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maternelle et l'Occupation du ménage ; quant à Boucher- Desnoyers (1779+1857), toutes ses belles planches ont été exécutées au siècle suivant. Au xvrrre siècle, il n’a guère gravé que cinq ou six planches au pointillé, procédé qu'il devait bien vite abandonner pour le burin: parmi ses productions d'ordre très secondaire, citons les Délices de l'Amour et Vénus désarmant l'Amour, deux planches d’après Robert Lefebvre, la première gravée en 1796, la seconde en 1799.
Avec Duplessi-Bertaux et Jean-Jacques de Boissieu, nous quittons la gravure au burin pour l’eau-forte. Joseph Duplessi-Bertaux, qui s'était fait appeler le « Callot de son temps », était né à Paris en 1747; on ignore la date exacte de sa mort, placée par quelques iconographes en 1813 ; mais il faut certainement reculer cette date jusqu’en 1817 ou 1818, puisque cet artiste grava l’Entrée de Louis XVIII à Paris et la Duchesse d'Angoulême visitant les casernes de Paris, cette dernière planche datée de 1816. Elève de J.-M. Vien et de J.-Ph. Le Bas, Duplessi-Bertaux avait attiré l'attention sur lui par sa facilité à grouper et à graver de petits personnages d’une pointe nette mais assez incisive, et en 1770, sur la recommandation probable du Marquis de Marigny qui Le protégeait, il était nommé professeur de dessin à l'Ecole Militaire. En 1789, Duplessi-Bertaux embrassa avec ardeur les idées nouvelles et fut mêlé plus d’une fois aux scènes
dont il retraça, avec la pointe, les principaux épisodes ;
ces petites eaux-fortes, en forme de frise, surmontées
de portraits gravés à la manière du lavis, par Levachez, sont l’un de ses meilleurs ouvrages ; il s’y montre vif, alerte et spirituel, mais il n’y est guère émouvant.
Les bibliophiles recherchent avec passion ses jolies petites vignettes pour le Recueil des Meilleurs contes en vers — Londres (Paris, Cazin, 1778) — plus connu sous le nom de : Petits Conteurs. Cette illustration forme, avec les scènes de la Révolution, la partie la plus spirituelle de son œuvre.
Quelques-unes de ses compositions ont été gravées : on rencontre assez souvent les deux planches suivantes, gravées par J.-S. Helman : le Charlatan Français et son pendant, le Charlatan Allemand.
Duplessi-Bertaux a eu au moins la chance posthume de rester populaire. Il n’en est pas de même de son contemporain, Jean-Jacques de Boissieu.
Qui, exception faite de quelques amateurs bien clairsemés et de quelques artistes, pense à cet artiste actuellement ? Boissieu eut cependant, son heure de célébrité, voire même ses fanatiques. Des collectionneurs d’autrefois, comme Rigal, Van den Zande, Guichardot, avaient en effet non seulement tenu à rassembler l’œuvre de cet artiste, mais ils poussèrent leur admiration jusqu’à vouloir posséder toutes ses eaux-fortes dans la totalité de leurs états. Guichardot, le plus enthousiaste de tous,
avait réuni deux œuvres fort précieux de J.-J. de Bois-
Le CHARLATAN FRANÇAIS. Vente Destailleur, avt la déd., 36 fr. Le CHARLATAN FRANÇAIS et le CHARLATAN ALLEMAND. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 285 fr. ; avt la déd., 90 fr.
JMENADE DES REMPARTS DE PARIS : P. F. Courtors, d'après Aug. de Saint-Aubin.
sieu, qui figurèrent à sa vente posthume : l’un, composé de douze cent cinq épreuves exactement, fut adjugé 15.600 francs ; le second, qui renfermait quatre cent cinquante-sept pièces, atteignit la somme de 6.700 francs. Maintenant le beau temps des « Boissieu » est passé. Ce n’est plus un artiste «collectionné ».On feint de l’ignorer.Son talent honnête, mais froid, ne correspond plus aux idées actuelles sur l’art. Ajoutons que, dans ses meilleures eaux-fortes, de Boissieu montre un esprit et un sens de l'effet qui lui sont bien personnels, comme dans les Petits Tonneliers, la Fête champêtre, l’Ecrivain public, des paysages d'Italie ou des environs de Lyon, des têles de vieillards. Boissieu s’est gravé lui-même, tenant une estampe : au premier état, c’est le portrait de sa femme qui se silhouette sur l’image ; ce portrait, ensuite effacé, a été remplacé par un paysage quelconque.
Les eaux-fortes de J.-J. de Boissieu qui ont subi de nombreux tirages — 1l existe des épreuves récentes de ses planches — ont été, pour un certain nombre, copiées. Né à Lyon en 1736, J.-J. de Boissieu, qui avait reçu des conseils de Lombard et de Frontier, mourut en 1810. Boissieu qui s'apparente aux petits-maîtres hollandais, inspirera plus tard Eugène Bléry ; la chaîne des arts, comme on le voit, ne s’interrompt jamais en dépit de ses
fluctuations souvent plus apparentes que réelles.
Les Perirs TOoNNELIERS. Vente Camberlyn, 5 fr.
L’EcrIvVAIN PuBLiC. Vente Camberlyn, état, 47 fr.
BoissIEu, par lui-même. Vente Camberlyn, état avec le portr., 15 fr. — Vente Vignères, 2 états, 42 fr.