‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 30 sur 81 · AA D · texte numérisé non relu

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Eu TETE

OMAN DANGEREUX : J. S. Helman, d'après Nic. Layreince.

Dictionnaire des Arts de peinture, sculpture et gravure, continué et publié, six ans plus tard, par le graveur P.-Ch. Levesque. Un œuvre de Watelet composé de deux cent soixante-quinze planches parut à la vente du Baron Pichon en 1897; ïl fut adjugé en bloc 150 francs, ce n’était pas cher comme l’on voit.

Marguerite Lecomte, la compagne de Watelet, était la femme d’un procureur : était-elle veuve au moment où Watelet la connut, ou bien séparée à l’amiable ? Nous l’ignorons. L’on ignore aussi jusqu’à ses dates de naissance et de décès ; elle survécut toutefois à son ami, et mourut vers 1795. Le profil de Marguerite Lecomte nous est connu : non seulement Watelet le grava, mais aussi Lempereur d’après un dessin de Watelet. Watelet s’est enfin gravé d’après un dessin de Cochin fils.

La liste des amateurs serait incomplète si nous omettions de parler du plus célèbre d’entr'eux, Pierre-Jean Mariette, à la fois l’un des plus érudits parmi les curieux, et l’un des plus savants entre les historiographes de l’art ; non pas que le célèbre annotateur de l’Abecedario d'Orlandi, tienne une place imposante par ses gravures personnelles, mais la science et le goût qui président à

ses écrits, plus d’une fois pillés avant leur publication

PorTRAIT DE MARGUERITE LECOMTE (par Watelet). Vente Vignères avt LI., 41 fr.

PORTRAIT DE MARGUERITE LECOMTE (par Lempereur). Vente Vignères, 20 fr. — Vente Soulavie, 19 fr.

PorTRAIT DE WATELET. Vente Vignères, 15 fr.

et consultés avec fruit depuis, lui assignent une place toute particulière.

Né à Paris, rue St-Jacques, le 7 mai 1694, P.-J. Mariette était petit-fils de Pierre et fils de Jean Mariette, marchands d’estampes, à l’enseigne des Colonnes d’'Hercule. Après un voyage en Allemagne, puis en Italie, P.-J. Mariette qui s'était créé de nombreuses et solides relations parmi les curieux de ces deux pays, avec lesquels il demeura en constante correspondance, revint à Paris; il vécut retiré, mais en conservant des amitiés d'artistes, tels que Le Moine, Boucher, Cochin, ou d'amateurs, comme Crozat et Caylus ; ce fut une personnalité modeste et une influence considérable à la fois, écrivait Alfred Sensier : il n’est pas jusqu’à l’aimable pastelliste italienne, Rosalba Carriera, qui ne trahit son admiration pour Mariette dans une lettre qu’elle lui adressait un jour, alors qu'elle était devenue aveugle — « Cependant je vous demanderai « une grâce nouvelle; ce sera celle de me donner les moyens « de correspondre, au moins en quelque chose avec vous ; « votre beau génie fait honneur à votre nation ; c’est une « vérité que je ne cesserai de publier ainsi que l’excellence « de votre mérite. » On ne saurait désirer de plus bel et de plus doux éloge.

À propos de l’Abecedario, MM. le Baron Portalis et H. Beraldi, ont écrit : « Dès longtemps Mariette avait « été frappé des lacunes, des erreurs et omissions du livre « du P. Orlandi sur les artistes : Abecedario pittorico.

« Ayant fait interfolier son exemplaire, il consignait

« au jour le jour ses observations, redressant les erreurs, « dépouillant les correspondances d’artistes, les extraits « des comptes des bâtiments royaux, notant ses souve- « nirs personnels. Le savant amateur avait fait de ce « travail de toute sa vie un inappréciable monument « d'histoire artistique, véritable mine où puisent tous « ceux qui écrivent sur l’art depuis cent ans, et qui n’a « été imprimé intégralement qu'il y a quelques années, « par la Société des Archives de l’Art français. C’est là « qu’on peut suivre, avec la progression constante de sa « remarquable collection, les diverses pérégrinations des « plus beaux tableaux, des plus précieux dessins, qu’on « peut trouver les renseignements les plus précis et tou- « jours marqués au coin de la plus scrupuleuse exac- « titude sur les artistes, leur famille, leurs travaux, « des anecdotes même, enfin tout ce qui peut éclairer « l'histoire de l'Art. »

P.-J. Mariette mourut le 10 septembre 1774. La vente de ses collections, que le Cabinet des Estampes tenta d'acquérir, mais sans succès, faute d'argent, eut lieu en 1775 et en 1776 ; elle produisit la somme de 350.000 livres.

Augustin de Saint-Aubin, a gravé un portrait de P.-J. Mariette, d’après un dessin de Cochin fils.

La rue St-Jacques, où naquit et vécut P.-J. Mariette,

PORTRAIT DE P.-J. MARIETTE. Vente Vignères, à l’eau-f. p., 45 fr. ; état ordinaire, 11 fr,

était, au xvirie siècle, la voie privilégiée des graveurs et des marchands d’estampes ; de son point d’origine, la Seine, à son point terminus, la porte St-Jacques qui n'existe plus, elle était tout du long habitée par nombre d’entre eux. Dès l'entrée, l’on trouvait sur ses pas, à l’entour de l’église St-Séverin, Mondhare et Bertrand ; quelques maisons plus haut, au coin ou vis-à-vis la rue de la Parcheminerie, J. Daullé, L.-M. Bonnet, Crepy, Madame Breton, puis, échelonnés sur tout son parcours, Bradel, « Au nom de Jésus », J.-J. Flipart, « A l’Encre », Desrochers, puis Marie-Anne Horthemels, « Au Mecenas », Rochefort, « Au Palmier », Esnauts et Rapilly, « A la Ville de Coutances » ou « A la Croix de Lorraine », Huquier, « Aux Armes d'Angleterre », Jeaurat, « Au Livre d'Or», Danizy, « Au Chinois », L.-S. Lempereur, « Âudessus du petit Marché », Dupin, « Au Cœur bon », et vingt ou trente autres encore.

Après cet hommage rendu aux amateurs, reprenons la route un instant abandonnée : nous allons nous trouver en présence de maîtres ou d'artistes qui évoluent dans les vingt dernières années du siècle et qui appartiennent pour quelques-uns également au xix® siècle ; les maîtres ou les artistes auxquels nous faisons allusion sont David, Taunay, Boilly, Prudhon, Carle Vernet, Swebach-Desfontaines, parmi les peintres ; J.-G. Wille, Duplessi-Bertaux, Bervic, Boissieu, Maurice Blot, Boucher-Desnoyers, parmi les graveurs.

Jacques-Louis David marque l’un des grands noms

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