‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 46 sur 62 · CT A · texte numérisé non relu

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sucrée, la manne de lamarix, que quelques personnes croient être celle qui a nourri les Hébreux dans le désert, opinion peu vraisemblable. On récolte encore sur diverses espèces du genre des galles que leur forte astringence fait employer dans la médecine populaire, ou qu’on utilise pour la teinture des étoffes.

TANACETUM Balsamita L.; Balsamita suaveolens DESF. — Baume-coq, menthe-coq. Plante herbacée, vivace, de la famille des Composées, dont les tiges hautes environ de 1 mètre portent de nombreux capitules jaunes, ce qui l’a fait admettre dans les parterres comme plante d'ornement. Ses feuilles froissées entre les doigts exhalent une odeur aromatique forte et agréable. Nous ne citons ici cette plante que pour la propriété qu’on lui attribue de dissoudre en très peu de temps la chair des cadavres d'animaux mis en contact avec ses racines, et dont elle ne laisse bientôt que le squelette. L’expérience plusieurs fois répétée a, dit-on, toujours donné les mêmes résultats. Si cette propriété est réelle, ainsi qu’il semble, elle pourrait trouver une utile application dans bien des cas. La plante se multiplie aisément par division de ses toufies.

TANACETUM oulgare L. — Tanaisie. Plante vivace, de la famille des Composées, des régions tempérées de l’ancien continent et du nord-ouest de l'Amérique. Elle est fortement aromatique, ce qu’elle doit à une huile essentielle volatile, aussi est-elle employée en médecine, et surtout en médecine vétérinaire.

TARAXACUM officinale VizLars; T. Dens-leonis DESr.— Pissenlit, dent-de-lion. Composée herbacée, acaule et vivace, de toutes les parties tempérées de l’Europe et de l’Asie, commune surtout dans les terres un peu humides, les prairies et sur les bords des chemins. Sa racine a quelques emplois en médecine, et ses feuilles, surtout lorsqu'elles sont un peu blanchies par la privation de lumière, sont estimées comme salade. Longtemps négligée, cette modeste plante est entrée dans la culture potagère, où on la fait blanchir par les moyens usités pour d’autres salades. Elle est extrémement variable dans son feuillage, et on doit naturellement préférer, pour la culture, les variétés dont les feuilles sont les plus grandes et les moins découpées. On la propage par semis et par l'éclat des racines. Sa floraison, très printanière, est recherchée des abeilles au sortir de l’hiver.

TAXODIUM. — Grands arbres de l’ordre des Conifères et de la famille des Cupressinées, appartenant à l'Amérique septentrionale. Ce genre est réduit aux deux espèces suivantes :

T. distichum RicHarD. — Cyprès chauve de Virginie. Des Etats- Unis méridionaux, où il recherche les bords des rivières et les terrains imbibés d’eau. Sa hauteur est de 30 à 40 mètres, et la circonférence du tronc, au niveau du sol, dépasse quelquefois 10 mètres. On croit alors qu’il est âgé de 1,500 à 2,000 ans. Cependant sa crois-

sance est relativement rapide, au moins dans les premières années,

Cet arbre est remarquable par deux particularités : ses feuilles caduques comme celles du mélèze et les exostoses ligneuses de forme conique qui s'élèvent de ses racines traçantes lorsqu'il est arrivé à l’âge adulte, et dont la hauteur dépasse quelquelois 1 mètre. A tort ou à raison, on lui attribue en Amérique la propriété d’assainir l'air des pays marécageux. Son bois, à grain fin, est dur, quoique léger, élastique, facile à fendre et à travailler, d’une bonne durée même dans l’eau, aussi est-il employé à tous les travaux de charpente et de menuiserie. On en extrait aussi de Ja térébenthine de qualité supérieure. Ce bel arbre, qui est l’ornement agreste de la Géorgie et de la Caroline, où il domine tous les autres, a été introduit en Europe dès le commencement du dix-huitième siècle, et on en voit de beaux exemplaires en Angleterre et en France, mais il ne réussit bien que dans les terres profondes et constamment humides.

T. mucronatum TENORE; 7. Montezumæ D; T. mexicanum Carr. — Cyprès de Montézuma. Des montagnes du Mexique, où il atteint des proportions colossales, soit une quarantaine de mètres de hauteur, sur 12 mètres de circonférence à la base. Il a quelque ressemblance dans le port avec l'espèce précédente, maïs ses feuilles ne tombent que tous les deux ou trois ans. Il est moins ruslique en France que le 7. distichum, car il y gèle souvent, même dans les provinces voisines de l'Océan, où le climat est relativement doux. Celui de l'Espagne et du Portugal lui conviendrait mieux.

Les Taxodium sont éminemment des arbres paysagers, aussi l’horticulture d'agrément s’en est-elle emparée dès leur introduction en Europe. On les multiplie presque exclusivement de graines qu’on tire d'Amérique, les arbres cullivés en Europe n’en produisant que très exceptionnellement qui soient capables de germer.

TAXUS. — If. Genre d’arbres conifères, à fruits bacciformes, charnus et ne contenant qu’une seule graine, constituant, avec un petit nombre d’autres genres (Torreya, Ginko, Phyllocladus), le groupe des Taxinées. Les auteurs ont décrit plusieurs espèces d'ifs, mais elles sont si voisines les unes des autres qu’on peut les considérer comme de simples variétés de l’if commun, qui est le suivant :

T. baccata L. — De presque toute l’Europe, jusqu’au 61° degré de latitude, et d’une grande partie de l’Asie, où il s’élève aux alutudes de 3,006 mètres et plus. On le trouve aussi dans le nord de l'Amérique, et dans les îles japonaises.

L’if est un arbre très variable par ses proportions; c’est tantôt un.

arbre d’une trentaine de mètres, tantôt un grand ou même un petit arbrisseau, mais toujours très touffu et d’une verdure foncée. Il eroît lentement, et sa longévité est extrême, car il en existe quelquesuns en Angleterre et dansle nord de la France dont on fait remonter l’âge à 2,000 ans. Avant l'invention des armes à feu l'if avait le privilège de fournir le bois dont on faisait les meilleurs arcs. Avec le temps, c’est-à-dire après la destruction de beaucoup de forêts, cet arbre est devenu relativement rare en Europe et il ne sert plus

guère qu’à orner les parcs, le paysage et les cimetières, ce à quoi

la densité et la verdure sombre de son feuillage le rendent éminemment propre; son bois est d’ailleurs de première qualité par sa force, sa souplesse el sa longue durée. Ajoutons à ces détails que les feuilles de l’if sont vénéneuses et ont plus d’une fois causé la mort des bestiaux qui les avaient broutées. La pulpe douceñtre de ses baies est au contraire inoffensive. L’if ne se reproduit guère que de graines, et les horliculteurs en ont obtenu un grand nombre de variétés.

T. brevifolia NurraLz; 7. Lindleyana Laws. — Du nord-ouest de l'Amérique. On le dit plus grand et plus élancé que l’if d'Europe, auquel d’ailleurs il ressemble. Peut-être n’en est-il qu’une variété. Son bois est blanc ou légèrement jaunâtre, propre à beaucoup d’usages. Les Indiens s’en servent pour faire leurs arcs.

A la suite de ces deux espèces nous pouvons citer encore le T. canadensis Wizo., des parties froides de l'Amérique du Nord; ce n’est qu'un arbrisseau de # à 5 mètres; le 7. Wallichiana Zucc., de l'Himalaya, où il constitue de vastes forêts; c’est un arbre d’une vingtaine de mètres; on dit que les populations du pays font avec ses jeunes pousses une infusion, analogue au thé, et qui, sans être vénéneuse, n’est pas exempte d’'inconvénients ; le 7. floridana NUTTAL, qui paraît n’être qu'une variété méridionale du T7. canadensis ; enfin, le 7. globosa, grand arbrisseau des montagnes du Mexique, jusqu'ici très peu connu en Europe.

TECOMA radicans Juss. — Arbrisseau grimpant de l'Amérique du Nord, de la famille des Bignoniacées, réuni autrefois aux Bignonia, dont on le distingue à ce que ses feuilles composées se terminent par une foliole et non par une vrille. Ses grandes fleurs rouge ponceau en font un bel arbrisseau d'ornement, propre à couvrir des treillis ou à épaissir des haies, mais il nous intéresse aussi par l'abondance du nectar que produisent ses fleurs fort recherchées des abeilles. Il est rustique, en France, jusque sous le climat de Paris.

Plusieurs autres bignoniacées, sans être aussi mellifères, peuvent servir aux mêmes usages, telles que les 7°. grandifiora de la Chine, T. capensis de l'Afrique australe, 7°. australis de la Nouvelle-Hollande, Bignonia capreolata de l'Amérique du Nord, B. speciosa ‘de Buenos-Ayres, 2.venusta du Brésil, et beaucoup d’autres, toutes plus ou moins sarmenteuses et depuis longtemps introduites dans l’horticulture d'agrément. La plupart sont rustiques dans le midi de l'Europe.

TECTONA grandis L. f. — Grand arbre de la famille des Verbénacées, indigène dans la moitié septentrionale de l’Inde, où il porte le nom de Teck. C’est un arbre forestier de premier ordre, moins encore par ses belles proportions que par l’excellence de son bois, qui ne le cède à aucun autre en force et en durée pour les grandes constructions et surtout pour les constructions navales. Sans parler de ce qui s’en consomme dans le pays même, on en importe de grandes quantitésen Europe, principalement en Angleterre.

La limite septentrionale de cet arbre est ledistrict de Bandalkhand,

mais il s’y élève sur les montagnes jusqu'aux altitudes de 1,000 à”

1,200 mètres. Dans l’Inde occidentale, au rapport de MM. Stewart et Brandis, la gelée n’est pas un phénomène rare dans les lieux occupés par le Teck, qui n’en est pas sensiblement maltraité, mais il n’y prend pas le développement qu’il montre dans des sites plus favorables. C’est aussi ce qui arrive à Alger, où il a été introduit il y a quelques années; il y fleurit et donne des graines, mais sa faille n'y à pas encore dépassé 6 à 8 mètres. Il est probable qu’on obtiendrait un meilleur résultat de sa culture dans la région méridionale de notre colonie.

TEINOSTACHYUM attenualum Munro. — Bambou de 8 à 10 mètres, des montagnes de l’île de Ceylan, où il monte jusqu’à l’altitude de 2,000 mètres, ce qui semble lui donner assez de rusticité pour pouvoir se naturaliser dans le midi de l’Europe, ou tout au moins sur les rivages méridionaux de la Méditerranée.

TELFAIRIA pedata Jos. Hook.; Feuillea pedata Smira ; Joliffia Boyer. — Grande cucurbitacée dioïque et vivace, longuement sarmenteuse et grimpante, de l'Afrique sud-orientale, cultivée en qualité de plante économique dans plusieurs parties de cette région, et particulièrement dans l’île de Zanzibar, où elle porte le nom de Kouémé. Elle est remarquable par la forme de son feuillage découpé, par ses fleurs frangées, de couleur violette, et surtout par ses fruits de forme oblongue, comparables à ceux des plus grosses citrouilles, et pesant jusqu’à 20 ou 25 kilogrammes. Ces fruits énormes, dont la chair ne paraît pas comestible, contiennent des centaines de graines, de la forme et de la grosseur d’une châtaigne, dont l’amande se mange crue ou plus habituellement cuite dans l’eau. On en tire un meilleur parti en exprimant l’huile qu’elles contiennerit et qu’on dit comparable à la meilleure huile d’olives. On a essayé, mais jusqu'ici sans résultat, de cultiver cette remarquable cucurbitacée à Alger, où elle ne résiste pas aux abaissements de la température en hiver ; mais il semble probable que sa culture aurait plus de succès dans les oasis du Sahara, sous le couvert des dattiers.

Une seconde espèce du genre, plus récemment découverte, est le!

T. occidentalis, qui, ainsi que son nom l’indique, appartient à l'Afrique occidentale (Sierra-Leone, Vieux-Calabar, Angola, ete.). Elle difière de l’espèce précédente par divers caractères, dont le principal est la figure de son fruit, plus court et relevé longitudinalement de huit à dix ailes très saillantes. Les noirs de ces divers pays la cultivent pour en manger les graines ou en retirer de l’huile. Ce que

nous avons dit ci-dessus des essais de naturalisation de l'espèce

orientale s’applique également à celle-ci.

TERFEZIA ZLeonis TULASNE. — Champignon hypogé, analogue aux truffes, avec lesquelles on l’a longtemps confondu, mais qu'il est loin de valoir, quoiqu'il soit comestible. On le trouve dans le midi de l’Europe et, paraît-il, aussi dans l’Amérique du Nord.

TERMINALIA. — (Genre d'arbres de la famille des Combrétacées, tous des régions intratropicales et intéressants à divers titres. Citons dans le nombre les espèces suivantes :

T. buceras Jos. Hook.; Bucida buceras L. — Des côtes orientales de l'Amérique, des Antilles au Brésil, où il croît le pied dans l’eau de mer, ce qui le fait classer parmi les palétuviers. On pourrait peut-être l'utiliser pour fixer les terrains bourbeux et les sables balayés par les vagues.

T. Catappa L.— De l'Inde. Peu d'arbres, au dire de Roxburgh, sont aussi élégants que celui-ci, et ce serait une intéressante acquisition à faire pour la décoration des parcs dans les pays exempts d'hiver. Peut-être aurait-il quelque chance de s’acclimater dans les parties les plus chaudes du midi de l'Europe et dans le nord de l’Afrique, où 1l aurait à lutter non seulement contre les abaissements de la température hivernale, mais aussi contre les longues sécheresses de l’été. Son introduction serait d'autant plus désirable que ses graines, semblables à des amandes et rappelant le goût de la noisette, sont agréables à manger et très saines.

T. Chebula Rertz. — Des montagnes sèches de l'Inde. Cet arbre produit, comme le précédent, des amandes comestibles, et en outre des galles, qui, ainsi que les feuilles et les fruits jeunes, sont très employées en teinture et en tannerie, sous le nom de myrobolans. L'expression de myrobalans serait plus conforme à l’étymologie.

Plusieurs autres espèces de Terminalia sont dignes de lattention des botanistes et des acclimateurs. On en connaît en Australie qui s’avancent jusqu’au tropique et qui entrent peut-être dans la zone tempérée. D’autres sont des montagnes de l’Inde ou des îles voisines. Quelle qu’en soit l’origine, tous ces arbres sont riches en tannin, et la plupart fournissent des bois de valeur.

TETRAGONIA expansa MurRAY. — Tétragone, épinard de la Nouvelle-Zélande. Herbe annuelle, à tiges étalées sur la terre, et dont les feuilles charnues se mangent cuites en guise d’épinards. On la cultive assez souvent dans les jardins potagers de l’Europe. Son seul défaut est d’être trop aqueuse. La plante est répandue dans beaucoup de pays de l’hémisphère austral, jusqu’à la Nouvelle-Calédonie. Les botamistes la classent dans la famille des Portulacées, mais elle a beaucoup d’analogie aussi avec les Ficoïdes, ou Mésembrianthémées.

Une seconde espèce, le T. implexicoma Jos. Hook., de l’Australie extratropicale, de la Nouvelle-Zélande et de l’île Chatam, doit être encore signalée. Elle est frutescente et forme de longs et larges tapis sur le sable et les rochers, toujours au voisinage de la mer. Comme plante potagère, elle a les mêmes qualités que la précédente, et pourrait d’ailleurs servir à consolider les sables ou à tapisser des rochers maritimes. Le 7°. {rigyna BANKs et SOLANDER ne paraît pas différer de cette espèce.

TETRANTHERA. — Arbres de la famille des Laurinées, assez analogues au laurier commun et pouvant être utilisés comme arbres

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forestiers. Quelques-uns sont rustiques dans le midi de l’Europe, d’autres conviendront aux pays intratropicaux.

T. californica Hook. et ARNTr.; Oreodaphne californica N&ës. — Laurier de montagne, de l’Orégon et de la Californie. Au voisinage des rivières, c’est-à-dire en terrain frais, il s'élève à 30 mètres et plus, donnant un excellent bois de construction, propre à la charpente et à la menuiserie, exhalant une légère odeur de camphre, qui le met à l’abri des insectes. Ce bel arbre croît un peu lentement, mais il vient pour ainsi dire sans culture.

T. calophylla Miquez; Cylicodaphne BLum. — Des montagnes de Java et des Nilgherries, dans l’Inde. Ses graines, qu’il produit en grande abondance, contiennent une matière grasse, de la consistance du suif, qu’on en extrait par pression pour en faire des bougies.

Le T. laurifolia JAcQ., de l'Asie méridionale et du nord de l’Australie, et le 7”. japonica SPRENG., rendent des services analogues.

TEUCRIUM. — Genre de Labiées, les unes herbacées, les autres frutescentes, la plupart de la région méditerranéenne, plus ou moins aromatiques, et dont quelques-unes sont utilisées en médecine. Les plus intéressantes pour nous sont les suivantes :

T. chamædrys 1. — Petit chêne. Des terrains rocailleux d’un grande parte de l’Europe. Il a eu jadis une certaine réputation en thérapeutique, mais 1l est presque abandonné aujourd’hui, quoique encore en usage dans la médecine populaire.

T. fruticans L. — Sous-arbrisseau buissonnant, de 2 à 3 mètres, des parties les plus chaudes du midi de l’Europe, fréquemment eultivé dans les jardins, où, taillé en boule, il est d’un grand effet pittoresque, par son feuillage blanc argenté en dessous et par ses fleurs d’un bleu grisâtre.

T. Marum L. — Marum des officines. Sous-arbuste de la région méditerranéenne et de l'Orient. Très usité autrefois en médecine, et conservant encore quelques emplois en pharmacie. Son odeur aromatique est due à la stéaroptène.

Plusieurs autres Teucrium ont aussi été en faveur, tels que les T. Scordium, T.. creticum, T. polium, etc., des mêmes régions méridionales.

THAMNOCALAMUS. — Grands bambous de la zone tempérée de l'Himalaya, où l'hiver fait tous les ans sentir ses rigueurs. Leur acclimatation en Europe ne fait aucun doute, principalement pour le Th. Falconeri Hook., qui dépasse la zone de 2,000 mètres d’altitude, etle Th. spathifiorus Muxko, qui atteint celle de 3,500 mètres, et qui est, selon toute vraisemblance, le bambou introduit en Europe sous le nom impropre d'Arundinaria falcata.

Ce que nous venons de dire des Thamnocalamus s'applique de tous points au Pseudostachyum polymorphum et au Teinostachyum Griffithiüi MuNro, autres bambous des mêmes régions.

THAPSIA edulis BENTH.; Monisia edulis LOWE. — Grande

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ombellifère à racine charnue et comestible, de l’ile Déserte, près de Madère, où elle porte le nom de carotte en arbre. Quoique sa racine ne vaille pas la carotte, la plante a cependant quelque intérêt pour certaines localités maritimes. Elle pourrait d’ailleurs être améliorée par la culture comme tant d’autres espèces sauvages.

Une autre espèce, le Th. garganica L., du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique, a joui, pendant quelque temps, d’une grande vogue dans la thérapeutique. Plusieurs médecins l’ont préconisée comme le remède de la phtisie, ce que l'expérience n’a pas confirmé. Elle est cependant encore employée contre d’autres maladies. On la croit d’ailleurs un peu vénéneuse, et il faut n’en user qu’avec réserve.

THELIGONUM cynocrambe L. — Herbe annuelle de la région méditerranéenne, où elle entre en végétation dès les mois de janvier et de février. Les pauvres gens la récoltent pour la manger en guise d’épinards. C’est le seul usage qu’on lui connaisse.

THEOPHRASTA imperialis REG. — Pelit arbre ou grand arbrisseau de la famille des Sapotées, originaire du Brésil et cultivé depuis longtemps dans les serres chaudes de l’Europe en qualité de plante d'ornement. Il est surtout remarquable par la grandeur et la beauté de son feuillage, qui a quelquefois près de { mètre de longueur, sur 25 à 30 centimètres de largeur. Ses fruits ressemblent à de petites pommes à cinq côtes mousses, et à chair épaisse, mais ne sont pas comestibles que nous sachions. Il est probable que cet arbrisseau, cultivé en pleine terre et à l’air libre dans un climat suffisamment chaud, prendrait de toutes autres proportions que dans les serres du Nord. Il en existe quelques sujets dans les jardins les mieux abrités de la Provence maritime, où ils passent aisément l’hiver à l’aide de quelques abris.

THRINAX parvifiora SWARTZ. —- Palmier de la Floride, des Antilles et de l'Amérique centrale, à feuilles flabelliformes, et dont le stipe remarquablement grêle s'élève à 10 ou 12 mètres et quelquefois plus. Cet élégant palmier serait rustique dans les parties les plus méridionales et les mieux abritées du midi de l’Europe et peutêtre de la Provence.

THUIA.— Genre de Conifères du groupe des Cupressinées, comprenant quatre ou cinq espèces américaines, toutes introduites en Europe. Deux d’entre elles doivent particulièrement nous intéresser.

TH. gigantea Nurt.; Libocedrus decurrens Torr. — Du nordouest de l’Amérique, où il porte, suivant les lieux, les noms de Cèdre rouge, Cèdre blanc et Cyprès jaune. C’est un arbre superbe dont le tronc, parfaitement droit, s'élève verticalement à 60 et quelquefois à près de 100 mètres, sur un diamètre proportionné à cette grande taille. Son port est régulièrement pyramidal, ou plutôt de forme conique, élancé, de verdure dense et de teinte foncée. Tel que nous le connaissons en Europe, le grand thuia est un arbre paysa-

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ô ger de premier ordre, mais en Amérique on l’exploite pour son bois ; qui est également propre aux grandes constructions et aux travaux de menuiserie. Ce bois est léger, lendre, blanc ou un peu jaunâtre, facile à travailler, et d’une bonne durée lorsqu'il est à l’abri des injures de l'air. L'arbre est quelquefois si volumineux qu’on a pu creuser, dans un seul tronc, des canots de quatre tonnes de jauge. Son écorce fibreuse s’enlève en lanières plus ou moins longues, dont “ on fait des nattes et de grossiers cordages. L'arbre est très rustique dans la majeure partie de l’Europe. 3 TH. occidentalis L.— Arbre de vie, cèdre blanc. De l'Amérique « du Nord, du Canada à la Caroline, Arbre de 15 à 20 mètres, quelquefois réduit à la taille d’un grand arbrisseau, à bois résineux, rou= geâtre ou jaunâtre, léger, mais d’une bonne force, employé dans les constructions, surtout pour les pilotis dans l’eau, les traverses de M chemins de fer, l’outillage des machines et même pour les objets de tour. Des charpentes de maisons construites avec ce boïs étaient encore bien conservées au bout de 50 et de 60 ans, d’après le botaniste Michaux ; l’arbre, avec sa ramification serrée, forme une pyramide étroite et compacte, aussi l’emploie-t-on communément aux « Etats-Unis pour faire des brise-vent autour des terres cultivées, et = nul arbre de ce pays n’y est plus propre. L'horticulture a fait naître « un assez grand nombre de variélés dans cette espèce, et il en est quelques-unes de tout à fait naines qui sont très utiles dans les jar- M dins pour abriter les jeunes plantes contre le soleil et le vent. On les M plante en rideaux, qu’on maintient par la taille à une hauteur déterminée, et auxquelles on peut donner, par le ciselage, la rectitude et la régularité d’un mur. Le thuia occidental est très rustique en Europe. Ne THUIOPSIS dolabrata Sies. et Zucc. — Arbre de 20 à 30 mètres, du Japon, assez analogue aux Thuia, auxquels il avait d’abord été réuni. C’est l’Akébi des Japonais, qui le plantent communémenten avenues et l’exploitent comme arbre forestier, car le bois, qui est de couleur rouge, a toutes les qualités de force et de durée requises pour tous les genres de constructions. Il est tout à fait rustique en Europe et en France, et il réussit surtout dans les terres fraîches, un peu humides. 2 Le Thuiopsis læte- virens Lino. de la Chine, est beaucoup moins grand que le précédent, mais il est d’une rare élégance, etfortre-

cherché pour l’ornementation des parcs et des jardins. à. fra THYMELEA {inctoria ENDL.; Passerina tinctoria POURR. — Sous-arbuste de la famille des Thyméléacées, indigène dans le midi de la France, en Espagne et en Portugal. On s’en sert pour la tein- n ture des étoffes en jaune. $ e Un genre très voisin, les Pimelea, contient aussi des matières | tinctoriales, et deux espèces australiennes, en particulier, fournis sent une matière colorante bleue qui ne paraît pas avoir encore été utilisée. Rappelons aussi que l'écorce de ces divers arbustes jouit de propriétés médicinales analogues à celle du garou (Daphne Me-

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zereum), et que leurs fibres tenaces pourraient servir à faire de la pâte à papier. Celles du Pimelea clavata, de la Nouvelle-Hollande occidentale, sont si résistantes qu’on en fait des ficelles et des lanières de fouets.

THYMUS oulgaris L.— Le thym commun. Fruticule du midi de l'Europe, très commun sur les collines arides de la région méditerranéenne de la France, employé de toute antiquité comme condiment dans les sauces, auxquelles il communique une saveur aromatique très agréable. Il doit son odeur à une huile essentielle, dont la parfumerie tire le thymol cristallisé, si employé aujourd’hui comme antiseptique. Le thym est cultivé dans tous les jardins potagers ; on en fait même de jolies bordures autour des plates-bandes du parterre. La fleur du thym est rose plus ou moins foncé, mais il en existe aussi une variété à fleur blanche.

A la suite du thym proprement dit, nous pouvons citer le serpolet (Th. serpyllum L.), petite herbe vivace, très aromatique, qu’on trouve dans la plus grande partie de l’Europe, et qui peut remplacer le thym dans les préparations culinaires. Les Th. capitatus HorrM. et Th. mastichina L. étaient employés en médecine par les anciens ; ces deux plantes sont aujourd’hui à peu près abandonnées, peut-être sans raison suffisante.

TILIA. —- Tilleul. Genre principal de la famille des Tiliacées, comprenant un petit nombre d’arbres à feuilles caduques, indigènes des pays tempérés de l’ancien et du nouveau continent. Tous sont des arbres d’avenues, souvent plantés sur les places publiques pour donner de l’ombre en été. Leur bois, blanc et mou, n’a guère de valeur que comme combustible, mais leur écorce filandreuse sert à faire des cordes, surtout des cordes de puits. Leurs fleurs, très odorantes, sont recherchées des abeilles, et elles trouvent un fréquent emploi dans la médecine domestique, où elles servent à faire des tisanes et des infusions.

T. europæa L. — Le tilleul commun. De l’Europe et de l’Asie, jusqu’au Japon. Dans les terres fraîches et profondes, le tilleul devient, avec les années, un arbre de 25 à 30 mètres et même plus, avec un tronc de 5 à 6 mètres de tour à la base, mais il reste fort au-dessous de cette taille dans les mauvaises terres, surtout si elles se dessèchent en été. C’est du reste un fort bel arbre, qu’on plante partout aujourd’hui, mais plus dans Je Nord que dans le Midi, où la sécheresse lui est défavorable et fait tomber ses feuilles de bonne heure. Les horticulteurs ont obtenu un grand nombre de variétés de cette espèce.

T. americana L. — Tilleul d'Amérique. Il ne diffère guère de l’espèce d'Europe que par ses feuilles plus larges. On l’emploie d’ailleurs aux mêmes usages.

T. argentea Horr. — Tilleul argenté. Il est venu de Hongrie, et passe pour une espèce distincte du tilleul commun. Il diffère de ce dernier par ses feuilles cotonneuses et blanches à la face inférieure et qui tombent plus tardivement en automne. Il fleurit aussi un mois

plus tard et ses fleurs ont plus de parfum. Mêmes usages que ceux des autres tilleuls.

TILLANDSIA. — Plantes vivaces américaines de la famille des Broméliacées, très recherchées aujourd’hui par l’horticulture, mais presque toutes de serre chaude en Europe. Beaucoup d'espèces de ce genre sont remarquables par leurs fleurs et par leur feuillage marbré ou zébré. Il en est quelques-unes qui vivent en épiphytes sur le tronc ou les branches des arbres, comme la plupart des orchidées de pays chauds et humides, mais il en est aussi un petit nombre qui peuvent s’accommoder du climat de l’Europe méridionale, où elles ne peuvent être d’ailleurs que des plantes de curiosité ou de fantaisie. Telles sont entre autres les deux suivantes :

T. dianthoides L. — Petite plante à feuilles coriaces et à fleurs bleues, dont les touffes sont suspendues aux arbres par le lacis de leurs racines. Elle passe aisément l'hiver dans les jardins de la région méditerranéenne, soit sous le couvert des arbres, soit sur des 4 rocailles abritées contre les rayons directs du soleil.

T. usneoides L. — D'une grande partie de l'Amérique, depuis la M Caroline jusqu’à l’Uruguay et au Chili. C’est une espèce arboricole, qui forme de curieux festons en se suspendant aux branches des arbres. Elle est aussi rustique que la précédente. En Amérique, on s’en sert souvent pour décorer les églises, les portiques, etc.

TODEA africana WiLio. — Grande fougère de l’Afrique australe, du sud-est de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui est devenue, depuis quelques années, l’objet d’un commerce considérable entre ces divers pays et l’Europe, où elle est recherchée pour la décoration des serres chaudes. Elle est remarquable, en effet, par la grandeur et l’élégance de ses frondes. Sans être présisément arborescente, elle produit, avec les années, une énorme souche, dont le poids dépasse quelquefois une tonne, et d’où naissent des centaines de frondes. Comme toutes les fougères, celle-ci se reproduit par les séminules, ou spores, qui se forment dans le tissu de ses feuilles, mais il est plus expéditif d'importer directement en Europe ou en Amérique les souches adultes de la plante, qui supporte ainsi de longs voyages par mer. Il n’est pas douteux que cette belle fougère ne puisse être naturalisée dans beaucoup de lieux de l’Europe méridionale et occidentale, où le climat est à la fois doux et humide. ‘ |

TORREYA. — Arbres et arbrisseaux conifères du groupe des Taxinées, appartenant à l'hémisphère septentrional. Un de leurs caractères les plus saillants consiste dans leurs fruits drupacés. Les trois ou quatre espèces connues sont étrangères à l’Europe.

T. californica Torr.; T. myristica Hook. — Arbre d’une trentaine de mètres, de forme régulière et très droit, pouvant atteindre à ? mètres de diamètre à la base. Des Sierras de la Californie, où il s'élève jusqu’à 2,000 mètres. Son bois solide et résineux n’est, diton, jamais attaqué par les insectes.

T. grandis Rob. Font. — Du nord de la Chine, où il porte le nom de Æaya. Haut d’une vingtaine de mètres, à tête arrondie en parasol. Son bois est estimé pour les grandes constructions, mais il ne paraît pas qu’on ait réussi jusqu'ici à le cultiver en Europe, parce qu’il est sujet à geler, du moins sous le climat du nord de la France.

T. nucifera SiE8.; Caryotaæus Zucc. — Petit arbre ou grand arbrisseau du Japon, à branches verticillées et d’un port élégant. La pulpe de ses fruits, quoique un peu acerbe et aromatique, est comestible, et ses graines donnent par pression une huile également usitée dans les préparations culinaires. Le bois de l'arbre est remarquablement dur et habituellement employé pour les ouvrages de tour, ainsi que dans la tonnellerie.

T. taxifolia ArNoTr. — De la Floride. Arbre d’une quinzaine de: mètres, à bois rougeâtre et d’une longue durée, même dans la terre. Il sert à divers usages et est surtout employé en menuiserie. On en tire aussi une térébenthine de couleur rouge. Malgré sa provenance méridionale le 7”. {axifolia est rustique dans toute la France. C’est un. très bel arbre d'ornement, dont le feuillage rappelle celui du Cunnighamia de la Chine. Froissé entre les doigts, ce feuillage, surtout lorsqu'il est jeune, répand une forte odeur bitumineuse, à laquelle, sans doute, il doit son immunité contre les attaques des insectes.

TOUCHARDIA latifolia GaunicHaun. — Urticée frutescente des iles Hawaï, analogue au Zœhmeria nivea, où ramie, dont les indigènes retirent une fibre textile très forte et facile à séparer des pares ligneuses. Plante à introduire dans les climats chauds et humides.

TRAGOPOGON porrifolius L. — Salsifis. Plante herbacée, trisannuelle, de la famille des Composées, commune dans les prairies humides de presque toute l’Europe et de l’Asie centrale. Sa longue racine tendre et comestible en a fait une plante potagère, analogue à la scorsonère, et qui est cultivée comme cette dernière dans les jardins potagers.

TRACHYCARPUSexcelsus WENDL.; Chamoærops excelsa MarrT.; C. Fortunei Horr. — Petit palmier dioïque, du midi de la Chine, introduit en Angleterre dans la première moitié du siècle, aujourd'hui très commun dans une grande partie de l'Europe. C’est, jusqu'ici, le plus rustique des palmiers connus, car il résiste à 10 ou 12 degrés de froid, et, jusqu’à la latitude de Paris, il mûrit ses graines à l’air libre. Sa tige, qui est unique et ne drageonne pas du pied comme celle du palmier nain du midi de l’Europe, s’élève à 4ou 5 mètres, et elle est enveloppée dans toute sa longueur d’un épais capillitium, sorte de fourrure brunâtre, qui la protège contre le froid. Ses feuilles flabelliformes, moins résistantes au vent que celles du palmier nain, ont jusqu’à 0"70 de largeur. |

Sous sa petite taille, ce palmier est très élégant el sa croissance

est fort rapide. En Europe il ne remplit que le rôle d'arbre d'agré-

ment, mais en Chine on utilise la bourre qui enveloppe sa tige pour en faire des nattes, des cordages et jusqu’à de grossiers vêtements

à l’usage des gens de la campagne, ce qui lui a valu, de la part des Anglais, le nom de Æ/emp palm, ou palmier-chanvre.

TRACHYLOBIUM verrucosum HAYNE; ymenœa verrucosa L. — Copalier d'Afrique. Arbre de la famille des Légumineuses, qui représente dans l’Afrique orientale intratropicale les Hyménéas de l'Amérique. De même que chez ces derniers, une résine odoriférante, analogue au copal américain, suinte de son écorce ou s’accumule entre l’écorce et le bois. Cette résine, recueillie par les indigènes, est expédiée en Angleterre, où elle entre dans le commerce de la droguerie. On la retire aussi du 77. Hornemannianum, qui croît dans les mêmes régions.

TRAPA.— Mâcre, châtaigne d’eau. Genre de plantes aquatiques, de la famille des Haloragées, flottantes à la surface des eaux tranquilles, représenté par plusieurs espèces indigènes de l'Europe et de l'Asie. Leurs fruits, qui sont des sortes de capsules indéhiscentes, armés de deux ou quatre cornes terminées en pointe plus ou moins aiguë, contiennent une amande féculente comestible, qui entre dans l'alimentation des classes populaires et se vendent même sur les marchés. Ce sont principalement les trois espèces suivantes :

TR. bicornis L. f".— De la Chine, où on la cultive dans les étangs et les lacs. Ses fruits sontarmés de deux longues cornes recourbées. Cette espèce pourrait facilement être acclimatée en Europe. Les Chinois lui donnent les noms de Zeng et de Links. j

TR. bispinosa RoxBG.— De l’Asie centrale et méridionale. C’est le Singhara des Indous. On le trouve aussi au Japon, en Chine, à Ceylan et paraît-il même en Afrique jusqu’à la latitude du Zambèse.

Ses amandes se consomment à la façon des châtaignes, cuites dans

l’eau, mais servent aussi à faire des gâteaux et des potages. Le produit de la plante est considérable, et il peut se conserver plusieurs années. Cette plante a surtout de l’importance au Cachemyre, où elle entre pour une large part dans la nourriture du peuple. Il est probable que les 77. cochinchinensis Lour. et Tr.1incisa S1e8. et Zucc. ne sont autre chose que cette espèce.

TR. natans L. — La mâcre proprement dite. Indigène d’une grande partie de l’Europe, commune surtout dans les étangs du

centre de France, où les paysans en récoltent les fruits. On la

trouve anssi en Asie et jusqu’au centre de l'Afrique, mais il ne paraît pas qu’elle ait jamais été soumise à la culture. Ses fruits sont

d’ailleurs moins gros que ceux des espèces précédentes. Le Tr. DCR EEE Roxg&., du nord de l'Inde, n’est peut-être que la

mâcre d'Europe.

TRICHODESMA seylanicum Brown. — Boraginée annuelle d'Abyssinie, de l'Asie méridionale et de l'Australie extratropicale.

En Afrique les chameaux ont une prédilection pour cette herbe,

qui pourrait devenir un très bon fourrage vert, ou un engrais, ce qui serait à essayer dans les pays chauds.

TRICHOLÆNA rosea N£Es. — Graminée vivace de l'Afrique australe, qui semble pouvoir devenir une bonne plante fourragère our les pays secs et arides, comme le nord de l'Afrique. Il y aurait ieu de faire aussi des expériences sur le 77. Tenerifire et sur quelques autres espèces congénères.

TRIFOLIUM.—-Trèfle. Genre de Légumineuses herbacées comprenant un grand nombre d’espèces, les unes annuelles, caractérisées par des feuilles à trois folioles et par des fleurs papilionacées rapprochées en capitules sphériques, ovoïdes ou allongés en épis. Plusieurs espèces du genre sont des plantes fourragères de premier ordre et largement représentées dans l’agriculture de tous les pays tempérés. Signalons les plus importantes :

TR. agrarium L. —Trèfle à fleurs jaunes. Plante peu étoftée, de

toute l’Europe, peu cultivée à cause de la faiblesse de son produit, mais néanmoins fort utile dans les terrains sablonneux et pauvres, où elle est pâturée par les bestiaux.

. TR. AlexandrinumL.—Trèfle Bersin ou d'Alexandrie. Du nord de l’Afrique et de l’Asie occidentale. Très cultivé en Egypte, où il est le principal fourrage légumineux. Dans les terres arrosées par le Nilil s’élève à plus de 0"70, et donne trois coupes dans la saison. Il est annuel. On le sème à raison de 20 à 25 kil. de graines à l’hectare.

T. alpestre L. — Vivace; de l’Europe et de l'Asie occidentale. Il est précoce, aimé des bestiaux et se contente de terres légères où beaucoup d’autres trèfles ne réussiraient pas, mais à condition que ces terres soient un peu calcaires.

TR. fragiferum L.—Trèflie fraise. Ainsi nommé de la ressemblance de ses capitules défleuris avec une fraise, dont ils ont la forme, la grosseur et presque la couleur. C’est une espèce vivace, d’une grande partie de l’Europe et de l’Asie centrale, très drageonnante, et qui forme tapis sur le sol. Il se plaît dans les terres humides, argileuses ou mêmes sablonneuses. C’est un fourrage à pâturer et non à couper.

TR. Aybridum L.—Trèfie d’Alsike.Indigène d’une grande partie de l’Europe, de l'Asie moyenne et du nord de l'Afrique, cultivé surtout en Suède en prairies artificielles. Il est vivace et se plaît dans les terres humides, et il réussit mieux dans les sols sablonneux que la luzerne et le trèfle des prés, sans résister aussi bien à la sécheresse. En Suède il ne donne guère qu’une coupe par an, mais elle est abondante, car les tiges de cette espèce s'élèvent plus que celles du trèfle des prés. Ses fleurs sont blanches, un peu rosées, assez semblables à celles du trèfle blanc, et fort recherchées des abeilles.

TR. incarnatum L.— Trèfle incarnat, farouch. Espèce annuelle, du midi de l’Europe, longtemps négligée parles agriculteurs du Nord, aujourd’hui cultivée dans presque toute l’Europe. Quoiqu'il ne donne qu'une coupe par an, ce n’en est pas moins une des plantes les plus

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utiles, parce qu’elle s’intercale facilement entre deux cultures, et ; qu ’elle donne son produit de très bonne heure au printemps. L’ ue. L sage en France est de la semer en août et septembre, après l'en= lèvement d’une récolte, et cela sur les chaumes, sans qu'il soit nécessaire de labourer le terrain. Le trèfle incarnat réussit surtout” dans les terres calcaires, principalement quand elles ont été plâtrées. “4 Son fourrage, sans être aussi fin que celui du trèfle commun, n’en est pas moins de bonne qualité. Ses capitules, un peu alone È sont rouge vif, mais il en existe une variété à fleurs blanches. +4

TR. medium L.— Espèce vivace, de l’Europe et de l'Asie, très drageonnante, assez voisine du trèfle des prés, mais réussissant mieux que lui dans les terrains sablonneux, où sa racine s’enfonce profondément. Il ne craint pas l’ombre des arbres, et donne encore … un assez bon produit sous le couvert des bois, surtout si la terre est calcaire; cependant, de toutes manières, son “produit est plus faible que celui du trèfle des prés, et il est moins aimé des bestiaux. On ‘4 le cultive peu en France.

TR. montanum L. — De l’Europe et de l’Asie. Il est vivace et, quoique négligé par les cultivateurs, il peut rendre de bons services dans certaines conditions de sols et de climats. e.

TR. ochroleucum L. — De l'Europe centrale et moyenne. On le distingue des autres trèfies à ses gros capitules de fleurs blanc-jaunâtre. Peu cultivé en France, il l’est au contraire habituellement dans la Haute-Italie. Comme fourrage il est de qualité moyenne. ,

TR. pannonicum JACQ. — Trèfie de Hongrie. Espèce vivace, très … voisine du trèfle des prés, mais plus précoce, et moins aimé des de bestiaux. "24

TR. pratense L. — Trèfle rouge, trèfle des prés. C’est de beau- M coup le plus important du genre. est indigène d’une grande partie de l’Europe, du nord de l'Afrique et de l’ Asie j jusqu’à la Chine et au Japon. Suivant les cas et suivant les exigences de la culture, il est | annuel, bisannuel ou vivace. Les bestiaux le consomment à l’état | de foin sec ou en vert; mais, dans ce dernier cas, il ne faut le leur administrer qu'avec réserve, parce qu'ilest dangereux et cause souvent leur mort, surtout s’il est mouillé par la pluie ou la rosée. Le trèfle est en outre un puissant engrais pour les terres fatiguées. Tout le monde sait que le plâtrage des prairies de trèfle en aug ; mente considérablement le produit.

La graine du trèfle rouge est un objet de commerce important. L'Amérique en envoie de grandes quantités en Europe, mais comme elle appartient pour la plus grande partie à une variété plus velue que la forme commune, et par là moins aimée des bestiaux, il vaut mieux récolter la graine en Europe. On y trouve en outre cet avan-. tage qu’elle est moins mêlée de graine de cuscute, si toutefois on à | eu soin de détruire cette plante parasite dans les prairies, ce qu'on … devrait toujours faire dès son apparition. ge

TR. reflezum L. — Trèfle de Pensylvanie ou des Bisons. Plante 3 annuelle ou bisannuelle, à capitules plus gros que ceux du trèfle rouge. Ce trèfle, qui recherche les terrains d’alluvion, le long des E rivières, n’est pas cultivé en Europe. 3

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