‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 28 sur 81 · ANS PEN NES · texte numérisé non relu

ANS PEN NES

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Lavreince.

Vidal, d'après Nic.

La MARCHANDE A LA TOILETTE

cependantla qualité de la ressemblance dans les nombreuses effigies qu'il nous a laissées.

Il a gravé — cela était à prévoir — le portrait en pied de Philippe, duc d'Orléans, accompagné de son fils, le Duc de Chartres, c’est la planche la plus recherchée de celles dues à sa pointe.

Parmi celles gravées d’après ses dessins, nous citerons plus particulièrement Mozart et ses deux enfants, jouant de la musique, par J.-B.-J. Delafosse (1721+1775), Philippe, duc d'Orléans, à cheval, un cor en bandoulière par le même graveur ; le Duc Albert de Chevreuse, par Aug. de Saint-Aubin ; Franklin, par D. Née ; une Jeune Femme brodant, par G. Demarteau ; enfin la Malheureuse Famille Calas, par Delafosse, estampe publiée pour venir en aide à une souscription qui avait été ouverte en faveur de cette famille, à laquelle Voltaire intéressa, comme on le sait, l’opinion publique.

L'œuvre gravé d'Antoine de Marcenay de Ghuy (1724+1811) est, plus que celui de Carmontelle, un œuvre de graveur de profession : ses planches sont traitées avec un soin tout particulier et une grande connais-

sance des ressources du métier, mais la facture, assez

PHiLiPPE D’'ORLÉANS ET SON Fizs. Vente Vignères, 39 fr. — Vente du Bo Pichon, 77 fr. — Vente Defer-Dumesnil, 85 fr. — Vente A. Hubert, 200 fr. — Vente Gerbeau, 50 fr.

MozART ET SES ENFANTS. Vente Didot, avt t. L, 473 îr.— Vente de Lapeyrie, 92 fr.— Vente A. Hubert, 320 fr. — Vente Kuhnen, 250 marks.

PxiiPpE D'ORLÉANS (par Delafosse). Vente Vignères, 60 fr.

Le Duc ALBERT DE CHEVREUSE. Vente Vignères, à l’eau-f. p,, 23 fr.

FRANKLIN (par D. Née). Vente Didot, 2 épr. avt et avec 1..L,, 57 fr. — Vente Bouvrain, 32 fr. — Vente 21 février 1903, avt 1. L, 50 fr.

curieuse, est un peu pénible et mesquine ; il a laissé toutelois quelques portraits non dénués de tout mérite : le Maréchal de Saxe, d’après Liotard ; Turenne, d’après Ph. de Champaigne ; Stanislas-Auguste, roi de Pologne, d’après Madame Baciarelli; son propre portrait enfin. De Marcenay est beaucoup moins heureux dans les sujets qui demandent de l'élévation et de la grandeur : son Testament d'Eudamidas, d’après Poussin, en est un exemple frappant, et, fait curieux à enregistrer, ce fut l’estampe qui lui tint le plus au cœur ; c’est la plus haut cotée de ses planches, dans les prix qu’il en demandait. Le catalogue de son œuvre comprenant soixanteet-onze planches a été dressé par M. Louis Morand qui a jeté quelque lumière sur cette sympathique figure d’amateur bourguignon.

Parmi les amateurs, le Comte. de Caylus est, avec Pierre-Jean Mariette et l'abbé de Saint-Non, l’un des plus réputés: c'était un amateur doublé d’un homme de science et d’un grand travailleur, et, si Diderot proposa

ironiquement d'écrire l’épitaphe suivante sur son tombeau :

CI-GIT UN ANTIQUAIRE, ACARIATRE ET BRUSQUE AH ! QU’IL EST BIEN LOGÉ DANS CETTE CRUCHE ÉTRUSQUE |

ses contemporains, Mariette au premier rang, surent recon-

naître, pour la plupart, la réelle valeur de ce comte-

L’Œuvre DE MARCENAY. Vente Guichardot, en 315 planches, 1.000 fr. — Vente 17 mars 1910, réunion de 26 portraits, 860 fr.

TURENNE. Vente Vignères, avt t. 1., 11 fr.

PoRTRAIT DE À. DE MARCENAY. Vente Vignères, avtt. 1., 12 fr.

amateur et l'influence qu'il exerça par sa situation, ses recherches et ses travaux. Né à Paris, le 31 octobre 1692, Anne-Claude-Philippe de Thubières, de Grimoard, de Pestels, de Lévi, comte de Caylus, pour l'appeler par tous ses titres, avait débuté dans la carrière des armes ; mais il devait bientôt démissionner pour se livrer à l’étude de l’art antique et moderne, étude qui aboutissait à un Recueil — en sept volumes — d’'Antiquilés égyptiennes, étrusques, grecques el romaines (1752+1767), puis à un autre Recueil de pierres gravées. Pour le premier de ces ouvrages, il s'était assuré la collaboration d’Edme Bouchardon, qu'il chargea de l'exécution des dessins.

L'œuvre gravé de Caylus est copieux : outre les deux considérables ouvrages cités plus haut, il exécuta diverses eaux-fortes isolées, dont Madame Deshoulières testant en faveur de son chat, d’après Coypel, —il collabora aux Figures de différens caractères de Watteau, aux Cris de Paris, de Bouchardon, et copia plusieurs centaines de dessins de maîtres anciens, Michel-Ange, Rembrandt, Titien, Van Dyck, les Carrache, le Guerchin, dont les cuivres sont conservés pour la plupart à la Calcographie du Louvre : tout cela croqué avec beaucoup de facilité, sans prétention et assez dans l’esprit des maîtres traduits.

Le Comte de Caylus qui était apparenté à Madame

Mme DESHOULIÈRES TESTANT EN FAVEUR DE SON CHAT. Vente Gerbeau, 62 fr.

de Maintenon, paraît-il, mourut le 5 septembre 1765.

Comme de Marcenay, Jean-Baptiste Grateloup s’affirme avant tout un graveur, et, plus encorè que son confrère-amateur, 1l a cherché en premier lieu la finesse et la perfection du métier ; J.-B. Grateloup a exécuté par un procédé qu’il disait lui être particulier, et dont il emporta le secret dans la tombe, neuf minuscules portraits qu'il mit six années entières à graver: Bossuel en pied— le Bossuet de Drevet — ; Bossuel en buste; le Cardinal de Polignac, d’après H. Rigaud; Descartes, d’après Frans Hals ; John Dryden, d’après G. Kneller; Adrienne Le Couvreur, dans le rôle de Cornélie, d’après Ch. Coypel, portrait que nous connaissons déjà par la gravure de P.-J. Drevet ; J.-B. Rousseau, d’après Aved ; enfin Féne- Jon, d’après Vivien. « Les portraits-miniatures de Gra- « teloup — ont écrit MM. le Baron Portalis et H. Beraldi

« — sont une des curiosités de la gravure au xvirie siècle.

Les NEUF PORTRAITS DE J.-B: GRATELOUr. Vente Destailleur, 855 fr.— Vente J. Bouillon, 580 fr. — Vente Gerbeau, 3 des portraits en double état, 600 fr. — Vente 17 mars 1910, avec 3 pièces ajoutées de son neveu, J.-P.-S. de Grateloup, 410 fr.

Bossuer en pied (par Grateloup). Vente Didot, 95 fr.— Vente 12 déc. 1904, avt la date, 126 fr. — Vente H. de Roissy, 150 fr.

Le C2 DE PoriGNAC (par Grateloup). Vente Didot, 1* état, 170 fr. — Vente H. de Roissy, 1er état, 150 fr. — Vente 20 déc. 1903, 81 fr.

Descartes. Vente Didot, 45 fr.— Vente 19 mars 1910, 1er état, 41 fr.

DrYDEN. Vente Vignères, 51 îÎr. — Vente 19 mars 1910, avt le nom du peintre, 47 fr.

ADRIENNE LE COUVREUR (par Grateloup). Vente Didot, 1° état, non décrit, 75 fr. ; 1er état, décrit, 195 fr. — Vente 3 avril 1901, 1er état, 101 fr.

J.-B. Rousseau (par Grateloup). Vente Camberlyn, 43 fr. — Vente Didot, 40 fr. — Vente 16 janvier 1894, 71 fr.

FÉNELON (par Grateloup). Vente Camberlyn, 63 fr. — Vente 20 déc. 1903. 2° état, 79 fr.

LVIT.

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