‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 5 sur 119 · Seli .natter, dil ScLoi · texte numérisé non relu

Seli .natter, dil ScLoi

•i LES PLUS ANCIENNES G II A V L' H E S

sont restés muets sur cotte grave question. 11 faut aller jusqu'aux travaux d'IIeinecken pour rencontrer la mention du maître <le 1400, que cet auteur regard o comme l'inventeur de la gravure, en laissant toutefois entrevoir que l'époque de cette découverte pourrait bien être plus reculée. 11 résultait cependant des manuscrits qui existent en Allemagne et même en France, notamment à la bibliothèque de Laon, que, dès le douzième siècle, on se servait d'estampilles pour produire les initiales des chapitres. Ces initiales se ressemblent jusque dans leurs plus petits détails, et souvent se trouvent hors de proportion avec le corps de récriture. On eût dû apporter plus d'attention à ces indications précieuses.

Depuis le commencement de ce siècle surtout, de nombreuses estampes du style le plus primitif ont été découvertes : une certaine partie était entrée dans la célèbre collection de M. Weigel. Il les a décrites dans un savant ouvrage enrichi de figures. Tout en rendant justice à ce travail et au catalogue de la vente faite en 1872, catalogue rédigé par le propriétaire, nous trouvons que M. Weigel s'est livré à un classement qui peut paraître quelque peu hasardé. Ainsi, parmi ses gravures sur métal , il en attribue treize à différentes dates comprises entre l'an 1100 et l'an 1410, et douze à la période comprise entre cette dernière date et 1450. De ses gravures sur bois, six, d'après lui, devraient so placer de 1380 à I430.

La première surmétal, dont M. Weigel plaçait l'exécution entro 1100 et 1150 et que Passavant a décrite, a atteint, en vente publique, le prix de 4,000 francs. Mais M. Tross, libraire très instruit, mort en 1875, qui assistait à la vente Weigel, a tenu en mains cette prétendue estampe et a déclaré à l'auteur de ce livre qu'il ne fallait y voir autre chose qu'une sorte de gaufrure. Le dessin semblait avoir été tracé sur un morceau de parchemin ; puis avec une pointe de fer chaud on avait suivi les lignes, qui étaient restées dessinées en creux dans le vélin. Si cette appréciation est exacte, il faudrait renoncer à faire remonter la gravure, au douzième siècle.

Il paraîtra plus sage à tout le monde de s'en tenir aux dates incon testables que l'on rencontre sur quelques estampes antérieures à l'année 1400, et elles sont peu nombreuses.

Comme nous le verrons ultérieurement, à l'article de la Manière criblée, M. le vicomte Delaborde s'est efforcé de démontrer que deux

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