‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 6 sur 119 · LA F LACE LL AT ION · texte numérisé non relu

LA F LACE LL AT ION

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gravures insérées dans un livre d'heures qui se trouve à la Biblio thèque nationale sont de l'année 140(5. Cependant, un doute est encoie permis après la dissertation du savant conservateur.

11 existe au inusée de Bruxelles une très belle estampe, gravée sur bois, de l'école do Van Kyck : la Vierge entourée de saintes. On y voit sur une barrière la date de 1 US (ainsi figurée : M°CCCC^X 9 VIII) qui parait généralement admise ; mais Passavant la conteste et prétend que le signe qui précède le chiffre X a été mis à la place de la lettre L qu'on a grattée, de sorte que la véritable date serait 1 168. Nous devons dire tout de suite que le savant Renouvier et les honorables conservateurs du Cabinet des estampes de Paris sont en désaccord complet avec Passavant.

Une date qui, jusqu'à présont, n'a pas rencontré de contradicteurs, est celle de 1 \2:i que l'on trouve au bas du Saint Christophe, estampe allemande sur bois, d'un travail très archaïque, qui fait partie du cabinet de lord Spencer.

On possède encore, à la bibliothèque impériale do Vienne, un Saint Sébastien avec le millésime de 1137.

Les dates qui se voient sur des gravures en creux ne sont pas plus nombreuses.

Il y a une vingtaine d'années, Renouvier, de Montpellier, eut la bonne fortune d'acquérir sept gravures au burin d'une suite de la Passion; l'une d'elles, la Flagellation, porte le millésime de mccccxlvi (1 i iG). Il en a donné, dans le XXV volume des Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, une description qui a été e'nsuite tirée à part et accompagnée de la photographie de la Flagellation dont nous venons de parler.

On découvrait aussi en Allemagne un autre maître dont la marquo est un 2D^- Une de ses estampes, représentant la Vierge immaculée, avait, outre l'initiale du maître, la date de 1 151. Cette gravure faisait partie de la collection Weigel ; elle est, par le style de la composition et de l'exécution, bien supérieure à Testampo marquée de l'année liiO. L'écriture gothique des inscriptions est belle, fine et régulière; l'impression est d'une bonne encre noire: aussi cette estampe a-t-elle atteint le haut prix de i 0,000 francs. Quoique nous n'ayons pas vu l'original, si nous eu jugeons uniquement par la reproduction qui se trouvo dans le catalogue de M. Weigel, nous devons faire quelques réserves

sur la date de 1451. Cette gravure nous paraît d'une époque plus récente: mais nous nous garderons d'aller plus loin, n'exprimant ici qu'un doute et non une opinion définitive.

Nous citerons ensuite le Saint Bernardin de 1454, en manière criblée.

On voit en outre au British Muséum une suite île vingt-sept gravures représentant différents sujets de la Passion. La Cène porte cette inscription : LVUjor; on croit y voir la date de 1457. Le faire artistique de ces pièces rappello celui de l'école do Cologne au commencement du quinzième siècle. L'exécution en est très sobre, ne consistant à peu près qu'en simples contours imprimés avec une encre pale.

Passavant cite encore une estampe allemande au burin, de forme ronde, avec la date de 1458. Elle représente la Décollation de sainte Catherine.

Sur une gravure du maître dit aux banderoles, on lit 1404. Cette date se voit sur la lettre A d'un alphabet tracé par ce maître. On a trouvé la date de 1401 manuscrite sur une de ses estampes, la Sibylle. qui est à Brunswick. Nous parlerons plus longuement de ce maître lorsque nous décrirons son onnre.

On avait cru jusqu'à nos jours que la découverte de l'impression de la gravure en creux remontait, sans pouvoir être contestée, au moins à l'année 1451. L'honneur en était décerné à Maso Kiniguerra, orfèvre florentin. En 1707, l'abbé- Zani avait trouvé au Cabinet des estampes de Paris, parmi les œuvres de l'école italienne, une gravure provenant d'un nielle, connu sous le nom de V Assomption ou le Couronnement de la Vierge. Cette découverte avait été acceptée avec enthousiasme et d'emblée par le monde savant et artistique. Si quelques voix s'étaient élevées timidement pour discuter cette affirmation nouvelle, elles avaient été immédiatement étouffées : elles étaient tombées sans écho.

Nous-mème, nous avions admis ce fait avec la plus grande facilité. Le récit animé de Duchesne, la joie extraordinaire de l'abbé Zani, si bien décrite' par le savant conservateur, nous avaient complètement séduit. Cependant, à force d'examiner celte matière, un doute s'empara de nuli e esprit. Nous fûmes involontairement frappé de ce que Mariette, qui avait cherché partout des estampes de Maso Piuigurrra ; lui qui, membre de l'Académie de Florence, avait vu dans cette ville V Assomption de la Vierge; qui s'était fait envoyer, en 17o0, par Gaburri, un

CONNUES AVEC DATE .i

dessin do cette célèbre Paix', écrivait l'année suivante à ce même Gaburri :

« J'ai une pleine connaissance de la riche collection d'estampes du prince Eugène, puisque je l'ai mise en ordre, et que j'en ai fait un catalogue très ample; il n'y a certainement rien de Maso Finiguerra ni dans celle du roi, qui est très belle, surtout dans la classe des estampes gravées par les vieux maîtres. >»

Ce dessin resta dans la collection de Mariette jusqu'à sa mort, et plus tard, nous le trouverons chez Alibert, marchand d'estampes. D'un autre côté, en 1831 , Robert-Dumcsnil, auteur du Peintre-graveur français, avait découvert, disait-on, une seconde épreuve de Y Assomption à la bibliothèque de l'Arsenal. L'authenticité de cette pièce n'était pas plus mise en doute que celle de l'autre ; Duchcsne l'avait hautement reconnu dans l'article consacré à la gravure, au tome V du Moyen Age et Renaissance. Passavant était aussi du même avis 2 .

Plus tard, par suite d'échanges, cette seconde gravure passait au Cabinet des estampes, et l'on reconnaissait avec surprise que ce n'était qu'une copie bien éloignée de la pièce primitive. C'était un avertissement qui engageait à ne rien admettre sur cette matière sans un examen approfondi. J'eus instantanément la pensée que le nielle exposé au musée de Florence pouvait bien différer de la gravure trouvée par l'abbé Zani. J'écrivis à mon frère, qui réside habituellement à Rome, de faire faire une photographie de la plaque en question. Comme il est peintre, et qu'il a été admis à plusieurs salons, il était compéteut pour surveiller une pareille opération.

Il s'adressa au chevalier Pini, conservateur dos planches au musée des Offices, et celui-ci, avec la plus grande obligeance, exécuta la photographie. Il en livra quatre épreuves de tous points satisfaisantes, qui permirent de faire une comparaison régulière. Au premier abord, on put constater que l'estampe découverte par l'abbé Zani manquait de beaucoup de travaux, et qu'en même temps elle en offrait en plus quelques-uns qui ne se trouvaient pas dans la plaque originale. Nous déposâmes une de ces épreuves au Cabinet des estampes ; elle iul signée par mon frère et par moi.

1. Ce nom nient de* moU l'ax tr- um que prononce IVoMc qui, dans lei fele* wlciinclle», apri» YAgnu» Dei, porte à baiter aux priocipalea personues du ebaur la plaque que lui a remis* le oiWbraal, «près l'avoir bairée lui-même.

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