A UT
aunay, d’après Nic. Lavreince.
: Nic. de
L'Heureux MoMEnT
« Mais on doit se garder d’avoir pour eux l’admiration « excessive qu'ils excitent chez quelques amateurs. Si « l’on nous les présente comme des chefs-d’œuvre dignes « d’être placés à côté de ceux signés par Ficquet, nous « sommes fort tentés de protester, mais si l’on nous les « recommande seulement comme un travail intéressant « d’amateur, comme le résultat d’un procédé curieux, « auquel le mystère même dont il est entouré donne un « attrait de plus, alors nous sommes tout prêts à acquiescer « et à constater que ces petites estampes sont étonnantes « de finesse, surtout le Bossuet qui est un véritable tour « de force. » Ce jugement est le nôtre.
Né à Dax en 1735, J.-B. Grateloup mourut en 1817.
Dominique-Vivant de Non, ou Denon, appartient à l'histoire de l’art de deux siècles : à l’art du xvrrre siècle, par les nombreuses eaux-fortes qu'il a gravées et parmi lesquelles se détachent de fringants petits portraits de femmes nous révélant l’homme à bonnes fortunes ; à l’art du xixt, par ses lithographies et sa situation officielle de Directeur des Musées Impériaux. Denon appartient aussi au xvine par nombre de petites fantaisies, des polissonneries même sans conséquence, parce que seulement effleurées, puis par une vignette fort rare et dont on ne connut pendant fort longtemps que trois épreuves : c’est l’image de Madame de Laborde enceinte, se promenant en compagnie d’un petit chien; le goût et la mesure apportés dans la composition de cette vignette
en font une planche gracieuse, alors qu’elle eut pû être
vulgaire et déplacée. C'est une petite pièce ardemment convoitée, et les rares privilégiés ayant le bonheur de la posséder s’empressent de la joindre aux Chansons de Laborde, pour lesquelles Denon avait également dessiné le portrait, dit «à la lyre», de J.-B. de Laborde, son mari. L'une et l’autre de ces planches, sont dues à la collaboration de Née et Masquelier.
Denon a exécuté quelques copies d’après des eauxfortes de Rembrandt, et l’on cite l’anecdote d’un amateur, Seroux d’Agincourt, qui, lui ayant prêté une épreuve de la Mort de la Vierge, de ce maître, ne sût reconnaître l'original de la copie, lorsque Denon les lui présenta ensemble. La légende veut que l’amateur,en signe d’admiration, ait abandonné son épreuve à l'intelligent copiste.
Denon, qui avait été témoin de la découverte par l’abbé Zani, au Cabinet des Estampes de Paris, d’une épreuve d’un nielle alors attribué à Maso Finiguerra — attribution depuis contestée —, en a conservé le souvenir par une petite planche où il a représenté le savant italien examinant une estampe, la loupe à la main. On doit également à la pointe de Denon le portrait de Joly père, conservateur du Cabinet des Estampes, au
moment où la découverte se produisit, puis celui du célè-
Me DE LABORDE ENCEINTE. Vente Vignères, 605 fr. — Vente 28 avril
J.-B. DE LABORDE (dit à la lyre). Vente Vignères, à l’eau-f.p,, 800 fr.; avt 1. 1., 499 fr. — Vente Soulavie, filet de marge, 182 fr.
Joy PÈRE. Vente Vignères, 4 fr. 50. — Vente Destailleur, 18 fr.
bre conventionnel Barère, représenté à la tribune; cette dernière pièce reproduit une œuvre de J.-B. Isabey.
Né à Chalon-sur-Saône, le 4 janvier 1747, mort à Paris, le 27 avril 1825, Denon joua un très beau rôle en 1815, luttant, avec une ténacité au-dessus de tout éloge, contre les Alliés qui voulaient reprendre les œuvres d’art que les conquêtes impériales avaient données au Musée du Louvre; son courage et sa persévérance permirent alors à la France de conserver quelques épaves de ses victoires antérieures, et M. Ch. Saunier, dans les Conquêtes artistiques de la Révolution et de l’Empire, a décrit par le menu les péripéties, et même les dangers, au milieu desquels Denon et son collègue Lavallée durent se débattre, pour leur plus grand honneur.
L'abbé Jean-Claude-Richard Saint-Non est encore une figure fort sympathique ; fils d’un receveur-général, il naquit en 1727 ; il entra dans les ordres minimes, mais plus par respect pour la volonté de son père, que par vocation, et c’est en obéissant au même sentiment, qu'il siégea quelques années au Palais, comme conseiller au Parlement. Dès 1753, l'abbé de Saint-Non s'essaya à l'eau-forte, mais c’est de son voyage en Italie, effectué de 1759 à 1761, que date sa passion pour tout ce qui touche aux arts ; 1l fit d’ailleurs ce voyage dans des conditions exceptionnelles ; il fut, en effet, le compagnon d’Hubert
Robert et de Fragonard, et c’est avec ces deux maîtres
BARÈRE. Vente Didot, avt t. 1., 27 fr.
qu'il parcourut villes, églises, musées et palais. Saint- Non s'était attaché à eux ; ceux-ci le payèrent de retour, et les noms des trois voyageurs restent maintenant inséparables. Au retour d’un second voyage en Italie, l’abbé de Saint-Non publia un Voyage pittoresque à Naples et dans les deux Siciles, ouvrage qui, commencé en 1778, ne fut terminé qu’en 1786, ruinant son auteur qui, pour ces cinq volumes, n’avait rien ménagé de ce qui doit faire d'une œuvre un monument « ære perennius ». Saint-Non mourut quelques années après, le 25 novembre 1791, laissant le souvenir d’un caractère ardent et délicat, d'un homme franc, dévoué et généreux.
Dans le monde des amateurs ayant tenu la pointe, il ne faudrait pas oublier Claude-Henri Watelet, non plus que son amie Marguerite Lecomte, surnommée la « meunière du Moulin-Joli ». Claude-Henri Watelet, né à Paris en 1718, était le fils d’un receveur-général des finances auquel il succéda dans sa charge. Aïmant les arts, au même titre que l’abbé de St-Non ou le Comte de Caylus, il fut moins bien doué qu'eux. Dans les trois cents pièces qu’il a gravées, quelques portraits seulement s’élèvent au-dessus d’une médiocrité banale, grâce encore à la valeur de l'artiste dont il traduisait les dessins : Ch.-Nic. Cochin fils. Citons, parmi ces portraits, ceux de Marguerite Lecomte, du Chevalier de Breteuil, de Lady Hervey, du Comte de Vence. Watelet est aussi l’auteur d’un Poème
sur la Peinture qui lui ouvrit les portes de l’Académie ;
enfin lorsqu'il mourait, en 1786, il laissait inachevé un
Légal "A (VAE