‹ Manuel de l'amateur d'éditions originales, 1800-1911Chapitre 7 sur 15 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

Des tares du papier.

Il n'y a guère à se préoccuper des taches de rousseur ou des piqûres quand les livres sont brochés ou même complètement non rognés. Un bon lavage fait disparaître très aisément ces tares précaires, mais il faut le faire suivre d'un encollage qui empêche leur renouvellement. D'autres taches ou maculations disparaissent

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également par ces opérations. Mais, au préalable, il est toujours bon de s'assurer de leur nature, car il en est quelques-unes d'indélébiles, ou qui ne peuvent s'enlever qu'au prix de dépenses qui ne sont pas toujours en rapport avec la valeur de l'ouvrage, telles les taches de corps gras.

Les livres rognés peuvent être également lavés ; mais, comme il les faut rogner encore davantage pour les relier à nouveau, leurs marges finissent par devenir trop courtes. Il faut qu'un livre soit réellement introuvable pour qu'on puisse en conseiller l'emplette en tel état. Il faudra s'y décider pourtant quand on sait qu'il n'a été tiré que quelques exemplaires. On en est quitte plus tard, si on rencontre l'exemplaire parfait, pour se défaire de son double, chose toujours possible, sans grand dommage en pareille circonstance.

Il convient ici de mettre les amateurs en garde contre les faux ébarbages, qui consistent à donner à un livre rogné l'apparence d'être ébarbé, en inégalisanl des marges déjà rognées. Ce petit truquage est aisé à découvrir, car certains feuillets examinés individuellement conservent leurs marges rognées et les marges faussement ébarbées sont plus courtes que celles des exemplaires intacts.

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Des achats chez les libraires dits M d'occasion ».

On comprend qu'il soit assez peu aisé de se procurer des éditions originales, même non épuisées, dans des conditions de fraîcheur suffisantes, car il en reste fort peu dans ces conditions chez les libraires, ou à défaut chez les éditeurs, eussentelles été tirées à un nombre élevé. Les libraires de u nouveautés » en conservent cependant quelquefois par précaution. A défaut, on s'adresse aux libraires dits d'occasion. Ces derniers ont, au début, des prix inférieurs à ceux demandés chez les libraires de nouveautés, tant que le livre n'est pas épuisé. Mais, les volumes ayant souvent passé par plusieurs mains, leur conditionnement laisse presque toujours à désirer, sauf dans les maisons de premier ordre mais dont les prix sont naturellement élevés.

De la nécessité de se renseigner sur les achats.

Pour les publications nouvelles qu'on suppose devoir être promptement vendues, il est prudent de se prémunir à l'avance chez les libraires, qu'il

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s'agisse d'exeniplaircs sur papier ordinaire, de luxe, ou sur grand papier.

Pour elre prévenu en temps nous ne saurions trop conseiller la lecture de la Bibliographie de la France. Si on ne juge pas à propos de s'y abonner, on peut prendre connaissance de cette publication avant la mise en vente, le samedi chez son libraire. On y trouvera l'annonce de toutes les publications littéraires devant paraître prochainement. On évitera ainsi de les trouver déjà épuisées, surtout pour les tirages de luxe effectués à petit nombre, enlevés par des amateurs plus diligents, ou simplement mis en réserve par quelques libraires prévoyants, désireux de s'assurer une probable et fructueuse majoration ultérieure.

Cela assurera la possession d'un exemplaire sur l)apier ordinaire pur de toute tare. En tardant un peu on risque de ne pas en avoir ou d'être réduit à accepter un volume de second choix, plus ou moins défraîchi, et quelquefois rendu par un acheteur peu délicat. Pour les exemplaires de luxe ou sur grand papier, leur petit nombre augmente encore les chances de les voir vous échapper et d'être obligé de payer une prime pour s'en procurer, prime d'autant plus fâcheuse qu'on aurait pu s'y soustraire avec moins d'insouciance.

Combien de fois, bien qu'a\crti par Fexpé-

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rierice, cela nous csl il d;''jù arrivé? Faute, par exemple, d'avoir retenu, en temps opportun, la Robe Rouge de Brieux. sur papier de Hollande, chez l'éditeur Stock, nous avons dû la payer ensuite le quadruple de son prix primitif.

De même, pour avoir tardé à profiter d'un avis amical de la présence du dernier exemplaire sur Hollande du Livre de mon ami, d'Anatole France, chez son éditeur, au prix de in francs, dûmesnous le payer 'loo francs, douze à quinze années après, afin de compléter notre collection des œuvres de cet auteur aimé, à laquelle il ne manquait plus que ce seul volume, d'ailleurs le plus rare de ses œuvres.

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