‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 69 sur 119 · LIVRES X Y LO GRAPHIQUES · texte numérisé non relu

LIVRES X Y LO GRAPHIQUES

Au verso du feuillet 6, colonne 1, le premier chapitre commence ainsi :

Édition A.

J^Ju auo pot? roff ijotà * tuo«>? trpadoW u $or Cpemlo pottfr bomo mictm ob mtiffi arator mm îwmnï ijotfro fiwê p où* vûf qao fi Opaboh' faujtf ûr ippuntf

Édition B.

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Sotheby a donné les fac-similés des pages 1, 55 et de la dernière.

On connaît sept exemplaires de l'édition B, dont trois seulement complets : celui de La Vallière (provenant du couvent des Célestins, à Paris), acheté 1,260 francs pour la bibliothèque impériale devienne; celui de la bibliothèque du palais Pitti, à Florence, et celui de M. Inglis. Les quatre autres sont : 1' celui de l'hôtel de ville de Harlem (sans la préface); celui de la bibliothèque de Hanovre (44 feuillets) ; celui de la bibliothèque royale de Bruxelles, provenant de Van Hulthem (incomplet do 5 feuillets) ; celuijde la bibliothèque de Stuttgart.

ÉDITIONS HOLLANDAISES édition A (dite à deux fontes).

{Spieghel onser Behoudenisse* .) C'est un petit in-folio, composé de soixante-deux feuillets imprimés avec des caractères mobiles, d'un seul côté du papier; ils forment cinq cahiers : le premier a quatorze feuillets, les trois suivants quatorze et le dernier seize. La préface et la table occupent les quatre premiers feuillets, et les cinquantehuit suivants renferment les chapitres du Spéculum, au nombre de vingt-neuf. H n'y a aucune différence avec les éditions latines ci-dessus, pour le format, le nombre des figures et la division des chapitres. Mêmes caractères que ceux des éditions latines ci-dessus, sauf les feuillets 49 et 60 qui offrent des caractères plus petits et d'une autre forme, comme l'a démontré Ottley. Dans ceux-ci, vingtsept lignes n'occupent pas plus d'espace que vingt-cinq dans les premiers. La disposition typographique de ces deux pages diffère d'exemplaire en exemplaire, ce qu'il est essentiel de remarquer, car elle semblerait prouver que l'imprimeur des Spéculum n'était pas alors a son coup d'essai. L'impression des figures est faite avec une encre grise, et celle du texte, avec une encre noire. ■

La préface est imprimée à longues lignes et le corps de l'ouvrage l'est sur deux colonnes. Il n'y a ni chiffres, ni signatures, ni réclames. Le point est le seul signe de ponctuation. La préface ( Sotheby a donné le fac-similé de la première page) commence ainsi :

MA Mbit #tysftt fcattf fçtçfoti ottfcr beljoufcttiffe © ttH? ter mgtUàetMtytt tarit tttffrj) l \ttcn ftlffbltitch? aUettttô itl *it tvoi gfyi tmittotttnJfitt oui ift m it fouet tatoOfte *ri* mlfyl m boecb tjeb af ge mrtw tt fcgafrtcrt Hn$ œritt? Ne tfbent

On ne connaît pas le nom du traducteur.

I . Ce titre factice (Miroir de noire salut) e$t emprunté i la première .ligne de la préface, îlque» bibliographe» indiquent le» éditions hollandais sous cet autre titre : Sprighel der mer-

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Cette rare édition n'est pas à la Bibliothèque nationale. Cependant on en connaît une dizaine d'exemplaires. Heinecken en signale sept, dont un par erreur : 1° celui de la bibliothèque de la ville de Horn, en Hollande ; 2 e celui d'Enschedé, à Harlem (il avait été payé 210 florins à la vente de la bibliothèque de G. J. de Bruyn, bourgmestre de Harlem, et il a atteint, à la vento Enschedé (1867), le prix do 16,000 francs; il était complet et assez bien conservé ) ; 3° celui de Meerman ( il est aujourd'hui dans le Muséum Meennanno - Weestranianum à La Haye); 4" celui du D' Limborck, à La Haye; 5° celui de Rendorp, à Amsterdam; 6° celui de la bibliothèque de Genève, à laquelle il a été donné par Tronchin, premier médecin du duc d'Orléans; 7° celui du comte de Pembroke, en Angleterre (c'est une erreur; la bibliothèque de cette famille possède l'édition hollandaise à uno seule fonte, mais pas celle-ci). Sotheby ne signale pour l'Angleterre que l'exemplaire de lord Spencer, payé 223 livres sterling à la vente Merly.

édition B (dite à une seule fonte).

(Spieghel onser Behoudeni&se.) Petit in-folio, composé de soixantedeux feuillets imprimés avec des caractères mobiles, d'un seul côté du papier. Les quatre premiers feuillets renferment le prologue et la table. Les chapitres du Spéculum, au nombre de vingt-neuf, se trouvent dans les cinquante-huit feuillets suivants. La préface est également imprimée à longues lignes et le corps de l'ouvrage sur deux colonnes. C'est absolument la reproduction de l'édition précédente. Les mêmes planches ont servi pour les figures; les caractères sont gothiques mais plus petits, et vingt lignes, selon Meerman, tiennent le même espace que dix-neuf dans l'édition hollandaise ci-dessus et dans les éditions latines A et B, ce qu'Ottley a contesté, en quoi il n'est pas suivi par Bernard.

Le format est pareil, le papier est de même qualité, les figures sont imprimées avec une encre pâle, mais cello du texte est plus noire, moins cependant que dans les éditions précédentes. On n'y remarque ni chiffres, ni signatures, ni réclames ; on n'y trouve que le point.

t/u/iker behoudemtte, qui n'irt que la traduction littérale do titre latin : Spéculum human* tnlwitionu.

Au point de vue typographique, cette édition est la plus défectueuse des quatre.

Le prologue commence ainsi :

«tf *t JfDfcr aro iftM fr to lolgt tr*1e 3utc tucfef &ie gtnr tort lelfet ieôge gt*e

On ne connaît que quatre exemplaires, encore sont-ils défectueux.

Un se trouve dans la bibliothèque de la ville de Harlem ; un autre à l'hôtel de ville de cette même cité. Le troisième est conservé dans la bibliothèque de lord Pembroko, à Wilton House. Il est mal tiré, selon Sotheby, au point qu'on le croirait composé de feuilles d'épreuves.

La Bibliothèque de Lille en possède un qui se distingue par une particularité qu'il est intéressant de faire connaître. Cet exemplaire a été décrit en détail plusieurs fois, entre autres par A. Bernard, et par M. Paeile tant dans le premier volume du Catalogue de la Bibliothèque , de la ville de Lille (1859), que dans son Essai historique et critique sur l'invention de l'imprimerie, qui sert d'introduction à ce catalogue et a aussi été publié à part, orné du fac-similé du feuillet 40 (38* planche des gravures). Nous en indiquerons sommairement la composition.

Le premier cahier renferme le prologue et la table : 1-4, 2-3.

Deuxième cahier (quatorze feuilles) : 5-18, 6-17, 7-16, 8-15, 9-14, 10-13, 11-12.

Troisième cahier (douze feuilles) : 19-32, 20-31, 21-30, 22-29, 23-28, 24-27. La feuille du milieu, 25-26, manque en cet endroit; elle est mise à la place de la feuille 33-46 qui manque complètement. Il paraît qu'un antiquaire nommé Van Westphalen, vivant au dix-septième siècle, possédait le feuillet 46. Par une singularité remarquable, on a imprimé au verso de cette feuille 25-26 le texte de la première feuille du cinquième cahier, 47-62, de façon qu'elle est déplacée et apistographique. Ce côté imprimé au verso n'offre pas de gravures. Il fait double

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emploi pour le texte, car le feuillet véritable se trouve à sa place naturelle.

Quatrième cahier ( quatorze feuilles ) : 25-26 ( mise à la place de 33-46, qui manque, ainsi que nous venons de le dire), 34-45, 35-44, 36-43, 37-42, 38-41,39-40.

Cinquième cahier (seize feuillets) : 47-62, 48-61, 49-60, 50-59, 51-58, 52-57, 53-56, 54-56.

Au feuillet cinquième recto do cet exemplaire, se trouve uno inscription manuscrite en hollandais, constatant que ce livre avait appartenu aux sœurs du couvent de Sainte-Mario à Hoorn. M. Paeile estime que cette inscription, d'après la forme des caractères et l'orthographe des mots, date certainement du commencement du quinzième siècle, ce qui précisément aurait besoin d'être démontré.

Quatre feuilles manuscrites sont reliées avec ce Spieghel ; elles sont du quinzième siècle. On y trouve en hollandais le sommaire de tous les psaumes et cantiques de l'Écriture, etc. Sur deux autres feuilles, on a transcrit, à la fin du seizième siècle, le texte de la feuille 33-46 qui manque à cet exemplaire.

Le livre est couvert d'une reliure en parchemin, ornée de quelques dessins appliqués à froid. Sur les deux plats sont les armes de la ville de Harlem : une épée en pal avec quatre étoiles et cette devise : Vieil vim virtus. Au seizième siècle, on a écrit en hollandais, sur le dos, que 4 c'était le premier essai de Louris Koster, inventeur de ^imprimerie, qui avait été imprimé à Harlem vers 1440.

Scriverius est le premier qui ait décrit cet exemplaire et qui a signalé les fameux feuillets imprimés des deux côtés. On ignore les destinées ultérieures de ce volume depuis Van Campen jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. A cette époque il a appartenu à un chevalier de Gillès, originaire d'Amsterdam, et qui vint s'établir à Lille où il épousa la sœur de M. Van der Cruysse de Waziers. Pendant la Révolution, ses biens ont été confisqués et sa bibliothèque transportée au couvent des Récollets, d'où, avec d'autres livres, elle passa à celle de la ville de Lille.

Après la mort de Van Campen, on perdit de vue ce précieux volume. Heinecken, suivant en cela Meerman, a écrit en 1771 : « On prétend que le czar Pierre le Grand ait acheté cet exemplaire et

qu'il soit passé à Saint-Pétersbourg », et tous les bibliographes, jusqu'en 1843, l'ont répété après lui, bien que La Serna Santander ait signalé en 1801, dans son Dictionnaire bibliographique, que la ville de Lille possédait un Spéculum avec deux feuillets opistographiques. Il n'a été tiré de l'oubli qu'en 1843 par M. Gachot qui l'a décrit dans les Comptes rendus des séances de la Commission royale d'histoire de Belgique, et ensuite par A. Bernard et d'autres.

Un des possesseurs de cet exemplaire, peut-être J. Van Carapen, à qui il a appartenu en 1628, y a inséré le portrait de Coster gravé par J. Van de Veldc, d'après le tableau do J. Van Campen, et sous lequel on lit deux distiques latins qui réclament pour Coster la gloire de l'invention de l'imprimerie. Ils sont l'œuvre de Scriverius ou Pierre Schryver.

Vana quid archétypes et preîa Moguntia jactas?

Htvrlemi archetypot prclaque nuta scias.

Extulit hic, monstrante Deo, Laurent ius ariem.

Dissimulare virwn hune, dissimulare Dtum est!

M. Pacile veut faire de cette édition le prototype de toutes les autres; il cite en outre un texte de Pierre Schryver (Laurecrans voor Isourem Coster) qui soutient que non seulement Coster a trouvé les caractères, mais encore l'art d'imprimer d'une manière opistographique.

Dans quel ordre ont paru ces quatre éditions? On en est réduit aux hypothèses plus ou moins justifiées. Meerman, et après lui Koning, de Vries et M. Paeile, pour ne parler que de principaux, ont soutenu que la première en date est l'édition hollandaise, à une seule fonte, parce que l'encre en est plus pâle, parce que les caractères en sont plus grossiers, en un mot, parce qu'elle est la plus défectueuse, ce qui indiquerait l'enfance de l'art. Ces raisons n'ont pas paru concluantes à la majorité des critiques qui ont trouvé de meilleurs arguments pour soutenir la thèse contraire. Il est d'abord reconnu que le texte hollandais n'est pas une traduction faite directement d'après un original manuscrit, mais bien sur la réduction du texte latin telle qu'elle a été imprimée, et d'ailleurs on sait que tous les ouvrages de ce genre ont paru en langue vulgaire après les éditions latines. On

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trouve ensuite que les inscriptions qu'on lit sur les rouleaux des gravures étant en latin et non pas en hollandais, ces gravures devaient être destinées avant tout à accompagner un texte latin. M. Paeilo objecte à cela que les vignettes du Spéculum ont été gravées non pas pour uno édition en lettres mobiles, mais pour une édition en planches fixes, dont vingt se sont conservées dans l'édition latine A, et que des lors « il semble qu'il n'y a rien à conclure de la langue dans laquelle ces inscriptions sont formulées 1 >». Les iconographes de nos jours sont très disposés à admettre l'existence d'une première édition entièrement xylographique, mais dans ce cas l'argumentation de M. Paeile se tourne contre lui-même, car, puisque le texte des vingt planches xylographiques conservées est latin et qu'elles reparaissent intercalées dans une édition latine, celle-ci doit nécessairement être antéricuro aux éditions hollandaises où tout le texte est en caractères mobiles.

Les éditions hollandaises étant ainsi écartées du premier rang, il reste à trancher la question d'antériorité entre les deux éditions latines. Heinecken paraît avoir été le premier qui ait accordé la première place à l'édition avec vingt planches xylographiques. La Sema Santander y a adhéré, A. Bernard a fortement développé la légitimité de cette opinion, et M. Berjeau y a souscrit aussi. Ottley, Guichard et Sotheby prétendent que ces vingt planches xylographiques no sont que des fac-similés des mêmes pages de l'édition latine typographique, mais il n'ont pour leur système que l'apparence trompeuse, et une logique inflexible contro lui. Et cependant Guichard (de même que Koning et Fournier) admet l'existence d'une première édition xylographique, de sorte qu'il se met en contradiction avec luimême. Heinecken repousse l'idée qu'on ait pu recourir pour les textes au procédé de la xylographie après avoir produit uno édition en caractères mobiles, et il est bien difficile de combattre victorieusement cetto opinion. Au surplus, commo on l'a remarqué, pourquoi aurait-on eu recours, pour le tirage de ces planches xylographiques, au procédé méticuleux du frotton, après s'être déjà servi exclusivement de la presse pour le tirage d'une ou même de deux éditions? Constater ces faits, c'est résoudre cetto quostion. Par la même occasion, nous ferons

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