‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 55 sur 62 · ART · texte numérisé non relu

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que nous devons renoncer à en donner même une liste très abrégée: ,

Chaque pays a les siens, comme il a ses procédés de culture et sa. manière de faire le vin. L’ampélographie, la viticulture et tout ce qui se rattache à l’industrie vinicole constituent une des branches les plus vastes de l’agriculture, et on ne peut en prendre une con-= naissance suffisante que par des années d’études et de pratique.

La culture de la vigne occupe une aire géographique aussi étendue que celle du blé. Si elle s’avance moins vers le nord, elle va plus loin vers le sud. Sa limite septentrionale, à l’air libre, ne dépasse guère le 50° degré de latitude, si ce n’est sur des points particulièrement abrités contre les vents froids, ainsi qu’on le voit sur les bords du Rhin; au sud elle réussit encore à quelques degrés de l’équateur, dans le nord du Pérou, par exemple, qui jouit, il est vrai,

d’un climat exceptionnellement tempéré et sec. Pour que la vigne

donne un vin potable, il faut qu’il y aït entre la formation du grain et l’époque de sa maturité, en automne, un mois entier dont la température moyenne atteigne au moins à 19 degrés centigrades. C’est ce qui arrive ordinairement aux environs de Paris, où on récolte, sur des coteaux exposés au sud, et à l’aide des variétés de vignes les plus précoces, un vin qui n’est pas à dédaigner. La vigne supporte aisément des températures hivernales de 12 à 15 degrés audessous de zéro, mais il lui faut une chaleur élevée, beaucoup de lumière et une certaine sécheresse atmosphérique en été pour mûnr convenablement son fruit. Dans les pays intratropicaux, où à une chaleur continue s’ajoute une longue série de jours pluvieux et peu lumineux, sa végétation est incessante, mais elle reste improductive. On a depuis longtemps fait la remarque que là où l’on récolte de bon vin, la culture de l'arbre à thé ne réussit pas, et que réciproquement les pays producteurs de thé sont impropres à celle de la vigne, en tant du moins qu’il s’agit d’en obtenir du vin. D’une manière générale on peut dire que les pays propres à la culture de la vigne sont ceux qui ont des saisons tranchées, un hiver modéré, des étés et des automnes chauds et secs, toutes conditions qui se rencontrent dans le centre et le midi de l'Europe, l’orient, le nord et l’extrême sud de l’Afrique, la Californie, l'Amérique du Sud audelà du tropique et l'Australie méridionale. Dans les pays trop froids pour que la vigne puisse y être cultivée à l’air libre, on peut encore

obtenir des raisins de table de qualité supérieure à l’aide des serres …

vitrées construites exclusivement dans ce but. Cette industrie a pris un développement considérable dans le nord de l’Europe, principa-

lement en Angleterre, où elle est pratiquée avec un art consommé.

Les variétés de raisins qui y réussissent le mieux, et donnent les

produits les plus rémunérateurs dans ces conditions de cullure, sont.

le muscat d'Alexandrie, le raisin noir de Hambourg (Black Hamburg), le raisin noir d’Alicante (Black Alicante), le Forster”’s white et le Zady Downe’s. Ces vignes atteignent quelquefois, dans les serres anglaises, des proportions colossales; c’est ainsi qu’on voit à Hampton-Court, près de Londres, un pied de vigne, plus que cen-

tenaire, qui garnit à lui seul une serre d’une vingtaine de mètres de Er

longueur, sur dix de large, et produit annuellement de 1,800 à

2,500 grappes de raisin. Un autre cep, qui appartient comme le précédent à la variété noire de Hambourg, et qui se trouve dans le parc de Windsor, est plus remarquable encore : il remplit une serre de 42 mètres de longueur, sur 6 de largeur, et produit, année commune, de 700 à 1, 000 kilogrammes de raisin. Ces grandes serres à vignes sont aujourd’ hui très nombreuses en Angleterre, et leur usage tend à se répandre dans beaucoup d’autres pays où le climat ne favorise pas la maturité du raisin à l’air libre.

Pendant des siècles, c’est-à-dire depuis l’époque romaine, la culture de la vigne a été florissante dans tout le midi de /’ Europe, et jusque dans ces derniers temps elle a fait la fortune de plusieurs provinces de France ponné dans le monde entier pour l’excellence de leurs vins, la Bourgogne, la Champagne, le Bordelais, le Languedoc, le Roussillon, etc. Cette longue prospérité est aujourd’hui, si non entièrement compromise, du moins fortement atteinte par les ravages du phylloxéra, sorte de puceron d’origine américaine, qui se multiplie avec une effrayante rapidité sur les racines de la vigne, qu’il épuise et fait périr en un petit nombre d’années. Des milliers d'hectares de vignes ont été ainsi anéantis en France depuis moins de vingt ans, et le fléau ne cesse de s'étendre, gagnant successivement les pays voisins, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, lAutriche, la Hongrie, etc., malgré les mesures prises par les gouvernements de ces divers Etats” pour arrêter cette invasion. De très grands efforts, couronnés d’un certain succès, sont incessamment faits en France et ailleurs pour lutter contre le mal. Ils se ramènent à trois procédés, qui sont : la submersion des vignes quand elle est possible, l'emploi des insecticides, notamment du sulfure de carbone, et la substitution à la vigne d'Europe de certaines vignes américaines réfractaires aux attaques du phylloxéra, soit RS la production directe du raisin, soit pour servir de porte-grefies. Cette question de l’emploi des vignes américaines est enc ore à l'étude aujourd'hui, et si elle compte des partisans résolus, elle a aussi des adversaires. Il semble avéré cependant, par suite de très nombreuses expériences, que, dans des conditions déterminées de sols et de climats, les vignes américaines rendront des services considérables et qu’elles contribueront peut-être plus que tout autre moyen à la re-

constitution des vignobles de l’Europe.

Ces vignes nouvelles sont toutes originaires de l'Amérique du

Nord, depuis le Canada jusqu'au Mexique. Les espèces en sont .

nombreuses et souvent difficiles à reconnaître. Elles ont d’ailleurs produit, par le fait de la culture, et probablement aussi par suite de croisements, beaucoup de variétés d’inégale valeur au point de vue de la viticulture. Nous allons essayer d’en donner une idée au lecteur, d’après les expériences faites dans les écoles d'agriculture du midi de la France, principalement dans celle de Montpellier, mais citons d’abord les principales espèces auxquelles ces variétés ont été empruntées.

V. æstivalis Micux. —- Summer grape des Américains. Elle se distingue au parfum prononcé de ses fleurs et à ses baies d’un bleu

| foncé, d’ un goût agréable, de maturation précoce ou tardive suivant:

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ÉNUMÉRATION DES PLANTES 1e

les lieux. Elle se rapproche beaucoup, par plusieurs caractères, des V. canescens et cinerea, qui en sont peut-être de simples variétés. À Il est même difficile de décider si les V. monticola et V. Berlan= dieri, du Texas, en diffèrent spécifiquement. > FA V. candicans Micux. — Mustang des Américains. Très ee "a liane qui grimpe jusqu’au sommet des arbres lés plus élevés, qu’elle à êtouffe, dit-on, sous l’épaisse couverture de ses sarments entrelacés et de son feuillage. Elle est originaire de l’Arkansas, où on en récolte le raisin pour faire le vin de mustang. Cette vigne existe dans beaucoup de jardins de l’Europe, mais il ne semble pas, jusqu'ici, qu’elle puisse y être cultivée avec quelque profit, à cause de Pâpreté de ses fruits, d’ailleurs peu abondants. | Des V. cordifolia Micux. — Winter grape et Frost grape des Américains. Espèce répandue du Canada à la Floride, où elle suit principalement les cours d’eau. C’est une grande liane qui s’élance jus= qu'au sommet des arbres les plus élevés. Ses baies sont petites, noires ou couleur d’ambre et très acides. On en fait cependant des conserves, mais elles ne sont propres à cet usage que quand elles ont ressenti les premières gelées de l'hiver. Elle est très rustique et =" déjà très répandue dans les vignobles du midi de la France, où on lui rattache à titre de variétés, probablement hybrides, le Clinton, le 10 Vialla, l'Oporto, le Franklin et le Solonis. Le V. riparia, considéré par quelques botanistes comme une espèce distincte, paraît n'être qu’une forme du cordifolia. Le cépage connu sous le nom de Taylor paraîl se rattacher au riparia plus qu’au cordifolia. 2:40 V. Labrusca 1. — Fox grape des Américains. Répandue dans une grande partie de l'Amérique du Nord, du Canada au Texas et à la Floride, et paraît-il aussi au Japon, cette espèce est une de celles qui se rapprochent le plus de la vigne d'Europe, dont elle se dis= tingue cependant par son feuillage plus ample et surtout par la sa veur à la fois fade et musquée (ce qu’on appelle le goût foxé) de ses … raisins. Introduite depuis longtemps en Europe, elle n’y a long=" temps été employée qu’à couvrir des berceaux et des tonnelles mais elle a donné naissance, en Amérique, à des variétés, de pure ou hybride, qui tiennent une place importante en viticullu et dont les principales sont l’Zsabelle, le Catawba, le Concord Diana, Y Hartford prolific, \ York-madeira, le Shuilkill, V Alexan | der, ete., et qui toutes servent à faire du vin. On dit que ces diver | cépages ne sont pas attaqués par l’oïdium, qui cause tant de ravages en Europe et ailleurs sur la vigne commune, mais ils résisten moins que d’autres aux piqûres du phylloxéra. Quelques-uns d’ent eux n’en sont pas moins estimés comme porte-greffes pour la vig d'Europe, et déjà des vignobles considérables ont été reconstit

en France par leur moyen. " }

V. rotundifolia Micax. ; V. oulpina L.— C’est une des plus g: des lianes qui existent, et elle prend un tel développement que à douze individus de celte espèce suffiraient à couvrir un heclare leurs sarments si on leur fournissait des soutiens. Originaire d Texas et des Elats-Unis méridionaux, où elle est cultivée en grand arborescence, elle a produit plusieurs variétés, dont les plus con-

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nues sontle Flowers, le Thomas, le Mish, le Richmond, le Tenderpulp, et surtout le Scuppernong, toutes fort estimées dans le sud des Etats-Unis, mais qui ne paraissent pas devoir rendre des services en Europe, parce qu’elles ne reprennent pas de bouture, et que leur culture exige des soutiens dont l'établissement est dispendieux. Les raisins de ces diverses variétés exigent d’ailleurs, pour müûrir, une plus forte chaleur que celle du midi de la France; mais peut-être leur introduction dans le nord de l'Afrique et autres pays de climat analogue donnerait-elle de tout autres résultats.

V. rupestris Micax. — Bush grape et Sand grape des Américains. Des lieux élevés et secs des Etats-Unis. Espèce plutôt buissonnante que grimpante, dont les racines dures et ligneuses résistent parfaitement au phylloxéra, aussi est-elle estimée en Europe comme porte-greffes pour la vigne commune. Croisée, suppose-t-on, avec le V. riparia, elle a produit la variété connue sous le nom de Solonis, que d’autres attribuent au cordifolia et qui est un des meilleurs porte-greffes que nous possédions, d'autant plus'que c’est un des cépages exotiques qui s’accommodent le mieux de toutes les natures de sols, hormis ceux qui manquent de profondeur ou se dessèchent à l’extrême. À ces avantages il joint celui d’être peu ou point sujet à la chlorose, qui fait quelquefois des ravages sur le riparia de race pure.

Beaucoup d’autres vignes américaines dont il est difficile de préciser l’origine spécifique sont encore l’objet des recherches de nos viticulteurs. On ne sait ce que l’avenir permettra d’en tirer, mais il en est dès à présent quatre qui sont spécialement recommandées par l’école d’agriculture de Montpellier, et qui semblent devoir suffire à tous les besoins ; ce sont le Jacquez, qu’on croit issu du V. æstivalis croisé avec la vigne d'Europe, et qui est également avantageux pour la production directe et pour la greffe de la vigne commune, quoiqu'il ne soit pas tout à fait indemne vis à vis du phylloxéra; le Vialla, V York-madeira et le Solonis dont nous venons de parler. Ne pouvant entrer dans de plus longs détails sur un sujet qui remplirait un volume, nous devons nous borner à renvoyer le lecteur aux nombreux mémoires qui ont été publiés sur les vignes améri-

* caines par les Sociétés d'agriculture du midi de l’Europe et surtout

aux traités spéciaux publiés par MM. Planchon et Sahut, de Montpellier, et Millardet, de Bordeaux.

L’Asie n’est pas moins riche que l'Amérique en vignes sauvages, mais elles sont encore peu connues, malgré l’intérêt qu’elles peuvent nous offrir, car plusieurs d’entre elles, indigènes des parties les plus chaudes du continent asiatique ou des grandes îles voisines, pourraient être introduites dans les colonies intratropicales de l’Europe d’où la vigne ordinaire est exclue par le climat. Telles seraient, pour n’en pas citer d’autres, les V. indica des montagnes de Pinde, V. lævigata BLux., V. thyrsifioraMiQ., V. mutabilis BLu., VW. Blumeana Sreur., de Java. On peut ajouter à cette liste les VW. imperialis M10., de Bornéo; V. auriculata et V.elongata WaL- 10H, des montagnes du Coromandel, et V. quadrangularis L., qui

S'étend de l'Arabie au centre de l'Afrique. D’autres vignes, à peine.

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connues de nom, existent au Japon, en Chine, en Mongolie et de l'Asie centrale, et déjà quelques-unes sont cultivées dans nos ja dins botaniques. Une des plus belles est le V. rugosa, introduite récemment du Japon en France; ses raisins sont comestibles et ne dit-on, à faire du vin, mais elle est dioïque et nous n’en connaissons { encore que des individus mâles. Re Pour terminer cet aperçu sommaire des vignes nous dirons quelques mots de celles dont les tiges, seulement herbacées, repoussent … tous les ans d’une souche enterrée et tuberculeuse, toutes de pays intratropicaux, la Cochinchine, le Soudan, Madagascar et le nord 2 à de l’Australie. En Europe leur culture ne serait possible qu’en serre | chaude, et par conséquent elles n’y pourraient devenir à aucun ütre des plantes économiques, mais il ne serait pas sans intérêt de chercher à les améliorer dans les pays mêmes où elles sont indigéne et peut-être parviendrait-on à leur y faire remplir, dans une certaine mesure, le rôle de la vigne proprement dite sous nos climats “e tempérés.

VOANDZEIA subterranea Du PEriT-THOUARS. — Légumineuse herbacée el annuelle de Madagascar et de la région africaine voi- . sine, jusqu’à la colonie de Natal. Elle a une certaine ressemblance avec l’Arachide (Arachis hy ypogæa), enfonçant comme elle ses. 2 gousses dans la terre pour les y müri*. Les graines qu’elles con tiennent sont comestibles crues et cuites, et elles sont d’un usage vulgaire dans plusieurs pays tropicaux.

WALLICHIA. — Genre de Palmiers de l'Inde, acaules ou à se à peu élevé, mais très remarquables par la forme insolite deleur feuillage, et dont quelques-uns font déjà l’ornement des serres de l'Eu- 948 rope. Il en est, dans le nombre, qui semblent devoir être asse: rustiques pour vivre à l’air libre dans le midi de l Europe. Ce ee particulièrement le cas du W. caryotoides RoxBt., espèce aca de l'Himalaya, jusqu’à plus de 1,000 mètres d'altitude, et du densiflora MARTIUS, qu'on rencontre dans cette même région montagneuse vers le 27° degré de latitude. Cette seconde espèce, qui es caulescente, mais de petite taille, serait vraisemblablement aussi rustique chez nous que plusieurs autres palmiers du même pays déjà introduits dans nos jardins méridionaux.

WASHINGTONIA. — (Genre de Palmiers de la Californie ne | dionale et du haut Mexique, à feuilles flabelliformes et à fleurs her maphrodites, récemment introduits en Europe sous les noms impropres de Brahea et de Pritchardia. On n’en connaît jusqu'ici Se N deux espèces, toutes deux fort remarquables, et déjà assez communes dans le midi de la France. Ex

W. filifera WexDL. — Arbre de grande taille, à en juger) par la grosseur de son stipe et l’ampleur de ses feuilles larges de plus d’un mètre et portées par de robustes pétioles armés d’épines. Ces gran

des feuilles, surtout dans la jeunesse de l'arbre, se terminent par de longs filaments, qui rappellent assez bien la barbe blanche d’un vieillard. De tous les palmiers jusqu'ici connus c’est celui qui croît le plus vite, et on est surpris du développement qu’il prend en un petit nombre d'années. À ce précieux avantage s’ajoute celui d’une parfaite rusticité aux alentours de la Méditerranée, partout où l’oranger mûrit ses fruits à l’air libre.

W. robusta WENDL. — Analogue au précédent, dont il diffère cependant à bien des égards, principalement par la forme de ses feuilles, dont le limbe, presque orbiculaire et plissé en éventail jusqu’au milieu de sa longueur, se termine par des pinnules aiguës bordées de filaments blancs et diversement entortillés. Ce palmier, dont l'introduction est toute récente, n’est pas moins beau que le W. fiifera, avec lequel il rivalise par sa taille et la rapidité de son développement. Comme lui, c’est une précieuse acquisition pour les ‘13e et jardins du midi de l’Europe et pour les pays de climats anaogues.

WETTINIA. — Palmiers montagnards du Pérou, qu’on suppose avec quelque probabilité capables d’endurer à l’air hibre le climat du midi de l’Europe. Deux espèces sont particulièrement à citer : le W. augusta Poxrpi@ et le W. maynensis Spruce, de la Cordillère, où ils montent à plus de 1,000 mètres d’altitude. Ce sont des arbres de 12 à 15 mètres, d’un grand effet ornemental.

Ces arbres n’appartiennent qu'imparfaitement à la famille des Palmiers, et quelques botanistes les rangent dans une famille voisine, celle des Cyclanthées.

WILLUGHBEIA. — Lianes arborescentes des parties méridionales de l’Inde, de la Malaisie et des îles de la Sonde, dont le commerce et l’industrie du caoutchouc commencent à s'occuper. Elles sont, en Asie et dans les îles voisines, les analogues des Zandolphia ou Vahéa, de l'Afrique, qui appartiennent comme elles à la famille des Apocynées et sont de même de riches producteurs de caoutchouc.

Les espèces du genre sont encore peu connues; on peut citer cependant les suivantes, à cause de leur importance relative :

W. edulis RoxB&. — De l'Inde, où il a été surtout cultivé pour ses fruits comestibles, qui atteignent la grosseur d’une orange. La plante a été propagée dans plusieurs colonies intratropicales.

W. martabanica WALLICH. — Analogue au précédent et cultivé comme lui pour ses fruits.

W. Burbidgei Jos. Hook. — De Bornéo. Tout ce qu’on en sait est que cette liane produit le caoutchouc désigné par les indigènes sous le nom de WManungan-Poulo, et qui est de bonne qualité. Il en a été importé 530 tonnes à Londres en 1880.

VW. Treacheri Jos. Hook. —- Aussi peu connu que le précédent, et de même provenance. Son caoutchouc, comme celui du W. Bur- EM est connu dans le commerce sous le nom de caoutchouc de

Bornéo.

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re Plusieurs autres espèces du genre, que l'avenir fera connaitre existent dans les grandes îles de Bornéo et de la Nouvelle Guin

WISTARIA chinensis DC.; Glycine sinensis Curris. —- Glyci ou wistaria de la Chine. Grande liane arborescente de la famille des Légumineuses-Papilionacées, introduite depuis le siècle dernier Europe, de la Chine ou du Japon. A l’aide d’appuis, sa tige peut s’ lever à plus de 10 ou 12 mètres, aussi s’en sert-on pour garnir des murs ou couvrir des berceaux. Cette belle plante, qui est rustique … dans toute l’Europe occidentale, peut vivre plus d’un siècle, et ar-« river à d'énormes proportions. Le voyageur Fortune en a vu, au Japon, un pied dont la circonférence, au niveau du sol, dépassait … 2 mètres, et qui couvrait de sa ramure et de son feuillage un espace $ de plus de 660 mètres carrés. La glycine fournit avec profusion des grappes de fleurs bleu pâle, d’une odeur très douce, qui pourrai être utilisées dans la parfumerie. 41

WITHERINGIA solanacea L'HÉriT. — Solanée herbacée et

vivace de l'Amérique du Sud, qui produit de gros tubercules comes- «

tibles, analogues à la pomme de terre, et qui, à ce titre, mérit

erait d’être soumise à des essais de culture: | me. Fe

4 Ye XANTHOCHYMUS piciorius Hook.; Garcinia pictoria RoxBG.;

Hebradendron GRAHAM. —- Arbrisseau du groupe des Clusiacées, de l'Inde centrale, utile à deux fins, d’abord comme arbre fruitier. puis comme arbre industriel, car c’est de lui qu’on tire une partie » de la gomme-gutte du commerce. Ses fruits sont de la grosseur et ” presque de la forme d’une prune de reine-Claude, et contiennent … des amandes volumineuses. Il ne semble pas qu’on puisse le @ tiver avec profit en dehors des tropiques, mais il fructifie dans les … serres chaudes de l’Europe. Re.

? EF XANTHORRHIZA apüfolia L’'Hérir.— Renonculacée sous-fru= tescente et vivace, du nord de l’Amérique, où elle a quelques em : plois en thérapeutique. Sa racine fournit une teinture jaune sem-… blable à celle de l’'Æydrastis canadensis, et contient comme elle de … la berbérine. ;

XANTHOXYLON piperitum DC. — Arbrisseau de la Chine et Japon, dont toutes les parties sont imprégnées d’un principe & et aromatique, qui domine surtout dans les capsules du fruit. E Chinois et les Japonais en font grand usage en qualité de condiment. AE

Plusieurs autres arbrisseaux du même genre, d'Asie et d'Amérique, sont doués de propriétés analogues et servent à de nombr usages économiques; quelques-uns fournissent des produits à médecine. Le nom du genre est écrit quelquefois Zanthoæylon, de même que celui de la famille, Zanthoæylées pour Xanthoæylées.

'XIMENIA americana L. — Arbrisseau de la famille des Olacinées, appartenant à la région tropicale de l'Amérique, aujourd’hui . répandu en Asie, en Afrique et même en Australie, un peu en de-

hors des tropiques. Il est naturalisé en Floride, et peut-être pourrat-il l'être aussi dans tous les pays tempérés exempts de gelée. Ses - fruits, assez semblables à des prunes, sont comestibles et d’un goût agréable. Le bois de l’arbre est aromatique. C’est l’A/varillo del campo des Mexicains. |

et gros arbre de la famille des Légumineuses-Mimosées, de l'Inde, oùils’élève jusqu’à l'altitude de 1,000 mètres, de la Chine méridionale et des Philippines. Malgré son origine tropicale, cet arbre perd ses feuilles tous les ans, ce qui semble indiquer qu’il pourrait s’acclimater dans des pays moins chauds que ceux où on le trouve aujourd’hui. Sa hauteur atteint quelquefois 60 mètres et le trone volumineux s'élève droit et sans branches à une grande hauteur, ce qui en fait un arbre de haute futaie. Le bois en est d’un brun rougeâtre, à grain lrès fin, imbibé d’une sorte de résine huileuse, et il est si compacte qu'il dépasse en dureté même celui du Teck. 1] résiste merveilleusement aux chocs les plus violents, aussi s’en sert-on pour en construire les ustensiles qui exigent la plus grande résis- : tance et la plus longue durée, tels que les affüts de canons, les courbes pour la marine, les traverses de chemins de fer, les pilotis des ponts, … les charrues, etc. On le considère comme indestructible, ce qui lui a fait donner le nom de bois de fer. C’est à peine si, à 20 mètres de - distance, une balle de fusil peut l’entamer. Le bois du cœur de l’arbre n’est jamais attaqué par les termites ou les tarets, et on ne peut guère le scier que lorsqu'il est encore vert. Le tronc exsude une sorte de gomme résine de couleur rouge.

__ YUCCA. — Plantes monocotylédones de la famille des Liliacées, toutes originaires d'Amérique, principalement du Texas et du Mexique. Les unes restent herbacées et acaules, d’autres deviennent ar- … borescentes et s'élèvent plus ou moins haut, sur une tige ligneuse - qui ne se ramifie qu’à la suite des floraisons successives. Les feuilles des yuccas sont étroites, allongées, souvent raides et coriaces, et alors terminées par une pointe dure et piquante. Les fleurs, toujours blanches, quelquefois striées à l’extérieur de pourpre violacé, sont grandes et rapprochées en énormes panicules terminales. Les fruits * qui leur succèdent, quand elles ont été fécondées, sont de grosses - baies allongées, assez semblables à de petites bananes, et comes- … tibles à la maturité, au moins chez quelques espèces. Plusieurs yuc- = cas sont depuis longtemps introduits en Europe, comme plantes de … haut ornement, et la plupart sont rustiques dans la région méditer- - ranéenne. Les plus habituellement cultivées sont les suivantes : Y. aloifolia L. — Du Mexique; espèce arborescente, s’élevant à 2 ou 3 mètres, commune dans les jardins du midi de l’Europe. A,

XYLIA dolabriformis BENTH. — Pyengadu de l'Inde. Grand

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3 | 14 SAR A ES AE TE. ne 44 558 | ÉNUMÉRATION DES PLANTES Ms CE

Y. brevifolia ENGELMANN. — De l’Arizona et de l’Utah, dans l'A mérique du Nord. Espèce arborescente de 8 à 10 mètres de hauteur Les feuilles et la tige elle-même pourraient être converties en à papier. | Y. Draconis L. — De la Caroline; espèce arborescente, de {0 mètres, rustique en Provence et déjà assez commune dans jardins de la région. | | + 40 Ÿ. filamentosa L. — De Virginie. Espèce acaule, dont les feuilles portent sur leurs bords des fibres blanches, qui semblent échappées= de leur tissu. Ses panicules fleuries ont souvent plus de { mètre de 2 longueur. #7 Y. gloriosa L. — Des Etats-Unis méridionaux, et une des espès cesles plus anciennement introduites dans l’horticulture de l'Europe Ne Elle est un peu arborescente, à feuilles raides et terminées par une | we pointe aiguë. Elle est commune dans nos jardins du Midi. JTE Y. filifera Macxoy. — Du Mexique. C’est une des plus grandes espèces du genre et une des plus arborescentes. Le tronc, qui dépasse communément { mètre de circonférence à la base, peut at= teindre à 7 ou 8 mètres de hauteur, tout en se rétrécissant graduellement. La panicule florale, longue de plus de 1 mètre, s’inclme ordinairement et devient pendante. Cette remarquable plante est rustique dans toute la région des orangers. ‘PANIER Y. Treculeana Carrière. — Du Texas. Espèce très arborescente, à longues feuilles raides, terminées par une pointe aiguë et piquante. Elle se ramifie à la suite de chaque floraison et finit, au bout de quelques années, par représenter un arbre massif, d’un aspect étrange. Elle est surtout imposante au moment où ses rameaux se terminent par les grandes panicules de fleurs blanches, caracté- » ristiques du genre. Espèce très rustique en Provence. Et Y. yucatana ENGELM. — De l'Amérique centrale. Elle est arbo= … rescente, haute de 6 à 8 mètres et se ramifie dès la base. AFP A la suite de ces espèces, nous citerons seulement pour mémoire. les Y. canaliculata Hoox., du Texas et du Mexique, plante arbo= rescente, remarquable par la longueur de ses feuilles; le Y. baccata Torr., du Texas et de la Californie, la plus grande espèce connue. du genre, car elle atteint ou même dépasse 12 mètres de hauteur; ses feuilles sont relativement très courtes; enfin, les Y. faite Era er ns et stricta, espèces acaules où presque acaules, intro uites en Europe dans ces dernières années. D RE Tous les yuccas sont des plantes d'ornement de premier Mu À mais en Amérique on utilise la fibre de leurs feuilles, qu’on faitentrer dans la confection du papier, auquel elle donne de la solidité. On y fait le même usage des feuilles d’agave. Toutefois, l'emploi in dustriel de ces plantes ne peut devenir profitable que dans le pays où elles abondent et où elles ne réclament aucune culture.

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ZALACCA secunda GrirrrrH. — Palmier de l'Inde, princip ment de la province d’Assam, jusque sous le 28° degré de latitr

ce qui permet de lui supposer assez de rusticité pour pouvoir vivre à l'air Libre dans tous les pays tempérés-chauds. C’est une espèce acaule, mais à très grandes feuilles finement divisées en pinnules, au total très élégante et très ornementale.

ZEA mays L. — Maïs, blé de Turquie, blé d'Inde, Zndian corn des Anglais. Grande graminée annuelle et céréale de premier ordre, la seule jusqu'ici qui nous soit venue d'Amérique, où les indigènes la cultivaient de temps immémorial, avant l’arrivée des Européens. On ne sait pas exactement de quelle partie de l'Amérique du Sud elle est originaire, mais on a quelque raison de croire que sa patrie première est le Brésil méridional et le Paraguay, où le voyageur botaniste Auguste de Saint-Hilaire croit l'avoir trouvée à l’état sauvage. Aujourd’hui le maïs est cultivé dans tous les pays chauds et tempérés-chauds de la terre. Par quelques-unes de ses innombrables variétés 1l s’avance même en Europe et en Amérique jusqu’à la limite des pays froids. C’est ainsi qu’il mûrit encore son grain sous le climat de Paris, mais ce n’est qu’au sud de la Loire, et principalement dans les départements du Midi, que sa culture est devenue réellement importante, et qu’elle entre pour une large part dans le régime alimentaire des populations. La farine du maïs sert à faire du pain, soit seule, soit mélangée avec celle du blé, mais on la consomme plus habituellement sous forme de potages ou de pâtes, qui, suivant les lieux, portent les noms degaudes,millasses, polenta, etc., et sont surtout en usage dans les campagnes. On a accusé le maïs de donner lieu à une redoutable maladie, la pellagre, souvent observée dans le sud-ouest de la France et dans la Haute-Italie, mais il est bien reconnu aujourd’hui que cette maladie est due à une sorte d’ergot, analogue à celui du seigle, et qui est très vénéneux; on l'emploie comme ce dernier à divers usages médicinaux.

De même que les autres céréales, le maïs est exploité industriellement pour la fabrication de boissons alcooliques. Dans l'Amérique du Sud les indigènes en font une sorte de bière, la chicha, dont l’usage est général parmi ces populations. En Europe, par des procédés plus perfectionnés, la fécule du maïs est convertie en sucre, en mélasses et en eaux-de-vie.

Sa tige elle-même, avant la formation du grain, contient assez de sucre pour qu'il y ait quelque bénéfice à l’en extraire, au moins dans quelques variétés; mais ce sucre est encore mieux utilisé dans l'alimentation des bestiaux,auxquels le maïs vert est donné en fourrage. Ce nouvel emploi du maïs tend à se généraliser en Europe, même dans les pays où le grain n’arriverait pas à maturité par l'insuffisance de la chaleur, et cela surtout depuis que s’est établi l'usage de conserver les fourrages verts en silos. Les tiges du maïs se prêtent admirablement à ce mode de conservation; elles fermentent par leur tassement et leur échauffement, et elles acquièrent par là des qualités qu’elles n’auraientpas à l’état de fraîcheur. Toutes les variétés de maïs peuvent être ainsi utilisées, mais on choisit de préférence celles qui sont de grande taille et bien pourvues de feuilles, et parmi elles les grands maïs connus sous les noms de dent de

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