‹ Manuel de l'amateur d'éditions originales, 1800-1911Chapitre 8 sur 15 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

De Timportance du chiffre de tirage sur papier de choix.

Les productions des auteurs réputés sont, quelquefois, tirées sur papier de choix ù un trop grand nombre d'exemplaires par leurs gourmands éditeurs. C'est le meilleur moyen de tuer la poule aux œufs d'or. Les dernières œuvres de Zola sur papiers de luxe en ont fourni la preuve. On continue à en trouver encore en occasion à des prix inférieurs à ceux d'émission.

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Mais quand il sagit d'écrivains moins célèbres, quoique, nous le répétons, d'un mérite parfois supérieur, le tirage sur papier de luxe ou grand papier est rarement élevé. Il varie entre cinq et vingt exemplaires.

C'est ici l'amateur imprévoyant qui supportera justement les conséquences de son insouciance volontaire ou involontaire. Ces exemplaires à petit tirage sont précisément ceux qui feront plus tard rornenicnt d'une bibliothèque, en affirmant le goût cl la prescience de son propriétaire. Ils deviennent toujours les plus rares, quand le temps a accompli son œuvre en remettant chacun à sa Araic place. Seul le goût de l'amateur lui aura permis ici d'être du nombre des happy fexv, des rares privilégiés qui auront su devancer le jugement de la postérité en faisant inscrire leurs noms sur la liste des souscripteurs primitifs aux œuvres dans ce cas et se seront attribués ainsi l'enviable réputation de fin connaisseur, de bibliophile d'élite, avec la conscience de lavoir justement méritée.

Des diverses sortes de papiers de choix.

Nous avons à plusieurs reprises parlé de papiers de luxe, grand papier, etc., nous allons indiquer les moyens de les différencier, cette

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distinction, quoique très simple n'étant pas toujours très exactement observée.

Les tirages sur papier de luxe ou sur grand papier se font indifTcremment sur papiers de Hollande, de Chine ou du Japon, Sous le nom dé papier de Hollande, on comprend même un papier de fil français, vélin ou vergé, qui n'est nullement inférieur au premier et lui est quelquefois préférable. C'était celui employé jadis pour tous les tirages sur papier de choix.

On se demande souvent lequel des papiers de luxe est préférable. Suivant nous le Hollande ou papier de fil est le seul qui convienne aux éditions ne contenant que du texte imprimé. 11 se conserve assez bien et se nettoie facilement au cas où il survient des taches de rousseur ou des piqûres. D'autre part, comme il est assez rare qu'on ne tire pas d'une édition, à défaut d'autre papier, au moins quelques exemplaires sur ce papier, on a la quasi-certitude de pouvoir collectionner toutes les œuvres d'un auteur sur une même sorte de papier, ce qui est à la fois plus agréable et plus régulier.

Le papier de Chine reçoit mieux les illustrations sur bois imprimées, lithographiécs ; il se lave également assez aisément.

Le Japon supporte fort bien aussi les illustiations eflectuées par tous les procédés. Mais il se lave mal et ne se nettoie pas du tout que ce

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soil à la gomme ou par tout autre moyen. Tout au plus peut-on essayer de faire disparaître quelques taches peu importantes en les frottant légèrement en rond avec un petit tampon de linge fin, dont les aspérités font l'office de râpe. Toutefois, certains amateurs négligeant, à tort, ces considérations ne recherchent que la rareté dans une sorte de papier et choisissent celui sur lequel le tirage est le plus restreint. C'est une affaire d'opinion personnelle; ce n'est point la nôtre.

Des passes.

En plus du tirage officiel, les éditeurs ont droit, pour balancer, disent-ils, la remise du treizième volume par douze pris par le libraire, à un nombre d'exemplaires supérieur au chiffre du tirage annoncé à l'auteur ou au public. Cette passe varie entre 5 et lo °/o du nombre des exemplaires annoncés.

Sur les exemplaires de choix, la passe est la même et c'est à cette coutume qu'on doit de voir circuler, tôt ou tard, des exemplaires anonymes, c'est èi-d ire non numérotés, et qui sont en surnombre du chiffre de tirage indiqué par l'éditeur. Ces bâtards ne sont pas négligeables, puisqu'ils possèdent les qualités des enfants légitimes surtout quand ils portent un envoi manuscrit de

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l'auteur ou de l'éditeur. Quand ils sont muets, on pourrait les légitimer, à la rigueur, en y apposant un numéro quelconque bis, mais qui risque d'être un (ri, ou peut-être même un quater.

De la question des formats.

Nous allons maintenant aborder la question importante des formats. Elle est un peu devenue la bouteille à l'encre. Fort simple jadis, elle était déterminée exclusivement par le nombre de feuillets, nous ne disons pas de pages, compris dans la feuille d'imprimerie qui, pliée, ne s'appelle plus que cahier. Un feuillet comprend en effet deux pages, une recto, et l'autre verso.

Elle s'est compliquée depuis, à la suite des grands changements apportés dans les méthodes d'impression, et surtout de l'agrandissement des machines typographiques. L'éditeur, pour diminuer ses frais de tirage, a voulu profiler de cet agrandissement, et par suite de la table, ou marbre, qui reçoit les formes de composition, formes comprenant chacune l'ensemble des pages composées destinées à constituer la feuille d'imprimerie.

Pour obtenir ce résultat, et diminuer ses frais de tirage, il lui a suffi d'augmenter le nombre de pages de chaque forme et de les tirer de plus en

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double. Quatre formes anciennes tiennent ainsi dans une forme actuelle. A cela rien à redire, c'est son droit.

Mais, pour ne pas troubler le public dans ses anciennes habitudes de format, l'in-iS par exemple, il annonce sous cette désignation dans ses annonces et sur ses catalogues, et les libraires font ensuite de même, les in-i6, in-12, in-2'4 ou in-32. Il en résulte, fatalement, une confusion, quand l'amateur veut contrôler les formats d'après les manuels de bibliographie, ou sur le volume lui-même afin d'identifier une édition, ces manuels indiquant les formats exacts suivant les règles anciennes et toujours en vigueur employées dans toutes les grandes bibliothèques.

Déroutés par ces indications erronées, les libraires de nouveauté et d'occasion les négligent bien davantage et se contentent d'indiquer les formats au petit bonheur, suivant les dimensions apparentes des volumes. Ne devraient-ils pas, surtout en occasion, contrôler la dimension réelle des formats qu'ils annoncent, d'après le nombre des pages (et non des feuillets) de chaque cahier, qui se distingue lui-même par le numérotage placé au bas des pages, à droite ou à gauche. Cela seul permettrait aux bibliophiles de contrôler les formats exacts, d'opérer leurs achats sur catalogue privé ou même de vente publique, et d'éviter des erreurs, qui peuvent

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leur être très préjudiciables. En cas d'indécision beaucoup d'entre eux se voient contraints de s'abstenir, perdant ainsi l'occasion de se procurer un livre rare ou convoité, et celle de fournir au libraire ou à l'expert vendeur un acquéreur, ou, tout au moins, une enchère nouvelle.

Des indications de formats décimaux.

Pour metirc fin à cet état de choses, un congrès d'éditeurs, tenu il y a peu de temps à Leipzig, avait décidé de supprimer l'annonce de formats arbitraires et de la remplacer par celle des dimensions de la page, hauteur et largeur, exprimées en centimètres. Peu d'entre eux appliquèrent cette décision dans les premiers temps, et c'est à peine si quelques uns ont persisté à le faire jusqu'à ce jour. Encore une réforme utile enterrée ! Nous la regrettons d'autant plus que, plus précise que l'indication, même correcte, des formats, elle eût permis aux amateurs, pour les volumes reliés, de s'assurer de l'importance des rognages enlevés par le couteau du relieur, ce qui aurait été pour eux un bien précieux avantage. Enfin, en assurant la notation exacte des dimensions des formats dans la rédaction des catalogues, elle eut supprimé toute cause de confusion.

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Du double format dans une même édition.

Une nouvelle cause d'erreur, quand les rédactions de catalogue sont insuffisantes, réside dans le tirage d'une même édition sur deux formats.

Ainsi l'éditeur Jouaust a imprimé une de ses collections les plus recherchées, à la fois sur formats in-i6 et in-8. Les in-octavo, plus rares, sont de beaucoup les plus recherchés. En ayant vu un annoncé dans une vente publique de Londres par l'encanteur Sotheby, nous lui donnâmes ordre à un prix déterminé. Quand ce dernier fut exécuté et qu'il eut été livré, nous dûmes le lui letourner. 11 avait annoncé des in-8, or le format n'était qu'in-i6 et d'une valeur bien inférieure. Les experts français sont moins enclins à pareille erreur, mais nous nous rappelons une vente publique où elle fut également commise et où les acheteurs, bien entendu les seuls présents, en firent leur profit, car le format annoncé était inférieur.

C'est pourquoi il convient, en pareille occurrence, de ne pas toujours se laisser écarter par l'indication d'un format qui peut être inexact, mais de la vérifier à la fois sur le volume, quand cela est possible, et sur un bon ouvrage de bibliographie, et de préciser nettement le vrai format dans sa commande ou son ordre.

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Des fausses marges.

Ici se place une question presque connexe à celle des formats : celle des fausses marges. Ces dernières, rares jadis, se sont multipliées singulièrement depuis quelques années. Leur abus est devenu tel que beaucoup de débutants amateurs, mal renseignés, en sont venus à considérer comme une qualité digne de recherche un affreux vice de fabrication. Ce vice provient de la négligence, ou souvent du désir des éditeurs, en s'épargnant la recherche d'un format de papier de luxe convenable, d'éviter de le payer un peu plus, ou de leur désir de réaliser de possibles économies, fût-ce au détriment de la bonne, saine fabrication et présentation du volume.

Il faut ajouter que certains éditeurs, trompés eux aussi et de bonne foi, croient augmenter la valeur de leurs éditions sur papier de luxe en leur donnant un aspect bizarre, anormal et fort incommode qui "est seulement de nature à hâter leur destruction, tandis que le bibliophile ne les recherche que pour la retarder.

De belles marges dans un volume, on ne le peut nier, en augmentent singulièrement le charme. Les bons éditeurs de jadis, partageant à cet égard le sentiment des amateurs, avaient contracté, depuis plus de trois siècles, l'excel-

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lente habitude de faire tirer un nombre d'exemplaires, la plupart du temps restreint, sur un papier de format plus grand que celui de l'édition ordinaire. Ce papier permettait l'obtention de marges plus larges. Ils y parvenaient on modifiant l'écartement des marges intérieures du fond et la largeur de celles extérieures, mais toujours dans le sens de l'agrandissement. Ces volumes de choix, très souvent destinés à faire des présents aux grands personnages, revêtaient ainsi un aspect noble et imposant. Ils se présentaient sous la forme de superbes in-quarto quand l'édition courante était en in-octavo, ou d'in-octavo quand les exemplaires ordinaires étaient d'une dimension plus réduite. Ils employaient aussi un papier plus fin, et tout cet ensemble caractérisait les grands papiers justifiant amplement dans les catalogues d'éditeurs leur désignation : exemplaires do choix.

De nos jours l'expression a continué à être usitée, mais presque toujours à tort, car elle est loin d'être toujours aussi véridique, nos éditeurs l'appliquant indifféremment à deux genres de formats bien distincts, obtenus par des méthodes inégalement onéreuses pour eux.

On va en juger :

Pour qu'un livre puisse être qualifié grand papier, il n'est pas nécessaire qu'il soit tiré sur papier de luxe.

Il est par contre indispensable que toutes ses marges soient plus grandes que celles de l'édition ordinaire.

Quand cette condition est observée, quelle que soilla qualité du papier employé, l'exemplaire peut être loyalement indiqué comme étant imprimé sur grand papier.

Au contraire, si les marges de tête et intérieures, du fond de la page, sont les mêmes que celles de l'édition ordinaire, quelle que soit la qualité ou la nature du papier employé, l'exemplaire obtenu peut être dit de choix ou de luxe, mais jamais il ne sera sur grand papier.

La raison en est que. pour obtenir le grand papier, il eut fallu procéder avant tirage à une réimposition par écartement des intervalles ou blancs qui séparent les pages les unes des autres dans la forme d'imprimerie. Ce plus grand espacement ne permet plus de placer, par exemple, que huit pages dans la même forme d'imprimerie qui en contenait douze auparavant, quand le format primitif étant in-douze on désire le rendre in-octavo. Il devient en plus indispensable, pour ce tirage sur grand papier quelquefois très coûteux, de procéder à une nouvelle mise en train. Enfin, il faut doubler la quantité de papier employée à produire un même nombre d'exemplaires. Le nombre des exemplaires tirés dans ces conditions étant toujours limité par leur

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prix de revient plus élevé, ce dernier se trouve forcément majoré à la vente. Il l'est encore davantage si le tirage a lieu, comme c'est le plus souvent le cas. pour en accroître la recherche hihliographique. sur papier de luxe, fil, Hollande ou Japon.

En employant ce même procédé, on porte ainsi le format in-S" à l'in-'j", celui de rin-4° à l'in-folio et ainsi de suite. L'in quarto devient alors le « grand papier » de l'in-octavo et ainsi de suite pour les autres formats.

Ces frais de réimposition sont assez élevés pour qu'un volume à 3 fr. 5o, dont les papiers de Hollande se vendent lo francs, voie sa valeur portée sur grand papier à 20 francs, 3o francs et même davantage quand il n'est tiré qu'à une cinquantaine d'exemplaires. Si ce tirage est réduit de moitié, la dépense restant à peu près la même, le coût de fabrication de chaque exemplaire se trouve doublé. Mais, grâce à ce débours, l'amateur peut se larguer de posséder alors un véritable livre de bibliophile, un grand papier qui, tout en gardant son caractère d'édition originale, diffère absolument de l'exemplaire de l'acheteur ordinaire, tant sous le rapport de la beauté de la forme, que sous celui, non moins prisé, de la rareté.

L'éditeur désire-t-il au contraire obtenir des exemplaires sur papier de choix ou de luxe,

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sans s'astreindre à tout ce cortège d'opérations coûteuses ? Il lui sufïît de faire interrompre le tirage sur papier ordinaire et de faire passer sous la presse le papier choisi, Japon, Chine ou Hollande, en resserrant ou en desserrant les vis du cylindre de pression pour s'épargner une mise en train, suivant le nombre, la qualité ou l'épaisseur de ces papiers. La plupart du temps, l'imprimeur, non surveillé, néglige même cette simple précaution. Gela explique pourquoi certains exemplaires de luxe sont moins bien tirés que les ordinaires. Enfin, aussi, on les tire après l'achèvement du tirage courant, cause de nouvelles tares : lettres cassées, écrasées, tombées; tares qui ne se remarquent pas, et pour cause, dans la plus grande partie des tirages sur papier ordinaire qui les ont occasionnées.

Pour nous faire mieux comprendre, citons l'édition originale des Trophées de Heredia, parue chez l'éditeur Lemerre. Tous les grands papiers de luxe, Whatman, Japon, Chine ont été tirés en format in-octavo. L'édition ordinaire a, un peu plus tard, paru en formai in-12 et lédileur en a fait tirer des exemplaires de luxe, sur mêmes papiers. Ce ne sont pas ces derniers qui ont acquis la plus forle majoration réalisée par celle édition, mais les seuls exemplaires sur grand papier, c'est-à-dire ceux tirés in-octavo. Ces derniers valent actuellement de 2 à 3oo francs.

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Les véritables « grands papiers » nont presque jamais ces fausses marges si haïssables et si ou n'a pu les éviter complètement, il est exceptionnel qu'elles soient exagérées.

Les volumes dits de luxe, imprimés sur des papiers autres que ceux de l'édition ordinaire, sont uniquement ceux donnant lieu à une exagération ridicule de marges, qui donne aux volumes le hideux aspect de blocs carrés ou oblongs. Ces blocs ont l'inconvénient, brochés, de s'opposer au placement sur les rayons à côté des livres du même format. Reliés, ils sont encore plus affreux. Tant que ces fausses marges n'ont pas dépassé les limites raisonnables, certains bibliophiles les ont maintenues, même après reliure, dans leui- respect profond du livre et de son intangibilité. C'est ce respect qui a trompé certains éditeurs qui, se méprenant sur ses causes, en ont cru, à tort et nous ne cesserons de le redire, que ces marges disproportionnées étaient agréables aux bibliophiles. Cette conviction leur est venue d'autant plus aisément qu'elle s'accordait avec leur intérêt, et leur évitait la recherche d'un papier de luxe d'un format susceptible de se plier à celui de l'édition, quand ils ne le trouvaient pas en papier à la forme d'usage courant. Ils évitaient ainsi d'en faire fabriquer, bien que le sacrifice fut très faible.

11 est nécessaire de mettre fin à cet état de

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choses et d'essayer, tout au inoins, de prévenir amicalement de leur erreur les éditeurs consciencieux.

Nous ne doutons pas d'y parvenir si les bibliophiles, premiers intéressés, veulent ne pas se lasser de signaler ce vice à leurs libraires qui sauront bien en aviser messieurs Qui-de-droit. Ils le feront avec d'autant plus d'empressement, que ces fausses grandes marges leur font manquer quelques ventes lucratives que ne remplacent pas les achats de quelques bibliomanes vicieux, désireux d'enlaidir leurs exemplaires sur papiers de choix d'aquarelles fabriquées à la grosse par des artistes d'un ordre inférieur, à quelques exceptions près. Le remède est donc à la portée des amateurs, s'ils veulent bien se donner la peine de l'employer en faisant trêve à une inertie regrettable.

Dans aucun cas, la fausse marge ne doit comporter un écart de plus de 2 à 3 millimètres avec la vraie. Tout excédent doit être ébarbé impitoyablement par le relieur, afin de permettre au livre de reprendre sa forme normale.

L'excédent gênant du papier doit être supprimé en le séparant avec une ficelle ou un couteau ébréché, en bois de préférence, de façon à conserver des vestiges de fausse marge, si on y lient absolument. C'est un petit truquage, mais il est légitime et bien innocent.

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Concluons derechef : un vrai et pur bibliophile ne peut et ne doit pas tolérer dans sa bibliothèque celle monstruosité qu'on appelle des fausses marges, autrement qu'à titre temporaire. Seule, la passivité des bibliophiles a pu être interprétée par quelques néophytes comme une invitation ù accepter et même rechercher cette tare honteuse et à la considérer comme une marque de bon goût.

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