‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 43 sur 62 · PRET EP AP ANT ITU · texte numérisé non relu

PRET EP AP ANT ITU

si ÉNUMÉRATION DES PLANTES

3 mètres de longueur, et, soit dépouillées de leur écorce, soit à l'état |

brut, elles sont l’objet d’un commerce considérable.

S. oitellina L. — Osier jaune. Longtemps considéré comme une espèce distincte, cet osier, qu’on ne connaît qu’à l’état de culture, est aujourd’hui rattaché au saule blanc (S. alba) comme simple variété. Il doit son nom à la couleur jaune ou orangée de ses rameaux, longs et souples, qui servent à faire des liens économiques, très employés par les tonneliers. Les jardiniers aussi s’en servent pour attacher des plantes à leurs tuteurs ou pour palisser des arbres sur les murs. Dans ce but ils plantent quelques souches de cet osier dans leurs jardins. L’osier jaune se cultive aussi en grandes oseraies, dans les terres tourbeuses et humides, dont il est le meilleur produit.

Nous n’avons fait qu’effleurer l’histoire économique des saules, mais les limites dans lesquelles nous sommes obligés de nous renfermer ne nous permettent pas de plus grands développements. Toutefois nous en avons dit assez pour intéresser le lecteur à un genre d'arbres et d’arbrisseaux auxquels il y a de nombreux services à demander. Nous n’avons pas pu davantage traiter, même très sommairement, de l'établissement et de la culture des oseraies:; mais on trouvera tous les détails qu’on pourrait désirer dans les traités spéciaux d’agriculture et d’arboriculture.

SALPICHROMA rhomboidea MiEers. — Solanée demi-frutescente des régions tempérées-froides de l'Amérique du Sud, jusqu’au détroit de Magellan. Nous l’indiquons ici à cause de ses baies d’une bonne grosseur, rouge vif à la maturité et comestibles. Plusieurs autres espèces du même genre pourraient avoir quelque intérêt si elles étaient mieux connues.

SALVIA. — Sauge. Genre de Labiées, comprenant aujourd’hui plus de 500 espèces distribuées sur une aire géographique très étendue et comprenant presque tous les climats. Ce sont des plantes vivaces par leur souche, quelquefois, mais assez rarement frutiqueuses et formant des buissons. Toutes sont plus ou moins aromatiques, et quelques-unes ont des emplois en médecine. Un très grand nombre sont devenues des plantes d'ornement. Dans la longue série des espèces on trouve des fleurs de tous les coloris, depuis le blanc pur jusqu’au jaune, au rouge de sang, au bleu intense el au violet. Suivant leur provenance, ces belles plantes sont cultivées à l'air libre ou en serre. Beaucoup d’espèces exotiques, et des plus ornementales, passent facilement l’hiver dans les jardins du midi de la France.

A un autre point de vue que la décoration des parterres, deux espèces du genre doivent être signalées :

S. Matico Grise8.— Plante médicinale des montagnes de la République Argentine, à laquelle on attribue, dans ce pays, de grandes vertus curatives.

S. officinalis L. — Sauge officinale. Fruticule buissonnant de la région méditerranéenne, où il recherche les terres calcaires les

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plus sèches. La plante exhale de toutes ses parties une forte odeur aromatique non déplaisante, due à une huile essentielle particulière. Les paysans la récoltent pour l'envoyer aux distillateurs et

surtout aux herboristes, qui en utilisent les feuilles et les fleurs.

SAMBUCUS. — Sureau. Genre d’arbrisseaux, de sous-arbrisseaux et quelquefois d'herbes vivaces, de la famille des Caprifoliacées, la plupart propres aux climats tempérés de l’ancien et du nouveau monde, et dont quelques espèces ne manquent pas d’intérêt. Citons particulièrement les suivantes :

S. australis CHAmISs0. — Du Brésil et de la République Argentine. C’est un arbrisseau de quelques mètres, fort ressemblant au sureau commun de l’Europe. On l’y emploie à faire de grandes haies.

S. canadensis L. — De l'Amérique du Nord, de la Virginie au Canada. Espèce demi-ligneuse, demi-herbacée, dont les baies pourpre-noir servent, comme celles des Phytolacca, à colorer des boissons alcooliques. Outre cet emploi, le sureau du Canada est une plante médicmale usitée aux Etats-Unis, comme d’autres espèces de la même région. Ses fleurs, en infusions, sont excitantes et sudorifiques, et ses baies sont assez souvent employées à faire une sorte de vin. L’écorce intérieure de l’arbuste est un émétique un peu faible.

S. nigra L. — Le sureau commun. De l’Europe, de l’Asie et du nord de l’Afrique. C’est l'espèce classique du genre, et peut-être la plus grande, car elle atteint quelquefois à 10 ou 12 mètres de hauteur, sur un tronc qui approche de la grosseur du corps d’un homme. Les pousses annuelles de l'arbre, celles surtout qui partent du pied, s'élèvent souvent à 3 ou 4 mètres dans l’année, et elles sont remarquables par le volume de leur moëlle, qui sert à diverses expériences de physique, et qui est aussi utilisée par les entomologistes. Les fleurs du sureau sont en larges corymbes, blanches, odorantes, aimées des abeilles, mais leur principale utilité est de fournir à la médecine un bon sudorifique. Les fruits du sureau sont de petites baies noires, dont le suc sert à colorer des vins et des liqueurs, et souvent aussi à faire des boissons alcooliques, qu’on fait passer pour du vin ou qui servent à sophistiquer le vin véritable. Ajoutons enfin que le sureau commun est un arbre ornemental d’une certaine valeur au moment de sa floraison, qui est précoce, mais de courte durée.

S. racemosa L. — Le sureau à grappes. De l’Europe centrale et méridionale. Cet arbrisseau est moins grand que le sureau commun, et il en difière encore par ses inflorescences en panicules, ses fleurs jaunâtres et ses baies rouge de corail. Il n’a d’autre rôle à remplir dans nos parcs que celui d’un arbrisseau d'agrément.

Le S. pubens Micux., de l'Amérique septentrionale, a beaucoup de rapport avec le sureau à grappes et se cultive pour le même objet en Europe. Le S. xanthocarpa Ferd. vox MuLLer, de l’Australie extratropicale, est un arbre comparable pour la taille au sureau d'Europe.

SANTALUM album L. — Petit arbre de l'Inde, qui atteint la ré= gion tempérée dans la partie montagneuse du Mysore, célèbre dans tout l'Orient pour le parfum de son bois et de ses racines, qui, sOu= mises à une lente distillation, donnent environ 2? 1/2 pour 100 de leur poids d’une essence d’un prix très élevé (75 fr.le demi-kil.). La meiïlleure, ou tout au moins la plus recherchée, est celle qu’on retire des arbres qui vivent dans les lieux les plus rocailleux et les plus arides.

D’autres espèces du genre sont ou peuvent être exploitées de la même manière, telles que le S. Freycinetianum Gaur., des îles Sandwich; le S. austro-caledonicum Vieizr., de la Nouvelle-Calé-" donie, qui peut rivaliser avec le Santal de l'Inde; le S. cycnorum « Miquez, de l'Australie sud-occidentale ; le S. Preissianum MIQUEL, « des déserts de l’Australie extratropicale, dont les drupes, assez semblables à de petites pêches, sont comestibles, ainsi que l’amande de leur noyau; enfin le S. Yasi SEE, des îles Fidji, et de plusieurs autres archipels des mêmes régions. Ces arbres pourraient sans doute être acclimatés dans les pays chauds ou tempérés-chauds.

SANGUINARIA canadensis L.— Sanguinaire du Canada. Herbe vivace par sa racine, à fleurs blanches, ne portant qu’une seule feuille qui sort de sa souche enterrée. Elle doit son nom à la couleur rouge du suc de toutes ses parties, principalement de la racine. On lui attribue une grande valeur médicinale. Elle appartient à la famille des Papavéracées.

SANSEVIERA =eylanica Wirrp. — Liliacée de l’Inde, à feuilles épaisses, contenant une forte proportion ( presque le quart de leur poids) de fibres très résistantes, quoique fines, douces et d’un éclat soyeux. Les indigènes font avec ces fibres les cordes de leurs arcs. Il semble que cette plante pourrait utiliser les terrains rocailleux et arides des pays exempts de gelée.

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