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Koœænigsberg, le 5 novembre 1715, Wille arrivait à Paris dès l’année 1736 ; d'emblée, il se rendit chez Nicolas de Largillierre qui l’accueillit avec bienveillance ; il entra ensuite chez Daullé pour apprendre la gravure et, tout en se perfectionnant dans cet art, il gravait au plus fort rabais, pour vivre, des portraits pour Michel Odieuvre. Encouragé par son compatriote G.-F. Schmidt, à Paris depuis un certain nombre d’années, Wille tentait de graver de plus importantes planches qui, exécutées avec habileté, le firent rapidement connaître, comme les portraits de Marguerite de Largillierre, fille du peintre, du Maréchal de Belle-Isle, du Maréchal de Saxe, de Phelipeaux comte de St-Florentin, datés respectivement de 1738, de 1743, de 1745 et de 1751. J.-G. Wille n’avait donc que vingt-trois ans lorsqu'il grava le portrait de la fille de Largillierre : on constate par cette gravure, la connaissance du métier qu’il avait déjà, quoique encore fort jeune.
Fortement épris des petits-maîtres hollandais, J.-G. Wille consacra plus volontiers son burin à reproduire . leurs œuvres : sa préférence marquée pour le talent propret de Gérard Dow le poussa même à traiter avec la
même froideur des artistes d’un tempérament plus vibrant,
MARGUERITE DE LARGILLIÈRE. Vente Didot, 15 fr.
Le MARÉCHAL DE BELLE-Ise. Vente Didot, 20 fr.
MAURICE DE SAxE. Vente Didot, avt t. 1., 460 fr.— Vente Destailleur, 2} 1{r.
PxezyPpEAux. Vente Didot, état non décrit par Le Blanc, 1.300 fr.— Vente Destailleur, 30 fr. — Vente A. Hubert, 80 îr,
comme Adrien Van Ostade par exemple. En tout cas, ses planches d’après les Hollandais constituent la caractéristique de son œuvre,et en voici la liste : la Ménagère hollandaise, dans sa cuisine, récurant un chaudron placé sur une table, la Dévideuse, la Liseuse, la Tante de G. Dow, d’après Gérard Dow, la Cuisinière hollandaise, tenant une broche, d’après G. Metzu, l’Observateur distrait — un jeune garçon occupé à souffler des bulles de savon, s’est interrompu un instant de son passe-temps pour regarder le spectateur —, d’après Mieris, le Petit physicien, tenant d’une main une coquille, et, de l’autre un chalumeau, regarde une bulle de savon qui s’élève, d’après G. Netscher ; d’après A. van Ostade, les Deux bons amis, assis à une table; d’après G. Schalcken, le Concert de famille; enfin d’après Terburg, l’Instruction paternelle et la Gazettière hollandaise.
Ce que nous venons de citer de Wille est le meilleur de son œuvre, encore qu'il y étale avec complaisance un métier ennuyeux à l'excès, composé de toutes les recettes connues ; mais, où le désagrément de ses tailles calligraphiques, croisées, pointillées, striées, se fait encore plus vivement sentir, c'est dans la Mort de Marc-Antoine, de Pompeo Battoni, dans le Philosophe du temps passé, de Wille fils : rien alors ne rachète l’indiscrétion du métier,
et l’on reste un peu surpris de la vogue prodigieuse du
La DéÉvipeuse. Vente Destailleur, 49 fr.
Le CoNcERT DE FAMILLE. Vente Debois, 600 fr.
La MorT DE MARC-ANTOINE. Vente Camberlyn, av! 1. 1., 15 fr.
graveur qui fut jadis si populaire avec sa Bonne Femme de Normandie. A la vente de Verstolk de Sœælen, en 1847, un état de sa Mort de Cléopâtre, d’après Netscher, atteignit 475 florins, soit près de mille francs et une épreuve avant la lettre et avant les armes de son Instruction paternelle, 600 florins ou environ quinze cents francs!
Wille, qui mourut à Paris le 5 avril 1808, avait été reçu académicien en 1761; son journal nous le révèle comme amateur, suivant toutes les ventes où il acquérait des œuvres d’art, non seulement pour lui, mais pour des amateurs étrangers, d'Allemagne surtout. Wille eut de nombreux élèves, parmi lesquels, l’un d'eux s’est tout particulièrement distingué, Bervic.
Jean-Guillaume Balvay, dit Bervic, a recherché, comme son maître, la correction de la facture, la pureté dela ligne, mais, quoique servi aussi par une habileté extraordinaire, il a apporté un sentiment plus artistique dans ses gravures ; et, s’il tenta un jour un tour de force dans son Laocoon, il le regretta dans la suite. Né à Paris, le 23 mai 1756, Bervic gravait, en 1780 et en 1783, les portraits du Comte de Vergennes, d'après son propre dessin, et de G. Sénac de Meilhan, d’après J.-S. Duplessis. En 1808, Bervic était nommé membre de l’Institut, puis en 1819,
il recevait une des cinq croix de la Légion d'honneur
Laocoon. Vente J. Bouillon, av 1. 1., 20 fr.
Le Cte pe VERGENNES. Vente Didot, 1er et 2e états, 14 fr. — Vente 3 avril 1901, avt IL. 1., 46 fr.
SÉNAC DE MEILHAN. Vente de Lapeyrie, avt t. 1.,22 fr.—Vente L. Mar, avt 1, 1, 20 fr. — Vente Soulavie, 20 fr.
réservées aux graveurs. Sa réputation, d’ailleurs motivée par la science qu’il déployait, sous une technique un peu rigide, s'était étendue à l'étranger, et Berlin, Vienne, Copenhague, St-Pétersbourg, Amsterdam, l’admirent au sein de leurs académies.
Parmi les gravures de Bervic appartenant au xvirié siècle, citons le Repos — un vieillard assis auprès d'un enfant endormi —, d’après N.-B. Lépicié; l'Education d'Achille par le centaure Chiron, d’après Regnault (1798), et surtout le portrait de Louis XVI, en pied, debout, en manteau royal, d’après Callet. On conte, au sujet de cette dernière planche, que Bervic, craignant d’être compromis pour avoir chez lui l'effigie du Roi, avait coupé son cuivre en plusieurs morceaux et que, les temps troublés passés, il avait trouvé le moyen de raccorder les morceaux et d’en tirer de nouvelles épreuves ; ces épreuves se rencontrent parfois dansles ventes ou bien chez les marchands d’estampes.
Maurice Blot et Bouchet-Desnoyers, le second surtout, ont peu gravé au xvie siècle; de Maurice Blot (1753+1818), graveur triste, se rapprochant plus de Beauvarlet que de Saint-Aubin, son maître, nous avons rappelé, dans les œuvres de Madame Vigée-Lebrun et de Fragonard, ses planches les plus connues ; mentionnons
en dernier lieu, ses deux estampes d’après Aubry, la Bonté
Louis XVI. Vente Camberlyn, avt 1. 1., 100 fr.— Vente Didot, 17fr.— Vente 20 déc. 1909, épr. de la pl. raccordée, 13 fr.