‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 42 sur 62 · PS PRET NT PTE APTE · texte numérisé non relu

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belle espèce a produit une multitude de variétés et de sous-variétés, devenues très populaires et très importantes pour le commerce horticole. Soit par simple variation, soit par hybridation, la couleur de ses fleurs varie du rose au pourpre foncé, et du blanc au jaune pâle. Toutes les races ou variétés issues du rosier de l’Inde sont rustiques dans le midi de la France, mais elles gèlent souvent sous le climat de Paris, à moins d’être abritées pendant la mauvaise, saison.

R. lævigata Micax.; À. sinica AITON.— De la Chine et du Japon, d’où il a été introduit aux Etats-Unis, où on s’en sert surtout pour composer des haies à la fois défensives et décoratives, ce à quoi cet arbrisseau sarmenteux et épineux est particulièrement propre. C’est le Rosier Cherokee des Américains. On recommande aussi, pour le même usage, le À. microphylla Taunec., du Japon, qui est en outre remarquable par la grosseur de ses fruits épineux, semblables à de petites pommes et comestibles.

R. moschata Mizzer.— La rose musquée. Arbrisseau grimpant, du nord de l’Afrique et de l’Asie méridionale, cultivé jusqu’en Chine et au Japon, presque uniquement pour en tirer une essence de roses, qui n’est pas tout à fait identique à celle de la rose cent-feuilles, mais qui se vend tout aussi cher. Ce rosier est cultivé dans les Balkans pour les besoins de l’industrie locale, qui a pris une certaine importance à Késanlik, en Roumélie, et une plus grande encore à Tunis. L’attar des Balkans se vend environ 40 fr. l’once (28 à 30 grammes), et on estime à un million le revenu total annuel que la Roumélie tire de ce commerce.

R. sempervirens L. — De l’Europe méridionale et de l'Asie. C’est un grand arbrisseau grimpant à feuilles persistantes et luisantes, à fleurs blanches, très utile pour couvrir des murs, des rochers, des berceaux, etc. Il a produit quelques variétés horticoles d’un certain intérêt.

R. setigera Micax. — Le seul rosier grimpant de l'Amérique, remarquable par la rapidité de sa croissance, car il donne des pousses de 3 à 6 mètres de longueur dans une année. Il peut servir à couvrir de feuillage et de fleurs des arbres rustiques de peu de valeur, mais ses fleurs sont presque inodores.

Beaucoup d’autres rosiers appelleraient l’attention des fleuristes, mais nous ne pouvons les citer ici que pour mémoire. Ce sont, entre autres, le 2. canina L., ou églantier, espèce très répandue dans toute l’Europe, et qui sert presque partout à fournir des sujets pour la greffe des autres rosiers; le 2. alba L., ou rosier blanc, arbrisseau de 2? à 3 mètres, à grandes fleurs blanches très parfumées; le À. alpina L.., ou rosier des Alpes, espèce totalement dépourvue d’épines; le À. persica L., à fleurs jaune vif, dont il semble que le rosier capucine, à fleurs mordorées et toujours stériles, soit descendu par hybridation ; le ?.polyantha Linpz., du Japon, à petites fleurs blan-

ches ou rosées, en larges corymbes au sommet des rameaux, dont

on croit qu’est sorti le rosier multifiore de nos jardins; le À. bracteata L.., de la Chine, joli buisson à feuillage luisant et persistant, et à fleurs blanches involucrées; le Æ. camellia HorT., espèce très

grimpante, très épineuse, à larges fleurs d’un blanc de neige, récemment introduite du Japon en France, et qui est admirablement ropre à recouvrir des murs; on croit que ce rosier n’esf autre que e À. sinica mentionné ci-dessus.

Le À. Banksiæ, ou rosier de Lady Banks, introduit de la Chine en Europe sur la fin du siècle dernier, est une grande liane arborescente, qui peut s'élever à 15 mètres et plus à l’aide d’appuis, et couvrir des arbres et des maisons entières d'innombrables fleurs blanches, rosées ou jaune pâle, simples ou doubles. Citons enfin, à cause de sa singularité, le À. berberifolia, de la Perse, dont quelques botanistes ont fait un genre distinct sous le nom d’Aulthemia, et qui se distingue de tous les rosiers connus par ses feuilles simples et non composées de folioles comme dans les autres espèces. Ses fleurs sont jaunes, avec cinq macules brunes au fond de la corolle. C’est un sous-arbuste extrêmement drageonnant et très envahissant, qui pourrait servir à consolider les terres ou sables meubles le long des cours d’eau.

Si nombreuses que soient déjà les espèces connues de rosiers, il est probable qu’on en découvrira encore dans bien des pays insuffi- Ses explorés de l'Afrique, de l'Asie et des grandes îles de la Malaisie.

ROSMARINUS officinalis L. — Romarin des Français, Æosemary des Anglais. Sous-arbrisseau de la famille des Labiées, à feuilles étroites, coriaces et raides, à fleurs bleu-pâle, se montrant presque toute l’année, mais surtout en hiver et au printemps, et alors très recherchées des abeilles. Le romarin, qui abonde sur les collines arides des alentours de la Méditerranée, est tout à la fois une plante médicinale et une plante industrielle, dont on distille les feuilles et les rameaux pour la parfumerie. C’est aussi un arbuste d'ornement dont on se sert assez souvent pour faire de petites haies ou des bordures dans les jardins. Il n’est qu’à demi-rustique dans le nord de la France.

ROTTBŒLLIA ophiuroides BENTH.— Grande Graminée vivace, de l’Australie orientale-tropicale, à laquelle on reconnaît une certaine valeur fourragère. Elle serait rustique dans les pays où la température ne descend jamais au zéro du thermomètre centigrade.

ROYENA pseudebenus E. MEYER.— Ebénier du Cap. Petit arbre de la famille des Ebénacées, dont le bois très dur est d’un noir de jais, et pourrait être utilisé pour beaucoup de menus ouvrages de tour ou de tabletterie. Une espèce voisine, des mêmes régions de l'Afrique australe, le AR. pubescens Wizco., donne un bois assez dur pour y servir à la gravure sur bois. On trouverait peut-être, dans cette famille des Ebénacées, un substitut au buis de l’Orient, qui devient de plus en plus rare et cher.

RUBIA tinctorum L. — Garance, alizari. Plante tinctoriale de la famille des Rubiacées, vivace, indigène des contrées qui entourent la Méditerranée, à longues racines traçantes et contenant plu-

sieurs principes colorants dans les différentes teintes du rouge et du jaune, les uns alcalins, les autres acides, et dont les principaux sont ’alizarine, la purpurine, la rubiacine, la xanthine et l’acide ruberythrique. La plante était exploitée industriellement en Orient depuis les temps les plus anciens, quand un Persan, Jean Althen, au siècle dernier, en introduisit la culture dans les terres paludéennes des environs d'Avignon, dont elle a fait longtemps la fortune. Cette culture, sans y être tout à fait abandonnée aujourd’hui, a beaucoup perdu par suite de la découverte des teintures que la chimie est parvenue à tirer de la houille. Rappelons cependant que ces teintures artificielles ont peu de solidité et ne sont appliquées qu'aux étoffes communes, les étoffles de prix étant toujours teintes avec la garance, dont la majeure partie est actuellement importée du Levant et de la Grèce. L'Italie en fournit aussi une certaine quantité, et comme les prix en sont très élevés en Angleterre et en Hollande (jusqu’à 125 fr. les 100 kilogrammes), cette culture tend à se relever en France, et il ne serait pas impossible qu’elle recouvrât sa prospérité d'autrefois.

La garance se propage par graines ou par plant enraciné, quelquefois par la plantation des racines les plus menues qu’on dédaigne pour la vente lors de la récolte. Dans le premier cas, la plante occupe le sol pendant trois ans; dans le second on récolte à la deuxième année. De toutes manières cette culture demande beaucoup de soin et de main-d'œuvre, et elle est d'autant plus rémunératrice que la terre a été mieux ameublie et purgée de mauvaises herbes. Dans l’année qui précède la récolte, on peut faucher les tiges de la plante pour en faire du fourrage, ce qui ne nuit pas sensiblement à la qualité du produit. L’extraction des racines équivaut presque à un défoncement du terrain, parce qu’elles s’enfoncent à 040 ou 0"50 de profondeur. Retirées de terre, elles sont exposées sur une aire, où on les remue de temps en temps à la fourche pour en faire tomber la terre qui y est restée adhérente. Suivant les cas, on les livre au commerce sous cette forme, sans autre préparation, d’autres fois après les avoir pulvérisées dans des moulins spéciaux. C’est alors l'alizari du commerce. Quand la manipulation est poussée plus loin, c’est-à-dire à l’extraction même des principes colorants, on obtient le produit connu sous le nom de garancine.

La garance se plaît dans les bonnes terres, profondes et fraîches, mais non dans celles où l’eau reste stagnante. Dans les terrains secs l'irrigation augmente beaucoup le produit. Nulle part elle ne donne de meilleurs résultats que dans les paluds, ou anciens marais desséchés du département de Vaucluse, en France.

L’exportation de la garance et de la garancine françaises dépasse aujourd’hui de beaucoup l'importation, qui est en décroissance depuis quelques années. En 1884 la garance exportée d'Avignon a été de plus de 530,000 kil., et la garancine de près de 150,000 kil.

La garance proprement dite n’est pas la seule espèce du genre qui puisse fournir de la teinture ; toutes les espèces en contiennent. C’est en particulier le cas de la garance pèlerine (À. peregrina), presque semblable à la précédente et qui abonde dans le midi de la France,

Dans l’Inde, en Chine et au Japon on utilise la racine du Æubia cordifolia, où mongiste, indigène dans ces divers pays, ainsi que dans certaines parties de l’Afrique. Au Chilile 2. Relboun rend des services analogues. Il ne serait pas sans intérêt de faire des recherches sur les espèces jusqu'ici négligées par l’industrie, et dont chacune peut être mieux appropriée que d’autres à telle nature de sol et à tel climat.

RUBUS. — Ronce. Genre de sous-arbustes de la famille des Rosacées, la plupart grimpants, souvent épineux, à feuilles simples ou composées, dont les fruits consistent en petites drupes agrégées, rappelant assez bien la forme d’une fraise. La plupart de ces espèces, qui sont d’ailleurs nombreuses, appartiennent aux climats froids ou tempérés des deux hémisphères, mais on en trouve aussi entre les tropiques. Quelques-unes sont devenues économiques par leurs fruits; plusieurs autres, négligées jusqu'ici, pourraient le devenir si la culture essayait de les améliorer. Citons les plus intéressantes :

R. canadensis L. — Dew berry des Américains. Du Canada et des Etats Unis septentrionaux. Son fruit noir et excellent mürit avant celui d’une autre espèce du même pays, le 2. villosus Arr., qui, par compensation, est plus gros et tout aussi estimé. Ce dernier est le Æigh blackberry des Etats-Unis.

R. Chamæmorus L.— Du nord de l’Europe et dela zone arctique de l’Asie et de l'Amérique. C’est un simple fruticule, presque une herbe, un des plus petits du genre, mais non des moins utiles, car son fruit sucré-acidulé, rouge ou couleur d’ambre, est fort recherché des populations septentrionales. Cet humble sous-arbuste recherche les lieux tourbeux et couverts de mousse. On réussirait probablement à le cultiver sur les Alpes et autres grandes chaînes de montagnes dans les sites analogues. Le ZÆ. arcticus de la Laponie se rencontre souvent dans les mêmes lieux, et son fruit est également comestible. Peut-être aussi y aurait-il de l’intérêt à essayer la culture du À. Gunnianus Hook., des sommets neigeux des Alpes Tasmaniennes. Ses fruits sont rouges, juteux, agréables à manger même à l’état sauvage.

R. cuneifolius Pursa. — Du nord de l’Amérique, où il porte le nom de Sand blackberry. Sous-arbuste nain, à fruit sucré et agréable.

R. deliciosus Torrey. — Des sources du Missouri. Buisson dressé et très beau, qui mériterait d’être introduit dans les jardins comme plante d'ornement, mais qui a plus de valeur encore par ses fruits, semblables à de grosses framboises et d’un goût très agréable.

R. ellipticus Suiru.; À. flavus HamizTroN. — Des montagnes de l'Inde, entre 1,500 et 2,000 mètres d'altitude, existant aussi dans le Yu-Nan et sur les montagnes de Ceylan. C’est un grand buisson, à fruits jaunes, tout à fait comparables pour la saveur aux framboises d'Europe.

R. fruticosus L. — La ronce proprement dite; Zramble des Anglais. Plante commune dans toute l’Europe, l’Asie centrale, l’Afri-

que du Nord, etc. Cette ronce, connue de tout le monde, abonde en France dans les haies, qu’elle rend défensives par ses fortes épines, et où elle mürit, sur la fin de l'été, des fruits noirs, légèrement sucrés, recherchés par bien des personnes et surtout par les enfants. On en fait des conserves avec du sucre et quelquelois de l’eau-devie. Si le framboisier n’existait pas, cette espèce serait certainement cultivée et aurait produit des variétés plus méritantes que le type sauvage. Elle est déjà tellement variable dans la nature que les botanistes l’ont subdivisée en plus de cent espèces.

Il faut cependant en distinguer le Æ. cœsius L., espèce plus trainante et moins grimpante que la ronce ordinaire, moins grande et surtout moins épineuse, qui abonde dans certains pays calcaires du midi de la France, principalement dans les moissons. Elle s’en distingue encore par des fruits plus volumineux, de couleur pourpre noire, mais rendus glauques par une fine pulvérulence, et qui sont plus acides que ceux de la ronce commune. Soit par des semis répétés, combinés avec la sélection, soit par hybridation avec d’autres espèces du genre, 1l est vraisemblable qu'on tirerait de celle-ci quelques variétés nouvelles d’un véritable intérêt.

R. geoides SMITH. — Espèce presque herbacée ou fruticuleuse des îles Falkland, de la Terre de Feu et de la Patagonie. Ses fruits, d’un jaune verdâtre, sont sucrés et d’un goût agréable. Cette curieuse ronce pourrait être acclimatée dans les pays tempérés-froids de l'Europe occidentale.

R. Hawaiensis As. Gray. — Sorte de framboisier des îles Sandwich, dont la culture devrait être essayée dans les pays tropicaux humides, où il remplacerait le framboisier d'Europe.

R. /dœus L. — Le framboisier proprement dit, le Æaspberry des Anglais. Des parties froides et des régions montagneuses de l’Europe et de l’Asie. C’est jusqu'ici l'espèce la plus intéressante du genre, et la seule cultivée dans les jardins de l’Europe. Tout le monde connaît ses fruits sucrés et parfumés, quise mangent en nature comme fruits de dessert, et dont on fait des conserves. Il est d’ailleurs recherché par les confiseurs. Il en existe plusieurs variétés horticoles, qui se distinguent les unes des autres par la grosseur et la couleur des fruits, rouges, jaunes ou presque blancs. Le framboisier ne se multiplie guère que de drageons, qu’on enlève autour des vieux pieds, et qui fructifient l’année d’après. Une plantation de framboisier doit être renouvelée tous les trois ou quatre ans.

R. imperialis CHaAmiss0.—- Du Brésil et de la République Argentine. Cette espèce, peu connue en Europe, passe pour donner des fruits de qualité supérieure. Il y aurait évidemment un certain intérêt à l’améliorer par la culture et à en faire une plante économique pourles pays tempérés-chauds, dont le climat est défavorable au framboisier. É

R. lasiocarpus SMITH. — De l'Inde et de Ceylan, où cette ronce habite les points élevés des montagnes jusqu’à plus de 3,000 mètres de hauteur. Son fruit est noir et comestible.

Le R. biflorus HAMILTON, qui monte à la même hauteur sur lP'Himalaya, produit aussi des fruits comestibles.

R. macropetalus DouGLas. — De la Californie et de l’Orégon. Espèce dioïque, à fruit ovoïde-cylindrique, noir et très sucré.

R. occidentalis L. — De l'Amérique du Nord. Cette espèce se distingue par des tiges tout à fait ligneuses et de gros fruits noirs recouverts d’une fine pulvérulence glauque. Ils mûrissent de bonne heure et sont de bon goût.

R. odoratus L. — De l'Amérique du Nord, où cette ronce semble correspondre par ses fruits parfumés au framboisier d'Europe. C’est un joli buisson, que ses grandes fleurs pourpres devraient faire introduire dans les jardins d'agrément. Les fruits pourraient d’ailleurs en être améliorés par la culture. Le À. nutkanus MociNo, du nordouest de l'Amérique, à fruits rougeâtres, pourrait n’en être qu’une variété.

R. paroifolius L. — De l'Asie orientale et de l'Australie méridionale. Le baron Ferd. von Müller a observé que cette ronce donne des fruits beaucoup plus beaux et meilleurs sur les montagnes que dans les plaines.

R. rosifolius Sir. — Des régions tropicales et subtropicales de l’Afrique et de l’Asie, très répandu aussi dans les forêts du littoral oriental de l'Australie. C’estun arbuste très fertile, dont les fruits, relativement gros, mürissent de bonne heure, et se succèdent d’une manière continue pendant une partie de l’année.

R. rugosus SMITH. — Des montagnes de l’Asie méridionale. Sous un climat tempéré cette ronce produit d’une manière continue, et ses fruits ont presque le double de la grosseur d’une framboise commune.

R. strigosus Micux. — De l'Amérique du Nord. Espèce très voisine du framboisier, à fruits très gros et excellents.

R. frivialis Micux. — Du sud des Etats-Unis, à gros fruits noirs et très bons. Cette ronce recherche les terres légères, sèches et sablonneuses. Ses tiges et ses feuilles contiennent une forte proportion de tannin, comme celles de beaucoup d’autres espèces du genre.

RUMEX. — Genre de plantes herbacées, annuelles ou vivaces par leur racine, de la famille des Polygonées, assez voisines des Rhubarbes (Æheum), mais sous des proportions beaucoup moindres.Ce genre contient des espèces économiques et médicinales, la plupart propres aux climats tempérés ou tempérés-froids, mais on en trouve aussi entre les tropiques.

R. acetosa L. — Oseille des jardins. Plante indigène des régions froides de l’hémisphère septentrional, et cultivée dans tous les jardins potagers. On connaît son acidité, qui est due principalement à l'acide oxalique, et qui la fait employer dans diverses préparations culinaires, assez souvent mélangée aux épinards, dont elle relève la saveur un peu fade. On en possède plusieurs variétés, parmi lesquelles on peut citer l’oseille de Belleville, à feuilles plus grandes et moins acides que celles de la variété commune.

R. Patientia L. — Patience. De l’Europe et de l'Asie centrale. Forte plante vivace, des terres grasses et profondes, dont la racine, très amère, a des emplois en médecine. Les longues et larges feuilles

de la plante sont considérées comme fourragères, mais on les utilise aussi dans la cuisine en guise d’épinards, surtout au printemps, quand elles sont encore jeunes et tendres.

R. sculatus L. — Oseille à feuilles rondes. De l’Europe et de l’Orient. Elle est vivace et ses feuilles remplacent quelquelois celles de l’oseille commune, dont elles ont l'acidité.

R. vesicarius L. —- Du midi de l’Europe et de l'Asie moyenne. Herbe annuelle, dont les feuilles servent aux mêmes usages culinaires que celles des précédentes.

RUSCUS. — Genre de Liliacées-Asparaginées, vivaces, à liges ligneuses, annuelles ou bisannuelles, remarquables en ce que les dernières ramifications de ces tiges s’aplatissent, s’élargissent et prennent l'apparence de véritables feuilles, sur lesquelles naissent les fleurs et plus tard les fruits, au moins dans quelques espèces. On peut citer les suivantes comme ayant quelque emploi en horticulture :

R. aculeatus L. — Fragon, petit-houx. Plante des terrains siliceux d’une grande partie de l’Europe, recherchant l’ombre des bois. Ses phyllodes, de forme ovale, sont terminés par une pointe épineuse et portent lesfleurs à leur face supérieure. Ses grosses baies, rouges en automne, en font un sous-arbuste d'ornement.

On a introduit aussi dans les jardins du midi le R. racemosus L., d'Italie, plus beau que le précédent, le 2. kypophyllum L., du même pays, et le 2. androgynus L., de Madère, à longues tiges sarmenteuses.

RUTA graveolens L. — Rue officinale. Plante herbacée, vivace par la racine, de la famille des Rutacées, commune dans le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique, souvent cultivée comme plante médicinale. Son odeur est forte, pénétrante et désagréable, et son suc très âcre mis en contact avec la peau des mains y fait naître une éruption pustuleuse qui ressemble à un érysipèle. D’autres espèces du genre ont les mêmes propriétés, quelques-unes à un plus haut degré, telles que le 2. montana L., d'Espagne, qu’il convient de ne manier qu'avec précaution. L’âcreté de ces plantes est due à une huile volatile et à de la glycoside. En Allemagne la rue est employée à petites doses comme condiment.

SABAL. — Genre de palmiers américains longtemps réunis aux Chamærops, auxquels ils ressemblent par leur feuillage en éventail, mais dont ils diffèrent beaucoup par la structure de leurs fruits.

Ils appartiennent principalement aux grandes Antilles, à l'Amérique

centrale et à la région méridionale des Etats-Unis, où quelquesunes des espèces du genre s’avancent au nord presque jusqu’au 39° degré de latitude, ce qui en fait des palmiers relativement rustiques. Citons les plus intéressantes. 1

478 ÉNUMÉRATION DES PLANTES S. umbraculifera Roëm. — Des grandes Antilles, où il est fort

répandu. C’est un arbre majestueux et élégant de 10 à 12 mètres de hauteur et dont la tête est formée de vingt à trente frondes flabelliformes, larges de 150 à ? mètres. On le trouve dans toutes les grandes serres chaudes, mais il en existe aussi quelques individus en plein air dans les jardins les mieux abrités du midi de l’Europe.

S. mexicana MarT. — Des parties chaudes et maritimes du Mexique. Il a beaucoup de ressemblance avec le précédent, mais avec une taille de moitié moindre.

S. Palmelto Roem.— Longtemps connu sous le nom de C'hamæne C’est l’espèce la plus intéressante du genre, tant par sa grande taille et sa rusticité que par les nombreux services qu’elle rend dans les lieux où elle croît naturellement. Ce beau palmier, dont le stipe atteint communément de 10 à 12 mètres, est commun sur les bords septentrionaux du golfe du Mexique, dans la Floride et la Louisiane, mais il remonte le long de l'océan Atlantique jusqu’au cap Fear, un peu au nord du 34° degré. Nulle part il ne s’écarte de l'océan, ce qui explique sans doute le peu de succès de sa culture dans les serres de l’Europe et dans les jardins du midi trop éloignés de la mer. Aux Etats-Unis, où il porte le nom de Great cabbage palm (grand chou palmiste), son bourgeon terminal est considéré comme un légume délicat, malheureusement son ablation entraîne la mort de l’arbre, ainsi que cela arrive pour beaucoup d’autres palmiers soumis à la même mutilation. La partie extérieure du tronc, sur une certaine épaisseur, est constituée par un bois extrêmement dur, à peu près incorruptible dans l’eau, où il défie toute attaque des tarets, aussi l’emploie-t-on à faire des pilotis pour les ponts des rivières et les quais des ports. Ce bois a d’ailleurs beaucoup d’autres usages : on en tire des cannes et divers menus objets de tour et de tabletterie. La partie centrale du tronc se compose d’une moëlle spongieuse parcourue de fibres ligneuses, dures et résistantes, dont on fait des brosses. Enfin les feuilles elles-mêmes, soumises à certaines préparations, servent à la fabrication de cordages, de chapeaux légers, de nattes, etc.

S. serrulata Rœn. — Espèce naine, mais s’élevant parfois à 2? ou 3 mètres, et dont le stipe est armé d’épines acérées. Il est très abondant sur les côtes de la Géorgie, de la Caroline du Sud et de la Floride, où il forme des fourrés presque impénétrables. Ses fruits bacciformes, de la grosseur et de la figure d’une petite prune, sont recherchés par les indigènes du pays, mais les porcs et les autres animaux herbivores surtout en sont friands. On emploie ses feuilles et les fibres intérieures de la tige aux mêmes usages que ceux de l'espèce précédente. Ce palmier est à peine connu dans les jardins de l’Europe; il n’y réussirait probablement que dans le sud et au bord de la mer.

S. Aystrix Rom. — Le palmier hérisson. Espèce naine, dont la tige, haute au plus de 0"50 à 0"60, est hérissée de dards acérés, noirs, de 30 à 40 centimètres de longueur, entourés d’un épais capillitium de même couleur et semblable à du crin. Ce curieux palmier, qui habite la Géorgie et surtout la Floride, n’a guère d’autre emploi

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que celui de plante d'agrément. On en trouve quelques-uns dans les jardins du midi de l’Europe et dans les serres du nord.

S. Adansonit L. — Des mêmes régions que le précédent. C’est une espèce tout à fait acaule, à souche enterrée, d’où sortent de longues inflorescences. Ce palmier est peu ornemental, cependant

on le cultive dans quelques jardins du midi de la France, où il est

rustique.

D’autres palmiers acaules existent encore aux Etats-Unis(S. pumila, S. minima), mais ils sont peu recherchés par l’horticulture.

SABBATIA angularis PURSH. — Gentianée bisannuelle du nordest des Etats-Unis, dont les médecins américains font le plus grand cas comme succédané de la gentiane proprement dite. Elle mériterait d’être introduite dans les jardins médicinaux, et même dans les jardins d'agrément. L’amertume de ses feuilles la fait repousser par le bétail.

SACCHARUM officinarum L. — La canne à sucre. Grande graminée de l'Inde, célèbre depuis les temps les plus anciens pour le jus sucré que contiennent ses tiges, aujourd’hui cultivée dans tous les pays intratropicaux et alimentant un immense commerce. Tout le monde sait qu’elle fournit le sucre cristallisable auquel celui de betterave fait concurrence aujourd’hui, et la mélasse, sucre incristallisable, qui a aussi de nombreux usages, entre autres celui de fournir le rhum des colonies.

Les grands profits que la canne à sucre a valus aux cultivateurs Va fait introduire dans plusieurs pays extratropicaux, où, malgré l'insuffisance relative de la chaleur, elle a encore donné des bénéfices. C’est ainsi que sa culture s’étend en Chine jusqu’au 30° degré de latitude, aux Etats-Unis jusqu’au 32°, au Japon jusqu’au 36°, dans le midi de l'Espagne jusqu’au 37°; mais, sous ces latitudes élevées, non seulement la plante est moins riche en sucre que dans les colonies intratropicales, elle y est en outre exposée à périr de froid dans les hivers exceptionnellement rigoureux. Dans les localités les mieux abritées de la Provence les rares échantillons de canne à sucre qu’on y cultive, comme objet d'étude ou de curiosité, passent assez facilement l'hiver, mais leurs tiges ne contiennent qu’une très faible proportion de sucre, et elles n’atteignent jamais les dimensions des cannes cultivées sous des climats plus chauds. La culture de la canne à sucre a été essayée en Algérie; mais, faute d’irrigations suffisantes et surtout par suite de la cherté de la main-d'œuvre, ces premiers essais ont dû être abandonnés. Pour l’Afrique du Nord comme pour le midi de l’Europe, la plante sucrière par excellence sera le sorgho sucré (Sorghum saccharatum), principalement la variété dite de Minnesota.

La canne à sucre, comme toutes les plantes depuis longtemps cultivées, a produit un certain nombre de variétés d’inégale valeur, les unes parce qu’elles contiennent plus de sucre, les autres parce qu’elles s’accommodent mieux de telle ou telle nature de terrain, d’autres enfin parce qu’elles ont plus de rusticité, Une des plus re-

nommées pour la richesse en sucre est la canne de Bourbon, variété ui tend à en supplanter beaucoup d’autres dans les îles du Paciue.

Cette belle graminée, dont la hauteur atteint à 3, 4 et quelquefois 5 mètres, et dont les tiges ont presque la grosseur du poignet, ne produit que très rarement des graines, aussi la multiplie-t-on exclusivement par bouturage de tronçons de ses tiges munis d’un œil. Ce mode de reproduction sans cesse répété avec la même variété et sur les mêmes champs finirait par amener la dégénérescence de la plante; on pare à cet inconvénient en renouvelant de loin en loin la culture par l'introduction de variétés nouvelles tirées d’un autre pays. Il est à craindre cependant qu’à la longue les races ne s’épuisent, et il serait prudent de chercher à faire fleurir et grainer quelques plantes, pour en régénérer l’espèce par le semis.

La production du sucre de canne, dans le monde entier, s'élevait, en 1875, à l'énorme quantité de 2,140,000 tonnes de 1,016 kil. chacune, ce qui peut faire juger de l'importance de cette culture.

Le genre Saccharum contient quelques autres espèces, parmi lesquelles il s’en trouve une qui peut avoir un certain intérêt économique; c’est le S. sinense, de Roxburg, plus rustique que la canne à sucre proprement dite et supportant mieux la sécheresse. Sa culture est aussi plus simple, et elle müûrit en sept mois, lorsqu'elle est plantée au printemps, mais alors son produit est plus faible que si elle est plantée en automne, et ses cannes récoltées seulement au bout d’un an. Malgré ces avantages il ne paraît pas que cette espèce se soit répandue en dehors de la Chine.

Le S. spontaneum L., de l’Inde, dont les cannes atteignent à 5 mètres de hauteur, n’est cultivé que comme plante ornementale

dans le midi de l'Asie et jusqu’en Egypte. C’est peut-être à cette

espèce (ou variété ?) qu’il faut rapporter la canne éléphant de Cochinchine, qui, avec les années, peut s’élever jusqu’à 10 mètres et fournir des cannes de la grosseur du bras d’un homme. Dans la province de Mytho on la cultive en grand, mais uniquement pour la vendre dans les bazars. D’après le docteur Pierre, de Saïgon, elle est seulement mâchée par les indigènes comme friandise, et sa fragilité la rend impropre à être utilisée par les machines usitées dans les sucreries. Pour en extraire le sucre il faudrait un autre outillage. |

SAGITTARIA. — Genre de plantes aquatiques de la famille des Alismacées, qui ont quelques emplois économiques, et peuvent en outre servir à l’ornementation des pièces d’eau et des rivières artificielles dans les parcs et les jardins d'agrément. L'espèce classique est la suivante :

S. sagittifolia L.— De l’Europe et de l'Asie, jusqu’au Japon. Elle est commune en France où la forme de ses feuilles lui a fait donner le nom de flèche d’eau. Outre qu’elle est belle par son feuillage et par ses fleurs, elle produit une racine charnue, qui est comestible pour les peuples de l’Asie centrale.

Le S. lancifolia L., de la Virginie et des Antilles, est une plante

thé.

un peu plus grande que l'espèce d'Europe et peut-être plus belle. Dans le nord des Etats-Unis, le S. oblusa MusuLensG est le pendant de notre S. sagittifolia. On attribue à une espèce du genre la racine connue en Californie sous le nom de Tule et de Wapaton, qui entre dans le régime des Indiens du pays.

SALIX. — Saule. Grand genre d’arbres et d’arbrisseaux qui constitue avec les peupliers toute la famille des Salicinées. On en connaît aujourd’hui plus de 150 espèces, souvent difficiles à distinguer, et on en trouve sous tous les climats, depuis les régions arctiques jusqu’à l’équateur. Les saules sont tantôt de grands arbres, tantôt des arbrisseaux, quelquefois de simples fruticules si bas qu’on les prendrait pour des herbes. Le bois des grandes espèces, quoique léger, est néanmoins propre aux travaux de charpente et de menuiserie ; il dure même assez longtemps lorsqu'il est soustrait à l’humidité. Beaucoup de saules se font remarquer par la rapidité de leur croissance, et parmi les petites espèces il en est plusieurs qui ont une importance considérable pour l’industrie de la vannerie. Quelques saules contiennent dans leur écorce un principe fébrifuge, la salicine, souvent efficace contre les fièvres de marais. Ajoutons enfin que ceux qui croissent dans les lieux marécageux tendent à les assainir en évaporant par leurs feuilles l’excès d’eau stagnante dans le sol. Toutes les espèces du genre sont dioïques. On les multiplie de graines et plus souvent de boutures, qui reprennent en général facilement quand la terre est suffisamment humide.

S. alba L. — Le saule blanc. Indigène ou peut-être introduit d'Asie à une époque ancienne, mais très répandu aujourd’hui dans toute l’Europe. C’est un arbre d’une vingtaine de mètres ou plus, très beau quand on lui laisse prendre tout son développement, ce qui n’est pas ordinaire, car on le taille habituellement en têtard, à 2 mètres du sol, pour lui faire pousser des branches qu’on récolte tous les deux ou trois ans. Il se déforme alors ; le sommet de la tige s’élargit, et le tronc, tout en grossissant, ne tarde pas à pourrir et à se creuser au centre, ne vivant plus que par les couches extérieures du bois et par l’écorce. Cet arbre utile est ordinairement planté en lignes le long des routes ou dans les prairies. Il abonde dans nos pays de plaines.

Outre les perches qu’il fournit par le genre de taille que nous venons d'indiquer, le saule blanc rend beaucoup d’autres services. Parvenu à tout son développement naturel il donne un bois blanc, léger, élastique, non sujet à se fendre, propre à toutes sortes d’usages. Son écorce est employée au tannage des peaux auxquelles on demande de la souplesse, comme celle qui sert à confectionner les gants; son charbon est un des meilleurs pour la fabrication de la poudre de guerre, et le bois lui-même, étant convenablement trituré, peut servir à faire du papier. Il est à peine nécessaire d’ajouter que son feuillage contribue à la nourriture des bestiaux, comme celui des peupliers, soit à l’état vert, soit desséché sur les fagots de branchages et mis en réserve pour l'hiver.

La croissance du saule blanc est rapide dans les terres profondes

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et fraîches, mais entre 30 et 40 ans il cesse de grandir, et comme le

bois commence à se détériorer il est opportun alors de l’abattre. On le multiplie de plançons, c'est-à-dire de branches fichées en terre.

S. babylonica TourNer. — Le saule pleureur. Originaire d’une grande partie de l'Asie, de la Perse à la Chine et au Japon, aujourd'hui répandu dans le monde entier. C’est un arbre de moyenne taille, à bois mou, mais très ornemental par ses branches et ses longs rameaux pendants, aussi le cultive-t-on dans presque tous les

pares autour des pièces d’eau. On le multiplie de branches boutu= rées, qui deviennent des arbres en peu d'années. D’après le dendro=

logiste Koch, il existe au Japon un autre saule, le S. elegantissima, analogue au saule pleureur, qu’on y emploie à consolider les berges des rivières.

C’est aussi dans le voisinage du saule de Babylone qu'il faut placer le S. capensis TauNBG. (S. Gariepina BurcHeLL), dont les branches sont également pendantes. On pourrait encore en rapprocher les S. daphnoides Vizz., de l’Europe, petiolaris SMITH, cordata MUEHLENBG., {ristis AITON, du nord de l'Amérique, tous à rameaux plus où moins pendants et propres à maintenir les terrains meubles au bord des eaux.

S. caprœa L.— Le saule marceau. De l’Europe et de l'Asie. C’est un arbre de moyenne taille, qui diffère de la plupart des autres saules par ses feuilles arrondies ou largemnnt ovales. Son bois a peu d'emplois, mais son charbon est recherché pour la fabrication de la poudre. Son écorce sert au tannage des peaux fines, et comme il est un des premiers à fleurir au sortir de l’hiver il attire beaucoup d’abeilles. C’est une des espèces de saules qui s’accommodent le mieux des terrains secs.

S. daphnoides Vizars.— De l’Europe moyenne et de l'Asie septentrionale, ainsi que de l'Himalaya, où il s'élève à l’altitude de 3,500 à 4,000 mètres. C’est un des beaux arbres du genre et un des plus grands, car il atteint à la taille de 18 à 20 mètres. Sa croissance est rapide, et par ses longues racines traçantes il maintient fortement les terres sur les pentes des montagnes. Ses rameaux flexibles servent à faire de la vannerie, et son écorce contient une notable quantité de salicme. La beauté de son feuillage luisant et sa haute taille doivent le faire rechercher comme arbre ornemental et paysager.

S. fragilis L. — Grand arbre d’une vingtaine de mètres, répandu sur une vaste étendue de l’Europe et de l’Asie, très variable d’aspect, tantôt de forme pyramidale, tantôt à branches étalées, extrêmement fragiles. Son bois blanc et léger, malgré son peu de force, est cependant employé en menuiserie, mais il est inférieur à celui du saule blanc. On lui rattache plusieurs variétés, entre autres celle

qui à été décrite comme espèce sous le nom de S. Russelliana, qui

s’en distingue par un bois beaucoup meilleur et par une plus forte proportion de tannin et de salicine dans son écorce. D’après sir H. Davy les couches jaunes de l’écorce contiendraient jusqu’à 16 pour 100 de tannin, l'écorce entière 7 pour 100. ;

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S. Humboldtiana Wirzo. — De l'Amérique du Sud, où il s’avance jusqu’à la Patagonie. Son port est pyramidal, et il s'élève jusqu’à 15 ou 16 mètres, ce qui permet d’en tirer des pièces de charpente pour les petites constructions. Le bois est aussi employé en menuiserie, ainsi que dans le charronnage, principalement pour faire les jougs des bœufs de labour.

S. nigra MarsSHALL.; S. Purshiana SPRENG. — Le saule noir des ‘Américains. Petit arbre ou grand arbrisseau de 6 à 10 mètres, - très variable sous tous les rapports, exploité aux Etats-Unis comme

osier, quoique inférieur pour cet usage à plusieurs autres saules. S. purpurea L. — Osier rouge. Arbrisseau de 3 à 4 mètres, quelquefois plus grand ou plus petit, répandu sur une grande partie de l'Europe et de l’Asie occidentale. C’est une des espèces les plus utiles et les plus recherchées par la vannerie et la tonnellerie, pour la longueur, la souplesse et la ténacité de ses rameaux, qui se laissent fendre avec régularité et donnent ainsi des liens solides pour les cerceaux, les corbeilles et autres ouvrages analogues. Cet arbrisseau est cultivé en oseraies dans beaucoup de pays, principalement dans l’Europe occidentale, et avec un profit considérable. II croît rapidement dans les terres légères, même sablonneuses, pourvu qu’elles soient fraîches et un peu humides, mais les terres glaiseuses lui sont défavorables. La France et la Belgique exportent des quantités considérables de branches de cet osier en Angleterre.

S. rubra Hupsox. — De l’Europe, de l’Asie et même du nord de l'Amérique. Ce saule est intermédiaire entre le S. purpurea et le S. viminalis, dont il semble même être un hybride. C’est, dans tous les cas, un arbrisseau vigoureux, de croissance rapide et un bon osier.

S. tetrasperma RoxBG. — Des montagnes de l’Inde, jusqu’à l’altitude de 2,000 mètres. C’est un arbre de 12 à 15 mètres, à tronc robuste, dont on emploie les rameaux à faire de la vannerie commune. Son bois est utilisé pour la fabrication de la poudre, et ses feuilles servent à nourrir les bestiaux.

S. triandra L. — Arbrisseau de 8 à 10 mètres répandu sur toute l'Europe, depuis la Méditerranée jusqu’à la Laponie, et sur une grande partie de l’Asie. Ce saule extrêmement variable se distingue 2" de presque tous les autres en ce qu’il se dépouille tous les ans de sa vieille écorce. Cultivé en oseraies et recépé, il fait chaque année des pousses de 2 à 3 mètres, qu’on récolte pour la vannerie. Il lui faut moins d'espace qu'aux S. viminalis et S. purpurea, et on peut en planter jusqu’à 60,000 pieds par hectare; dès la troisième année on peut récolter des osiers, mais la grande production date de la cinquième, et elle peut se continuer ainsi pendant 15 à 20 ans.

S. viminalis L. — Osier vert, osier de rivière. D'une grande partie de l’Europe et de l'Asie, au voisinage des cours d’eau et souvent même dans le lit des rivières, qu’il encombre quelquefois au point d'en changer le cours. De tous les saules, c’est le plus propre à consolider le bord des eaux, c’est aussi celui qu’on recherche le plus pour la vannerie. Les tiges qu’il repousse tous les ans de sa souche, très droites et sans branches, atteignent communément 2"50 à

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