‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 34 sur 119 · MANUSCRITS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS

Il ne sera pas hors de propos de mentionner qu'il existe plus de vingt manuscrits de la Bible des Pauvres, avec ou sans dessins, dont les plus anciens remontent aux xii'-xiii* siècles, et dont l'un, du xiv* siècle, avec trente-huit dessins, est conservé à notre Bibliothèque nationale; c'est le même que celui qui était jadis à Wolfenbuttel et que Heinecken a décrit (pp. 329-333). Le manuscrit du xiv* siècle, qui se trouve à l'église Saint-Florian à Vienne, a été publié par A. Camesina et G. Heider (Wicn, 1863; grand in 8, avec 31 pl.); celui de la bibliothèque du lycée de Constance, écrit vers 1300, a été mis au jour par Laib et Schwarz (Zurich 1807; petit in-folio, avec 18 grav. sur 9 pl.). Celui qui faisait partie de la collection do M. Weigel, composé de 21 feuilles de vélin, contenant quarante-huit tableaux et exécuté entre 1 iOO et 1190, a été vendu 2,325 francs.

Il est indubitable que c'est à cette source que s'inspirèrent les artistes auxquels nous devons les éditions xylographiques de ce livre.

Les sujets isolés avaient aussi été peints antérieurement ou postérieurement, soit sur les murs des églises, soit dans des évangéliaires, niaise»; qui est surtout digne d'attention, c'est que l'ensemble des sujets correspondant à peu près à ceux de la Bible des Pataues sont représentés sur un devant d'autel en cuivre gravé et niellé d'émail, conservé dans une chapelle de l'église de Klostcrneubourg, près Vienne, œuvre de Nicolas de Verdun, datée de 1181 *. Cette garniture d'autel semble avoir servi de modèle pendant tout le moyen âge.

I. Voir la reproduction eu chromolithographie publiée par J. Arueth el A. Caraesin» : Da* Sittlu- Antifxndium za Ktottcmeuburg (Wien, 18H; gr. in-fol.).

HTSTORIA SANGTI JOHAXMS EVANGELISTMî, EJUSQUE VI810NEB

APOCALYPTIC.ii.

Cet ouvrage passe pour être la plus ancienne production xylographique, ce qui est loin d'être établi d'une manière irréfutable. Son origine est également controversée, et des discussions à cet égard peuvent durer à l'infini, aucune des six éditions connues de ce livre ne portant nulle indication de dessinateur, de graveur ou d'imprimeur.

L'ouvrage de Heinecken, qu'il faut toujours prendre pour point de départ, porte Y Apocalypse à l'actif de l'école allemande, sans plus de précision et mémo sans appuyer cetto opinion d'aucun considérant. Passavant se range à son avis, en disant que cette œuvre appartient « incontestablement » à la haute Allemagne. « On peut le prouver, dit-il, par le style artistique et par les proportions très courtes des figures qui ne s'harmonisent nullement avçc le style et la manière de Van Eyck et de son école qui régnaient exclusivement à cette époque dans tous les Pays-Bas, mais qui est exactement conforme au style artistique du temps dans la haute Allemagne, et bien plus encore par lo coloris des plus anciennes éditions 1 de l'ouvrage, exécuté avec un certain pourpre violet et vert clair, qui, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, est une particularité distinctive des écoles de la haute Allemagne et qui n'a jamais été retrouvée dans celle dos Pays-Bas. Il faut ajouter à cela un autre indice remarquable, c'est que le texte manuscrit qui accompagne plusieurs exemplaires de Y Apocalypse est toujours dans le dialecte de la haute Allemagne, mais jamais dans celui des Pays-Bas. »

En ce qui concerne ce dernier point, il est à noter que ces textes manuscrits n'ont été constatés que dans des exemplaires de la première et de la deuxième édition de Heinecken, dont l'antériorité sur les autres ne semble pas aujourd'hui pouvoir être admise. Au surplus, s'il fallait

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