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dables au même titre ; quelques-unes sont même mauvaises et démontrent chez leurs auteurs une incapacité notoire : la Colation (sic) et la Chute d’eau, par Jean Moyreau (1690 + 1762), le Marais et l’Abreuvoir, par Louis Jacob (1712+...), le Galant Jardinier, par Jacques de Favannes (...+1770), En vain nous prêche-t-on (sic) et l'Amour mal accompagné, par Pierre Dupin (17184...) sont autant de planches qu’il faut rejeter à tout prix d’une collection tant soit peu choisie. Mais, nous le répétons, ces médiocrités sont en nombre restreint dans l’œuvre gravé d'Antoine Watteau, alors que les belles planches y abondent. On ne saurait donc avec justice tirer des déductions défavorables à cause de rares exceptions.
L'œuvre gravé d’après Antoine Watteau est fort important : le catalogue qui en a été dressé par Edmond de Goncourt, ne comprend pas moins de 795 pièces, dont la majeure partie doit d’avoir vu le jour à la précieuse sollicitude de Jean de Julienne pour son ami : c’est en effet à cet intelligent Mécène, que les amateurs sont redevables des pièces que nous allons citer et qui forment avec d'autres estampes l’Œuvre d'Antoine Watleau, Peintre du Roy, En son Académie Roïale de Pein-
ture et Sculpture. Gravé d'après ses Tableaux et Desseins
originaux lirez du Cabinet du Roy et des plus curieux de
LA CorLaATion. Vente 17 mai 1894, 23 fr. — Vente 20 décembre 1909, 100 fr.
La CHuTE D'EAU. Vente 27 nov. 1907, 13 fr.— Vente 27 mars 1905, 18 fr. — Vente 19 mars 1910, 28 fr.
l'Europe. Par les soins de M. de Jullienne. À PARIS, FIXÉ A CENT EXEMPLAIRES DES PTS ÉPREUVES. [mprimées sur grand papier (vers 1740).
Cet œuvre, qui se rencontre rarement en récueil} Ja plupart des exemplaires ayant été cassés, afin d’en détacher les planches les plus importantes, contient de 250 à 270 planches. Ce premier volume fut alors complété par un second tome, tandis qu’un troisième recueil, publié sous le titre de Figures de différens caractères, de paysages et d’études d’après nature, par Antoine Watteau (Paris, Audran et Chéreau, s. d.), parachevait un ensemble si heureusement commencé. La Bibliothèque de l’Arsenal possède un exemplaire exceptionnel des Figures de différens caractères.., qui contient, en outre des 350 planches formant l’édition bien complète, une quinzaine d’épreuves d'essai de planches demeurées inédites, quelques-unes dues à la pointe inexpérimentée de J. de Julienne luimême. Ces épreuves supplémentaires sont accompagnées de notes dans le goût de celle-ci : gravé par. repolie ensuitte. Mr Julienne de 2 épreuves qu’il auoit m'a donné celle-cy.
Parmi les estampes de ces recueils, voici celles qu’impose un choix restreint : la Perspective, par Louis Crepy, dont nous donnons une reproduction et qui nous offre
une vue prise dans le jardin de Pierre Crozat, dit le pauvre,
à Montmorency : c’est dans une dépendance de cette
La PEersPEcTive. Vente 6 mars 1894, 39 fr. — Vente Goncourt, non ent. term., 75 fr.— VenteH. Lacroix, 152 fr. et 96 fr. — Vente 21 mars 1908, 300 fr. — Vente Kuhnen. 250 fr.
habitation que Jean-Jacques Rousseau habita un moment ; les Charmes de la vie, également reproduits cicontre, l’Amante inquiète, la Famille et la fameuse Enseigne, par Pierre Aveline : cette enseigne, qui représente l’intérieur d’une boutique d’un marchand de tableaux, avait été peinte par Watteau, pour l’un de ses meilleurs et plus fidèles amis, Gersaint. Elle obtint avec justice, à son apparition, un succès prodigieux dont a bénéficié depuis la gravure d’Aveline ; à la vente Mailand, en 1881, cette estampe atteignait déjà 275 francs, chiffre considérable pour l’époque.
Charles Dupuis (1685 + 1742) doit être signalé pour l'Occupation selon l'Age, une note de sérénité intime que Chardin retrouvera et développera, et pour la Leçon d'Amour ; Nicolas-Henri Tardieu (1674 + 1749) pour les Champs-Elysées et l’Embarquement pour Cythère: cette dernière pièce n’a pas été exécutée par Tardieu,
comme on l’a cru fort longtemps, d’après la peinture que
Les CHARMES DE LA Vie. Vente déc. 1856, 26 fr. — Vente 11 janvier 1894 27 fr. — Vente Goncourt, avt t. L., 62 fr. — Vente R. Hérédia, 81 fr. — Vente 18 mai 1906, 155 fr.
L’AMANTE INQUIÈTE. Vente 4 mars 1909, 67 fr.
L’ENSEIGNE. Vente 6 mars 1894, rognée, 116 fr. — Vente 17 mai 1894. petite déchirure, 215 fr. — Vente Muhlbacher, 950 fr. — Vente Doistau, avt t. L, 1,500 fr.
L’OcGuPATION SELON L’AGE. Vente 6 mars 1894, 20 fr. — Vente 17 mars 1894, 17 fr. — Vente Fantin-Latour, 55 fr.
LA LEcoN D’Amour. Vente R. Hérédia, 75 fr. — Vente H. Lacroix,
55 fr. — Vente Defer-Dumesnil, 65 fr.— Vente 21 mars 1908, 250 fr. Les CHaAmPs-ELYsÉEs. Vente Goncourt, 55 fr.—Vente Gerbeau,175 Îr.— Vente 29 janv. 1909, 291 fr. — Vente 21 mars 1908, 200 fr. L’EMBARQUEMENT POUR CYTHÈRE. Vente Mailand, 98 fr. — Vente 6 mars 1894, 75 fr. —: Vente Goncourt, à l’eau-f. p., 600 fr. — Vente 17 mars 1910, 480 fr.
renferme le Musée du Louvre, mais d’après une variante possédée par l'Empereur d’Allemagne. Gérard Jean- Baptiste Scotin (1698+...), qu’il ne faut pas confondre avec Gérard Scotin (1643+1715), a signé la Cascade, le Lorgneur et la Lorgneuse, l’Indifférent, les Plaisirs du Bal, puis une scène militaire : les Fatiques de la guerre faisant pendant à une gravure de Crepy,les Délassements de la guerre:à titre documentaire signalons des Délassements de la guerre un état demeuré inconnu à Edm. de Goncourt : avant le nom du graveur.
Jacques-Philippe Le Bas (1707+1783) a gravé d’après Watteau l’Assemblée galante, l'Ile enchantée — composition comprenant dix-neuf personnages — et la Gamme d'amour.
La plupart des planches de l’œuvre de Watteau sollicitent l’attention des amoureux d’art et, en dehors de celles que nous venons de rappeler à la mémoire de nos lecteurs, il en est encore d’autres que nous ne pouvons
passer sous silence ; de ce nombre sont : de S. H. Thomas-
La CascAnE. Vente Goncourt, 35 fr.— Vente Gaiffe, 210 fr.— Vente Kuhnen, 230 marks. — Vente 2 février 1910, 270 fr.
Le Loreneur. Vente L. Mar, 106 fr.
Le LorGNEUR et la LORGNEUSE. Vente 1884, 15 fr. — Vente Lacroix, 95 fr.
Les PLarsrrs pu BAL. Vente 17 mars 1894, 20 fr.
Les DÉLASSEMENTS DE LA GUERRE. Vente nov. 1907, état non décrit, 30 fr.
L’'ASSEMBLÉE GALANTE. Vente 6 mars 1894, 42 fr. — Vente Hubert, 280 fr.
L'ILE ENCHANTÉE. Vente déc. 1856, 62 fr. — Vente R. Hérédia, 95 fr. — Vente Hubert, 280 fr. — Vente 19 mars 1910, 240 fr.
La GAMME p’Amour. Vente déc. 1856, 40 fr.— Vente Goncourt, 25 fr.
Watteau.
Cars, d’après Ant.
sin: Voulez-vous triompher des belles, planche d’une facture chaude et colorée, traduisant le plus heureusement possible Watteau ; de Laurent Cars, les Fêtes vénitiennes, fort agréable composition admirablement gravée et d’une belle lumière — signalons au passage qu'il en existe une copie datant d’une quarantaine d’années, assez lourdement exécutée et éditée « chez Joly, Rue de Seine, 9. » Outre l'adresse de l’éditeur, on lit encore sur cette copie qui, sauf les mots: « Gravées d’après... », porte les inscriptions de la planche originale, ce qui suit : « Imp. Fosset, F’# St-Jacques 19, Paris » — ; de Benoît II Audran (1700+1772), la Finetle, pendant de l’Indifférent de Scotin, que nous avons précédemment mentionné, Mezetin, le Concert Champèêtre, les Amusements champêtres — deux galants offrant des fleurs à deux jeunes femmes —, la Danse paysanne, puis le Passe-temps, toutes gravures brillantes sans excès, grâce à beaucoup d'’es-
prit, de goût et de savoir.
VOULEZ-VOUS TRIOMPHER DÉS BÊËLLÈES. Vente 17 mai 1894, 26 fr. — Vente 4 mars 1909, 110 fr.
Les FÊTES VÉNITIENNES. Vente Camberlyn, avt1. 1., 100 fr. — Vente 11 janvier 1894, sans marge, 15 fr. — Vente Goncourt, à l’eau-f. p., 260 fr. — Vente L. Mar,100 fr.— Vente 21 mars 1908, 265 fr.— Vente 2 févr. 1910, 450 fr.
La FINETTE. Vente Goncourt, avt t. 1., 120 fr.— Vente 22 déc. 1906, 150 fr.
MEzETiIN. Vente Camberlyn, 5 fr. — Vente Goncourt, avec 2 autres planches, 33 fr.
Le CONCERT cHAMPÊTRE. Vente déc. 1856, 15 fr.
Les AMUSEMENTS CHAMPÊTRES. Vente déc. 1856, 30 fr. — Vente 11 janvier 1894, 26 fr. — Vente R. de Hérédia, 51 fr. — Vente H. Lacroix, 151 fr.
La DANSE PAYSANNE. Vente A. Giroux, 78 fr. — Vente 22 déc. 1906, 181 fr. — Vente Gerbeau, avt 1. L, 330 fr. — Vente 2 février 1910, 185 fr.
Le PAsse-TEMPs. Vente Goncourt, 60 fr. — Vente 22 déc. 1906, 216 fr.
La scène du Chat malade, qu’un docteur ausculte gravement, a été fort spirituellement traitée à l’eauforte par Jean-Etienne Liotard (1702+12 juin 1789), dont c’est en quelque sorte l’œuvre maîtresse.
Mentionnons encore Bernard Lépicié, avec Ant. de la Roque, assis dans un paysage habité par des nymphes; Charles-Nicolas Cochin père (1688+-1754), avec la Mariée de village et le Bosquet de Bacchus, harmonieuse planche où une vingtaine de personnages sont groupés autour d’une
pièce d’eau; François Joullain (1697+1779), avec les
Agréments de l'Eté, une bonne planche dans laquelle
la lumière est trop diffuse cependant: Bernard Baron, avec l’Accord parfait et les Deux Cousines, d’une délicate tonalité grise; Edme Jeaurat (1688+1738), avec Pierrot content, traité d’un burin un peu sec. Ces der-
nières pièces clôturent la liste des estampes caractérisant
Le CHAT MALADE. Vente 11 janvier 1894, 34 fr. — Vente Goncourt, 40 fr. — Vente H. Lacroix, 40 fr. — Vente Gerbeau, 160 fr.
ANT. DE LA Roque. Vente Goncourt, à l’eau-f. p., 40 fr. — Vente Davesne, 60 fr.
La MARIÉE DE ViLrace. Vente 17 mars 1910. 295 fr.
Le BosqueT DE Baccaus. Vente Goncourt, 53 fr. — Vente Gerbeau, 150 fr. — Vente 17 mars 1910, 350 fr.
Les AGRÉMENTS DE L'ETÉ. Vente Camberlyn, 14 îr.— Vente 11 nov. 1907, 150 fr. — Vente 28 févr. 1908, 361 îÎr. —Vente Gerbeau, 275 fr. —Vente 2 févr. 1910, 270 fr.
L’AccorD PARFAIT. Vente 17 mai 1894, 34 fr. — Vente H. Lacroix, 98 fr. — Vente A. Giroux, 95fr. — Vente Hubert, 140 fr. — Vente Davesne, 110 fr.
PIERROT CONTENT. Vente R. de Hérédia, 75 fr. — Vente 23 mars 1904, 115 fr.
La FESTE BACHIQUE, la BALANCEUSE, la PARTIE DE CHASSE et le May. Vente M. de G*** du 10 mai 1894, 400 fr. — Vente 4 mars 1909, 690 fr. — Vente Hubert, 460 fr.
les diverses facettes du talent de Watteau, à l'exception d’une qu’il nous reste à évoquer, celle où il s’est révélé comme le plus exquis des décorateurs qu’ait produits le siècle. Sous ce jour, signalons une suite de quatre grandes arabesques portant ces titres : Feste bachique, la Balanceuse, Partie de chasse et le May ; la réduction que nous donnons de la Balanceuse fera mieux comprendre que la plus heureuse description l'agrément des Arabesques, des Ecrans et des Paravents composés par Watteau, dont le nombre dépasse la centaine. Jacques-Gabriel Huquier (1695+1772), Louis Crepy et Jean Moyreau en ont gravé la plupart d’une pointe facile et claire. On doit à Boucher l’exécution de la gravure d’une de ces plus jolies arabesques : le Dénicheur de moineaux.
La majorité des estampes de l’œuvre de Watteau que nous venons de passer en revueexistent à l’éfat d'eauforte pure. Cette dénomination que nous aurons l’occasion de répéter à maints endroits, en appelle la définition. On entend, par eau-forte pure, lorsqu'il s’agit d’une gravure exécutée au burin, la préparation d’un cuivre ébauché à l’eau-forte par le graveur et qui consiste dans le travail suivant : sur un cuivre de surface absolument plane, un vernis foncé composé de cire vierge et de bitume de Judée est posé et étalé également, à l’aide d’un tampon
d’ouate recouvert de soie ou de peau, puis noirci tandis
Le DÉNICHÉUR DÉ MoinéAux. Vente 17 mars 1894, 21 fr.
que le cuivre est maintenu au-dessus d’un réchaud allumé. Sur ce vernis ainsi obtenu, le graveur trace à l’aide d’une pointe d’acier enfermée dans un manche en bois, le sujet qu'il veut reproduire ; mais, contrairement au peintre gravant à l’eau-forte et qui donne libre carrière à sa fantaisie, le graveur exécutant une eauforte destinée à être terminée au burin, agit avec mesure, calcule ses travaux et sa morsure, afin d’obtenir l’harmonie désirée dans le mariage des travaux de l’eau-forte avec ceux du burin. Parfois, ce n’est d’ailleurs pas le même graveur qui parfait la planche au burin. En veut-on un exemple entre cent ? Le célèbre Couché de la Mariée, de Baudouin, a été commencé à l’eau-forte par Moreau le jeune et c’est un autre artiste, Jean-Baptiste Simonet, qui fut chargé de le terminer au burin.
Les eaux-fortes pures sont quelquefois préférables — en tant qu'œuvres d'art — aux planches terminées ; au point de vue purement décoratif, elles ne présentent pas le même intérêt. Fort recherchées, il y a une trentaine d'années, au point d'obtenir dans les ventes publiques les plus grosses enchères, les eaux-fortes pures d’ailleurs fort rares, empressons-nous d’ajouter, sont devenues l'apanage exclusif de quelques amateurs délicats qui savent en déchiffrer les beautés cachées. Edmond de Goncourt, qui fut l’un de ces délicats, possédait de nombreuses eaux-fortes pures dans sa collection, non seulement de l’œuvre de Watteau, mais aussi des œuvres de Chardin,
de Baudouin, de Lavreince et de Saint-Aubin; parmi
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