OU-dire de celles que Heinecken coosi-lère comme telle
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adopter l'opinion de Passavant tant au sujet de l'origine allemande de cette œuvre, qu'à l'égard de son ancienneté {«il est également erroné, dit-il, de considérer le plus ancien livre reconnu de ces gravures sur bois, l'Apocalypse, comme d'origine hollandaise »)> on serait obligé de conclure que c'est en Allemagne et non dans les Pays-Bas qu'a été inventée l'impression tabellaire, thèse qui n'a guère la chance de pouvoir être défendue victorieusement.
Sothcby rejette complètement l'attribution de Passavant. Il bouleverse le classement adopté par Heinecken et ne regarde comme allemande que l'édition présentée comme première par cet iconophile, édition qu'il relègue au cinquième rang, tandis que toutes les autres lui paraissent avoir été exécutées dans les Pays-Bas ou dans les contrées voisines.
Cette manière de voir est tout d'abord juste en principe. En effet, l'examen des six éditions de cette xylographie permet d'établir assez nettement deux types très différents : l'un plus élégant, plus expressif, qui paraît appartenir aux Pays-Bas ; l'autre plus lourd, avec des figures de proportions très courtes, qui accuse une œuvre allemande. Ce double type existe d'ailleurs, comme on l'a déjà vu, dans les xylographies de VA rs moriendi.
Toutefois, cette coexistence des deux types bien tranchés ne résoud nullement la question de priorité, de l'originalité de l'un d'eux. Heinecken, dans son classement des six éditions de Y Apocalypse, ne s'est guidé par aucune idée conductrice et n'a appuyé son opinion de nulle argumentation positive ; aussi, avoue-t-il carrément n'avoir eu aucun système préconçu, et il déclare avoir établi son ordre de classement d'après certaines marques qui semblent déterminer l'ancienneté respective de ces éditions, en ajoutant qu'il désirerait fort que quelqu'un pût découvrir, par des documents incontestables, l'auteur, l'année et l'endroit de l'impression de tous ces livres. Ce souhait, exprimé par le savant iconophile saxon, demeurera probablement à jamais à l'état de desideratum.
On a cru jadis que les éditions les plus dépourvues d'art constituaient les modèles primitifs, mais déjà Heinecken lui-même, à propos de la xylographie qui nous occupe, a déclaré que « la grossièreté de
la taille, ni mémo celle des caractères, n'est rien moins qu'une preuve sûre de l'ancienneté ». Il faut donc chercher cette preuve ailleurs.
Sotheby a mis au premier rang la plus parfaite des éditions de V Apocalypse, par cette raison que son dessin lui paraissait offrir plus d'originalité et de finesse que celui de toutes les autres. Cette conclusion ne porte pas en elle-même aprioH une démonstration suffisante, car il serait toujours permis de soutenir que le modèle primitif s'ost successivement, avec le progrès de l'art, dépouillé de sa rudesse et de son informité, pour atteindre à son apogée entre les mains d'un véritable artiste, au point de revêtir un réel cachet d'originalité, tout en n'étant au fond qu'une copie améliorée et ennoblie.
Il est bon d'affirmer à cette occasion qu'on ne saurait ériger en règle immuable, comme on l'a fait, en faveur du droit de priorité d'une œuvre xylographique, l'argument tiré exclusivement de sa valeur artistique, soit dans un sens, soit dans l'autre, c'est-à-dire de déclarer la plus ancienne l'œuvre la plus informe, comme le veulent les uns, ou d'assigner la première place à l'œuvre la plus parfaite, selon le sentiment des autres . Ce qui pourrait être vrai à cet égard dans un cas ne le serait point dans un autre, une même contrée , à la même époque, ayant pu voir surgir plusieurs artistes, et par conséquent plusieurs œuvres d'une valeur opposée. C'est de la comparaison attentive de plusieurs éditions d'un même produit xylographique que peut jaillir, et pas toujours encore, assez de lumière pour éclairer suffisamment le berceau de l'œuvre. Le coté purement matériel y joue un rôle considérable : la qualité du papier, la nature de l'encre employée, le mode de tirage, le genre d'imposition des planches, la forme des lettres dans les inscriptions, fournissent en général des indices précieux pour fixer approximativement l'âge respectif de chaque édition ; souvent aussi une faute commise ou corrigée par le graveur, principalement dans les légendes, démontre péremptoirement l'antériorité ou la postériorité d'une édition; quelquefois, comme c'est ici le cas, vient s'ajouter à tout cela une heureuse circonstance permettant de débrouiller, avec plus ou moins de certitude, l'origine primordiale de l'œuvre, et d'établir ainsi un point de départ pour des déductions subséquentes.
La nécessité étant ainsi posée de recourir, quand c'est possible,
un
LIVRES XYl.OGRAPHlQl'KS
à Ki source même, au prototype d'une œuvre, la première question qui doit s'offrir à l'esprit, lorsqu'on a à détorminer les étapes d'une impression tabellaire. est colle de savoir si cette xylographie représente une conception originale, dont telle édition ou telle autre révélerait la première pensée, ou bien si elle n'est elle-même qu'une reproduction, plus ou moins modifiée, d'un modèle antérieur, qu'il s agirait alors de découvrir.
On pourrait déjà affirmer, a priori, qu'avant l'invention de l'impression tabellaire et de la gravure en général, il a dû exister, pour l'instruction des clercs et l'édification dos fidèles, dos représentations figurées, des suites de sujets traditionnels bibliques ou allégoriques, qui ont joui d'une si grande vogue dans les siècles de toi, et que la xylographie s'est empressée, dès son début, de propager dans les masses. On couuaît, en effet, à l'état de manuscrits, certaines suites d'images, telles que Y A es moriendi, la Bible des Pauvres, Y Apocalypse, le Spéculum humauœ saleationis, de beaucoup antérieures aux xylographies reproduisant ces sujets; d'autres sont sans doute aujourd'hui perdues ou ignorées. Ces compositions ont-elles servi de modèle direct aux xylographes duxv« siècle, ou bien seulement de source d'inspiration? C'est ce qui est impossible de dire aujourd'hui pour toutes, l'étude nécessaire n'ayant pas encore été faite à cet égard, au grand dommage de l'histoire de la gravure.
Il n'en est pas de même pour Y Apocalypse.
Il y a quarante ans, un historien d'art des plus sérieux, doué d'un esprit pénétrant, M. Chatlo', que nous avons déjà nommé plus haut, a exprimé l'opinion que le dessin d'un certain nombre de figures de Y Apocalypse xylographique offrait le style grec assez prononcé. Cette observation étant en effet exacte, on ne pouvait évidemment attribuer l'invention des dessins de cette suite à un artiste de l'Occident, contemporain dos premiers maîtres de la xylographie, puisque cette époque est antérieure à la renaissance de l'art. M. Chatto a pensé qu'ils pouvaient être l'œuvre d'un des artistes grecs chassés de leur pays après la prise de Constantinople,en 1453. Mais le savant critique ignorait alors l'existence de plusieurs manuscrits bien plus anciens,
t. Hittory of xcood ençraring.
contenant les mkmrs compositions que les fleures (tes Apocalypses xylographiques, manuscrits que l'un des plus émincnts bibliophiles de nos jours, feu M. Ambroise Finnin-Didot, a le premier eu l'honneur de signaler et d'étudier 1 .
Le sujet de V Apocalypse se prêtait, plus qu'aucun autre, à une interprétation graphique très variée, et de plus il avait à toutes les époques le privilège de passionner les esprits en raison même de son sens énigmatique. Saint Jean ayant été l'apôtre favori de la Grèce, cette contrée artiste par excellence a dû enfanter de bonne heure une exégèse graphique de visions apocalyptiques, et créer définitivement un type hiératique d'où procèdent tous les autres. Ce type, transporté dans les contrées pyrénéennes, sans doute à l'époque carlovingienne, s'est complètement modifié sous l'influence du style qui y dominait et a successivement perdu son caractère primitif. On sait (pie dès le vin* siècle il a été exécuté dans la région aquitanique des manuscrits de Y Apocalypse richement enluminés, mais le plus ancien que l'on en connaisse aujourd'hui ne remonte qu'au siècle suivant. D'un autre côlé, le prototype commun avait pénétré en Angleterre et en Irlande dèsle vu" siècle et de ces foyers de lumière, qui furent pendant si longtemps les dépositaires on Occident des traditions de l'art byzantin, il fut apporté par Alcuin à la cour de Charlemagne, d'où il se propagea dans les contrées soumises à ce monarque. La Bibliothèque nationale possède un fort beau manuscrit de ï Apocalypse avec figures (n° 403 du fonds français), exécuté du xn e au xin' siècle en France, mais qui paraît être une imitation assez fidèle d'un prototype carolingien du commencement du xi* siècle, à en juger par des empreintes vivaces de l'art byzantin qu'on y découvre. C'est le plus ancien manuscrit que nous connaissions de ce type.
M. Didot en possédait un superbe (acquis à sa vente au prix de 15,3<)0fr. pour l'Angleterre) qui reproduit, dans leur forme générale, la plupart des compositions du manuscrit de la Bibliothèque nationale, mais dont il ne dérive pas directement. Il paraît avoir été exécuté en Italie dans la première moitié du xiv* siècle, et provenait en dernier lieu de la collection du bibliophile hollandais Van Ilulthem. C'est ce manus-
1. De* Apoealyptes figwrée* manutcrilei et xylographique$. Pari», 1870. ln-8, fig.
lOti LIVRES XYI.OUIAPHIQUES
crit qui a permis à M. Ditlot de constater que les Apocalypses xylographiques avaient pris pour modèle-type un manuscrit semblable, aujourd'hui perdu sans doute, et de confirmer ainsi la justesse de la remarque de M. Chatto au sujet de la persistance de quelques traces du style grec.
« Quelque embarras se montre, dit M. Didot, chez les critiques les mieux habitués à comparer et à décrire les monuments figurés dès qu'il s'agit de constater l'antériorité ou la postériorité respective des premières productions xérographiques ou même d'en bien définir les caractères. Pourquoi cette supériorité d'entente, de composition, d'ajustements dans cetto suite do l'Apocalypse, par exemple, premier balbutiement de la gravure (?) lorsqu'on vient à la comparer avec la grossièreté inintelligente de la plupart des autres productions de la gravure sur bois au commencement du xvi c siècle, c'est-à-dire cinquante ans plus tard, en Allemagne, en Hollande, en France (les œuvres de quelques maîtres seules exceptées)? C'est que la plupart de ces suites primitives, comme nous en avons la preuve par Y Apocalypse, reproduisent des types manuscrits d'une science naïve qui se rattache à l'art antique, dont l'élégance souple, la richesse de détails, bien que trahis par le burin inexpérimenté du tailleur de cartes et du dominotier, laissent néanmoins filtrer, à travers un travail d'une maladresse enfantine, des indices frappants de la dignité native de l'œuvre. »
Ces paroles judicieuses doivent être sérieusement méditées par les iconographes, et leur rappeler qu'on ne saurait rien établir de positif à l'égard d'une œuvre xylographique sans remonter à la source, c'està-dire à la découverte du modèle primitif.
En dehors de ces réminiscences du style grec ou byzantin, il y a lieu de constater que les figures do Y Apocalypse xylographique n'offrent pas l'allongement et l'amaigrissement qui caractérisent l'art de l'époque ogivale, ce qui prouve encore l'ancienneté de leur origine. Au surplus, si cette œuvre n'avait pas été exécutée d'après un modèle manuscrit de beaucoup antérieur, comment y trouverait-on dans certaines éditions, des costumes, des meubles et des détails d'architecture qui ne sont pas ceux du temps où ces xylographies ont été exécutées ? Or on sait que les artistes de cette époque n'avaient nul souci de la fidélité archéologique. Enfin, ce qui fournit encore un argument de plus en faveur de la même thèse, c'est que les figuros 36 et 37 (Prockt-
motion du royaumede Dieuct Précipitation de Satan dans les entrailles de la terre) se trouvent, par suite d'une transposition, placées dans cet ordre et non plus dans celui du récit, non seulement dans toutes les éditions, mais aussi dans le manuscrit Van Hulthero, ce qui ne peut provenir que d'une semblablo transposition dans le modèle-type commun.
En reproduisant les peintures originales du manuscrit, le graveur xylographe a introduit de nombreux changements dans les costumes, dans l'architecture, dans les légendes, mais le fond reste toujours le même.
La question de l'origine des éditions xylographiques de Y Apocalypse étant ainsi élucidée, il reste à déterminer laquelle est la plus ancienne. Nous allons encore à cet égard rapporter l'opinion de M. Didot empruntée à sa savante monographie.
« Ce ne sera pas, dit-il, d'après la naïveté grossière du dessin, le plus ou moins de rudesse de l'exécution, que nous pourrons juger de l'âge respectif des premières productions de la gravure. En effet, quand elles se copient les unes les autres, comme c'est le cas pour X Apocalypse, le Cantique des cantiques, etc., sans jamais so retremper au type primitif; quand l'intention originale s'efface et se corrompt de l'une à l'autre en passant par des mains également inhabiles, toujours prêtes à simplifier et â moderniser les détails, l'édition dernière venue aura pu perdre assez pour s'être assimilée en grande partie à la barbare imagerie des éditeurs français de 1480 à 1520. Si, au contraire, nous reconnaissons dans l'une de ses éditions la fidélité d'interprétation du manuscrit, la présence de symboles plus tard abandonnés parce qu'ils ne sont plus compris, l'observation et l'entente de l'architecture, du costume, l'exégèse graphique du verset, l'exactitude des légendes, sans les méprises si fréquentes dans les copies de seconde main ; si, à ces conditions sont joints les autres caractères d'ancienneté, tels que l'impression au frotton et d'un seul côté du papier, le foulage, la couleur particulière de l'encre en détrempe, l'inexpérience de l'outil ; à ces signes nous pourrons reconnaître qu'une telle édition est une des premières, qu'elle est de première main, bien que son exécution soit de beaucoup supérieure
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à celle de ses rivales. C'est ce qui arrive,, on effet, pour Y Apocalypse. »
Ces conditions d'originalité so trouvent réunies dans l'édition que Sotheby met au premier rang, et à laquelle Heinecken n'avait accordé que la quatrième place, on ne sait pas trop pour quelle raison plausible. Nous avons déjà dit que Heinecken a présenté sa classification des Apocalypses xylographiques avec une extrême réserve. Il a encore tâtonné au moment même de mettre son livre sous presse, et s'est infligé a lui-même une grave contradiction, sans doute pour ne . pas défaire son siège qui était tait. Ainsi, après avoir classé les cinq éditions qu'il a connues tout d'abord, il a en a découvert une sixième, et bien qu'au début de son article (p. 33 Vj il en ait parlé en ces termes: « J'avertis cependant les curieux par avance que la sixième découverte par moi depuis peu me paraît être la plus ancienne et véritablement la première », et que plus loin (pages 3GT-370) il en ait donné une description détaillée, il l'a tout de même maintenue au dernier rang. Pour rendre toutefois son opinion fidèlement, il faudrait mettre cette sixième édition à la première place et reculer les cinq autres d'un rang chacune, mais comme il ne l'a pas fait lui-même et que les iconographes qui l'ont suivi n'ont pas tenu compte non plus de cette rectification, très importante cependant, nous sommes bien obligé de nous y conformer aussi, pour ne pas embrouiller nos indications bibliographiques.
Comme on l'a vu, Sotheby a montré beaucoup d'intuition en distinguant parmi les cinq éditions qu'il a eues sous les yeux celle à laquelle appartient le droit de priorité, rien qu'en vertu du caractère de son art et cela sans le secours d'un critérium comme celui que M. Didot a trouvé dans son manuscrit des figures apocalyptiques 1 . D'autres considérations encore peuvent être invoquées à l'appui de l'opinion de Sotheby contre Heinecken. Ainsi, l'absence de signatures à cette seule parmi les six éditions constitue déjà une grave présomption en faveur de sa priorité*. D'un autre côté, son imposition élémentaire par deux
t. Le manuscrit que Sotheby a vu chez M. Lascombe n'e*t qu'une copie de la première édition xvlographique.
2. Ou u'en a signale que deux exemplaire». Celui décrit par Heinecken n'avait point de signature», et celui examiné par Sotheby lea a manuscrite», ce qui avait déjà été constaté par Dibdio, de sorte qu'on ne comprend pas pourquoi ce fait a «mble tout 4 fait erroné » à M. Berjeau (Catalogue illustré des fc'pre* rylographiquet, p. 8).
feuillets (et il eu est de même pour la 2" et la 3» édition de Sotheby, correspondant à la 3* et à la 5' d'Heinecken) la met chronologiquement avant celles classées par ce dernier comme 1" et 2% éditions habituellement imposées en trois cahiers de huit feuillets doubles chacun, preuve incontestable d'un certain progrès de l'art, ce qui aurait dû avertir Heincckcn que la première place ne leur appartient pas. Au surplus, la même première édition de Sotheby est la plus rare de toutes, ce qui peut aussi subsidiairement être invoqué comme • preuve de son antériorité.
Dans quelle contrée cette édition originale a-t-elle vu le jour ? On ne saurait le préciser. Sotheby la croit originaire des Pays-Bas ou des contrées voisines, ce qui semble en effet résulter des qualités d'art de son dessin, bien que M. Didot leur trouve un caractère français italianisé. Quoi de plus simple, d'ailleurs, que d'admettre que les Pays-Bas, ce berceau de la xylographie, ont dû, dès le début, appliquer la nouvelle invention à l'exécution de chacune des grandes suites de sujets bibliques ou allégoriques qui avaient auparavant été propagés par le moyen de manuscrits?
Les trois premières éditions de Sotheby ont entre elles une grande affinité, comme on le verra plus loin, et appartiennent à une même école. M. Didot a démontré qu'elles se rapprochent beaucoup plus du modèle manuscrit que les autres éditions, qui constituent un autre groupe bien différent du premier. En effet, dans celles du premier groupe, on rencontre beaucoup de caractères d'archaïsme provenant du modèle primitif: l'architecture romane et à plein cintro, les coiffures orientales, les sièges de style grec ou byzantin, le symbolisme de la main céleste figurant Dieu (ce qui nous reporte au delà du xin* siècle), etc.; dans le second groupe, ces particularités caractéristiques sont modernisées : les coiffures sont celles de l'Occident au xv e siècle, les sièges sont transformés en lourdes chaises à dossier de la même époque, l'architecture devient gothique ou indécise, et il faut rappeler que, sauf des modifications dans les détails, les compositions restent toujours les mêmes. Au surplus, les dessinateurs de ce second groupe d'éditions de V Apocalypse, sans doute pour simplifier le travail, ont, dans bien des endroits . diminué le nombre de personnages partici-
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pant à l'action, tandis que les éditions du premier groupe sont, à cet égard, presque toujours conformes au manuscrit. Toutes ces considérations prouvent clairement que ce second groupe ne doit rien au modèle primitif et qu'il ne se compose que des contrefaçons, plus ou moins fidèles, de l'édition originale.
Toutefois, la division que nous faisons en deux groupes, contrairement à l'opinion de tous les iconographes qui nous ont précédé (car Sotheby n'accorde qu'une édition au groupe allemand, tandis que nous lui en attribuons trois), ne permotpas,ànotre sentiment, d'établir, comme nos devanciers l'ont tenté, un ordre chronologique rigoureux pour toutes les éditions de V Apocalypse.
Passons maintenant à la description de cette œuvre.
Le manuscrit Van Hulthcra se compose de vingt-quatre feuillets ou quarante-huit pages, dont chacune contient deux sujets, soit en tout quatre-vingt-seize compositions. La plupart des éditions xylographiques ne comptent que quarante-huit feuillets imprimés d'un seul côté et n'offrent que quatre-vingt-onze sujets, attendu que quatre des compositions du manuscrit occupent ici une page entière chacune, et que, par contre, une cinquième composition est divisée dans les xylographies en deux sujets. Les quatre compositions qui y manquent, pour compléter le chiffre de quatre-vingt-seize, ne figurent que dans les éditions xylographiques de cinquante feuillets, dont il y a au moins deux et non pas une seule, comme on l'a dit, ce qui sera démontré plus loin. Ces quatre sujets manquent dans les deux exemplaires connus de l'édition originale (première de Sotheby), mais il est impossible d'affirmer qu'ils n'en faisaient pas partie à l'origine; d'un autre côté, ils n'ont jamais figuré dans les deux premières éditions d'Heinecken, reconnues comme postérieures aux autres, et, bien que cette exclusion puisse surprendre, il est certain qu'on ne saurait baser aucun classement chronologique rien que sur la présence ou l'absence de ces deux nouvelles planches.
En ce qui concerne la date présumée de l'exécution de quelquesunes des éditions de Y Apocalypse, date déduite approximativement de certaines particularités extérieures, nous la mentionnerons en décrivant chacune de ces éditions.
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