs espèces fournissent des produits intéressants à l’industrie. Les uns ont des feuilles simples, les autres des feuilles composées de folioles en nombre impair, caduques ou persistantes. |

RH. caustica Hook. et AnNr. — Litré. Du Chili. Arbre de moyenne taille dont le bois très dur est employé à faire les dents des pignons pour les machines, les arbres de couche, divers meubles de petit volume, etc. D’après le docteur Philippi cet arbre ne serait pas vénéneux comme quelques personnes le croient.

RH. copallina L. — Copal d'Amérique. Des Etats-Unis et du Canada. Arbrisseau qui fournit la résine copal, et dont les feuilles servent au tannage.

RH. coriaria L. — Arbrisseau du midi méditerranéen de lEurope, dont les feuilles desséchées et pulvérisées ont été employées de tout temps au tannage des cuirs. C’est le sumac du commerce. Il contient jusqu’à 30 pour 100 de tannin, et il sert surtout pour la maroquinerie et la préparation des cuirs fins de Cordoue. Son prix est assez élevé pour en rendre la culture avantageuse dans divers pays de l’Europe, notamment en Espagne, en Sicile et en Italie. L’arbuste se plait dans les terres calcaires sèches; on le reproduit de ses drageons, et on peut en récolter des feuilles dès la première année, quoi qu’il vaille mieux attendre à la seconde et aux suivantes.

La plantation peut durer une quinzaine d’années. Le sumac est aussi employé pour les teintures en noir, la fabrication de certaines encres, etc.

RH. Cotinus L. — Scotino des [taliens, fustet, arbre à perruque. De la région méditerranéenne et de l’Asie occidentale, s'étendant même aux premiers contreforts de l'Himalaya. Cet arbrisseau fournit la malière connue sous le nom de scotino, dont on tire une teinture jaune et une teinture e noire. Sa feuille desséchée et réduite en poudre donne jusqu'à 24 pour 100 de tannin. On le cultive assez souvent dans les jardins comme arbrisseau d'ornement ou plutôt de curiosité, à cause des houppes plumeuses qui résultent de l’allongement des pédoncules de ces fleurs, ce’qui lui a valu son nom vulgaire d'arbre à perruque.

RH. glabra L.. — Du nord de l'Amérique, jusqu’au 54° degré de latitude. Des galles qui naissent sur ses feuilles et les feuilles ellesmêmes peuv ent remplacer celles du sumac ordinaire dans la tannerie. Cet arbrisseau, plus rustique que ce dernier, peut utiliser les terrains rocailleux et stériles. On le multiplie aisément de ses drageons. Les sumacs américains contiennent en général de 15 à 20 pour 100 de tannin, quelquefois beaucoup plus.

RH. lucida L.— Arbrisseau de l’Afrique australe, à feuilles persistantes, souvent employé à composer des haies. Une cinquantaine d’autres espèces de sumacs habitent le sud de l’Afrique, mais nous ne savons à peu près rien de leurs propriétés, qu’on peut d’ailleurs supposer analogues à celles de leurs congénères.

RH. semialata Murr. — De la Chine, du Japon et de l’Asie centrale. Arbre de 8 à 10 mètres, dont les feuilles et leurs galles sont employées dans la tannerie de ces pays.

RH. succedanea L. — Le sumac à cire du Japon. Ses baies broyées et soumises à la vapeur d’eau donnent, par expression, environ 15 pour 100 de leur poids d’une sorte de cire que le commerce apporte en Europe et qui est principalement formée de palmatine et d'acide palmatique. Cet arbrisseau ne serait rustique que dans les parties les plus chaudes du midi de l’Europe.

RH. {yphina L. — Sumac corne de cerf. Du nord des Etats-Unis et du Canada. C’est un arbrisseau de 7 à 8 mètres, souvent plus petit, dont le bois est de couleur orangée. On retire par incision de son écorce une sorte de copal, et ses feuilles sont employées au tannage des peaux comme celles des autres sumacs, mais il faut les cueillir de bonne heure, c’est-à-dire avant l’automne, si on tient à en obtenir des cuirs de couleur blanche ou claire comme ceux que donne le sumac de Sicile, et cette remarque s’applique à toutes les espèces de sumacs de l'Amérique.

RH. vernicifera DC. — Vernis du Japon. Arbrisseau ou arbre suivant les lieux, répandu aujourd’hui du Népaul au depot où il est habituellement cultivé, assez rustique pour croître à 2,000 mètres de hauteur dans l'Himalaya et dans l’île de Nippon, la plus septentrionale de l’ archipel japonais. Cet arbre est un des plus intéressants du genre, car c’est lui dont la sève fournit la célèbre laque du Japon, vernis incomparable qu'aucun autre ne peut remplacer et

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qui sera peut-être utilisé un jour comme isolant pour les fils des télégraphes et autres engins électriques. Ses baies broyées donnent aussi de la cire comme celles du 2h. succedanea, mais cette exploitation de l’arbre n’est pas compatible avec celle de l'extraction de la sève, qui est d’ailleurs beaucoup pius importante. Il est douteux que le vernis du Japon soit spécifiquement le même que celui de l'Inde. Tous deux sont d’ailleurs vénéneux comme le /?h. succedanea et beaucoup d’autres.

Citons seulement pour mémoire les 2h. aromatica et toxicodendron de l'Amérique du Nord, aujourd’hui assez communs days les parcs et les jardins de l’Europe. Ce dernier est très vénéneux, et il suffit d’en froisser les feuilles dans les mains pour que leur suc y donne lieu à une violente inflammation.

RIBES.— Groseillier. Principal genre de la petite famille des Ribésiacées, entièrement composé de sous-arbrisseaux, dont les fruits sont des baies à suc acidulé plus ou moins sucré, quelquefois astringent et souvent aromatique. Les groseilliers, dont on connaît aujourd’hui beaucoup d'espèces, appartiennent principalement aux régions froides ou tempérées de l’hémisphère septentrional, mais on en trouve aussi quelques-uns sur les hautes montagnes de l’'Amérique du Sud, et de là jusqu’au Chili. Plusieurs sont devenus des végétaux économiques d’une certaine valeur. Distinguons surtout les suivants :

R. aureum PursH. — Des parties sud-ouest des Etats-Unis, introduit depuis longtemps dans les arbusteries de l’Europe, où il ne remplit que le rôle de plante d'agrément, mais peut-être rendrait-il des services plus sérieux si on l’amenait à fructifier abondamment. Ses baies, d’abord jaunes, tournent au noir en mûrissant, et elles ont une certaine âpreté que la culture pourrait faire disparaître. Le professeur Meehan en signale une variété de l’Utah dont les fruits sont plus gros que ceux du cassis (2. nigrum) et qui passent dans ce pays pour un bon fruit de dessert. Une autre variété, le ?. {enuiflorum Lanpt., de la Californie, produit aussi des fruits estimés, dont la couleur est jaune, pourpre ou brune. Ces espèces ou variétés, ainsi que d’autres de l'Amérique du Nord, y servent communément de sujets pour la greffe du groseillier commun.

R. cynosbati L. — Du Canada et des Etats-Unis septentrionaux. Cette espèce produit de gros fruits, de saveur douce, mais qui ont le défaut d’être hérissés de poils raides, presque épineux. Il en existe cependant une variété à peu près inerme, et il est vraisemblable que par des semis et une bonne sélection on parviendrait à faire disparaître ce défaut.

R. divaricatum DouGLas.— C’est le groseillier de l’Orégon et de la Californie, où on en récolte les baies, qui sont inermes, d’une bonne grosseur et de saveur douce. Celle espèce aussi pourrait être améliorée par la culture. On lui rattache, à titre de variété, le À. Nuttalli, dont les fruits sont pareillement comestibles.

R. floridum L'Hérir.— De l'Amérique du Nord, où il représente le cassis de l’Europe, ayant, comme ce dernier, des baies noires et

aromatiques. Le Æ. hudsonianum, des régions les plus froides des Etats-Unis, semble n’en être qu’une variété.

R. Griffithu Hook. et Taours.— Des hauteurs de l'Himalaya, aux altitudes de 3,000 à 4,000 mètres. C’est une espèce analogue à notre groseillier commun d'Europe, avec des baies plus grosses, de saveur un peu âpre. Plusieurs autres groseilliers de l'Himalaya, également à baies rouges (22. lacinialun, R. glaciale, R. villosum, etc.), mériteraient aussi d'attirer l’attention des cultivateurs.

R. grossularia L. — Groseillier à maquereau, groseillier épineux, Gooseberry des Anglais. Arbrisseau buissonnant, très épineux, propre aux terrains siliceux et arides d’une grande partie de l’Europe et de l’Asie septentrionale; on le trouve aussi dans l’Himalaya à 3,000 et 4,000 mètres de hauteur. Il est commun dans plusieurs départements du centre de la France, où ses fruits, même à l’état sauvage, sont sucrés et comestibles.

Peu de plantes témoignent mieux que cet arbuste de l’influence améliorante de la culture. Dans nos jardins il a produit une multitude de variétés et de sous-variétés qui diffèrent du type sauvage par la grosseur, la forme, la couleur et la saveur des fruits. Chez quelques-unes ils atteignent le volume d’un œuf de pigeon; chez la plupart les poils raides qui les caractérisent à l’état sauvage ont entièrement disparu. Quant à leur couleur, elle varie du vert au jaune ambré, au rose, au pourpre et au violet. En somme, la groseille sauvage d'Europe est devenue un fruit, si non de premier ordre, du moins très présentable et digne de figurer dans les desserts. Les confiseurs aussi en font usage de bien des manières. En Angleterre la culture du groseillier épineux a plus d'importance encore qu’en France, parce qu’elle y remplace la vigne, dont le raisin ne mürit pas suffisamment, même dans les parties les plus chaudes de ce pays. Avec les groseilles on y fabrique une sorte de vin qui n’est point à dédaigner ; c’est le gooseberry wine de nos voisins.

Pour rester productives, les plantations de groseilliers doivent être renouvelées tous les cinq ans.

R. nigrum L. — Cassis, Black Currant des Anglais. De l’Europe, de l’Asie moyenne et des hautes montagnes du Thibet. On croit même qu’il existe dans l'Amérique du Nord. Ce sous-arbrisseau se distingue de la plupart de ses congénères par l’odeur fortement aromatique de ses feuilles et de ses fruits. Ces derniers sont noirs à la maturité, d’une saveur un peu âpre, mais néanmoins comestibles, quoiqu’on ne les présente guère sur les tables. Leur principal usage est de servir à faire et à aromatiser des liqueurs.

Outre ses emplois économiques, le cassis passe pour avoir quelne propriétés médicinales qui, si elles étaient confirmées, lui

onneraient une certaine importance dans la thérapeutique. On assure que ses feuilles vertes, hachées ou pilées, sont un excellent topique pour hâter la cicatrisation des plaies et en prévenir l’ulcération ; elles seraient même, assure-t-on, plus efficaces pour cet objet que l’eau de Saturne et le phénol, et elles ne perdraient pas cette vertu par la dessiccation. On dit encore que leur décoction, ou bouillon de cassis, est un remède souverain contre le choléra des poules,

Enfin quelques personnes font avec les feuilles sèches du cassis des

infusions auxquelles elles attribuent le goût et l’arome du thé.

R. niveum Linpz.— De l’Orégon. Arbuste à petites baies noires, sucrées-acidules.

R. rotundifolium Micax. — Du Canada et des Etats-Unis. Son fruit est petit, mais délicieux, aussi sa culture a-t-elle fait des progrès en Amérique. On en a obtenu des variétés à fruits notablement plus gros que ceux du type sauvage. On dit que cet arbuste n’est pas sujet à être attaqué par les mucédinées parasites (mildew), comme d’autres espèces américaines.

R. rubrum L. — Le groseillier rouge; le Red Currant des Anglais. De l’Europe, de l’Asie centrale et de l'Himalaya, jusqu’à l’altitude où commence à se montrer le 2. Griffithii. On le dit aussi du nord de l'Amérique. Le groseillier rouge, ou groseillier commun, est certainement l'espèce du genre la plus généralement cultivée en Europe; on le trouve dans tous les jardins, et ses fruits, malgré une certaine acidité, sont servis sur les tables. Il en existe du reste un nombre assez considérable de variétés, parmi lesquelles celles à fruits blancs ou plutôt jaunâtres, sont généralement préférées comme moins acides. Dans certaines autres variétés le fruit a plus que doublé de grosseur. Le principal emploi des groseilles rouges est de servir à faire des confitures, utiles surtout aux malades, et dont les hôpitaux fontune grande consommation. À ce point de vue, la culture du groseillier commun a une certaine importance. Elle est d’ailleurs facile et réussit dans tous les terrains frais. Ce groseilher, comme la plupart des autres, se multiplie de drageons qu’on enlève autour des vieux pieds.

Plusieurs autres espèces de groseilliers restés jusqu'ici à l’état sauvage pourraient être ajoutées à celles qui précèdent.

RICHARDIA africana KUNTH. (À. æthiopica ROSENTH.).— Aroïdée demi-aquatique de la région du Nil et de l'Afrique australe, vivace par son rhizome, très belle de feuillage, plus remarquable encore par la blancheur parfaite de la grande spathe qui entoure son inflorescence. Introduite depuis longtemps dans les jardins de ‘l'Europe méridionale, elle orne avantageusement le bord des lacs arbficiels, des bassins et des ruisseaux. On la reproduit aisément par fragments de son rhizome.

RICHARDSONIA scabra KüNTH. — Rubiacée herbacée des parties chaudes de l'Amérique, du Mexique au Brésil. Elle s’est répandue dans les Etats-Unis méridionaux, où elle est considérée comme plante fourragère, utile surtout dans les terrains sablonneux.

RICINUS communis L. — Ricin, Castor-oil Plant des Anglais.

Euphorbiacée arborescente des régions tropicales et subtropicales

de l’Asie et de l’Afrique, aujourd’hui très répandue dans le monde et naturalisée de longue date dans la région méditerranéenne. Elle était connue des anciens Egyptiens, et la plupart des auteurs grecs qui ont traité de la médecine, Hérodote, Hippocrate, Pioscoride et

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