PL. LXXIX
Mne Vicér-LEBRUN : J. G. Muller, d'après M” Vigee-Lebrun.
le Cabinet d’un Peintre, où l’artiste se trouve entouré de sa famille ; les Adieux de Calas à sa famille, 1767 (le 1e tirage porte : Je meurs! victime...), Frédéric IT rendant visite au Général Ziethen, Frédéric Il passant une revue, les Effets de la sensibilité sur les quatre tempéraments, enfin et surtout nombre de fines vignettes pour les Almanachs de Berlin, de Gotha, de Goettingue, de Lauenbourg, dans lesquels il représente diverses scènes de Don Quichotte, de Roland furieux, de Macbeth, des Fables de Gellert, des Idyles de Gessner, de la Henriade de Voltaire, de la Nouvelle Héloïse, de Tristam Shandy, du Mariage de Figaro, etc. Parmi les quelques portraits gravés par Chodowiecki, figurent ceux de Frédéric IT et de Frédérique-Sophie-Wilhelmine de Prusse, des peintres C.-W.-E. Dietrich et Weitsch, du médecin Bruckman. De nombreuses collections de l’œuvre de Chodowiecki existent en Allemagne, mais, en France, on rencontre peu ses œuvres.
Deux artistes ont porté le nom patronymique de Ridinger : Johann-Elias Ridinger, le père, de beaucoup le
plus connu et le plus apprécié, et Johann-Jakob, son fils.
Le CABINET D'UN PEINTRE. Vente H. de Roissy, 38 fr. — Vente Mailand, 31 fr.
Les ADIEUX DE CALAS A SA FAMILLE et les EFFETS DE LA SENSIBILITÉ, Vente Soulavie, 17 fr. » FRÉDÉRIC II PASSANT UNE REVUE. Vente Bouvrain, 36 fr. © FRÉDÉRIQUE-SOPHIE- WILHELMINE. Vente Hochart, 5 fr. 50. — Vente Didot, 2 épreuves, 20 fr.
P£RYAITE ,;ET; EXACTE REPRÉSENTATION DES DIVERTISSEMENS DE GRANDS SEIGNEURS. Vente 5 nov. 1909, 34 planches (sur 36), 160 fr,
Né à Ulm en 1698, mort à Augsbourg en 1767, J.-E. Ridinger a gravé un millier de pièces, en majorité relatives aux mœurs des animaux qu’il a étudiés avec une patience peu commune dans leurs moindres mouvements et dans leurs milieux les plus inaccessibles ; publiées presque toujours sous forme d’albums, ces planches sont recherchées ; et, pour montrer le soin avec lequel Ridinger présentait ses intéressantes publications, nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que de donner la copie de la notice qui précède l’un de ses albums, notice dont nous respectons,
pour plus de saveur, la capricieuse orthographe :
PERFAITE ET EXACTE REPRESENTATION DES DIVERTISSEMENS DE GRANDS SEIGNEURS OÙ PARFAITE DESCRIPTION DES CHASSES DE TOUTES FORTES DES BÊTES SELON LES DIVERSES MANIÈRES DES CHASSES, DE LA NATURE DES BÊTES, POUR LES AMANTEURS DE CE NOBLE EXERCICE, LES PROPRES TERMES DE LA VENERIE, DONT ON SE SERT PARMI LES CHASSEURS D'UN CHAQUE PAÏS PREMIÈRE PARTIE.
INVENTÉE, GRAVÉE ET A TROUVER CHEZ JEAN ELIAS RIDINGER, PEINTRE A AUGSBOURG. AN 1729 AU ELECTEUR.
On vous représente ici, mon cher Lecteur, quelques pièces en taille-douce non seulement pour Vous divertir; mais encore pour en profiter. Vous verrez ici de peint diverses manières à chasser, les propres Termes de la Vénerie. On représente la nature de toutes fortes de Bêtes, et cela en peu de mots. Les Cavaliers aussi bien que les chasseurs habiles y trouveront beaucoup de chose à leurs contentement. Il est vrai, que dans cette première partie on n’a rien representé, que la Chasse du cerf ; pour une
preuve, si se trouveront des Amanteurs, l’Auteurs ne manquera pas d’en continuer en peu de tems et si courte qu’il sera possible. On aura soin à dépeindre les Chasses des autres Bêtes pour donner contentement. Et comme j'ai résolu, a pres que l’ouvrage sera achevée, de faire une Catalogue exacte, j'ai mis les nombres de chaque feuille, pour le rangement selon le plaisir du Lecteur. Enfin, je tacherai de contenter les Lecteurs en leurs representans une parfaite idée de tous les manières des Chasses, des diverses Bêtes, des leurs natures, ruses et voyes, et de tout ce qui sera nécessaire à savoir pour un Chasseur habile. Au reste, je me flate de l'espérance que cette ouvrage sera bien receu de Vous, mon cher Lecteur, et come je ne doute point, que Vous n’y trouverès bien de choses à Votre gout, je m'engage de vous donner de plus en plus un Contentement parfait. Vous priant en meme tems de me conservet toujours l’honneur de Votre bienveillance qui demeure toujours pret sortes de services
Avec Priv. de Sa Maj. Impér.
Citons encore de J.-E. Ridinger : Betrachtung der Wilden Thiere ! série de 40 planches publiée en 1740; les Animaux qu'on chasse à courre et leurs voies; les Cerfs et autres animaux curieux, série de 100 planches ; le Manège; les Fonclions des chasseurs et des fauconniers, 26 planches ; Juste el exacle représentalion des quelques cerfs monstrueux et autres animaux merveilleux chassés….., série de 100 planches éditée en 1768. La nomenclature de ces quelques suites suffit amplement pour donner la caractéristique de l’œuvre gravé de Jean-Elias Ridinger.Ajoutons qu'on les rencontre
assez difficilement complètes.
BETRACHTUNG DER WiILDEN THIERE. Vente 5 nov. 1909, 300 fr.
Les CERFS ET AUTRES ANIMAUX CURIEUX. Vente 5 nov. 1909, 82 planches (sur 100), 400 fr.
Les FONCTIONS DES CHASSEURS ET DES FAUCONNIERS. Vente 4 nov. 1902, 21 pl. (sur 24), 40 fr.
JUSTE ET EXACTE REPRÉSENTATION DES QUELQUES ÜCERFS MONS- TRUEUX. Vente 4 nov. 1902, 93 planches (sur 100), 145 fr.
Parmi les autres peintres ou dessinateurs allemands ayant gravé eux-mêmes, il convient de citer un artiste habile, Christian-Wilhelm-Ernst Dietrich — dit Dietricy — né à Weimar en 1712, mort à Dresde en 1774, mais qui eut le tort de plus ressembler à Rembrandt, à Ostade, à Everdingen et à Salvator Rosa qu'à. Dietrich : autrement, il ne manquait ni de facilité, ni d'invention. Son œuvre personnel comprend une centaine d’eaux-fortes. Jean-Georges Wille a gravé trois de ses peintures : Agar renvoyée par Abraham, les Musiciens ambulants et les Offres réciproques.
Nous mentionnerons les Rugendas, nom qui fut porté par cinq graveurs : Georg-Philipps, né à Augsbourg en 1666, mort en 1742 ; Georg-Philipps le jeune, né en 1701, mort en 1771; J.-Christian, né en 1706, mort en 1781 ; Johann-Lorenz, né en 1775, mort en 1826; enfin Jérémias-Gottlob, mort en 1772. Nous ne trouvons rien de saillant dans leurs productions, pas plus d’ailleurs que des graveurs de profession dont nous allons donner une liste succinte.
Wille, nous l'avons déjà dit, n'appartient qu’en partie à son pays d’origine. Il en est de même de Georges-Frederic Schmidt auquel on doit quelques beaux
portraits dont celui bien connu de Pierre Mignard d’a-
L'Œuvre DE DrerricH. Vente Guichardot, 70 pièces, 205 fr. Le CHARLATAN (de Dietrich). Vente Guichardot, 1er état, 46 fr. AGAR RENVOYÉE PAR ABRAHAM. Vente J. Bouillon, avt 1. 1., 20 fr. PrerRE MiGNarD. Vente 17 mars 1910, 205 fr.
Pr AEXXXxe
Femme ad oree, et bientot tendre Mere Reçois roi l'hommage qui telt du :
L'Ipoux que (ü choifs lors-qu'il cut tout perdu
Retrouve tout, pulqu'il a feu te plaire .
Mu DE LABORDE ENCEINTE : Nee et Masquelter, d’après D. V. Denon,
près la peinture de H. Rigaud, qu’il fautposséder, pour avoir une belle épreuve, avant l’astérique placé dans le milieu de la marge intérieure.
La famille de Preissler, bien qu'ayant pris contact avec la France, doit être classée dans l’Ecole allemande ; des quatre membres de cette famille, le plus célèbre est Johann Martin (1715 +1794), auteur de quelques honorables portraits : Frédéric V de Danemark et Louise, princesse d'Angleterre, sa femme, d’après C.-G. Pilo ; le Cardinal de Bouillon, d’après H. Rigaud.
Parmi les familles ayant fourni plusieurs graveurs, figurent les Haïd et les Bodenehr ; les Haïd, graveurs en manière-noire et éditeurs, ont énormément produit, mais nous n’étonnerons personne en disant que leurs gravures sont fort médiocres ainsi que celles émanant des Bodenehr. Des Haïd, le plus connu est Johann-Jakob (1710+1767) qui, outre de nombreux portraits, a copié diverses estampes françaises ; nous les avons notées au cours d’un des chapitres précédents.
Au milieu de tant de graveurs sans caractère particulier, se distingue cependant Adam von Bartsch, non que son œuvre de graveur soit particulièrement attrayant, loin de là, mais ce modeste graveur a attaché son nom à l’un des ouvrages les plus considérables qui aient été écrits sur la gravure, et l’on consulte encore aujourd’hui avec fruit les vingt-et-un volumes de son Peintre-Graveur. Né à Vienne en 1757, mort en 1821, Adam Bartsch, qui
avait été nommé Premier Garde de la Bibliothèque de
Vienne, conçut alors le projet de comprendre, dans un ouvrage d'ensemble, le catalogue raisonné des peintresgraveurs des xv® au xviie siècles ; 1l s'était essayé précédemment par des monographies de Guido Reni (1795), Rembrandt (1797) et Lucas de Leyde (1798) ; enfin, en 1803 paraissait le premier tome du Peintre-Graveur, continué jusqu’en l’année même de sa mort — 1821 —. En dehors des estampes que renfermaient la Bibliothèque de Vienne et les collections publiques ou particulières, Adam Bartsch eut, pour s’aider dans son formidable labeur, les innombrables notes, alors inédites, de Pierre-Jean Mariette, qui lui furent d’une grande utilité.
A la vente Verstolk de Soelen, en 1847 « l’œuvre intéressante d'Adam Bartsch, contenant une très grande « quantité de sujets différents, tant d’après des Maîtres « anciens qu'origénaux (sic) gravés à l’eau-forte d’une « exécution admirable, avec une quantité de premières « épreuves, variantes et doublures, en deux portefeuilles » s’adjugeait 77 florins.
Nous ne voudrions pas terminer ces quelques pages sur l’état de la gravure allemande pendant le xvine siècle sans mentionner Johann-Esaïas Nilson (1721+1788) qui a dessiné et gravé de nombreux portraits et des scènes de genre, agrémentés de cartouches le plus souvent inspirés des nôtres, mais adaptés à l’allemande, non plus que le poëte Salomon Gessner (1730-1788) lequel a illustré lui-
même ses œuvres : paysages idylliques exécutés sinon avec
beaucoup d'originalité, du moins avec une conscience
extrême :il existe de lui un recueil en deux volumes in-folio sous le titre de « Œuvre gravé de Salomon Gessner », contenant 336 sujets tirés sur 166 planches et qui n’aurait, suivant le Manuel de Brunet, été tiré qu’à 25 exemplaires par les soins de sa famille.
Pour terminer, citons enfin J.-F. Bause (1738 + 1814), Daniel Berger (1744+1824) et Jakob Adam (1748 + 1808), auteurs de nombreux portraits.
Si au xviie siècle, l'Ecole Italienne ne peut, comme l'Allemagne, la Hollande, l'Espagne, la Russie, se réclamer que de quelques artistes, du moins ceux-ci peuventils prétendre au rang de maîtres.
En effet, l'Italie ne possède-t-elle pas, presque dans le même temps, ces trois peintres-graveurs exceptionneilement doués : Tiepolo, Canaletto, Piranesi !
Parmi les graveurs de profession même, ne peut-elle pas se réclamer de burinistes pour le moins habiles, comme Strange, Morghen, Longhi, Pitteri ; nous oublions volontairement le florentin Bartolozzi, devenu anglais.
Gio-Battista Tiepolo, surnommé quelquefois « Il Tiepoletto », peintre de ta lumière, décorateur ingénieux, a aussi gravé à l’eau-forte ; son œuvre, composé de trentecinq planches exécutées avec infiniment de brio, de pitto-
resque et de légèreté, en plus que de science, lui assignent
L’Œuvre DE Trepozo. Vente Guichardot, 38 pièces, 102 fr. — Vente Mailand, 28 pièces, 100 fr.
SCHERZI DI FANTASIA. Vente 11 nov. 1907, planches 14 et 28, 37 îr. — Vente 5 mars 1909, planches 4 et 9, 1er état, 116 fr. ; planche 19, 55 îr. — Vente 20 déc. 1909, planche 16, 1°r état, 52 fr.
une place d'honneur dans l’estampe originale de tous les temps. Elles ne sont cependant pas populaires, mais goûtées seulement d’un petit nombre, par les artistes plus particulièrement. Parmi les planches de son œuvre, nous citerons d’abord son eau-forte capitale : l’Adoration des Rois, puis la série des Scherzi di fantasia — en 23 planches — supérieure, dans son ensemble, à notre avis, à la suite de dix eaux-fortes plus connues et plus répandues, des Varit Cappricj. En tout cas, toutes les estampes de Gio- Battista Tiepolo se recommandent par le même piment et la même saveur; elles sont exécutées avec l’essentiel de travail, laissant jouer à la lumière son rôle important.
Gio-Domenico Tiepolo et Lorenzo Tiepolo, ses fils, se sont à tel point imprégnés de ses principes et de sa facture très personnelle,qu’au premier abord, leurs planches peuvent être confondues avec celles de Gio-Battista, dont elles reproduisent d’ailleurs le plus souvent, sinon toujours, les compositions décoratives. Cependant, à l’examen le plus sommaire, l’on sent chez eux moins de liberté et de souplesse, chez Lorenzo surtout, dont la pointe est un peu dure et sèche, quoique plus brillante et offrant plusde contrastedans l'effet.
Quant aux eaux-fortes d’Antonio Canaletto, elles sont encore trop ignorées ; est-ce rareté, est-ce dédain ? Un. peu l’un, beaucoup l’autre. Et cependant que de talent et de charme répandus dans ses planches presque toutes inspirées par l’enchanteresse Venise !
Varir CAPrricJ.Vente 5 mars 1909, 7 planches (sur 10), 42 fr. —Vente 11 mars 1910, la série complète, 62 fr.
DU