‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 47 sur 62 · POSE UE 0 27 AO US A D ESC CNT E PÉTER AT AS · texte numérisé non relu

POSE UE 0 27 AO US A D ESC CNT E PÉTER AT AS

ÉNUMÉRATION DES PLANTES 529 TR. repens L. — Trèfle blanc, trèfle de Hollande. Espèce vivace,

de toute l’Europe, de l'Asie et des parties les plus froides de l'Amérique du Nord. Ses tiges rampantes ou peu dressées ne permettent guère de le faucher, ce que l’on fait cependant en quelques pays, quand il croit sur des terres de bonne qualité, mais il est très avantageux comme fourrage à pâturer. Il réussit sur toutes les terres et résiste assez bien à la sécheresse. Le plâtre est aussi pour lui un excellent amendement. N'oublions pas de rappeler que ses fleurs sont très recherchées des abeilles et qu’elles donnent un miel de première qualité.

TR. resupinatum L. — Du midi de l’Europe, de l’Asie occidentale, du nord de l'Afrique, des Canaries et des Açores; commun dans le midi de la France sur les terrains siliceux des alentours de la Méditerranée. Il est annuel, et il offre cette particularité que ses fleurs, en petits capitules roses, sont renversées par la demi-torsion de leur pédicelle. Quoique annuel et peu fourrageux, ce trèfle est cultivé dans le nord de l’Inde. En Europe on se contente de le faire pâturer par les bestiaux.

Nous sommes loin d’avoir épuisé la liste des espèces de trèfles qui sont ou peuvent être utilisées par l’agriculture, un bon nombre d’ailleurs sont ou totalement inconnues ou seulement connues de nom, el il y a encore sur ce point beaucoup de recherches à faire. Aucune espèce n’est indigène en Australie, mais elles sont nombreuses en Asie et en Abyssinie; quelques-unes existent en Californie, au Pérou, au Chili et dans le sud de l'Afrique. C’est, comme on le voit, un vaste et intéressant sujet d’études pour les agriculteurs et les acclimateurs.

TRIGONELLA Fœnum græcum L. — Fenugrec. Légumineuse fourragère du midi de l’Europe, cultivée dans quelques pays de la région méditerranéenne, mais rarement en France. La plante est annuelle et ses graines ont quelque emploi dans la médecine vétérinaire.

TR. suavissima LiNp1..— De l’intérieur de la Nouvelle-Hollande. Cette espèce est vivace, odorante et acceptée des bestiaux comme hérbe à pâturer. Plusieurs autres espèces du genre, tant européennes qu’asiatiques et africaines, Jusqu'ici négligées, mériteraient d'attirer l’attention des agriculteurs.

TRIPSACUM dactyloides L.— Grande graminée vivace du nord de l'Amérique, où elle porte le nom de Gama grass. Sa valeur comme plante fourragère est contestée, mais on tire quelque parti de ses graines pour la nourriture des volailles et des bestiaux. En tout cas elle peut servir à fixer les sables et les alluvions des rivières. Ses chaumes atteignent à 2 mètres de hauteur.

TRISTANIA conferta Rob. Br. — Grand arbre de la famille des Myrtacées-Leptospermées, de la Nouvelle-Galles du Sud et de la colonie de Queen’s Land. Sa hauteur est de 35 à 40 mètres, et plus. Outre son utilité comme arbre d’avenue, il donne un bois très es-

timé pour les constructions navales. On le cultive dans quelques jardins de la Provence maritime, en compagnie d'Eucalyptus, aux= quels il ressemble par son feuillage. Ses fleurs blanches et abondantes en font un bel ornement des massifs. On y trouve aussi Je Tr. laurina, à fleurs jaunes, qui n’est d’ailleurs qu’un arbre d’agrément chez nous.

TRITHRINAX campestris DRUDE. — Palmier à frondes flabelli-

formes, de la République Argentine, jusqu’au-delà du 32° degré de

latitude, ce qui en fait un des palmiers les plus avancés vers le sud, en dehors de la région tropicale. Son stipe, haut de 8 à 10 mètres, porte une large couronne de feuilles extrêmement coriaces et raides, qui résistent aux vents les plus violents, ce en quoi il l’emporte sur beaucoup d’autres palmiers. Sa rusticité dans le midi de l’Europe ne fait aucun doute, et 1l supporte mieux la sécheresse que le palmier nain (Chamærops humilis), qui est cependant remarquable sous ce rapport. Au point de vue de l’horticulture c’est une importante acquisition à faire.

D’autres Trithrinaæ ont encore de l'intérêt. C’est le cas du Tr. acanthocoma DruDE, du Brésil méridional ; il est montagnard et endure facilement la sécheresse; sa taille atteint rarement à 2? mètres. Il en est de même du 77. brasiliensis, des mêmes régions, et tout aussi nain que le précédent.

TRITICUM. — Froment, blé proprement dit. C’est la première de toutes les céréales et la base de l’agriculture dans tous les pays occupés par les hommes de race blanche. La découverte du blé semble aussi ancienne que l’origine même du genre humain, avec laquelle elle se perd dans la nuit des temps.

Nous n'avons pas à traiter ici de la culture du blé, ni des usages multiples que l’on fait de cette céréale, mais nous croyons devoir indiquer sommairement les principales espèces auxquelles on rapporte les innombrables variétés de blés aujourd’hui connues. Ces espèces, qu’on n’a jamais trouvées à l’état sauvage, sont peut-être le produit toutartificiel de la culture. Quoi qu’il en soit, on s’accorde à répartir les blés dans les quatre espèces suivantes :

TR. oulgare VizLars (Tr. satioum Lamx.).— Subdivisé en nombreuses variétés, les unes barbues, les autres sans barbe. Parmi elles on distingue les blés à gros grains très farineux, ou blés poulards (Tr. turgidum L..), et les blés à grain dur (77. durum Desr.), eultivés surtout dans le midi de l’Europe eten Afrique, plus riches en gluten que les autres variétés.

TR. polonicum L. — Le blé de Pologne. Il se distingue des races précédentes par la longueur excessive de ses glumes et de ses glumelles, qui donnent à son épi un aspect très différent de celui des autres blés. é

TR. spella L. — Epeautre. Son grain, au lieu d’être nu comme dans les blés précédents, est recouvert par les balles (glume et glu-

melle), ce qui oblige à le faire passer une première fois sous la meule pour l’en débarrasser, avant de le réduire en farine. On en distingue

deux races principales : l’épeautre barbue et l’épeautre sans barbe. On rattache à cette race le Tr. amyleum de Seringe, ou blé amidonnier, plus cultivé en Allemagne qu’en France.

TR. monococcum L. — Engrain commun, ou petite épeautre. Race à grain enveloppé, plus petite dans toutes ses parties que l’espèce précédente, dont elle se distingue d’ailleurs par son épi dressé et très serré. Ce blé jouit d’une propriété précieuse pour l’agriculteur : c’est de réussir sur les terrains les plus pauvres, siliceux ou crayeux.

Tous les blés peuvent être cultivés comme plantes fourragères à faucher. Le plus avantageux, sous ce rapport, est l’épeautre (Tr. . spelta), qui talle du pied plus que les autres blés. Elle a en outre cet avantage d’être très rustique, et de réusssir sous des climats trop froids pour beaucoup d’autres races de blés.

Pour les autres détails concernant la culture du blé nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur aux ouvrages spéciaux, aujourd’hui très nombreux, surtout à ceux de MM. de Vilmorin.

En dehors des espèces de Triticum cultivées comme céréales, il en existe un certain nombre qui vivent à l’état sauvage dans tous les pays tempérés, et qui sont à proprement parler ce que l’on appelle de mauvaises herbes. Plusieurs sont vivaces par des rhizomes qui drageonnent sous le sol, ce qui les rend difficiles à extirper. Il y a cependant quelque service à en attendre. C’est ainsi quele Tr. junceum L., du midi de l’Europe, peut être utilisé pour fixer les sables et les berges des ruisseaux, et le 77. repens L., si commun dans les terres cultivées, fournit à la pharmacie des rhizomes sucrés et mucilagineux, dont on fait des tisanes. C’est le chiendent proprement dit.

TROPÆOLUM. — Capucine. Genre type de la famille des Tropéolées, qui est toute américaine. Ilse compose d'espèces vivaces, les unes par des rhizomes ou des tubercules, les autres par leur souche enterrée, mais ces dernières ne sont cultivées en Europe quecomme plantes annuelles. Elles sont à la fois potagères et ornementales, . toutes à tiges grimpantes.

TR. majus L. — La grande capucine. Du Pérou, et introduite en Europe depuis plus d’un siècle. C’est surtout une plante de parterre, mais elle est aussi potagère par ses feuilles et ses fleurs, qu’on mêle aux salades, où elles peuvent remplacer le cresson. Les boutons de fleurs et les jeunes fruits se confisent au vinaigre comme les câpres. La capucine doit sa saveur piquante à une huile volatile, âcre, analogue à celle du cochléaria, de la moutarde et du cresson, ce qui en fait un bon antiscorbutique. En Europe elle est seulement annuelle, ou du moins cultivée comme telle.

TR. sessilifolium Porpri&. — Du Chili. Ses tubercules, malgré leur âcreté, sont comestibles, même à l’état cru. Ils sont plus volumineux et meilleurs que ceux des autres espèces.

TR. tuberosum Ruiz et Pav. — Du Pérou. La plante est depuis longtemps cultivée en Europe, mais ses tubercules sont si âcres qu'il n’a pas été possible de les faire accepter comme alimentaires,

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Plusieurs autres espèces de capucines, plus ornementales que les précédentes, sont cultivées par les fleuristes et les horticulteurs.

TSUGA. — Genre de Conifères souvent confondu avec celui des sapins (Abies), mais dont il convient de le séparer à cause de ses cônes pendants, à écailles persistantes. Il est plus voisin encore des épicéas (Picea), dont on ne le distingue guère qu'à ses graines entourées d’une aile adhérente, tandis qu’elle en est détachée à la maturité dans ces derniers. Ce groupe contient quelques espèces intéressantes :

TS. Brunoniana Carr; Pinus Brunoniana WaiLicu; P. dumosa Dox. — Arbre de 40 à 60 mètres, indigène dans l'Himalaya, entre les altitudes de ?,000 et de 3,600 mètres. D’après le docteur Hooker on en rencontre des individus dont le tronc a plus de 2 mètres de diamètre. Son bois est léger, de couleur claire, propre aux ouvrages de menuiserie, mais peu propre à résister aux injures de l'air.

TS. canadensis Carr.; Abies canadensis Micax.— Sapin du Canada ou Hemlock spruce. Des parties froides du nord de Amérique, des Montagnes Rocheuses au Canada. C’est à la fois un des plus beaux arbres du groupe des sapins et un des plus utiles. Haut de 30 à 40 mètres, il fournit un bois solide, de longue durée, même employé en pilotis dans l’eau douce ou salée, propre d’ailleurs à tous les genres de constructions de terre et de mer. Il n’a pas. moins de valeur par son écorce, riche de 9 à 14 pour 100 de tannin, et qui, mélangée à l’écorce de chêne, sert à préparer des cuirs d’une grande résistance et d’un long usage. Le tannin extrait de cette écorce se vend à Londres sur le pied de 16 à 18 livres (de 400 à 450 fr.) la tonne, et l’importation en Angleterre s’élève en moyenne à 6,000 tonnes par an. On fait avec les jeunes pousses de l'arbre, au printemps, une boisson qui porte le nom de Spruce-beer (bière de sapin). Ar

TS. Douglasit Carr.; Pinus Douglasii SABINE. — Pin de l’Orégon. Arbre forestier de première ordre, car sa hauteur dépasse souvent 100 mètres, sur un tronc dont la circonférence atteint de 6 à 9 mètres au niveau du sol. De plus c’est un bois excellent, dont 1l se fait un grand commerce d'exportation dans le nord-ouest de l'Amé- | rique, l’arbre y constituant de vastes forêts, depuis l’île de Vancouver jusqu’à la Californie et même jusqu'aux montagnes du Haut- Mexique. Dans ces forêts les arbres croissent très serrés, et on en compte jusqu'à 36 arrivés à toute leur taille sur une surface d’un acre. Le bois de l’arbre est lourd, imprégné de résine, très solide et très élastique, ce qui le rend particulièrement propre à la mâture :… des navires ; il sert d’ailleurs à toutes les autres constructions de terre et de mer. Au total c’est le meilleur bois de la région qui longe la côte du Pacifique, et, d’après diverses expériences, sa force serait le triple de celle du bois de séquoia. Si l’on considère les services. qu’il rend en Amérique, on ne peut guère douter que son introduction en Europe ne doive être une utile acquisition, surtout au voisinage de l’océan Atlantique, où le climat présente des analogies in-

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contestables avec celui de la région américaine qui est la patrie de cet arbre.

TS. /ookeriana Carn.; Abies Hookeriana Murr. — Grand arbre d’une quarantaine de mètres de hauteur, indigène du nord de la Californie, introduit en Europe vers 1860. Il en existe un certain nombre dans les collections d’arbres de la France et de l'Angleterre. Nous ne savons encore rien ou à peu près rien de sa valeur comme arbre forestier.

TS. Mertensiana RoEzLz; Pinus Mertensiana BoNGarp. — Ce bel arbre, de la Californie et du nord-ouest américain, arrive presque à la taille du Ts. Douglasii, dont il pourrait n’être qu’une variété. Son bois paraît cependant être moins fort que celui de ce dernier; il est léger, facile à travailler et souventemployé aux constructions civiles.

TS. Sieboldi Canr.; Abies Tsuga Sims. et Zucc. — Simple arbrisseau du nord du Japon, de 7 à 8 mètres de hauteur. Rustique en France, où il ne paraît devoir être qu’un arbre d'ornement.

TUBER. — ‘l'rufie. On donne ce nom à plusieurs genres de champignons souterrains, dont les botanistes modernes ont fait la famille des Tubéracées, mais qu’on peut sans inconvénient réunir sous la même dénomination générique. Ce sont des tubercules ordinairement de forme arrondie, plus ou moins irrégulière, charnus, et dont la grosseur varie, suivant les espèces, de la taille d’une noisette à celle de la tête d’un enfant. Ils diffèrent aussi par leur couleur, leur consistance et leur saveur; tous sont d’ailleurs comestibles, et quelques-uns sont des condiments recherchés.

Les truffes proprement dites, c’est-à-dire les tubercules, ne sont autre chose que l’appareil fructifère, ou plutôt séminifère, de ces champignons, etelles contiennent, outre le tissu filamenteux et feutré qui leur donne de la consistance, une immense quantité de séminules microscopiques, où spores, destinées à reproduire et à multiplier l'espèce. La partie végétative de ces plantes consiste en un réseau de filaments blancs et déliés, autrement dit en un mycélium analogue à celui du champignon de couches, qui se développe lentement dans le sol et produit les tubercules après quelques années de végétation souterraine. Les truffes ne sont pas parasites, dans le sens propre du mot, mais elles ne se montrent qu’au voisinage de certains arbres, de chênes plus particulièrement, dont les feuilles décomposées à la surface du sol, et sans doute aussi les racines, fournissent les détritus organiques dans lesquels les champignons puisent leur nourriture. La nature du terrain, le climat et les saisons plus ou moins favorables sont encore des conditions de la production truffière

On connaît plusieurs espèces de truffes, tant en Europe qu’ailleurs, mais 1l s’en faut de beaucoup qu’elles aïent la même valeur. La meilleure de toutes est la truffe noire (T. cibarium, T. melanosporum), connue aussi sous les noms de érufje du Périgord. Après elle on peut citer comme étant encore recommandables la grosse truffe blanche d'Italie (T. magnatum) ; la truffe grise (T. brumale) et la truffe rouge (T. rufum) de la Champagne et de la

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