‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 27 sur 81 · FES · texte numérisé non relu

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LAITIÈRE : J. C. Le Vasseur, d'aprè

J. B. Greuze.

Pétersbourg, Berlin, Genève — se firent un honneur de la comprendre au nombre de leurs membres. Elle connut, pendant tout le cours de sa carrière, un succès égal à celui qui avait accompagné Rosalba Carriera lors de sa courte venue parmi nous. Elle dut toutefois, en raison de ses relations fort suivies avec la Cour, plus particulièrement avec la Reine Marie-Antoinette, quitter la France en 1795 : elle y revint en 1801. Mariée fort jeune à un peintre, marchand de tableaux le plus souvent, Jean-Baptiste-Pierre Lebrun, Madame Vigée dut divorcer après une union assez courte. Exposante aux Salons, de 1783 à 1824, Madame Vigée-Lebrun mourut très âgée, à 87 ans, le 30 mars 1842.

Cette artiste n’a pas gravé elle-même, mais plusieurs de ses gracieux portraits ont été traduits par la gravure Marie-Antoinelte, en pied, par Barthélemy Roger, portrait longtemps attribué au peintre Alex. Roslin ; Louis XVI et Marie-Antoinette, deux très petits médaillons, gravés en couleurs par P. M. Alix et aussi par Mairet ; son propre portrait, par J.-G. Muller, que nous reproduisons ; Mgr. le Dauphin et Madame, Fille du Roi, enfants, assis

dans un jardin et tenant un oiseau et un nid, par Maurice

MARIE-ANTOINETTE en pied (par Barth. Roger). Vente Didot, 40 fr. — Vente Muhlbacher, avt1.1., 300 fr. — Vente Vignères, avtl1. 1., 125 fr.

M£' ze DauPHiN ET MapamMrs. Vente Didot,8 fr. 50.— Vente Destailleur, avt la déd., 100 fr. — Vente 17 mars 1894, 18 fr. — Vente 17 mars 1910, 315 fr. — Vente du Be Pichon, 70 fr.

Louis XVI et MARIE-ANTOINETTE (par Alix). Vente Gerbeau, 375 fr.

Lours XVI et MARIE-ANTOINETTE (par Mairet). Vente 17 mars 1910, 399 fr.

Blot ; Madame Vigée-Lebrun et sa fille, par J.-J. Avril ; la Marquise de Sabran, par Daniel Berger; la Duchesse de Polignac, par E. Fischer; Grétry, par Cathelin; enfin signalons que le portrait de Madame Vigée-Lebrun, la palette à la main, a encore été gravé par un gentilhommeamateur, le Comte de Paroy.

Le Comte de Paroy — Jean-Philippe-Guy Legentil — né à Paris en 1750, était un officier qui s’adonna aux beaux-arts en amateur, non sans quelque mérite. En dehors du gentil portrait qu’il a gravé de Madame Vigée- Lebrun, il a aussi exécuté, d’après cette artiste et dans le même esprit, celui de la Duchesse de Polignac, debout devant un clavecin et chantant. Fantaisiste à ses heures, le Comte de Paroy avait imaginé de grouper dans des planches de forme ronde, soit les Statues antiques, soit les Fables de La Fontaine ; quelques-unes de ces pièces de petit format étaient destinées à des

modèles de boutons ; deux autres, de dimension supé-

La MARQUISE DE SABRAN. Vente Mailand, 35 fr.— Vente Destailleur, en bistre, 90 fr. — Vente Goncourt, en bistre, 200 fr.

La DucHEssE DE PoriGnAc (par Fischer). Vente Goncourt, 60 fr.

Grértry. Vente Vignères, avt t. 1., 18 fr. ; avec I. 1., 12 fr.

Me ViIGÉE-LEBRUN ET SA FILLE (par J.-J. Avril). Vente Destailleur, avt la déd., 31 fr.

Mme ViGéEe-LEBRUN (par Muller). Vente 17 mars 1894, 21 fr. — Vente Defer-Dumesnil, avt t. 1, 147 fr. — Vente 18 mai 1900, 22 fr. — Vente Soulavie, 41 fr. — Vente Bouvrain, 110 fr. — Vente Hubert, avt t. 1., 500 fr. — Vente Gerbeau, avt t. L., 680 fr.

Mme ViGéEe-LEBRUN (par le Cte de Paroy). Vente Destailleur, 75 fr. — Vente du Bo Pichon, 310 fr. — Vente Gerbeau, 140 fr.

La DUCHESSE DE PoziGNaAc (par le Cte de Paroy). Vente du B Pichon,

Les FABLES DE LA FONTAINE. Vente Destailleur, 30 fr.

LA PHILOSOPHIE ENDORMIE : Moreau le jeune et J. Aliamer. d'après J. B. Greuze.

rieure, devaient alors servir, dans l’esprit de leur auteur, à des dessus de guéridons. Signalons enfin de ce graveuramateur, une galante allégorie d’après Fragonard: Spirat adhuc Amor...

Les amateurs furent nombreux au xviy® siècle, qui s’adonnèrent plus ou moins passagèrement à la gravure, plusieurs avec une persévérance qui ne fut pas toujours sans aboutir à un résultat. Le mouvement n’avait-il pas d’ailleurs été donné en haut lieu par la Marquise de Pompadour ?

Sans avoir la prétention de faire connaître les centcinquante ou deux cents nobles dames et gentilshommes ayant égratigné le cuivre, avec ou sans le secours d’autrui, nous croyons cependant devoir évoquer ici les plus notoires ; quelques-uns se sont d’ailleurs révélés par des qualités suffisamment appréciables pour trouver droit de cité dans une histoire — même abrégée — de la gravure au xvirie siècle.

En ce qui concerne Madame de Pompadour, il faut se ranger à l'avis, souvent formulé, que les eaux-fortes signées de son nom et exécutées avec un goût et une sûreté de métier dignes d’un professionnel, ont été pour le moins retouchées et tegminées par Cochin ou par Boucher, par exemple. C’est ainsi qu'agissait Aug. de Saint-Aubin à l’égard de La Live de Jully. Seuls des documents du temps ou, mieux encore, des épreuves d’essai de la Suite d’estampes Gravées Par Madame la Marquise

SPIRAT ADHUC AMor. Vente 17 mars 1894, 31 fr. — Vente Ligaud, 29 fr. — Vente 29 nov. 1899, 21 fr.

de Pompadour d’après les Pierres gravées de Guay, graveur du Roy, permettraient de se prononcer en parfaite connaissance de cause.

Parmi les autres femmes ayant manié la point, figurent : Mademoiselle de Soubise, une princesse de la maison de Condé, qui a signé des Enfants jouant avec un chien, d’après Soldini, 1754 ; la Marquise de Belloy, qui modestement, sous les initiales A. B. a gravé un Sarcophage ; on connaît un Presbytère mordu par la Duchesse de Luynes, des vignettes et des ex-libris spirituellement gravés par Madame Le Doulceur, née Louise de Montigny. Madame Amélie de Lorme du Ronceray et la Comtesse de Lubersac se sont également livrées à l’agréable passe-temps de la gravure.

La Maison de France n’a pas failli à la mode : le Comte d'Eu copia, en avril 1717, un paysage de Sébastien Le Clerc, et signa bravement : « Gravé par Louis-Charles de Bourbon, Comte d'Eu »; Louis, duc de Bourgogne, le père de Louis XV, passe pour avoir gravé une vue du Château de St-Germain-en-Laye, d’après Israël Silvestre, et le Parnasse, d’après Ant. Coypel ; le Duc de Chartres, le trop célèbre Philippe-Egalité, également se servit de la pointe pour tracer quelques paysages et un Manœuvre de St-Cloud et une Paysanne de St-Cloud, ces deux dernières eaux-fortes d’après les dessins de L.-C. de Carmontelle, son « lecteur ». Il n’est pas jusqu’à

SUITE D’ESTAMPES GRAVÉES PAR MADAME DE PompaApour. Vente Soulavie, incomplète d’une pl., 70 fr.

Louis XVI qui n’ait, paraît-il, essayé de graver ; on attribue à ce roi un cartouche orné figurant sur une carte de la forêt de Fontainebleau, conservée à la Bibliothèque Nationale.

Dans le gros bataillon des amateurs, citons sans nous appesantir sur leurs productions plus curieuses que méritoires, le Comte de Breteuil, Dezallier d’Argenville, Papillon de la Ferté, l'abbé Jean-Antoine de Maroulle, Bouchier d’Aix, le Comte d’Affry, Petit de Bachaumont, de Voyer d’Argenson, l’abbé de Langlade, le Chevalier de Parlington (la Marchande de chataignes, d’après Aug. de Saint-Aubin, amusante eau-forte attribuée parfois au C'e de Paroy), l'acteur Bertinazzi, dit Carlin, Ch.-Ph. Campion de Tersan, Roger, Marquis de Lagoy : ce dernier amateur était doublé d’un collectionneur passionné et son timbre, en forme de triangle renfermant un L, est bien connu de tous ceux qui s'intéressent aux dessins anciens.

Citons encore Michel Hennin, dont un descendant, mort en 1863, offrait une fort belle réunion de pièces historiques à notre Cabinet d'Estampes ; Glomy, réputé pour ses montages de dessins à encadrement, filet or et lavis verdâtre, d’ailleurs baptisés « glomisage » (Les glomisages anciens — il en est de modernes, la formule de montage ayant été adoptée presqu'unanimement

pour les œuvres du xvit siècle — portent, dans l’un

La MARCHANDE DE CHATAIGNES. Vente Goncourt, 29 fr.

des angles inférieurs de l'encadrement, un G au timpre sec) ; Jean de Julienne, l’ami de Watteau ; le Comte de Bizemont-Prunelé, auteur de plus de cent planches et qui a essayé plusieurs procédés de gravure, jusques et y compris le camaïeu ; Norblin de la Gourdaine, pâle imitateur de Rembrandt ; La Live de Jully, signataire de plusieurs portraits retouchés par Aug. de Saint-Aubin, dont le sien propre : nous avons perlé du portrait de Madame Létine en analysant l’œuvre de Saint- Aubin.

D’autres amateurs ont à leur actif un œuvre plus nombreux et plus caractéristique : L.-C. de Carmontelle, A. de Marcenay de Ghuy, le Comte de Caylus, J.-B. Grateloup, Vivant-Denon, l’abbé de Saint-Non.

Louis Carrogis, dit de Carmonteile, lecteur du duc d'Orléans, était né à Paris le 15 août 1717 ; homme agréable, esprit cultivé, cet amateur, tour à tour peintre, graveur, littérateur, sut se rendre indispensable auprès de son maître : il fut un organisateur modèle de toutes les fêtes et écrivit même de petites comédies pour les représentations théâtrales données à la Cour de Philippe d'Orléans qui s’offrit plus d’une fois le plaisir de tenir un rôle en personne.

L.-C. de Carmontelle, mort en 1806, a surtout dessiné des portraits : il en a gravé lui-même six ou huit ; le Musée de Chantilly possède plus de cinq cents de ses

dessins ; c’est donc là qu’on peut juger de la valeur de

cet amateur : talent modeste, auquel on ne saurait refuser

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