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dessin, Baudouin joint une facture libre, maîtresse,
S. À. S. Mne ANASTASIE DE HESssE. Vente Didot,avt les noms des art., 60 fr. ; avec les noms des art., 20 fr.
« qui ne connaît ni hésitation, ni aucune des minuties « que semble comporter cette épithète de minialuriste « accolée à son nom.
«.…… Ces qualités si précieuses, à peine aujourd'hui « peut-on les discerner dans certains tableaux de Bau- « douin. Elles ont disparu sous l’action d’un vandalisme « singulier : le vandalisme à la miniature ! Oui, le savoir, « le talent du peintre des mœurs de la galanterie, furent « supprimés par les galantins possesseurs de ses tableaux. « Ces amateurs non de peinture, mais de sujets grivots, « imaginèrent de faire adoucir, fondre par des miniatu- « ristes inconscients de leur attentat, la touche franche «et visible des gouaches de Baudouin. L’attentat au « talent, c’est d’une malhonnêteté bien spéciale ! »
L’on ne saurait mieux analyser que ne l’a fait M. Bracquemond, en quelques lignes, l’exquis talent de Baudouin ; l’on ne saurait trop partager non plus son indignation contre les finisseurs d'œuvres d'art. Ce que l’éminent graveur constate pour Baudouin se peut constater pour d’autres maîtres. Que de simples croquis, entrevus jadis, transformés depuis en dessins définitifs; que de signatures authentiques effacées et remplacées par celles apocryphes d'artistes plus connus; que de vénérables douairières changées en pimpantes personnes ! Que de fraudes et de malpropres appropriations ont fait enfin naître l’œuvre d’art qui devrait avant tout imposer le
respect !
Mais revenons à Baudouin : né à Paris le 17 octobre
1723, Pierre-Antoine Baudouin a été l’un des peintres les plus discutés de son temps : non pour son talent, mais pour l'esprit qui préside à ses œuvres. Diderot, l’admirateur de Chardin et de Greuze, ne fut pas le moins acharné contre ses « petits tableaux, compositions frivoles, pro- « pres au boudoir d’une petite maîtresse. faites pour de « petits abbés, de petits robins, de gros financiers ou « d’autres personnages sans mœurs et d’un petit goût. » C'est par cette diatribe que Diderot débutait dans sa critique des œuvres de Baudouin, au Salon de 1767, où l’aimable maître exposait le Couché de la Mariée. Avouons franchement qu'on demeure surpris que ce GCouché de Mariée ait pu provoquer un tel excès de pudeur de la part de l’auteur de la Religieuse et des Bijoux indiscrets ; la composition de Baudouin n’a rien en soi de particulièrement licencieux et, si l’on se reporte au temps où elle parut, que d'œuvres autrement croustillantes étaient admises sans discussion, et que ne sauvait même pas, le plus souvent, un semblant de talent ; mais ne discutons pas une opinion, constatons-là simplement. Aujourd’hui Baudouin est l’un des peintres les plus aimés du siècle galant : c’est sa revanche.
Marié à Marie-Emilie Boucher, fille cadette de François Boucher, son maître, P.-A. Baudouin, membre de l’Académie en 1763, mourut jeune, à 46 ans (15 décembre 1769).
Baudouin a été fort bien gravé par N. de Launay, P.-P. Choffard, E. de Ghendt, J. Massard, J.-S. Helman
et J.-B. Simonet, sinon dans l'esprit absolu de la facture
de ses toiles ou de ses gouaches, du moins dans ieur tenue générale et dans leur distinction.
Nicolas de Launay, né à Paris en 1739, mort dans la même ville le 22 mars 1792, a signé, d’après Baudouin, le Carquois épuisé, les Soins lardifs, deux pièces qui forment pendants ; l’'Epouse indiscrèle épiant, derrière un matelas, son mari qui lutine la chambrière ; la Sentinelle en défaut. Les deux premières de ces planches surtout, sont exécutées avec un talent et une science de graveur qui ne se démentent pas un seul instant, d’un bout à l’autre de l’œuvre; ce sont des modèles à montrer aux graveurs, tout comme certaines planches de Saint-Aubin, de Cars ou de Lépicié. La Senlinelle en défaul, par contre, est une gravure lourde d'aspect : la composition est moins agréable d’ailleurs, c’est une excuse en faveur de N. de Launay.
Nicolas de Launay était un excellent graveur : il l’a prouvé maintes fois, soit qu'il gravât la Consolalion de
l'absence, de Lavreince, le Petit Jour, de Freudeberg,
Le Carquois épuisé. Vente Mailand, avt1.1., 660 fr. — Vente 11 janvier 1894, sans marge, 126 fr. — Vente 17 mars 1894, 190 fr. — Vente 10 mai 1894, 165 fr. — Vente Goncourt, eau-f. p., 380 fr. ; avec I. I., 275 fr. — Vente 15 déc. 1908, 450 fr. — Vente 29 févr. 1908, eau-f. p., 405 fr. —
Vente Ouachée,f275 fr. — Vente 5 nov. 1909, avt I. I., 1.380 fr. — Vente Kuhnen, 625 fr.
Les Soins rarRpirs. Vente Mailand, à l’eau-f. p., 320 fr. — Vente
8 janvier 1894, 51 fr. — Vente 5 nov. 1909, avt 1. 1, 705 fr. — Vente Pichon, 82 fr. — Vente L. Mar, 86 fr.
L’'EPOUSE INDISCRÈTE. Vente Mailand, à l’eau-f. p., 670 fr. — Vente 11 janvier 1894, 72 fr. — Vente 9 mai 1908, 86 fr. — Vente Gerbeau, avt la déd., 340 fr.
La SENTINELLE EN DÉFAUT. Vente 16 mars 1894, 40 fr. — Vente 17 mai 1894, 28 fr. — Vente Gerbeau, avt la déd., 115 fr. — Vente 2 févr. 1910, 140 fr.
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